De la société du savoir à l’empire de l’ignorance

«Dans la vie de tous les jours, lorsqu’il baisse la garde, l’être humain est porté à être paresseux intellectuellement», écrit l'auteur.
Photo: iStock «Dans la vie de tous les jours, lorsqu’il baisse la garde, l’être humain est porté à être paresseux intellectuellement», écrit l'auteur.

Depuis des lustres, on nous annonce l’arrivée de la société du savoir. Force est de constater que notre monde est plutôt confronté à la montée fulgurante de l’ignorance.

Rappelons-nous l’optimisme qui planait sur le XVIIIe siècle. Ils étaient nombreux, parmi les penseurs de cette époque qui se disaient éclairés, à prévoir le recul inévitable du fanatisme religieux, des superstitions et des tyrannies politiques grâce au travail critique de la raison et au développement de la science qui, dorénavant, pourrait compter sur l’éducation pour la transmission du savoir à l’ensemble de la population.

Ce même vent d’optimisme a accompagné l’invention d’Internet et des réseaux sociaux. Grâce aux outils numériques, croyait-on, tout le savoir deviendrait accessible en un simple clic, les gens s’abreuveraient de connaissances et la bêtise, montrée du doigt par une horde d’internautes éclairés, occuperait de moins en moins d’espace dans l’esprit des gens. Certains ont même cru que ces outils allaient permettre le renforcement et l’extension de la démocratie dans le monde…

Aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence : l’ignorance et la crédulité sous toutes ses formes n’ont jamais été aussi présentes dans notre environnement à la suite de l’expansion d’Internet : fausses nouvelles, désinformation, pseudo-sciences, théories du complot, propagande, fanatisme religieux, sans parler de l’intimidation, du chantage, du piratage, de l’hameçonnage et autres formes de violence verbale.

Algorithmes et chambres d’écho

Comment expliquer un pareil dérapage ? Contrairement à ce qu’on a voulu et veut encore nous faire croire, Internet ne nous donne pas accès à des connaissances et encore moins à la science, c’est-à-dire à un ensemble de savoirs organisés en un tout structuré, mais bien plutôt à une myriade d’informations brutes et disparates dans laquelle l’internaute sélectionne les informations qui, bien souvent, viennent confirmer ou consolider ses croyances, ses opinions ou ses préjugés qu’il ose par la suite présenter comme la « vérité ».

Cette propension de plus en plus accentuée à succomber au biais de confirmation, qui consiste à sélectionner des informations qui viennent consolider ses croyances et à ne faire intuitivement confiance qu’à celles-ci, est grandement favorisée par les bulles de filtrage issues du travail des algorithmes, mais aussi par les chambres d’écho qui finissent par regrouper des « amis » qui partagent les mêmes points de vue, croyances ou préjugés.

Dans la vie de tous les jours, lorsqu’il baisse la garde, l’être humain est porté à être paresseux intellectuellement. Il succombe facilement, comme le dit Gérald Bronner, à « l’avarice cognitive ». C’est ainsi qu’il adhère à des croyances ou à des discours qui, bien que peu convaincants, ont le mérite d’être simples et faciles à comprendre.

Comment tout cela se manifeste-t-il dans la vie de tous les jours et sur le Net ? Par une croissance exponentielle des discours complotistes ou pseudo-scientifiques […]. Il suffit de parcourir la Toile ou de discuter avec les gens pour se rendre compte que l’ignorance, à la manière d’une tache d’huile sur un papier buvard, prend de plus en plus d’expansion.

Éducation nihiliste

Ce mépris à l’endroit des connaissances et de la science est encouragé par notre propre système d’éducation. Depuis la réforme, il est rarement question de connaissances, de savoirs et de vérités dans les documents officiels du ministère de l’Éducation.

On préfère parler d’informations, de contenus, de données numériques, d’apprentissage et surtout de compétences. C’est que pour les fonctionnaires, les pédagogues et les technopédagogues de ce joli monde, il n’est plus nécessaire d’apprendre et de retenir des connaissances puisque celles-ci, en plus d’être toujours changeantes, peuvent au besoin être récupérées sur le Net en un simple clic.

Pour vous en convaincre, il suffit de lire le Cadre de référence de la compétence numérique présenté en grande pompe en avril dernier par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, ou encore le tout récent avis du Conseil supérieur de l’éducation où l’on peut lire que « les jeunes ne cherchent plus à se faire remplir de connaissances, ils souhaitent plutôt vivre des expériences pour apprendre plus concrètement comment agir. Pour eux, les connaissances sont en mouvement et elles changent sans cesse ».

Chers disciples d’Héraclite — ou de Donald Trump — pour qui tout est relatif, il est faux et surtout obscurantiste de proclamer que les connaissances changent continuellement. Ce sont les croyances, les opinions et les préjugés qui se métamorphosent selon l’air du temps et les modes pédagogiques. Pour ce qui est des savoirs rigoureux en mathématiques, en sciences humaines, en histoire, en sciences pures ou autres disciplines, ils forment un bloc solide sur lequel notre civilisation a pu se construire.

D’ailleurs, faut-il le répéter, un des grands objectifs de notre système d’éducation est de transmettre ce patrimoine de connaissances et de culture aux nouvelles générations et non pas de leur faire croire que toutes les connaissances se valent puisqu’elles sont en perpétuelle transformation.

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68 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 2 décembre 2019 00 h 40

    La soumission devient un signe de libération selon ce Nouveau Monde orwellien.

    Oui. Vous avez raison, monsieur Réjean Bergeron. Toutes les cultures et toutes les connaissances s'équivalent dans ce Nouveau Monde orwellien à l'envers. Le voile, symbole patriarcal de la soumission de la femme devient un signe de sa libération dans ce Nouveau Monde des faits alternatifs.

    • Marc Therrien - Abonné 2 décembre 2019 07 h 31

      Savez-vous si l'essentiel de votre commentaire relève d'un savoir rigoureux établi ou plutôt d'une croyance qui s'est métamorphosée avec le zeitgeist?

      Marc Therrien

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 2 décembre 2019 11 h 08

      @M. Therrien

      Vous avez raison de soulever la question. Le propos de l'auteur est si flou que tous le prennent à leur compte, tant l'extrême-droite trumpienne que la bien-pensance moralisatrice de Mme. Alexan.

      (PS) le voile n'est "un signe de (la) libération" de la femme dans aucun discours. C'est sa capacité à choisir qui est défendue, ce qui implique qu'au Québec, dans la majorité des situations, elle choisisse, bien qu'elle puisse percevoir une pression, qui elle-même est à affaiblir sans infantiliser la femme ou la transformer en porte-étendard djiahdiste, grosse nuance....

    • Gilbert Troutet - Abonné 2 décembre 2019 13 h 37

      Si l'on veut parler du « voile », il faut rappeler qu'il a d'abord été un symbole social avec le Code d'Hammourabi (1730 avant J.C.). Les musulmans en ont fait un symbole religieux. Aujourd'hui, c'est devenu un symbole politique.

    • Françoise Labelle - Abonnée 2 décembre 2019 17 h 21

      MM. Therrien et Lamy-Théberge,
      Dans Slate: «Elle [Shirin Ebadi] était opposée à son interdiction dans les écoles françaises en 2004, qui selon elle privait les jeunes femmes musulmanes des outils de leur émancipation.»
      Le voile est bien un signe de libération de la femme dans ce discours.
      On va libérer les femmes voilées par le salafisme de la tyrannie de la laïcité! Beau combat fondamentaliste «bienpensant» que le vôtre.

  • Marc Therrien - Abonné 2 décembre 2019 07 h 22

    Croire sans Dieu pour qui il est intolérable de vivre sans savoir


    Il est fascinant de constater qu’avec les médias sociaux et les fausses nouvelles, c’est comme si on retournait au temps de la tradition orale d’avant l’apparition de l’écriture. Les histoires qui sont véhiculées se transforment selon les intérêts de chacun, faisant apparaître à chaque fois de nouvelles variantes. La propagation des théories du complot est favorisée par le fait que l’esprit éprouve du plaisir à penser qu’il a résolu une énigme et qu’ainsi, celui qui a «découvert» le complot se sent plus intelligent et moins naïf que le simple quidam. Quiconque essaiera de le convaincre de l’inanité de ses arguments sera perçu comme un représentant de la doctrine officielle qu’il s’évertue à combattre.

    Parlant de confusion, fausse information et désinformation, il semble que les réseaux sociaux et ceux qui les gèrent soient une application directe des découvertes de l’École de Palo Alto, ce courant de pensée et de recherche très influent dans les années 1960 et 1970 qui a beaucoup étudié l’équilibre précaire de la raison et des croyances. Son principal précurseur, l’anthropologue Gregory Bateson, influencé par le courant cybernétique, a eu pour ambition d’édifier une science générale du fonctionnement de l’esprit. Le travail interdisciplinaire réunissant des mathématiciens, logiciens, anthropologues, psychologues et économistes a conduit au développement du constructivisme. Il repose sur l'idée que notre image de la réalité, ou les notions structurant cette image, sont le produit de l'esprit humain en interaction avec cette réalité et non le reflet exact de la réalité elle-même. Celle-ci devient alors une invention à plusieurs. Et pour apprendre et comprendre comment la réalité virtuelle se construit sur internet, je m’en remets actuellement à l’équipe des « Décrypteurs », le vendredi soir sur les ondes de ICI RDI.

    Marc Therrien

    • Jacques de Guise - Abonné 2 décembre 2019 13 h 31

      À M. Therrien,

      Étant un socio-constructiviste qui donc, par posture de départ, accorde beaucoup d'importance aux pratiques langagières, je tiens à corriger votre formulation du constructivisme (et conséquemment du socio-constructivisme).

      Vous dites le constructivisme "repose sur l'idée que notre image de la réalité, ou les notions structurant cette image, sont le produit de l'esprit humain en interaction avec cette réalité et non le reflet exact de la réalité elle-même."

      Non tout ce que dit le sociconstructivsme c'est que la réalité ne peut être appréhendée directement, elle ne peut être appréhendée qu'à travers notre langage, nos représentations, nos filtres conceptuels, nos cadres théoriques implicites ou explicites, nos présupposés épistémologiques, etc..

      Dès votre naissance vous entrez dans un univers de culture et de langage qui façonne votre vous-même à jamais. Vous vous saisissez, c'est-à-dire la conscience de vous-même en est également faconnée. Vous ne pouvez pas sortir de vous-même, tout ce que vous pouvez faire c'est d'être critique à l'égard de votre équipement conceptuel et notionnel, c'est de l'exposer au meilleur de votre connaissance, c'est de le dire pour situer votre interlocuteur (sans parler de tout ce qui nous anime inconsciemment). Votre virginité vous la perdez en naissant et probablement avant votre naissance. "Je est un autre" en ce sens que tout ce qui existe avant notre arrivée nous constitue, y compris notre conscience de nous-même.

      L'attitude surplombante du point de vue de nulle part est une illusion. On est toujours situé et ancré quelque part, car notre esprit émerge de notre corps, mais ne s'en détache pas. Encore une fois, on ne peut pas sortir de nous même.

    • Jean Thibaudeau - Abonné 2 décembre 2019 15 h 05

      @Jacques de Guise
      Le problème majeur actuel, à mon avis, c'est que ceux qui prônent une vision relativiste de la réalité, celle de toutes-les-opinions-sont-bonnes ou de toutes-les cultures-sont-valables se réclament du socio-constructivisme.

      Je veux bien admettre que "L'attitude surplombante du point de vue de nulle part est une illusion" et que mêmes ceux qui se réclament de l'éthique scientifique de lconnaissance "ne peuvent pas sortir d'eux-mêmes", mais passer de cette théorie au relativisme philosophique que soutend les prétentions ci-haut mentionnées procède d'un énorme saut paradigmatique fort discutable et dangereux.

      Il est essentiel que les socio-constructivistes veillent eux-mêmes à mettre les points sur les "i" à ce sujet et à se distancer de l'utilisation fallacieuse qui est faite de leur théorie, pour éviter l'accusation de tomber dans l'idéologie pure.

    • Marc Therrien - Abonné 2 décembre 2019 16 h 00

      M. de Guise,

      Je ne sais pas si vous avez corrigé une conception erronée du constructivisme. De mon point de vue, vous l’avez plutôt précisée en l’opérationnalisant. La réalité « ne peut être appréhendée qu'à travers notre langage, nos représentations, nos filtres conceptuels, nos cadres théoriques implicites ou explicites, nos présupposés épistémologiques, etc. » qui sont, si je ne m’abuse, des opérations de l’esprit considéré comme le principe de la vie intellectuelle et le siège de la pensée et des idées productrices d'images.

      Marc Therrien

    • Françoise Labelle - Abonnée 2 décembre 2019 16 h 54

      M. de Guise,
      «ce que dit le sociconstructivsme c'est que la réalité ne peut être appréhendée directement, elle ne peut être appréhendée qu'à travers notre langage,...»
      Ce n'est pas tout à fait exact.
      Les expériences de Berlin et Kay, fin des années 60, ont montré que les locuteurs d'une langue qui n'aurait pas de terme pour la couleur rouge percevaient très bien cette couleur. On perçoit certaines couleurs parce qu'elles sont perceptuellement saillantes pour l'oeil. Des expériences des années 90 (Gentner, Levinson) ont montré que le langage pouvait orienter, et non déterminer (je souligne) la perception dans le cas des phénomènes perceptuellement ambigues. C'est le cas bien sûr de toutes les notions abstraites qui renvoient non à la réalité mais à d'autres signes.
      Par conséquent, lorsqu'il y a une mesure précise d'un phénomène physique, comme en astrophysique, le langage joue un rôle bien limité. Sinon on aboutit au post-modernisme dont Sokal s'est moqué dans Social Text. Tout est discours équivalent.
      Les courants de philo analytique, de sémantique et de pragmatique linguistique distinguent nettement l'information déduite par des raisonnements valides (implication) de l'information déduite par implicitation, c'est-à-dire suggérée par le contexte et le principe de pertinence.
      Il est possible d'argumenter en éliminant un maximum de filtres. Aucune langue n'est précise, seule son utilisation peut l'être. Bien sûr, il faut de la place et du temps pour le faire et là, on n'est plus dans le monde des «réseaux sociaux».

    • Jacques de Guise - Abonné 2 décembre 2019 17 h 17

      À M. J. Thbaudeau,

      J'aurais bien aimé que vous m'indiquiez quelles "prétentions ci-haut mentionnées" vous a amené à soutenir que j'avais effectué un saut paradigmatique fort discutable et dangereux et surtout pourquoi, par rapport à quoi. C'est sûr que je me distancie du paradigme positiviste avec sa conception du savoir qui m'est intolérable..

      J'aurais bien aimé que vous me citiez des supposés socio-constructivistes avec des exemples concrets qui se vautrent dans je ne sais quelle uitlisation fallacieuse et qui tombent dans l'idéologie pure, car en plus de toutes les références mentionnées dans mon texte ci-dessous, je pourrais vous en citer X autres pages de références et ces gens-là ne pataugent pas dans le relativisme dont vous faites état, car ce ne sont pas des philosophes, ce sont des scientifiques! Je vous incite à réorienter vos lectures!

    • Jean Thibaudeau - Abonné 2 décembre 2019 19 h 55

      @ Jacques de Guise
      Si vous relisez mon premier paragraphe, vous verrez que je ne vous attribuais nullement à vous ce saut paradigmatique, qu'on peut cependant constater chez bien d'autres. Mais puisque vous vous êtes présenté en défenseur du socio-constructivisme, ma remarque finale, elle, s'adressait également à vous, bien sûr.

    • Jacques de Guise - Abonné 2 décembre 2019 20 h 49

      À Mme F. Labelle,

      Si la fumisterie de Sokal, les "très convaincantes" expériences de perception de couleur et la difficulté de la mesure en astrophysique sont suffisantes pour vous éviter d'approfondir votre connaissance du socio-constructivisme et ainsi maintenir vos préjugés à l'égard du post-modernisme, je ne crois pas que l'on puisse finir par s'entendre en argumentant après avoir éliminé un maximum de filtres.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 2 décembre 2019 08 h 57

    L'auteur a trouvé là une perle :

    « Les jeunes ne cherchent plus à se faire remplir de connaissances, ils souhaitent plutôt vivre des expériences pour apprendre plus concrètement comment agir. Pour eux, les connaissances sont en mouvement et elles changent sans cesse. »

    « Les connaissances sont en mouvement et elles changent sans cesse. » Qu'est-ce qu'il ne faut pas lire!

    Et cela provient du Conseil supérieur de l’éducation. Il faudrait virer séance tenante tous ceux qui sont derrière ce texte impensable. Ils sont dangereux.

    • Jacques de Guise - Abonné 2 décembre 2019 20 h 24

      À M. Le Blanc,
      Entre le savoir positif désincarné et le savoir fondé sur des expériences qui nous pemettent plus concrètement d'apprendre comment agir. Je choisis le deuxième n'importe quand. Si vous ne voyez pas les effets pervers qu'entraîne la première conception du savoir avec toute la barbarie qui nous entoure et la destruction vitesse Grand V de notre environnement, j'abandonne.... (Car, pour ces barbares et ces destructeurs, le savoir est en dehors d'eux et ne les transforme pas.

      C'est sûr que quand on a une conception fixiste des choses, de la vie et du savoir que tout ce qui bouge peut être dangereux. C'est la différence entre le positivisme et le socio-constructivisme. Ben oui, le savoir évolue pour certains en raison notamment de l'interactionisme social.

    • Ginette Cartier - Abonnée 3 décembre 2019 08 h 18

      Parlant d'expérience primant les connaissances... Beaucoup de jeunes choisissent le programme de sciences humaines au cégep prétendant que c'est plus facile (paresse intellectuelle), et parce qu'ils sont encore très indécis quant à leur avenir. Mais, en effet, ce qui prime pour eux, dans toute leur inconscience, c'est l'expérience. Celle de l'échec, massif en première session de la première année du collégial. Ça s'appelle "apprendre à la dure".

  • Cyril Dionne - Abonné 2 décembre 2019 09 h 09

    C’est « ben » pour dire

    Ce que l’auteur n’a pas compris, c’est que l’invention d’Internet et des réseaux sociaux, des outils numériques et j’en passe ont rendu les gens intelligents, plus intelligents et ceux où le rendez-vous synaptique des neurones n’a jamais eu lieu, encore plus paralysés cognitivement. Les fausses nouvelles, la désinformation, les pseudo-sciences et j’en passe peuvent être évités et sont évités par ceux qui ont les filtres nécessaires pour le faire. Alors, dites-nous ce qui a vraiment changé sous le soleil?

    Encore une fois, oui Internet nous donne accès à des connaissances et à la science, aux ensembles de savoirs organisés en un tout structuré, pour ceux qui ceux qui ne souffrent pas de dissonance cognitive. Oui la technologie regroupe les « amis » qui partagent les mêmes points de vue, croyances ou préjugés parce qu’ils n’ont, encore une fois, pas les filtres nécessaires pour comprendre l’information. Ceci dit, même les plus intelligents deviennent paresseux intellectuellement et souffrent de l’avarice cognitive puisque la technologie les a libéré des chaînes de montage de la connaissance.

    Il y a des connaissances, des savoirs et des vérités dans les documents officiels du ministère de l’Éducation. Ah ! « ben ». Et oui, ce n’est plus nécessaire d’apprendre et de retenir des connaissances puisque celles-ci, en plus d’être toujours changeantes, peuvent au besoin être récupérées sur le Net en un simple clic pour ceux, encore une fois, qui ont les filtres nécessaires dû à une éducation poussée et une intelligence innée.

    Mais ce qui m’a fait sourciller dans cette lettre, c’est de mettre les sciences humaines dans le même bain que les mathématiques et les sciences pures et appliquées comme savoirs rigoureux. N’est-ce pas ceux qui souffrent de paresse intellectuelle qui font de telles études puisque vous pouvez dire n’importe quoi parce que les connaissances dans ce domaine sont toujours changeantes et aléatoires et non vérifiables? C’est « ben » pour dire.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 2 décembre 2019 11 h 22

      Ce que vous dites est plein de sens... jusqu'au dernier paragraphe. Mais on ne se refait pas...

    • Marc Therrien - Abonné 2 décembre 2019 12 h 51

      Je ne sais pas si les gens qui préfèrent les études en sciences humaines et sociales souffrent de paresse intellectuelle, mais en tous cas, on pourrait certes dire que nombre d'entre elles ne souffrent pas de paresse émotionnelle en se présentant au combat contre les souffrances individuelles, interpersonnelles et sociales qui minent le monde et dont les sciences pures, exactes et appliquées sont bien impuissantes à soulager par elles-mêmes et à elles seules. Les experts en traitement (curing) hautement connaissants ne font pas nécessairement de bons soignants (caring). Pour le reste, on sent bien que c'est avec une émotion chargée que vous survalorisez la rationalité et disqualifiez l'affectivité.

      Marc Therrien

    • Hermel Cyr - Abonné 2 décembre 2019 15 h 57

      M. Dionne, s’il y a des savoirs qui exigent de la rigueur et du travail, ce sont bien les sciences humaines… justement parce que leur matière est mouvante, vivante et difficile à saisir. Il faut beaucoup plus de rigueur et de travail pour expliquer par exemple le conflit israélo-palestinien, ses racines historiques, politiques et culturelles … que de mesurer le réchauffement de la planète !
      S’il n’y a pas de « lois de l’histoire » par exemple, c’est facile à comprendre, c’est qu’on ne peut (ni ne voudrions) la reproduire. Tenter humblement de l’expliquer est déjà affaire complexe; et celles et ceux qui s’y adonnent ne sont pas les « paresseux » du bocal que vous croyez.
      D’ailleurs, toutes les sciences humaines comme sciences naturelles sont des constructions contenant une certaine dose de théorie et d’observation.

    • Cyril Dionne - Abonné 2 décembre 2019 16 h 01

      Ah ! « ben », coudonc. On ne peut pas plaire à tous ceux qui humanisent les atomes. Il y a pire, il y en a qui glorifient des êtres imaginaires, magiques et extraterrestres de l’éther sidéral. Même mon petit neveu de cinq ans ne fait plus cela.

      Qu’est-ce qu’il y a de plus individualiste et égoïste que de considérer l’univers ou les multivers à partir de sa petite personne? Vous savez, seulement dans l’univers observable (celui qui est défini par la vitesse de la lumière), il y a de 200 à 2 000 milliards de galaxies qui contiennent en moyenne, au moins 100 milliards d’étoiles (systèmes solaires). Et ici, vous parlez de sentiments ou d'émotions humaines qui ne sont que le résultat d’une longue évolution de l’espèce humaine et dont le mécanisme biologique est composé des milliards de neurones qui interagissent les unes avec les autres à partir d’un schéma héréditaire précis tout en répondant aux stimuli des données environnementales.

      Ceci dit, lorsque je fréquentais une de ces antres de haut-savoir (les universités, lol), les cours de sociologie, de psychologie, en bref, les sciences molles, étaient considérés comme des cours de « Mickey Mouse » qu’on prenait pour remplir les trous qui manquaient pour satisfaire les exigences du baccalauréat. Désolé M. Desjardins, mais je sais que vous avez enseigné justement ces sciences dites aléatoires, imprécises et non-vérifiables à l’université. Pour M. Therrien, vous avez été et vous êtes un élève assidu de ces sciences hypothétiques qui se conjuguent au conditionnel passé.

      J'imagine que je ne suis plus sur vos listes de cartes de Noël maintenant. Ah ! « ben », coudonc, on ne peut pas satisfaire tout le monde tout le temps.

    • Hermel Cyr - Abonné 2 décembre 2019 20 h 16

      « il y a de 200 à 2 000 milliards de galaxies qui contiennent en moyenne, au moins 100 milliards d’étoiles (systèmes solaires). » (Cyrille Dionne)
      Je veux bien, la science physique donne des informations et des théories savantes qui incitent toujours à la recherche. Mais combien de possibles corelations pensez-vous, existent entre les personnes formant une société et des sociétées entre elles ensuite ? Et ajoutez à ceci au moins 10 000 ans d’histoire depuis le néolithique ou 3500 ans d’histoire des civilisations où les contacts ont créé des transmutations et des conséquences incommensurables … et vous nous parlerez de « complexité » des savoirs, et de rigueur pour dépêtrer tout ça !
      La preuve que la science n’est pas si « stable » que vous le « croyez » c’est qu’elle a elle-même une histoire. D’ailleurs, tout scientifique qui se respecte sait que la science qui se fait aujourd’hui sera obsolète dans moins d’un siècle.
      Jean Bricmont, physicien théoricien de la physique quantique le reconnait lui-même (voyez ses entrevues sur Youtube): on ne peut pas mesurer les phénomènes humains comme on mesure les phénomènes physiques. Il est bien placé pour le savoir puisque la physique quantique est aussi faite d’impondérables, d’indétermination et de théories abstraites. Mais vous, vous semblez encore à l’âge de la science quantifiable des éprouvettes et des bruleurs Bunsen.
      D’ailleurs l’un de nos grands astrophysiciens, Hubert Reeves, est assez évolué pour voir un lien entre la science, la vraie, celle qui imagine et qui invente, avec la poésie … Vous en êtes loin ! Vous avez l’âge des positivistes d'il y a un siècle.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 2 décembre 2019 21 h 47

      Bien des gens ont fait des études en sciences naturelles parce que c'était le prix à payer pour avoir le sentiment de leur propre valeur. Visiblement, pour certains, cela ne suffit pas. Le mépris qu'ils affichent pour les guignols des sciences molles non plus. Il faut plutôt les plaindre.

  • Michel Lebel - Abonné 2 décembre 2019 09 h 36

    Relativisme!

    Nous vivons dans le monde du relativisme (tout se vaut) et donc de grande confusion. Que sortira-t--il de ce magma? Comme je vis dans l'espérance, je ne m'en fais pas trop. Et Noël s'en vient!

    M.L.

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 2 décembre 2019 15 h 43

      Vous voulez nous convertir, M. Lebel ?

    • Michel Lebel - Abonné 3 décembre 2019 08 h 14


      @ Sylvio Le Blanc,

      Seul Dieu peut convertir, pas les humains. Joyeux Noël!

      M.L.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 décembre 2019 10 h 40

      "Seul Dieu peut convertir, pas les humains. Joyeux Noël!"

      Mais votre ami imaginaire n'existe pas M. Lebel. Alors, qui va nous concertir? Vous? Sur cela, je vous souhaite bonne chance.