Un coup d’État pour un changement de régime

Les protestations se sont transformées en actions violentes. Des hordes paramilitaires ont assailli les partisans de Morales et de son parti (MAS).
Photo: Natacha Pisarenko Associated Press Les protestations se sont transformées en actions violentes. Des hordes paramilitaires ont assailli les partisans de Morales et de son parti (MAS).

Sous Morales, tous les Boliviens avaient profité de la croissance.

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1 commentaire
  • Pierre Fortin - Abonné 22 novembre 2019 12 h 04

    Un coup d'État avec l'assentiment complaisant de nos pays dits démocratiques


    Le coup d'État a été officialisé lorsque les États-majors de l'armée et de la police ont cessé de reconnaître l'autorité d'Evo Morales Ayma qui, quel que fut le résultat de l'élection du 20 octobre, était bel et bien le Président constitutionnel de Bolivie jusqu'à la fin janvier 2020. À quelle autorité non-constitutionnelle ces États-majors se sont-ils alors soumis ?

    La sénatrice Jeanine Áñez, autoproclamée « présidente » sans garantie de droit de la Constitution, appartient au Mouvement Démocrate Social qui, aux dernières élections, a obtenu 4% des voix, 4 députés sur 130 et 1 sénateur sur 36. Le vendredi 15 novembre, elle émettait ce décret : « Le personnel des Forces Armées qui participe aux opérations de rétablissement de l'ordre et de la stabilité publique est déchargé de toute responsabilité pénale quand, en accomplissant ses fonctions constitutionnelles, il agit en légitime défense ou en état de nécessité ». Bilan en date d'hier (21 nov.) : la répression de la police et des forces armées a déjà fait 32 morts, des centaines de blessés et des milliers d'arrestations.

    Sous sa gouverne, la Bolivie a déjà quitté l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) et compte se retirer de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR); Mme Áñez ne perd pas de temps pour mettre la Bolivie à sa botte. Que fait pendant ce temps la diplomatie canadienne ? Comment expliquer le silence de nos Premières nations sur le sort des peuples indigènes d'Amérique du Sud ? Que fait la Chilienne Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, qui ne peut ignorer les réalités de son continent natal ?

    Dommage que nos grands médias soient trop occupés à suivre le carnaval de l'impeachment de Trump et le brasse camarade de Hong Kong, sans égard pour ce qui se déroule en Argentine, au Chili, en Colombie, en Équateur, en Bolivie et au Brésil où les peuples rejettent de plus en plus la prédation de leurs acquis sociaux obtenus à la dure.