Justin Trudeau n’est pas un défenseur du climat

Justin Trudeau en compagnie de Steven Guilbault, lors d’une activité partisane à Montréal en juillet dernier
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Justin Trudeau en compagnie de Steven Guilbault, lors d’une activité partisane à Montréal en juillet dernier

Steven Guilbeault ne sera pas ministre de l’Environnement. Il ne sera pas non plus à l’oeuvre au sein d’un ministère où il pourra contribuer de façon significative à la lutte contre le réchauffement climatique. C’était pourtant toute la raison d’être de son engagement récent avec les libéraux. Passer du côté du pouvoir, pour continuer de faire avancer la cause de sa vie. Aujourd’hui, force est de constater qu’il a été instrumentalisé par Justin Trudeau. Et nous avec lui.

Rationnel et pragmatique, activiste modéré, de plus en plus enclin aux compromis, Steven Guilbeault incarnait la chance ultime de voir des politiques publiques minimalement courageuses répondre à l’urgence climatique. Visiblement, devant l’influence des puissants intérêts pétroliers, Justin Trudeau vient d’abdiquer ses responsabilités climatiques et, ce faisant, de confirmer le cynisme de tous ceux qui le condamnaient d’avance.

En toute franchise, je ne nourrissais pas beaucoup d’illusion sur la sincérité de Justin Trudeau de se poser en réel leader dans la lutte pour le climat. C’était difficile de donner le bénéfice du doute à celui qui, après avoir promis de réduire les GES, les subventions aux combustibles fossiles, la production et la consommation de pétrole en avait favorisé l’augmentation tout au long de son premier mandat.

La présence de Steven Guilbeault représentait à mes yeux la dernière chance au coureur. L’occasion, surtout dans les conditions d’un gouvernement minoritaire, de voir les choses pencher enfin résolument en faveur du climat. Non seulement Justin Trudeau n’arrive-t-il pas à s’appuyer sur le vote démocratique où une majorité de citoyens se sont exprimés clairement pour le climat, mais pour rassurer les intérêts de l’Ouest et de leurs financiers de Bay Street, il n’a pas le courage élémentaire de donner un peu de pouvoir au plus modéré des écologistes.

C’est non seulement une insulte à Steven Guilbeault lui-même et une insulte aux électeurs qui ont été dupés par la manoeuvre de sa candidature, mais c’est une insulte à l’intelligence collective d’avoir ainsi usurpé la lutte pour le climat par ce qui s’avère aujourd’hui une grossière fourberie.

Entre le pétrole et l’environnement, quoi qu’il en dise, Justin Trudeau a choisi son camp. Au moins, les conservateurs parlent franchement : ils sont aussi pro-pétrole et pro-pipeline, mais ils ne signent pas des traités qu’ils ne vont pas respecter par la suite tout en se posant en champion du climat ! Pour eux, la lutte contre le réchauffement demeure d’une importance relative, diamétralement opposée aux intérêts qu’ils défendent.

Peu importe le verdict démocratique de la dernière élection, cette vision-là continuera visiblement de mener résolument les affaires. Une vision où la prospérité est fondée sur l’exploitation du pétrole et du gaz. Une vision en totale contradiction avec ce que la science réclame et avec les engagements de l’Accord de Paris. La construction d’un nouveau pipeline va dans ce sens-là et la plantation de deux milliards d’arbres ne saura en compenser les méfaits.

Mode de vie

Pour les idéalistes dont je suis, la menace climatique existe et la première cause de ce danger, c’est la combustion du carbone. Nous croyons qu’il faut une réponse rapide et radicale de nos politiques publiques pour infléchir la trajectoire actuelle, soutenir un véritablement développement durable et une réduction de l’extraction, de la production et de la consommation là où ça s’impose. Même quand ces changements heurtent les intérêts économiques immédiats.

La transformation majeure de notre économie passe par un ensemble de mesures qui doivent traverser tous les secteurs d’activités de notre société. Des innovations technologiques, oui ; mais surtout un changement de nos modes de vie dans le sens d’une réduction de la consommation et d’un usage des ressources qui respectent les limites de la planète. Certaines choses doivent croître, et d’autres décroître.

Entre ces deux visions-là, il y avait, peut-être, celle de Steven Guilbeault. Il est de ceux qui sont prêts aux compromis, de ceux qui croient à une réduction progressive du pétrole, sur un plus long terme que celui exigé par la science.

J’étais prêt à entendre sa proposition, à envisager la mise en oeuvre par le Canada d’une série de mesures d’envergure, financées à même une taxe significative sur le carbone pour en réduire l’usage, sur la base des mécanismes du marché. Pour soutenir ce qui doit croître. Et en finir avec ce qui doit décroître.

Médiocrité

Est-il encore permis d’espérer qu’une telle proposition viendra ? Au lendemain de son élection, le gouvernement de Justin Trudeau a déclaré que la construction du pipeline n’était pas négociable avec les partis d’opposition. Hier, en annonçant le poste qu’il réserve à Steven Guilbeault, il vient de faire une autre concession majeure aux intérêts pétroliers. Il n’y aura pas de lune de miel avec ce gouvernement.

On a décidé de continuer de s’enfoncer dans la voie du pétrole en prétendant que c’est là celle de l’équilibre et du juste milieu. Mais, c’est la voie de la médiocrité. Celle qui nous tire vers le bas, vers la catastrophe et l’injustice.

Le gouvernement de Justin Trudeau vient de se couper toute marge de manoeuvre. On va le juger non plus sur ses intentions mais sur les résultats. Ceux d’un plan crédible de réduction d’au moins 50 % des émissions d’ici 2030 visant à la carboneutralité avant 2050, un plan qu’on attend toujours.

Pour le faire advenir, la société civile devra continuer de se mobiliser, en espérant que le cynisme ne l’emportera pas sur notre foi en nous-mêmes, quand la démocratie est à ce point malmenée.

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62 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 21 novembre 2019 00 h 36

    Nous? Non, vous!

    «Aujourd’hui, force est de constater qu’il a été instrumentalisé par Justin Trudeau. Et nous avec lui.»

    Euh, non. Je n'ai jamais cru à l'importance de sa candidature et n'ai d'ailleurs pas voté pour lui. Je me demande même s'il a «été instrumentalisé par Justin Trudeau». Oui, Justin Trudeau a utilisé son image et cela lui a réussi. Mais, je ne crois pas Steven Guibeault assez naïf pour ne pas avoir su qu'il (lui ou son image) était utilisé. Cela dit, on ne peut pas savoir ce qu'il avait en tête en acceptant de se présenter et quelles étaient ses véritables attentes et objectifs.

    • Raymond Labelle - Abonné 21 novembre 2019 05 h 19

      Ci-dessous, un petit papier de Léo-Paul Lauzon à propos de M. Guilbault. Comporte des éléments de carrière (à défaut de meilleur mot qui me vienne à l'esprit) de M. Guilbault qui aident à le comprendre.

      Peut-être trop dur, et on aimerait entendre l'autre partie, mais quand même troublant.

      Ici: https://www.journaldemontreal.com/2018/11/06/steven-guilbeault-lecolo-a-gogo

    • Brigitte Garneau - Abonnée 21 novembre 2019 06 h 32

      Je suis , on ne peut plus, d'accord avec vous M. Jodoin.

    • Hélène Lecours - Abonnée 21 novembre 2019 08 h 35

      Le prestige - et le salaire - en ont fait succomber plusieurs. C'est tout un changement de "statut" pour monsieur Guilbault, qui n'a pas la force de conviction d'un Nicolas Hulot et qui ne semble pas avoir négocié son poste avant les élections. Nous saurons bientôt quelle sorte de discours il tiendra dorénavant mais on peut évidemment pas s'attendre à grand chose d'un tel revirement.

    • Dominique Boucher - Abonné 21 novembre 2019 09 h 26

      À Monsieur Labelle : Merci pour le papier de Léo-Paul Lauzon.

      Aussi : ce n'est pas faire injure à Monsieur Champagne, il me semble, que de le placer dans le camp des catastrophistes (pas péjoratif pour moi ; cʼest peut-être — lʼavenir nous le dira — du réalisme). Monsieur Guilbeault, père de 4+2 enfants (donc, je suppose, au moins minimalement optimiste quant à lʼavenir de lʼhumanité), ne mʼa jamais semblé possédé pas un tel sentiment dʼurgence.

      Jean-Marc Gėlineau, Montréal

    • Marc Bourdeau - Abonné 21 novembre 2019 09 h 41

      Fallait-il qu'il soit naïf, l'écolo de service! Peu importe les promesses électorales qu'on pourrait lui avoir faites, il s'est laissé berner. Il a cru Trudeau, étrange. Maintenant, il va nous montrer des unifoliés.

      C'est à lire l'article de L.-P. Lauzon référé plus haut qu'on comprend mieux le personnage.

    • Cyril Dionne - Abonné 21 novembre 2019 10 h 07

      Ah ! Non. Je suis d’accord vous M. Jodouin, du moins partiellement ce qui est toujours une petite victoire pour vous.

      Oui, Steven Guibeault se cherchait un vrai job et les revenus qui en découlent. On ne devient pas très riche à passer des années dans le mouvement vert chez Greenpeace et Équiterre. Vous savez, les études en sciences politiques et la mineure en théologie de M. Guibeault ne vous garantissent pas des revenus très alléchants plus tard dans la vraie vie. Comme chez ceux de Québec solidaire avec leur études dans le monde des sciences sociales, ils font de la petite politique pour avoir un bon salaire et des avantages sociaux de rêves, ce qui seraient impossible ailleurs vu leurs prospects très limités dû à la nature de leur champ d’études.

      Bon, ceci dit, qui croit encore aujourd’hui que Justin Trudeau est vert? Il a choisi son camp il y a très longtemps. Vous savez, les champs bitumineux de l’Alberta et de la Saskatchewan représente facilement plus de 15 000 milliards en richesses en 2019. Vous pensez pour une seconde que les gouvernements vont se priver de cette richesse? Vraiment? Leur seul « hic », c’est qu’ils doivent acheminer cet or noir vers les côtes du Pacifique et de l’Atlantique afin de recevoir le prix mondial pour leur pétrole. Présentement, ils ne reçoivent que la moitié du prix des Américains à qui ils vendent surtout leur pétrole. Les Américains sont bien contents de cette situation.

      Pour finir M. Champagne, la transformation majeure de notre économie que vous envisagez est une décroissance économique. Ce qui veut dire la contraction de l’économie québécoise, la chute de son PIB, l’inflation qui en découle en plus des taux de chômage élevés et la fin probable des services sociaux. Et ce sont ces changements de notre mode de vie que vous voulez? Vous savez, le Québec est seulement responsable de 0,17% des GES mondiaux. Les GES émanent surtout de la Chine (33%) et ne connaissent pas les frontières géopolitiques arbitraires.

    • Pierre Desautels - Abonné 21 novembre 2019 11 h 26

      Steven Guilbault a continué de s’opposer au pipeline TransMountain, même pendant la campagne électorale. À moins d'être complètement naïf, personne ne pouvait alors croire qu'il pourrait hériter du ministère de l'environnement.

      Il affirmait en campagne qu’aucun gouvernement n’en a autant fait pour l’environnement que celui de Justin Trudeau: électrification des transports, tarification du carbone, tramway de Québec, investissements dans les infrastructures vertes, prolongement de la ligne bleue du métro à Montréal. Il disait avoir peur de voir les conservateurs revenir au pouvoir et miner les progrès qui ont été faits.

      Là-dessus, il faut lui donner raison et des milliers de citoyens progressistes ont voté libéral, non pas parce que c'était leur premier choix, mais pour éviter la catastrophe de se retrouver avec un gouvernement Conservateur, avec ce système britannique à la gomme balloune. Quel genre de lettre aurait écrit Dominic Champagne si les conservateurs avaient gagné?

    • Raymond Labelle - Abonné 21 novembre 2019 11 h 32

      À noter aussi l'intervention de M. Cotnoir ci-dessous sur la carrière de M. Guilbault.

    • Annie Marchand - Inscrite 21 novembre 2019 11 h 46

      Il y a aussi le texte de Lauzon de ce matin...

      https://www.journaldemontreal.com/2019/11/20/climat--rien-ne-changera-a-moins-que

    • Jean-Yves Arès - Abonné 21 novembre 2019 13 h 13

      M. Labelle, le texte de Lauzon est a la hauteur du personnage. La liste des reproches qu'il lui fait se limite se limite a avoir rendu des services a des entreprises "privées", ce qui dans la tête de ce personnage correspond a faire affaire avec les démons eux mêmes.
      Et parmi les crimes de ces démoniaques il donne l'exemple d'une firme comptable qui offrirait a ses clients les meilleurs moyens pour payer le moins d'impôt possible.... Ce que personne ne fait évidement dans la vie, essayer de payer le moins d'impôt possible, n'est-ce pas? Et surtout pas ceux qui achètent des actions dans les fonds de travailleurs, ils ne font cela que pour la bonne cause...

      Certain se souviendront peut-être d'une entrevue de Lauzon au Francs Tireurs ou il déblatérait contre les REER, une chose qu'il disait être une grande perte de rentrer fiscale pour l'État. A l'écouter c'était une chose vraiment socialement ignoble que ces REER.
      Puis a la fin l'animateur lui a demander s'il en avait des REER lui? Changement d'attitude immédiate de Léo-P, petit sourire gêné il a été bien obliger de répondre "ben oui j'en ai, évidement" Sa grande indignation perdait de l'altitude soudainement, pour retrouver au niveau de la garnote !

      Mais on comprend mieux Léo-P quand il s'attaque a Équiterre. Ces salauds auraient accepter des commandites de grandes entreprises "privée". Pourtant quiconque connait un peu Équiterre aura bien de la misère là autre que du monde on ne peut mieux intentionnés qui mettent tant que possible, et plus que tout autres, les meilleurs pratiques environnementales.

      Alors pourquoi cette charge contre une organisation communautaire ou a peu près tout le monde vie en mode simplicité volontaire ??

      Bien, par hasard, les membres d'Équiterre ont un problème de taille avec une entreprise PRIVÉE qui veut prendre a elle tout seule toute toute toute la place dans le monde de l'agriculture. Et devinez quelle entreprise?

    • Raymond Labelle - Abonné 21 novembre 2019 14 h 53

      Hmmm - je considère l'autre côté de la médaille que vous présentez M. Arès. Des contrats pour conseiller des entreprises à avoir de meilleures pratiques, peut-être - pourquoi pas. Que de tels contrats passent par une compagnie de comptable, peut-être - que la compagnie comptable, par ailleurs, fasse de la planification fiscale, peut-être agressive, eh bien, ce n'est pas M. Guilbault qui fait la planification fiscale

      De la relation publique de M. Guilbault? Pour une compagnie de fonds spéculatifs - je suis moins à l'aise. Mais M. Guilbault se pogne de beaux contrats avec des gens de pouvoir tout en soignant son image d'activiste et en l'utilisant à des fins partisanes. Oui, influencer de l'intérieur, mais...

      Enfin, c'est un peu ce genre de réflexion qui m'a fait écrire qu'il faudrait entendre l'autre partie, mais j'ai encore de l'incertitude et du malaise. Sans nécessairement diaboliser autant que Lauzon. En comparaison, M. Champagne est comme un saint qui a fait voeu de pauvreté pour la cause.

      Vous avez bien fait d'intervenir M. Arès, pour aider à considérer plus globalement.

    • Raymond Labelle - Abonné 21 novembre 2019 15 h 09

      J'ai été en fait plus troublé par la lettre citée par M. Cotnoir ci-dessous que par le papier de Lauzon, dont j'ignorais l'existence (de la lettre, pas de M Cotnoir) au moment de mon intervention originale.

      Je recite:

      "Sur des projets aussi sensibles et critiques pour le climat que la centrale thermique du Suroît, l’exploitation des gaz de schiste au Québec, le port méthanier de Rabaska et plus récemment la cimenterie de Port-Daniel, les positions de Steven Guilbeault ont systématiquement contredit, contrecarré et parfois même saboté les efforts acharnés et les luttes patientes de dizaines de groupes écologistes ainsi que de centaines de milliers de citoyens, ceux-là même qui marchaient pour l’environnement à travers le Québec le mois dernier."

      On retrouve l'intégrale et les noms des signataires ici: https://bit.ly/2D0RsCR

      Et un choix différent d'extrait de la lettre de M. Bruno Massé, géographe et militant écologiste de longue date, lettre dont j'ai appris l'existence par M. Cotnoir ci-dessous.

      "En 2017, une sortie publique de M. Guilbeault a été déterminante pour légitimer le Réseau Express Métropolitain (de la Caisse de Dépôt) alors que le BAPE et les groupes environnementaux dénonçaient sa contribution à l’étalement urbain et son absence de réduction de GES. Qui s’étonnera que Michael Sabia, le patron de la Caisse, soit ensuite l’invité d’honneur du cocktail annuel d’Équiterre, deux années consécutives de surcroît?

      Et nous n’avons pas parlé de l’appui de M. Guilbeault et d’Équiterre aux budgets d’austérité du Parti Libéral du Québec ainsi qu’à Uber durant le conflit avec les chauffeurs de taxi. La liste est longue."

      (source: https://bit.ly/35mcEzp - vaut d'être lu intégralement) .

      J'ai des idées de défense partielle, sans être tout à fait à l'aise. Mais là encore, il faudrait entendre l'autre partie.

    • Gilles Théberge - Abonné 21 novembre 2019 17 h 16

      On sait pour qui l'Indépendantiste Jodoin a voté. Du moins on s'en doute. Mais c'était pas pour le Bloc ça c'est certain quand on met tous ses commentaires bout à bout.

      Mais heureusement, aucun des «idéalistes» pour ne pas dire autrement n'a été élu. Seul le pragmatique Guilbault a été élu... Et comme les faux indépendantistes affiliés à QS. l'environnementaliste douteux se réfugie peinardement dans le ...patrimoine !

      Et on nous demande de croire à ce gouvernement !

    • Jocelyn Guillemette - Abonné 21 novembre 2019 17 h 54

      Dans le combat pour l'urgence climatique toutes les actions ont une importance. Je croyais que le choix de M Guilbeault pouvait influer sur l'approche du parti Libéral. Je n'ai pas voté Libéral mais je me dis que toutes les forces en marche doivent être exploitées. Je continue de croire en l'influence de M Guilbeault. A défaut de le voir en environnement j'espère qu'il jouera son rôle. Après tout le patrimoine c'est la planète avant tout. Ne laissons pas la critique entre les diverses strates d'actions minée l'action globale.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 21 novembre 2019 19 h 28

      @ Cyril Dionne Vous écrivez fort justement ceci: « Pour finir M. Champagne, la transformation majeure de notre économie que vous envisagez est une décroissance économique. Ce qui veut dire la contraction de l’économie québécoise, la chute de son PIB, l’inflation qui en découle en plus des taux de chômage élevés et la fin probable des services sociaux. Et ce sont ces changements de notre mode de vie que vous voulez?» Ce sont de bonnes questions qui méritent qu'on s'y arrête.

      Mais cette décroissance ou acroissance dont vous décrivez certains effets ne sera pas le fruit que d'un seul facteur, les changements climatiques, mais bien de plusieurs qui, pour certains, auront produits leurs effets délétères bien avant que le climat ne s'emballe. Je vous invite à considérer l'un d'entre eux, soit la contraction énergétique induite par le pic du pétrole conventionnel s'était produite, selon l'AIE, en 2008 (d'autres, dont l'APSO, le situant à 2006, mais nous ne sommes pas à deux ans près). Or comme ce pétrole compte pour les trois quarts des 97 et plus millions de baril de pétrole consommé chaque jour, il risque d'agir sur l'offre. Non seulement, le mode d'extraction du pétrole issu de la roche-mère (Oil Shale) possède un taux de retour énergétique famélique (1,5:1), mais les champs de pétrole d'où il provient aux USA possèdent une capacité d'alimentation n'excédant pas 2025, selon plusieurs experts. Je vous invite à visionner cette conférence prononcée cette année par un expert de Shift Project pour en savoir plus à https://youtu.be/LeDzFEyICXI

      Ma question est donc la suivante. « Considérant que nous entrerons tôt ou tard dans une période de décroissance provoquée au premier chef par une contraction énergétique causée par une diminution de l'offre dépendante tant de la déplétion en pétrole conventionnel que par un taux de retour énergétique ne permettant plus d'énergiser la surconsommation actuelle, est-il préférable que cette décroissance soit planifiée ou subie?

  • Serge Lamarche - Abonné 21 novembre 2019 04 h 38

    L'ouest boude

    Avec l'Alberta et le Manitoba au complet qui boudent les Libéraux, Trudeau n'a pas grand choix. Même l'achat de l'oléoduc Trans-montagnes ne leur a pas plu. Ils pensent qu'il fait semblant d'être pro-pétrole. Et les autres pensent qu'il fait semblant d'être pro environnement. À vouloir tout gagner, on en perd des plumes.

  • Lucia Ferretti - Inscrite 21 novembre 2019 06 h 41

    Esprit critique + Stéphane Dion

    En politique partisane, dans un parti comme le PLC, qui est un parti de pouvoir, il faut une loyauté absolue pour avancer. Il faut "obéir comme un cadavre", selon la devise du général fondateur des jésuites, Ignace de Loyola, soldat du pape. Comme les deux députés de Saint-Maurice-Champlain l'ont fait: après tout François-Philippe Champagne est à Justin Trudeau ce que Jean Chrétien était à Pierre Trudeau. Guilbeault a critiqué la politique de pipeline TransMoutain. C'est la goutte qui a fait déborder le vase. Mais d'avance, Guilbeault était suspect. C'est un proche de Stéphane Dion, ancien ministre de l'Environnement. Or, souvenons-nous que Justin Trudeau n'a rien eu de plus pressé que d'exiler Dion..

  • Marc O. Rainville - Abonné 21 novembre 2019 06 h 46

    Minable

    Greta Thunberg, au sortir de sa rencontre avec Justin Trudeau, ne lui a pas donné la note de passage. Le nouveau ministre, lui, ne devrait pas attendre très longtemps avant de démissionner. La progression des crises climatiques est maintenant exponentielle. Avec le réchauffement climatique, le verrou méthanier est en train de céder ce qui multiplie les émissions de carbone par vingt. Attendons la fin de l’hiver, puis l’été prochain. Le Canada devrait y goûter sérieusement. Peut-être verra-t-on une répétition des incendies près des sites d’exploitation des gaz bitimineux. On va se retrouver en élections. Les Libéraux vont essayer de nous vendre le nucléaire “carboneutre” jusqu’en 2050.

  • Dominique Boucher - Abonné 21 novembre 2019 06 h 48

    Exemple de lʼAllemagne

    Sur les aléas de la mise en place dʼune politique énergétique verte en Allemagne, voir lʼarticle « German Failure on the Road to a Renewable Future » du Spiegel du 13 mai 2019. Des résistances, des, incongruités, une bureaucratie tatillonne, bref, ça nʼavance pas vite, et ce qui avance ne le fait pas toujours dans la bonne direction...

    Cet exemple me donne à penser que certains militants écologistes (avec lesquels je sympathise en grande partie) semblent parfois oublier (aveuglément volontaire?) que si le diagnostic est assez clair (les déréglements climatiques qui commencent à poindre dans le monde semblent au moins en partie dus aux quantités massives de CO2 émises par lʼhomme), les solutions (sources dʼénergies abondantes, relativement peu coûteuses, disponibles en TOUT temps, renouvelables — et sans production de déchets radioactifs à très longues demi-vies; capacités de stockage massives et à coûts raisonnables; super-réseaux électriques « intelligents ») le semblent en revanche beaucoup moins.

    Jean-Marc Gėlineau, Montréal