Nous servons tous et toutes les mêmes électeurs

«Le Bulletin de rendement des infrastructures canadiennes de cette année note que des travaux sont prévus pour au moins 30% des infrastructures publiques», soulignent les auteurs.
Photo: Valerian Mazataud Le Devoir «Le Bulletin de rendement des infrastructures canadiennes de cette année note que des travaux sont prévus pour au moins 30% des infrastructures publiques», soulignent les auteurs.

Les prochaines élections fédérales constituent une occasion en or d’améliorer notre qualité de vie de manière considérable, à la condition que les partis politiques travaillent sérieusement avec nous, les élus municipaux, qui sommes les plus proches des citoyennes et citoyens.

Au lendemain des élections fédérales, nous aurons l’occasion de collaborer avec le nouveau gouvernement afin de rendre les logements plus abordables et d’offrir du transport collectif amélioré qui contribuera à réduire les temps de déplacement et à diminuer les émissions de gaz à effet de serre liées au transport. Si tout va bien, de meilleures routes, de nouveaux centres récréatifs et d’autres infrastructures essentielles pourront voir le jour.

Toutes ces améliorations potentielles à notre qualité de vie ont une chose en commun : elles dépendent de nos gouvernements municipaux. Nous sommes sur le terrain, à relever des défis d’aujourd’hui et à bâtir les milieux de vie de demain. Avec les bons outils, nous pourrons en faire encore bien plus. C’est pourquoi les maires et mairesses demandent aux chefs des partis fédéraux de clarifier de quelle façon ils comptent collaborer avec nous afin d’offrir une meilleure qualité de vie aux Canadiennes et aux Canadiens.

Au fédéral comme au municipal, nous servons tous les mêmes électeurs, et nous devons tout faire pour améliorer la qualité de vie des citoyennes et des citoyens. C’est ce que la Fédération canadienne des municipalités (FCM) a clairement réitéré durant cette campagne fédérale.

Des millions de personnes peinent présentement à trouver un logement convenable à un loyer raisonnable. Un nombre effarant de citoyennes et de citoyens sont pris à la gorge par l’écart croissant entre les revenus et le coût des loyers et des maisons. Soutenus par la FCM, les mairesses et maires ont contribué à définir une stratégie nationale pour élargir le parc de logements sociaux et abordables. Cette mesure seule ne suffit toutefois pas. Les partis fédéraux doivent s’engager à s’attaquer à la crise et à en faire plus. Le logement est un enjeu central dans cette campagne, et les citoyennes et citoyens savent que nous devrons agir sur plusieurs fronts pour le régler.

Le transport collectif est un autre enjeu prioritaire qui nécessite des engagements fermes de la part des partis. Les Canadiennes et Canadiens veulent passer moins de temps dans le trafic et plus de temps en famille. De nombreuses villes améliorent leurs réseaux de transport collectif pour répondre à cette attente, mais sur la base d’investissements fédéraux qui prendront fin en 2027. Or, la concrétisation de projets de transport structurants exige des années de planification, de consultation et de travaux. Pour construire les réseaux de l’avenir, nous devons avoir la certitude que nous aurons les fonds nécessaires. C’est pourquoi la FCM exhorte les partis à convertir ce fonds de 10 ans en mécanisme de financement permanent et ininterrompu.

Les municipalités possèdent 60 % des infrastructures, mais ne touchent que 10 % des revenus du gouvernement du fédéral. C’est pourquoi la FCM a également recommandé d’augmenter le Fonds fédéral de la taxe sur l’essence (FTE), que nous avons contribué à façonner en collaboration avec les derniers gouvernements fédéraux. Ce transfert annuel est une source de fonds prévisible qui permet aux municipalités d’améliorer leurs routes, leurs systèmes d’aqueduc et d’autres infrastructures essentielles.

Ce mécanisme solide a fait ses preuves, mais, comme le savent les politiciens fédéraux, il doit être bonifié. Le Bulletin de rendement des infrastructures canadiennes de cette année note que des travaux sont prévus pour au moins 30 % des infrastructures publiques, telles que les routes, les ponts, les arénas et les bibliothèques. C’est pour rattraper ce retard que le budget fédéral de l’an dernier doublait le transfert du FTE. Nous ne pouvons nous permettre un retour en arrière à partir de l’an prochain. Doubler le FTE est la mesure la plus fiable que puisse prendre le gouvernement fédéral pour améliorer la qualité de vie des citoyennes et citoyens de partout au pays.

La politique fédérale peut parfois nous sembler distante, mais elle peut faire une différence majeure dans notre quotidien. Pour des routes et du transport collectif améliorés, des logements plus abordables et des milieux de vie de qualité, la priorité du prochain gouvernement fédéral doit être d’offrir aux municipalités les moyens d’agir dès maintenant. À cet égard, tout retard ou toute réduction des investissements dans les infrastructures est inacceptable, fera mal à l’économie et coûtera de bons emplois.

À quelques jours de l’élection, si les partis veulent vraiment contribuer à bâtir de meilleurs milieux de vie, leurs engagements auprès des municipalités devront être clairs et sérieux. Le prochain gouvernement devra fournir les outils et les moyens aux gouvernements de proximité de faire une différence dans la vie de leurs citoyennes et citoyens.

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