Le Québec a le potentiel d’être un leader face à la crise climatique

«Le Québec a une population mobilisée, une électricité renouvelable à 99,8% et une volonté de tous les secteurs de la société de faire face à la crise climatique», estiment les auteurs.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir «Le Québec a une population mobilisée, une électricité renouvelable à 99,8% et une volonté de tous les secteurs de la société de faire face à la crise climatique», estiment les auteurs.

Le Sommet d’action pour le climat organisé par le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, se tiendra le lundi 23 septembre. Ce sommet est une occasion pour Guterres de démontrer que le multilatéralisme fonctionne encore. Il répond également à l’appel des jeunes, qui, à l’exemple de Greta Thunberg, demandent aux politiciens de passer des discours à l’implantation de solutions rapides, justes et transformationnelles.

La demande du secrétaire général est la suivante : ne venez pas prononcer des discours vides ; venez faire des annonces concrètes. Les pays sont ainsi appelés à revoir à la hausse leurs cibles actuelles de réduction de gaz à effet de serre (GES) liées aux engagements de Paris, actuellement insuffisantes si l’on souhaite atteindre le zéro émission en 2050, indispensable pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Pour ce faire, les émissions mondiales de CO2 devraient commencer à diminuer dès maintenant, et chuter d’environ 45 % d’ici 2030.

En juin dernier, le gouvernement du Québec a annoncé une démarche de consultation afin d’élaborer le Plan d’électrification et de changements climatiques 2030 (PECC), qui sera présenté au public en janvier 2020 et guidera l’action du Québec pour la prochaine décennie. Cette initiative permet à un important nombre d’acteurs de la société de civile de contribuer à la rédaction de ce plan. Mais cet exercice doit surtout s’aligner avec la science et les engagements pris à l’échelle internationale. Est-ce que ce plan suivra les conseils du Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC) pour diminuer les émissions de CO2 rapidement et dès maintenant, et à respecter notre engagement dans l’Accord de Paris à limiter le réchauffement à 1,5 °C ?

Le Québec dans la cour des grands

Le Québec a la capacité et les moyens de répondre à l’appel de Guterres. Nous avons une expertise en énergies et en technologies propres reconnue, appréciée et même citée en exemple à l’étranger. Le Sommet d’action pour le climat est une occasion pour que le Québec se distingue en matière de leadership climatique. L’intention de participer au sommet doit se concrétiser par des gestes significatifs à l’échelle domestique, et ce, même si le gouvernement développe toujours son plan d’action.

La diplomatie climatique internationale a fait émerger le leadership d’acteurs non étatiques. Le Québec s’est déjà démarqué en étant le premier État fédéré à participer à la finance climatique internationale en 2015. Dans son budget 2019-2020, il renouvelait cet appui à la coopération internationale pour le développement durable et à la lutte contre les changements climatiques.

Le Québec est une nation riche au sein d’un Canada qui, per capita, est l’un des plus grands émetteurs de GES à l’échelle globale. Nous pouvons et devons faire beaucoup plus afin d’éliminer les hydrocarbures de notre économie, notamment par l’électrification, une priorité du gouvernement, et commencer rapidement la transition économique vers les énergies propres. Nous devons également nous assurer que toutes les décisions gouvernementales, particulièrement en transport et en infrastructures, soient cohérentes avec l’impératif climatique et ne viennent pas contrecarrer les réductions des émissions. Autrement dit, il ne s’agit pas seulement d’adopter des cibles de réduction de GES ambitieuses, il faut prendre les décisions, parfois difficiles, qui permettront d’atteindre ces cibles.

Le Québec a une population mobilisée, une électricité renouvelable à 99,8 % et une volonté de tous les secteurs de la société de faire face à la crise climatique. Il est donc parmi les juridictions les mieux placées pour devenir un leader sur la question. Le sommet de New York est une occasion de montrer une volonté politique et une conviction fermes afin de faire face à l’un des défis les plus arbitraires et importants de notre époque.

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25 commentaires
  • Jérôme Faivre - Inscrit 21 septembre 2019 05 h 31

    Un sermon de plus

    On peut se demander ce que fait ce sermon dans la section «Idées» tellement le propos est prévisible, avec un zeste de condescendance. Encore une tirade d'injonction, cette fois-ci à l'attention du Québec, sans doute pour «ne pas passer à coté du vrai débat sur la crise climatique » etc… etc… etc…Quelle est l'«idée» nouvelle et pourquoi ce choix récurrent de publication de textes ultra convenus ? Où est passé la diversité ?

    Quelques pages plus loin, on lit que la «Chine impose un test des valeurs à tous ses journalistes». Et bien, on a l'impression que tout le monde a réussi son test sur la rectitude éditoriale et rédactionnelle. Même Mme Chouinard quitte ses sujets plus tranquilles pour se mettre en mode incantatoire: un vendredi pour la planète.

    Au passage, c'est pas très correct de la part de Fabien Deglise d'utiliser l'expression de «test des valeurs» sans précision pour laisser comprendre par association que le gouvernement du Québec a des projets proches de celui de la Chine. À la lecture du Gardian qui l'a inspiré, on parle d'une application «to pass a test grading their understanding of Xi Jinping Thought»… Pas exactement pareil quand même….

    Ce genre de procédé nuit à la crédibilité générale du journal, y compris sur son propos climatique, plus proche de la ligne de parti que du débat éclairé.

    Bon, justement, question crédibilité, on attend de voir ce qu'Équiterre & al. exige du gouvernement chinois. On peut être certain qu'à cette perspective, ce dernier panique !

    Fais ce que dois pour le climat, advienne que pourra, comme dit la jeune Yoda.

    Libre de pensée

    • Jean-Yves Arès - Abonné 21 septembre 2019 13 h 26

      Vous demandez a ce qu'Équitaire formule des "exigeances" au gouvernement Chinois ?

      Quoi d'autre avec cela, un ultimatum a Donald Trump ?

  • François Beaulé - Abonné 21 septembre 2019 06 h 20

    Bien au contraire

    Les moindres émissions du Québec par habitant sont permises par l'abondance de l'hydroélectricité. Ce qui n'est pas le cas dans la plupart des pays. Le Québec ne peut donc pas être un exemple pour les autres États. Pour le reste, les Québécois vivent de la même manière que les autres nord-américains. Notre habitat s'est étalé dans des banlieues à l'américaine, de très faible densité. Nous conduisons les mêmes SUV et pickup. Nous nous alimentons de la même façon, notre agriculture abuse des pesticides. La majorité du contenu des bacs verts se retrouve au dépotoir. Nous produisons plus de déchets que n'importe qui.

    « Le Québec, leader en environnement » : du grand n'importe quoi. Le Québec n'arrive même pas à être un leader au sein du Canada qui est un des plus grands émetteurs de GES par habitant de la planète.

  • Claude Bariteau - Abonné 21 septembre 2019 06 h 41

    Au Canada, le Québec peut-il signer des ententes multilatérales avec des pays et participer à la lutte contre les GES avec ses atouts ? S'il a signé des ententes avec la Californie, peut-il le faire avec la Suède et le Costa Rica ?

    Dit autrement,

    1) peut-il participer à sa façon à la lutte contre la crise climatique à « l'échelle domestique » en misant sur ses énergies renouvelables dans un pays pétrolier pour qui le territoire du Québec est un lien de transport d’énergies fossiles de l'ouest par bateaux, convois ferroviaires, camions et oléoducs pour alimentation domestique canadienne et pour exportation enrichissante ?

    2) peut-il participer à sa façon à des ententes avec des pays et leurs entreprises publiques pour développer des programmes conjoints visant à stopper le recours aux énergies fossiles génératrices de GES, mais surtout à développer une économie qui sapera l’emploi des énergies fossiles dans un pays qui s’en nourrit ?

    Votre texte est opportun dans le contexte. Il néglige par contre les contraintes à l’action du Québec. L’État de la Californie s’est fait ramener à l’ordre par le président des États-Unis pour avoir adopter des politiques contraignantes à l’usage du pétrole parce qu’elles allaient à l’encontre des politiques américaines.

    L’intervention du président dit en clair que cet État doit se limiter à des politiques acceptables non perturbatrices de l’économie américaine à l’image du programme de finance climatique.

    Si le Québec pousse à fond ses programmes « à venir » sans être un pays, il subira des pressions analogues. Les concepteurs du projet le savent. Aussi le présenteront-ils dans des termes acceptables ou le sera-t-il revu en ces termes par le gouvernement.

    Or, c’est ce qu’il ne faut pas faire dans le contexte de crise climatique lorsqu’on dispose d’atouts structurants. Il faut oser et pour oser, il faut avoir un statut de pays indépendant et être un joueur à l’échelle internationale.

    • François Beaulé - Abonné 21 septembre 2019 07 h 50

      Le réchauffement climatique est un problème planétaire et prétendre que le Québec peut être un « joueur à l'échelle internationale » tient du délire. Si le ROC et, encore plus, les États-Unis ne réduisent pas leurs émissions, les efforts du Québec seront vains. Une très hypothétique indépendance du Québec ne changerait strictement rien à l'affaire.

    • Cyril Dionne - Abonné 21 septembre 2019 09 h 31

      Bien d’accord avec vous M. Bariteau. Le Québec n’est pas considérer comme un pays au Canada. Alors, opportun n’est pas le mot approprié.

      Ceci dit, signer des ententes multilatérales avec des pays et participer à la lutte contre les GES, c’est beau et louable, mais encore une fois, on oublie l’éléphant dans la pièce, la surpopulation. Les scientifiques reconnaissent que les changements climatiques proviennent principalement des activités humaines. Or, on augmente la population par 90 millions à toutes les années. Nous étions 2,5 milliards en 1950 et personne ne parlait des changements climatiques. Nous serons 10 milliards en 2050.

      La science et ses progrès ne réussiront pas à sauver la planète. En fait, c’est grâce à la technologie qu’on triche la nature et nous-mêmes depuis plusieurs décades. Les ressources de la Terre sont limitées et pourtant, on ajoute plus d’individus à toutes les années. Tous les protocoles d’ententes ou les grèves sur le climat n’y changeront rien. Et nos extrémistes de gauche continuent avec la tête bien enfouit dans le sable.

      Il y a beaucoup trop d’intérêts financiers et politiques en jeu. On parle des gouvernements à agir, mais si ceux-ci le font avec une austérité exemplaire, ils seront renvoyés très rapidement aux calendes grecques de la défaite. Que dire des gouvernements qui ont besoin des argents découlant de la croissance économique pour payer les nombreux programmes sociaux. Que dire des systèmes de pension maintenant? On veut le beurre, l’argent du beurre et un sourire de David Suzuki avec cela. Comme quoi, tout le monde veut aller au ciel mais personne ne veut mourir.

    • Claude Bariteau - Abonné 21 septembre 2019 11 h 09

      M. Beaulé, en écrivant mon commentaire, j'aiavancé que le Québec peut devenir un joueur. Pas un leader, il n'est pas de taille. Mais un joeur s'il est un pays, ce qu'il n'est pas. Vous, vous raisonnez autrement parce que vous vous dites qu'il appartient aux autres pays, notamment les pays producteurs et utilisateurs du pétrole, pour changer la trajectoire actuelle des GES en ciblant le ROC et les États-Unis sans lesquels les efforts du Québec seraient nuls et sans intérêt.

      Les changements en économie procèdent rarement par les pays et les entreprises qui contrôlent le jeu à leur avantage, mais par ceux qui inventent des nouveaux procédés. Dans le cas présent, ces nouveaux procédés doivent compétitionner les procédés actuels et seuls des pays et des entreprises qui s'investissent à les rendre à la fois compétitifs et bien reçus par les gouvernements pour contrer les effets de serres peuvent le faire.

      C'est uniquement dans cette perspoective que le Québec peut contribuer à la lutte contre le changement climatique. Mais cette lutte se faire avec des payset les entreprises qui partagent les mêmes objectifs. Pour les économistes, c'est ainsi que se font des changements. Le problème actule est que le temps est compté, ce qui implique des engagements en ce sens plutôt que de laisser uniquement jouer les règles du marché.

      Dans cette lutte, les petits pays ont des atouts que n'ont pas les grands et les grands en peuvent pas être fermés ad infinitum au changement. Mais encore faut-il que les petits pays soient des pays. Vous doutez de leur pertinence et de la pertinence du Québec pays si les États-Unis et le Canada continuent de polluer. Pas moi.

    • Marc Pelletier - Abonné 21 septembre 2019 15 h 00

      À lire tous les commentaires que je viens de lire, il faudrait attendre, attendre et attendre encore que les États-Unis et la Chine se mettent en marche contre les changements climatiques avant que nous soyions autorisés à lever le petit doigt et agir maintenant !

      Voilà les justifications les plus inacceptables pour ne rien faire : c'est " proprement " honteux !

      Malgré toutes vos réticences, ce sont les jeunes de 6 à 49 et tous ceux qui sont resté jeunes dans l'âme qui montreront aux autres la route à suivre, sans nous laisser le choix !

      Si notre gouvernement ne sait pas encore qu'elles actions concrètes il doit poser, les moins de 50 ans et.......en éliront d'autres qui sauront ce qu'il faut faire : trois ans, c'est bien court en terme planétaire.

  • Cyril Dionne - Abonné 21 septembre 2019 07 h 41

    Le Québec ne sauvera personne et encore moins la planète

    Quelles sont concrètement les solutions rapides, justes et transformationnelles? Dans le labyrinthe des discours vides, le développement durable dans la lutte contre les changements climatiques est une contradiction et on est poli. Bien oui, le Québec a la capacité et les moyens de répondre aux changements climatiques avec son 0,1% de la population mondiale et son gros 0,17% du total des GES mondiaux. Ne parlez pas du Canada puisque pour nous, c’est un pays étranger. Ce n’est pas de notre faute si par capita, la Saskatchewan et l’Alberta émettent de 5 à 6 fois plus de GES que nous.

    C’est bien beau l’électrification, mais rare sont les endroits sur la Terre où on peut exploiter l’hydroélectricité, la seule énergie verte, viable et économiquement réalisable. L’énergie solaire émet plus de quatre fois le nombre de GES que l’énergie gravitationnelle et naturelle qui découle de l’eau et est très coûteuse. L’énergie du vent vous dites? L’énergie éolienne coûte en moyenne 4 à 5 fois plus cher que l’hydroélectricité et est intermittente tout comme pour le solaire et hors de prix pour les nations en voie de développement. Oui, elles sont disponibles seulement pour 25% du temps si on est chanceux et donc, on doit recourir aux énergies fossiles pour combler le vide.

    Or, on ajoute plus de 90 millions de personne sur notre vaisseau spatial à toutes les années et personne ne parle évidemment de la surpopulation, qui non seulement génèrent plus de GES, mais est la raison d’être de l’étalement urbain et de la destruction des écosystèmes marins et terrestres. Alors, vogue la galère aveugle des extrémistes du climat vers des jours sans lendemain. Ah! C’est la faute aux méchants capitalistes.

    Devant tant d’imbécillité, l’humain mérite son sort. De toute façon, les bombes thermonucléaires risquent de résoudre l’équation très rapidement. Alouette.

    Sainte Greta priez pour nous et arrêtez de faire peur aux enfants. Vous n'aidez personne.

    • Jean Duchesneau - Abonné 21 septembre 2019 14 h 54

      Que de pessimisme M. Dionne. Le génie Québécois a le potentiel d’offrir des solutions applicables partout sur la planète . Les jeunes ont besoin de messages d’espoir de la part de leurs dirigeants politiques et de leurs ainés qui en ont connu d’autres.

      Il faut des investissements massifs afin de s’attaquer aux problèmes liés au réchauffement climatique et à la qualité de vie détériorée par la dépendance à l’auto-solo.

    • Cyril Dionne - Abonné 21 septembre 2019 21 h 37

      Les investissements massifs venant de la croissance économique qui a créé indirectement le réchauffement planétaire et permis l'accroissement de la population à un taux effréné qui dépasse la capacité d'absorption des écosystèmes planétaires et ses ressources naturelles? C'est cela que vous voulez dire?

      La consommation sans fin a une fin. Ils pourraient commencer avec leurs téléphones intelligents. Le reste n’est que du bla bla. C’est cela le message d’espoir. Elle commence avec eux, vous savez, la simplicité volontaire.

    • Jean Duchesneau - Abonné 22 septembre 2019 15 h 45

      Ben voyons... M. Dionne,

      Des investissements massifs en transports collectifs et en recherche et développement notamment en technologie de l’hydrogène et le monorail grande vitesse.

    • Cyril Dionne - Abonné 22 septembre 2019 20 h 56

      Ils ont déjà dépensé en vain des milliards en technologie de l’hydrogène et c'est un puits sans fond. Et les investisseurs se sont fait flouer. Pour le monorail, vous me rappelez une émission des Simpson.

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 21 septembre 2019 08 h 54

    Greta Thunberg

    Cette déclaration d'intention, que cet article émet, pourait être présentée à monsieur Gutterez par Greta Thunberg., Il comprendrait qu'on ne peut pas parce qu'on est un pays. Au moins ce serait clair.
    Mais si le plan correspondaiti à ce que cet article souhaite, le projet gazoduq-GNL ne devrait pas se concrétiser vu ses GES inhérents giagntesques et non dits.

    • Claude Bariteau - Abonné 21 septembre 2019 09 h 27

      Je lis qu'on est un pays. Vous voulez sûrement dire « parce qu'on n'est pas un pays ».

      Pour GNL, entière d'accord.

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 21 septembre 2019 12 h 48

      vrai.