Syndicats unis pour une transition juste

Les auteurs demandent au gouvernement de mettre en place une stratégie de décarbonisation de l’économie québécoise.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Les auteurs demandent au gouvernement de mettre en place une stratégie de décarbonisation de l’économie québécoise.

Nous refusons de faire l’autruche. La crise climatique est bien réelle. Elle est la conséquence d’une inaction collective et des choix que nos élites économiques et politiques ont faits depuis des dizaines d’années. Nous, travailleuses et travailleurs du Québec, comme l’ensemble de la population, devons composer avec les conséquences de cette crise et exigeons aujourd’hui un plan structurant pour effectuer une transition énergétique et écologique juste !

C’est pourquoi, inspirés par la mobilisation citoyenne des derniers mois, nous lançons aujourd’hui le collectif La Planète s’invite au travail. Ce nouveau collectif, qui travaillera en étroite collaboration avec La Planète s’invite au Parlement, regroupe plus de 1,2 million de travailleuses et travailleurs de tous les secteurs et de toutes les régions du Québec.

L’heure n’est plus aux promesses creuses. Selon plusieurs scientifiques, nous avons jusqu’à 2030 pour atténuer le pire des conséquences de la crise climatique. Relisez bien cette phrase. Nous ne pourrons pas renverser la tendance, nous ne pourrons pas empêcher la crise, seulement en atténuer les effets. Pourquoi ? Parce que nous n’avons rien fait. Au lieu d’agir, nos dirigeants ont décidé de pelleter par en avant. « On traversera la rivière lorsque nous serons rendus au pont », se sont-ils dit. Eh bien, nous y sommes à ce pont, emporté par la rivière qui déborde.

Vers une transition juste

Nous joignons notre voix à celle de millions d’autres de par le monde pour dire à nos dirigeants que nous ne subirons pas passivement cette crise. Pour sécuriser notre qualité de vie et réaliser l’indispensable transition vers une économie plus verte et plus sobre en émissions de carbone, il faut agir dès maintenant.

Investissons massivement dans des technologies et des secteurs moins polluants et générateurs d’emplois de qualité. Misons dès maintenant sur la formation continue et des programmes de requalification de la main-d’oeuvre. Bonifions notre filet de protection sociale et renforçons nos économies locales en les diversifiant et en soutenant davantage les initiatives allant dans le sens d’une économie plus circulaire et carboneutre !

Miser sur l’expertise d’ici

Le Québec est riche d’un réseau public de recherche bien enraciné partout sur son territoire. Un réseau au sein duquel il est possible de planifier et de soutenir la formation, la recherche et l’innovation. Un réseau qui peut contribuer à sensibiliser aux actions nécessaires et à élaborer les pistes de politiques publiques qui permettront de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre sans accentuer les inégalités sociales. Nous avons le savoir-faire pour affronter cette crise.

Le Québec compte aussi sur de nombreux organismes et entreprises qui développent, en ce moment même, des solutions innovantes pour faire face à la crise actuelle.

Le gouvernement doit miser sur cette expertise que nous avons collectivement développée au cours des dernières années. Tous doivent travailler en collaboration et en concertation !

La Planète s’invite au travail

La crise climatique s’invite dans nos milieux de travail. Que ce soit par l’accroissement des risques de santé et sécurité dus au réchauffement global ou par celui de la charge de travail de celles et ceux qui travaillent auprès des personnes plus vulnérables aux effets de la crise.

Nous voulons que le gouvernement mette en place une stratégie de décarbonisation de l’économie québécoise et des mesures pour assurer une transition juste, et nous ne resterons pas les bras croisés.

La Planète s’invite au travail n’est pas un slogan, c’est un cri de ralliement : nous agirons partout où nous le pourrons pour faire une différence ! Que ce soit par la mise en place de comités environnement, par des efforts de réduction des gaz à effet de serre dans nos entreprises, par l’instauration de politiques d’approvisionnement responsable ou par d’autres moyens, nous passerons à l’action. Travailleuses et travailleurs du Québec, unissons-nous pour un avenir véritablement viable !

* Signataires de ce texte:

Nancy Bédard, présidente, Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)

Serge Cadieux, secrétaire général, Fédération des travailleuses et des travailleurs du Québec (FTQ)

Christian Daigle, président général, Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ)

Carolle Dubé, présidente, Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)

Sonia Éthier, présidente, Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

Line Lamarre, présidente, Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ)

Jacques Létourneau, président, Confédération des syndicats nationaux (CSN)

Alain Marois, vice-président à la vie politique, Fédération autonome de l’enseignement (FAE)

Luc Vachon, président, Centrale des syndicats démocratiques (CSD)

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11 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 3 septembre 2019 05 h 16

    Après moi, le déluge!

    Pour «un avenir véritablement viable», il faudrait se débarrasser de l'idéologie néolibérale que l'on pratique depuis 30 ans: «le trickle down economy» ne marche pas. Il faudrait mettre fin à une idéologie meurtrière qui ne vénère que l'accumulation de l'argent et qui s'en fiche carrément de l'environnement et des êtres humains.
    Rappelons q'une centaine d’entreprises du secteur des énergies fossiles sont responsables de plus de 70 % des émissions de gaz à effet de serre.

  • Cyril Dionne - Abonné 3 septembre 2019 07 h 31

    La morale des bien-pensants et donneurs de leçons syndicaux qui s’invitent au débat

    Bon. C’est maintenant le tour des syndicats d’être des bien-pensants et donneurs de leçons et de clamer haut et fort que la rédemption ne passe que par les solutions aux changements climatiques. Or, où sont les solutions à part des phrases creuses qu’ils nous servent à tous les jours?

    La production de GES n’est pas seulement la conséquence d’une inaction collective et des choix de nos élites économiques et politiques, c’est le résultat de notre style de vie de monsieur et madame tout le monde incluant les syndiqués. Si la demande ne n'était pas là, il n’y aurait pas de course insensée pour l’extraction des ressources fossiles. Si ne nous augmentions pas le nombre de Québécois via l’immigration, la production de GES n’augmenterait pas.

    Alors que nous mettons tous nos œufs dans le même panier en parlant seulement de GES, on demeure très silencieux sur l’étalement urbain, la pollution et la destruction de la biodiversité qui sont des conséquences directes et proportionnelles de l’augmentation de la population. Même si on passait à seulement des énergies vertes demain matin, les effets de la présence humaine sur les autres facteurs ne diminueraient pas.

    Les changements climatiques sont un problème de riches; les pauvres ou le deux tiers de la planète ne pensent qu’à manger et survivre. Personne ne parle du vrai prix à payer pour que la Terre devienne verte parce que notre revenu moyen diminuera de moitié. Ceci sous-entend un prix de 0,50$ kWh pour générer de l’électricité à partir des solutions dites vertes comme au Danemark. Ceci, on l’occulte tout simplement.

    Tout cela pour dire que si on continue d’augmenter la population mondiale, il n’y aura aucune solution possible. Et encore une fois, c’est par l’émancipation des femmes, éducation oblige, qu’il reste encore une chance à l’humanité de sortir du bourbier qu’il a lui-même créer. Alors, qui parlera pour nous débarrasser des idéologies politico-religieuses et des vestiges archaïques et misogynes culturels

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 3 septembre 2019 10 h 52

      L'éducation des femmes est une, mais trés imporatnte, des 100 solutions proposées par le livre Drawdown, comment inverser le cours du réchauffement climatique.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 septembre 2019 11 h 03

      Encore une fois M. Saint-Jarre, le développement durable rejette la croissance, le moteur de toutes les activités humaines. Ce serait un retour à une économie du Moyen Âge alors que le problème évident est celui de la surpopulation. La population mondiale a presque triplée en moins de 60 ans. 40% de la population mondiale manque d’eau potable. 15,2 millions d’hectares de forêts disparaissent chaque année. 10% des terres destinées à l’agriculture sont d’ores et déjà inutilisables du fait de la dégradation des sols comme en Irak. Chaque jour, entre 50 et 100 espèces disparaissent. Les émissions de GES augmentent mondialement de 3 à 4% à toutes les années. Plus de 400 centrales nucléaires et usines de fabrication d’armes atomiques rejettent régulièrement des déchets radioactifs dans l’environnement. Le développement durable, c’est la dernière stratégie désespérée du développement pour assurer coûte que coûte sa survie.

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 3 septembre 2019 08 h 03

    Bravo et merci.

    C'est encourageant votre texte. Un aspect qui n'est pas dans le radar c'est l'efficacité énergétique, ce qui implique la connaissance de la facture énergétique.
    J'ai vérifié à l'Observatoire de la CMM: ces deux concepts ne sont pas considérés dans les statistiques.
    Pourtant, chaque ville pourrait baisser de 50% l'utilisation des combustibles fossiles et de l'électricité pour fournir un aussi bon service ou meilleur. Donc, la facture en argent pourrait diminuer de moitié. Que faire avec l'épargne? Bingo!!: la lréorienter vers la transition écologique. Par exemple: dans l'autosuffisancne alimentaire,( les sols, les serres etrc), la sécurité énergétique ( des micro réseaux comme celui de Mégantic) la fabrication locale, ( voir livre de Jacques Laval: De la mondialisation au local) et l'habitationi durable( aider les familles pour la rénovation écoénergétique). Il faudra surveiller les mains jalouses qui voudront mettre la main sur les épargnes et lels mettre dans l'ancien paradigme polluant. Ne faudrait il pas une association des villes pour l'efficacité énergétique? ( avec citoyens)

    • Jean Richard - Abonné 3 septembre 2019 10 h 06

      « Un aspect qui n'est pas dans le radar c'est l'efficacité énergétique. »

      Exact ! Et ce n'est probablement pas un hasard. Lorsqu'on parle de transition énergétique, on sous-entend que l'on va remplacer une source d'énergie par une autre, et pour mieux faire passer cette idée, on martèle sans se lasser sur le clou usé de la polarisation : l'énergie sale et l'énergie propre. Ça frappe l'imagination et ça laisse le champ libre à ceux qui sont en train d'ériger le capitalisme vert. Le capitalisme vert vise à remplacer le pétrole, à la base de l'économie actuelle, par une autre forme d'énergie, utilisée de la même façon c'est-à-dire, produire, produire et produire, consommer, consommer et consommer.

      « Pour sécuriser notre qualité de vie et réaliser l’indispensable transition vers une économie plus verte et plus sobre en émissions de carbone, il faut agir dès maintenant. »

      Sécuriser notre qualité de vie ? Considérant le récent passé du monde syndical, on ne peut s'empêcher d'associer « qualité de vie » à pouvoir d'achat. Des dizaines de grèves plus tard sur fond de demandes salariales justifient cette association. Alors, posons-nous la question : le pouvoir d'achat individuel dans les pays riches n'aurait-il pas contribué à l'accroissement de notre empreinte écologique ?

      Et ce n'est pas tout. Dans le texte ci-haut, le vocabulaire du libéralisme est largement utilisé. Quelques exemples : « l’indispensable transition vers une économie plus verte », « Investissons massivement  », « des solutions innovantes »... Nulle part on ne fait mention de l'incontournable nécessité d'en arriver à une décroissance énonomique. La décroissance est impensable dans la culture libérale. Revenons à l'idée première : pourquoi ne parle-t-on pas d'efficacité énergétique ? Parce qu'elle peut mener à la décroissance, un mot qui fait peur. Des transports, des habitations et une agriculture à moindre consommation d'énergie pourrait gonfler les surplus d'électricité d'Hydro-Québec...

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 3 septembre 2019 10 h 52

      L'énergie épagnée par l'efficacité énergétique pourrait être orientée vers le transport électrique, les serres chauffées. Je ne crois pas qu'hydro serait perdante.

    • Gilles Fontaine - Abonné 3 septembre 2019 16 h 20

      @Cyril Dionne "le développement durable rejette la croissance". FAUX. Le DD encourage la croissance. Cette notion pseudo-scientifique (LÉVY et LUSSAULT et BRUNEL) veut nous faire croire que la croissance à l'infini est possible. Le DD est une utopie. D'ailleurs, le rapport Brundtland, parlait de développement soutenable, pas de développement durable.
      La décroissance est notre seule avenue.
      Bravo aux centrales syndicales pour leurs actions... il reste à les mettrent en pratique lors de vos rencontres syndicales et dans vos syndicats locaux.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 septembre 2019 17 h 17

      @ Gilles Fontaine

      Sainte Greta, priez pour nous.

      La croissance à l'infini n'est pas du tout possible tout comme pour le développement durable. Le dernier est un rêve chimérique concocté par ceux qui pensent que la nature humaine va changer drastiquement. Pardieu, les SUV et les camions sont les marques les plus vendus au Québec comme jamais auparavant. Même nos énergumènes de Québec solidaire, les grands prêtres de la nouvelle religion qu’est devenue l’écologie, se promènent en SUV. Misère, la Chine produit plus de 33% des GES mondiaux (13 000 Mt) et sa production ne cesse d’augmenter. C’est 78 Mt pour le Québec.

      Sainte Greta, priez pour nous.

      Le développement durable est un cheval de Troie des pays du Nord pour dominer ceux du Sud. Celui-ci coïncide avec l’apparition du développement économique des pays pauvres. Enfin, il n’y a aucun développement durable et c’est un oxymore. Il existe une incompatibilité fondamentale entre le développement, processus avant tout destructeur, des ressources et de la biodiversité, et la durabilité, la formule désigne en théorie un trépied magique alliant l'économie (croissance de la production), le social (meilleure répartition des richesses) et l'environnement (préserver la planète pour les générations futures).

      Sainte Greta, priez pour nous.

      Diantre, vous et les syndicats ne vivez pas sur la même planète que nous.

      P.S. Personnellement, j'ai bien plus peur des 10 000 ogives thermonucléaires suspendues au-dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès. Et dans ce cas énuméré, on aura besoin de bien plus que Sainte Greta lors d'un hiver nucléaire.

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 3 septembre 2019 10 h 56

    Greta!

    Au troisième paragraphe, vous nous dites de bien relire la deuxième phrase. Je me sens un peu comme Greta.... qui nous reproche de volerl son futur. Moi je reproche aux décideurs, vers 1960, lorsque c'était le temps, de nous voler notre présent,car ills ont caché le savoir qu'ils avaient à propos des dangers associés au surplus de carbone que nous connaissons en ce moment.

  • Yves Corbeil - Inscrit 3 septembre 2019 15 h 22

    Ça se peux-tu

    Vous avez perdu votre route depuis longtemps, très longtemps les syndiqueux. à force de coucher avec le boss on finit par oublier ce pourquoi on existe. Les conditions de ceux que vous êtes supposé défendre se détériorent au point que les travailleurs d'aujourd'hui devront travaillé jusqu'à soixante-dix ans voir même plus. Le climat dont vous devriez vous occupez c'est celui du travail, le soleil pis les nuages laissé ça au pelleteux de nuages qui eux sont les spécialistes des diversions sociales. Quand ce n'est pas les immigrants martyrs, c'est la climatisation qui les inquiètent et pourtant nous savons tous que le système basé sur la Con sommation voir surconsommation est arrivé à saturation mais on continue à le défendre car le Paul Samuelson ou le Irving Fisher de l'époque ou nous sommes n'est pas encore au monde.

    Les syndicats, qu'ossa donne depuis l'an 2000, pis même depuis les années 80. Climatologue de météo média à gauche gauche, on travaillent pour vous les travailleurs et travailleuses, 15 piasses le salaire minimum, pis après vous ramasserez la facture lors de vos achats de produits de bases car du luxe vous n'en achèterai pas plus avec vos 15 belles piastres.