Laïcité: en attendant la prochaine dérive

«Les enseignantes et les enseignants ont le droit d’accomplir leur mission sans appréhender qu’on les cible sur la base de leur apparence. Quel climat sommes-nous en train de créer dans nos écoles?», demandent les auteurs.
Photo: Xavier Leoty Agence France-Presse «Les enseignantes et les enseignants ont le droit d’accomplir leur mission sans appréhender qu’on les cible sur la base de leur apparence. Quel climat sommes-nous en train de créer dans nos écoles?», demandent les auteurs.

Le 18 avril dernier, lors de son point de presse annonçant les consultations au sujet du projet de loi 21 sur la « laïcité », le ministre Jolin-Barrette nous annonçait que ces dernières, d’une durée de six jours, « feraient le tour de la question ». Or, force est d’admettre que ce projet de loi causera bien plus de maux qu’il n’en réglera.

Dans un geste s’apparentant à de la magnanimité, le ministre a accordé une clause de droit acquis pour les personnes employées par l’État avant l’adoption de la loi : un geste de grâce qui devait servir à montrer la bonne foi du gouvernement. Or, dans les faits, cette clause créait un précédent où, dans un même corps d’emploi, une partie du personnel aurait plus de droits que l’autre.

En définitive, lors des trop brèves consultations, de nombreuses personnes ont prévenu le ministre que la loi allait causer une chasse aux sorcières. Ce dernier avait tenté de se faire rassurant. Il semble toutefois qu’on avait eu raison de craindre le pire. La semaine dernière, on apprenait qu’un père de Rosemont demandait le retrait de son enfant de la classe d’une enseignante portant le hidjab. Bien que cette demande lui fut refusée, un groupe de parents, mené par Nadia El-Mabrouk, persiste en demandant de « faire respecter [leur] droit à un service laïque ». Soulignons d’ailleurs ici que personne n’a pu prouver jusqu’à présent que le port de symboles religieux portés par des enseignantes violerait la liberté de conscience des élèves.

Si on en croit cette demande publiée par ce groupe, les parents devraient pouvoir sélectionner l’enseignant de leur enfant en fonction de son apparence, ouvrant ainsi la porte à des cafouillages sans nom. Le lendemain de la diffusion de cette lettre, M. Roberge s’est voulu lui aussi rassurant en indiquant que « ça n’appartient pas aux parents de choisir leur enseignant ». Pourtant, c’est la loi de son gouvernement qui a généré ce genre de dérives. Combien d’enseignantes et d’enseignants devront subir les intolérances qui découleront des décisions de ces apprentis sorciers ?

Doit-on lui rappeler les défis auxquels fait face notre système scolaire ? Le manque criant de personnel, la vétusté des installations, les difficultés importantes de certains de nos élèves, la complexification de la tâche enseignante et la défavorisation sont des problèmes suffisants sans qu’il faille y ajouter l’apparence vestimentaire des profs et l’intolérance. À titre de citoyens et citoyennes, de parents ou d’enseignants et enseignantes, nous demandons au gouvernement de se concentrer sur les enjeux qui comptent pour la réussite de notre jeunesse et de défendre le droit de tous et toutes de travailler sans craindre la discrimination. Les enseignantes et les enseignants ont le droit d’accomplir leur mission sans appréhender qu’on les cible sur la base de leur apparence. Quel climat sommes-nous en train de créer dans nos écoles ?

M. Jolin-Barrette, vous croyiez faire le tour de la question avec votre loi. Or, toutes les personnes enseignantes du Québec vous le confirmeront, pour faire le tour d’une question, il faut faire ses devoirs.

Ce texte est cosigné par le philosophe Charles Taylor, l’enseignant en adaptation scolaire à la CSDM Maxime Vinet-Béland et une centaine de citoyens, d’enseignants et de parents.

 
 

Autres signataires (nom et identification):

  • Sibel Ataogul, avocate en droit du travail et droits humains, co-fondatrice de l’Association des juristes progressistes
  • Élyse Bourbeau, enseignante de mathématiques à la CSDM
  • Mario Jodoin, citoyen et ex-président d’un conseil d’établissement d’une école secondaire de la CSDM pendant 10 ans
  • Irina Badita Dragomir, citoyenne
  • Molly Alexander, parent, avocate, conseillère syndicale
  • Isabelle Vallée, citoyenne
  • Marianne Giguère. conseillère municipale, parent de la CSDM
  • Geneviève Labelle, parent, citoyenne
  • Karl Bernatchez, enseignant en univers social à la CSDM
  • Francis Breton, parent de la CSMV
  • Chantal Poulin, enseignante au primaire à la CSPÎ
  • Julie Robert, Enseignante au secondaire CSSMI
  • Christine Bissonnette, enseignante en formation professionnelle à la CSDM et maman
  • Mathieu Marion, parent et professeur, Université du Québec à Montréal
  • Eric Charest, professeur, École nationale administration publique
  • Camélia Zaki, citoyenne
  • Denis Mehdi Duchesne, employé du réseau scolaire et parent
  • Alex Pelchat, enseignant au primaire à la CSDM
  • Roseline Rousseau-Gagnon, parent à la CSDM
  • Ellen Laplante, citoyenne
  • Andréanne Pâquet, parent de la CSDM
  • Chantal Montmorency, citoyenne
  • Camille Béland-Pomerleau, citoyenne
  • Benjamin Gingras, professeur, Collège de Maisonneuve
  • Siegfried L. Mathelet, parent d’une enfant à la CSDM
  • Marie Soleil Chrétien, citoyenne et parent
  • Camélie Boucher, avocate et citoyenne
  • Marie Brodeur Gélinas, parent de la CSDM
  • Sébastien Barraud, vice-président du SEPB-579 et directeur régional FTQ Montréal métropolitain
  • Olivier Blanchard, Enseignant au secondaire à la CSPI
  • Marcos Ancelovici, parent à la CSDM et professeur à l’UQAM
  • Julie Dénommée, parent à la CSDM
  • Linda Burgess, citoyenne
  • Laura Wills, parent à la CSDM
  • Mélanie J.Gervais, citoyenne
  • Christian Massé, citoyens et parent
  • Marie-Claude Mclean, citoyenne et parent
  • Michel Seymour, parent et prof retraité de l’U de M
  • Chantal Saumur, citoyenne
  • Anne Béland-Leduc, enseignante de français à la CSMB
  • Agathe Melançon, mère
  • Renaud Loiselle Dupuis, étudiant en droit à l’Université de Montréal, historien et père
  • Johanne Heppell, traductrice et mère
  • Lori Palano, parent à la CSDM
  • Royse Henderson, militante syndicale et citoyenne
  • Francis Fortier, parent
  • Kaligirwa Namahoro, étudiante en criminologie
  • Félix-Antoine Dastous, citoyen
  • Caroline Savard, citoyenne
  • May Chiu, parent et avocate
  • Wilfried Cordeau, ex-enseignant et parent à la CSDM
  • Angélique Soleil Lavoie, enseignante en ILSS, CSMB
  • Gabriel Larivière, étudiant à la maîtrise en études islamiques à l’université McGill
  • Abdel Hakim Touhmou, citoyen et parent
  • Miriam Taylor, citoyenne
  • Jean-Baptiste Lamarche, historien
  • Xavier Watso, enseignant et parent à la CSDM
  • Élisabeth Cyr, enseignante et citoyenne
  • Bouchera Chelbi, parent et enseignante à la CSDM
  • Vincent Pouliot, citoyen
  • Isabelle Bouchard, enseignante au cégep de Trois-Rivières
  • Péïré-Joël Brunnemer, citoyen et parent
  • Virginie Plasse, enseignante, citoyenne
  • Patricia Alexander, parent, grand-parent
  • Amélie Piché Richard, orthopédagogue à la CSDM
  • Nassera Touati, professeure
  • Messaouda Dridj, enseignante à la CSDM
  • Amar Boukaoula, parent, citoyen, employé CSDM
  • Malika Lounici, enseignante à la CSDM
  • Stéphane Morin, citoyen
  • Maria-Alexandra Craciun, citoyenne
  • Mélanie Racine-Gagné, enseignante en formation professionnelle à la CSDM et mère
  • Stéphanie Pelletier, parent à la CSMV
  • Catherine Gendreau, étudiante en enseignement du français au secondaire et parent à la CSDM
  • Rachel Saintus-Hyppolite, enseignante à la CSDM
  • Alexandra Soumain, citoyenne
  • Dominique Dominique, étudiante en enseignement de l’éthique et de la culture religieuse au secondaire et parent à la CSDM
  • Lorenzo Benavente, enseignant en classe d’accueil à la CSDM
  • Ismaël Seck, enseignant en adaptation scolaire
  • Sarah Valiquette, enseignante à la CSDM
  • Sasha Dyck, parent à la CSDM
  • Roxane Milot, citoyenne
  • Emilie Plank, enseignante et parent à la CSDM
  • Mic Di Iorio, citoyen
  • Cloé Zawadzki-Turcotte, citoyenne
  • Naïma De Châteauneuf, enseignante à la CSPI
  • Dora-Marie Goulet, parent à la CSDM
  • Thibault Camara, militant
  • Martin Leclerc, enseignant à la CSDM
  • Nikolas Barry-Shaw, chercheur et parent
  • Adeline Branthonne, assistante d’enseignement et citoyenne
  • Marly Beauchamp, enseignante en arts à la CSDM

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102 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 30 août 2019 01 h 03

    L'obscurantisme et la misogynie n'ont rien à faire avec la diversité.

    La dérive ne vient pas de la laïcité comme les auteurs veulent nous faire croire, mais plutôt d'un symbole politique et identitaire qui parade comme une obligation religieuse. Oui, en effet, les enfants et leurs parents ont le droit d'exiger une éducation laïque qui ne comprend pas le prosélytisme religieux anti-féministe, anti-gai, et anti-égalité homme/femme.
    L'obscurantisme et la misogynie n'ont rien à faire avec la diversité. En effet, le voile n’est pas une question de modestie et de pudeur, mais bien un moyen d'infériorisation de la femme et de son rôle secondaire à celui de l'homme.
    Nos enfants ont le droit à une éducation qui promeut un esprit critique, qui n'est pas assujetti à l'endoctrinement et au dogmatisme religieux.

    • Louise Collette - Abonnée 30 août 2019 08 h 03

      Merci Madame Alexan, j'abonde tout à fait dans le même sens.

    • Denis Forcier - Abonné 30 août 2019 09 h 19

      Madame Alexan, en commission parlementaire , tout comme vous, Djemila Benhabib et d'autres, mais en particulier Fatima Houda-Pepin a clairement exprimé que le voile était un signe politique et non religieux et qu'en plus l'islam était une religion laïque. Le probléme est que tout ce beau monde y compris vous-même, par beaucoup de vos commentaires, avez appuyé la loi 21 qui en fait plutôt un signe religieux. La logique aurait voulu que vous demandiez qu'il soit interdit de porter le voile parce qu'il s'agit d'un signe politique en modifiant à cet effet la loi de la fonction publique qui existe déjà à cet effet et qui interdit à tous les fonctionnaires de porter des signes politiques. Mais à l'évidence, vous avez plutôt choisi d'en faire un signe religieux et à ce titre il n'est pas plus dangereux que la kippa , le petit crucifix , ou le turban alors pourquoi ce non respect des enseignantes qui le portent et dont le droit acquis a été reconnu et approuvé y compris par vous et tous les laïcistes qui appuyez cette loi 21? Pour ce qui est du texte du texte de Taylor et cie, à part de dire que le ministre a mal fait ses devoirs , il n'apporte rien de constructif à la discussion concernant l'application de cette loi 21 , je me demande même pourquoi le Devoir l'a publié.. c'est peut-être à cause du nom Taylor ?

    • Yves Laframboise - Abonné 30 août 2019 09 h 36

      UNE RELATION RÉDUITE... AU SEXE
      Se rappeler, concernant le voile, les propos de Alain Finkielkraut dans L'identité malheureuse, pages 77-78 :
      « On dit que le voile protège la pudeur, alors qu'il réduit pornographiquement les relations entre les sexes au désir, et le désir lui-même à une pulsion bête et violente. En cachant la chevelure que nul homme, hormis l'époux, ne saurait voir, ce bout de tissu signifie aux femmes que leur présence est obscène, que tout en elles et sur elles renvoie à leur anatomie et qu'elles constituent, de ce fait, un trouble potentiel à l'ordre public. »

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 30 août 2019 09 h 57

      La laïcité : Être ou ne pas être? Voilà la question.

      LE problème avec cette loi depuis le début, ce sont les nombreuses exceptions :
      - le droit acquis de porter des signes religieux pendant les heures de travail qu'aucune religion n'oblige;
      - son application aux écoles publiques, mais non aux écoles privées;
      - l'exclusion des services de garde à cette loi.

      Ces absurdités font que la solution exigée par ce parent de Rosemont est un accommodement légitime.

      Et si cette dame enseigne par amour des enfants, elle n'a qu'à mettre son prosélytisme au vestiaire avant de rentrer en classe.

    • Nadia Alexan - Abonnée 30 août 2019 10 h 37

      À monsieur Denis Forcier: Oui. Le voile est un signe politique, mais, qui parade comme un signe religieux. Dans les deux cas, le prosélytisme politique ou religieux est interdit dans la fonction publique.

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 août 2019 10 h 59

      @ Nadia Alexan,

      "Le voile n’est pas une question de modestie et de pudeur, mais bien un moyen d'infériorisation de la femme.."-Nadia Alexan

      La première a inférioriser les femmes voilées, c'est vous, avec vos incessants et dénigrants commentaires. Et elles en payent désormais le prix tous les jours dans une société qui les méprise de plus en plus.

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 août 2019 11 h 16

      @ Yves Laframboise,

      "En cachant la chevelure que nul homme, hormis l'époux, ne saurait voir,.."- Yves Laframboise

      Certains homme exigent que leurs femmes ne se montrent pas les cheveux et d'autres exigent des augmentations mammaires.. et pourquoi pas une teinture, tiens?

      - Le problème n'est pas le voile, mais "la liberté".

      Un bon conseil Laframboise..

      Si vous voulez tellement le bien des femmes..

      Laissez-les donc libres et foutez-leur la paix.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 30 août 2019 12 h 18

      @ M. Montmarquette

      Mme Leila Lesbett, musulmane, écrivait dans ces pages: "Le voile n’est pas musulman, c’est notre étoile jaune, à nous, femmes musulmanes et non islamistes. Il est imposé par l’islam dévoyé par l’alliance du politique et du religieux depuis près de 40 ans. C’est cette vision islamiste qui a fait que j’ai dû quitter mon Algérie pour me réfugier au Québec pour échapper à mon exécution, cette vision fondamentaliste que votre parti (QS) semble avoir adoptée en son sein sans même en comprendre les dangers.".
      https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/543829/le-voile-est-un-moyen-de-controle-du-corps-de-la-femme

      Ce qui est en cause ici: le prosélytisme individuel. Les francophones ont vécu très longtemps dans ce prosélytisme individuel. C'est pour cela qu'Ils sont, en majorité, réfractaire à ce recul en ce qui concerne l'infériorisation de la femme.

    • Cyril Dionne - Abonné 30 août 2019 13 h 00

      Cher M. Montmarquette,

      Il faut savoir quand arrêter lorsque vos arguments qui vous exprimez présentement vont à l'encontre des autres arguments que vous aviez véhiculés avant de vous convertir au multiculturalisme « Canadian » en embrasant la vision « islamo-gauchiste ». Mais coudonc, vous êtes parent avec Sol Zanetti de Québec zolidaire?

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 30 août 2019 13 h 20

      Un bon conseil @ Montmarquette :

      Veuillez svp cesser d'insulter les gens qui ne pensent pas comme vous. Cela a pour effet de mettre une dose d'agressivité bilieuse déplaisante dans le débat.

      Votre absence durant l'été nous a permis de constater ses bienfaits sur l'ambiance.

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 août 2019 14 h 41

      @ Jean-Pierre Marcoux

      ..et elles sont où, mes insultes dans ce texte?

      - Et pourquoi ne dénoncez-vous pas l'insulte de Cyril Dionne qui vient de traiter QS de "Québec zolidaire" ?

      Les insultes sont acceptables lorsqu'elles prêchent pour votre paroisse?

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 août 2019 14 h 54

      @ Pierre Grandchamp

      C'est justement le problème des gens déphasés comme Leila Lesbett et Djemila Benhabib qui se croient encore dans des pays religieux de transposer des problèmes qui n'existent pas au Québec. Il n'y a pas de religion d'État au Québec et les femmes ont le droit (ou du moins avaient le droit) de faire ce qu'elles veulent. Ce que justement la loi 21 vient de leur interdire. - Quel beau progrès !

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 août 2019 15 h 00

      "Votre absence durant l'été nous a permis de constater ses bienfaits sur l'ambiance."- Jean-Pierre Marcoux

      Vous devriez vous battre pour le banissement de tous ceux et celles qui ne pensent pas comme vous. Ce qui irait exactement dans le sens de vos valeurs antidémocratiques et de votre esprit d'exclusion.

    • Cyril Dionne - Abonné 30 août 2019 20 h 51

      « Vous devriez vous battre pour le banissement de tous ceux et celles qui ne pensent pas comme vous. Ce qui irait exactement dans le sens de vos valeurs antidémocratiques et de votre esprit d'exclusion. » Christian Montmarquette

      Oh là là M. Montmarquette. N’étiez-vous pas le même le 29 mars dernier dans le Devoir (La CAQ et sa conception immaculée de l’éducation) qui avez traité ceux qui ne pensaient pas comme vous d’analphabètes fonctionnels et d’imbéciles? On comprend maintenant votre conversion à l’islamogauchisme et au multiculturalisme « Canadian » parce que vous avez raison et tout le monde à tort tout comme dans les religions monothéistes qui affirment sans rire qu’ils vénèrent le seul vrai dieu. Misère.

  • Serge Ménard - Abonné 30 août 2019 05 h 54

    C'est tout dire !

    "Ce texte est cosigné par le philosophe Charles Taylor"
    C'est tout dire !
    Charles Taylor a révélé son visage multiculturel canadien et anti-québécois durant les débats sur le PL21. Son masque est tombé !
    Ce texte est un délire contre notre identité laïc !

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 août 2019 11 h 08

      @Serge Ménard,

      "Charles Taylor a révélé son visage multiculturel canadien" - Serge Ménard

      C'est ridicule.

      Charles Taylor ne défend pas le multiculturalisme, mais l'interculturalisme, « alors qu'il existe une différence essentielle entre les deux : le devoir d'intégration explicite dans l'interculturalisme, alors que chez les multiculturalistes canadiens, l'exigence n'est pas inscrite dans ce principe. » 

- Michel Seymour


    • Jean Duchesneau - Abonné 30 août 2019 11 h 49

      8 avril 1994: La tension entre les Tutsis et les Hutus est telle "qu'on craint le pire"
      23 août 2015: L'ouragan Katrin à force 5, fonce tout droit sur la Nouvelle-Orléans: "On craint le pire".
      27 août 2019: Un parent demande à ce que son enfant soit changé de classe: "Il semble toutefois qu’on avait eu raison de craindre le pire." Charles Taylor et ses cosignataires

      Il y a tellement de la démesure dans les réactions de Charles Taylor, autant dans ses écrits récents que lors de manifestations contre PL21 avec son cri hystérique "mais les droits de l'homme... les droits de l'homme" laisse entendre que cela vient le chercher personnellement.

      D'ailleurs, l'oeuvre de Taylor à propos de "l'identité" et de la "réconciliation" ne sont à mon avis, qu'une projection de son conflit intérieur. Le texte de Lisa-Marie Gervais du 20 avril 2018 est très révélateur à ce propos:

      "Dès l’enfance, le philosophe, né d’un père anglophone et d’une mère francophone, se sentait investi de la mission de réconcilier les deux solitudes. « C’est l’histoire de toute ma vie. Quand j’étais petit, j’entendais des gens entièrement anglophones parler des francophones et vice versa, mais ils étaient complètement à côté de la track. Ils interprétaient de travers ce que disait l’autre, sans réellement se comprendre. Alors j’ai commencé ce travail ingrat d’expliquer les visions des uns et des autres », se rappelle cet ex-étudiant d’Oxford et professeur émérite de l’Université McGill. « Aujourd’hui, on se déchire beaucoup moins. »

      Je crois, qu'à l'instar de plusieurs personnages historiques, qui ont lutté d'une façon démesurée contre un peuple duquel eux-mêmes partageaiet l'origine, Charles Taylor vit le conflit du "petit Canadien français" (ignorant, paysan, craintif, xénophobe) en lui qui est enfoui dans sont ombre intérieure.

      Les Français interdisent le port de signes religieux pour tous les employés de la fonction publique et même chez les élèves. Sont-ils racistes pou

    • Jean Duchesneau - Abonné 31 août 2019 09 h 53

      Suite de mon commentaire....

      Les Français interdisent le port de signes religieux pour tous les employés de la fonction publique et même chez les élèves. Sont-ils racistes pour autant.

      En parlant de personnages histiorique, pour disciper toute ambiguïté, je fais référence à Pierre-Elliot Trudeau et sa détestation du nationalisme sous toutes ses formes qui est à l'origine de son idéologie du "multiculturalisme" qui marginalise le peuple québécois dans la fédératioin. En recourant à la Loi sur les mesures de guerre lors de la crise d'octobre, il a fait emprisonner des personnes identifiées au nationalisme qébécois. On a alors interprété son geste comme une détestation personnelle. Charles Taylor me semble agir de la même motivation.

  • Marc Therrien - Abonné 30 août 2019 07 h 08

    Ce n'est qu'un début. Le combat continue


    Vouloir retirer son enfant de la classe d'une enseignante portant le hidjab, ce n'est pas l'expression d'un racisme décomplexé, mais plutôt la révélation d'un simplisme qui s'ignore chez des individus qui semble-t-il sont alors figés au même stade de la pensée concrète que leur enfant. S’ajoute à cela cette distorsion cognitive qui fait qu’on est convaincu que le prosélytisme des enseignantes musulmanes portant le hidjab est très actif et se répand alors qu'on n'a jamais lu un reportage sur une plainte qui aurait été portée à cet effet, ce qui explique peut-être que celles-ci ont pu conserver leur droit acquis de le porter.

    Voilà que dans une autre page de ce journal, le ministre de l’Éducation avoue qu’on aura encore besoin de faire la pédagogie de la laïcité après 12 ans d’éducation continue sur le sujet. Souvent, le problème avec la pédagogie sociale, c’est que les «Ti-Jos Connaissant», se complaisant dans cette ignorance profonde de ne pas savoir qu’ils ne savent pas, n’apprécient pas qu’on tente de leur apprendre quelque chose. «Ça suffit les donneurs de leçons» répètent-ils suivant leur maître à penser qui lui-même n’a pas complété sa formation en pédagogie, préférant la démagogie. Et pour d’autres, c’est l’intolérance à la contrariété qui paralyse leur possibilité d’apprendre. Je comprends et j’accepte que dans la pédagogie, la redondance soit de mise pour faciliter l’intégration de la connaissance et l’apprentissage de tous les membres du groupe. Ainsi, le pédagogue doit répéter aussi souvent qu’il le faut pour s’assurer que le dernier du groupe à comprendre puisse lui aussi conclure et passer à un autre sujet. Parfois, ça peut devenir lassant pour les premiers de classe qui apprennent plus vite. Ainsi, je présume que cet exercice de pédagogie sociale demeurera nécessaire compte tenu de la grandeur du groupe et de la variété de pédagogues.

    Marc Therrien

    • Cyril Dionne - Abonné 30 août 2019 09 h 01

      Excusez-nous, mais vous ne faites pas partie de ces « Ti-Jos Connaissant » de la pédagogie sociale, vous qui n'avez jamais mis les pieds dans une salle de classe comme enseignant? Je suis enseignant et vous n'avez aucune idée du prosélytisme exercé par ceux qui portent leurs signes ostentatoires sur leur personne en salle de classe. Vous savez, pour les élèves, les enseignant.e.s sont des personnes en autorité à l’école.

    • Marc Therrien - Abonné 30 août 2019 10 h 25

      Vous avez bien raison monsieur Dionne. La pédagogie sociale a peu à voir avec l’enseignement scolaire. Dans mes expériences d’éducation populaire visant la transformation sociale, je faisais plutôt appel à l’andragogie.

      Marc Therrien

  • Marc Therrien - Abonné 30 août 2019 07 h 11

    Ce n'est qu'un début. Le combat continue (suite)


    Par ailleurs, si on accepte le principe que tout ce qui génère du plaisir se répète, on peut penser que l’incapacité de se comprendre sert à faire durer le plaisir de discuter qui en est un parmi d’autres possibles dans le vivre-ensemble en désaccord. Pour certains, comme Djemila Benhabib, la laïcité est un combat. Maintenant qu’elle a quitté le Québec pour continuer le combat en Belgique, Nadia El Mabrouk semble en voie d'être une combattante qui prendra fièrement sa relève. On pourrait découvrir bientôt que ce combat ou cette lutte "à contre Coran" intéressera davantage les musulmans entre eux et que le discours sur l’islam demeurera bien présent dans la volonté que vainque la laïcité.

    Marc Therrien

    • Jean-François Trottier - Abonné 30 août 2019 08 h 27

      M. Therrien,

      Je doute que vous compreniez le moindrement la "lutte à contre religion" qui a eu lieu ici à partir de la Seconde Guerre. Depuis le catholicisme, ce sont tous les monothéismes qui ont été repoussés de leurs pouvoirs sur l'État, et la volonté ferme d'une majorité de gens qui subissent encore l'appauvrissement dû à ce passé pas si lointain de ne jamais voir l'État mêlé le moindrement à la pensée hégémonique qu'est tout monothéisme par essence.

      Dans les faits il n'y a pas plus hégémonique que les monothéismes :
      Chacun tend à contrôler tout l'environnement de l'individu pour l'aider à se sanctifier.
      Chacun demande à l'individu une instrospection visant directement tout ce qui s'oppose ou semble s'opposer aux lois de la religion en question, à commencer par la foi en soi qui est combattue comme de l'orgueil.
      En clair, les monothéismes veulent tout contrôler de la vies physique, et tout contrôler de la vie morale, en tout et toujours. Sauf bien sur les puissants. Hé oui.

      Il est simplement impossible qu'une religion se pose elle-même des limites de ce point de vue, à part quand elle sent une opposition réelle. Alors elle applique un repli stratégique "en attendant".
      3500 ans d'histoire le prouvent amplement.
      Je n'accepte pas qu'un symbole hégémonique, qui représente dans les faits bien pire que tout pouvoir politique, puisse exister au sein de l'État.

      Vous terminez avec bien une fausseté : "la volonté que vainque la laïcité".

      Personne au monde, mis à part l'URSS, ne veut que la laïcité "vainque". Cette notion de lutte perpétuelle appartient à des pensées manichéennes du type "vous êtes avec moi ou contre moi".

      Question que de raison : je suis prêt à servir l'État et ma société selon ma morale personnelle, jamais selon celle de quelques curés qui l'assènent.

      La raison divine n'a rien à voir avec la raison d'État, seulement ça. C'est justement ce en quoi le libéralisme n'est pas un humanisme.

    • Victor R. Aubry - Abonné 30 août 2019 11 h 53

      Jean-François Trottier. Votre commentaire démontre la nécessité du cours ECR. Si vous estimez ce sujet suffisamment important pour écrire dans Le Devoir, il l'est aussi suffisamment pour qu'enseigne à l'école. Les élèves seront ainsi instruits objectivement ce qui leur évitera «d'opinionner» n'importe quoi. Voici un extrait d'un des grands philosopphes non croyants de ce siècle, Luc Ferry, qui a été ministre de l'Éducation de France. Il a écrit ceci dans « Sagesses d'hier » qui explique exhaustivement le court extrait suivant:

      «p. 244 « La vision morale propre à la religion chrétienne possède encore une caractéristique très remarquable, une qualité qui va la distinguer de manière tout à fait singulière des autres grandes religions monothéistes : comme Jésus ne cesse de le dire et de le répéter (pensez par exemple au sublime épisode de la femme adultère), le christianisme est une religion de l'esprit plus que de la lettre, une religion de la conscience et de la liberté intérieure plus que de l'observance littérale et mécanique des règles de vie façonnées par les coutumes et les traditions locales.

      « Du coup, à la différence des autres grands monothéismes, le christianisme ne juridifie pratiquement pas la vie quotidienne. [...] On peut lire et relire l'Évangile de Jean tant qu'on voudra, on n'y trouvera rien qui renvoie à des obligations extérieures [...] En revanche, il ne cesse d'opposer l'esprit à la lettre. […]
      p. 245-246
      « Conséquence abyssale historiquement : c'est cette place unique accordée à l'intériorité qui a permis le passage à la laïcité [...] Seule la laïcité, qui n'est pas l'athéisme mais la neutralité de l'État et de l'espace public, a réussi à pacifier les rapports entre communautés, à mettre fin aux guerres de religion. Or elle est, contrairement à une idée reçue mais niaise, un héritage direct de cette place accordée au forum intérieur dans la morale chrétienne. »




      (suite ci-dessous)

    • Marc Therrien - Abonné 30 août 2019 12 h 32

      N'ayant pas vécu moi-même les traumatismes d'une éducation religieuse trop stricte et les membres de la génération qui m'ont précédé n'ayant pas réussi à me transmettre les leurs pour que je me les approprie, il me manque peut-être un élément d'incompréhension. Ou dit autrement, il me manque peut-être cet élément de souffrance résidant dans le «trop de mémoire».

      Marc Therrien

    • Jean-François Trottier - Abonné 30 août 2019 13 h 20

      Trop de QUOI?

      M. Therrien,

      Si par ceci vous voulez faire preuve d'âgisme, c'est votre problème. Arrangez-vous.

      Si d'autre part vous voulez seulement signifier quu vous ne retenez aucune leçon de l'histoire, je me demande vraiment pourquoi je perdrais mon temps à vous répondre. Vivez l'instant présent, oubliez même ce que vous avez appris à l'école. Ça je vous sert à rien.

      Ou bien, apprenez dans les livres comment une religion peut gâcher la vie de millions de gens depuis des milliers d'années partout dans le monde. Au cas où, on sait jamais...

    • Jean-François Trottier - Abonné 30 août 2019 13 h 28

      M. Aubry,

      Certainement, mais certainement pas au primaire.

      La plupart des enfants n'ont pas la distance voulu pour apprécier différentes morales et différentes cultures avant la pré-adolescence.

      Le pire est, la plupart du temps, le non-dit qui recouver les relgions. Par exempe, qu'il va sans dire que tous les curtés sont des mâles.
      Il va sens dire que l'amour...

      Sans parler de la différence à faire entre la morale civique, qui a un sens très pratique, et celle que l'on devrait à un être suprême, pour un enfant dont les parents sont souvent, justement, suprêmes.

      Je préférerais même qu'un cours d'ECR soit donné en second cycle du secondaire.

      Auparavant il revient aux parents seuls d'y voir. Le manque de confiance pathologique que l'on a envers les parents leur enlève justement toute confiance. Qu'on cesse de jeu de démolition structuré.

    • Marc Therrien - Abonné 30 août 2019 17 h 22

      M. Trottier,

      C'est plus profond que cela. Je tire le concept du «trop de mémoire» du livre de Paul Ricoeur «La Mémoire, l’Histoire, l’oubli» qui travaille l’idée de «mémoire juste» qui renvoie à une forme de justice difficile à établir; «mémoire juste» au sens de justesse de la mesure entre excès voire même abus de mémoire et défaut de mémoire. L’excès de mémoire peut faciliter, par exemple, la transmission intergénérationnelle des traumatismes, un processus qui contribue souvent à enfermer une personnes ou un groupes de personnes dans un statut social de victimes (de l’histoire).

      Marc Therrien

    • Jean-François Trottier - Abonné 30 août 2019 22 h 07

      Je vous prierai d'expliquer ce phénomène aux afro-américains qui subissent encore en grande partie ce qui les a amené aux USA il y a des siècles.

      Je sais qu'au Québec la "vertu" de pauvreté a mené des gens à ne pas accorder assez d'importance à la sécurité financière, On n'en parlait pas, parce que "sale".
      Même chose pour l'éducation, jugée "dangereuse". Ce n'est pas traumatisme qu'un père ne peut pas aider ses enfants, c'est par ignorance. Tant mieux si vous ne l'avez pas vécu me je prends pour acquis que vous avez des yeux pour voir.

      Ceci se répercute sur plusieurs générations. Je répète l'exemple des afro-américains. Plus d'une siècle et demie que la guerre civile a pris fin et personne ne peut prétendre à une parité, loin de là.
      Enfin oui. Certains. J'ose croire que cdux-là ne jugent pas que les autres ont trop de mémoire. Un bilan social n'est pas une théorie.

      Ce phénomène est très présent ici. Suffit de se promener un peu.

  • Robert Beauchamp - Abonné 30 août 2019 07 h 15

    Encore lui?

    Le Canadian Charles Taylor qui démonise un choix démocratique, n'hésite toujours pas à emprunter des voix incendiaires pour semer la bisbille pour SES motifs idéologiques.

    • Marc Pelletier - Abonné 31 août 2019 09 h 05

      @ M. Beauchamp,

      Est-ce que les opinions differentes des vôtres vous dérangent à ce point ?

      Ne sommes-nous pas en démocratie au Québec : heureusement que nous n'avons pas une pensée unique : de grâce, laissons ça à la Chine.

      M. Taylor à eu l'appui de 90 co-signataires : ni vous ni moi n'en aurions eu autant !

      Vos choix de mots " démonise .....voix incendiaires....etc " ne volent pas haut !

      Je vous ferai remarquer que les motifs idéologiques sont légion sur ce sujet.