Les actionnaires de Transat ont parlé

Le siège social de Transat sera conservé à Montréal et les marques de Transat seront maintenues.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le siège social de Transat sera conservé à Montréal et les marques de Transat seront maintenues.

Hier, les actionnaires de Transat ont parlé. Leur acceptation de l’offre d’Air Canada, à hauteur de presque 95 %, augure d’un avenir prometteur pour le regroupement des deux entreprises.

D’un côté se tenait Air Canada, qui a respecté toutes les règles et suivi le processus rigoureux mis en place par Transat, sorti son chéquier et déposé une offre inégalée. Air Canada qui, depuis 2012, a lancé 35 nouvelles destinations au départ de Montréal, faisant de la métropole l’une des 50 villes les plus connectées au monde ; qui, depuis dix ans, a donné un rendement de plus de 5000 % à ses actionnaires, faisant du titre l’un des plus florissants sur le marché boursier ; qui porte le titre de Meilleur transporteur aérien en Amérique du Nord, reconnaissance reçue l’an dernier et six fois au cours des huit dernières années, de même que celui de transporteur écologique de l’année au niveau mondial en 2018 ; et qui a reçu l’appui du syndicat UNIFOR, des pilotes de Transat, de la Fédération des chambres de commerce du Québec, de Tourisme Montréal, d’Aéroports de Montréal, de la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain et du Conseil du patronat.

De l’autre côté se tenaient des prétendants amers s’opposant à la transaction, sans expérience de l’industrie aérienne et sans appui visible, qui n’ont pas suivi les règles mises en place par Transat et dont les offres étaient inégalables puisqu’elles se sont avérées inexistantes. Les actionnaires de Transat n’ont pas hésité.

Ces prétendants ont tenté de créer un climat incertain, négatif et pessimiste au sein de la population quant à l’avenir de Transat, en s’inscrivant à l’encontre de la volonté des deux entreprises et de leurs parties prenantes. L’un de ces prétendants a même eu l’audace de mener sa campagne sur le thème de la concurrence, alors que son entreprise occupe une position dominante dans l’univers médiatique au Québec.

Notre regroupement est avantageux non seulement pour les actionnaires des deux entreprises, mais aussi pour leurs employés, les consommateurs et l’économie du Québec.

Le siège social de Transat sera conservé à Montréal et les marques de Transat seront maintenues. Le regroupement offrira une plus grande sécurité d’emploi grâce à des perspectives de croissance accrues. Air Canada emploie près de 10 000 personnes au Québec, et a créé, depuis 2013, 2600 nouveaux emplois. Notre siège social, l’un des plus importants au Québec, compte 2000 employés et est en pleine croissance.

Le réseau d’Air Transat sera renforcé par celui d’Air Canada et les voyageurs profiteront de nouvelles destinations, de plus de correspondances et de plus de fréquences. L’entreprise continuera d’évoluer dans un environnement fortement concurrentiel, au Canada et à l’international.

Air Canada contribue considérablement à la prospérité du Québec. En plus de Montréal-Trudeau, nous desservons 10 aéroports au Québec. Nous avons passé une commande historique d’appareils de la C Series (A220) en 2016, et en 2017, nous avons octroyé un contrat d’entretien de 500 millions de dollars à notre partenaire de Trois-Rivières, assurant le maintien de 350 emplois spécialisés.

Nous avons hâte d’entreprendre les prochaines étapes de notre regroupement. Pour ma part, je suis extrêmement fier du succès d’Air Canada et je suis convaincu que les équipes combinées d’Air Canada et de Transat, deux magnifiques réussites québécoises et canadiennes, sauront nous rendre fiers de leurs réalisations futures.

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5 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 24 août 2019 06 h 38

    M. Rovinescu d'Air Canada se réjouit en homme d'affaires, mais aussi en homme politique.

    Il est, écrit-il, « convaincu que les équipes combinées d’Air Canada et de Transat, deux magnifiques réussites québécoises et canadiennes, sauront nous rendre fiers ».

    Voilà des propos qui sentent l'ironie du pouvoir.

    Air Canada a tout fait pour élaguer Québec Air parce qu’il pilonnait ses revenus et jouait prétendument dans ses zones de confort, dont les liens entre Montréal et Québec vers le soleil de la Floride.

    Avec ces liens, Québec Air assurait des couts de transport au Québec moins élevés que ceux d’Air Canada. Aujourd’hui, Air Canada, qui a le Canada comme support et tremplin, est en expansion partout au Québec avec des couts plus élevés pour se rendre aux Îles de la Madeleine qu’en Europe.

    Soit dit en passant, l’auteur de ce texte vient d’empocher 52,7 millions de ses actions d’option alors que les actions d’Air Canada ont connu une hausse soudaine (de 25,41$ à 47,43$) dès l’enclenchement de négociations sérieuses par ce directeur général afin qu’Air Canada mette le grappin sur Air Transat.

    En fait, il ne se réjouit pas seulement en homme politique. Ni en homme d’affaires. Mais en homme-je-ne-sais-trop-quoi qui pense d’abord à son portefeuille et à sa famille, portefeuille qu’il entend alléger d’impôt par des dons de bienfaisance pour que sa famille vive de ses biens (?).

  • Jean-Charles Morin - Abonné 24 août 2019 10 h 10

    Hum...

    À la lecture des propos du président d'Air Canada, je serais tenté de dire en paraphrasant François Legault: "On verra, mon Calin".

    Mais si, comme on dit, le passé est garant de l'avenir, je ne peux qu'être inquiet pour la suite des choses. Les actionnaires en ont eu pour leur compte, à commencer par l'ex-président d'Air Transat qui en a profité pour se remplir les poches. Maintenant c'est au tour des employés de passer à la caisse, sauf que cela risque de ne pas être le genre de caisse qui autorise de généreux retraits mais plutôt celui qui dispense des licenciements à gogo au nom d'une anglicisante restructuration.

    J'espère de tout coeur me tromper mais j'ai comme un doute qui m'assaille.

  • Yves Corbeil - Inscrit 24 août 2019 10 h 42

    FTQ, Aveos, Boeing au lieu du C Série, le français...

    Surtout la FTQ qui semble tellement déconnecter de sa mission première de protéger les droits et les emplois des travailleurs du Québec. Aujourd'hui comme plusieurs autres, ce sont avant tout des consommateurs d'actions, des brasseurs d'affaires boursières et comme anciens travailleurs qui fut des premiers combats pour le bien-être des travailleurs dans les années 70 et subséquentes, le coeur me lève mais surtout ma désolation est totale quand je vois cette nouvelle génération d'individuels qui ne voit rien au sujet de la dégradation des conditions de travail et le retour aux conditions passées ou le travailleur n'était vraiment que de la marchandise interchangeable. Ça en prends 60000 et même plus lâchez pas vous avez une bande de gauchistes extrêmes à votre service pour réaliser votre oeuvre de soummission du petit peuple.

    Les unions, à quoi ça sert quand ça marche main dans la main avec le patronat et qu'elle sont actionnaires des compagnies. Le monde à l'envers.

  • Nicole Delisle - Abonné 24 août 2019 13 h 39

    Ils ont parlé en ouvrant bien grand leurs goussets!

    M. Robinescu peut bien tenter de nous rassurer, mais son passé parle de lui-même et il n’est pas flamboyant!
    Personne au Québec n’a oublié la décision envers Aveos, les nombreuses plaintes concernant le français absent dans le service à bord des avions. C’est un homme d’affaires avant tout qui aime bien profiter des avantages pécuniers de sa position, comme il l’a fait juste avant cette dernière transaction. Il peut se réjouir
    car cela a été très payant pour lui! Sincèrement, je ne crois pas que ce sera bénéfique pour les québécois et canadiens en général. Les promesses faites ne seront probablement pas au rendez-vous ou si elles le sont ce ne sera pas pour longtemps. Comment peut-on le croire? Inévitablement, les prix grimperont, le siège social filera en douce et les emplois se perdront en catimini. Ayant 60% du marché, il ne faut pas rêver!
    Bientôt, ce président nous regardera de haut, comme il l’a toujours fait, et rira dans sa barbe. Il ne nous reste plus qu’à choisir d’autres compagnies européennes qui ont pour la plupart un meilleur service et un respect
    plus grand du client. Les agences de voyage devront en tenir compte dans leurs offres aux clients. Il vaut parfois la peine d’exiger un changement de vol avec une compagnie plus sérieuse, offrant un meilleur service, même s’il faut y ajouter quelques sous. Et cela même dans les voyages organisés! Ainsi, Air Canada
    devra réajuster ses prix et revoir son service à la clientèle! Nous n’avons pas à subir le moins bon pour le plus cher!

    • Claude Bariteau - Abonné 24 août 2019 14 h 13

      Le coup de la disgrâce de M. Robinescu ressemble en plusieurs points à un gain d'initié. Il offre 13$ l'action à Air Transat. L'action d'Air Canada grimpe autour de 45$ alors qu'elle était autour de 25$. Il capitalise, ce monsieur, les actions d'options et empoche 52,8 millions alors qu'elles valaient, avant cette offre, 25,41$.

      Peu après, il augmente l'offre à 18$ l'action aux actionnaires d'Air Transat. L'action d'Air Canada oscille et est depuis la trasaction à la baisse. Jusqu'au baissera-t-elle ? Il ne faut pas être un savant économiste pour présumer qu'elle se retrouvera rapidement en-deça des 40$, peut-être moins d'ici peu.

      Ça, M. Robinescu pouvait facilement le prévoir. Aussi, ce n'est pas un rachat d'opportunité, mais une transaction d'initié, ce que d'autres détenteurs d'options de rachat à l'emploi d'Air Canada ont réalisés sachant qu'une offre à 18$ n'auraient pas l'effet de celle à 13$. Il me semble qu'il y a matière à enquête par la direction des marchés financiers.