L’immigration a des conséquences culturelles

«Depuis quelques années déjà le taux de chômage au Québec est en baisse, passant de 10%-12% il y a quelques décennies, à environ 5% aujourd'hui», souligne l'auteur.
Photo: STR / China OUT / AFP «Depuis quelques années déjà le taux de chômage au Québec est en baisse, passant de 10%-12% il y a quelques décennies, à environ 5% aujourd'hui», souligne l'auteur.

Dans un texte publié dans Le Devoir le 19 août dernier, le président de la Chambre de commerce de Montréal, Michel Leblanc, invoquait la croissance économique et ce qu’il qualifie de « manque de main-d’oeuvre » pour justifier une hausse substantielle de l’immigration. Celle-ci serait essentielle pour nous propulser vers « un âge d’or économique » en vertu d’une politique nationaliste. Rien n’est plus faux.

Soulignons d’abord que les études faites sur le sujet montrent qu’il n’y a aucun lien entre l’immigration et la prospérité. Le PIB par habitant des pays qui reçoivent beaucoup d’immigrants n’est pas plus élevé que celui de ceux qui en reçoivent moins. Si ce lien existait, ça ferait longtemps que le Japon aurait été rayé de la carte des puissances économiques du globe, lui qui reçoit un nombre extrêmement faible d’immigrants. Pourtant, l’économie nippone demeure l’une des plus performantes de la planète.

La belle époque du chômage élevé

Depuis quelques années déjà, le taux de chômage au Québec est en baisse. Alors qu’il était de 10-12 % il y a quelques décennies, il tourne aujourd’hui autour de 5 %. Collectivement, on devrait se réjouir de cette situation. Mais ce n’est pas ce que font les lobbys patronaux. Ceux-ci regrettent la belle époque où il y avait dix postulants pour un emploi disponible. Les patrons avaient beau jeu de négocier à la baisse les salaires et de faire la fine bouche. Aujourd’hui, ce sont les travailleurs qui ont le gros bout du bâton. En quoi devrait-on se scandaliser de cette situation ?

Plusieurs employeurs refusent cependant de faire monter les enchères en offrant de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. Par exemple, certaines grandes entreprises préfèrent se tourner vers la main-d’oeuvre étrangère. Elles sélectionnent des travailleurs qu’elles font venir ici pour les payer au salaire minimum, contournant les conditions locales du marché, maximisant ainsi leurs profits pour le plus grand bonheur des actionnaires. Les larmes de crocodile que verse aujourd’hui Michel Leblanc ne devraient pas nous émouvoir.

Ce dernier semble croire par ailleurs que l’arrivée massive d’immigrants fera en sorte que des postes seront pourvus. C’est vrai que l’immigration augmente l’offre de main-d’oeuvre, un élément essentiel pour faire baisser les salaires. Mais l’arrivée de nouveaux venus crée aussi de la demande. Ces gens consomment des biens et services que notre économie doit produire. Par conséquent, il faut engager encore plus de gens pour y pourvoir, et il faut donc faire venir encore plus d’immigrants, car « la pénurie de main-d’oeuvre » perdure, et on recommence avec une nouvelle vague migratoire. On se retrouve dans une spirale inflationniste sans fin.

Tout cela n’est pas sans conséquence pour la société d’accueil. Entre autres, toutes les études démontrent que l’immigration a pour effet de propulser à la hausse le marché immobilier. C’est excellent pour les propriétaires, mais les familles des classes moyennes et pauvres en paient le prix. Le coût des loyers est propulsé à la hausse et ces familles doivent déménager dans des banlieues toujours plus lointaines.

Le spectre de minorisation

L’immigration a aussi d’importantes conséquences culturelles. Plus les étrangers sont nombreux chez nous, plus il est difficile de les intégrer et, au fil des générations, de les assimiler. À Montréal, des ghettos se forment et plusieurs immigrants peuvent vivre en marge de la société d’accueil. À l’heure actuelle, le Québec reçoit par habitant presque deux fois et demie plus d’immigrants que la France et presque deux fois plus que les États-Unis, alors même que nous constituons 2 % de la population de l’Amérique du Nord et que nous ne sommes même pas un pays souverain. Sommes-nous plus capables que nos cousins français ou que nos voisins du sud d’intégrer et d’assimiler les immigrants à notre nation ? Comme le dit l’adage, poser la question, c’est y répondre.

Être nationaliste, ça veut dire être préoccupé par la survie de notre peuple. L’immigration a des conséquences culturelles importantes, notamment en faisant reculer de façon dramatique le pourcentage de personnes de langue maternelle française au Québec. Celui-ci était de 82 % en 1996 et il tourne aujourd’hui autour de 75 %. En 2100, ce taux pourrait être de 50 %, selon Statistique Canada.

Cette réalité, et non les mythes propagés par la Chambre de commerce de Montréal, devrait être au coeur de notre politique d’immigration. Les immigrants qui s’intègrent le mieux à la société québécoise, et dont les enfants s’assimilent ensuite à notre peuple, sont ceux qui parlent déjà français et qui ont un haut niveau d’éducation, obtenu dans des établissements reconnus. Il faut donc réduire la sélection de l’immigration à ce segment. Le but ne doit pas être de créer du chômage pour plaire au patronat, comme le réclame Michel Leblanc. Pour les nationalistes, il est plutôt primordial de rehausser le nombre de francophones au Québec et d’assurer notre survie.

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