Des malentendus autour de l’interculturalisme

Une préoccupation centrale du modèle est d’éviter l’assimilation, souligne l'auteur.
Photo: Michael Monnier Le Devoir Une préoccupation centrale du modèle est d’éviter l’assimilation, souligne l'auteur.

Dans un éditorial récent sur l’interculturalisme québécois (10 et 11 août 2019), monsieur Dutrisac évoque certaines critiques dont ce modèle a fait l’objet. Je profite de l’occasion pour montrer que ces critiques sont sans fondement et pour préciser la nature de l’interculturalisme.

Cela dit, pour éviter tout malentendu, je crois utile de préciser que, sauf exception, M. Dutrisac ne fait pas siennes ces critiques auxquelles il fait référence simplement pour conduire sa réflexion.

Qu’est-ce que l’interculturalisme québécois ?

Ce modèle, élaboré au cours des dernières décennies, a été conçu en fonction des particularités et des besoins de notre société. Il tient dans six composantes. C’est, en premier lieu, la promotion du français comme langue civique. Tous les citoyens peuvent ainsi communiquer entre eux, participer à la vie publique et assurer leur avenir professionnel à chances égales. Le deuxième trait consiste dans le respect des droits de tous les Québécois, incluant les plus vulnérables à la discrimination à cause de la différence culturelle (langue, religion, coutumes) dont ils sont porteurs. C’est une exigence du pluralisme.

Une troisième composante prend en compte le rapport majorité-minorités qui structure la réalité ethnoculturelle au Québec. Quatrièmement, le modèle accorde une priorité à l’intégration collective, comme il convient à une petite nation dont l’avenir culturel suscite de constantes inquiétudes. Une telle nation craint instinctivement toutes les formes de fragmentation qui pourraient l’affaiblir, elle a donc besoin d’unité et de solidarité.

Les deux dernières composantes découlent de la précédente, à savoir le développement d’une culture commune, dans le respect de la diversité, et un accent sur les rapprochements, les échanges interculturels, notamment pour combattre les stéréotypes menant à la xénophobie et à l’exclusion.

Des critiques non fondées

Il m’est impossible de les passer toutes en revue. Je m’en tiendrai à celles mentionnées dans le texte de M. Dutrisac.

« L’interculturalisme est un échec. » En fait, il n’a jamais été adopté par un gouvernement et n’a donc jamais été mis en application intégralement à l’échelle du Québec.

« Il divise la majorité francophone et les minorités. » L’interculturalisme porte attention à ce rapport non pour l’accentuer et créer un clivage nocif, mais tout simplement parce qu’il existe. Il importe alors de l’orchestrer afin d’assurer une coexistence harmonieuse et équitable. C’est l’un des buts des rapprochements et des échanges souhaités entre majorité et minorités.

« L’interculturalisme condamne les minorités à l’assimilation. » Une préoccupation centrale du modèle est d’éviter l’assimilation. Il vise plutôt l’intégration, c’est-à-dire une adhésion aux valeurs fondamentales de notre société, telles que définies dans notre Charte. Il demande aussi l’apprentissage du français et la participation à la vie civique. Concernant la culture commune, elle se forme au gré des contacts interculturels, en toute liberté, et se nourrit de tous les apports, ceux des minorités comme de la majorité. Mais nul n’est tenu de renoncer à sa culture première. Le modèle préconise un équilibre entre la référence aux héritages culturels de chacun et la contribution à une culture nationale toujours en mouvement. Cette façon de penser et de mettre en oeuvre la diversité ethnoculturelle est propre à l’interculturalisme.

« La majorité francophone s’octroie des avantages indus. » Cette majorité est elle-même une minorité sur le continent. Il arrive qu’elle ait besoin elle aussi de protection. Nous l’avons vu avec la loi 101, dont les objectifs ont été reconnus comme légitimes par la Cour suprême du Canada. Cela dit, cette majorité ne bénéficie d’aucune préséance formelle, juridique ou autre. Elle entend simplement prendre toute sa place dans la société. Comme toute majorité cependant, elle est susceptible de favoriser parfois une gouvernance contraire aux intérêts et même aux droits des minorités. C’est une autre raison de prendre en compte le rapport majorité-minorités, lequel demeure toujours un rapport de pouvoir inégal. Il y a ici une vigilance à exercer. Mais on ne peut y arriver si on passe ce rapport sous silence.

« La notion de convergence est préférable à celle d’interculturalisme. » Le modèle de la convergence est malheureusement affligé d’un passé ambigu. Il est issu d’une réflexion commandée il y a quarante ans par le ministre Gérald Godin. Mais il l’a lui-même rejeté en raison de sa dimension assimilatrice : le modèle prévoit qu’à long terme, la convergence se repliera sur la culture de la majorité.

« L’interculturalisme est un décalque du multiculturalisme canadien. » Ses composantes, à l’exception de la deuxième, sont absentes du multiculturalisme ou y tiennent une place secondaire. Cependant, parce que l’interculturalisme favorise le pluralisme, c’est-à-dire le rejet de l’assimilation, certains concluent à l’identité des deux modèles. C’est une erreur. Le pluralisme est une norme internationale conçue en réaction aux horreurs de la dernière guerre mondiale. La majorité des nations démocratiques y souscrivent à leur façon et l’intègrent à leur politique de gestion de la diversité. Mais les modèles qui en résultent en proposent des applications spécifiques qui les différencient.

« Le multiculturalisme a toujours été une réalité québécoise. » Robert Bourassa l’a officiellement rejeté dès 1971, convaincu que le Québec avait besoin d’un modèle différent, adapté à ses priorités. Par ailleurs, l’idée de définir le Québec comme un ensemble de communautés culturelles sur le modèle de la mosaïque va à l’encontre de la réalité. Elle n’a pas d’avenir.

En conclusion, trois options s’offrent à nous : a) l’assimilation, b) le multiculturalisme, c) l’interculturalisme, à savoir une formule équilibrée qui allie les aspirations légitimes de la majorité et des minorités, qui conjugue les impératifs du droit et de la sociologie. Mon choix est évident.


Réplique de l’éditorialiste
 

Dans mon éditorial, j’opposais la notion de « culture de convergence », que je remettais en question, à celle de « convergence culturelle ». Même si ce dernier terme a pu être assimilé au premier, j’y vois une importante différence : ce sont les cultures, y compris celle de la majorité, qui convergent pour former une culture commune de langue française, culture qui devient celle de la majorité par la force des choses.

Je conçois mal, par ailleurs, qu’on puisse considérer les Québécois issus de l’immigration comme faisant partie de minorités pour l’éternité. Il me semble qu’un jour, avec le passage des générations, en vertu même des principes de l’interculturalisme, auquel je ne m’oppose pas sur le fond, ils feront partie intégrante de la majorité.

Robert Dutrisac

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52 commentaires
  • Yvon Montoya - Inscrit 15 août 2019 07 h 28

    Cela dérange beaucoup qu’il y ait sur cette petite planète terre des cultures, des civilìsations, des moeurs, des guises d’êtres très différentes les unes des autres? Normalement blanc et catholique, je suis devenu une «  minorité » au Quebec. Bon comme je suis blanc alors je suis mis dans le groupe de la minorité invisible, ouf! C’est deja ça en moins. Je connais bien depuis longtemps hélas ce terrible sentiment d’etre exclu en permanence. Cela permet toutefois de mieux réaliser la profonde tragédie supportée dans la souffrance par les minorités de couleurs ou d’ethnies qu’elles soient d’origines amérindienne ou d’ailleurs. Multiculturalisme, interculturalisme sont des formes sympathiques pour penser l’exclusion. Cela n’est pas très dans les valeurs dites chrétiennes tant revendiquées par les occidentaux ces temps-ci...

    • Jean-François Trottier - Abonné 15 août 2019 10 h 02

      M. Montoya, en fin de compte vous prônez l'internationalisme, soit dit sans vouloir vous étiqueter...
      Quelle bonne idée! C'est sur ce modèle précisément que la planète est sur le point d'exploser.

      Les cultures régionales existent parce qu'elle sont dans un rapport de respect avec la terre où elles poussent. Elles naissent soit de la division géographique, soit de l'exclusion.

      Le on-s'en-fout-des-cultures procède d'un manque des respect incoyable pour les personnes en rejetant leur dimension sociale, ce qui fait qu'elles sont connues et reconnues, et leur dimension écoloique, certainement!

      La culture est l'ensemble de pratiques et idées communes à plusieurs personnes, par rapport à toute autre. Elle débute et se vit en société. Prôner la culture comme un droit individuel est stupide et... internationaliste. C'est P E Trudeau, et toute la mentalité Libérale depuis l'Empire Britannique, qui s'arrogeait les richesses et se foutait des gens "royalement" pour ce faire. On leur donnait le droit de ne pas gêner le colonialisme, et c'est encore le cas ici, sous vos yeux.

      Le rapport de la Terre a la culture des humains en est un d'appartenance. Elle est, nous passons dessus et nous y enracinons, ou pas pour les "winners" qui ne lui rendent rien et se prétendent uniques, ceux qui s'exluent eux-mêmes, comme vous le faites ici.
      Je ne doute pas de votre unicité! Je sais comment les marginaux sont essentiels. Est-ce la raison de votre ton méprisant et simpliste?
      Vous vous foutez d'avoir un terrain de consensus entre tous pour fonctionner ? Vous croyez vraiment tout régler d'un coup avec un vote aux quatre ans? Wow!
      Ouan! C'est tellement mieux de juger du haut de votre solitude d'acculturé à force de vous vouloir unique.

      La reconnaissance de la culture fait partie du consentenemt à faire partie d'une société, partager sans se renier.

      Vous avez le droit de vous exclure hein. On en fera pas un drame.

    • Claude Bernard - Abonné 15 août 2019 18 h 38

      @ Yvon Montoya

      Vous vous sentez exclu par aussi bien le multi que l'inter.
      Les deux ont des prétentions à inclure pourtant.
      Elles aboutissent parfois à l'inclusion, d'autres fois non.
      Qu'est-ce que cette supposée inclusion sinon l'acceptaton comme «étrange» fréquentable à certaines conditions fixées par le «maître»; le cosmopolitisme n'est pas une tare ni une maladie; si c'est votre choix vous êtes en bonne compagnie.


      15.08.19 gb

    • Jean-Henry Noël - Abonné 15 août 2019 23 h 14

      Monsieur Trottier, Connaissez-vous Darwin ? «L'origine des espèces» explique, en termes clairs, le processus de l'évolution. Il s'agit de l'adaptation des êtres vivants à leur environnement physique. Les adaptés survivent. Les non-adaptés crèvent. Est-ce clair ? Je peux éventuellement élaborer.
      Au Québec (Canada), Il y a des altérations dans l'environnement social. Depuis longtemps. Voilà. L'immigré est forcé de s'adapter à un nouvel environnement. C'est pour lui une question de vie ou de mort. Le «natif», disons le Québécois, (je ne veux pas ofusquer les autochtones), lui aussi, doit jauger le nouvel environnement. Et s'y adapter. Oui, s'y adapter. Il est impossible pour l'iimmigré d'épouser votre fixation identitaire. Naguère, l'environnement physique. De nos jours, l'environnement social. Alors, pour accorder les violons, sans maestro, il va vous falloir ... changer.
      Héraclite d'Éphèse : Rien n'est éternel, sauf le changement.

  • Françoise Labelle - Abonnée 15 août 2019 07 h 46

    Un exemple concret?

    Le débat étant un peu abstrait, faute d'espace évidemment, prenons la question concrète de la laïcité, sur laquelle M.Bouchard s'est prononcé, s'inspirant probablement de l'interculturalisme.
    En quoi le pluralisme exclut-il, pour tous les employés de l'État, le ban de symboles qui font la promotion d'une religion pendant les heures de travail? La Cour européenne des droits de l'homme a rejeté les plaintes d'une jeune étudiante exclue de l'école publique française, soulignant qu'il revient à l'État de tracer les limites de «l'expression religieuse» (on ne parle pas de croyance) et que l'école privée répond aux besoins des prosélytes. L'expression religieuse sans limite fait-elle partie de l'interculturalisme?
    À relire M.Maclure sur la «laïcité ouverte», que je suppose interculturaliste, je ne vois qu'une plaisante métaphore sur le «fétichisme des moyens» pour masquer le vrai fétichisme des objets de foi. Et, face aux demandes d'un culte en particulier, M.Maclure affirme sans ciller que «les accommodements religieux sont raisonnables dans la mesure où ils n'exigent pas de l'État qu'il appuie ou favorise une religion particulière». L'interculturalisme exige-t-il la capitulation de la raison?
    Sur la question précise de la laïcité, les interculturalistes sont indissociables des multiculturalistes. La négociation culturelle exigerait plutôt que les prosélytes abandonnent leurs fétiches pendant le travail puisque l'essentiel, leur foi, n'est pas concernée.
    On aboutira aux ghettos et aux négociations culturelles à sens unique. Les comités britanniques de conciliation de la charia mènent au maintien «culturel» de la mainmise des hommes sur les femmes renvoyées dans leur foyer avec la recommandation d'endurer.

    • Nadia Alexan - Abonnée 15 août 2019 09 h 25

      Je suis tout à fait d'accord avec vous, madame Labelle. Effectivement, il n'y a pas de différence entre le multiculturalisme et l'interculturalisme quand il s'agit de la raison et le bon sens. Au nom de la diversité, on demande aux groupes ethniques de retenir des traditions et des valeurs que toutes sociétés civilisées ont rejetées. Par exemple, on permet aux enfants sikhs de porter une arme «le kirpan» à l'école. Pire encore, on permet que de petites filles de quatre ans portent le voile à la maternelle.
      Ce n'est pas raisonnable de demander aux groupes ethniques de devenir schizophrènes, c'est à dire, retenir leurs traditions culturelles et s'intégrer en même temps! Les groupes ethniques sont mieux de délaisser les pratiques religieuses délétères derrière eux, s'ils veulent vraiment s’intégrer à la société d'accueil. C'est raisonnable de leur demander d'adopter les valeurs civilisatrices des Lumières.

    • Claude Bernard - Abonné 15 août 2019 10 h 50

      @ Françoise Labelle

      Un exemple concret que vous n'avez pas choisi au hasard!
      La Laïcité de l'État est-elle le meilleur exemple pour juger de la situation des immigrants sans préjugés?
      Il charrie tellement d'émotivité et de rapports avec l'identité et l'indépendance, n'est-il pas vrai?
      Le multi est perçu comme «anti nous», l'inter essaie de se présenter comme «pour nous».
      Les «autres cultures» sont vues comme s'intégrant aux anglos ou non.
      Si on fait le tour sans chasser les préjugés d'une question qui se joue sur plusieurs générations, à quoi sert-il d'inventer des théories qui se présentent plus ou moins comme des auberges espagnoles.
      Une approche plus concrète, comme vous dites, me semble préférable à une approche trop globale.
      Un autre exemple concret me parait plus objectif: l'accueil fait à un émigré à la recherche d'un emploi ou d'un logement ne pourrait-il pas faire la différence?
      Le marché du travail s'il exige l'anglais n'est pas à la charge de l'émigré.
      Les conséquences en sont catastrophiques «pour la suite du monde», notre monde.

    • Roxanne Deslongchamps - Abonné 15 août 2019 14 h 56

      En effet, tout ça c'est du blabla destiné à nous endormir jusqu'à ce que notre nation devienne tellement minoritaire que les Québécois n'auront plus qu'à danser le folklore pour se souvenir qu'ils ont déjà existé. Si les Libéraux restent au pouvoir, il faudra que 95% des Francophones s'unissent enfin pour rejeter le Canada et faire ses propres lois. C'est une question de survie.

  • Marc Therrien - Abonné 15 août 2019 07 h 56

    Et de la crainte de l'assimilation qui empêche de bien lire et de bien entendre


    Il se pourrait bien que l’interculturalisme soit difficile à concevoir et à implanter au Québec s’il s’avérait qu’on découvre qu’il persiste chez la majorité francophone historique cette idée du complot du multiculturalisme canadien qui lentement, sûrement et patiemment cherche son assimilation. Si on sait dans le microcosme qu’il est bien difficile pour plusieurs personnes souffrantes de transcender leur malheur si bien qu'elles recréent la situation qu'elle dénonce, l'opprimé devenant oppresseur à son tour si l'occasion se présente, on peut transposer cette dynamique dans le macrocosme. Ainsi, il serait collectivement humain qu’un peuple majoritaire sur son territoire, mais minoritaire dans le plus grand ensemble auquel il «appartient», qui craint l’assimilation en vienne à vouloir imposer ce même processus aux minorités désireuses de vouloir cohabiter dans «son» territoire. Cette dialectique hégélienne du sujet et de l'objet, où l'Un et les autres cherchent réciproquement l'assujettissement de leur vis-à-vis qui installe alors une lutte pour le pouvoir s'inscrivant dans un rapport de forces, semble faire partie de ses choses immuables qui dynamisent la marche de l'Histoire des idées et des hommes qui se battent pour imposer celles qui vont les diriger.

    Marc Therrien

    • Claude Bernard - Abonné 15 août 2019 11 h 07

      @ Marc Therrien

      La dialectique du maître et de l'esclave ne se présente-t-elle pas immédiatement à l'esprit dans un tel cas?
      Si nous sommes les esclaves des uns et les maîtres des autres, notre situation est difficile sinon sans résolution en notre faveur sans indépendance.
      Nous demandons ni plus ni moins aux nouveaux arrivants de choisir entre deux maîtres; ils iront travailler pour celui qui les encourage, les flatte, leur donne de l'emploi, n'est-ce pas ce qui se passe au Québec?
      Voyez l'attitude de la minorité anglo-québécoise envers les enseignantes voilées et comparez-la à la nôtre; votre raison ne vous dira-t-elle pas: eux, ils l'ont l'affaire!
      Et on ne pourra accuser le multi ou l'inter.

  • Jean Lapointe - Abonné 15 août 2019 08 h 01

    Monsieur Bouchard s'illusionne d'après moi.

    «Robert Bourassa l’a officiellement rejeté dès 1971, convaincu que le Québec avait besoin d’un modèle différent, adapté à ses priorités.» (Bouchard)
    Comment voulez-vous que le Québec puisse adopter un «modèle» différent adapté à ses priorités alors que le Québec fait partie d'un pays qui est le Canada et dont la politique officielle qui est le multiculturalisme est inscrite dans la constitution? C'est bien la raison d'après moi pour laquelle le Québec n'a vraiment jamais adopté une politique dite interculturaliste C'est que ce n'est pas possible que le Québec puisse être assujetti à deux poltiques qui sont diamétralement opposées.Les tentatives qui ont été faites n'ont donc pas eu de suite par la force des choses. L'une de ces poltiques favorise une espèce de mosaîques des cultures et l'autre favorise plutôt l'adoption de diverses mesures favorisant les échanges entre les différentes cultures dans le cadre de la culture du pays d'accueil pour d' une part pouvoir bénéficier des apports de la part des nouvelles cultures et pour d'autre part favoriser une intégration aussi harmonieuse que possible des nouveaux arrivés, intégration qui conduira inévitablement à une assimilation surtout chez les enfants.Et une telle politique ne pourrait donner de bons réssultats qu'en étant la seule.

    Comment voulez-vous aussi que le ROC puisse accepter que le Québec adopte une approche complètement différente de celle qu' il favorise sans se rendre compte que le Québec se refuse à construire le Canada à leur façon.Nous ne pouvons alors qu' être perçus comme des rebelles à l'autorité du Canada.Ce n'est donc que dans un Québec souverain que l`Interculturalisme pourrait être adopté avec certaines chances de succès.C'est qu' il faudrait aussi inclure l'école dans le processus à adopter.

    Pour moi, proposer l'Interculturalisme pour le Québec province du Canada c'est entretenir plein d'illusions au sein de la population parce que ce n'est tout simplement pas réalisable.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 15 août 2019 10 h 20

      Un cataplasme sur une jambe de bois, quant à moi! Legault et le PLQ sont fédéralistes déclarés et totalement impuissants à faire adopter une canadian constitution, dans laquelle le Québec serait signataire.C'est là où le bât blesse!

    • Jean Jacques Roy - Abonné 15 août 2019 13 h 18

      « Comment voulez-vous que le Québec puisse adopter un «modèle» différent adapté à ses priorités alors que le Québec fait partie d'un pays qui est le Canada et dont la politique officielle qui est le multiculturalisme est inscrite dans la constitution? «  J. Lapointe

      Votre commentaire, Monsieur Lapointe, souligne justement la contradiction dans laquelle se retrouve le Québec face au pouvoir politique et socio-économique dominant canadien. Contradiction politique qui s’enracine et se reproduit dans la bataille historique de survie d’un peuple colonisé de culture francophone. Évidemment, le Québec devra s’affranchir du « Canada » pour développer sans contraintes juridiques canadiennes un « modèle «  interculturel ou autre des rapports de sa majorité avec les nations autochtones et de minorités ethniques issues de récentes immigrations.

      Ceci dit, l’éventuelle indépendance du québec n’apporte pas en soi un « modèle »! Par contre, pour que le Québec indépendant arrive à développer demain une société pluraliste, égalitaire qui prévilégie l’interculturalisme, pourra-t-il y arriver si dès aujourd’hui le mouvement indépendantiste et ses partis n’en font pas la promotion?

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 15 août 2019 09 h 09

    Si le PLQ adopte l'interculturalisme

    Nous aurons la preuve que ce n'est pas bon pour le Québec.