Des questions sur les grandes éoliennes aux îles de la Madeleine

Parc éolien de Cap-Chat
Photo: Alexandre Sheilds Le Devoir Parc éolien de Cap-Chat

Les 10 et 11 juillet dernier, les médias nous apprenaient que le gouvernement autorisait l’implantation et l’exploitation d’un parc éolien de 6,4 mégawatts (MW) dans l’habitat floristique de la Dune-du-Nord.

Sait-on de quoi il s’agit ? On ne connaît pas la version finale du projet, ses impacts sur le milieu dunaire, sur sa végétation et ses milieux humides, les modifications envisagées au statut d’aire protégée et aux terres publiques de l’archipel, etc. Dans le contexte plus qu’affirmé du déclin alarmant des espèces vivantes, est-ce que ce projet garde sa pertinence ? Est-il acceptable ? Ses retombées présumées, les dommages inévitables et irréversibles et le risque de rendre inopérante la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (LEMV) ne méritent-ils pas une attention plus approfondie, une décision plus conséquente, une action collective plus responsable ?

Dans le Décret 611-2019, 19 juin 2019, publié dans la Gazette officielle du Québec, on apprend que l’autorisation délivrée à Parc éolien de la Dune-du-Nord S.E.C. l’est à la seule condition que le projet soit conforme aux modalités et mesures prévues dans quatre documents, dont la demande d’autorisation présentée le 13 juin 2018 par la société en commandite (S.E.C.) et une lettre datée du 24 mai 2019, modifiant le projet présenté le 13 juin 2018.

Ces documents, le Décret n’en présente pas leur contenu. Pourtant, le projet reformulé et déposé en juin 2018 constitue une toute nouvelle demande en vertu de l’article 19 de la LEMV.

On se souviendra que la demande de mars 2017 concernait un scénario très sommaire d’implantation de trois éoliennes totalisant 6 MW. Le rapport du Bureau d’audience publique en environnement (BAPE) de juillet 2017 indiquait en dernière analyse, si la Régie intermunicipale de l’énergie Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (la Régie) maintenait son élan : « Que soit exigé, de la part de la Régie et de son partenaire d’affaires, de soumettre à une consultation publique, placée sous l’égide d’un organisme crédible et indépendant, le projet qui sera élaboré [et l’ensemble des données d’évaluation, mesures d’évitement, programme de surveillance, etc.]. »

Comment le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) et le gouvernement peuvent-ils passer outre à cette démarche nécessaire d’information et de consultation de la population ?

Le Décret mentionne aussi que le MELCC « a produit, le 22 novembre 2018, un rapport d’analyse qui permet de conclure que les mesures d’atténuation et de compensation exigées, dont l’acquisition à des fins de conservation de 30 hectares de milieux naturels d’une grande intégrité écologique, rendent le projet acceptable d’un point de vue environnemental ». Le Décret ne dit rien non plus sur le contenu de ce rapport d’analyse. De nouvelles interrogations : Quelles sont ces mesures d’atténuation et de compensation exigées ? Où sont situés les 30 hectares ? En quoi ceux-ci sont-ils plus intègres et comment assureront-ils plus la conservation du corème de Conrad et des autres espèces à statut précaire que l’actuel habitat floristique légalement constitué ? Sur quels critères s’appuie le MELCC pour conclure à un « projet acceptable du point de vue environnemental » ? Le MELCC fait-il une distinction entre les concepts de conservation de l’intégrité écologique, d’acceptabilité environnementale et d’acceptabilité sociale ? Comment ceux-ci s’appliquent-ils à un habitat floristique ?

Dans les préambules, le Décret affirme que : « […] sur avis du ministre, le gouvernement estime que la non-réalisation de ce projet entraînerait, pour la collectivité, un préjudice plus grand que l’altération de l’habitat floristique de la Dune-du-Nord ». Ici aussi, des informations manquent.

Comment la balance des préjudices a-t-elle été étalonnée ? S’agit-il d’un premier exercice de ce genre ? Comment compare-t-on cette aire protégée (milieu dunaire vulnérable au simple piétinement et aux bouleversements climatiques) avec l’implantation de deux éoliennes de grande dimension qui, possiblement, pourraient être érigées ailleurs ? Qui plus est, depuis la décision d’Hydro-Québec de relier par câble sous-marin l’archipel au réseau hydroélectrique dès 2025, ces éoliennes paraissent inutilement coûteuses et de peu d’emprise sur le bilan des émissions de gaz à effet de serre (GES) de la centrale thermique de Cap-aux-Meules. Ajoutons que le plan de transition énergétique d’Hydro-Québec aux Îles ne fait plus grand cas de ce projet de parc éolien, remplacé en quelque sorte par le concept de microréseau. Comment la valeur de la conservation de la biodiversité de la planète peut-elle être déclassée par des intérêts de court terme et de valeur pécuniaire relativement modeste pour la municipalité locale ?

Quand on connaît la dynamique écologique des cordons dunaires des îles de la Madeleine, quand on considère leur importance socioéconomique, on a peine à croire ce projet acceptable. N’y a-t-il pas ici une occasion de faire un choix nettement plus éclairé et respectueux des principes du développement durable, et les contraintes de l’insularité ? Le choix du site a été, avant même le début du projet, basé sur une décision arbitraire de la Municipalité des Îles. C’est cette décision sur le site d’implantation qui se doit d’être évaluée avec rigueur avant d’autoriser la réalisation du projet. L’acceptabilité de ce projet, comme celle d’autres grands projets d’infrastructures, doit répondre clairement aux questions de base liées à leur implantation et à leur nécessité pour ensuite arriver, s’il y a lieu, à des compromis positifs dans le détail de leur réalisation.

Avant la course accélérée de sa réalisation, devant le peu d’informations disponibles sur le projet, devant les risques de perturbation irréversibles du cordon dunaire, de ses milieux hydriques et humides, de l’altération de l’habitat floristique qui protège plusieurs espèces vivantes à statut précaire, craignant un dangereux affaiblissement de la LEMV au Québec, bref, avant d’autoriser ce projet en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement (LQE), dernière étape des autorisations attendues par les promoteurs, je crois qu’il est nécessaire de partager l’information et de permettre un examen, en toute transparence, de la pertinence de ce projet de parc éolien sous les angles écologiques, économiques, fonciers, techniques et de gouvernance.

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19 commentaires
  • François Beaulé - Abonné 2 août 2019 06 h 17

    Madame Chevrier est mal informée

    Elle devrait savoir que les éoliennes n'ont aucun impact sur la flore. De nombreuses éoliennes sont déjà installées depuis plusieurs années dans différents pays, notamment l'Espagne et l'Allemagne. Nous en avons évidemment ici aussi au Québec. Personne n'a constaté les méfaits que redoutent madame Chevrier.

    Le seul désagrément est le bruit pour des résidents à proximité des éoliennes.

    Il vente beaucoup aux îles de la Madeleine. C'est donc un lieu de choix pour y installer des éoliennes. Actuellement, l'électricité aux îles est produite par la combustion du pétrole dans des moteurs diesel, ce qui génère beaucoup de pollution. Les émissions de GES, madame Chevrier, est-ce que ça vous dit quelque chose ? Ne savez-vous pas que ces émissions ont des conséquences gigantesques sur l'environnement terrestre, y compris aux îles ?

    • Walter Bertacchi - Abonné 2 août 2019 08 h 53

      Le questionnement de Mme Chevrier est légitime.

    • Robert Beaulieu - Abonné 2 août 2019 11 h 56

      Mauvaise attitude
      Mme Chevrier a le droit de poser des questions qui me semble tout à fait légitimes par rapport au projet dans une zone aussi sensible écologiquement parlant. M. Beaulé vous ne semblez pas saisir les subtilités et les ramifications des questions que pose Mme. Chevrier. Comme vous et moi, elle n'est pas contre l'énergie éolienne, elle demande plus de transparance dans la façon dont les décisions sont prises. Mme Chevrier est bien au courrant que le statut quo n'est pas une option. Elle demande que l'on étudit ouvertement le dossier dans son ensemble, ce qui devrait aller de soi pour tout projet ayant potentiellement un impact négatif ou qui pourrait s'avérer être un gaspillage redondant à court-moyen terme. Il me semble que vous pourriez mieux défendre le projet sans vous en prendre à quelqu'un qui contrairement à la majorité, se donne la peine d'accomplir son devoir de citoyenne,

    • Raymond Gauthier - Abonné 2 août 2019 12 h 15

      Monsieur Beaulé l'est encore plus

      Ma concitoyenne Hélène Chevrier est loin d'être peu informée.
      Pas plus que moi, elle n'est opposée aux énergies renouvelables, dont le vent, ressource naturelle fort présente aux îles.
      Depuis quelque 40 ans, tout comme moi, elle est une pionnière de la protection et de la préservation de l'environnement insulaire.
      Les questions qu'elle a le courage et la détermination de poser sont fort pertinentes et démontrent, au contraire de ce que prétend M. Beaulé, qu'elle est pas mal plus au fait de la situation, incluant les émissions causés par la centrale d'H.Q. dans le contexte d’une liaison prochaine des îles au réseau hydroélectrique par câble sous-marin.
      Oui aux énergies renouvelables, mais avec discernement.
      Selon M. Beaulé, « les éoliennes n'ont aucun impact sur la flore » ! Dans le contexte dunaire de notre archipel - s'il dit vrai -, ce pourrait être l'exception. Ne vaut-il pas la peine de réfléchir davantage collectivement sur la pertinence, sur les alternatives, sur le choix du site, ... ?
      Mme Chevrier pose des questions adéquates dans notre contexte particulier. Elle mérite que nous prenions le temps de nous interroger et de trouver les solutions convenables, avant de se lancer dans l'irréversible.

    • Cyril Dionne - Abonné 2 août 2019 18 h 22

      « Elle devrait savoir que les éoliennes n'ont aucun impact sur la flore ». François Beaulé

      C’est faux M. Beaulé. Les éoliennes produisent des vibrations dans le sol et font fuir les vers de terre. Et sans vers de terre, la terre s’appauvrit parce qu’elle manque d’aération qui sont produit par les tunnels que creusent le vers. En Californie, ils ne mettent plus d’éoliennes près des champs qui ont une valeur au point de vue agricole. Alors, oui les éoliennes ont un impact sur la flore et ici on ne parlera pas des oiseaux et des autres animaux.

    • François Beaulé - Abonné 3 août 2019 11 h 08

      M. Dionne, votre histoire de vers de terre ressemble formidablement à des fake news. Une recherche sur google ne mène à aucune étude scientifique sur cette question. Par contre, Poutine a récemment utilisé cet argument pour justifer le faible nombre d'éoliennes en Russie. Ce qui est n'importe quoi sauf convaincant !

  • Daniel Grant - Abonné 2 août 2019 08 h 27

    Mme Chevrier préfère être un serein dans la mine de charbon avant le coup de grisou.

    Où sont ces groupes de pseudo-écolos commandités par les pétrolières quand on voit la CAQ nous passer un Énergie-Est en pièces détachées comme le Gazoduc du Saguenay, l’oléoduc de Montréal-est vers les aéroports de Toronto/Ottawa et ah oui Montréal aussi alors que les avions électriques arrivent, et Bécancour qui va polluer l’air qu’on respire avec son entreprise à boucane mortelle au lieu de nous font suer avec les ti-moineaux qui pourraient percuter les pales d’éoliennes alors qu’avec le pétrole c’est l’être humain qui est le moineau qui meure?

    • Claude Bariteau - Abonné 2 août 2019 12 h 09

      Relisez son texte.

      Mme Chevrier ne remet pas en question l'implantation d'éolienne, mais le choix du site « basé sur une décision arbitraire de la Municipalilé des Îles de la Madelien », la transparence des informations comprises dans quatre documents associées à l'aval du projet, l'absence de consultation des gens des Îles pourtant projetée initialement et, j'ajouterais, le choix d'une société en commandite.

      Aux Îles, que je connais un peu pour avoir rédiger ma thèse de Ph D sur son développement historique, les Madelinots et les Madeliniennes veulent être partie prenante des décisions qui les concernent. Les points soulevés par Mme Chevrier sont de cet ordre. Il faudrait au moins s'en rendre compte plutôt que de tenir des propos qui parle de boucane et de vent propice, qui s'éloignent de l'essentiel du texte de l'auteure.

    • Daniel Grant - Abonné 2 août 2019 14 h 11

      M. Bariteau
      Je ne connais pas Mme Chevrier, je lui souhaite longue vie, je commente seulement son texte.

      Nous n’avons plus le luxe des grandes études et interrogations et des solutions à petits pas.

      Je reconnais ce genre de rhétorique et de vocabulaire qu’utilise Mme Chevrier, je ne serais pas surpris qu’elle s’inspire de la IAE qui est un repère de lobbyistes du pétrole qui se peignent en vert pour se faire passer pour expert en énergie.

      La démarche est toujours pareille, d’abord vous êtes aspiré et impressionné par leur connaissance assez profonde sur le sujet d’énergie renouvelable et jusque là je peux dire que j’ai appris beaucoup le côté technique de ces énergies renouvelables et de stockage par ces experts,

      MAIS ça fini toujours par des mises en gardes bien orchestrées par la IEA pour ne jamais laisser entendre qu’on peut vivre sans le pétrole maintenant
      en créant l’ambiance que ce serait trop compliqué, trop long, trop cher et s’ensuit la série d’inconvénients en pesant très fort sur le fait que ce sont des énergies « intermittentes » répétée ad nauseam comme si ceux qui oeuvrent dans le solaire et l’éolien sont trop bêtes pour avoir réalisé que le soleil se couche et que le vent tombe.
      Vous n’entendrez jamais d’eux qu’un réservoir de pétrole vide est aussi une énergie intermittente.

      Leur technique consiste a couper en petits morceaux le sujet qui dérange et faire ressortir toute les faiblesses et de mettre ça dans les mains d'une armé d'avocats payés par les frères Koch, Exxon, Philips Morris, Volkswagen et leurs acolytes. Pour ne pas déranger la pompe à fric en créant le doute le plus longtemps possible pour retarder la transition et nous faire les poches.

      Le dernier que j’ai écouté avec attention est Le Réveilleur sur YouTube ; il a un doctorat en énergie et il connait tout, tout tout tout sur le sujet des énergies mais je ne l'ai jamais entendu parler de IRENA, il ne se réfère qu'à l’IAE et ça pue le pétrole à plein nez.

    • Claude Bariteau - Abonné 2 août 2019 17 h 57

      Son texte n'a rien à voir avec la promotion du pétrole aux Îles de la Madeleine.

      Je connais Mme Chevrier. Elle est une ethnologue et a à coeur, son conjoint aussi, M. Turbide, le développement des Îles de la Madeleine.

      Votre lecture de son texte dépasse l'entendement. Encore plus le procès d'intention que vous vous permettez en lui prêtant des intentions aux antipodes de ce qu'elle écrit.

      Relisez son texte avec en tête l'importance que les Madelinots et les Madeliniennes accordent à leur participation des décisions sur ce qui se fait aux Îles de la Madeleine.

      Vous verrez très vite que vous vous êtes trompé.

    • Cyril Dionne - Abonné 2 août 2019 18 h 29

      Cher M. Grant,

      La journée où ils s'amuseront à lancer des ogives thermonucléaires, vous n'aurez plus à vous en faire avec les méchants GES. Pardieu, vous devriez concentrer vos énergies ailleurs. Le Québec c'est un gros 0,2 % des GES mondiaux si on arrondit. Ne trouvez pas que c'est le 99,8% qu'on ne contrôle pas qui est le véritable litige? Mais, on imagine que c'est une vérité qui dérange pour ceux qui prient à l'autel de la très sainte rectitude écologique. Et ici, on n'a même pas parlé de la bombe démographique qui est l'éléphant dans la pièce des changements climatiques, un discours que vous occultez toujours. Misère.

    • Raymond Gauthier - Abonné 2 août 2019 18 h 51

      AYOYE !!!

      Monsieur Grant, vous DÉRAYEZ.
      Je la connais très bien, ma concitoyenne Hélène Chevrier.
      J'ai milité avec elle pendant des années pour la sauvegarde du patrimoine écologique des îles.
      Elle n'a rien à voir avec le lobby du pétrole.

      Votre procès d'intention, comme dit Bariteau, est hors de propos.

    • Daniel Grant - Abonné 2 août 2019 23 h 53

      M. Bariteau
      D’accord ça fait trois fois que je relis le texte de Mme Chevrier et le sujet pour moi est l’énergie et ce qui donne envie de hurler c’est de voir les solutions propres et durables comme l’éolien se faire torpiller par des gens qui devraient plutôt s’assurer que ça se réalise le plutôt possible et si c’est seulement l’emplacement qui accroche et bien ça se discute entre gens de bonne volonté pour minimiser les externalités négatives qui ne sont d’aucune commune mesure avec celles du fossile, les gens de bonne foi voient très bien qu’en mettant les deux dans la balance le choix est clair.

      Des textes comme ça ne font que dédouaner les pollueurs et l’industrie du fossile ne demande pas mieux que de voir le plus d’études ou consultations possibles qui pourraient retarder la transition,
      alors que ces mêmes pollueurs vont tout faire à coup de millions de dollars pour éviter les études et consultations quand il s’agit de projets fossiles et de camoufler toutes les magouilles dans les couloirs.

      Ce qui dérange dans son texte c’est le ton et de voir comment il faudrait être pur et chaste et d’une très grande rigueur dans les procédures avec un projet d’énergie propre pour ne pas déranger les moineaux pendant que des projets rétrogrades du fossile comme des gazoducs ou d’oléoducs qui affectent la santé des êtres humains, la destruction massive de l’environnement et nos conditions d’existence sur la planète ont lieu sous nos yeux avec la CAQ qui est en train de nous concocter un Énergie-est en pièces détachées avec l’énergie sale du gaz par fracturation et sable bitumineux.

      Je ne dis pas qu’elle fait parti du lobby de pétrole, mais elle crée la même ambiance.

    • Daniel Grant - Abonné 3 août 2019 00 h 31

      Cher M. Dionne

      Méditons sur l’autel de votre choix sur la pensée de Gandhi;

      « La terre est assez grande pour satisfaire tout le monde, mais trop petite pour satisfaire l’avidité de quelques-uns »

      Regardez bien vos statistiques que vous aimez bien nous parachuter à chaque fois.

      Elles nous disent clairement que le Québec a déménagé la manufacture d’une très grande partie de nos produits à l’extérieur de nos frontières aux bénéfices économique des autres, c’est là où notre pollution est produite.

      Peut-on vraiment se dédouaner en accusant les autres de polluer plus pour satisfaire nos besoins?

    • Daniel Grant - Abonné 3 août 2019 01 h 13

      M. Gauthier

      S’il y a déraillement je voudrait que ce soit d’un convoi d’énergie solaire pcq un déversement d’énergie solaire ça s’appelle une belle journée.

      SVP faites mes salutations à Hélène Chevrier qui a eu le courage d’écrire ce qu’elle pense.

      Encore une fois c’est le ton de son texte qui accroche, tout peut être critiqué, même les énergies renouvelables mais quand on met dans la balance l’énergie fossile, les externalités négatives sont d’aucune commune mesure, nous n’avons plus le luxe d’attendre la perfection des solutions pour sortir du trou toxique dans lequel l’humanité s’est enfoncée avec l’énergie fossile depuis un siècle.

      Je ne peux plus entendre calmement ceux qui déblatèrent sur l’éolien pour soi-disant défendre les moineaux et les vers de terre quand nos élus font les yeux doux au fossile qui est une énergie à destruction massive de l’humanité, je pense que les vers de terre vont s’en tirer mieux que nous si on laisse le fossile prendre de l’expansion.

      Ayons le sens de la mesure.

    • Claude Bariteau - Abonné 3 août 2019 07 h 47

      M. Grant, le recours au mazout pour produire de l'électricité aux Îles sera remplacé par un cable marin transporteur d'électricité. Aux Îles, cette décision enchante. Quand sera-t-elle réalisée ? On dit 2025-2030. Il y a là une priorité de loin plus importante que le troisième lien. Les Îles, c'est la présence du Québec dans le Golfe du Saint-Laurent.

      Voilà un projet d'éolienne qui s'annonce. Initialement trois, maintenant deux. Dans les années 1970, il y eut un projet d'éolienne, à la Dune du Sud pilotté par Hydro-Québec. Aujourd'hui, voilà un projet qui, dit-on, ferait baisser de 13 % le recours au mazout pour produire l'électricité. Le problème soulevé par ce projet est tout le secret qui l'entoure concernant : le choix du lieu, le contenu des études non dévoilé, son harmonisation avec le projet de cable marin et la société en commandite.

      Si vous étiez un habitant des Îles, vous aimeriez surement être mieux informé à moins qu'il vous plaise que des décisions se prennent par des gens qui vous aiment tellement qui se foutent de vous.

      Là est le problème et il se présente dans un contexte où aux Îles les habitants s'inquiètent de l'avenir de leur territoire avec les défis que posent la fonte des glaciers et l'augmentation des eaux.

      Il me semble, en habitant des Îles, que vous auriez la tentation de demander, comme le fait Mme Chevrier à sa façon, des précisions qui m'apparaissent élémentaires et qui, de surcroît, existent déjà puisque les décideurs, selon ce qui est connu, s'en sont servis pour décider.

    • Daniel Grant - Abonné 3 août 2019 15 h 35

      M. Bariteau
      Ce qui dérange dans son texte c’est la perception qu’elle est prête à laisser filer le train pcq la couleur des sièges n’est pas à son goût.

      Comme vous dites la solution idéale est par câble, mais seulement entre 2025-2030 et pourquoi pas entre 2030-2040 tant qu’à y être.
      Tout ce temps là les pétroleux se frottent les mains, ils auront réussi encore une fois à retarder la transition.

      Si ça se débat depuis les années 1970 on voit bien que c’est confortable dans le cambouis et je ne blâme personne pour les décisions prises dans le passé pcq nous avons tous fait partie du problème en commençant par moi-même, mais en 2019 nous devrions avoir plus de hauteur connaissant les solutions disponibles qui ne dépendent pas du pétrole (voir IRENA.ORG). Arrêtons de se faire enfumer par la IAE qui est toujours pessimiste et se trompe continuellement dans ses prévisions pour les énergies renouvelables et toujours bienveillante pour le fossile.

      C’est la tactique bien connue des Marchands de doute, ils frappent avec des petites phrases toutes faites par les communicants du pétroles et ils se sauvent. L’important c’est de créer le doute, ils n’ont pas besoin d’avoir raison, il faut préserver la pompe à fric et nous faire les poches le plus longtemps possible.

      J’ai été très souvent aux îles que j’aime comme beaucoup, et oui je serais attentif à tout ce qui se passe dans le domaine des énergies si j'y habitais, mais pas au point de manquer le bateau quand une proposition d’éolienne se présente. Les îles devraient être 100% électrique; génération, stockage, mobilité et al. Même les bateaux peuvent être électriques aujourd'hui.

  • Raymond Gauthier - Abonné 2 août 2019 10 h 59

    Monsieur Beaulé l'est encore plus

    Ma concitoyenne Hélène Chevrier est loin d'être peu informée.
    Pas plus que moi, elle n'est opposée aux énergies renouvelables, dont le vent, ressource naturelle fort présente aux îles.
    Depuis quelque 40 ans, tout comme moi, elle est une pionnière de la protection et de la préservation de l'environnement insulaire.
    Les questions qu'elle a le courage et la détermination de poser sont fort pertinentes et démontrent, au contraire de ce que prétend M. Beaulé, qu'elle est pas mal plus au fait de la situation, incluant les émissions causés par la centrale d'H.Q. dans le contexte d’une liaison prochaine des îles au réseau hydroélectrique par câble sous-marin.
    Oui aux énergies renouvelables, mais avec discernement.
    Selon M. Beaulé, « les éoliennes n'ont aucun impact sur la flore » ! Dans le contexte dunaire de notre archipel - s'il dit vrai -, ce pourrait être l'exception. Ne vaut-il pas la peine de réfléchir davantage collectivement sur la pertinence, sur les alternatives, sur le choix du site, ... ?
    Mme Chevrier pose des questions adéquates dans notre contexte particulier. Elle mérite que nous prenions le temps de nous interroger et de trouver les solutions convenables, avant de se lancer dans l'irréversible.

  • Serge Ménard - Abonné 2 août 2019 11 h 06

    Mme Chevrier a raison !

    Pourquoi ne pas installer plus de génératrices au diesel ? Bon, je suis sarcastique !
    Pour avoir réaliser des études de faisabilité en 2011 en Mauritanie, tous ceux qui le peuvent ont/vont installer de l'éolien et du solaire. L'éolien est idéal aux Îles et les dommages causés durant la construction seront temporaires et pourront être corrigés.