Le confort et l’indifférence

Scène de manifestation à Paris, en France, en juin dernier
Photo: Francois Mori Associated Press Scène de manifestation à Paris, en France, en juin dernier

Il y a maintenant cette appréhension lorsque vient le moment d’allumer mon téléphone au réveil. Elle était déjà là, cette angoisse, mais elle devient de plus en plus tangible, réelle, évidente.

Que va-t-on nous annoncer ce matin ? « Canicule : le record absolu de chaleur est battu en France métropolitaine » ; « L’Inde suffoque sous la chaleur ». C’est donc avec ceci que la journée va débuter. Puis ? On laisse de côté notre cellulaire, on s’habille. Allons déjeuner et profitons d’un rayon de soleil pour boire notre café en terrasse. L’information, elle, est déjà digérée. Il fera chaud ici aussi cet été. Mais qu’y pouvons-nous, après tout ?

La planète brûle et rien ne se passe. Oui, ici et là, des jeunes, et moins jeunes, tentent d’éveiller les consciences en manifestant de façon régulière leur indignation, générée par la passivité dont font preuve leurs gouvernements. Une chose est sûre : nous sommes trop peu. Trop peu à nous sentir aliénés et aliénées, trop peu à dépenser notre énergie dans de petits gestes quotidiens ou des mobilisations de plus grande envergure. Le confort et l’indifférence : nous connaissons les raisons du refus, conscient ou inconscient, de se heurter à l’évidence. Dépassé, le temps de prendre du recul. Impératif, celui de se mettre en marche.

L’étude de l’action publique nous apprend que tout changement dit « radical » est fort improbable : recherche du consensus, résultat de compromis, focalisation sur les problèmes à résoudre plutôt que sur l’innovation, lenteur du processus décisionnel… autant d’arguments justifiant des décisions insuffisantes, si ce n’est insignifiantes au regard de l’immensité du danger qui se présente à nous. Par ailleurs, la science politique nous fait savoir que ledit changement peut bel et bien se présenter lorsque s’ouvre une « fenêtre d’opportunité », laquelle rompt une période de « routine » : crise économique, guerre, catastrophe naturelle…

Menace sans équivoque

Prenons un instant. N’est-il pas venu, le temps de mettre fin à cet état latent de contestation populaire lorsque, chaque jour, se profile sous nos yeux ce que nous décrivent les scientifiques depuis plus d’un demi-siècle ? Il est vrai, tout va très vite. La menace que je percevais seulement de loin il y a quelque temps est aujourd’hui sans équivoque : les conséquences des changements climatiques ne se feront pas sentir dans dix, vingt ou trente ans. Elles sont là, au pied de notre porte. Épuisée, la rhétorique politique du combat pour les générations futures, exploitée depuis le début des années 1990 pour justifier un nouveau paradigme, celui du développement durable. Nous sommes ces générations futures, et trop peu — pour ne pas dire rien — a été entrepris pour limiter l’exploitation infinie de notre écosystème.

Les catastrophes naturelles sont là. Des populations sont aux prises en ce moment même avec des stress hydriques, des pénuries alimentaires qui ne font qu’exacerber les injustices sociales et économiques dont elles sont déjà victimes quotidiennement. La planète brûle et rien ne se passe, quand tout nous indique qu’il est plus que temps d’agir. Caractère diffus des changements climatiques qui rend le problème intraitable ? Il n’est plus l’heure des excuses. Si les conséquences bien réelles du réchauffement du globe ne suffisent pas à ouvrir de fenêtre d’opportunité, alors à nous de le faire. À nous de rompre cette routine insensée.

Non, le bénéfice de la jeunesse ne justifie pas mon engagement. Il est grand temps que ce sentiment d’urgence nous envahisse toutes et tous, quels que soient notre âge, notre genre, notre orientation politique. Il n’est pas question ici de politique partisane, mais de condition d’existence. Chaque jour qui passe, j’ai un peu plus peur qu’il ne soit déjà trop tard. Mais comme l’écrivait Oscar Wilde, « l’ambition est le dernier refuge de l’échec ». Une grande ambition pour de grands changements : en voilà un beau remède au confort et à l’indifférence, qui n’ont plus de raison d’être dans un monde au climat déréglé, où la perte de sens règne en triomphe. Envisageons ce défi comme une chance : nous nous tenons sur une page blanche, où chacun et chacune d’entre nous est un crayon dont le mouvement définit ce à quoi demain ressemblera. De la beauté peut, je le crois encore, en jaillir.

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72 commentaires
  • Hélène Lecours - Abonnée 3 juillet 2019 06 h 54

    Et quoi?

    Que sommes-nous supposés faire, nous les relativement confortables et pas si indifférent que vous pensez? Manifester, signer des pétitions à la tonne qui ne changent rien ? Donner tout nos biens aux pauvres et suivre le Christ ? Renoncer à nos fauteuils Lazyboy? Je vous le demande, sincèrement. J'habite la campagne, j'utilise minimalement une voiture, je ne voyage pas, je consomme local le plus possible. Je boycotte un certain nombre de produits, et puis quoi? Au lieu d'accuser, ce qui est trop facile, d'écrire ce qui est également trop facile??????. Dites-nous quoi FAIRE. Je comprends vos angoisses, cependant il vaudrait mieux répandre des idées.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 juillet 2019 09 h 16

      Vous faites votre part Mme Lecours et même plus. Ce n'est pas au Québec qu'on devrait avoir ce discours, mais bien ailleurs. Leur angoisse à la Greta Thunberg ne résoudra aucun problème, et comme vous le dites si bien, « Manifester, signer des pétitions à la tonne » ne changera aucunement l'équation climatique. En passant, Mlle Thunberg, il y a quatre ans, elle a été diagnostiquée avec le syndrome d'Asperger (autisme), ce qui contribue à expliquer son acharnement naïf sur la question des changements climatiques. Ce sont les non-dits dans son cas qui sont tonitruants. Ses parents et toute une industrie commerciale est derrière cette petite fille pour la propulser sur l’avant-scène.

      C’est trop facile d’accuser sans apporter des solutions. Et ils n’ont jamais pensé que si une simplicité volontaire draconienne serait imposée au Québec, on ne pourrait pas payer pour les études universitaires en sciences politiques à la hauteur de 90%. C’est « ben » pour dire.

    • Nadia Alexan - Abonnée 3 juillet 2019 10 h 33

      Tant et autant que les grandes entreprises sont plus intéressé par «les profits» que par le climat, le problème ne sera pas résolu. Selon les dernières statistiques, cent grandes compagnies sont responsables de 71% des GES. (https://www.theguardian.com/sustainable-business/2017/jul/10/100-fossil-fu)
      Aussi longtemps que notre économie soit basée sur l'idéologie de «la cupidité» rien ne va changer.

    • Michaël Lessard - Abonné 3 juillet 2019 13 h 35

      Il est vrai que les gens ont besoin de solutions et de trucs concrets.

      Les solutions sont politiques/collectives par contre, donc ...
      Toujours est-il qu'on peut alors proposer des politiques, nouvelles règles, etc.
      et la part des gens ensuite est d'appuyer et pousser.

      Ce n'est pas comme si la CAQ va agir sans une pression populaire.

      - On doit cesser de donner notre argent public, directement et indirectement, à l'industrie pétrolière.
      - On doit cesser d'accepter l'exploration et l'exploitation des énergies fossiles au Québec.
      Je m'arrête là (il y d'autres formes de pollution massive et j'aurais pu aussi parler de certaines minières). Déjà, juste ces deux points sur les énergies fossiles au Québec sont majeurs et les gens qui ont voté pour la CAQ, le PLQ et le PQ pourraient faire pression...

    • Michaël Lessard - Abonné 3 juillet 2019 13 h 42

      nb: j'ai oublié notre argent public fédéral donné à l'industrie pétrolière de nombreuses manières.

      Selon le Fonds monétaire internationale (FMI) [?!], le Canada (dont les provinces) paient environ 47 milliards (publics) par année pour les énergies fossiles (infrastructures, subventions, crédits d'impôt, santé, etc.).

      Les gens qui ont voté pour le PLC ou le PCC pourraient (devraient) donc faire pression sur leur parti ...

    • Paul St-Gelais - Abonné 3 juillet 2019 15 h 29

      Il est minuit et trente et il ne faut surtout pas compter sur ceux qui gouvernent la planète pour régler les problèmes qu'ils ont eux-même créés. Ce sont des religieux fanatiques qui croient comme le Dieu Shiva, ou les néolibéralistes, que la première étape de la reconstruction est la destruction. Le pire ennemi de la démocratie est l'ignorance. Informons nous, lisons, apprenons, devenons plus diificiles à berner par nos politiciens. 1ère suggestion de lecture: La stratégie du choc, de Naomie Klein. Voilà que l'on se cache quand se lève le vent de peur qu'il ne nous pousse vers des combats trop rudes...Voilà que l'on se cache quand....

    • Hélène Paulette - Abonnée 3 juillet 2019 18 h 43

      Monsieur Dionne, tout le monde sait que Greta Thunrberg est Asperger car elle ne s'en est jamais caché. Et tout le monde s'en fout car tout le monde n'a pas les mêmes préjugés que vous... Et nul n'a besoin d'être Asperger pour démontrer un acharnement pro-Trump!

    • Raymond Labelle - Abonné 3 juillet 2019 22 h 09

      Rien ne saurait avoir autant d'effet que des actions concertées de l'État, animées par une forte volonté politique. Qui peuvent aussi impliquer peut-être des sacrifices des citoyens, mais aussi des bénéfices.

      Par exemple, en faisant de Montréal une ville presque sans voiture privée qui circule, avec un transport en commun totalement gratuit. Il pourrait y avoir de la résistance mais, une fois la chose faite, on se demandera en rétrospective comment on faisait pour endurer ça. Un peu comme la cigarette dans les endroits publics dont l'interdiction faisait débat au moment de sa mise en œuvre. Le train moteur-roue, belle technologie électrique québécoise, pour relier Montréal à Québec.

      Il est vrai que l'action individuelle, tout en ayant un impact à ne pas négliger, a ses limites. Et que certaines actions individuelles ne sont pas possibles sans un appui adéquat d'infrastructures publiques.

      La Suède a réussi à faire en sorte qu'environ 60% de son énergie soit de source renouvelable, tout en ayant une croissance économique fort acceptable. Par exemple.

      Difficulté ou défi - convaincre les citoyens pour que la chose devienne rentable pour les partis politiques.

    • Michaël Lessard - Abonné 4 juillet 2019 16 h 02

      Rebonjour,

      Je comprends et apprécie les deux positions :
      a) on ne peut pas attendre après les gouvernements (après des décennies d'inaction comme preuve) [Paul St-Gelais]
      b) les solutions efficaces et pouvant réduire les impacts les plus nocifs seront collectives et étatiques [Raymond Labelle], incluant les règles/lois régissant les comportements d'entreprises et individuels.

      Cela peut sembler paradoxal, mais les deux vont un peu ensemble. Les initiatives locales et individuelles sont nécessaires, et se font de plus en plus, et devancent les États, mais ces dernières créent le contexte social/culturel/populaire qui emène les États à finalement agir... Actuellement, on doit agir sans les États, au sens que les partis (CAQ, PLQ, PLC, PCC, PQ, etc.) ne vont pas agir de manière significative de ci-tôt. Il y a d'ailleurs de beaux mouvements populaires dans les régions du Québec contre l'exploitation des énergies fossiles (chose qui me rend fier du Québec malgré d'autres enjeux).

      Vos deux commentaires sont intéressants et pertinents.

  • Marc Therrien - Abonné 3 juillet 2019 06 h 55

    Climato-attitudes


    Les discussions suscitées par les conséquences des changements climatiques révèlent différentes «climato-attitudes» défavorables au changement. Les personnes qui résistent aux discours de conscientisation se situent différemment dans le continuum des attitudes possibles par rapport à la climatologie selon leurs niveaux de conscience et d’engagement personnels et sociaux. Il y a d’abord les «climato-sceptiques» qui ne croient pas qu’il y a péril en la demeure malgré les changements climatiques observables qui menacent la planète. Ils deviennent même des «climato-négationnistes» quand ils utilisent plutôt activement le déni pour refuser d’admettre l’évidence des faits et en plus, quand ils discréditent les porteurs de mauvaises nouvelles en leur faisant des procès d’intentions. Ainsi, ils ne se satisfont pas de douter, comme les scientifiques qui, sachant qu’ils ne savent pas, continuent de chercher la vérité vérifiable, mais affirment fermement que ces derniers se trompent. On côtoiera aussi les «climato-sceptiques soupçonneux» qui ajoutent à leur doute un peu de soupçon en se demandant : «Qu’est-ce qu’on veut me faire croire? Et dans quels intérêts? On découvrira aussi les «climato-ignorants» qui eux, ne sachant pas qu’ils ne savent pas, peuvent ainsi vivre confortablement dans leur monde de rêve jusqu’à ce qu’une crise éclate et les obligent à prendre conscience de ce qui va mal. Enfin, nous croiserons également les «climato-insouciants» qui se distinguent des négationnistes par le fait qu’ils savent et ne nient pas l’évidence, mais qu’ils choisissent de ne pas «s’en faire avec ça» voire carrément de s’en foutre. Il s’agit des égocentriques égoïstes qui ne veulent pas développer leur conscience personnelle, collective et politique parce qu’ils souffriraient d’être parfois angoissés. Ce sont ceux qu’on dit de «mauvaise foi», suivant Jean-Paul Sartre, parce qu’ils fuient le sentiment de responsabilité qui va de pair avec la liberté.

    Marc Therrien

    • Cyril Dionne - Abonné 3 juillet 2019 11 h 27

      Vous ne pouviez pas vous empêcher de citer un philosophe mort et enterré qui bonifiait l'Union soviétique de Staline de paradis sur terre. Il disait entre autre, le 15 juillet 1954 : « Le citoyen soviétique possède, à mon avis, une entière liberté de critique » dans cette Russie de Staline, Soljenitsyne et goulags obligent.

      En passant, quelles sont vos solutions pratiques pour la crise climatique sans citer aucun philosophe mort et enterré?

    • Christian Roy - Abonné 3 juillet 2019 16 h 08

      @ M. Dionne,

      L'humanité peut servilement se mettre à genoux devant les pays de l'OPEP et...

      les Américains peuvent élirent à nouveau un ouran outang comme président de leur pays...

      If You Can't Beat Them Join Them !

      Voilà La solution pratique...

    • Marc Therrien - Abonné 3 juillet 2019 18 h 13

      Je ne sais pas si un comportement de consommation pleinement conscient de ses conséquences et orienté vers une réduction de son empreinte écologique est une solution suffisamment pratique pour vous. Dans la communauté des êtres conscients qui savent que chacun ne peut exister sans l’autre et qu’ils ne peuvent être libres sans être en même temps être responsables de leurs actes, il est bon de pouvoir compter sur des personnes réalistes, pragmatiques et conscientes de leurs limites et de celles des autres. Ces personnes, conscientes qu’à l’impossible nul n’est tenu, mais qu’au possible tous sont conviés, se situent à mi-chemin entre les terribles simplificateurs qui ne voient pas les problèmes où il y en a et les utopistes qui voient des solutions là où il n’y en a pas. Pour le reste, il est vrai que l’existentialisme radical de Sartre peut être repoussant pour quiconque éprouve que la peur du néant impose une limite à sa responsabilité d'être libre.

      Marc Therrien

    • Cyril Dionne - Abonné 3 juillet 2019 20 h 34

      Vous auriez pu dire en quelques mots seulement, que vous cautionniez, tout comme Sartre, le système répressif qu'était la Russie de Staline. Pour le reste, c'est du vent qui souffle sur la tempête parfaite des changements climatiques qui est en train de se préparer. Misère.

    • Marc Therrien - Abonné 3 juillet 2019 22 h 18

      M. Dionne,

      Une simple phrase de quelques mots pour vous exprimer que le fait que j'aime la philosophie me permet d'apprécier en toute jovialité votre mauvaise foi et vos détournements de propos.

      Marc Therrien

    • Cyril Dionne - Abonné 3 juillet 2019 23 h 59

      Bonne réponse M. Therrien. Je serai un peu plus gentil avec vous la prochaine fois.

  • Cyril Dionne - Abonné 3 juillet 2019 07 h 21

    Quelles sont vos solutions

    Est-ce que les amis du collectif La planète s’invite à l’université sont allergiques aux statistiques? Les adultes et les politiciens mentent, mais non pas les chiffres pour ceux qui savent les comprendre.

    Bon. Commençons. Le Québec, c’est 0,1% des GES mondiaux (78 Mt) avec 0,1% de la population mondiale. Le Canada, c’est 719 Mt de GES sur 48 000 Mt des GES mondiaux en 2019 avec seulement 0,5% de la population mondiale. La Saskatchewan et l’Alberta produisent 12 fois le nombre de GES par habitant que le Québec. Avec l’annonce de nouveaux pipelines, le Canada augmentera sa production de GES et sera près de 800 Mt par 2030 et probablement plus.

    Bon, maintenant, allez coucher les enfants parce que cela risque de devenir très lait. La production de GES augmente au rythme de presque 3% par année dans le monde. La Chine a augmenté sa production de GES par 40% depuis l’an 2 000. Elle produira plus de 16 000 Mt par 2030, soit une augmentation de 18%. Sa production a augmenté de 4,7% juste en 2018. Pour l’Inde, c’est 6,3% et 3 133 Mt en 2018. On pourrait continuer et on n’a pas encore parlé de la pollution du méthane, de l’oxyde nitreux (N20) et des hydrofluorocarbures. Aucune mention encore de la destruction des écosystèmes marins et terrestres par l’étalement urbain.

    Bon. Maintenant la surpopulation. Nous étions 3,7 milliards 1970 et maintenant nous sommes 7,7 milliards d’humains. C’est plus que le double en moins de 50 ans. La population de l’Afrique doublera d’ici 2050 tout comme pour Haïti. Nous serons 10 milliards en 2050.

    Enfin, comme disent nos amis Anglo-Saxons comme Doug Ford, « you’re barking at the wrong tree ». Notre pauvre petit 78 Mt sur 48 000 Mt de GES fait pitié et même si on diminuait de moitié au Québec, cela ne ferait aucune différence sauf que pour nous, la simplicité volontaire involontaire des pays du tiers monde deviendrait notre réalité. Si vous voulez partir en croisade, vous vous trompez tout simplement de pays.

    • Hélène Paulette - Abonnée 3 juillet 2019 10 h 13

      Non elle ne se trompe pas de pays, car si le Québec saississait l'opportunité nous deviendrions un leader en énergie verte... Pour ça, bien sûr il faut dès maintenant changer de cap.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 juillet 2019 10 h 49

      Et c'est bien « lait » comme en québécisant le mot « laid ».

    • Bernard Plante - Abonné 3 juillet 2019 13 h 29

      M. Dionne, combien la consommation de biens au Québec participe-t-elle à la pollution mondiale selon vous?

      Facile de se déculpabiliser pour justifier de ne rien faire lorsqu'on sait que la cause de la pollution dans d'autres pays (tels la Chine) est directement liée au fait que ces pays agissent comme manufacture mondiale pour produire les biens consommés dans les pays dont nous faisons partie.

      C'est beau les chiffres mais il faut voir au-delà du bout de notre nez. Alors oui, agir au Québec peut avoir un impact. Ce sera au moins ça de pris.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 juillet 2019 14 h 35

      Chère Mme Paulette, le Québec est déjà un leader en énergie verte. Nous produisons l'équivalent de la Norvège en GES par capita (8 tonnes). La Chine en produit plus par habitant (9 tonnes) et ils sont 1,4 milliards. Mais la Norvège exporte du pétrole afin que les autres pays consommateurs l'utilisent et qu'ils soient responsables de l'émission des GES. Quelle astuce tout en devenant un des pays les riches du monde avec un fond du patrimoine evalué au bas mot mot, à plus de 1 000 milliards $ US. La population de la Norvège est de 5,2 millions d’âmes.

      Et M. Plante, de quel impact parlez-vous au niveau de la consommation de biens? Il est ni plus ni moins au Québec qu'il ne l'est au Canada, et certainement moins qu'aux États-Unis, en fait, dans tous les pays industrialisés, riches et démocratiques. Et si on produisait nos propres biens de consommation? Nul besoin qu’ils soient créés dans des industries chinoises qui ne respectent pas l'écologie, les travailleurs et on n’aurait pas à les mettre sur des containers pour qu’ils parcourent la moitié de la planète. On pourrait ainsi créer des emplois chez nous qui assureraient une dignité socioéconomique aux travailleurs.

    • Christian Roy - Abonné 3 juillet 2019 16 h 16

      @ M. Dionne,

      Il faut revenir aux paroles de sagesse de la chanteuse Mitsou:

      "Non non non c'est pas ça
      Non non non c'est pas comme ça
      Non non non c'est pas comme ça
      Qu'on fait l'amour
      Regarde les Chinois"

      En fait, ils sont trop forts les Chinois... au lit et au dépotoir.

    • Raymond Labelle - Abonné 4 juillet 2019 00 h 32

      Le Québec a une capacité hydroélectrique que d'autres pays ne peuvent avoir et pour qui il est plus difficile de ne pas produire l'électricité avec des hydrocarbures ou du nucléaire (qui n'est pas de l'hyrocarbure d'ailleurs). En termes plus crus, disons qu'on est un peu mar*eux quant à cet aspect et qu'il ne faut pas s'en attribuer trop de vertus.

      Mais au-delà de ceci, beaucoup reste à faire au Québec en matière de transport des transports des personnes et des biens par exemple ou en matière d'aménagement urbain et du territoire (pour diminuer l'étalement urbain). Entre autres parmi plusieurs choses.

    • Raymond Labelle - Abonné 4 juillet 2019 00 h 42

      Accordons à la Chine d'avoir adopté de façon efficace une politique stricte de limitation de la reproduction et ce, depuis quelques décennies déjà. Comme c'est le pays le plus populeux, ça aide.

      Par ailleurs, à pas si long terme, la Chine devra faire quelque chose pour elle-même quant à ses émissions de GES, en ce que ceux-ci y deviennent un sérieux problème de santé publique - à cause de la pollution atmosphérique.

      On oublie trop que les gaz à effet de serre causent aussi de sérieux problèmes de pollution atmosphérique qui, même s'il ne causaient pas d'effet de serre, sont très nocifs.

    • Raymond Labelle - Abonné 4 juillet 2019 00 h 49

      L'une des choses qui pourrait le plus nuire à l'espèce est le refus de coopérer quand chaque entité (individu, État, organisation) en invoquant que les autres que soi doivent faire quelque chose.

      De cette façon, personne ne fait rien. Et on nuit sérieusement à l'espèce dans son ensemble.

      Si c'est bien ce genre d'esprit qui prend le dessus, nous sommes en effet cuits.

      Mais bon, on devrait au moins essayer de donner l'exemple et d'encourager d'aller dans l'autre direction. Au cas où ça aiderait assez.

    • Raymond Labelle - Abonné 4 juillet 2019 13 h 55

      Une autre grande contribution de la Chine à la lutte contre la surpopulation : Le « grand bond en avant ». Ce programme de collectivisation forcée de l’agriculture a créé une famine qui aurait causé la mort de entre 30 et 55 millions de personnes, selon les historiens. 45 millions est à peu près le nombre de morts totales attribuables à la deuxième guerre mondiale.

      Saluons cette contribution du Grand Timonier Mao Zedong au bien-être de l’humanité.

      Détails : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Bond_en_avant#Nombre_de_victimes

    • Raymond Labelle - Abonné 4 juillet 2019 14 h 08

      M. Dubitski, dans son intervention du 4 juillet 2019 10 h 50, mentionne que la Chine a une politique de remplacement des usines de production d'électricité au charbon très active. "Alors que le charbon représentait 80% des sources d’énergie électrique de la Chine en 2011, il est tombé à 60% de la part de l’énergie en 2017 et devrait baisser à 40% d’ici 2030." C'est que la pollution atmosphérique est devenu un sérieux problème de santé publique en Chine.

  • Bernard LEIFFET - Abonné 3 juillet 2019 07 h 25

    Ce n'est pas la pensée magique qui sauvera la planète!

    Comme l'indique Madame Léa Ilardo, c'est ensemble qu'il faut intervenir et agir pour mettre au pas tous ceux et celles qui se foutent carrémement de l'environnement et de l'avenir de la vie sur terre! Vivant en région éloignée, mon épouse fait son jardin sans produit toxique pour éliminer les mauvaises herbes et fait pousser des plantes pour avoir une bonne quantité d'abeilles, sans oublier nos arbres fruitiers à usage personnel. De mon côté, depuis une dizaine d'années, j'ai entrepris de défricher notre terrain (nous sommes retraités depuis 15 ans) pour en faire une chênaie (chênes rouges, des marais, blancs et bicolores pour la diversification), bref, tous des feuillus lesquels sont meilleurs que les coniféres en certaines circonstances (ex : feu de forêt, etc..). Notre action est bien modeste mais d'autres personnes peuvent aussi participer, à leur façon au bien-être de la Terre...

    • Christian Roy - Abonné 3 juillet 2019 16 h 22

      Tel l'Homme qui plantait des arbres vous restorer la vie, cultiver le jardin et laisserai en héritage les fruits de votre action. Merci de nous éclairer de votre sagesse qui n'est pas inhibée par la dimension colossale de la mission de chacun.

      Heureux de savoir que les Chinois ne vous intimident pas.

  • Claude Bariteau - Abonné 3 juillet 2019 08 h 22

    La page blanche est moins blanche. Plusieurs pays ont commencé à écrire sur cette page et les chercheurs du monde entier dictent des phrases complètes en plus de nombreuses personnes partout sur terre qui s'investissent déjà.

    Le problème et l'angoisse demeureront tant qu'il n'y aura pas un engagement ferme de pays pour sortir de l'économie prétrolière en investissant dans une autre économie et, ce faisant, à couper les ponts avec les pays, tels le Canada, la Russie, les États-Unis, le Vénézuela, l'Arabie saoudite, l'Irak, etc.