Le désordre dans l’ordre international

Donald Trump est le parfait représentant de cette puissance moins sûre de sa domination, au comportement brouillon et imprévisible.
Photo: Susan Walsh Associated Press Donald Trump est le parfait représentant de cette puissance moins sûre de sa domination, au comportement brouillon et imprévisible.

D’ordinaire, la contestation du statu quo international vient de la gauche, partisane du changement. Il fut un temps où libéraux et démocrates remettaient en question le système aristocratique, dynastique et antinational restauré au début du XIXe siècle. Plus tard, socialistes, puis communistes s’opposaient à l’ordre bourgeois, oligarchique et impérialiste. En face, les élites, quelles qu’elles soient, tendent à défendre l’ordre établi, lequel leur est avantageux. Plus maintenant. Notre époque est celle de la déstabilisation de l’ordre international par le sommet.

Alors que l’internationalisme a été l’apanage de la gauche, les élites soutenaient les États qu’elles régentaient dans leur intérêt. Plus maintenant. Les couches supérieures se sont métamorphosées en laudatrices d’un internationalisme vecteur du marché, rabaissant États et nations au statut d’oripeaux abandonnés aux couches sociales en déclin.

Quel est le perturbateur no 1 de la stabilité internationale ? Sans contredit et sans dissimulation les États-Unis. Censée être le garant et le pilier de l’ordre international, la première puissance fomente sans relâche heurts et conflits urbi et orbi : Afghanistan, Irak, Syrie, Yémen, Iran, Ukraine, frontière occidentale de la Russie, Venezuela, Cuba, péninsule coréenne, mer de Chine, traité nucléaire INF, accords économiques, « sanctions » (embargos-blocus) à tout va. Pyromane, elle essaie d’allumer la mèche au Liban. En Palestine, elle jette de l’huile sur le feu attisé par son protégé israélien, occupant de territoires qui ne lui appartiennent pas. Du droit international, elle n’en a cure, décomplexée en la matière par Israël, hors-la-loi avéré et champion du mépris de la légalité. Revendiquant l’impunité, les deux se sont rendus non justiciables de la CPI.

En face des États-Unis se retrouvent des pays accaparés par l’effort de rescaper ce qui peut l’être de l’ordre établi, du droit et des règles de conduite propres à un système international. Pourquoi les États-Unis cherchent-ils noise aux autres et s’invitent-ils chez eux ? Comment expliquer que la puissance dominante soit déstabilisatrice d’un statu quo dont elle a tiré parti, et que les moins favorisés défendent sa stabilité ?

Une hégémonie à l’avenir incertain

La raison réside dans l’évolution du cours de l’histoire récente. Depuis la fin de la Première Guerre mondiale, les États-Unis prônent un ordre libéral propice au capitalisme et de nature à leur assurer la primauté. Si, durant la Seconde Guerre mondiale, les impérialismes européens ont l’heureuse idée de faciliter la tâche des États-Unis en s’éliminant mutuellement, l’URSS émerge comme un obstacle de taille aux visées américaines. En 1991, le démantèlement de l’URSS et l’unipolarité font penser que le monde entier serait enfin à la disposition des États-Unis. La « fin de l’histoire » est doctement déclarée atteinte, et le « siècle américain » célébré avec pompe. Les États-Unis parrainent une mondialisation et un multilatéralisme factice qui font d’eux les maîtres de l’univers. Des démonstrations de force aux dépens de pays diabolisés (« États voyous », « Axe du mal ») devaient avoir valeur d’exemples pour venir à bout des récalcitrants.

Or, tout se fissure en moins d’un quart de siècle. D’abord, l’inefficacité de la puissance militaire américaine et l’incapacité à s’imposer par la force apparaissent au grand jour. Malgré les colossaux moyens déployés, aucune guerre américaine n’atteint les objectifs fixés. Quincaillerie futuriste et budgets démentiels ne mènent pas à des résultats tangibles. Entre-temps, comme un phénix, la Russie renaît de ses cendres, restaure son État déliquescent et reprend un rôle international à sa mesure. Amère surprise pour ceux qui avaient vite fait de l’ajouter à la catégorie des néocolonies aux ordres. Pour sa part, la Chine tire son épingle du jeu d’une mondialisation conçue pour profiter aux États-Unis. Elle a l’outrecuidance de trop bien réussir et de ne pas agir en subordonnée. Enfin, la bulle du mondialisme néolibéral éclate en 2008, laissant les États-Unis sans projet utilisable comme semblant de justification à leur prétention au « leadership ».

Affaiblir les autres

La mondialisation néolibérale tourne moins à l’avantage des États-Unis, le monde va à contresens de leur hégémonie et l’internationalisme d’en haut soulève des résistances. Sans perspectives à offrir pour obtenir des ralliements, leur stratégie se résume à nuire et à menacer pour réaffirmer leur prédominance. Ils ne prennent même plus la peine de vanter les bienfaits d’un monde américanocentré. Dépourvue de toute parure, cette politique est purement négative : agir en fauteurs de trouble semant le désordre dans un ordre international qui leur échappe afin de déséquilibrer tant rivaux qu’alliés et retarder leur émergence. Puissance moins sûre de sa domination, son comportement est brouillon et imprévisible. Dans son simplisme de personnage de bande dessinée, dans ses postures de matamore, Trump en est le parfait représentant.

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11 commentaires
  • Gylles Sauriol - Abonné 28 juin 2019 09 h 13

    Et la suite ....?

    Merci pour cette fresque bien décrite de la situation. Votre propos est sans aucun doute partagé par bon nombre de personnes auxquelles d’aill je me rallie sans retenue .

    Il eut été intéressant de vous lire sur la suite que vous entrevoyez à la situation que vous décrivez. Tant d’instabilité et d’improvisation laissent place à tant de dénouements possibles....

  • Cyril Dionne - Abonné 28 juin 2019 10 h 22

    Il faudrait plus de perturbateur no 1 de la stabilité internationale

    Le perturbateur no 1 de la stabilité internationale? Les États-Unis avec un président pragmatique n’a envahi aucun pays, n’a commencé aucune guerre et en fait, retourne les troupes américaines au bercail des conflits de guerres civiles qui n’ont pas de fin, Afghanistan, Irak, Syrie, Yémen, Iran, Ukraine, frontière occidentale de la Russie, Venezuela, Cuba, péninsule coréenne et mer de Chine obligent. Si c’est cela d’être le perturbateur no 1 de la stabilité internationale, eh bien il en faudrait plus.

    Le conflit en Palestine dure depuis la nuit des temps et l’administration Trump a tranché. Finalement, nous avons la paix dans ce coin du monde. Que font les groupes terroristes de la Palestine comme le Hamas, le gouvernement élu, du droit international? Rien à part violence et désolation. La Russie ne renaît pas de ses cendres et c’est un pays qui fluctue selon le prix du baril de pétrole. C’est la dictature chinoise qui est à craindre et qui impose une mondialisation agressive en dépossédant et envahissant les nations du monde avec leur avantage marqué des marchés. Le terrorisme mercantile chinois est la plus grande menace mondiale.

    Les Américains ont élu un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Ils ne veulent plus faire la police du monde et payer pour les autres. En fait, c’est le retour de l’exceptionnalisme américain et du rêve américain, versions intérieures, qui profiteront à tous leurs citoyens, pas ceux du reste du monde. Les tarifs minent les accords de libre-échange et encourage la réciprocité commerciale, font travailler l’américain moyen et font augmenter les salaires. En fait, ce sont maintenant des accords bilatéraux. Ce que nous voyons avec cette administration, c’est la fin du mondialisme et des accords de libre-échange qui n’ont profité qu’aux 1% de ce monde. Et grand merci, il était temps.

    • Gilbert Troutet - Abonné 28 juin 2019 13 h 40

      Un peu simple, pour ce pas dire simpliste, comme explication. Quand Donald Trump peut se permettre, à la tribune des Nations-Unies, d'envisager l'anéantissement d'un pays (la Corée du Nord), il faut bien parler de facteur de trouble. Il a répété la même menace cette semaine, à mots couverts, au sujet de l'Iran. C'est aussi le gouvernement américain qui équipe l'Arabie saoudite (et pas seulement lui) pour bombarder le Yémen. L'étranglement de l'économie vénézuelienne a commencé déjà sous Obama, elle n'a cessé de s'intensifier depuis l'arrivée de Donald Trump.

      Je vous accorde que, depuis 2016, l'armée US n'a envahi aucun pays. Mais le gouvernement américain se permet d'imposer des sanctions à tout gouvernement qui n'a pas l'heur de lui plaire et les menaces d'intervention militaire sont bien présentes, par exemple au Venezuela. En ce sens. M. Samir Saul a tout à fait raison : les États-Unis restent le perturbateur numéro 1 de la stabilité internationale.

    • Robert Bernier - Abonné 28 juin 2019 14 h 10

      La pax Trumpana?

      Ce qui se passe au Yemen est en grande partie dû à l'Arabie Saoudite, bénie par Trump. Ce qui risque d'éclater en Iran est totalement dû à Trump qui a renié un accord dont tous les pays disaient qu'il était respecté par l'Iran. Pourquoi Trump a-t-il fait ça? Pour ses alliés inconditionnels, Arabie et Israël. La paix en Palestine, vous croyez vraiment? Depuis que Trump a adoubé son ami Netanyahou, celui-ci a carte blanche pour finir d'écraser un peuple dans l'apathie générale: vous croyez vraiment que de cet état de fait il sortira une paix?

      Et, sur le plan économique, les guerres économiques lancées par Trump contre tous, vous croyez vraiment que c'est un élément de stabilité pour le monde? Quant aux "accords de libre-échange qui n’ont profité qu’aux 1% de ce monde" selon vos dires, vous avez oublié le fait que le Canada et le Québec ne sont jamais porté aussi bien que depuis l'accord signé d'abord entre Mulroney et Reagan. Vous croyez vraiment que les emplos aux USA, au Canada et au Québec ne sont pas menacés à chaque fois que Trump renie les engagements qui étaient dans ces accords?

      Et son retrait de l'Accord de Paris, qui a donné à tous les autres pays la permission morale de se désengager de ses responsabilités, vous croyez vraiment que c'est un gain pour l'avenir du monde?

    • Cyril Dionne - Abonné 28 juin 2019 16 h 38

      @Gilbert Troutet

      Oui, Trump parle beaucoup d'anéantissement, de menaces ou de guerre, mais en a causé ou agit sur aucun. Et il n'y aura aucune guerre, n’envahira aucun pays et n’y aura aucun anéantissement. Cela fait parti de sa rhétorique. Mais que dire de ses prédécesseurs? Barack Obama faisait assassiner ses ennemis à l’aide de drones, victimes collatérales incluses et on lui a décerné le prix Nobel de la paix. Misère. Pardieu, vous n'avez encore rien compris.

      @Robert Bernier

      Ce qui se passe au Yémen, se passait bien avant l'arrivée de Trump. Il se fout bien des autres pays et n'impliquera aucun soldat américain dans ces guerres civiles entre les chiites et les sunnites aussi futiles les unes aux autres. Combien de terroristes juifs ont commis des actes contre nous? Combien de terroristes islamistes ont semé mort et destruction partout dans le monde? L'EI est responsable de l'assassinat de plus de 150 000 personnes en moins de 3 ans. C'est cela la définition d'un génocide, pas celui de l’enquête sur les femmes et filles autochtones disparues ou assassinées qui n’a pas enquêter sur les femmes et filles autochtones disparues ou assassinées et qui nous a coûté 92 millions.

      Au niveau économique, pourquoi les USA devraient-ils être responsables de la stabilité économique des autres? Au Québec comme au Canada, les bons emplois rétrécissent comme une peau de chagrin à cause justement de ces accords de libre-échange et de la 4e révolution industrielle. Où étiez-vous durant les deux dernières décades?

      Pour l'Accord de Paris, quelle est la différence entre dire qu'on va diminuer ses émissions de GES alors qu'on les augmente comme fait le Canada, pipelines obligent? Idem pour la Chine, elle qui augmentera ses émissions de C02 par 30% d'ici 2030 (16 000 Mt). Aussi bien être moins hypocrite, ne pensez-vous pas?

    • Robert Bernier - Abonné 28 juin 2019 23 h 30

      @Cyril Dionne

      Vous écrivez: "Combien de terroristes juifs ont commis des actes contre nous? Combien de terroristes islamistes ont semé mort et destruction partout dans le monde?" Voilà une excellente question. Je considère quant à moi que le terrorisme que nous vivons actuellement résulte du fait que rien, depuis le passage de Arafat à l'ONU avec son pistolet et sa branche d'olivier, rien donc n'a été fait pour que le monde arabe puisse espérer que justice lui soit rendue. Le monde entier assiste à genou, et dans le déni, à une injustice sans bornes. Tout le terrorisme des 60-70 dernières années découle de là et vous avez bien raison de les ramener ensemble, terroristes juifs et terroristes arabes ou maintenant islamistes, mais vous vous trompez lourdement de coupables. Tout comme le fait le peuple américain d'ailleurs, qui ne cesse de perdre hommes et fortunes depuis. Et ce qu'a fait Trump en baisant les pieds de Netanyahou, c'est embrasser l'injustice et justifier le désespoir.

      Quant à l'Accord de Paris, "hypocrisie dites-vous", et vous n'avez sans doute pas tout à fait tort. Mais les pays s'étaient engagés, avaient suivi l'engagement de Obama et Xi Jinping. Ils se sont fait donner la permission de renier leurs engagements par ce lâcheur de Trump.

      Sur le plan économique, quand vous écrivez "Au Québec comme au Canada, les bons emplois rétrécissent comme une peau de chagrin à cause justement de ces accords de libre-échange et de la 4e révolution industrielle. Où étiez-vous durant les deux dernières décades?", vous avez tout faux encore. Consultez n'importe quelle analyse scientifique sur ce thème et vous serez obligé de revenir sur vos idées. Moi aussi j'ai eu peur lors de cette élection-referendum sur le libre-échange durant les années Mulroney, moi aussi j'ai voté contre, mais j'ai eu -et vous devriez avoir- l'honnêteté de suivre la réalité depuis.

      Ce type,Trump, j'en suis convaincu, sera vu plus tard comme le pire hoquet de la fin d'une époque.

    • Cyril Dionne - Abonné 29 juin 2019 07 h 45

      M. Bernier,

      Vous prenez des raccourcis intellectuels. Tout le terrorisme des 60-70 dernières années ne découle pas de là. En fait, la plupart des pays arabes se foutent bien des Palestiniens et leur cause. Non, c'est plutôt la victoire des moudjahidines d’Afghanistan dans la fin des années 80 avec son bailleur de fonds, Oussama ben Laden, qui sont responsables du terrorisme islamiste qu’on entrevoit aujourd’hui. Évidemment, sans l’aide américaine, les Russes auraient continué d’écraser les Afghans. Les islamistes s’en sont sortis confiant pensant que c’était eux qui avaient battu l’Union soviétique.

      Pour l’Accord de Paris, en 2008, l’année où Obama a été élu, les Américains étaient responsables de plus de 7 161 Mt de C02. À la fin de son deuxième mandat en 2016, c’était de l’ordre de 6 492 Mt. Aujourd’hui, il se situe 6 579, soit une différence de 87 Mt ou 1%. La population américaine a augmenté de 1% depuis 2016 à aujourd’hui. Pour la Chine, elle produisait en 2015, plus de 12 703 Mt. Aujourd’hui, c’est 13 723 Mt, soit une augmentation de plus de 1 020 Mt. Cette augmentation représente 12 fois la production annuelle du Québec. Il est estimé que la Chine dépassera les 16 000 Mt de GES en 2030. Les faits sont toujours tenaces M. Bernier.

      Pour l’économie québécoise, vous avez tort. Depuis le libre-échange de Mulroney, la délocalisation et la mondialisation ont diminué le nombre d’emplois qui assurent une dignité socioéconomique et les salaires si on tient compte de l’inflation. Pourquoi pensez-vous aujourd’hui que les jeunes travaillent presque tous à contrat ou à la pige? C’est beau de dire que le nombre de bons emplois a augmenté, mais celui-ci n’a pas suivi, proportionnellement, l’augmentation de la population. Et à l’époque du libre-échange de Mulroney, c’était vraiment un accord commercial bilatéral avec les USA. Maintenant, nous avons le Mexique dans cette équation depuis 1994.

  • Robert Bernier - Abonné 28 juin 2019 12 h 17

    Et le déclin économique et financier

    Vous avez oublié un détail qui n'en est plus un. Les USA se dirigent vers une faillite économique. Ils ont encore la chance que les autres pays aient encore une part non négligeable de leur richesse en dollars US: qui, donc, voudrait déstabiliser la monnaie américaine se blesserait lui-même. Cependant, est-ce que tous les pays croient encore que les USA pourront toujours rembourser leur dette? Le jour viendra où le calcul des risques se retournera contre les USA. Et les milliers de milliards dépensés en armements au fil des dernières décennies pèseront lourd.

  • Hélène Paulette - Abonnée 28 juin 2019 14 h 05

    merci monsieur Saul pour cette analyse...

    Il faut que le Canada se distancie des USA en se retirant des ententes conclues après le 11/09/01 et en cessant d'appuyer aveuglément les sanctions américaines. P.E.Trudeau ni même J.Chrétien n'ont pas obéi aux ultimatums et préservé la souveraineté canadiienne. Cette soumission inconditionnelle de nos gouvernements, sous prétexte économique, est à courte vue et dangeureuse, surtout au moment où le gouvernement Trump se radicalise.

    • Pierre Fortin - Abonné 28 juin 2019 17 h 28

      Madame Paulette,

      La soumission du Canada dont vous parlez est en effet répugnante. Justin Trudeau et Chrystia Freeland ont livré le pays aux désirs du gouvernement US au détriment des intérêts du Canada. Les exemples sont nombreux : les ventes d'armes privées occultes à l'Ukraine, l'article 32.10 de l'AEUMC et la participation active et obscure aux coups portés contre le Venezuela.

      Le fait d'avoir agréé si facilement à la demande US de procéder à l'arrestation de Mme Meng Wanzhou, en plaçant le pays directement sous le feu de la Chine, peut être considéré comme une abdication de souveraineté, consentie par ignorance ou pour d'autres raisons inavouables. Le dernier voyage de Justin Trudeau à Washington afin de réclamer l'aide bienveillante du patron Trump pour intercéder auprès de la Chine donne la mesure de la soummission de Justin Trudeau.

      Et on risque fort de déchanter à mesure que la vérité se fait sur l'aventure vénézuélienne alors que tout n'est pas conforme à la version qu'on nous a servie. C'est que le Canada a activement participé, dans l'ombre, à déloger un régime qui ne lui plaît pas. Le rapport de Jeffrey Sachs et Mark Weisbrot (1) du Center for Economic and Policy Research (Avril 2019) est catégorique sur les conséquences : « We find that the sanctions have inflicted, and increasingly inflict, very serious harm to human life and health, including an estimated more than 40,000 deaths from 2017–2018 ».

      Il y a aussi les fuites de documents obtenus des services de renseignements colombiens, dans le cadre d’une enquête en cours, qui révèlent le détournement de dizaines de milliers de dollars destinés à l’aide humanitaire par l'équipe de Juan Guaidó (2).

      Qu'apprendrons-nous encore et que faisons-nous dans ce foutoir ?

      (1) http://cepr.net/publications/reports/economic-sanc
      (2) http://www.entelekheia.fr/2019/06/25/venezuela-com

  • Michel Lebel - Abonné 28 juin 2019 16 h 48

    À la dérive

    Le monde a un urgent besoin de grands leaders, mais ils ne sont pas au rendez-vous. Le monde est à la dérive. Tout ce qu'on peut espérer, c'est que le choses changent pour le mieux bientôt. Ce qui est loin d'être sûr! L'urgence est tellement évidente. Pour un croyant, il restera toujours la prière. Justice et pâix.

    M.L.