La nouvelle fracturation sociale

Tout se passe comme si, écrasés sous le poids du système économico-technique trop puissant, les individus étaient maintenant incapables d’exprimer leurs ressentiments profonds sans l’intermédiaire de groupes revendicateurs, observe l'auteur.
Photo: François Guillot Agence France-Presse Tout se passe comme si, écrasés sous le poids du système économico-technique trop puissant, les individus étaient maintenant incapables d’exprimer leurs ressentiments profonds sans l’intermédiaire de groupes revendicateurs, observe l'auteur.

Il semble que de larges pans de nos sociétés se retrouvent maintenant dans un no man’s land difficilement compréhensible rationnellement. Ce qui se passe en France avec les gilets jaunes en est un bon exemple.

Objectivement pourtant, tout devrait être d’une extrême simplicité : étant donné la mondialisation des marchés, les tensions politiques devraient simplement être réduites à des considérations économiques.

Il n’y a pas si longtemps, la population se sécurisait en se disant membres d’une grande classe moyenne. Ainsi, personne ne se sentait exclu du système économico-technique, un système puissant qui se présente pour la plupart d’entre nous comme le garant de notre santé et de notre bonheur sur terre…

Mais il est clair d’ores et déjà qu’une grande partie de la population a été exclue de ce trop beau système : nos centres-villes inhabités et nos banlieues surpeuplées en sont l’éloquent témoignage.

Confinés et isolés faute d’une vie citoyenne conviviale, beaucoup d’individus s’enferment alors, par le truchement des médias sociaux, dans des groupes marginaux : ils forment alors des minorités socioculturelles particulières, minorités auxquelles ils s’identifient avec enthousiasme. Celles-ci ont pour mission d’asseoir et de défendre leurs identités. Elles sont de différentes natures : ethniques, religieuses, d’orientations sexuelles ou autres.

Mais ces nouvelles minorités, de par leur caractère bien spécifique, s’opposent à l’ensemble, favorisant ainsi une certaine paranoïa sociétale. Un peu comme si les individus, écrasés sous le poids du système économico-technique trop puissant, étaient maintenant incapables d’exprimer leurs ressentiments profonds sans l’intermédiaire de groupes revendicateurs.

Fanatisme obsessionnel

On comprendra que cet ultime recours crée un dangereux précédent. En effet, ces nouvelles entités socioculturelles agissantes, fonctionnant le plus souvent à contre-courant, sont portées à exacerber leur identité, ce qui, dans certains cas, dégénère en un fanatisme obsessionnel. Les exemples d’une pareille attitude ne manquent pas aujourd’hui : groupes antiavortement ou pro-choix, groupes favorables au port du voile ou carrément contre, groupes pro-environnement ou partisans du développement économique à tout prix, autant de groupes défendant farouchement leur point de vue envers et contre tous !

L’essor de tous ces groupes ne favorise en rien le développement démocratique. Car les débats qui s’y passent n’ont jamais lieu, comme on pourrait s’y attendre, sur la place publique, mais à travers les médias sociaux entre membres initiés, soit en marge de l’ensemble de la société.

Évidemment, certains pourraient rétorquer que ces minorités forment une culture marginale ou ce que l’on pourrait appeler une contre-culture, ce qui en soi pourrait être valable. Ceux-ci pourraient même ajouter que, devant une culture générale qui, d’année en année, s’est vue dépossédée d’éléments consensuels structurants, cette contre-culture extra-muros constitue le seul lien social encore valable.

Cependant, l’expansion rapide de ces groupes de pression mine la possibilité d’une vie en société normale, car il n’existe plus, comme autrefois, d’appartenance culturelle collective suffisamment forte permettant d’absorber positivement ces nombreuses marginalités en pleine expansion.

Le développement tous azimuts de celles-ci favorise plutôt l’antagonisme social et enferme la population dans un mode presque schizophrénique : nous nous retrouvons en effet coincés à choisir entre, d’une part, une appartenance idéologique à un de ces groupes à caractère plus ou moins totalitaire et, d’autre part, un laisser-aller débonnaire à la consommation.

Nos espoirs, nos désirs et nos pensées profondes sont en réalité incompatibles avec cet univers disloqué fait de totalitarismes idéologiques, un univers où nous sommes condamnés à n’être que des agents revendicateurs radicaux. On comprendra également que, dans un contexte aussi étroit, la haine s’installe facilement entre factions adverses…

Ces nouvelles entités favorisent en effet une nette fracturation sociale et, éventuellement, comme on l’a vu en France, la désobéissance civile et le recours à la violence.

Notons comment, chez nous, l’adoption par le gouvernement du Québec d’une loi comme la loi 21, en exacerbant les esprits, contraint les citoyens à se réfugier, de part et d’autre, dans des groupes revendicateurs au caractère totalitaire. Ce qui vient malheureusement miner toute possibilité de cohésion sociale.

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20 commentaires
  • Raymond Labelle - Abonné 15 juin 2019 00 h 44

    Chacun sa petite identité (imaginaire our réelle?), son petit intérêt... son refuge...

    ...et au diable le bien commun.

    Et au diable penser en fonction de l'ensemble de la société, de plus grand que soi, de plus grand que le groupe (réel ou imaginaire) auquel on s'identifie.

    • Cyril Dionne - Abonné 15 juin 2019 07 h 12

      Bien d’accord avec vous M. Labelle.

      L'auteur ne devrait pas tout mêlé. Pour les gilets jaunes en France, ce n’est pas un groupuscule, mais bien la masse de la classe moyenne qu’on écrase. En fait, c’est la même majorité qu’on retrouve partout incluant les USA.

      Si nos centres-villes sont inhabités et nos banlieues surpeuplées, c’est la cité est qui devenue disparate au point de vue socioéconomique et socioculturelle. Le centre-ville est maintenant devenu l’affaire des biens nantis, oui ceux qui votent pour tous les Clinton et Trudeau de ce monde. Avec leur café au lait à 15 dollars la portion, ils réinventent le monde en le sirotant tandis que des mendiants leurs demandent l’aumône. Juxtaposé dans un communautarisme malsain, la masse immigrante qui n’a jamais voulu s’intégrer et adopter les valeurs du pays qu’ils avaient pourtant librement choisi, ces nouvelles minorités sont aussi nombreuses avec leurs accommodements déraisonnables que le nombre d’atomes sur le tableau périodique. C’est la Tour de Babel, version 2019. Et tout le monde est surpris lorsque les gens ordinaires disent non et utilisent des moyens radicaux comme élire des gens comme Donald Trump pour faire savoir leur mécontentement.

      Le culte de l’individualisme où la notion de pays, de nation et de peuple sont écrasés dans ce moulin à viande qu’on appelle communément le multiculturalisme ou l’état postnationale. Vouloir aplatir les différences n’a pas conduit à une harmonisation sociétale, mais plutôt à un hyper-individualisme basé sur la consommation et le détachement de soi pour la collectivité. Ils ont voulu hiérarchisé les droits en portant celui de l’individualisme au sommet de la pyramide sociétale au détriment de la collectivité. La rectitude politique, le « safe space », la discrimination positive et l’appropriation culturelle sont tous des concepts qui découlent ce maelstrom social et confus. Nous sommes plus isolés que jamais dans toute notre panoplie de moyens de communication.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 16 juin 2019 09 h 17

      Monsieur Dionne, la symbolique du récit biblique, c'est que Dieu interdit aux hommes de prétendre atteindre le Vrai verticalement en ne parlant que d'une voix et leur assigne plutôt de trouver une vérité toute humaine à même la diversité des langues et des cultures, horizontalement. L'absurdité apparente de la Tour n'est pas le mal, mais le commencement de la guérison.

    • Cyril Dionne - Abonné 16 juin 2019 14 h 08

      @Richard Maltais Desjardins

      Ah! « ben, coudonc ». Si c’est dans la bible, cela doit être vrai. ;-)

      « Dieu interdit aux hommes de prétendre atteindre le Vrai. »

      Petites questions.

      C’est qui le Dieu dont vous parlez? Celui des juifs, des chrétiens, des musulmans, confucianistes, des bouddhistes, des jaïnistes, des zoroastristes, des taoïstes, des hindouistes et j’en passe? Celui de la religion que je vais inventer demain pour me soustraire de payer des taxes, des impôts et des tarifs?

      Et c’est quoi le « Vrai » et sur quoi est-il basé? Est-ce que le « Vrai » est vérifiable et reproductible? Est-ce que le « Vrai » est basé sur une méthode fondée sur des observations objectives et des raisonnements rigoureux? Sinon, votre « Vrai » risque d’être étonnement faux.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 16 juin 2019 21 h 15

      C'est VOUS qui l'avez ramenée avec votre évocation de la Tour de Babel. Moi, je ne fais qu'indiquer la signification symbolique de cette allégorie. Si vous n'êtes pas assez futé pour suivre le fil d'une analyse, je vous laisse volontiers dans votre univers où les contes de fées sont évidemment faux et vos croyances antithéistes évidemment vraies. Facile et confortable. Amusez-vous bien avec vos joujous de plastique.

  • Mario Jodoin - Abonné 15 juin 2019 01 h 14

    Précision

    Je ne suis pas en désaccord avec l'ensemble de ce texte, mais je tiens à corriger un de ses éléments.

    «groupes favorables au port du voile»

    Cela existe peut-être, mais j'imagine que l'auteur parle des groupes défavorables à l'interdiction du port du voile. La façon dont l'auteur décrit cette position fait la même erreur (volontaire?) de ceux qui parlent des groupes favorables à l'avortement, alors qu'ils sont plutôt contre son interdiction, ou pour être plus précis, pour le libre choix d'avorter ou de porter les vêtements qu'on veut bien porter.

    • Raymond Labelle - Abonné 15 juin 2019 05 h 29

      On pourrait dire, par exemple, qu'un enseignant visant tout d'abord à développer une pensée autonome et critique chez l'étudiant lui apprendrait à se poser les bonnes questions sur les cas de conscience profonds éviterait le plus possible, même en l'absence de questions posées, de montrer une préférence quant à une vision globale du monde. Surtout envers un système de vision aussi organisé qu'une religion, qui propose une vision globale rejoignant une personne dans sa profondeur.

      De plus, un tel enseignant accorderait plus d'importance à l'idée de refléter la neutralité religieuse de l'État qu'au fait de porter un signe de son appartenance religieuse personnelle. Et reconnaîtrait sans problème qu'il est légitime que l'État, en tant qu'employeur, et en plus responsable de la formation de nos enfants, veuille s'assurer que l'enseignant prenne ses responsabilités au sérieux. Plutôt que d'insister sur sa volonté de porter le signe de la religion à laquelle il adhère personnellement.

    • Raymond Labelle - Abonné 15 juin 2019 09 h 57

      Le droit de porter le signe de "sa" religion prévaut sur toute autre considération collective. Un symptôme parmi d'autres du phénoméne plus général de s'identifier à un sous-groupe et de donner préséance à ce sous-groupe ou à une cause unique plutôt que de chercher plus globalement le bien commun. J'ai l'impression que c'est en ce sens que l'auteur utilisait cet exemple.

    • Raymond Labelle - Abonné 15 juin 2019 10 h 10

      Itération de 5h 29, en plus clair (trop tôt pour moi!).

      Comment penserait un enseignant tout d’abord orienté vers le bien commun, plutôt que sur ses droits individuels? On pourrait croire qu’il considérait important dans sa mission de ne pas afficher sa préférence pour une visions du monde pré-déterminée, comme par exemple une religion, pour respecter la conscience en développement des enfants et des ados envers qui il a la charge d’apprendre à penser de façon critique et autonome. Qu’il tiendrait compte qu’il est une figure d’autorité pour ceux-ci.

      Qu’il serait conscient d’être un agent de l’État dans sa mission d’éducation et d’avoir le devoir de refléter la neutralité religieuse de l’État, son employeur.

      Plutôt que d’insister sur son droit individuel à afficher le signe religieux de sa religion personnelle lorsqu’il agit pour son employeur en tant qu’agent de l’État dans sa mission d’éducation. Une telle insistance serait un exemple, parmi de multiples, du morcellement de la préoccupation sociale dans divers sous-groupe d’identification. En somme, l’auteur n’a probablement pas fait de lapsus, si je le comprends bien.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 16 juin 2019 10 h 09

      Monsieur Labelle, je résiste à la tentation de réitérer mes réserves à l'égard de votre conception de la neutralité et des obligations qui en résulteraient concernant les « agents » de l'État.

      En tassant du chemin tous les contenus religieux positifs, serait-ce même seulement pour les analyser, en faisant plutôt la promotion d'une hygiène morale critique, il me semble que ce à quoi vous appelez, c'est à la restauration de cette langue commune qui seule eusse permis l'achèvement de l'érection de la Tour de Babel. Au fond, que cette belle unité ait été « interdite » par Dieu ou que ce soit les humains eux-mêmes qui l'ait dissoute, le résultat est le même. Le reconnaissance de la diversité des langues et des cultures et des religions est le véritable ferment d'humanité. À l'école, par exemple, ce n'est pas dans l'uniformisation d'une démarche réflexive aussi rigoureuse qu'on voudra que la personnalité morale des enfants se construit, mais dans la fréquentation des récits religieux ou pas (les contes et légendes, les histoires qu'ils trouvent dans les livres ou le cinéma...) où le cosmos est ordonné pour faire sens.

      De même, l'histoire réelle se fait là où les différences (et non les sous-groupes résultant seulementent d'une « fracutre » de ce qui est pour vrai) se rencontrent, se confrontent, se redéfinissent. Cela ne se fait pas dans des symposiums placés sous le patronnage decette douillette neutralité qui n'est qu'une illusion. On n'est jamais « neutre » que dans la mesure où on veut faire prévaloir une idée en neutralisant les autres. Tous unis vers le sommet et parlant une même langue.

    • Raymond Labelle - Abonné 16 juin 2019 22 h 33

      Si ne pas neutraliser les autres signifie les laisser afficher de façon ostentatoire leurs croyances, religieuses ou non, quand ils ont des fonctions éducatives - porter un T-shirt de Karl Marx, ou un T-shirt sur lequel il est écrit "attendons les extra-terrestres"...

      Quand demander un peu de retenue est associé à une neutralisation des autres...

      Dire "de toute façon nous avons tous un biais" mène en toute logique de façon inévitable à permettre d'afficher ce que l'on veut sans retenue.

      Quoiqu'il en soit, il ne s'agit pas d'uniformiser, il s'agit de ne pas intimider ou impressionner en faveur de sa préférence personnelle des enfants et des ados quand l'employeur, qui représente l'ensemble de la société, nous les confie pour les éduquer. Ce que le port du signe fait à lui tout seul.

    • Claude Bernard - Abonné 16 juin 2019 23 h 16

      M. Labelle, votre enseignante idéale, vous la créez à votre image ou du moins à l'image de vos convictions.
      Quelqu'un qui aurait une autre conviction la verrait comme elle est maintenant: dévouée, compétente, enseignant aux enfants du primaire à lire, écrire, les rudiments des mathématiques etc... autrement dit le programme du ministère correspondant à son niveau d'enseignement.
      Ni plus ni moins, que ce soit au primaire ou au secondaire, sans que nul ne se préoccupe de son foulard ou son absence de foulard.
      Comment penser par soi-même vient tout seul à l'école si le programme est enseigné et appris.
      J'ai bien peur que votre vision ne soit qu'une tentative de justifier sans preuve votre rejet du hidjab.
      Croyez-vous vraiment que selon que leur enseignante était voilée ou non les élèves ont plus ou moins appris à penser par eux-même et que leur conscience en développement a été plus ou moins respectée?
      Si c'est là votre pensée profonde, je ne vois pas que vous l'ayez, vous ou quelqu'un d'autre, démontré.

  • Marc Therrien - Abonné 15 juin 2019 08 h 25

    Ou encore, de la disruption


    On a l’impression que la société passée s’est perdue dans l’individu au fur et à mesure que les médias de masse ont évolué. Pour parler de cette fracturation sociale en d’autres termes, il y a aussi Bernard Stiegler et son livre « Dans la disruption, comment ne pas devenir fou? ». Il parle de la disruption comme d’une barbarie « soft » incompatible avec la socialisation qui est le résultat de l’innovation technologique accélérée et de la fuite en avant dans le numérique. Il se préoccupe de «l’innovation disruptive » qui a pour effet de faire éclater ou de briser en morceaux les organisations sociales et économiques existantes achevant ainsi la progression du nihilisme, la destruction de toutes les valeurs.

    Dans ce monde où l’accès à l’information et aux connaissances n’a jamais été aussi facile, il pourrait apparaître paradoxal que l’ignorance soit la cause de cette peur de l’autre qui nuit à l’accueil et à l’empathie. Mais en y pensant bien, il est facile d’observer et de ressentir que l’accélération de l’échange d’information qui crée une surcharge permet une très large diffusion de tous les stéréotypes et préjugés qui alimentent la peur, « la plus contagieuse des passions » disait Montaigne. On peut donc dire que être informé, ce n’est pas connaître. Comme disait Carl Gustav Jung : « Penser est difficile, c’est pour ça que la majorité des gens préfèrent juger ». Apprendre et connaître demande « patience et longueur de temps » en se rappelant Jean De La Fontaine.

    Marc Therrien

  • Réal Boivin - Abonné 15 juin 2019 08 h 59

    Réseaux sociaux: Une carte de l'humanité.

    Avant les réseaux sociaux, les opinions et les idées s'exprimaient en vase clos. Un groupe social de Québec ne pouvait pas savoir qu'un groupe semblable existait en Gaspésie ou ailleurs dans le monde.

    Grâce ( ou à cause ) du web, une personne peut retrouver des gens qui partagent les mêmes valeurs, les mêmes idées, les mêmes loisirs, et, tout ça, à travers le monde.

    Un groupe social se forme et son contraire apparait persque automatiquement. Et ces groupes étant humains, on voit apparaitre la concordance, l'opposition, et toute la game des émotions humaines. Nous détenons maintenant une map monde des idées et tendances de toute ll'humanité.

    Plusieurs groupes humains s'en servent pour faire avancer leurs idées et les gouvernements s'en servent pour nous manipuler.

    C'est l'histoire du monde.

  • François Beaulé - Abonné 15 juin 2019 09 h 11

    Je lutte donc je suis

    Voilà un billet formidable dont le vaste sujet mériterait un approfondissement sous forme d'essai.

    À une extrémité du spectre décrit par M. Desjardins, on pourrait ajouter le fanatisme religieux, politique ou racial qui mène aux terrorismes d'extrême-droite ou islamiste.

    Et historiquement, les luttes intra-sociales ont été marquées par le marxisme, la lutte des classes, qui a échoué. Et plus récemment en Occident, l'importance qu'a prise le féminisme, la lutte des sexes, possiblement inspiré au départ par le marxisme. Ont suivi, d'abord aux États-Unis, l'affirmation de l'identité Gay puis plus récemment celle d'autres minorités sexuelles ou dites de genre. On peut constater que la praxis marxiste a cherché à faire augmenter le ressentiment d'une majorité de travailleurs contre la minorité possédante capitaliste. Le mouvement féministe a divisé la société en deux, les femmes contre les hommes. Et ensuite, le mouvement gay défend une minorité, moins de 5% de la population. Les autres minorités sexuelles sont encore plus marginales, moins de 1% de la population.

    On peut parler de l'éclatement de la société en morceaux de tailles diverses: groupes, groupuscules, individus isolés. La société est elle-même perçue comme l'ennemie, celle qui brime et réprime les pauvres individus victimes. La société est dévalorisée, perd sa valeur en soi. L'individu cherche son identité en luttant contre la société. En résulte un déclin des sociétés occidentales, notamment causé par la dénatalité. On ne fait d'enfant que pour satisfaire un besoin individuel ou de couple. Au diable la société et l'avenir.