Hier les italophones, aujourd’hui les musulmans

Aujourd’hui, ce sont les musulmans et les musulmanes qui ont le mauvais rôle.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Aujourd’hui, ce sont les musulmans et les musulmanes qui ont le mauvais rôle.

Avec la marginalisation du Parti québécois et le remplacement du Parti libéral par la CAQ, nous assistons à un cycle politique caractérisé par l’alternance sans réelle alternative, en conformité avec l’ordre néolibéral. Ce gouvernement nationaliste de droite élu par 25 % de l’électorat, si l’on tient compte des abstentions, a recours à une recette éprouvée pour, à la fois, consolider et légitimer son pouvoir : détermination d’un problème réel ou imaginaire (la laïcité), élaboration d’une rhétorique alarmiste (retour du religieux) et désignation des responsables du problème (les musulmans). Les stratèges de François Legault n’ont rien inventé. Il y a une cinquantaine d’années, le mouvement nationaliste de l’époque s’est servi de la même recette mais avec d’autres ingrédients : la langue française, l’anglicisation et les italophones.

Il a fallu près d’une décennie pour que le psychodrame linguistique, se déroulant aux dépens des Québécois d’origine italienne, se dénoue enfin par l’adoption de la loi 101. Les relations entre ces derniers et les francophones se détériorèrent à tel point, et pendant si longtemps, que la méfiance et le ressentiment eurent raison de Giuseppe Sciortino, candidat péquiste dans Mercier, lors de l’élection précédant le dernier référendum. Il fut obligé, in extremis, de céder la place à un francophone d’ascendance canadienne-française à la suite de manoeuvres douteuses. Récemment, Michel David, chroniqueur au Devoir, écrivait que la présence de Sciortino, avocat éminemment ministrable au sein du futur gouvernement Parizeau, aurait probablement apporté au camp souverainiste les 45 000 voix qui lui manquaient pour remporter le référendum de 1995. Le nationalisme mesquin et revanchard est parfois suicidaire.

Aujourd’hui, ce sont les musulmans, en particulier les musulmanes, qui ont le mauvais rôle. Pourtant, il y a une vingtaine d’années, près des deux tiers des Québécois étaient contre l’interdiction du voile islamique. Selon un sondage récent, ils sont maintenant au moins autant à vouloir l’interdire. Pourquoi ce revirement ? Nul besoin d’être un exégète de Gramsci pour savoir que l’adhésion à un projet politique ou de société (ou perçu comme tel) est précédée par une longue période de propagation des idées et d’imprégnation des esprits auxquelles contribuent, consciemment ou non, de nombreux acteurs sociaux. En France (source d’inspiration pour certains Québécois) comme ici, politiques, chroniqueurs et essayistes se sont employés avec autant de ferveur que de constance à élaborer une rhétorique hostile à l’immigration et à la diversité culturelle — assimilée au multiculturalisme trudeauiste pour mieux la dénoncer — tout en souscrivant au mythe du choc des civilisations : une idéologie servant, entre autres, à dénigrer l’islam. Partout en Occident, l’islam est devenu l’ennemi à abattre. Le Québec ne fait pas exception. Il faut être d’une grande naïveté pour croire que le projet de loi 21 existerait sans la présence des musulmans.

Nationalistes conservateurs

Ce discours n’aurait pas eu autant de succès sans la contribution, depuis le tournant du millénaire, de nationalistes conservateurs, défenseurs d’une nation ethnoculturelle qui, craignant sans raison valable « la tyrannie des minorités » et « le reniement de soi », poursuivent, tout en le niant, la chimère d’un Québec assimilationniste et homogène. Il y a de cela aussi dans l’interdiction du port du foulard musulman. Ces hérauts d’un temps révolu, aux accents groulciens, doivent nous expliquer pourquoi l’assimilation que les francophones d’Amérique ont combattue avec autant de détermination serait souhaitable pour les immigrants.

Mais pourquoi la laïcité est-elle devenue la priorité de ce gouvernement, auquel on a dû rappeler l’importance de l’environnement, alors que deux millions et demi de Québécois ont un revenu inférieur à 25 000 $, que le système scolaire est le plus inégalitaire au Canada en raison de sa double ségrégation sociale et ethnique, et que les Québécois francophones sont sous-scolarisés par rapport aux immigrants (21 % contre 39 % de diplômés universitaires) et aux anglophones ? L’hégémonie néolibérale est telle, en Occident, que les partis de gouvernement, et non pas les formations politiques marginales, ne se distinguent presque plus sur les questions fondamentales et cherchent à tout prix à se différencier sur des questions secondaires ou fallacieuses, comme la laïcité ici ou l’islamisation et d’autres mythes ailleurs. C’est l’alternance sans véritable alternative. Ceux qui doutent de l’emprise, sur ce gouvernement, de cette rationalité mortifère, fondée principalement sur la concurrence généralisée, n’ont qu’à penser à la mise en concurrence de l’industrie du taxi avec Uber, aux immigrants réguliers avec les travailleurs temporaires et aux maternelles quatre ans avec les CPE.

Mais, au-delà de ce qui précède, il y a une réponse très simple à cette question : la laïcité est devenue une priorité parce que s’en prendre aux immigrants est politiquement rentable, comme partout en Occident. Le psychodrame d’il y a cinquante ans nous a peut-être coûté la souveraineté. Quel prix paierons-nous pour celui qui se déroule maintenant aux dépens des musulmans ?

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119 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 12 juin 2019 01 h 44

    L’alternance sans véritable alternative

    Que c'est bien dit! Et trop d'indépendantistes ne réalisent pas, comme le dit l'auteur, qu'ils se tirent dans le pied en s'attaquant à une partie de la population francophone du Québec.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 12 juin 2019 08 h 25

      À Mario Jobin :

      C’est exactement la mise en garde que je servais au PQ dans le texte ‘La Charte de la laïcité : un mauvais départ’, publié il y a six ans.

      Espérons que le nouveau PQ se distinguera de l’ancien sur ce point précis.

      Revenons au texte de M. Micone.

      Le cas des italoQuébécois des années 1970 est complètement différent. Ces derniers profitaient de la liberté du choix de la langue d’enseignement instaurée par l’infâme loi 22 du gouvernement fédéraliste de l’Union Nationale pour s’assimiler à l’anglais. En somme, nos impôts servaient à financer l’anglicisation du Québec, donc notre propre extinction linguistique.

      Si nous avions voulu éviter l’affrontement avec la communauté italienne (qui choisissait massivement de s’assimiler à l’anglais pour des raisons économiques), le Québec serait probablement déjà devenu anglophone.

      Grâce à Camille Laurin, le PQ a adopté la Loi 101 afin de lutter contre cette anglicisation.

      D’où l’urgence, quelques années plus tard, pour le gouvernement colonial canadien d’adopter une nouvelle constitution qui proclame, par le biais de l’article 23, la liberté de tout citoyen canadien de s’assimiler au groupe linguistique de son choix.

      En d’autres mots, le régime colonial canadien a semé à l’article 23 de la Canadian constitution de 1982, le germe de notre propre extinction. C’est l’equivalent de la loi 22.

      Les Québécois doivent réaliser que le génocide autochtone et l’extinction du peuple francoQuébécois sont les bases du Nation Building de l’État pétrolier canadien.

    • Nadia Alexan - Abonnée 12 juin 2019 08 h 56

      Vous avez tellement tort, monsieurs Jodoin et l'auteur, Marco Micone.
      Au contraire, la laïcité a été envisagée par les pères de la Révolution tranquille depuis 50 ans. Ce virage n'avez rien à faire avec les musulmans, les groupes ethniques, ou des objectifs électoralistes. C'était simplement pour sortir la religion de la sphère politique. Plusieurs pays, même les pays arabes musulmans, interdisent le port du voile pour les fonctionnaires et les policiers. Informez-vous, monsieurs, sur le mouvement islamiste internationale qui vise à imposé l'intégrisme wahhabite/salafiste de l'Arabie saoudite sur l'Occident, et qui rêve d'instaurer la gloire du califat.
      Une enquête de CBC «The Fifth Estate» révèle que les musulmans pratiquent la polygamie au Canada avec impunité. Ils ne veulent même pas se soumettre à nos lois. Une nation entre une nation.
      https://www.cbc.ca/radio/thecurrent/the-current-for-january-14-2019-1.4976950/polygamy-is-happening-in-canada-s-muslim-community-but-convictions-are-rare-says-reporter-1.4976984

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 juin 2019 09 h 17

      Lapsus sans doute : la loi 22 a été adoptée sous Robert Bourassa en 1974.

    • Pierre Desautels - Abonné 12 juin 2019 09 h 31

      @ Jean-Pierre Martel

      Il s'agit non pas de la loi 22, qui précédait la loi 101, et qui a coûté cher à Robert Bourassa aux élections de 1976, mais de la loi 63.

    • Cyril Dionne - Abonné 12 juin 2019 09 h 57

      Franchement. S’attaquer à des supposés indépendantistes francophones d’origine italienne. Leur nombre, on peut les compter sur les doigts de la main et peut-être sur une seule. Il y en a, mais ils sont intégrés et n’écrivent pas des torchons comme celui-là.

      Ce gouvernement nationaliste de droite élu par 25 % de l’électorat. Ah ! « ben ». Les « liberals », selon la formule utilisée, ont récolté seulement 16%, le PQ, 11% et Québec solidaire 10%. Comme ils le disent dans leur langue de tous les jours, « nice try ». Bien oui, le psychodrame linguistique de la loi 101 qui affirmait que la seule langue officielle au Québec était le français. Misère, pauvres petits italianophones.

      Les Québécois sont contre le voile islamique dans la sphère publique lorsque les personnes interagissent comme représentantes de l’État, et ceci, à plus de 75%. Personne ne veut voir des voiles portées par des enseignantes dans la salle de classe d’une école publique. Ne prenez pas vos désirs pour des réalités. On pourrait confirmer le tout par un référendum, une démarche démocratique que les opposants du projet de loi 21 semblent allergiques à promouvoir.

      Bien oui, les Québécois francophones sont supposément sous-scolarisés par rapport aux immigrants, mais lorsqu’on scrute les supposés diplômes de ceux-ci, on s’aperçoit rapidement qu’ils n’ont pas la même valeur que ceux qu’on retrouve ici. Souvent, la formation universitaire des immigrants équivaut à une du secondaire en sciences.

      Lorsqu’un groupe ethnique vote à plus de 95% contre l’émancipation du Québec à deux reprises dans un système politique qui lui a été imposé et qu’on vient nous faire la leçon et nous faire croire des chimères, eh bien, on passe. La population allophone de l’île de Montréal n’a jamais évolué politiquement et n’a jamais accepté qu’elle vivait au Québec ou la langue française est la fondation de la société. En parlant de droite conservatrice, est-ce que Benito Mussolini était Italien?

      C'est "ben" pour dir

    • Claude Bernard - Abonné 12 juin 2019 10 h 26

      M. Martel

      Si les Italiens (et les Polonais, les Portugais, les Espagnols) se sont intégrés aux Anglais c'est parce que leurs enfants ont été refusés dans les écoles catholiques dans les années 30, 40, 50 et 60 alors que ce sont des gens catholiques et francophiles.
      Les écoles catholiques craignaient que ces «étrangers» ne viennent contaminer les braves petits Canadiens Français alors que les écoles protestantes les ont accueillis à bras ouverts.
      Ils ont ainsi acquis le droit, grâce à la loi 101, à l'enseignement anglais, eux et leur descendance à perpétuité.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 12 juin 2019 11 h 40

      Richard Maltais Desjardins et Pierre Desautels ont parfaitement raison; il s’agit de la loi 63 et non de la loi 22.

      Comme disait mon professeur de chimie, c’est une erreur que j’ai commise volontairement pour vérifier si vous suiviez bien… ;-)

      J’en profite pour ajouter une remarque. J’ignore la proportion de Québécois d’origine italienne qui sont pour l’indépendance. Mais il est certain qu’anglicisés, ils auraient massivement voté contre.

      L’avenir du PQ et de l’indépendantisme est intimement lié à la démographie linguistique du Québec. Le fédéral l’a très bien compris en adoptant la Canadian Constitution de 1982.

      Comparer le cas des Québécois d’origine italienne à celui des Québécois musulmans, c’est comparer des pommes et des oranges.

    • Claude Bariteau - Abonné 12 juin 2019 11 h 42

      M. Bernard, vous avez raison. Les élites locales, notamment le clergé assuraient ainsi leurs avantages dans la Province de Québec en retour de privilèges de toutes sortes.

      C'est ça qu'a stoppé la révolution tranquille avec le PLQ, poursuivie avec le PQ.

      Pour les droits reconnus, ceux-ci le furent à l'égard des Anglo-québécois, que vous étendez aux italo-québécois dont les enfants ont fréquenté au primaire et secondaire des écoles de langues anglaise non sans raison, car un retour dans le temps parut discriminatoire.

      Au Québec, sous le PQ, on chercha à franciser d'avantage avec obligation faite aux enfants de l'immigration de suivre la fillière de langue française jusqu'à la fin du secondaire.

      Le rapatriement de 1982 changea la donne.

    • Hélène Paulette - Abonnée 12 juin 2019 12 h 02

      On en lit des vertes et des pas mûres ce matin monsieur Bernard... La CECM refusait les non catholiques et les non francophones tout simplement. J'ai fait mon cours primaire avec des réfugiées espagnoles et hongroises... Tout ceci prêche pour la laïcité!

    • Pierre Grandchamp - Abonné 12 juin 2019 13 h 00

      "Certes, il y a des immigrants qui ne s’adapteront jamais, car ils chercheront toujours à adapter la société d’accueil à leur propre vision du monde.Ceux-là connaissent la Charte des droits par cœur, pour mieux la pervertir... "- Mme Houda Pépin musulmane-

    • Claude Bernard - Abonné 12 juin 2019 16 h 02

      @ Mme Paulette
      Je ne sais pas en quelles années vous fîtes votre cour primaire; je ne pense pas que vous y avez rencontré beaucoup d'Italiennes.
      À moins que cela ne fut différent dans les écoles de filles, les sœurs étaient peut-être moins xénophobes ques les laïcs chez les garçons.
      Ce que j'en sais c'est que ce ne fut pas la CECM qui fît barrage mais les directeurs d'écoles.
      Ce refut est un fait historique apparemment.

      M. Bariteau
      La loi101 ne discrimine pas en effet entre anglais et autres races, quiconque a étudié en anglais transmet ce droit à ses descendants à perpétuité.

    • Claude Bariteau - Abonné 12 juin 2019 16 h 50

      M. Bernard, je n'ai pas écrit le contraire. J'ai signalé qu'il s'est agi de la reconnaissance d'un droit acquis, qu'a rendu un droit à tous les enfants de Canadiens venus au Québec après une formation en langue anglaise au primaire, que les aprents soient ou non de langue française.

    • Claude Bernard - Abonné 12 juin 2019 22 h 37

      M. Bariteau

      Je vois maintenant que je vous ai lu trop vite.
      Mes excuses.

    • Hélène Paulette - Abonnée 13 juin 2019 01 h 28

      Monsieur Bernard, n'oubliez pas que beaucoup d'immigrants préféraient intégrer la communauté anglophone dominante plutôt que celle des gagne-petits francophones. En ces temps où il fallait parler anglais pour décrocher un emploi ailleurs qu'en usine, qu'auriez-vous choisi? Je pense qu'on distortionne l'histoire ici avec des faits apparement historiques...

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 12 juin 2019 03 h 11

    Quelle tartine !

    Bravo !

    • Claude Bariteau - Abonné 12 juin 2019 09 h 15

      Une tartine est quelque chose sur une tranche de pain ou un long texte oral ou écrit.

      J'opte pour la tranche de pain parce que M. Marcone l’a enduit d’éléments de son cru, qui surprennent parce qu’il m’a toujours habité à plus de profondeur et que je partage ses critiques sur la nation ethnoculturelle.

      La tartine attribue la revitalisation de cette pseudo-nation à des conservateurs patentés au Québec. Or, celle plutôt une invention des dirigeants britanniques pour établir, après s’être accoquinés aux élites « canadiennes », une distinction entre les britanniques, les accoquinés à leur service et les autres habitants que les accoquinés (clergé, seigneurs et commis) eurent mandat d’encadrer.

      Que des « conservateurs » ne veulent pas perdre leurs ascendants est visible alors que les habitants ont cherché à développer un ordre socio-politique différent avec le Parti patriote et le PQ. Mais votre analyse le néglige.

      Avec le dossier de la laïcité l’appui (69%) déborde amplement celui reçu (37,4) par la CAQ. Qui plus est, la neutralité des employé/e/s de l’État n’a rien à voir avec l’acceptation du port de signes religieux dans l’espace public. Il concerne plutôt un refus important d’un retour de signes religieux chez les enseignant/e/s des institutions publiques aux primaire et secondaire.

      Pour moi, il ne s’agit pas d’un désir d’assimilation des « musulmans ». Idem des efforts pour stopper l’anglicisation des enfants d’« immigrants » italiens alors que le Québec quittait un univers religieux et anglophone.

      Dans les deux cas, la lutte ne visait pas à reproduire la « nation ethnoculturelle » mais à contrer l’assimilation des habitants du Québec au Canada lors de la révolution tranquille et depuis 1982.

      Les groulciens et les promoteurs d’une nation préexistante ont tout faux. Ils ne se rendent pas compte qu’ils servent de tremplin au Canada, un pays qui se reproduit en assimilant et en maintenant un œil du la nation ethnoculturelle parce qu’elle le sert

  • Yvon Montoya - Inscrit 12 juin 2019 06 h 10

    Une réflexion solide et bien pesée. Il y a comme un « Âge de la régression » ( un collectif est édité sur le même sujet que vous exprimez dans votre réflexion) avec des forces dites « récidivistes » dont l’histoire humaine nous a malheureusement habitué pour son horreur. Vous êtes rare car beaucoup pensant et analysant dans la même guise de pensée que la vôtre tendent à se taire car le monde de l’exclusion ( voir Trump et consorts) tel qu’il va, comme vous l’analysez, devient une norme généralisée grâce aux moyens de propagandes électroniques. Il est toujours difficile voire suicidaire de lutter contre la haine et l’exclusion surtout lorsque c’est enrobées d’une sorte de rationalité. L’heure est grave. Merci.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 12 juin 2019 12 h 55

      Mémo à M. Micone. Regarder un passé récent. Les libéraux….oui, les libéraux, ont créé une Commission d’enquête publique, Bouchard-Taylor; laquelle a fait des recommandations que l’on trouve dans le PL21. La CAQ y a ajouté l’école publique. Oui, les libéraux ont créé Bouchard-Taylor. Quant à moi, j’aurais ajouté les écoles privées et les CPE.

      De deux, regardons le présent. Constater ce qui se passe dans des banlieues en France, en Angleterre, en Belgique, en Allemagne avec l’islam politique et radical. Suivre l’actualité internationale quotidienne pour constater : 1- toutes les exactions commises au nom de Allah 2-le sort réservé aux femmes 3-constater le sort réservé aux chrétiens mécréants en terres musulmanes, dans l’indifférence générale.

      « La trajectoire historique des Québécois a été marquée au fer rouge par la domination de l’Église. Ils ne souhaitent pas que la religion – la leur ou celle des autres – revienne s’immiscer dans leur vie. »-Mme Houda Pépin musulmane-

    • Jean Jacques Roy - Abonné 12 juin 2019 17 h 36

      « La trajectoire historique des Québécois a été marquée au fer rouge par la domination de l’Église. Ils ne souhaitent pas que la religion – la leur ou celle des autres – revienne s’immiscer dans leur vie. »-Mme Houda Pépin musulmane-

      Monsieur Grandchamp, ce que Houda Pépin énonce je ne crois pas que personne dans ce forum.
      La question est de savoir comment dépasser ce « traumatiste » qui affecte toujours une population vieillissante!

      Perso., je ne crois pas que l’approche caquiste soit celle qui va favoriser ce dépassement. J’estime plutôt que ce parti entretien le « traumatisme » au lieu d’offrir une vision consistante et positive de la laïcité de l’État.

  • Eric Ricard - Inscrit 12 juin 2019 06 h 12

    Entêtement et provocation !

    M. Micone n'a rien voulut entendre ou écouter des arguments de ceux qui veulent une véritable laïcité dans nos écoles publiques. On est dans l'entêtement et la provocation. Faire un lien entre la loi 101, sa non acceptation par la communauté italenne, le racisme, c'est comme faire un lien entre les actions de Mussolini et les Italiens en 2019. Ces amalgames sont odieux. On croierait entendre certains militants de Q.S. Je n'en ressens que du mépris envers mes convictions de ce que devrait être une école. Un lieux où l'enfant grandit et est à l'abri de toute forme de prosélytisme. M'insulter en me traitant de raciste et réactionnaire abaisse le débat à un niveau innaceptable. Le Devoir a toute la lattitude pour garder le débat à un niveau noble, mais il semble que pour cette fois-ci, c'est manqué.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 12 juin 2019 08 h 25

      Peut-être n’aimez-vous pas ce chapeau. Pourtant, Monsieur, il tombe bien sur votre tête...

      « Nationalistes conservateurs

      Ce discours n’aurait pas eu autant de succès sans la contribution, depuis le tournant du millénaire, de nationalistes conservateurs, défenseurs d’une nation ethnoculturelle qui, craignant sans raison valable « la tyrannie des minorités » et « le reniement de soi », poursuivent, tout en le niant, la chimère d’un Québec assimilationniste et homogène. Il y a de cela aussi dans l’interdiction du port du foulard musulman. Ces hérauts d’un temps révolu, aux accents groulciens, doivent nous expliquer pourquoi l’assimilation que les francophones d’Amérique ont combattue avec autant de détermination serait souhaitable pour les immigrants. »

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 juin 2019 09 h 23

      Il y a des amalgames plus justes que d'autres, faut croire.

    • Eric Ricard - Inscrit 12 juin 2019 09 h 43

      @Roy
      J'ai assez d'expérience dans le monde de l'enseignement pour savoir que ce chapeau ne m'appartient pas. Tout au long de ma carrière et pourtant avec des milliers de merveilleux enfants venues d'autres pays, jamais je n'ai reçu cette insulte ''raciste''. Donc ce chapeau, je vous le laisse, ainsi que le chapeau du mépris.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 12 juin 2019 11 h 23

      «Ces hérauts d’un temps révolu, aux accents groulciens, doivent nous expliquer pourquoi l’assimilation que les francophones d’Amérique ont combattue avec autant de détermination serait souhaitable pour les immigrants.»

      Les Québécois ont combattu collectivement leur assimilation, en tant que peuple, ils se sont doté d'institutions pour que leur force collective protège les individus, autrement vulnérables, parce que que la nation canadienne française était, collectivement, assujettie à un autre peuple. L'immigration est le choix volontaire d'un individu de participer à la destiné d'un autre peuple, en profitant des avantage d'en faire partie; en contrepartie, le peuple demande que les enfants de l'immigrant le consolident, l'éducation publique se fait donc dans la langue nationale et non dans celle de la nation que les parents ont quittée.


      Si une partie du peuple italien venait ici avec la volonté de rester italienne sans s'intégrer, en consolidant la population italienne et en créant des ponts avec l'Italie, ça serait justement consiréré comme un agression, puisque l'on chercherait à remplacer une population par une autre ou offrir à une population les avantages dont une autre population s'est doté, en les lui enlevant.

      Bref «assimiler» ou «intégrer» les Italiens au Qc, c'est leur apprendre le français à l'école secondaire publique et non l'italien. Ça n'assimile pas pour autant les Italiens en Italie, ce que le Canada anglais depuis 1840 et les Orangistes depuis 1791 cherchent à nous faire.

      Micone a pastiché Speak White et qu'il ne peut pas comprendre?!? La lutte collective contre l'assimilation c'est précisément la lutte pour capaciter la nation dont on fait partie; l'exil peut être la décision individuelle de ceux qui ne croient pas pouvoir améliorer leur sort au sein de leur nation car «l'améliorer» semble impossible. On ne peut donc demander au pays d'accueil de faire ce que la nation que l'on quitte ne peut pas faire.

    • wisner Joselyn - Abonné 12 juin 2019 15 h 49

      Il reste quand même cette question lancinante de l'auteur: pourquoi l’assimilation que les francophones d’Amérique ont combattue avec autant de détermination serait souhaitable pour les immigrants?

  • Maxime Prévost - Abonné 12 juin 2019 06 h 45

    De l'eau de de roche

    C'est on ne peut plus clair, on ne peut plus lucide.

    Tu devrais écrire plus souvent Marco; ta voix me manque, et elle manque singulièrement Québec par les temps qui courent.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 12 juin 2019 09 h 13

      Attention Monsieur, de l'eau sur la roche ça fait perdre pied et glisser...Vous pourriez vous noyer...