L’angle erroné de l’intolérance

«Oser la question de la laïcité n’est pas raciste en soi, elle fait partie d’un processus ardu auquel une société moderne doit se confronter», écrit l'auteur.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne «Oser la question de la laïcité n’est pas raciste en soi, elle fait partie d’un processus ardu auquel une société moderne doit se confronter», écrit l'auteur.

La future loi sur l’État et la laïcité provoque un débat politique qui rendrait inconciliables les différents points de vue sur le sujet. L’appui au projet de loi 21 (PL-21) se fait-il toujours pour les bonnes raisons ? Et les critiques envers le projet sont-elles toujours fondées ? Pour certains, il s’agit d’une suite logique de l’histoire du Québec. L’État québécois se donnerait une loi qui lui octroiera une couleur politique distincte en Amérique du Nord tout en permettant d’affirmer sa modernité. Pour d’autres, il s’agirait d’une menace reliée aux désirs d’hégémonie d’une majorité discriminant les minorités religieuses et reproduisant, par le fait même, les schèmes d’une société réactionnaire.

PL-21 a pour objectif de mettre des règles fixes pour certains employés de l’État. C’est — selon la perspective républicaine — ce que l’on nomme le droit de réserve, qui interdit toute forme de symbole politique ou religieux dans la pratique d’un métier de la fonction publique qui implique un rapport d’autorité avec la population. Dans une république, tout représentant de l’État doit refléter une image neutre. Il en irait ainsi de la confiance du public envers les institutions étatiques et du système démocratique dans lequel nous vivons.

Oser la question de la laïcité n’est pas raciste en soi, elle fait partie d’un processus ardu auquel une société moderne doit se confronter. Dans le cas d’un juge par exemple, il est loin d’être anodin d’exiger une neutralité absolue sur le plan des symboles religieux ou politiques. Cette remarque est également valide pour tout métier qui exige le port d’arme. Sur la question des enseignants, le débat reste ouvert… Mais rappelons que l’éducation universelle est, à l’origine, un idéal républicain qui consiste en une séparation nette entre les institutions scolaires et la religion ! L’école républicaine n’a pas pour finalité de mettre en valorisation les croyances religieuses, mais plutôt les valeurs républicaines.

Pour les opposants au projet, les inclusifs, PL-21 deviendrait une loi purement raciste en discriminant les minorités religieuses et irait à l’encontre des chartes canadienne et québécoise. Ainsi, on utilise la charte canadienne — dont Pierre Elliott Trudeau disait, quand il a rapatrié unilatéralement la Constitution, qu’elle serait bonne pour mille ans — pour contester, une fois de plus, le caractère distinct de la société québécoise. Cette critique du projet de loi sur la laïcité n’est pas sans rappeler le débat qui a eu lieu avec la loi 101.

Groupes minoritaires offensés

Selon l’idéologie du multiculturalisme, le projet de loi serait une offense envers les groupes minoritaires, et particulièrement les communautés religieuses. Et si nous osions penser PL-21 au-delà de la question du voile, de la tolérance et du racisme ? Selon les opposants au projet de loi, les femmes voilées deviendraient les principales victimes collatérales de la société québécoise en étant exclues de certains postes de travail dans la fonction publique. Elles seraient ainsi marginalisées en tant que musulmanes, mais également en tant que femmes. Mais dans les faits, le projet de loi n’a pas pour objectif de viser les femmes voilées, malgré ce que prétendent plusieurs personnes qui défendent le projet de loi. Et il est encore moins question de contrer l’immigration de masse.

Et pour les inclusifs et l’idéologie du multiculturalisme, la loi serait de nature discriminatoire, sexiste et raciste ? Mais toute forme de loi est discriminatoire en soi, car de l’ordre de l’interdit. La loi n’a pas pour but de donner des libertés, mais d’encadrer le vivre ensemble, notamment en limitant les libertés individuelles. Il y a donc un fossé entre un projet de loi qui doit encadrer le vivre-ensemble de type républicain et les chartes canadienne et québécoise des droits et libertés. Selon les opposants, les droits et libertés individuelles seraient beaucoup plus fondamentaux qu’une loi encadrant le vivre-ensemble. Mais dire d’une chose qu’elle est fondamentale ne règle aucunement la question et ne rend aucunement caduc l’esprit républicain !

Il faut donc cesser d’aborder la question de la laïcité sous l’angle de l’intolérance. Par conséquent, nous pouvons nous questionner sur la pertinence de recourir à l’idée d’un « indépendantisme non raciste » car, historiquement, le nationalisme québécois a toujours été, à l’exception de quelques mouvances recourant au chauvinisme qui sont demeurées marginales dans la société québécoise, moins prédominant que l’ouverture à l’autre. Comme le nationalisme ethnique (ou identitaire), ce type de « nationalisme » dit inclusif vient contredire l’esprit politique du projet d’indépendance du Québec mis en valeur depuis la Révolution tranquille.

Par la nature discriminatoire du projet de loi sur la laïcité, tant les partisans que les opposants défendent une perspective idéologique et, surtout, mimétique de la chose ! Pour certains, la loi permettrait d’affirmer leur racisme décomplexé (La Meute par exemple). Pour les autres, il s’agirait d’une loi qui mènerait le Québec vers la voie de l’intolérance. Et pourtant, la loi n’a aucunement pour objectif d’interdire le voile sur la place publique. La religion demeure une chose de l’ordre de la sphère privée, et l’État n’a pas à s’ingérer dans les pratiques religieuses.

Mais fondamentalement, PL-21 est un cadeau que nous faisons aux générations à venir, un projet de société qui vient embrasser les aspirations politiques d’un Québec moderne ! Nous ne savons pas de quoi demain sera fait, et ce projet de loi vient en quelque sorte solidifier les valeurs républicaines que nous voulons transmettre, en tant que société, aux générations futures. Et ces valeurs ne sont pas du tout de l’ordre de l’intolérance et du racisme.

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36 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 10 juin 2019 07 h 00

    L’angle mort des croyances médiévales

    On ne peut pas avoir de désirs hégémonistes comme société si nos assises reposent sur des valeurs fondamentales comme l’égalité homme-femme et la liberté de conscience et d’expression à l’opposé des religions monothéistes qui prêchent le contraire. L’école dit républicaine se veut une universel et ne repose pas sur des amis imaginaires qui souvent cultivent le culte de la mort. Les inclusifs pratiquent une forme de racisme ambiant basée sur la très sainte rectitude politique parce que seulement eux ont raison et tout le monde à tort tout comme dans les religions monothéistes. Ils invoqueront des chartes qui nous rappellent plutôt les tablettes de pierre de vous savez qui et dont personne n’a posé son consentement à part d’une très petite minorité d’élites sans avoir l’assentiment de la population. Et le chef suprême de cette initiative, lorsqu’il a invoqué le fait qu’elle durerait mille ans, nous rappelle plutôt Georges Orwell et son « Big Brother » ou bien le 3e Reich du petit barbu. Les lois humaines qui sont progressistes, eh bien, sont de nature organique qui évoluent pour représenter les vivants et non pas les morts.

    Enfin, si un groupe de personnes épousent des idéologies politico-religieuses basées sur rien et les pratiquent a un point tel où ils excluent toute forme de rationalité et ensuite se posent en victimes, eh bien, il n’y a pas grand-chose à faire dans ces cas. Juste le fait qu’ils peuvent faire valoir leur point de vue de façon extrême sans aucune sanction exemplifie la largeur d’esprit d’une société ouverte et progressive. Nous passons à un autre appel.

    • Nadia Alexan - Abonnée 10 juin 2019 10 h 35

      Historiquement, les pays monothéistes où l'on ne trouve pas la séparation entre l'Église et l'État sont des dictatures autoritaires et misogynes.
      Toutes les cultures ne s'égalent pas. Les cultures modernes et civilisatrices basées sur la pensée critique des Lumières, sont mieux que les cultures revanchardes qui prônent la peine de mort et la polygamie. La laïcité de l'État protège tous les citoyens et citoyennes de l'ingérence de la religion dans les affaires de la Cité.

  • Christian Montmarquette - Abonné 10 juin 2019 07 h 56

    Du trumpisme version Québec

    Autant que la loi 21 que la réduction de l'immigration étaient deux promesses aussi démagogiques qu’électoralistes totalement inutiles ne servant qu’à satisfaire l'esprit revanchard des nationalistes identitaires et n’ayant comme utilité que de défouler sur les minorités leur frustration ne pas avoir été assez intelligents pour le faire leur foutu de pays.


    Aussi consternant que délétère pour la paix sociale au Québec.

    Du trumpisme version Québec. 

    Christian Montmarquette


    * Référence :

    « Legault veut «tourner la page pour parler des «vrais sujets » - TVA

    S'il ne s'agit pas d'un «vrai sujet» il faut croire qu'il s'agit d'un faux.

    À 4 minutes de la vidéo.

    https://www.tvanouvelles.ca/2019/02/03/la-laicite-pour-eviter-les-derapages-plaide-legault

    .

    • Michel Lebel - Abonné 10 juin 2019 09 h 29

      D'accord avec vous. De fait, le caquisme, c'est du trumpisme mou. Mais peu de personnes oseront le dire.

      M.L.

    • Jean-François Trottier - Abonné 10 juin 2019 10 h 27

      Ce sont les fanatiques opposants qui en font un vrai sujet.

      M. Montmarquette, vous qui avez dit :
      "Il est consternant qu'un militant économique de sa trempe plaque QS sur une question de signes religieux, alors qu'il s'agit d'un enjeu très secondaire par rapport au fondamental enjeu économique."
      - Christian Montmarquette, https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/552990/pourquoi-je-quitte-quebec-solidaire

      Je suppose que cette contradiction, genre "tarte à la crème" tellement elle est burlesque, est acceptabler parce que vous, vous avez la "bonne" vision ?
      La grandiosité du but justifie tout ?

      Ben... non. Le chemin est bien plus important.
      Pour ceux qui se préoccupent des pauvres en tout cas il n'y a aucun doute.

      Ceux qui se préoccupent de la Vérité avant tout, ben, ils causent des catastrophes. Tout le temps.

    • Bernard Dupuis - Abonné 10 juin 2019 10 h 41

      "Les nègres blancs"

      Une idée que vous martelez ad nauseam depuis quelque temps concerne la principale cause de l’échec relativement à la construction du pays québécois. Cette cause serait un prétendu manque d’intelligence.

      C’est une nouvelle variante pour présenter le peuple québécois comme une bande de tarés. C’est le même genre d’argument que présentent les suprémacistes blancs pour refuser le droit de vote aux Africains-Américains. Quand on parle les Québécois comme les « nègres blancs » d’Amérique c’est à ce genre de conception à laquelle Vallière faisait référence. On considère les Québécois comme des « nègres » à cause de certaines attitudes similaires. Par exemple, comme les nègres ils seraient paresseux et par conséquent pauvres. Mais surtout, les « nègres » manqueraient d’intelligence. Cela serait inclus dans la logique de la hiérarchisation des races. La race noire serait inférieure et donc moins intelligente. Vallière trouvait révoltant que les « Canadiens-français » se faisaient reprocher les mêmes tares que celles de noirs.

      Ai-je besoin de faire remarquer combien il est réducteur de relier la construction d’un pays à une simple question d’intelligence ? Toutes les forces économiques incalculables, toutes les forces politiques de la majorité canadienne, tous les mensonges d’Elliot Trudeau (mettre son siège en jeu), de Jean Chrétien (son amour pour les francophones hors Québec et pour les rocheuses) et de Marc Lalonde (la catastrophe économique) sont occultés ou même probablement ignorés. De plus, la peur bien normale de prendre son destin en main et de décider par soi-même de ses propres affaires ne semble pas vous effleurer l’esprit.

      Pour changer d’idée et être d’accord avec vous, il faudrait que je puisse constater que vous êtes capable de tenir compte de tous les aspects d’une question. Vous vous contentez souvent que de quelques aspects qui en plus sont souvent des faussetés comme ce manque d’intelligence qui caractériserait les Québéc

    • Jean-François Trottier - Abonné 10 juin 2019 11 h 22

      M. Dupuis,

      Je suis ravi de constater que je ne suis pa le seul à trouver que les textes de M. Montmarquette sentent le racisme à plein nez ces temps-ci.

      Ainsi que la frustration, et des sentiments identitaires qui frôlent la panique avant l'éclatement, un manque d'argumentation encore pire que d'habitude...

      Je me demande si M. Montmarquette a la capacité de "faire du style" suffisamment pour nous faire croire à ces sentiments. Le simplisme de ses analyses me laisse croire que non.

    • Carmen Labelle - Abonnée 10 juin 2019 12 h 47

      Encore une fois C.Montmarquette vous démontrez votre manque de mesure et de jugement

    • Christian Montmarquette - Abonné 10 juin 2019 19 h 09

      Au risque de me répéter, je répète.

      Autant que la loi 21 que la loi sur la réduction de l'immigration sont deux promesses démagogiques ne servant qu’à satisfaire l'esprit revanchard des nationalistes pour cumuler des votes.

      Et pour cause, ces deux lois xénophobes ont été mises de l'avant et côte à côte comme une paire de fesses et pilotées par le même petit ministre fendant et autoritaire.

      De quoi satisfaire tous les Pineault-Caron de la province qui capotent sur étranges avec leur p'tits tapis.

    • Bernard Dupuis - Abonné 10 juin 2019 21 h 24

      Oseriez-vous répéter que les Québécois, comme les nègres esclaves, manquent d’intelligence? On disait que les nègres manquaient d’intelligence pour se libérer de leur esclavage. De même, les Québécois manquent d’intelligence pour se donner un pays. Vos êtes démasqué M. Montmarquette!

    • Jean-Henry Noël - Abonné 10 juin 2019 22 h 41

      @ Cyrille Dionne
      Je me demande pourquoi votre pensée concernant l'immigration et l'islam est uniforme. De Madame Paillé à Monsieur Legault, passant par vous et les autres pseudo-détenteurs de la vérité. Moi, j'aurais tendance à me ranger avec M. Montmarquette.

    • Gilles Bonin - Inscrit 10 juin 2019 23 h 31

      Commentaire issu d'une très grande frustation.

  • Réal Boivin - Abonné 10 juin 2019 08 h 02

    INTOLÉRANCE.

    Ce terme est tellement utilisé par des groupuscules d'intérêt qu'il provoque au lieu d'apaiser

    Avant on demandait d'être tolérant dans le but de permettre le dialogue, de s'ouvrir à une nouvelle réalité, de s'ouvrir à l'autre.

    Maintenant on ne demande plus d'être tolérant, on l'exige immédiatement après avoir lancé les insultes de racisme, de colonialisme, d'anti-religion etc.

    Le dialogue étant bani, il ne reste plus aux gens qu'à se taire et à cultiver leur intolérance

  • Denis Forcier - Abonné 10 juin 2019 09 h 06

    Les défenseurs de PL21 disent ne pas viser les femmes voilées mais elles seront atteintes principalement ...

    Pour enraciner juridiquement la laïcité , une valeur historique et chère pour les Québécois ,Il aurait été de beaucoup préférable et surtout plus rassembleur d'adopter, en lieu et place de ce régime d'interdiction,copié tout croche sur la France, simplement ce qui suit :
    CODE D'ÉTHIQUE DE LA LAÏCITÉ QUÉBÉCOISE
    1) L'État québécois et ses institutions sont laïques et d'aucune façon des lieux de culte, ce qui implique une certaine réserve dans l'expression religieuse.
    2) Représenter la neutralité de l'État et de ses institutions, est de la part de tous ses personnels un devoir moral, un devoir laïque et civique.
    3) En matière de liberté de conscience et de religion, la Charte québécoise des droits et libertés de la personne est la référence première.
    4) Le port d'un signe religieux est permis dans les institutions publiques dans la mesure où le visage et son contour demeure franchement accessible et naturel.
    5) La liberté de conscience, est choisie pour être au coeur de la laïcité québécoise, et elle précède tout choix religieux.
    6) Au nom de cette liberté de conscience aucun enfant ou adolescent ne doit être invité ou contraint à porter un signe religieux.
    7) Là où un uniforme de fonction existe , celui-ci, par exception, a préséance sur la liberté de conscience et de religion et donc sur le port d'un signe religieux.
    8) La liberté de conscience est célébrée le jour de la laïcité (date à déterminer... ). Invitation est alors faite de s'abstenir de porter publiquement un signe religieux.
    9) Pour ce jour de la laïcité, le crucifix de l'Assemblée nationale est remplacé par l'inscription stylisée ,sur un support ad hoc, des trois valeurs québécoises ancestrales, universelles et de dialogue que sont la Liberté, la Fidélité et le Partage, ou par un logo formé par leurs trois premières lettres.
    10) Une laïcité d'invitation et sans aucune interdiction est donc promue par ce code d'éthique. Une mise à niveau en sera faite à tous les 5 ans.

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 juin 2019 09 h 36

    Le droit réservé d'imposer la réserve

    La notion de « droit de réserve », cela n'existe pas. La réserve s'impose comme un devoir. Mais le lapsus n'est qu'apparent. Ce dont il est question, ici, en matière de réserve, c'est du droit de « l'encadrer » par des interdits. Comme l'auteur le précise, pour lui, le droit, c'est à cela qu'il sert : limiter les libertés des individus pour assurer les prérogatives non d'une partie de la population ni même d'une majorité, mais de cette Res Publica qui devrait désormais être le seul objet de notre commune vénération. Partant de là, comme il le concède, que cette loi soit discriminatoire n'est pas un mal en soi. Elle est un des fondements inauguraux de ce « projet de société » dont nous faisons « cadeau » aux générations futures.

    L'emballage change, mais le sigle du parti est bien visible sous la mince couche de papier de soie.On poursuit le rêve de l'indépendance « Nationale » comme on peut...

    • Denis Forcier - Abonné 10 juin 2019 10 h 45

      La République française s'est fondée sur trois valeurs qui ont émergé de la révolution française: Liberté, égalité, fraternité. Au Québec, nous avons eu notre révolution tranquille mais elle ne s'est jamais signalée par trois valeurs émergentes et fondatrices d'une république. Donc avant de parler et de pinailler autour d'une laïcité tronquée par absence d'universalité comme le propose le PL21, ne vaudrait-il pas mieux réfléchir et se donner plutôt un code d'éthique de la laïcité qui justement proposerait trois valeurs ancestrales et universelles qui pourraient à notre manière fonder notre éventuelle république ?

    • Diane Boissinot - Abonnée 10 juin 2019 10 h 50

      Je suis d'accord avec vous, monsieur Maltais Desjadins. Il s'agit bien d'un devoir de réserve et non d'un droit de réserve. Mais vous voyez bien que l'auteur a voulu parler d'un devoir. Son lapsus est sans conséquence quand on lit le reste de son texte. Ce devoir est imposé à tous ceux qui, au nom de l'État, exerce le pouvoir de l'État et qui sont payés par l'État. C'est normal. Ce devoir de réserve permet une plus grande paix sociale et diminue grandement les frictions. C'est le rôle et le bienfait qu'on attribue, en langage courant, à la politesse et à la civilité dans les rapports entre les humains de toute culture, tradition et origine. Plus vous détenez de pouvoir, plus on exige de vous que vous l'exerciez avec réserve. Celui qui ne suit pas cette simple règle perd en crédibilité. Ce n'est pourtant pas compliqué.

    • Jean-François Trottier - Abonné 10 juin 2019 11 h 15

      @RMD

      Cette fois, sophisme de confusion.

      À moins que vous ne démontriez que le Québec sera plus "indépendant" grâce à cette loi, je ne vois pas.

      Vous vous basez sur un préjugé qui veut que la laïcité soit "identitaire" de même que l'indépendance.
      C'est faux, quoi qu'en dise Legault.

      Tout ce que les Québécois ont accompli pour prendre en main leur destin l'a été avec la plus grande ouverture d'esprit possible, y compris aller vers l'indépendance. C'est en bonne partie parce que les indépendantistes ont refusé de faire dans la saleté, et que les fédérastes ne se sont pas gênés, que nous avons eu les résultats connus.

      En fait la majorité de ces gestes ont été accomplis malgré uine opposition anglophone extrêmement identitaire, à tout point de vue.

      Vous vous trompez de cible complètement.

      Enfin, je récuse en bloc votre théorie fumeuse comme quoi les religions seraient plus acceptables que, par exemple, le nazisme (selon ce que vous écriviez il y a quelques jours).
      La notion d'acceptabilité tire une grande part de sa créance sur le consensus. Or, le consensus va en sens inverse au Québec.

      Plus généralement votre notion d'acceptabilité des religions est simplement vide de sens parce que ce n'est pas ce débat qui a lieu.
      Personne ne parle de faire disparaître les religions, sauf quelques illuminés.
      On parle de signes religieux facultatifs à tout point de vue, ne l'oubliez pas.

      D'ès le moment où l'on admet la dangerosité des religions, on doit aussi admettre la grande tolérance des Québécois qui, malgré leur histoire très lourde en ce sens, les accepte très bien merci.

      À merveille même.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 juin 2019 21 h 04

      Monsieur Trottier, je ne prétends pas dit que le Québec va être plus indépendant grâce à L21, mais que ce coup de force va servir aux souverainistes poussifs de ma génération et de la vôtre (?) à faire un tour de machine... Pour le reste, je vois que vous départagez de plus en plus nettements les bons et les méchants. Mais quoi que vous en disiez, s'il faut en effet convenir que les québécois sont tolérants, ils ne le sont heureusement pas tous de la manière que vous leur assignez sous couvert de leur reconnaître des vertus qui ne vous servent qu'à les tirer à vous.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 juin 2019 21 h 47

      Madame Boissinot, quand le législateur fixe la norme, elle est toujours « normale ». Quand il s'abstient de la justifier, il faut en conclure qu'elle est aussi « évidente ». Quand les gens ne se comportent pas de la manière que nous estimons honorable, c'est forcément parce qu'ils manquent à la politesse et à la civiité la plus élémentaire. En langage courant...

    • Jean-François Trottier - Abonné 11 juin 2019 10 h 24

      @RMD
      Souverainistes poussifs de votre génération... Vous voulez "faire jeune" semnlr-t-il.

      Que dites-vous des anti-nationaleux primaires, issus du communisme Stalinien d'après-guerre, incapables de faire la différence entre la prise en main d'une nation et le nationalisme triomphant des états guerriers et impérialistes comme l'URSS et tous les partis communistes dont QS ?

      Leur intention de salir ce que les Québécois ont fait depuis 60 ans est très claire. Leur analyse n'a pas dévié d'un pouce depuis longtemps, comme une montre arrêtée-cassée-finie qui continue à vivre dans sa religion, puisque religion communiste il y a.

      Vous y êtes confortable j'espère. parce que vos intentions sont claires : planter tout ce quie s'appelle mieux-vivre au Québec pour provoquer votre petite révolution qui comme toutes les révolutions fera du mal surtout aux plus démunis.
      Le mieux-vivre passe par le respect de la liberté des uns et des autres dans des limites raisonnables, dont la liberté de ne pas voir les enfants subir des dignes d'oppression utilisés depuis des muillénaires pour écraser les gens.

      Je sépare en menteurs, hypocrites et prétentieux d'un bord, qui préfernen les oppresseurs aux oppressés pour des raisons tactiques, et de nécessaires limites et respect des gens de l'autre. Votre choix est fait, assumez-le maintenant et tant pis pour vous.

      Votre bataille en est une d'arrière-garde, bonne pour les impérialistes Anglais, fédéralistes et autres néolibéraux, racistes et âgistes au surplus comme vos propos ici-même.

      Je réponds exactement sur le même ton que vous, sauf que mes arguments, ben, ils se tiennent.
      Les vôtres sont tombés avec le mur en 1989.