Diversité religieuse, culture québécoise, régulation étatique

«La laïcité française protestante est doublement étrangère à la société québécoise, une société anglicane à majorité catholique, dont la religiosité a été marquée aussi par le presbytérianisme», note l'auteur.
Photo: Matt Dunham Associated Press «La laïcité française protestante est doublement étrangère à la société québécoise, une société anglicane à majorité catholique, dont la religiosité a été marquée aussi par le presbytérianisme», note l'auteur.

Le Québec est une société libérale où la religion est une affaire publique, dont la structure sociopolitique est anglicane, moyennant des aménagements catholiques qui s’y sont greffés. La Confédération canadienne, dans ses diverses constitutions, est confessionnellement neutre depuis 1856, et un règlement québécois dans ce sens remonte à 1834. Elle n’exclut pas la religion de préférence, son traitement public varie selon les territoires fédéraux et les États fédérés.

La laïcité française protestante

Sur cette société on a plaqué, suivant des stratégies que je passe outre, la laïcité française version protestante, entendons réformée. À titre indicatif, elle est axée sur les deux royaumes, le religieux et le politique, le transcendant et l’immanent, chacun autonome avec ses règles propres, donc sans rapport sauf par les individus. Cette forme de laïcité visait à mettre fin à la catholaïcité, pour qui la sphère religieuse et la sphère politique, si distinctes soient-elles, entretiennent des rapports relationnels par compromis, individuels et institutionnels. La catholicité a finalement déclassé la protestante. La société française, et ce, depuis le concordat de Bologne en 1516, affirme une finalité symbolique transcendante, en référence à l’héritage catholique. Les grandes fêtes catholiques sont fériées, parmi les nombreuses coutumes du même ordre dans la sphère publique. L’histoire de la France de culture catholique s’avère mouvementée, conflictuelle, avec ses avancées et ses reculs.

La laïcité française n’interdit pas le port de la croix ou le voile des religieuses dans la fonction publique, ni l’enseignement religieux à l’école publique, à ceci près que cet enseignement est dispensé dans le cadre de l’histoire, de la littérature, de quelque matière scolaire. L’inculture religieuse grandissante des enseignants a suscité la question d’un enseignement de la religion comme tel, en particulier du christianisme. Le débat se poursuit. Par ailleurs, jusqu’où s’étend l’espace public de la laïcité ? Qu’en est-il de la liberté de mouvement si la rue est considérée comme laïque ?

La laïcité française protestante est doublement étrangère à la société québécoise, une société anglicane à majorité catholique, dont la religiosité a été marquée aussi par le presbytérianisme, celui-ci d’allégeance calviniste. Les rapports entre les églises chrétiennes et l’État, complexes, donnent lieu à des transactions étonnantes aux yeux extérieurs. Cette complexité rejaillit sur les rapports étatiques avec les religions non chrétiennes. La simplification rassure, éblouit par sa cohérence interne, mais fausse la compréhension de la réalité et la portée des décisions conséquentes. La compréhension adéquate requiert la connaissance des théologies que sont la luthérienne des deux royaumes, l’anglicane de la primauté de la hiérarchie laïque sur la hiérarchie cléricale, la catholique du magistère romain et du fonctionnement institutionnel admettant le respect du for intérieur, de la conscience personnelle, le compromis des intermédiaires, la délégation des pouvoirs et le recours à l’autorité supérieure en cas de litige. Ce sont des indications. Cela dit, focaliser sur la théologie revient à emmurer l’intelligence : on ne saurait éviter de prendre en considération la rationalisation (démagification) et l’individuation (autonomisation et sectorisation) des sociétés occidentales.

Raccourcis de la discussion du PL 21

Dans la discussion publique du moment, la relation pédagogique est carrément ignorée, alors que l’influence de l’enseignant ou du préposé scolaire passe par la parole, des incises apparemment innocentes, par des gestes ou l’attitude, peu importent les signes religieux, lesquels toutefois sont en mesure de confirmer le positionnement.

La mémoire historique est courte, en place de l’idéologie, comme il en fut dans les années 1960. Le spectre de la totalité catholique est évoqué dans des termes absolus, ce que des études historiques relativisent, sinon contredisent, dont des récentes publiées par les éditions universitaires de McGill-Queens.

Les instances confessionnelles, pourtant concernées, ne sont pas consultées, comme a cours l’art de gonfler un fait personnel, ethno-religieux, et de lui conférer un caractère global, à la grandeur du pays et de son histoire. La discussion paraît déficiente, faute de considérer l’autre de la relation en jeu. Dans les mots de Pierre Bourdieu, parler au nom de, c’est parler à la place de, c’est réduire au silence.

52 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 30 mai 2019 06 h 34

    Que de mots!

    Que de mots qui mènent où? Je ne le sais pas! Liberté d'expression oblige sans doute!

    M.L.

    • Louise Melançon - Abonnée 30 mai 2019 08 h 59

      Vous avez raison, monsieur Lebel, c'est très dificile de comprendre ce texte... d'où ça vient, où ça va....

    • Claude Gélinas - Abonné 30 mai 2019 10 h 17

      Je souscris à ces deux commentaires. De l'enculage de mouches !

  • Françoise Labelle - Abonnée 30 mai 2019 06 h 38

    De l’art de gonfler un fait personnel, ethno-religieux

    «La discussion paraît déficiente, faute de considérer l’autre de la relation en jeu.»
    Encore cette confusion entre le prosélytisme intégriste et la religion (que Bourdieu définit comment à défaut de consulter le bon dieu?). En prenant pour acquis que les pratiquants de diverses confessionnalités soutiennent le port de signes plus ethnos que religieux, au service de l'État et non dans l'espace public, vous réduisez ces autres au silence.

  • Claude Bariteau - Abonné 30 mai 2019 07 h 23

    « La laïcité française n’interdit pas le port de la croix ou le voile des religieuses dans la fonction publique » est une affirmation qui demande des précisions

    La laïcité française assure, c'est connu, la diversité des pratiques religieuses. À ce titre, elle ne peut pas interdire tout port de signes religieux.

    La neutralité de l'État le fait dans ses institutions pour son personnel, ces institutions étant la fonction publique, qui comprend les services de santé et ceux de l'enseignement.

    Sans cette distinction, il y a introduction d'une confusion.

    ---

    L'autre point, qui est « parler au nom de », n'est pas du même ordre.

    L'État ne parle pas au nom des confessions religieuses, mais au nom de l'État.

    L'État dit seulement qu'en son sein, le religieux est acceptable à certaines conditions mais pas chez ses employ/e/s.

    Rien n'empêche un élu ou une élue de porter des signes religieux et rien n'empêche une personne de le faire pour recevoir un service de l'État. Par contre, les personnes qui offrent ces services, sont tenues à la neutralité.

    Sous cet angle, l'État ne parle pas à la place ni ne réduit au silence. Il fait de ses institutions ce qu'il est en droit de faire comme font des leurs les confessions religieuses.

    Votre écho à Bourdieu néglige cette nuance.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 30 mai 2019 08 h 40

      « Par contre, les personnes qui offrent ces services, sont tenues à la neutralité. »

      Ce que cet énoncé normatif ne dit pas, sous ses airs tout pragmatiques et innocents, elle le dit pourtant « à la place de » ceux qui pourraient avoir l'envie de le déplier. Les instances confessionnelles pourraient avoir une idée différente de ce en quoi consiste la neutralité, sur la manière d'y pourvoir et, évidemment, sur l'incidence des signes distinctifs de la croyance. En l'occurrence, l'État ne fait pas que parler au nom de l'État, il indique surtout que ce point de vue n'a pas de « place » dans l'ordre des discours même seulement recevables. Il ne dit que ce qui
      est nécessaire pour tenir au silence. Pour assurer la prépondérancee de sa Place, il la verrouille d'avance contre les recours judiciaires avec le regret de devoir réexaminer dans cinq ans les préceptes découlant des vérités éternelles. Parce que c'est « comme ça » (comment?) qu'on vit au Québec.

    • Claude Bariteau - Abonné 30 mai 2019 09 h 33

      M. Maltais-Desjardins, l'État a comme référent les électeurs et les électrices, pas les représentants religieux. Ça ce fut une pratique découlant d'une reconnaissance aux communautés religieuses d'une activité d'enseignement et de soins. Ça s'est passé sous le gouvernement du Canada-Uni et, pour votre gouverne, M. Brown, un réformiste d'origine écossaise, en fut outré parce qu'une des conséquences fut un pouvoir politique par alliances qui força la reconnaissance d'écoles confessionnelles dans la section-ouest.

      Il est revenu avec ce point dans le projet qui allait déboucher sur le Dominion of Canada avec, comme principe, de transférer la responsabilité de l'enseignement et des services aux entités provinciales. Au Québec, cela a débouché sur un appui des communautés religieuses aux conservateurs de la section-est. Le Dominion créé, il y eu un transfert à la province de Québec de cette responsabilité, qui la confia aux communautés religieuses.

      Depuis, le dialogue avec les confessions religieuses a disparu et les institutions d'enseignement public sont devenus des institutions de langue française et de langue anglaise.

      ---

      Ces précisions faites, le seul dialogue avec les confessions religieuses sur l'enseignement concerne les écoles confessionnelles. S'agissant de la fonction publique, l'introduire consisterait à reconnaître à ces confessions un statut public qu'elles n'ont pas.

      Cela dit, rien n'empêche les dirigeants des confessions religieuses de s'exprimer publiquement. À ma connaissance, peu d'entre elles ne l'ont fait en ragard du PL21.

    • Jean-François Trottier - Abonné 30 mai 2019 09 h 49

      @RMD
      Pas du tout.
      L'État ne dit rien "à la place de" ici, même si en d'autres circonstance c'est le devoir des député : il sont payés pour ça, ben oui!

      Contrairement à ce que vous semblez avancer (on sait jamais avec le brouillard perpétuel qui entoure chacun de vos circonlocutions sentencieuses.), les signes religieux parlent mais l'absence de signes religieux ne parle pas.

      Votre logique suit une dichotomie religion/pas religion.
      Dès qu'on parle hors des religions ça ne tient plus debout.
      Il me semble que c'est un sophisme de confusion, non? Mon Cegep est un peu loin disons.

      Ce n'est pas l'État qui verrouille les recours judiciaires, ce sont des recours judiciaires conçus en fonction du droit divin qui verrouillent les lois puisque, parmi les organes étatiques, c'est le seul contre lequel il n'existe aucun recours possible.
      Cet énoncé est un sophisme d'observation et plus précisément d'observateur. Vous vous placez dans une perspective faussée : dieu.
      Bel essai. Raté.

      Pas très honnête tout ça. Dès lors je suppose vous savez ce qui advient de vos "vérités éternelles", qui ne passent évidemment pas la rampe. Sinon les loups, les pingouins et les abeilles y seraient soumis!
      On a l'éternité assez ponctuelle merci. On dit... Sophisme de généralisation indue ? Pas sûr... En tout cas, tout croche, ça c'est sûr!

      Parler sérieusement de "vérités éternelles" relève d'une pensée absolutiste que je crains pour mille raisons.
      Qu'en est-il chez vous ?

      Votre ton est trop pompeux pour rire des gens comme ça. Vous ne concevez pas la notion que l'écriture pourrait servir à être compris, hein ? Plus c'est abscons, mieux c'est. Pitoyable.
      Au cas où vous en douteriez, ce n'est pas pour vous que j'écris. Vous êtes rendu bien trop loin dans les méandres de la mauvaise foi pour que je perde mon temps.

      Pour votre dernière phrase...
      Wow! Vous jugez de "comment on vit au Québec"? C'est bien pire que de parler au nom des autres ça...

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 30 mai 2019 09 h 58

      Je ne crois pas que monsieur Turcotte demande à l'État d'engager avec les confessions religieuses un « dialogue » sur fond de reconnaissance d'un statut public qu'elles ne revendiquent d'ailleurs plus depuis au moins la déconfessionnalisatin du système scolaire. Je ne dis pas, évidemment, qu'il n'y a pas des résistances à cet égard, mais il ne faut pas prendre prétexte de ces mouvances plus intégristes pour adopter une position exagérément défensive. Que le mainstream religieux ne se soit pas prononcé peut avoir toutes sortes de motifs, dont l'exclusion tacite dont il est l'objet dans le cadre des discussions formelles sur PL21, mais aussi et moins commodément parce qu'il n'a pas les visées dont on prétend devoir se prémunir par le moyen des interdictions projetées.

      Concernant le « référent » de l'État, il est vrai que c'est « l'électeur » qui peut seul prétendre à ce titre. Vous savez d'ailleurs que c'est le point de départ de ma définition pas si personnelle de la laïcité. Cependant, pour s'élever à cette condition, le citoyen n'a pas à mettre au placard tout ce qui ferait sa différence comme individu ou comme membre d'un groupe à l'égard du concept général. Bref, l'électeur, c'est aussi quelquefois un croyant et quelquefois quelqu'un dont les appartenances ne sont pas les miennes ou les vôtres et qui ne sont pas plus essentiellement légitimes pour être plus largement partagées.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 30 mai 2019 10 h 26

      Monsieur Trottier, j'ai signalé votre commentaire.

    • Jean-François Trottier - Abonné 30 mai 2019 21 h 03

      Pas la moindre trace d'attaque personnelle dans icelui.

      Ne pas souffrir la critique, pour une personne qui critique tout ce qui bouge en termes de "vérité éternelle", y a quelque chose qui cloche.

      Absolument.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 30 mai 2019 22 h 44

      Monsieur Trottier, je suis bien content d'apprendre que votre intention n'était pas de m'attaquer personnellement. Le ton agressif de votre réplique m'aura induit en erreur. Je suppose aussi que la raillerie n'a rien de méprisant et que quand vous dites que ce que je dis n'est pas honnête et que j'accumule les sophismes, ce doit être au bénéfice de la discussion. De même que « pompeux », « abcons », « pitoyable » devraient être considérés comme des objections concernant ce que je soutiens et non des injures adressées à quelqu'un avec qui vous déclarez par ailleurs ne pas vouloir perdre votre temps tant il est de « mauvaise foi ».

      On dira que je veux vous censurer. Mais je me permets de citer ceci, concernant les règles de participation aux commentaires:

      « Le Devoir souhaite offrir un espace de commentaires respectueux, où la pluralité et la diversité des voix priment. Les commentaires contenant des propos injurieux seront supprimés. Nous encourageons les internautes à faire preuve de respect et de courtoisie. »

      Comme vous connaissez ces règles aussi bien que moi et que vous êtes soucieux de les respecter scrupuleusement, je conclurai que si j'ai eu l'impression du contraire, c'est que vos intentions réelles m'auront échappé. Avouez pourtant qu'il y a de quoi être un peu perplexe.

    • Jean-François Trottier - Abonné 30 mai 2019 23 h 56

      M. Maltais Desjardins,

      Vos textes font partie du domaine public, je les commente.

      C'est dans l'esprit du plus grand respect pour le lecteur que je l'informe des torsions de logique que vous utilisez pour passer vos messages.

      J'ai descendu en flammes votre texte parce qu'il est en effet boursouflé de sophismes et de contres-vérités. Vous n'essayez même pas de prétendre le contraire, j'en conclus que vous êtes d'accord avec moi mais que vous détestez être contredit.
      Vous préférez laisser entendre que je suis impoli. Toujours pour ne pas répondre?

      Il n'y a de vérités éternelles que dans les religions. Pourtant vous les liez à des décisions de juges, qui ne sont ni dieux ni anges. Ils ne représentent rien du tout même si leurs décisions sont plus lourdes que la loi.
      Mais "vérités éternelles"? Sur le coup j'ai cru à un gag tellement j'ai trouvé ça grossier, pompier.
      Vous enfermez votre discours dans ce cadre de pensée religieux dans un contexte où l'on parle de laïcité, ce qui sème certainement la confusion. Puis vous en concluez que le gouvernement ne détient pas de légitimité. Or s'il y a un sujet sur lequel le gouvernement a de la légitimité, c'est bien celui des signes religieux : une grande partie de sa campagne électorale a été faite sur cette promesse et ses appuis n'ont pas baissé par la suite. Votre assertion alors n'aura de sens que si vous démontrez dans le détail ce que vous avancez.

      La pluralité compte dans les commentaires. L'honnêteté intellectuelle aussi je crois.

      La diversité m'a jamais voulu dire qu'on peut accumuler tant de sophismes que personne ne s'y retrouvera.

      Je dois passer beaucoup de temps à décortiquer vos phrases alambiquées.
      Si vous êtes "un peu perplexe", c'est peut-être de voir qu'une personne a pris le temps de vous comprendre?
      En philo 101 vous auriez coulé. Sûr.

      Enfin, votre dernière phrase était désagréable, pas un peu ni à moitié.
      Pour la politesse vous repasserez.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 31 mai 2019 13 h 32

      Une fois de plus, monsieur Trottier, vous préférez m'interpeller, me prêter des motifs, vous ériger même en protecteur du respect dû au lecteur! Rien que ça. Sans vouloir vous blesser, si votre mitraille fait bien du bruit et bien de la boucane, il n'en résulte peut-être pas les dégats que vous espérez.

      C'est peut-être ma faute, mais je crois que vous n'avez pas compris ce que je voulais dire. Un échange aurait permis d'y voir clair. Vous n'en aviez manifestement pas envie. Cela, ce n'est pas ma faute.

    • Jean-François Trottier - Abonné 31 mai 2019 16 h 24

      @RMD

      Ou bien vous mentez effrontément, ou bien vous ne savez pas lire.

      Je ne vous attaque nulle part, je ne parle que de vos textes. Je ne vous prête aucun motif.
      Je ne m'érige en rien, je dis seulement que je respecte le lecteur. Pas vous?
      Quand je lis un texte bourré de pièges, je le dis. Vous le prenez à titre personnel, grand mal vous fasse, ce n'est pas mon problème.

      Le texte d'origine ici est tout ce que vous voulez, un poème, un gribouillis, un tag, une calvitie précoce ou des cornichons marinés, mais pas une réflexion.
      Revenez à la charge cent fois, la réponse restera que c'est un piège à cons.

      Quand à échanger, il semble que vous vous y refusiez totalement. Sinon vous auriez amorcé cet échange depuis très longtemps, en commençant par nommer vos intentions et vos sentiments, ce que j'ai eu un mal de chien à avoir de votre part en plusieurs semaines de travail acharné, et tout ça pour recevoir un vague aperçu qui vantait les flous du programme de QS qui permettent n'importe quoi. Grande surprise!
      Je me suis alors dit que c'était mieux que rien.

      Vous seul vous empêchez de dire le fond de votre pensée.
      Certainement pas moi en tout cas, je passe mon temps à vous demander d'être plus clair!

      Pour ma part mes intentions sont nommées depuis longtemps en ce qui concerne le débat actuel.
      Mes sentiments, itou.
      Mes posistions, aussi.
      Les raisons de ces positions, tout autant.

      Par exemple vous m'avez demandé de justifier en quoi le Canada est un pays religieux, Je l'ai fait le plus limpidement que j'ai pu, par respect pour mon lecteur, vous en l'occurence.

      Je ne joue pas dans les eaux troubles des sophismes. Je respecte le lecteur, que je crois pouvoir amener à considérer mes opinions. Quant à ses décisions, elles restent siennes.

  • Cyril Dionne - Abonné 30 mai 2019 07 h 43

    Pour faire court sur la discussion des religions organisées et le projet de loi 21 sur la laïcité

    On sait tous que les amis imaginaires, extraterrestres et magiques n’existent pas. Alors, pourquoi leur faire une place si grande aujourd’hui dans la sphère publique? On n’a rien à cirer des instances historiques et sociologiques des religions organisées. Nous sommes bien en 2019?

    Ceci dit, parlons d’idéologies politico-religieuses que sont les superstitions ou religions. Les enseignements de la religion sur l'origine du cosmos et sur l'origine et le développement des espèces biologiques contredisent une science bien établie. Tous les arguments traditionnels pour l'existence de dieu ont un des défauts des plus importants; rien n’a jamais été prouvé. Toutes les tentatives traditionnelles pour expliquer en quoi la souffrance qui afflige les créatures sensibles sont compatibles avec un dieu tout-puissant est tout simplement un exercice de sophisme et on est poli. Les écritures religieuses constituent des mythes et des fables contradictoires, non historiques et, dans le cas du coran, largement plagiés. La religion est patriarcale et dénigre les femmes. La religion enflamme l'hostilité tribale et ethnique. Les codes moraux promus par les religions sont superficiels et incomplets et, dans certains cas, « immoraux ». La religion inflige des dommages physiques et psychologiques aux enfants par filiation et endoctrinement. La religion trouve un problème pour chaque solution raisonnable au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie et ailleurs. La prière ne marche pas. Plusieurs comparent la religion à la maladie mentale, affirmant qu'elle permet aux êtres humains normaux de récolter les fruits de la folie et de considérer des malades mentaux comme des saints.

    Ici, on ne parlera même pas des crimes d'honneur, la lapidation, la modification génitale, la mutilation des femmes, des guerres saintes, du terrorisme religieux et de la suppression du progrès scientifique.

    Ce serait bien que tout ceci sont réduit au silence et disparaître à jamais de la mémoire de l’humanité.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 30 mai 2019 09 h 29

      Monsieur Dionne, comme votre opinion générale sur la question est pas mal connue, il aurait été intéressant de savoir de quelle manière vos lumières vous ont servi à analyser et critiquer le texte de monsieur Turcottte.

    • Cyril Dionne - Abonné 30 mai 2019 10 h 11

      M. Desjardins, votre commentaire se passe de commentaire. Une perte de temps et d'énergie.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 30 mai 2019 12 h 10

      On vous demande de commenter le texte. Vous vous en offusquez. On vous met des pouces en l'air. L'état de la discussion...

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 30 mai 2019 14 h 55

      M. Dionne a bien raison. Non seulement MRD perd son temps, mais il en fait perdre aux autres. C'est coutumier.

    • Cyril Dionne - Abonné 30 mai 2019 15 h 49

      Cher M. Desjardins,

      Je n'ai pas envie de discuter du sexe des anges ou bien de combien d'anges peut-on mettre sur la tête d'une épingle. Les discours philosophiques à n'en plus finir en se référant toujours à des philosophes morts et enterrés depuis longtemps ne m’intéressent guère, laïcité française protestante oblige. Sur ce thème, vous pouvez poursuivre la discussion avec M. Therrien. Il semble aimer cela, la théologie.

    • Marc Therrien - Abonné 30 mai 2019 17 h 13

      M. Dionne,

      Je ne sais pas si la façon que vous avez parfois de m’interpeller est un signe que vous m’apprécier un tout petit peu malgré tout même si mon propos ne mérite pas un «J’aime». Quand il m’arrive de penser avec les morts, c’est que je ne trouve pas de pensée vivante qui peut mieux exprimer ce que j’ai à dire sur ce qu’il y a à dire. C’est pour ça, j’imagine, que l’humain s’est donné la peine d’apprendre à écrire et ensuite, de conserver ses écrits par millions dans des milliers de bibliothèque. Que deviendrait l’humanité sans mémoire et histoire pour apprendre?

      Pour le reste, quand je vois ce qui se passe dans les chambres à échos que deviennent de plus de plus les fils de commentaires des différents journaux et que j’évalue ce que ça prend pour exister dans le monde des «J’aime», je ne peux que ramener à la mémoire cet avertissement de Alexis de Tocqueville dans «De la démocratie en Amérique» lorsqu’il s’inquiète de la puissance de la majorité qui «agit sur la volonté autant que sur les actions» et qui «menace l’indépendance d’esprit» aussi bien que «la véritable liberté de discussion» lorsqu’elle «trace un cercle formidable autour de la pensée». Celui qui ose sortir de ces limites de la pensée majoritaire s’expose alors à la mauvaise humeur ostracisante : «Vous resterez parmi les hommes, mais vous perdrez vos droits à l’humanité.»

      Marc Therrien

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 30 mai 2019 08 h 54

    Une lettre savante réservée aux savants

    Quelqu'un peut traduire, svp ?

    • Marc Therrien - Abonné 30 mai 2019 10 h 41

      Essentiellement, j'en comprends que si le concept de la laïcité renferme ceux de la politique et de la religion qu'on essaie de séparer, avec PL21, on les a tellement bien séparés qu'on a parlé beaucoup plus de politique que de religion. Aussi, l'auteur démontre que c’est trop simple voire simpliste de dire que la laïcité caquiste pour la Nation Québec s'inspire de la laïcité française. Enfin, l'auteur pense que parler de laïcité sans faire appel aux courants théologiques qui pourraient éclairer davantage le débat est un symptôme de la préséance de l’immanence sur la transcendance qui est en voie d’être neutralisée.

      Marc Therrien