Immunisés contre la croyance?

«On peut adhérer à la laïcité comme principe politique, mais la promotion de la laïcité devient fanatique quand l’hostilité envers les religions l’aveugle et qu’elle fait de leur disparition (symbolique ou réelle) une sorte de guerre sainte», croit l'auteur.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «On peut adhérer à la laïcité comme principe politique, mais la promotion de la laïcité devient fanatique quand l’hostilité envers les religions l’aveugle et qu’elle fait de leur disparition (symbolique ou réelle) une sorte de guerre sainte», croit l'auteur.

Théologien de profession, j’ai évolué toute ma vie dans un monde de croyance. C’est-à-dire dans la société qui est la nôtre, où se côtoient toutes sortes de postures croyantes : religieuses, spirituelles, philosophiques ou autres. La sécularisation et la mondialisation ont mis à mal les traditions religieuses particulières et favorisé le brassage des croyances, ce qui fait que la plupart des gens, plutôt que de s’inscrire dans une tradition ou une école de pensée bien définie, se constituent un bagage personnel de croyances diverses, plus ou moins réfléchies et plus ou moins bien articulées.

Si j’insiste ainsi sur le terme « croyance », c’est pour contester l’idée selon laquelle il y aurait d’un côté des « croyants » et de l’autre des « incroyants ». Chaque personne croit en certaines choses et ne croit pas en d’autres, qu’elle se considère comme religieuse ou non. La personne qui se dit non religieuse préférera parler de convictions, de valeurs ou de principes, mais son attachement à ceux-ci, si raisonné soit-il, demeure de l’ordre de la croyance. Le doute en fait également partie. Il n’y a pas d’un côté la croyance aveugle et de l’autre le doute éclairé : il n’y a, à mon avis, que diverses dynamiques de croyances traversées par un doute plus ou moins bien assumé, et un sens critique de niveau variable. Il y a enfin plusieurs intensités dans la croyance : j’aime à distinguer, pour faire court, la simple adhésion, la ferveur et le fanatisme.

La croyance est partout

Tout ceci pour dire que je suis très sensible à l’argument de Michèle Marchand, publié le mercredi 15 mai, selon lequel une société débarrassée de ses fondements religieux peut encore s’empêtrer dans le martèlement des convictions et des certitudes, et qu’elle a intérêt à « miser sur les débats publics et les compromis ». Là où je ne peux pas la suivre, c’est lorsqu’elle nous pense « « immunisés » contre la croyance sous toutes ses formes ». La croyance est partout et très active, même chez les personnes non religieuses, et surtout chez celles qui se disent (croient !) parfaitement rationnelles.

Ce qui me dérange profondément dans ce qui se passe présentement, c’est qu’un certain type de croyance (les croyances religieuses, en particulier celles de l’islam) soit pris à partie au nom d’autres croyances qui ne s’assument pas comme telles. Le problème du débat actuel n’est pas la réalité de la laïcité, c’est-à-dire l’indépendance et la non-ingérence de l’État par rapport aux religions, mais l’idéologie de la laïcité, c’est-à-dire la croyance selon laquelle notre société serait plus humaine, plus égalitaire, plus juste, plus évoluée, etc. dans la mesure où elle parviendrait à faire disparaître les religions, sinon entièrement, du moins de l’espace public. Il y a des fanatiques de la laïcité. On peut adhérer à la laïcité comme principe politique, on peut également y croire avec ferveur, mais la promotion de la laïcité devient fanatique quand l’hostilité envers les religions l’aveugle et qu’elle fait de leur disparition (symbolique ou réelle) une sorte de guerre sainte.

Si, avec beaucoup d’autres, je crois si dommageable le projet de loi 21, c’est qu’il entérine la croyance de ceux et celles qui, fervents ou fanatiques, veulent imposer à l’ensemble de la société leur vision d’une humanité sans croyance. Si la tolérance est une vertu si importante en démocratie, une vertu apprise à la dure, c’est que l’histoire a démontré avec quelle violence les croyances et convictions peuvent se dresser les unes contre les autres. La coexistence et le côtoiement des diverses postures croyantes représentent une voie certainement plus difficile, mais plus prometteuse, et moins illusoire.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

85 commentaires
  • Jacques Gagnon - Inscrit 16 mai 2019 03 h 26

    Le respect simplement

    Ce que madame Marchand a oublié, c'est le respect. Le respect des autres veut que l'on ne les mette pas à mal avec nos croyances, qu'on ne les envahisse pas. Quand on s'affiche on envahit les autres. La spiritualité c'est intime, et dès lors que l'on veut la partager il faut le faire dans le respect pour que cela ne devienne pas une religion.

    • Serge Pelletier - Abonné 16 mai 2019 16 h 39

      Et que dire des petites ignares qui s'identifient par un vêtement quelconque: "je suis quelqu'un, je ne suis pas comme les autres, ce type de vêtement fait parti intégral de moi... "

      Il fut un temps où l'on disait "Denise la fille de Marguerite", "Pierre le fils de Jean"... L'on était quelqu'un selon les ancêtres.
      Puis, en un autre temps, contemporain celui-là, l'on disait "je suis un avocat", "je suis une infirmière', "je suis... L'on s'identifiait par la catégorie d'emploi qui était occupée.

      Puis, par insignifiance intellectuelle, de nos jours, des bigots de toutes catégories s'identifient par une pièce de vêtement quelconque...

      Pour ces dernières personnes, la consultation n'est pas dûe, cette date est dépassée depuis belle lurette...

  • Jean Duchesneau - Abonné 16 mai 2019 03 h 31

    L’école est un lieu de transmission de connaissances, pas de croyances!

    On s’attend de l’enseignant qu’il réponde à ce mandat sans biais cognitif lié à son apparence.

    Dans votre texte M. Mager, à nulle occasion vous faite référence à l’école, aux élèves, aux enseignants. Comme parent, je ne veux pas que mon enfant soit exposé au discours d’un(e) enseignant(e) qui, par ses symboles religieux, véhicule l’idée que les filles sont inférieures aux garçons ou que l’homosexualité est une maladie ou un péché. La tolérance n’est pas toujours une vertu.

    L’école n’enseigne pas la « société » mais un programme d’études.

    • Robert Mager - Abonné 16 mai 2019 15 h 46

      Monsieur Duchesneau, nos enseignants sont des éducateurs (en fait, des éducatrices, pour la plupart), et l'éducation est une entreprise beaucoup plus complexe que la simple transmission de connaissances. Nos éducateurs s'investissent dans leur enseignement avec tout ce qu'ils sont, c'est-à-dire avec leur histoire personnelle, leur vision du monde, leur convictions, leurs valeurs, leur créativité, etc. Leurs élèves sont en contact avec tout cela, et tant mieux, parce que la qualité d'être des éducateurs est déterminante pour la réussite de leur acte éducatif. Bien sûr, les éducateurs ne doivent pas profiter de leur position privilégiée pour endoctriner leurs élèves de quelque manière que ce soit, sur quelque sujet que ce soit (religion, politique, science, morale, etc.), et ils ont ainsi un devoir de réserve. Mais les écoles sont déjà en mesure de prévenir et de sanctionner le prosélytisme, quelle qu'en soit la teneur. Penser que le simple fait de signifier son adhésion à une religion particulière équivaut à du prosélytisme me paraît excessif, et ne se comprend que dans le cadre d'une vision extrêmement négative du fait religieux.

    • Cyril Dionne - Abonné 16 mai 2019 17 h 54

      Cher M. Mager,

      « Mais les écoles sont déjà en mesure de prévenir et de sanctionner le prosélytisme, quelle qu'en soit la teneur. »

      Faux. J’ai vécu, en plusieurs occasions comme enseignant, des situations où je savais que des enseignants faisaient du prosélytisme en salle de classe et dans les couloirs avec la bénédiction de la direction par qu’elle avait l’aval du conseil scolaire public en Ontario. Pardieu, les commissaires scolaires élus par acclamation étaient presque tous de la même église. Je me rappelle siéger comme conseiller pédagogique à une réunion du CA avec les élus du conseil public et ils faisaient une prière avant de commencer l’assemblée. Il ne faut jamais prendre rien pour acquis lorsqu’il s’agit de religion organisée. Si vous engagez des enseignants qui insistent pour porter avec ostentation des signes religieux, c’est que leur religion est plus importante que leur profession en tant qu’agent de l’État. Vous pouvez être assurez que le prosélytisme sera au rendez-vous. Misère.

    • Christian Roy - Abonné 16 mai 2019 18 h 45

      @ M. Mager,

      Vous avez trouvé le bon mot M. Mager: "excessif".

      Je l'associerais au mot "fanatique"... mais le MLQ en serait bien vexé. ;)

      Il est temps que le gouvernement sonne la fin de la récré et joue son rôle de rassembleur respectueux à la fois des principes fondamentaux de la laïcité et du droit d'afficher publiquement (sans préjudice, discrimination et ostracisme) ses croyances religieuses. Me semble que serait là son rôle plutôt que de jeter de l'huile sur le feu. Qu'il conserve le statu quo au sujet des enseignants, qu'il dise la vérité aux parents effarouchés. Ils perdront vite leurs scénarios catastrophes montés en épingle. Il faut rassurer les gens et non pas les confirmer dans leurs préjugés négatifs.

      Ne s'agit-il pas de "Notre gouvernement" ? Gouvernement de qui ? De quel "notre "parle-t-on...?

      Je souhaite sincèrement que ce soit le gouvernement de tous... voilà le travail qu'il a à faire. Mais voilà... la CAQ a-t-elle la colonne nécessaire ?

    • Jean Duchesneau - Abonné 16 mai 2019 19 h 46

      "l'éducation est une entreprise beaucoup plus complexe que la simple transmission de connaissances."

      Permettez-moi de vous dire que j'ai été enseignant au cégep pendant 22 ans, que j'ai une maîtrise en éducation et que j'ai été très impliqué, avec des spécialistes du Ministère de l'éducation, dans le développement de plusieurs programmes d'études dont un au Maroc.

      Un programme d'études est structuré en fonction de compétences et de connaissances à acquérir. Vous avez raison, l'enseignement est une profession exigente qui impose un devoir de réserve . Toutefois, permettre l'exibitions de symboles controversés, qu'ils soient politiques ou religieux, c'est totalement contraire au devoir de réserve et c'est souvent contre productif.

      "Si tout se vaut, alors rien ne vaut" André Comte-Sponville

    • Christian Montmarquette - Abonné 16 mai 2019 21 h 58

      @Cyril Dionne,

      "Si vous engagez des enseignants qui insistent pour porter avec ostentation des signes religieux, c’est que leur religion est plus importante que leur profession." - Cyril Dionne

      Un procès d'intention à la hauteur de vos préjugés habituels.

      - En quel honneur une pratique religieuse devrait-elle remettre en question les compétences et le professionnalisme d'un enseignant dûment accrédité par l'État et notre système d'éducation lui-même?

      Je lisais votre belle mise en contexte et je me demandais à quel moment vous alliez nous sortir une autre de vos énormités.

      Et bien voilà, encore une fois, ça n'a pas été bien long.

      Christian Montmarquette

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 17 mai 2019 07 h 42

      « Toutefois, permettre l'exibitions de symboles controversés, qu'ils soient politiques ou religieux, c'est totalement contraire au devoir de réserve et c'est souvent contre productif. »

      Dommage que vous ne mettiez pas à profit vos états de service et vos compétences autrement que pour répondre aux remarques de monsieur Mager autrement que par la seule répétition de cette présomption de rupture du devoir de réserve. Je comprends qu'elle puisse sembler aller de soi pour bien du monde, mais nous pouvons faire mieux.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 17 mai 2019 07 h 46

      « Si vous engagez des enseignants qui insistent pour porter avec ostentation des signes religieux, c’est que leur religion est plus importante que leur profession. »

      Dans ce cas-ci, on devra y renoncer.

      Mais une question : à quand remonte votre expérience au conseil scolaire public de l'Ontario?

  • Nadia Alexan - Abonnée 16 mai 2019 03 h 35

    La laïcité est le seul rempart contre le prosélytisme et l'ingérence de la religion dans les affaires de la Cité.

    Vous racontez des sophismes qui n'ont pas à la hauteur d'un professeur d'université, monsieur Robert Mager.
    Au contraire, la laïcité ne se pose pas du tout «comme une croyance au même titre que l’islam» comme vous le suggérez. La laïcité est le seul rempart contre l'ingérence des religions dans les affaires de la Cité et l'instrumentalisation de la religion à des fins politiques. La laïcité est le seul rempart contre le prosélytisme et l'ingérence de la religion dans les affaires de la Cité.

    • Robert Mager - Abonné 16 mai 2019 15 h 57

      Madame Alexan, veuillez noter que la phrase que vous citez n'est pas de moi. Il s'agit d'un "chapeau" rédigé par Le Devoir pour introduire mon article. Je ne soutiens pas que la laïcité soit "une croyance au même titre que l'islam", mais bien que la promotion de la laïcité prend une tournure idéologique quand elle s'en prend aux croyances religieuses en tant que telles. Quant au rempart que constituerait le fait de la laïcité, le moins qu'on puisse dire, c'est que l'exemple des États-Unis, où la laïcité de l'État est définie de manière très stricte dans la Constitution américaine, n'empêche malheureusement pas "l'ingérence de la religion dans les affaires de la Cité".

    • Réal Boivin - Abonné 16 mai 2019 18 h 27

      @ Robert Mager
      La laïcité américaine interdit à l'état de s'immicer dans les religions sous aucun prétexte. Ce qui donne aux religions un pouvoir disproportionné et qui situe les lois religieuses au dessus des lois civiles. Les enfants, par exemple, peuvent être privé de soins de santé si la communauté religieuse à laquelle adhère leurs parents interdit tout soins médicaux autre que la prière.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 17 mai 2019 08 h 36

      Il y a beaucoup de confusion autour de la notion de laïcité de l'État. Un État laïque, c'est tout simplement un État où le pouvoir appartient au peuple, au « lei » constitué par l'ensemble de ses citoyens, sans égard à leur appartenance de classe, de sexe, d'origine ethnique et, là où la question se pose plus spécifiquement, de leur croyances ou de leur appartenance à une religion. La laïcité de l'État n'est compromise que si une telle appartenance confère de droit ou de fait un surcroît de légitimité au détriment des autres. La neutralisation politique des religions n'est pas au principe de la laïcité, elle en est une conséquence au même titre que l'abolition de tous les autres privilèges ou discriminations. Les interdits éventuels doivent être dans le même rapport des principes aux conséquences et non être l'occasion de faire prévaloir politiquement une conception du monde et du bien sur l'autre, ce qui compromettrait la laïcité en constituant une classe de «véridiques» en gardienne de valeurs religieuses sans dieu jouissant par là d'une légitimité qui ne se servirait du poids du nombre que pour occulter cette rupture de l'égalité de tous.

      Même si cette idée déplaît viscéralement à notre grande démocrate, le principe de la laïcité a pour corollaire apparemment paradoxal que les religions jouissent comme n'importe quelle autre conception de la vie bonne du droit d'être reconnues au titre de la liberté d'expression, d'association et d'exercice des droits démocratiques. Elles ont ici le même droit que toutes les idéologies de chercher à rallier les suffrages en vue d'exercer le pouvoir de l'État. Un État intégriste musulman n'est pas une perspective qui me plait davantage qu'à notre grande démocrate, mais pas au point de réserver l'exercice des droits démocratiques à ceux qui ont raison.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 16 mai 2019 03 h 39

    «PL-21 entérine la croyance de ceux qui imposent leur vision d’une humanité sans croyance.» (Robert Mager)

    Bref ! La croyance non-croyante des non-croyants impose aux croyants la croyance non-croyante des non-croyants.

    Alors l'humanité déborde de croyances, puisque croyance et non-croyance c'est kif kif bourricot.

  • Serge Pelletier - Abonné 16 mai 2019 03 h 50

    Délire. Ô Délire, quand tu nous tiens...

    Que dire... Sauf la réalité des choses: Ô délire, quand tu nous tiens...

    Tous s'en mèlent, tous disent n'importe quoi, sur tout et rien... Tous se sentent en mission, en croisade... Pratiquement en transe de terreur devant le fait qu'un représentant de l'État ne puisse afficher un signe religieu quelconque lorsqu'il est au travail...

    Pourtant, c'est simple: actuellement les signes politiques sont interdits pour les employés de l'État (ou ses créatures étatiques). Ce qui est tout à fait normal, ou qui est jugé normal. Cela n'empêche aucunement un employé quelconque de l'État d'avoir des préférences politiques, de voter pour qui il veut, d'appartenir à un parti politique quelconque, d'avoir une carte de membre d'un parti politique quelconque dans ses poches... MAIS OBLIGATION FAITES ET OBLIGATOIRES DE NE PAS EXHIBITER SES PRÉFÉRENCES AU TRAVAIL...

    Pire, au travail il y a des codes vestimentaires que les employés doivent respecter... et le non respect du code d'hahillement peut conduire à des mesures disciplinaires allant jusqu'au congédiement...

    Pourquoi en serait-il autrement pour le port de signes religieux au travail, dans un service de l'État (ou des ses créatures)...

    • Jean Jacques Roy - Abonné 16 mai 2019 21 h 14

      Monsieur Pelletier,
      Permettez-moi de revenir sur votre argument où vous comparez les « signes » d’appartenace à un parti politique aux « signes » identifiant une croyance religieuse. Vous argumentez donc que dans les 2 cas la même règle d’interdiction pour un fonctionnaire de l’État de les porter devrait s’appliquer. Votre raisonnement semble logique puisque dans les 2 situations l’un et l’autre des fonctionnaires, dites-vous, ferait de la « propagande ».

      1- Première remarque. Comme vous le signalez, déjà le fonctionnaire « partisan » politique est tenu au devoir de réserve. Pas besoin d’ouvrir la Charte des droits et liberté pour que les fonctionnaires n’exercent pas du prosélytisme sur leur lieu de travail. La question devient secondaire s’il porte une cravate bleue ou rouge ou si la fonctionnaire porte ou non un foulard orange. La question de fond est à savoir si l’employé fait du prosélytisme pour embrigager à son parti.

      2- Deuxième remarque. Il en va de même pour les fonctionnaires qui tous et toutes sont porteurs de croyances: athées, agnostiques, sceptiques, religieuses et ou spirituelles. Tous et toutes sont soumis au devoir de réserve, c’est-à-dire de s’abstenir de faire de l’embrigadement ou de l’endoctrinement sur leur lieu de travail. Ce comportement éthique est déjà présent dans la fonction publique. Pas besoin de déroger à la Charte des droits et liberté du Québec et de faire une loi de prohibition de porter des signes religieux. En effet, le même raisonnement doit s’appliquer dans les 2 cas de figures. Si un athée (avec ou sans signe distictif) ou un croyant d’une quelconque religion (avec ou sans signe distinctif), fait du prosélytisme... c’est l’action de prosélytisme qui est inadmissible.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 16 mai 2019 21 h 16

      Suite de mon commentaire :

      3- Enfin, on pourrait objecter que le foulard orange de l’éducatrice et le voile que porte sa collègue sont l’un et l’autre des objets ou des symboles inadmissibles à porter et qu’ils contreviennent au « devoir de réserve ».
      Dans ce cas, laissons à la direction de l’école et au besoin au comité des parents le soin d’intervenir s’il y a lieu. En effet, les contextes sociologiques scolaires sont forts différents à travers le Québec!

      Pas besoin de déroger à la Charte des droits et liberté et de faire une loi de prohibition « mur à mur »... SI on fait confiance aux administrateurs des écoles privées de gérer la situation du prosélytisme, pourquoi ne pas laisser ceux du secteur publique de continuer de le faire... Même avant la déconfessionnalisation des écoles publiques ont appris et savent gérer cette question...

    • Christian Roy - Abonné 16 mai 2019 21 h 36

      Parce qu'il existe des droits fondamentaux stipulé dans la Charte québécoise, dont...

      Le droit à la vie, à la sûreté, à l'intégrité et à la liberté de sa personne, ainsi que la reconnaissance de la personnalité juridique de chaque personne [article 1];
      les libertés de conscience, de religion, d'opinion, d'expression, de réunion pacifique et d'association [article 3] ;
      le droit à la sauvegarde de sa dignité, de son honneur et de sa réputation [article 4] ;

      Les enseignants sont des personnes réelles. Le gouvernement québécois en faisant adopter son projet de loi avec autant de désinvolture trahi la Charte et fait ce qui est présentement interdit aux employeurs québécois.

      "Faites ce que je dis, pas de ce que je fais." doit devenir son slogan publicitaire.

      Bravo Québec.

    • Christian Montmarquette - Abonné 16 mai 2019 22 h 24

      @ Serge Pelletier,

      "MAIS OBLIGATION FAITES ET OBLIGATOIRES DE NE PAS EXHIBITER SES PRÉFÉRENCES AU TRAVAIL" - SP

      Le moins qu'on puisse dire c'est qu'en matière de respect des règles, l'emploi des majuscules est autant proscrire en nétiquette que l'emploi d'exibiter (sic) l'est en français.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 17 mai 2019 08 h 57

      La puissance d'un argument ne devrait pas tenir à la force avec laquelle on le profère, à moins que cela servir à couvrir le son des objections, ce qui en trahirait plutôt la faiblesse.

      Sur la distinction entre signes politiques et signes religieux et à l'égard donc des obligations de réserve qui s'appliquent à chacun. Premièrement, je crois qu'il n'y a pas de différence de nature entre les deux. Tous deux expriment potentiellement des convictions profondes qui peuvent être éprouvées comme fondatrices. Dans les années soixante-dix, il y avait dans le péquisme une ferveur de conviciton et d'espérance très analogue à la religion. Mais toutes deux ont aussi une incidence politique susceptible d'interférer avec l'apparence de neutralité partisane de l'État. Sous-entendu : l'État est neutre. L'actuel gouvernement n'est pas le gouvernement « de la Caq » mais celui « peuple québécois ». Dans ses opérations, il est au moins théoriquement la mise en oeuvre d'un consensus démocratique élaboré au fil des ans par le législateur, qui n'agit pas en AN en tant que député « de ceux qui ont voté pour la Caq » mais de député « des citoyens de Borduas », par exemple.

      La présence de signes politiques est proscrite (mais pas de cette sorte de droit divin qui donne tant d'assurances aux péremptoires qui distribuent les « point final » ces temps-ci) parce qu'ils signifient sans équivoque la volonté d'infléchir les voies de l'État selon une conception particulière concurrente (ou même concordante) à celle qui jouit seule du sceau de la légitimité démocratique. Il doit être clair que j'agis en concordance avec les devoirs civiques dont la fonction est assortie. Dans la mesure où les signes religieux auraient (auront) sans équivoque le même sens, ils doivent être proscrits, pour cette raison et non parce qu'ils sont le reflet de visions qui me déplaisent.