Une solution de rechange équilibrée au projet de loi 21

«La Loi sur la laïcité de l’État québécois doit contenir une disposition précisant qu’elle a préséance sur toutes les lois générales ou spéciales», croient les auteurs.
Photo: iStock «La Loi sur la laïcité de l’État québécois doit contenir une disposition précisant qu’elle a préséance sur toutes les lois générales ou spéciales», croient les auteurs.

Nous, Québécoises et Québécois de différents horizons, voulons un Québec laïque dont les quatre piliers sont : la séparation entre les institutions étatiques et les institutions religieuses ; la neutralité religieuse des institutions étatiques ; la liberté de conscience et de religion et le droit à l’égalité citoyenne.

Nous voulons donc un modèle québécois de laïcité de l’État bien équilibré dans lequel citoyennes et citoyens sont libres d’adhérer ou non à des convictions de conscience (religieuses, spirituelles ou philosophiques), ainsi que de les pratiquer de manière individuelle et collective, tant en public qu’en privé, dans le respect des valeurs démocratiques, de l’ordre public et du bien-être général de la société québécoise. Le processus de laïcisation des institutions étatiques du Québec, amorcé durant la Révolution tranquille, n’est toujours pas terminé et nécessite de revoir tous les aspects de la relation entre l’État et les institutions religieuses. L’avancement de ce processus dépend autant d’une politique d’État cohérente que d’une volonté de l’ensemble de la société d’établir de façon définitive la laïcité globale de l’État québécois.

En conséquence, nous invitons les députées et députés de l’Assemblée nationale à adopter une Loi sur la laïcité de l’État qui affirme les 14 principes, indissociables et interdépendants, suivants :

1. La laïcité est l’un des principes fondamentaux et structurants de l’État, de ses institutions et de ses cérémonies. À l’exception des éléments emblématiques ou toponymiques du patrimoine culturel du Québec, le principe de laïcité a préséance sur la patrimonialisation de coutumes, d’habitudes, de moeurs ou de traditions issues de la religion en cas de litige ;

2. Les agentes et agents de l’État ont un devoir de réserve en matière religieuse qui s’applique uniquement aux décisions prises et aux actions effectuées lors de l’exercice de leurs fonctions, notamment l’obligation de ne pas favoriser ou défavoriser une personne pour motifs religieux (discrimination) ni de chercher à susciter l’adhésion d’autres personnes à leurs convictions de conscience (prosélytisme) ;

3. Les agentes et agents de l’État, s’étant engagés à exercer leurs fonctions avec intégrité, bénéficient d’une présomption d’impartialité et, par conséquent, sont libres de porter des symboles religieux (vêtements, accessoires ou objets de culte) lors de l’exercice de leurs fonctions. Cette liberté sera restreinte lors des situations où un symbole religieux entrave physiquement l’exercice d’une fonction ou exige une contrainte excessive ;

4. Les citoyennes et citoyens sont libres de porter des symboles religieux (vêtements, accessoires ou objets de culte) lors de leur usage des services offerts par l’État. Un motif religieux ne peut pas être invoqué par une citoyenne ou un citoyen afin de déroger à l’obligation de découvrir brièvement son visage à la demande d’une agente ou d’un agent de l’État lors de cas nécessaires de vérification d’identité ou de prise de photo ;

5. La décoration intérieure et extérieure de bâtiments publics avec des symboles religieux est proscrite, à l’exception de symboles sécularisés posés temporairement lors de fêtes culturelles ou de symboles intégrés intrinsèquement dans l’architecture du patrimoine immobilier déjà bâti. Tous les symboles religieux non exemptés doivent être retirés et donnés au Conseil du patrimoine religieux du Québec afin de servir dans divers projets de restauration du patrimoine culturel religieux ;

6. L’État exercera son droit de préemption en cas de vente de tout immeuble religieux ayant bénéficié par le passé de fonds issus de l’impôt religieux (dîme) ou du Trésor public, afin de les acheter et de les réorienter vers des projets de musée, d’action communautaire ou d’innovation sociale ;

7. Toute récitation de prière ou de texte à caractère religieux est proscrite lors de la séance d’une assemblée délibérante nationale, régionale, municipale ou scolaire ;

8. Toute forme de promotion, de financement, d’organisation ou de participation officielle par les autorités publiques à des événements à caractère religieux en contradiction avec le principe de laïcité, notamment le « déjeuner de prière » et la « messe rouge », est proscrite ;

9. Toute forme de financement public pour les partis politiques religieux est proscrite ;

10. Toute forme de financement public pour l’éducation préscolaire et les services d’enseignement dans les garderies et les établissements d’enseignement à vocation religieuse, spirituelle ou confessionnelle est proscrite, tout en préservant l’encadrement légal du contenu ;

11. Toute forme de financement public pour les organismes de bienfaisance religieux dont les pratiques ne respectent pas la Charte des droits et libertés de la personne du Québec est proscrite ;

12. Les institutions religieuses ne peuvent pas recevoir des privilèges fiscaux qui ne sont pas déjà consentis aux personnes morales sans but lucratif ;

13. La cérémonie religieuse du mariage n’a pas de conséquences civiles et les ministres du culte ne peuvent célébrer une cérémonie civile du mariage. La cérémonie civile est donc un préalable obligatoire à la cérémonie religieuse. Les deux cérémonies peuvent se tenir de façon concomitante, la déclaration de mariage étant assumée par une célébrante civile ou un célébrant civil, suivie de la cérémonie religieuse célébrée par une ou un ministre du culte ;

14. La propriété et la gestion des cimetières privés appartenant aux fabriques sont transférées aux municipalités afin d’en faire des services publics (pouvant contenir des carrés confessionnels) et de mieux préserver le patrimoine funéraire.

La loi sur la laïcité de l’État québécois doit contenir une disposition précisant qu’elle a préséance sur toutes les lois générales ou spéciales — à l’instar de la Charte québécoise des droits et libertés — et qu’aucune institution étatique ou religieuse au Québec ne peut s’y soustraire, à l’exception des institutions autochtones.


Pour consulter la liste des signataires

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

113 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 8 mai 2019 00 h 46

    Bravo!

    Enfin, un vrai projet de laïcité! Pas une excuse pour discriminer!

    • Christiane Gervais - Abonnée 8 mai 2019 09 h 43

      Une tartufferie de la laïcité, rien de plus!

    • Cyril Dionne - Abonné 8 mai 2019 10 h 07

      « 3. Les agentes et agents de l’État, s’étant engagés à exercer leurs fonctions avec intégrité, bénéficient d’une présomption d’impartialité et, par conséquent, sont libres de porter des symboles religieux (vêtements, accessoires ou objets de culte) lors de l’exercice de leurs fonctions. »

      Quel oxymoron clair-obscur digne de l’intelligence policière et militaire. Quelle partie de « non » que vous ne pouvez pas faire de la publicité pour votre ami et superstition préférés durant les heures de travail comme agent de l’État, en portant avec ostentation des symboles qui briment les droits inaliénables des autres? De quelle intégrité parle-t-on lorsque vous avez accepté, en faisant un choix libre et conscient, de servir dans la fonction publique pour ensuite porter avec ostentation, des symboles moyenâgeux en trahissant et faisant fi votre mission comme agent de l’État? De quelle impartialité parle-t-on lorsque vous prenez parti dans un rôle qui appelle sûrement à la neutralité en devenant un symbole ostentatoire ambulent?

      Honte aux extrémistes de Québec solidaire, du Parti libéral du Québec, des philosophes qui se cachent dans les tours d’ivoire et aux lobbies extrémistes religieux.

    • Christian Montmarquette - Abonné 8 mai 2019 11 h 26

      « Honte aux extrémistes de Québec solidaire. » - Cyril Dionne

      Autant le PQ que la CAQ demeurent non seulement en faveur du financement public des écoles confessionnelles, mais des cours de religions dans les écoles publiques. Ce qui me semble «bien pire que le port passif de signes religieux sans prosélytisme ni promotion active de sa religion.

      - Pourquoi ne les incluez-vous pas dans vos extrémistes?

      D'ailleurs, vous, qui vous prétendez enseignant, devriez être le premier à être au courant de ça et à le dénoncer et du fait même, dénoncer le PQ et la CAQ.

      Référence :

      « Adoption de la Loi 118 sur le statut non-confessionnel des écoles québécoises » - Bilan du siècle

      14 juin 2000 :

      « L’Assemblée nationale adopte la Loi 118 abrogeant le statut confessionnel des écoles publiques, primaires et secondaires, du Québec. Cette loi a été rendue possible grâce à une modification de l'article 93 de la Constitution canadienne, effectuée en 1998, qui permet la création de commissions scolaires linguistiques. François Legault, ministre de l'Éducation estime «qu'on doit tendre, au Québec, vers moins de religions.»

      Même si elle reconnaît la «déconfessionnalisation» des écoles, la Loi 118 permet également de conserver un enseignement religieux, limité aux confessions catholique et protestante. » - Bilan du siècle

      http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements

    • Jacques Gagnon - Inscrit 8 mai 2019 13 h 45

      Les signataires, sont-ce une liste de membres de QS ? C'est pas beau ça !

    • Gilberte Raby - Abonnée 8 mai 2019 18 h 00

      @ monsieur Montmaquette,
      Le bien pire n'exclut jamais le pire.
      Ici, vous mêlez les pommes et les vaches. École privée et signes religieux ne sont pas synonymes.

      Le port d'un signe religieux, c'est inévitablement une publicité. Vous trouvez une autre motivation pour le porter?
      Peut-être est-ce une obligation? Alors là, l'état accorde la liberté d'obéir à une obligation... une bien drôle de liberté.
      Ce doit être une liberté inventée par les hommes à l'intention des femmes.

    • Cyril Dionne - Abonné 8 mai 2019 18 h 24

      Cher M. Montmarquette,

      En Ontario, il y a plus de 800 000 élèves qui fréquentent les écoles catholiques qui sont financées à 100% par les contribuables ontariens. Et seulement les écoles catholiques ont ce droit de faveur à cause des chartes et des constitutions de m*rd* qui ne reflètent plus les valeurs des vivants. Pourtant, ceux-ci s'annoncent comme des multiculturalistes ouverts et ne manqueront jamais une occasion, comme pour Québec solidaire, de pointer du doigt les Québécois même s’ils ne sont pas conséquents avec eux-mêmes, Zol Zanetti oblige.

      Coudonc, comme vire-capots à Québec solidaire, vous n'êtes jamais gênés? En tous les cas, comme crédibilité, elle n'existe plus au sein de ce parti multiculturaliste-socialiste des islamo-fascistes québécois et « canadians ». Vous faites « dur ».

      Oui M. Gagnon, les signataires francophones de cette lettre sont les membres ou bien les supporteurs de QS.

    • Christian Montmarquette - Abonné 9 mai 2019 09 h 30

      @ Cyril Dionne,

      - Et vous, votre double standard ne vous gène pas?

      QS est un parti islamo-fasciste parce qu'il s'oppose à l'interdiction de signes religieux.

      Mais vous, vous appuyez PL-21 qui, non seulement maintient le financement public des écoles confessionnelles, mais l'enseignement religieux à l'échelle institutionnelle.

      - N'importe quoi pour salir les autres, en évitant de se regarder soi-même.

    • Christian Montmarquette - Abonné 9 mai 2019 09 h 44

      @Gilberte Raby,

      "Le port d'un signe religieux, c'est inévitablement une publicité. Vous trouvez une autre motivation pour le porter" - Gilberte Raby

      Le port d'un signe religieux est une manière de pratiquer sa foi.

      C'est le prosélytisme : Promouvoir activement, vendre, endoctriner, forcer etc, qui poserait problème, ce qui est déjà interdit à la grandeur de la fonction publique au Québec.

      - Qu'est-ce que ça vous prend de plus pour vous rassurer ?

    • Christian Montmarquette - Abonné 9 mai 2019 11 h 09

      Les islamo-fascistes de Cyril Dionne 


      Les véritables fascistes ne se trouveraient-ils pas au contraire du côté de ceux qui sont disposés à supendre nos Chartes des droits et libertés, éviter les tribuneaux et adopter une loi sous bâillon comme s’apprêtent à le faire nos nationalistes ethniques?

    • Jean-François Trottier - Abonné 9 mai 2019 11 h 21

      @Montmarquette

      Ce texte est tiré directement de la Bible QS. N'importe qui le voit.
      Vous envenimez le débat en ne répondant que par des accusations. C'est de QS qu'il est question ici et rien d'autre.

      Répondez à ça :
      - Aucune religion n'exige ni même ne demande le port de signes religieux.
      - Aucune Charte ne parle de signes religieux, seulement des juges formés dans la pratique du droit d'un pays OFFICIELLEMENT religieux(1).
      - Tous les monothéismes sont des idéologies.
      - Toutes ces idéologies placent une raison, ou Être Suprême, au-dessus des lois, humaines, naturelles ou autres.
      - Toutes ces idéologies prétendent transcender l'humain depuis son "écorce corporelle" jusqu'aux tréfonds de son âme, ses intentions ainsi que son droit de vie ou de mort sur lui-même et autrui le cas échéant.
      - Tous les monothéismes sont TOTALITAIRES, bien plus que le communisme ou le nazisme qui parlent de changer l'individu mais pas son essence existentielle.
      - Les monothéismes sont des idéologies potentiellement dangereuses.

      Si vous acceptez qu'un prof entre en classe avec un signe religieux, alors vous acceptez aussi qu'il arbore une svastika. Ou une empreinte de patte de loup. Ou, pourquoi pas, un crest des Hell's!
      Y a pas mal moins de victimes des Hell's que des Guerres Saintes.

      Autres sujets auxquels vous ne répondez jamais :
      Les positions de QS, prétendûment en faveur des minorités mais en fait anti-majorité visent dans le beurre : Les Québécois francophones ne sont une majorité en RIEN.
      Les Premières Nations ont toutes mille fois plus de chances d'être à parité avec le Québec suite à l'indépendance, qu'avec le fédéral.
      Le vote de QS contre l'intégrité territoriale est donc FÉDÉRALISTE.

      (1) Reine cheffe de Religion, prière aux Communes, impossibilité de se faire élire sans être pratiquant dans plus de 70% des comtés dont toute la Saskatchewan et l'Alberta.

    • Christian Montmarquette - Abonné 9 mai 2019 11 h 29

      
Les islamo-fascistes de Cyril Dionne 



      Les véritables fascistes ne se trouveraient-ils pas au contraire du côté de ceux qui sont disposés à suspendre nos Chartes des droits et liberté et à adopter une loi sous bâillon comme s’apprêtent à le faire nos nationalistes ethniques?

  • François Hétu - Inscrit 8 mai 2019 02 h 51

    Les laïcs, athées, incroyants, mécréants, renégats, apostats et autres infidèles sont nus

    Le fait que certains sentent le besoin d'affirmer leur croyance dans l'espace commun de la fonction publique me gêne.

    Je ne crois pas en dieu, et je fais partie ainsi d'une minorité invisible (et croissante), qui ne descend pas dans la rue revendiquant, ni n'invoque de droit spécifique, ni ne publie par un signe quelconque ma très grande certitude personnelle et inutile pour les autres de l'inexistence de dieu.

    Les croix de martyrs, les signes vestimentaires indiquant la soumission à des dieux institutionnels, les poignards rituels, pourquoi les imposer aux croyants d'autre chose, et aux incroyants comme moi?

    Chers croyants et croyantes, je ne porte rien et je ne vous impose rien, moi qui suis nu devant votre attirail public de croyances.

    C'est notre gouvernement à tous: qu'il soit le plus gris et neutre possible.

    • Claude Bariteau - Abonné 8 mai 2019 08 h 50

      Bien dit.

      Cette pétition contient une conception de la laïcité, dont la troisième suggestion promeut une approche légaliste des droits d’agent/e/s de l’État de porter des symboles religieux visibles plutôt qu’invisibles dans l’exercice de leurs fonctions.

      Avec ce texte, l’État est présumé fonder sur la présomption d’innocence des agent/e/s à son emploi dont découle leur liberté de porter des symboles religieux, sauf s’ils entravent physiquement leur exercice.

      Quant aux autres suggestions, elles présument non innocents des supports étatiques aux institutions arborant des signes religieux sauf s’ils sont patrimoniaux, présents dans les édifices publics ou dérivant d’obligations de l’État.

      Il s’agit d’une approche de la laïcité inspirée des lois françaises dont sont remplacés les privilèges de l’État par ceux d’agent/e/s vus en ayants droit. En ressort une laïcité d’inspiration britannique analogue à celle promue au Canada depuis 1982.

      Cette pétition incite donc les parlementaires du gouvernement du Québec, opposés au rapatriement de 1982, à adopter les lignes maitresses de laïcité canadienne et à y asservir les habitants du Québec.

      Ici, la présomption d’innocence n’est pas innocente. Elle octroie des privilèges à des individus, qu’elle nie à l’État, et rend ceux-ci plus importants que ceux de l’État.

      Or, en démocratie représentative, l’État émane des citoyens et des citoyennes et les parlementaires, leurs délégués conjoncturels, ont le mandat d’adopter des lois en respectant les droits individuels mais surtout en évitant que ce respect se traduise en privilèges accordés à certains individus.

      La troisième suggestion prône le contraire. Elle reconnait des privilèges religieux à des agent/e/s créant des distinctions entre eux et en fait l’assise du principe de neutralité de l’État, rendant cette neutralité une affaire de tribunaux alors qu’elle découle d’une décision politique qui ne doit pas octroyer un avantage religieux à des agent/e/s.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 mai 2019 09 h 10

      Les porteurs de signes religieux n'ont pas du tout à réclamer pour eux la « présomption d'innocence »... du moins tant que la loi n'en aura pas fait un motif de présomption de sédition. Mais ça a tout l'air que c'est là qu'on est rendu...

    • Louise Collette - Abonnée 8 mai 2019 09 h 31

      Merci Monsieur Hétu, je n'aurai pas à commenter. ;-)

    • Claude Bariteau - Abonné 8 mai 2019 10 h 19

      M. Maltais Desjardins, vous savez bien que remettre en cause l'impartialité d'agent/e/s portant des signes religieux visibles engendrera la présomption d'innocence de leur part et un plaidoyer en faveur de leur liberté religieuse.

      D'où ma lecture de la « présomption d'impartialité » comme fondement du port de signes religieux, qui se traduira en démarches juridiques lors d'accusations de partialité. De telles accusations conduisent à des arguments fondés sur la présomption d’innocence.

      Effectivement, c’est ce que promeuvent les signataires de l’article 3 du texte en étant favorables au port de signes religieux en autant qu’il soit associé à la « présomption d’impartialité » et à un engagement à cet effet qui s,oppose à la « présomption de neutralité » exigé par un État laïc.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 mai 2019 10 h 47

      Ce ne sont pas les signataires qui créeront cette situation où le « crime » étant promulgué, la défense de leurs droits devra prendre la forme d'une défense de cet ordre. C'est vraiment tordu, votre affaire.

    • Claude Bariteau - Abonné 8 mai 2019 14 h 44

      M. Maltais-Desjardins, il me semble plus tordu d'affirmer que l'État légiférant l'affirmation de la neutralité de ses employés devient un État promulgant un « crime », un terme que vous utilisez tout en le mettant entre guillemet pour prétendre qu'il s'agit uniquement d'une image.

      Vraiment, votre affaire révèle que vous souffrez de règles qui ne rejoignent pas vos vues.

    • Jean-François Trottier - Abonné 9 mai 2019 10 h 31

      M. Maltais Desjardins,

      Faux.
      Les religions sont des idéologies qui clament leur supériorité sur les lois. Oui, elle le clament, et avec fierté.
      Les porteurs de symboles religieux ont des preuves à faire, ne serait-ce que parce que des gens qui sont extrêmement violents, le sont en leur nom. C'est comme ça dans la réalité.
      Mais de toute façon ils le doivent parce que les religions ont démontré des milliers de fois leur dangerosité. Dites-moi le contraire.

      Les religions sont par définition hors-la-loi, même quand elles font le jeu du pouvoir comme, au Canada, celui d'Ottawa. C.est d'ailleurs parce qu'elle font le jeu d'Ottawa qu'elles sont si bien protégées.

      Historiquement les religions ont tout fait pour empêcher les Québécois de prendre une part raisonnable du pouvoir politique, du pouvoir économique et du pouvoir terrien.
      Le nier revient à nier l'identité québécoise expressément pour reconnaître l'identité de tout autre nation. Pensez-y à deux fois avant de vous lencver dans cette avenue.
      C'est ainsi, souvent une identité se forge aux restrictions et, pour nous, à des brimades à la limite du racisme. Les québécois sont des survivants.

      Ce n'est certainement pas parce que les religions sont devenues inoffensives depuis une bien petite génération qu'on peut s'y fier, et encore moins avec l'arrivée de nouvelles idéologies tout aussi dangereuses que celles dont nous nous sommes débarrassés avec un immense effort, je vous le rappelle.
      Personne ne tente d'éliminer les religions, ne serait-ce que par pragmatisme : on sait que c'est impossible, on aime les gens, le laïcisme ne pratique pas le lavage de cerveau, lui : ce n'est PAS une religion.
      Je dis "on", je veux dire "n'importe quel laïc le moindrement sensé".

      On n'a aucune raison d'endurer des symboles même pas obligatoires dans lesdites religions, mêmes les plus intolérantes... étant entendu qu'elles le sont toutes. Essayez de prouver le contraire, on va rire.

    • Michel Blondin - Abonné 9 mai 2019 10 h 55

      M Hétu,
      Je partage l’essentiel de votre pensée sur la laïcité. Plusieurs points de ce texte d’apparence neutre et laïc, sont faussement imbriqués comme tordu dans une forme rationnelle qui rappelle les principes de Tractacus logico-philosophicus de Wittgenstein
      Ce qui frappe d’aplomb comme distorsion c’est le troisième principe.
      « Les agentes et agents de l’État, s’étant engagés à exercer leurs fonctions avec intégrité, bénéficient d’une présomption d’impartialité et, par conséquent, sont libres de porter des symboles religieux (vêtements, accessoires ou objets de culte) lors de l’exercice de leurs fonctions [...] ».
      J'attire votre attention sur un point. Les employés de l’État ont plutôt l’obligation de représentation de l’employeur. L'État n'est pas neutre dans son ensemble.

      L’État a une fonction de refléter une culture, une histoire, un patrimoine, un respect de ce que sont les citoyens dans la cité. Il le fait par des symboles, un protocole, des ornements, des équipes représentatives dans plusieurs domaines qui font honneur et défendent cette nation. Il doit favoriser le patriotisme, la fierté et la dignité de ce que nous sommes.
      L’État n’est pas neutre dans sa représentativité. Il l’est pour se défaire du prosélytisme tentaculaire de certaines religions tout comme il ne s’affiche pas un parti-pris pour les équipes de sports des autres nations.
      Il y a tant à dire sur les autres principes qu’il faut tout jeter aux orties.

  • Léonce Naud - Abonné 8 mai 2019 04 h 25

    Vers des partis politiques religieux au Québec ?

    Les signataires affirment d’une part vouloir « la séparation entre les institutions étatiques et les institutions religieuses » et envisagent d’autre part l’avènement de « partis politiques religieux. » Voilà qui éclaire sur la provenance de ce texte dont la source demeure discrètement voilée.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 mai 2019 09 h 14

      Vous avez fort mal lu, monsieur Naud. Tout au contraire, le point 9 interdirait que les partis politiques fondés sur une idéologie religieuse reçoivent un financement public !

    • Cyril Dionne - Abonné 8 mai 2019 10 h 10

      Personne n'est contre la vertu M. Desjardins, mais ce que vous dites, n'est-ce pas déjà un fait accompli au Québec? Il y a seulement les multiculturalistes et les extrémistes religieux qui sont mitigés sur ce point.

    • Léonce Naud - Abonné 8 mai 2019 10 h 59

      À Richard Maltais Desjardins : j'ai fort bien lu. Les signataires admettent l’avènement au Québec de partis politiques religieux. Si c'est le cas, je fonde à l'instant une « religion parti politique » dont je serai le Gourou incontesté. En tout temps, mes fidèles porteront à la ceinture une copie solide de l'Objet Sacré de cette nouvelle religion, en granite poli avec manche en bois de frêne, qui m'aura été remis par le plus grand des Manitous. Cet Objet Sacré, fort utile lors de débats en société, c'est le tomahawk. Ma religion, fort convaincante, persuadera les esprits rapidement, et pour cause.

      D’ailleurs, aucun objet patrimonial ne saurait correspondre davantage à l'identité fondamentale des Québécois, pour la plupart anciens Canadiens-français. Comme ces derniers le chantaient autrefois à gorge déployée en parlant de leur Patrie : « Ton front est ceint de fleurons glorieux, car ton bras sait porter l’épée ». Dois-je vous préciser que lesdits fleurons n'avaient pas été obtenus en tricotant des pantoufles en phentex ?

      Plutôt que de porter attention aux objurgations de quelques ectoplasmes bien connus, courbés par les années, je choisis de faire plutôt confiance à Samuel de Champlain, fondateur du Québec d’aujourd’hui : « Les États reposent solidement sur quatre arcs-boutants : la force, la justice, la marchandise et le labourage. » (Marins bâtisseurs d’Empires)

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 mai 2019 11 h 15

      Monsieur Dionne, je n'ai pas dit que j'étais d'accord avec le point 9, dans lequel je ne trouve justement rien de vertueux. Si l'État est neutre à l'égard du religieux, cela ne doit pas le conduire à discriminer la reconnaissance du droit d'association sur la base de la croyance religieuse davantage que parce qu'elle procèdera de n'importe quelle autre idéologie.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 mai 2019 13 h 38

      Monsieur Naud, vous les taxez donc de soutenir l'existence des partis politiques religieux parce qu'ils annoncent que les partis politiques religieux ne devraient pas avoir droit au financement politique ? J'avoue que j'aurait préféré que vous ayez mal lu que de vous voir soutenir pareille absurdité.

    • Sylvain Auclair - Abonné 8 mai 2019 14 h 03

      Le problème, c'est qu'on peut fonder un parti faisant la promotions de valeurs religieuses; tout ce qu'on doit éviter, c'est de le dire clairement.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 mai 2019 15 h 27

      Pourquoi devrait-on éviter de le dire ?

    • Sylvain Auclair - Abonné 8 mai 2019 15 h 32

      Monsieur Maltais-Desjardins, j'imagine que la question s'adresse à moi.
      Eh bien, pour voir son parti autorisé ou subventionné. Un parti peut bien proposer l'interdiction du divorce ou de l'avortement; tant qu'il ne s'appelle pas Parti catholique du Québec, qui peut affirmer qu'il est religieux?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 mai 2019 15 h 56

      La question : pourquoi faudrait-il qu'il évite de le dire ?

    • Sylvain Auclair - Abonné 8 mai 2019 15 h 59

      À cause du point 9: «Toute forme de financement public pour les partis politiques religieux est proscrite».

    • Jean-Charles Morin - Abonné 8 mai 2019 19 h 23

      "Tout au contraire, le point 9 interdirait que les partis politiques fondés sur une idéologie religieuse reçoivent un financement public !" - RMD

      C'est la raison pour laquelle un parti politique, que certains pourraient considérer comme "religieux", ne s'affichera jamais ouvertement comme religieux. Pour contourner la loi et recevoir un financement public.

      D'ailleurs il serait profondément injuste et discriminatoire que certains partis, pour lesquels des électeurs ont voté en toute liberté, ne reçoivent pas de financement public alors que d'autres en obtiennent. Ce serait inconstitutionnel (à moins d'invoquer une certaine clause que tous connaissent).

      Pour finir, dans un pays qui a adopté une constitution basée sur "la primauté de Dieu et l'état de droit", il est difficile de prétendre que les partis politiques appelés à défendre ladite constitution ne sont pas eux-mêmes quelque part "fondés sur une idéologie religieuse".

      La solution de rechange soi-disant "équilibrée" proposée par les crypto-solidaires s'avère un vieux pneu de secours tout dégonflé d'où l'air s'échappe de partout. Bon à mettre aux vidanges au plus vite.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 mai 2019 22 h 35

      Monsieur Auclair, croyez-vous que cette prosciption soit correcte ?

    • Sylvain Auclair - Abonné 9 mai 2019 08 h 51

      Monsieur Maltais-Desjardins,
      Si l'on veut la laïcité, bien entendu qu'elle est correcte. Mais comme elle est trop facile à contourner, il faudra s'en remettre au jugement des électeurs. C'est tout ce qu'on a en démocratie.
      Mais on a vu les limites de ce garde-fou en Turquie...

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 9 mai 2019 09 h 59

      Donc, pour vous, la « laïcité » justifie un traitement discriminatoire des idéologies fondées sur des postulats religieux. Comme il ne s'agit pas dans le cas des partis politiques de l'État ni de ses agences mais de véhicules par lesquels la liberté de conscience, la liberté d'expression et la liberté d'association sont en cause, je ne vois pas comment les auteurs justifieraient cette discrimination sans devoir l'étendre à toutes les autres instances où ces libertés sont en cause. Manifestement, pour vous, tout cela relève de la simple évidence. Je retire donc ma question.

    • Jean-François Trottier - Abonné 9 mai 2019 11 h 00

      @RMD

      Je suis précisément contre cet article 9.
      Cette façon qu'ont les gens de QS de porter jugement définitif et sans appel me tape sur les nerfs! Du vra de vra populisme "songé".
      Comprennent rien de rien à la démocratie.

      Il est parfaitement normal et sain que Jagmett Singh se présente avec ses signes religieux et ce que ça comporte.
      Vous refusez d'ailleurs toujours de reconnaître que les signes religieux comportent un poids de convictions externes aux choses publiques. Mais bon, je vous laisse à vos contradictions.

      Une personne se présente en politique avec tout ce qu'elle est. Je trouve particulièrement lâche la position de QS qui veut que ses députés soient des "porte-paroles" parce que ça enlève à un ÉLU toute responsabilité personnelle : il devient le pantin du parti. Bravo!

      Quand on sait que le député a obligation de choix sur des centaines de sujets dont il ne sait rien au départ, il est malhonnête de l'affubler du titre de porte-parole.
      Il l'est tout autant de ne pas reconnaître que ses croyances influent sur ses choix. Comme vos "signes qui ne signifient rien"... Ouan.
      Donc, un candidat a le devoir moral de dire et même d'afficher au besoin ses croyances.
      C'est ça la démocratie... en autant qu'on veut donner un sens au rôle du député.
      On élit une personne RESPONSABLE, pas un robot sans croyance!
      Faut être diogmatique pas à peu près pour réduire comme a le rôle du député ou d'un parti.

      Un dépûté, c'est PAS UN ROBOT.
      Un député, c'est PAS UN PORTE-PAROLE.
      Un député, c'est UN ÊTRE HUMAIN RESPONSABLE.
      Si c'est pas le cas, qu'on sorte vite les députés. On se servira de l'intelligence artificielle!! So perfect, dear.

      Par contre je ne reconnais pas le droit d'afficher ses convictions à un employé de l'État. Le devoir de ne porter aucun signe religieux devrait s'étendre à toute la fonction publique, mais je vais vivre assez facilement avec la loi 21 en autant que son principe est respecté.

    • Jean-François Trottier - Abonné 9 mai 2019 12 h 40

      @RMD

      Toute autre instance DANGEREUSE.

      Que ce soit pour racisme, violence et incitation à la violence, usupation de pouvoir, abus d'autorité sur personne en position de faiblesse, sans parler d'obscurantisme et de thésaurisation scandaleuse, je suis d'accord pour retirer tous leurs droits à des organisations de ce genre, avec toutefois un préjugé favorable envers les religions : celles-là, on ne leur demande que de ne pas s'afficher dans certaines circonstances.

      C'est bien le moins!

  • Maxime Prévost - Abonné 8 mai 2019 06 h 16

    La voix du du sens

    Je signerais volontiers.

  • Jules Desrosiers - Abonné 8 mai 2019 06 h 28

    blague pour blague

    Je suggère l'ajout suivant:
    4a. Les agentes et agents de l’État, s’étant engagés à exercer leurs fonctions avec intégrité, bénéficient d’une présomption d’impartialité et, par conséquent, sont libres de porter des vêtements ou des objets (macarons, etc.) affichant leurs convictions politiques ou idéologiques lors de l’exercice de leurs fonctions.

    • Céline Pelletier - Abonné 8 mai 2019 11 h 06

      Ajout superbe! La blague de M. Desrosiers est bien bonne. Quant au texte collectif que nous commentons ici, c'est aussi une bonne blague, de celles qui sont involontaires : parler de «solution de rechange équilibrée au projet de loi 21» et adopter une position diamétralement opposée au dit projet de loi, il faut avoir du front pour faire cela, un front de farceur.
      L.-P. Desaulniers, co-abonné

    • J-F Garneau - Abonné 8 mai 2019 11 h 31

      Bien d'accord avec vous. Les auteurs proposent que le droit à la liberté d'expression est moins important que le droit à la liberté religieuse.

    • Raynald Goudreau - Abonné 8 mai 2019 11 h 58

      4b Et moi je porterai un signe aussi proeminant qu'un foulard pour affirmer que dieu n'existe pas .