Comment le fléau christianophobe a englouti le Québec

Jean-François Lisée
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Jean-François Lisée

Le récit qui suit doit beaucoup à la boussole idéologique offerte lundi aux lecteurs du Devoir par le politologue de l’UQAM Francis Dupuis-Déri. Dans un texte qui fera date, intitulé « De l’antisémitisme à l’islamophobie : de la grève de 1934 à la loi 21 », il crée d’emblée un utile paradigme scientifique et ouvre un nouvel univers comparatif. Appelons-le « Le postulat Dupuis-Déri de la similitude entre pommes et oranges ».

Je cite d’abord le postulat, tel qu’il l’a décrit : « L’adage suggère de ne pas comparer pommes et oranges. Voilà pourtant deux fruits, ronds, qui poussent dans des arbres et qui réduisent le mauvais cholestérol. Leur comparaison révèle donc d’importantes similarités. »

Cette avancée scientifique majeure qui, enfin, réhabilite le sophisme, lui permet de créer une équivalence entre un événement antisémite survenu au Québec dans les années 1930 (le refus d’hôpitaux francophones d’embaucher un médecin juif, parce qu’il était juif) et la volonté manifestée aujourd’hui d’interdire aux employés de l’État en situation d’autorité d’afficher leurs convictions religieuses.

Ainsi outillé, permettez-moi maintenant de vous narrer l’épouvantable période de christianophobie qui a déferlé sur le Québec depuis les années 1960. Prétendant être « laïques » et s’inspirer des « lumières », une minorité agissante antireligieuse a infiltré des organisations politiques, comme le Parti libéral de Jean Lesage, et en a créé d’autres, comme le Parti québécois, dans le but évident de faire reculer les droits fondamentaux des chrétiens et des chrétiennes. Jusque-là, les chrétiens avaient l’entière liberté de travailler dans les services publics en portant leurs signes et vêtements religieux. En plus, à force de dévouement et de travail, ils avaient réussi à diriger la majorité des institutions d’éducation et de santé de la nation.

Leur travail était à ce point exemplaire que dans presque chaque famille québécoise on trouvait une jeune fille de 16 ans qui, exerçant son plein libre arbitre sans la moindre pression externe, décidait de renoncer à son indépendance pour la vie en se joignant à une communauté religieuse.

Mais les christianophobes, agissant sans le moindre respect pour les convictions des chrétiens, les ont d’abord dépouillés de leur autorité scolaire en créant — tenez-vous bien — un ministère de l’Éducation.

Cela a provoqué un climat de tension tel que des milliers de chrétiens membres du clergé, sœurs et curés, ont défroqué tant ils étaient ostracisés. On raconte même que certains d’entre eux se sont mariés et ont eu des enfants, mais on n’ose pas y croire complètement.

Devenant de plus en plus audacieux, les christianophobes ont ensuite ravi aux chrétiens le contrôle de la majorité de leurs hôpitaux. Et ce qui est bien la preuve que, contrairement à ce qu’ils prétendaient dans leurs beaux discours, ils visaient spécifiquement les chrétiens et non l’ensemble des religions, ils ont laissé l’Hôpital général juif de Montréal conserver son caractère religieux distinct. (Preuve ultime, même le plus odieux des christianophobes, le ministre péquiste Bernard Drainville, exemptait le Jewish des effets de sa charte satanique).

Le paradis multiculturel dans lequel nous vivons maintenant ne nous permet pas de même imaginer la hargne avec laquelle les christianophobes agissaient alors. Il y avait même un groupe de comiques, très justement appelés Les Cyniques, dont l’essentiel du répertoire était destiné à blasphémer et à tourner en ridicule les chrétiens et leur clergé. Ils ne sont pas allés aussi loin que d’accuser les prêtres de pratiquer la pédophilie, mais c’est tout juste. Il y a quand même des lignes à ne pas franchir.

Comment ces Cyniques furent-ils châtiés pour avoir ainsi atteint à la réputation des croyants et de leur Église ? La société d’État Radio-Canada leur a offert une émission à une heure de grande écoute.

Heureusement, ce n’est pas aujourd’hui que ça arriverait.

Les christianophobes sont sournois. Chaque fois qu’ils obtenaient une victoire contre les droits fondamentaux des chrétiens dans l’État, ils franchissaient un autre pas. Après les avoir expulsés des centres de décision aux ministères de la Santé et de l’Éducation, ils sont revenus à la charge dans les années 1990 pour « déconfessionnaliser » (c’est leur mot pour dire qu’ils suspendaient les droits des chrétiens) les commissions scolaires. Puis ils commirent encore un assaut dans les années 2000 pour mettre à la porte les professeurs de pastorale qui y étaient les derniers combattants de la foi chrétienne.

Y avait-il de la résistance ? Oui, bien sûr. Tels Francis Dupuis-Déri et Francine Pelletier aujourd’hui, de grands Québécois se sont levés pour défendre le « droit fondamental » de porter des signes religieux lorsqu’on travaille pour l’État (mais pas des signes politiques ou sociaux ou féministes ou athées, car… euh, car… ben, ce n’est pas aussi important que la religion, bon).

Je ne prends qu’un exemple parmi ces hérauts braves et lucides. Camil Samson, dernier chef du grand Parti créditiste, n’hésitait pas à faire les amalgames appropriés. Il révélait notamment que les christianophobes voulaient « sortir les crucifix des écoles pour les remplacer par le sexe ». Il n’avait pas peur, lui, de comparer des pommes et des oranges.

Merci à Francis Dupuis-Déri de reprendre son grand flambeau.

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111 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 1 mai 2019 00 h 57

    Petite différence

    L'Église catholique contrôlait la société. Pas les musulmanes voilées. Détail qui semble avoir échappé à cet ex.

    • François Beaulne - Abonné 1 mai 2019 09 h 22

      Vous n'avez rien compris à la subtilité de Jean-François Lisée. Dommage pour vous.

    • Cyril Dionne - Abonné 1 mai 2019 09 h 32

      Petite différence. L'islam et ses corollaires comme Adil Charkaoui aimeraient bien contrôler la société québécoise avec leur dogmes et doctrine du 7e siècle. Leur opposition féroce au projet de loi 21 sur la laïcité en fait foi et en est une preuve, elle qui institutionnalisera l’égalité homme-femme, des minorités sexuelles et de la liberté d’expression (pouvoir critiquer des idéologies politico-religieuses librement) une fois pour toute. Ils ont essayé d'instaurer la charia en Ontario il n’y a pas si longtemps, elle qui cadre bien dans ce multiculturalisme et mondialisme néfaste pour la démocratie. Qui serait prêt à mettre un « dix » que si ceux-ci deviendraient une majorité au Québec, nous serions régit par des lois du Moyen-âge dans une belle théocratie comme elles le sont partout dans le monde? Allah Akbar et toute cette foutaise.

      Il est où le siècle des Lumières au Québec et dans ces superstitions moyenâgeuses. Il est où?

    • Nicole Desjardins - Abonnée 1 mai 2019 10 h 25

      Oh, mais ça ne saurait tarder si on fait l'autruche. Certes, ce ne sera pas pour demain matin, mais soyons vigilents en ayant une vision à long terme. Je vous invite à lire l'ex-députée libérable Fatima Houda-Pepin dans le Journal de Montréal aujourd'hui (même si vous n'appréciez pas particulièrement ce journal).

    • Jean-François Trottier - Abonné 1 mai 2019 11 h 42

      M. Jodoin,

      À travers cette esquisse sociale JF Lisée décrit comment une religion peut contrôler LA PERSONNE.
      À travers la famille, l'État, l'éducation, le jugement social, les organismes de charité...

      Autrefois les services sociaux étaient contrôlés par l'Église. Si les "visiteuses" trouvaient une seule bouteille de bière dans un logement, l'aide socaile était coupée irrémédiablement.
      Des enfants sous-nourris par la grâce de notre mère l'Église. Pas un État là!

      TOUTES les religions monothéistes, qu'elles contrôlent l'État ou pas, prétendent transcender et TRANSFORMER l'humain depuis la tête jusqu'aux orteils, dans le comportement privé, social ou public, depuis la parole jusqu'aux tréfonds de l'âme, depuis la naissance jusqu'à une consomption finale qui jamais n'arrivera.
      Pour CHAQUE PERSONNE.

      Il n'existe aucune limite à la volonté de pouvoir des monothéismes SUR LES PERSONNES. L'État n'est qu'un moyen parmi d'autres pour posséder les âmes, et je dis bien posséder. Ce que les religions reprochent à Satan, elles le font bien avant.
      Que le pouvoir soit sur un pays, un village, une classe ou une seule personne, il reste inacceptable.
      Le choix religieux doit être librement consenti, et même alors on n'a aucune raison d'endurer qu'il s'affiche : c'est un totalitarisme, toujours.
      On n'affiche pas de svastika, et pourtant le nazisme n'a jamais voulu contrôler les esprits et les âmes.

      On accepte les religions à la condition expresse qu'elles restent un choix personnel.
      L'accaptation de l'affichage partout sauf dans des cas spécifiques relève du constat que beaucoup de gens les portent pour raison de terrorisme intellectuel ou physique. Certains ont PEUR de ne pas les porter.
      Notre société refuse d'enquêter sur les intentions. Pas les religions!

      Les religions ne supportent pas de ne pas êtres vues, surtout par les enfants.
      D'où leur victimisation pathétique.
      Se faire passer pour martyre est leur spécialité.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 1 mai 2019 12 h 24

      Mais l'islam politique contrôle les femmes voilées! Les experts nous disent que, dans le Coran, il n'en est pas question. Quand, en juillet, je rencontre une femme, sur le bord du lac, et que les mâles sont en shorts ou en costume de bain...pis la mère et ses filles habillées comme en hiver, je me rends compte de cela!!!

    • Claude Bariteau - Abonné 1 mai 2019 15 h 33

      M. Jodoin, l'Église catholique était associée officiellement depuis 1770 aux détenterus du pouvoir, ce qui fut moins le cas sous le régime français.

      Ce point vous échappe et vous empêche de voir que les groupes religieux ont reçu en 1982 un cadeau du Canada pour se rertrouver, comme en Grande-Bretagne, des promoteurs du respect des droits religieux des citoyens et des citoyennes de Canada un pays dans lequel ces droits peuvent s'exercer dans ses institutions.

      Tout ça n'a rien à voir avec les musulmanes voilées qui ne contrôlent pas le pouvoir, mais avec la constitution de 1982 rapatriée et modifiée sans l'aval du gouvernement du Québec. Ça a plutôt à voir avec le pouvoir du Canada.

    • Luc Archambault - Abonné 1 mai 2019 18 h 45

      OK, Tant que les religieux ne contrôlent pas toute la socité, l'État, le gouvernement, pas de problème à les laisser tenter de le faire... c'est ça !?

    • Raymond Labelle - Abonné 1 mai 2019 22 h 00

      Cet article de FDD aurait-il été publié si FDD n'avait pas été prof d'université? Non, car ne satisfaisant pas aux critères les plus élémentaires de la rigueur.

      Privilège de classe.
      ---------------------------

      Pomme

      Exclusion parce que juif - que le juif soit religieux ou pas, que le religieux juif porte la kippa pendant ses heures de travail ou pas. Bref, le but est l'exclusion ethnique et non religieuse.

      Orange

      Aucune exclusion en raison de la religion de l'employé. Seulement interdiction de porter un signe religieux pendant les heures de travail (d'ailleurs n'affectant pas les travailleurs de la santé). Affecte seulement certaines catégories de personnes en autorité. But: non pas exclure personne en raison de sa religion ou de son groupe, mais refléter fidèlement la neutralité religieuse de l'État. Si affecte personnes dont religion exige de porter un signe, effet collatéral et non but de l'interdiction.
      ----------------------
      Pomme

      On prête les pires intentions dissimulées à une mesure manifestement laïque

      Orange

      Si affecte personnes dont religion exige de porter un signe, effet collatéral et non but de l'interdiction. On peut débattre de si oui ou non cet effet collatéral peut être toléré - mais c'est un effet collatéral. Lui prêter un autre but que le but manifeste d'assurer la neutralité religieuse de l'État constitue un procès d'intention.

      -------------------------

      C'eût été le devoir d'un prof d'unif de faire ces distinctions. Au contraire, FDD sème la confusion et tombe dans l'amalgame grossier dont les véritables éducateurs devraient apprendre à leurs étudiants de se débarrasser.

      Accordons un mérite au texte de FDD - il ferait un excellent exercice pour des étudiants de Cégep: détectez les sophismes. Excellent vaccin contre l'argument d'autorité - regardez ce que même un professeur d'unif peut écrire.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 2 mai 2019 06 h 11

      Monsieur Labelle, j'ai lu beaucoup de commentaires négatifs à l'endroit de FDD ces derniers jours. Elles venaient TOUTES de partisans de PL21 et manifestement fondées sur le déplaisir qu'il leur causait de devoir tester davantage leur conviction. On a préféré mettre en cause sa probiité et sa compétence, un procédé d'autant plus aisé que c'est un universitaire et, circonstance aggravante, de sciences politiques. Suffit après de noter qu'il vient de l'UQAM et tout le monde peut rire de bon coeur au coin du feu avec le clown de la résidence.

      Votre effort est d'un autre ordre, bien sûr. Cependant, je voudrais juste souligner que le fait de parler d'effet collatéral ne dégage pas du tout notre responsabilité quand cet effet est aussi désiré. Cela permet juste d'ajouter une couche d'hypocrisie. Je vous trouve bien trop conciliant, sur celle-là, même si je sais qu'il n'y entre aucune complicité.

    • Raymond Labelle - Abonné 2 mai 2019 09 h 17

      "Cela permet juste d'ajouter une couche d'hypocrisie." RMD

      Il est assez fréquent que des personnes plus généralement hostiles aux religions se réjouissent du PL21, j'en conviens. Que de telles personnes appuient ce projet pour cette raison n'est pas un motif ni pour appuyer ni pour rejeter ce projet. Pas pertinent. Il y a aussi des personnes pour qui il s'agit d'une amélioration dans la façon de refléter la neutralité religieuse de l'État, ce qui nous amène à la seule question pertinente: est-ce vraiment le cas? C’est cette question dont on devrait traiter - ce qu'un prof d'unif devrait nous aider à comprendre.

      FDD utilise son analogie comme technique d’intimidation rhétorique. Cette technique est la suivante : faire une analogie avec quelque chose de très scandaleux pour mettre ceux qui appuient ce projet dans la position de se défendre comme s’ils avaient été eux-mêmes les auteurs de ce quelque chose de très scandaleux. Et en plus, comme je l’ai montré, les deux phénomènes de l’analogie sont d’une nature différente. Amalgame. Inflation rhétorique injustifiée.

      FDD donne le mauvais exemple en fonçant et en invitant à aller dans la direction opposée de le rigueur intellectuelle. Un prof devrait nous armer contre l’utilisation de ces techniques : pas les utiliser lui-même pour faire avaler l’idéologie qu’il préfère, en abusant de son titre pour ce faire – car s’il n’avait pas été prof d’unif, il n’aurait pas été publié.

      Il prouve matériellement que la responsabilité que confère l’autorité morale de l’enseignant est une variable qui ne pèse pas lourd sans ses considérations. Responsabilité doit on doit aussi tenir compte, par ailleurs, dans les considérations sur le PL21…

    • Raymond Labelle - Abonné 2 mai 2019 11 h 42

      détail ne nous échappe pas. C'est qu'il n'est pas pertinent en l'instance. L'objet de l'article de JFL est de démasquer la technique d'intimidation rhétorique de FDD en montrant ce que la même technique donne appliqué à un autre cas. Et ceci, JFL le fait très bien.

      Le procédé de FDD: regarder les effets collatéraux d'une mesure (ici le PL21) et les attribuer aux pires intentions.

      JFL regarde l'effet collatéral de la déconfessionnalisation sur l'Église catholique - et utilise exactement le même procédé rhétorique que FDD. Attribuer l'effet collatéral à l'intention malveillante de nuire à la dite religion. Dénoncer l'hypocrisie du mot "déconfessionnalisation" (on pense à "laïcité" dans le cas de FDD) pour masquer cette intention, etc.

      En plus d'être drôle, le JFL démasque le ridicule de ce que donne cette technique d'intimidation en l'illustrant fort bien à un autre cas ne mettant pas en cause la moraline. Pour une raison qui m'échappe, on dirait que le ridicule de l'argumentation de FDD n'apparaît pas à tout le monde de façon aussi immédiate, d'où la valeur pédagogique de l'exercice de JFL.

      Mais JFL a mis une couche de moins que FDD dans sa comparaison - FDD a fait une analogie en comparant avec une situation où la pire intention était manifeste et claire - JFL n'a pas pu trouver - on le comprend, la couche est épaisse.

    • Raymond Labelle - Abonné 2 mai 2019 11 h 55

      "(...) suffit après de noter qu'il vient de l'UQAM " RMD

      FDD mérite totalement l'opprobre dont il est l'objet. Il fait de graves accusations et allusions totalement injustes en abusant de son privilège socio-économique pour les faire publier et y associe son autorité de prof., qu'il devrait plutôt utiliser pour éduquer les gens à démasquer les procédés qu'il utilise lui-même.

      Il serait injuste que FDD se tire de ça sans que son autorité intellectuelle et éthique ne suscite de sérieux doutes.

      Somme toute, JFL est plutôt gentil avec FDD considérant la gravité des accusations et des insinuations de FDD.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 2 mai 2019 12 h 04

      Qui aurait imaginé, Monsieur Jodoin, tant de réactions et de courroux suite à votre bref commentaire:

      « Petite différence »

      C’est bien pour dire. Si FDD pointe le doigt pour marquer des similitudes certaines entre 2 époques, mettant en parallèle l’antisémitisme et l’islamophobie... C’est la tollé. Pas surprenant que JFL veuille profiter de l’opportunité pour se placer sur une tribune et voler la vedette.

      Et la cohorte de dire c’est pas pareil, c’est pas comparable! Les pommes et les oranges, c’est pas pareil et donc la comparaison cloche. Avant c’était l’obscurantisme catholique et aujourd’hui ce sont les lumières du laïcisme.
      Et viennent les amalgames.
      Si nos grands-parents des années 30 étaient des « pommes », il faudrait postuler que nous sommes de belles « oranges »! Voyez ces pommes du temps du nationalisme de Duplessie, il faudrait postuler qu’elles viennent de pommiers contaminés à la SOUCHE par le catholicisme et le fédéralisme, d’où l’antisémitisme.

      Ce qui implique que nous les « oranges «, serions nées d’orangers exotiques, greffés aux anciens pommiers du duplessisme et du catholicisme. Ce qui marque « la différence ». La révolution tranquille aurait donc opéré une « trans-sustantialisation »!  De canadien-français, nous sommes devenus québécois. La vieille théologie catholique, exécrée, dirait c’est « un mystère ».

      Avant, il y avait les canadiens-français et d’autre part: les anglais et les indiens, mais il y avait les catholiques et les « autres » protestants. La différence, aujourd’hui, il y a les québécois, les canadiens, les néocanadiens, les autochtones, les croyants et ceux et celles qui portent des signes religieux!

      Et maintenant, nous les oranges québécoises du 21ième siècle « nous » sommes ouvertes, accueillantes, inclusives... et pas un brin raciste! Mais de grâce, cachez « ces voiles » que « je ne saurais voir »!

      Quelle petite différence!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 2 mai 2019 22 h 48

      Monsieur Labelle, je crains que vous ne vous attardiez un peu trop au doigt au détriment de ce vers quoi il pointe. L'intention était expressément polémique et il concédait d'emblée que la comparaison des deux époques était aussi problématique que celle entre les deux fruits. Vous lui tenez rigueur de ne pas faire un exposé scolaire parfaitement lisse et rigoureux. Comme vous, je n'apprécie pas le genre, mais je crois que le procédé est défendable. D'autant plus qu'il procède d'un réel souci de nous inciter à tirer des leçons de notre passé, exercice qu'on peut livrer avec un tel sérieux qu'on serait peut-être conduit à lui donner tort au bout du compte. Lisée répond à ce souci avec ce mépris et cette désinvolture qui lui sert de fixatif...

    • Raymond Labelle - Abonné 2 mai 2019 23 h 49

      RMD, un sincère remerciement pour votre civilité.

      Je demeure moins indulgent que vous envers le procédé, que vous n'aimez pas malgré tout. Je veux bien accepter qu'on ne fasse pas un exposé scolaire parfaitement lisse et rigoureux. Mais faire de la culpabilité par association avec des comportements abjects de d'autres personnes dans d'autres contextes me semble une façon malsaine de discuter.

      Vous parlez de la direction où le doigt pointe. S'il nous présente un gros plan de son majeur dressé, qu'il assume les conséquences de ce qu'il nous montre. Je n'aurai pas l'indulgence de l'excuser en tentant de deviner un sous-texte au troisième degré qui ne serait peut-être qu'une invention inspirée de ma charité envers l'auteur. Il n'y a rien d'autre dans ce texte que cette association libre. Vraiment rien d'autre.

      Un peu de provoc avec de la valeur ajoutée au débat, pourquoi pas - mais beaucoup de provoc sans valeur ajoutée, voire de la valeur diminuée...

  • Yvon Pesant - Abonné 1 mai 2019 05 h 49

    Dérision

    C’est ce que j’ai toujours grandement apprécié chez Jean-François Lisée: son sérieux humour intelligent et vice-versa.

    Quand j’ai lu le texte très emberlificoté commis par le sieur Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique à l’UQAM, je n’en revenais tout simplement pas que l’université engage quelqu’un qui fait de tels amalgames insensés voire délirants et le paie pour enseigner chez elle. Après, je me suis dit: « Mais qu’est-ce qu’ils doivent rigoler en classe de sience po, avec un clown pareil. L’UQAM veille à ce que ses étudiants stressés puissent se détendre par le rire. »

    Mais ce n’est pas parce que l’on rit à l’UQAM que c’est drôle pour autant.

    • wisner Joselyn - Abonné 1 mai 2019 15 h 22

      Dérision certes, mais en empruntant cette voie, Mr Lisée semble chercher à occulter cette part d'ombre qui existe bel et bien chez quelques intellectuels québécois (ce n'est pas la majorité et ça existe ailleurs aussi, particulièrement en france où on peut constater passablement de similitudes avec les discours tenus ici au québec) qui, utilisant l'argument identitaire établissent insidieusement une distinction entre 'Québécois de souche' et 'Les Autres'. Curieusement, cette distinction emprunte souvent le chemin de la réligion. Hier, c'était sur la base du judaisme (Lire Esther Delisle, le traitre et le juif), aujourd'hui c'est sur la base de l'islam. Qu'on débatte sur les mérites du projet de loi sur les signes réligieux soit, mais on ne peut nier qu'il y en a qui utilise également ce débat pour déverser leur islamophobie reprimée.

    • Cyril Dionne - Abonné 1 mai 2019 16 h 43

      Cher Wisner Joselyn,

      Hier, le judaïsme ne tuait personne et ses adeptes étaient persécutés et tués sans raison à part du racisme basé sur l'eugénisme. Aujourd'hui, beaucoup d'adeptes de l'islam massacrent des gens parce qu'ils n'ont pas adopté la même superstition aux amis imaginaires qu'eux. Il faut toujours avoir un devoir de réserve envers ceux qui sont prêts à massacrer et tuer des gens au nom de leur idéologie politico-religieuse qui est l’opposé de ceux qui sont prêts à mourir pour leurs convictions. Vous les voyez comme des combattants de la liberté alors que la plupart des gens les voient comme des terroristes.

      Si vous voyez de l’islamophobie dans le projet de loi 21 qui veut consacrer l’égalité des hommes, des femmes et des minorités sexuelles en plus de la liberté d’expression si importante en démocratie, eh bien, il n’y a plus grand chose à dire. Vous semblez partager la même opinion que le maire d'Hampstead et d’Adil Charkaoui, nettoyage ethnique oblige. Tout cela pour dire que peut-être, l'islam n'est pas compatible avec nos démocraties occidentales. La plupart des gens vivent en 2019 et non pas au 7e siècle.

      Misère.*

      *(“Please note, this comment is available in its entirety in English”)

  • Raynald Collard - Abonné 1 mai 2019 06 h 53

    Francine Pelletier

    J'avais bien hâte que quelqu'un fasse le coup à Francine Pelletier dans sa croisade antilaïcité. J'avais même le goût de le faire moi-même ce matin suite à ses attaques personnelles contre Mathieu-Bock Côté. Mais qui aurait su le faire mieux qu'un certain JF Lisée? Car les penchants qsistes de Mme Pelletier commencent, à mon avis, à être un peu gênants pour le très sérieux Devoir. Ce Devoir qui a eu le dangereux culot de publier un texte à la Xavier Camus de Francis Dupuis-Dery.

    Que pensez-vous, Mme Pelletier, de cet amalgame délirant que fait Dupuis-Dery entre cet événement bien isolé dans l'Histoire des années 1930 et le projet de loi PL21? Pour moi, c'est un amalgame de petit curé à court d'arguments et désespéré de voir ses fidëles déserter sa chapelle. Mais pour vous, Mme Pelletier, est-ce dans ce genre de délirium tremens que vous allez nous parler de pommes et d'oranges? Car occuper un poste de chroniqueuse officielle au Devoir, c'est du sérieux.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 2 mai 2019 20 h 11

      À force de laisser publier des textes rempli de sophismes à la FDD et de continuer à payer Mme Pelletier, le Devoir m'apparait de moins en moins un journal sérieux.Ce journal semble avoir perdu son gouvernail.

  • Serge Beauchemin - Abonné 1 mai 2019 06 h 54

    De l’absurde.

    Un texte très drôle qui nous fait voir l’absurde des opinions des antis-projet-de-loi 21, dont Francine Pelletier.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 2 mai 2019 12 h 28

      C’est drôle, venant de JFL, l’argumentaire pro L21 met en lumière la véritable portée du projet nationaliste frileux et girouette de Legault. On voit bien que Lisée se sent très à l’aise avec l’alliance fusionnelle caq-pq.

      Drôle de texte en effet! Né de la Révolution Tranquille et des grandes réformes qui ont été mises en place dans les années 60 et 70, JFL ne retient qu’une lecture anti-cléricale. Typique de la lecture idéologisante des jeunes parvenus des années 80.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 2 mai 2019 22 h 52

      N'ébruitons pas trop la chose, mais il paraît que de nombreux religieux ont joué des rôles de premier plan dans cette Révolution, sans même se sentir obligés pour se faire de laisser leur soutane au vestiaire.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 1 mai 2019 07 h 12

    Toujours aussi brillant ce Jean-François Lisée

    Un prof à l'université doit publier régulièrement, paraît-il. Mais qu'arrive-t-il quand une publication, comme celle de Dupuis-Déri dans «Le Devoir» d'avant-hier, est honteuse? Le prof est-il sanctionné?

    • Clermont Domingue - Abonné 1 mai 2019 09 h 01

      Je crois que la liberté d'expression permet que l'on publie même des bêtises. C'est au lecteur qu'il appartient de s'en apercevoir.

    • Nicole Desjardins - Abonnée 1 mai 2019 10 h 28

      Très d'accord avec vous monsieur Domingue. C'est de cette façon qu'on se fait une tête comme dit le vieil adage. Non à la censure.

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 1 mai 2019 12 h 56

      Si je vous suis bien M. Domingue et Mme Desjardins, un prof d'université peut écrire n'importe quelles conneries du fait de la liberté d'expression sans en payer un quelconque prix.

    • Sylvie Lapointe - Abonnée 1 mai 2019 14 h 57

      M. Le Blanc, si les ‘’conneries’’ en provenance de professeurs d’universités ne sont jamais publiées ni portées à notre attention, alors comment allons-nous savoir, nous, ce qui se passe vraiment dans leur tête? La population va continuer de croire qu’ils sont tous très intelligents, font partie de la crème de la société, sont placés en haut de l’échelle sociale, en prenant pour acquis qu’étant instruits et bardés de diplômes, leurs analyses et réflexions à eux et elles sont pratiquement toujours bien équilibrées et objectives, servant ainsi de références aux autres concitoyens. Le récent texte du prof FDD publié dans Le Devoir, quoique très irritant – merci - nous aura au moins confirmé qu’ils sont capables d’être à des années-lumière de ce portrait idyllique. L’ironie de M. Lisée dans son texte de ce jour aura eu l’avantage d’apaiser l’irritation causée par le prof FDD, du moins pour moi.

    • Nicole Desjardins - Abonnée 1 mai 2019 19 h 33

      M. Le Blanc: Si un professeur d'université écrit des conneries comme vous le dites, nous serons sûrement très nombreux à lui faire savoir, mais de façon civilisée je l'espère bien, et avec une solide argumentation. Sans menace. Ni censure, à moins d'incitation à la haine. C'est ce que monsieur Lisée a su faire intelligemment dans ce texte. Un très bel exemple dont on doit s'en inspirer.

      Je n'aime pas particulièrement les écrits de Mme Pelletier. Néanmoins je ne réclamerai jamais de lui enlever son droit de parole.
      Elle me force à approfondir ma pensée.

    • Raymond Labelle - Abonné 2 mai 2019 09 h 51

      Considération sur la liberté d'expression et l'accès à l'expression. Si vous aviez envoyé ce texte au Devoir, vous n'auriez probablement pas été publié si vous n'aviez pu invoquer le titre de prof d'université politilogue... FDD bénéficie d'un privilège de classe accessible seulement à une minorité socio-économique.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 2 mai 2019 22 h 55

      J'avoue sans méchanceté que je suis quand même content que la valeur des travaux de nos universitaires ne soit pas suspendue à l'appréciation des distingués commentateurs de ce journal.