Contre la loi sur la laïcité au nom des valeurs québécoises

Les auteurs s'estiment préoccupés par la conception de l’école qui sous-tend le désir d’interdire aux enseignants, pour la plupart enseignantes, le port de signes religieux. 
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Les auteurs s'estiment préoccupés par la conception de l’école qui sous-tend le désir d’interdire aux enseignants, pour la plupart enseignantes, le port de signes religieux. 

La polarisation actuelle du débat sur la laïcité est propice à des excès de langage qui ont déjà causé des dommages au tissu social québécois et on peut penser que ce n’est malheureusement pas terminé. Même si cette loi était adoptée telle quelle, selon la volonté apparemment très déterminée du gouvernement et celle de la majorité des Québécois, il est tout à fait illusoire de penser que l’on pourrait « enfin tourner la page », pour reprendre l’expression du premier ministre Legault. Nous nous étonnons que plusieurs invoquent à cet égard l’exemple de la France (laissons de côté la Belgique et la Suisse), où la clarté jacobine du régime de laïcité n’empêche pas, en permanence, des déchirements et des dérives de toutes sortes. La polarisation, c’est aussi de croire que tout peut se trancher au couteau, que tout puisse se penser en noir ou blanc, et que les édits, injonctions et autres interdictions soient la meilleure recette d’un vivre-ensemble harmonieux.

Nous pensons que la société québécoise doit d’abord prendre exemple sur elle-même et miser sur ses propres réserves de bienveillance, d’empathie et de modération, plutôt que de s’inspirer d’autres modèles ou de se laisser distraire par ce que l’on pense de nous ailleurs au Canada et parfois ici même au Québec. Or, le projet de loi actuel a beau se réclamer d’une modération toute québécoise, il nous apparaît plutôt dangereusement diviseur, à partir de principes sur lesquels il est pourtant facile de s’entendre. Qui donc pourrait s’opposer aux principes de la séparation de l’Église et de l’État, à la neutralité religieuse de celui-ci, à l’égalité de tous les citoyens et citoyennes et à la liberté de conscience et de religion ? Qui donc peut s’opposer à ce que l’État québécois se déclare laïque, d’autant plus qu’il l’est déjà en grande partie dans les faits, à l’exception des subventions aux écoles privées et des crédits d’impôt accordés aux organismes religieux ? Les principes énoncés régissent en fait depuis des décennies la plupart des sphères de notre vie commune et sont inscrits dans des textes qui font loi et autorité.

On peut certes, à partir de ces mêmes principes, tirer des conséquences pratiques différentes ; mais est-ce jusqu’au point de les contredire en limitant ouvertement la liberté de religion ? Nous sommes particulièrement préoccupés par la conception de l’école qui sous-tend ce désir d’interdire aux enseignants, pour la plupart enseignantes, le port de signes religieux. Ici, ce sont les principes mêmes qui sont indéfendables : celui qui fait des enseignants des agents ou des représentants de l’État ; celui qui insinue gratuitement des intentions de prosélytisme dans un tel port ; surtout, celui qui justifie le recours à la disposition dérogatoire en faisant appel aux sentiments identitaires de la majorité. Il y aurait d’un côté ceux et celles qui défendent les droits collectifs et « l’affirmation nationale » et de l’autre, les défenseurs des droits individuels ; d’une part, la légitimité politique de la majorité et de l’autre, l’illégitimité de juristes non élus brandissant leurs chartes des droits forcément multiculturalistes.

Nous récusons vivement cette vision dichotomique qui oublie commodément qu’avant la Charte canadienne, la Charte québécoise des droits et libertés de la personne a été votée démocratiquement par l’Assemblée nationale. Nous n’adhérons pas à une pensée identitaire qui suggère que la communauté nationale est affaiblie et appauvrie par les droits, le soin et la dignité qu’elle accorde aux personnes concrètes, et notamment aux minorités vulnérables, qui la constituent, quel que soit leur sexe, leur origine, leur condition physique, leurs croyances. Notre opposition à ce projet de loi, nous ne l’affirmons pas au nom d’un individualisme effréné, mais au nom même d’une vision positive de la nation québécoise, de sa culture, de sa réalité pluraliste.

Loin de partager la satisfaction et encore moins l’enthousiasme qu’ont exprimés un grand nombre de nos concitoyens en faveur de cette loi sur la laïcité, nous déplorons l’inégalité entre les sexes qu’elle institutionnalisera forcément dans les faits, en excluant de l’enseignement surtout les jeunes femmes musulmanes portant le voile. D’une manière plus insidieuse, l’esprit de cette loi ne pourra que confirmer une pensée du soupçon et de la méfiance déjà très répandue dans l’espace public, en suggérant que si des pratiques vestimentaires liées à une foi religieuse sont un mauvais exemple à donner aux enfants, elles ne sont peut-être pas la manière la plus conforme de vivre et de s’afficher au Québec. La majorité aura prévalu, mais à quel prix !

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115 commentaires
  • Mathieu Lacoste - Inscrit 19 avril 2019 01 h 29

    « La polarisation actuelle du débat sur la laïcité est propice à des excès de langage…» (Nepveu, Leroux, Seymour)



    … Et à la rédaction de passablement de bêtises itou…

    • Nadia Alexan - Abonnée 19 avril 2019 10 h 23

      Vous devriez avoir honte d'exprimer de tels sophismes. Dire que la majorité québécoise adhère à ses valeurs identitaires est loin de la vérité. Les valeurs québécoises sont des valeurs universelles. Ce sont les intégristes qui affichent leurs signes ostentatoires religieux comme une publicité identitaire.
      La liberté de conscience ne veut pas dire porter le linge que l'on veut. Il faut respecter la neutralité de l'État en apparence et en fait. Derrière les signes religieux se cache une idéologie totalitaire et prosélyte qui veut se propager et s'imposer sur la société québécoise.
      De plus, loin de promouvoir l'inégalité comme vous le prétendez, la loi protège le principe de l'égalité homme/femme bafoué par les signes religieux.
      Finalement, nous avons déconfessionnalisé nos écoles, nous avons enlevé la croix des murs de nos classes, nous avons éliminé l'endoctrinement du catéchisme, et nous avons sorti le clergé de nos écoles, justement pour faire plaisir à la diversité religieuse. Maintenant, c'est le tour de cette diversité de céder un peu de leur côté pour accommoder la majorité.
      Au lieu de s'attaquer à la laïcité qui garantit la liberté religieuse de toutes les religions, pourquoi ne pas viser la source de la discorde, le fascisme religieux des intégristes provenant de l'Arabie saoudite pour effriter la paix sociale en Occident?

    • Claude Bariteau - Abonné 19 avril 2019 11 h 10

      À vrai dire, je m'attendais à autre chose de ce trio, notamment :

      1. qu'il signale que la cible qu'est devenu le port de signes religieux découle du rapport de la Commission Bouchard-Taylor et rappelle l'errance de la Charte des valeurs en ciblant des signes au nom de valeurs québécoises alors que l'enjeu concernait l'application du principe de la laïcité après l'avoir introduit dans la Charte québécoise de même que celui de l'égalité des sexes.

      2) qu'il avance que l'application du principe de laïcité impliquait : a) les coupures des subventions et des avantages fiscaux des communautés religieuses; b) la neutralité des employé/e/s des organismes publics indépendamment de leur rapport d’autorité ; c) la valorisation de l’expression des libertés religieuses dans l’espace public, qui n’est pas celui de l’État, en autant que certaines règles de sécurité soient connues ; d) l’acceptation du port de signes religieux chez les élu/e/s ; e) les limites au port de signes religieux de la part des usagers des services publics ; f) les limites à des ports ostentatoires de signes religieux chez les étudiant/e/s dans les écoles publiques, privées et religieuses subventionnées par l’État.

      3) qu’il indique les limites du recours à la clause de dérogation de la Charte canadienne, car elles n’empêchent pas l’intervention éventuelle du gouvernement du Canada et des tribunaux pour hachurer cette loi au nom de la nouvelle conception du Canada définie dans la Constitution de 1982 dont la promotion de la diversité et du patrimoine en constitue la base.

      4) qu’il ne place pas le débat entre une nation ethnoculturelle et des minorités, ce qui fausse la problématique, mais entre des règles du « vivre ensemble » politiquement définies par un État de droit, qui est l’enjeu principal.

      En lieu et place, il revient sur le port du voile de femmes musulmanes au nom des libertés individuelles alors qu’il n’est pas une obligation mais une prescription.

      Vraiment, ce texte déçoit.

    • Pierre Robineault - Abonné 19 avril 2019 15 h 22

      Décevant certes, monsieur Bariteau. Mais qui ne m'étonne nullement par la présence de l'un des membres de ce trio qui avait été un grand défenseur du Programme d'éthique et de culture religieuse!

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 avril 2019 19 h 44

      @Nadia Alexan,

      "Ce sont les intégristes qui affichent leurs signes ostentatoires religieux comme une publicité identitaire."- Nadia Alexan

      Voilà une des belles manières de propager la peur, la haine et les préjugés.

      - Qu'en savez-vous d'abord?

      Vous ne connaissez pas toutes ces personnes une par une.

      Il faudrait aussi savoir ce que signifie un "intégriste" dans votre propre tête?

      - Une musulmane qui tient à son voile porté librement ?

      Ou les coupeurs de têtes d'Arabie saoudite?

      Parce que foutre l'un et l'autre dans le même sac sous la même étiquette d'intégriste, est fichtrement mesquin, pour ne pas dire dangereux, pour des femmes aussi respectables que vous, qui se font déjà insulter, cracher dessus et agresser au Québec à cause de propos comme les vôtres sans cesse tenus et répéter comme un chapelets dans les médias sociaux.

  • Jean Duchesneau - Abonné 19 avril 2019 04 h 40

    Le projet de loi 21 n’est pas diviseur....

    .... il fait plutôt ressortir une profonde division. La différence entre la France et le Québec, c’est que la France, elle est toute française (ou presque), alors que le Québec, à l’ouest de la rue St-Laurent, il est comme à Toronto (ou presque). Alors, la majorité elle est où... elle est où????

  • Serge Pelletier - Abonné 19 avril 2019 05 h 22

    Délire, et encore du délire...

    "Nous déplorons l’inégalité entre les sexes qu’elle institutionnalisera forcément dans les faits, en excluant de l’enseignement surtout les jeunes femmes musulmanes portant le voile".
    Sortons les mouchoirs, que dire, les pompes, car il y aura grandes innondations de larmes. C'est cela hein! N'est-ce pas messieurs Nepveu, Leroux et Seymour. Ces "jeunes femmes musulmanes" portent-elles un foulard dit islamique parce que le Coran l'exige explicitement et qu'elles sont très religieuses, ou simplement par caprices vestimentaires... Ou encore par une fausse idée de leur identité? Que diriez-vous Messieurs Nepveu, Leroux et Seymour si les filles de decendance irlandaise voudraient brusquement vouloir s'habiller comme enseignantes et à grandeur d'année avec leurs "habillements folkloriques de parades",.. Vous diriez alors qu'elles sont pour le moins "dérangées". Le même raisonnement s'appliquerait pour toute personne - peut importe le sexe - qui brusquement refuserait la modernité pour se vêtir de manière folklorique sous de fumeux prétextes d'identitité, de religion, ou autres.

    Non Messieurs, cette loi - si adaptée, ne prive personne de ses droits de croire ou de ne pas croire. Elle n'encadre que les modes d'habillements en milieux de travail étatique - milieu qui interdit aussi les signes politiques. Même les gens des ordres religieux - tous sexes confondus - se sont départis de leurs signes et habillements ostentatoires lorsqu'ils/elles étaient à l'avant des classes... et je le rapelle, ils et elles étaient dans des "ordres religieuses"... Endroits où les supérieur(e)s hiérarchiques prenaient un mâlin plaisir - comme à l'armée - de passer en revue la conformité de l'habillement... Personne n'a alors pleuré, sauf quelques dérangés comme l’évêque intégriste Marcel Lefebvre - excommunié pour refus de se confirmer à la modernité. Il serait intéresant de suivre dans la vie de tous les jours ces jeunes supposées dévotes de l'ismam... L'on riquerait alors d'être fort étonné

    • Cyril Dionne - Abonné 19 avril 2019 08 h 54

      On avait dit la même chose lorsqu'on a passé la loi 101, les infirmières de langue anglaise allaient perdre leur emploi. Maintenant, c'est le tour des femmes musulmanes. L'Histoire se répète.

    • Gilberte Raby - Abonnée 19 avril 2019 12 h 43

      Bravo Monsieur Pelletier.
      Enfin du Gros Bon Sens ( jugement )
      Je remarque que plusieurs hommes prônent le port du voile. Peut-être par courtoisie, comme laisser son siège dans l'autobus. On cède notre place à la jolie dame. Nos hommes québécois seraient-ils un brin bonasses?...Peut-être pas, mais ils sont vraiment gentils.

  • Léonce Naud - Abonné 19 avril 2019 05 h 56

    Faute de Dieux, on adore des Chartes

    Les Chartes, tout comme les Dieux, sont œuvres humaines, donc mortelles. À l’instar des Dieux, elles sont nées, elles vivent et elles mourront. Entre leur naissance et leur mort, les dévots se précipitent. Rien n'est durable sous le soleil, sauf la bêtise.

    « Ce qu’une génération, un parlement même, avait regardé comme un dépôt sacré, inviolable, la génération suivante en fera des gorges chaudes; le parlement suivant l’anéantira d’un trait de plume ». Abbé Henri-Raymond Casgrain (1831-1904)

    • Jean Jacques Roy - Abonné 19 avril 2019 10 h 15

      Monsieur Naud, votre sarcasme concernand l’État de droit n’est vraiment pas de mise.

      Personne ne conteste que les Chartes, inspirées de la Déclaration universelle des droits humains sont des oeuvres humaines. Elles sont les bases les plus solides jusqu’ici à partir desquels les humains de toutes couleurs, de diverses cultures et croyances reconnaissent qu’ils partagent non seulement la même planète mais aussi la même humanité. Voilà, Monsieur, la grande valeur des Chartes, elles affirment que nous sommes tous EGAUX et que c’est sur ce principe qu’est fondé l’État de droit.

      Vous mentionnez qu’étant oeuvre humaine les Chartes passeront! Vaudrait mieux que vous disiez plutôt que les régimes dictatoriaux, les gouvernements corrompus, les groupes de pouvoir et d’exploitation d’humains... dérogent et bafouent les principes des Chartes et des droits humains et des nations.

      Raison de plus de défendre la valeur et la légitimité des Chartes et de l’État de droit pour lutter contre l’oppression et la discrimination.

    • Jean Lacoursière - Abonné 19 avril 2019 12 h 04

      J.J. Roy écrit : "[...] les régimes dictatoriaux, les gouvernements corrompus, les groupes de pouvoir et d’exploitation d’humains... dérogent et bafouent les principes des Chartes..."

      C'est drôle, les membres de la NRA (National Rifle Association, USA) parlent à peu près de la même manière quand ils invoquent leur "2nd Amendment". Ce sont aussi des chartistes : pas question de modifier une clause, et sa seule interprétation valide est la nôtre.

    • Cyril Dionne - Abonné 19 avril 2019 12 h 23

      Cher M. Roy,

      L’État de droit et les chartes sont deux entités différentes. Les chartes nous rappellent les dix commandements d’un certain Moise qui a reçu supposément de vous savez qui, notre être extraterrestre favori qui est occupé présentement à ressusciter. Les quatre premiers commandements, disons simplement qu’ils sont bizarres et on ne voit pas pourquoi ils s’appliqueraient en 2019 (1. Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi. 2. Tu ne te feras pas d’idole. 3. Tu n’utiliseras pas le nom de l’Éternel ton Dieu pour tromper. 4. Observe le jour du sabbat). Et pourtant, pour les chrétiens, surtout pour les fondamentalistes (extrémistes chrétiens), c’est leur charte même en 2019.

      Tout cela pour dire que les lois et les chartes sont organiques et doivent évoluer pour refléter les vivants. Les lois américaines de Jim Crow qui étaient en vigueur aux USA jusqu’en 1964, était la charte à suivre pour les Américains. Et pourtant, elles consacraient la ségrégation raciale dans les endroits publics. Pouvons-nous dire que la charte canadienne dont le Québec n’a pas apposé sa signature, est immuable, immortelle, écrite dans le marbre tout comme pour les tablettes de notre prophète adoré? Bien sûr que non.

      Et vous avez raison M. Naud. Pour certains, faute de dieux, ils adorent les chartes comme pour le veau d’or de la bible.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 19 avril 2019 13 h 02

      Monsieur Naud se cite lui-même. Je doute qu'il soit vraiment sensible à autre chose qu'au plaisir qu'il y prend.

    • Jean Lacoursière - Abonné 19 avril 2019 13 h 56

      Monsieur RMD,

      Effectivement, certains se répètent.

      D'autres non, mais seulement en apparence. Quand on y regarde de plus près, on s'aperçoit qu'ils tournent en rond.

      Joyeuse Pâques, aimons-nous les uns les autres.

    • Léonce Naud - Abonné 19 avril 2019 14 h 09

      M. Desjardins : si vous me trouviez digne d'être votre ami, j'en serais fort inquiet.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 19 avril 2019 14 h 44

      Merci de nous le rappeler, monsieur Lacoursière. Par quelque côté qu'on essaie d'entrer en dialogue, on finit par avoir fait simplement le tour des résistances sans les entamer. Comme si on interrompait inopinément les répons du chapelet de plus en plus répétitif que les mêmes personnes se renvoient en échos d'une fois à l'autre.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 19 avril 2019 17 h 52

      @Monsieur Lacoursière. C’est loin d’être drôle!
      Le gouvernement caquiste est loin d’être en train de faire une loi sur le contrôle des armes à feu pour en limiter ou prohiber le port pour les « agents de l’État » y inclus les enseignantes des écoles publiques. La comparaison cloche entre les « armes à feu » et « les voiles » est absude. Plus absurde encore d’établir un parallèle entre les regroupements diversifiés des citoyens et citoyennes du Québec qui s’opposent au projet de loi 21 et les comparer au lobby des armes USA.
      Au Québec, les groupes de toutes allégeance s’opposent à la DISCRIMINATION à l’emploi de personnes qui sont compétentes et qui répondent aux prérequis pour exercer leur profession. Au USA, le lobby des armes, du fait qu’il est un puissant et RICHE groupe de pression économique et politique EMPÊCHE les démocrates et les républicains de légiférer. L’utilisation du 2e amendement est de la frime, l’immobilisme du Congrès se trouve ailleurs et à chercher du côté du poid des intérêts commerciaux et des levées de fond pour financer les candidats de toutes couleurs.

      @ Monsieur Dionne.
      Vous faites bien de distinguer Chartes, Constitution et Corpus Des Lois.
      Cependant, ces entités comme vous les nommez sont interdépendantes. À la base des lois, vous savez bien qu’on retrouve ce qui constitue les principes à partir duquel s’établit notre contrat social. Or ici au Québec, depuis 1975, nous avons reconnu formellement et dans les faits que c’était une CHARTE qui stipule que nous sommes tous et toutes ÉGAUX devant la loi, indépendamment de nos origines ethniques, de notre langue, de notre orientation sexuelle, de notre genre, de nos croyances y inclus religieuses.

      La Charte québécoise marquait justement la règle maîtresse à suivre, établissant nettement que nos lois ne sont plus à interpréter en fonction des 10 commandements de Dieu et les 7 de l’Église catho. Ce qui n’empêche nullement la liberté de conscience et de croyance.

    • Jean Lacoursière - Abonné 20 avril 2019 09 h 19

      Monsieur J.J. Roy,

      Merci de votre explication des différences entre le PL 21, la NRA, les armes à feu, les signes religieux, etc.

      Vous êtes encore plus formidable que je ne le pensais.

  • Gilberte Raby - Abonnée 19 avril 2019 06 h 51

    Messieurs,

    « en excluant de l’enseignement surtout les jeunes femmes musulmanes portant le voile. »
    Dites-moi, pourquoi voulez-vous obliger ces jeunes femmes à garder un voile? ...
    Elles ne seront pas exclues, elles seront libres et modernes en enlevant ce voile aussi inutile que la soutane de certains de nos ex-religieux.
    Y a t'il un seul motif pour lequel elles devraient porter un signe religieux?
    merci de m'informer.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 19 avril 2019 09 h 13

      Je suis entièrement d'accord avec vous Mme Raby, ce texte met en évidence des contradictions. Pour quel motif ces femmes devraient porter un signe religieux? D'après moi, quelqu'un qui décide que son signe religieux est plus important que son travail dans la société et que c'est par cela qu'il se définit, ne fait que démontrer une certaine fermeture par rapport à celle-ci (société) . Le dialogue est alors impossible.

    • Denis Forcier - Abonné 19 avril 2019 09 h 51

      Madame Raby, vous avez une drôle, pour ne pas dire une tragique, conception de la liberté de la femme. Prétendre libérer les femmes voilées en leur interdisant de porter un voile ,est-ce que ça ne ressemble pas beaucoup l'interdiction faite aux femmes en Iran de ne pas porter le voile quand elles sortent dans la rue ? Est-ce que dans les deux cas, il n'y aurait pas un abus d'autorité à l'égard des femmes ?

    • Jean Jacques Roy - Abonné 19 avril 2019 10 h 31

      Chère Madame,
      Il n’est pas ici question d’OBLIGER une enseignante à porter un voile, pas plus qu’on l’obligerait à porter une brassière.
      On dit simplement qu’il faut respecter sa décision et le droit de porter ou non une brassière, un voile ou un petit Jésus pendu à une chainette à son cou. Ce n’est pas l’affaire de l’État, et il n’y a pas lieu de déroger aux Chartes des droits de la personne pour exclure des enseignantes qui portent des voiles ou de petits jésus pendus à leur coup!

    • Gilberte Raby - Abonnée 19 avril 2019 11 h 17

      Monsieur Forcier
      Je ne parle pas d'interdit.
      Je demande pour quelle raison devrait-elle porter un voile?...
      J'en ai déjà porté pour camoufler mes bigoudis ou parce que mes cheveux n'étaient pas très propres. Ou encore poour me protéger du froid. Ce n'est pas ce q'il y a de plus confortable.
      Y a-t-il d'autres raisons?
      Si ce n'est que pour m'informer de sa grande piété, je me méfie...pour quelle raison vouloir me le prouver.
      Si c'est pour me dire qu'elle est musulmane, eh bien, ça me dérange. On dit que le Coran ordonne de tuer ceux qui ne sont pas des leurs.
      Si elle n'a pas de raison, pourquoi en porter?

    • Serge Pelletier - Abonné 19 avril 2019 11 h 37

      M. Roy, effectivement, la brassière n'est pas obligatoire pour une enseignante... Mais disons que si "la craque" est trop visible, ou que la blouse est transparente, ou les deux simultanément... Elle sera retourner chez-elle pour aller d'habiller comme du monde. La même affaire pour ti-cul qui aurait un pantalon fortement "moulé" dans la région du concombre... Petits et gros cocombres visibles ne sont pas de mise quand l'on est en avant d'une classe.

      Quand au "Petit Jésus crucifié" dans le cou...et entre "la craque"... Disons que ce n'est pas très courant que les deux soient visibles... À moins bien entendu que vous fréquentiez certains milieux à la cuisse légère... Est-ce votre cas? Alors, ce "Petit Jésus crucifié" dans le cou... n'a pas d'appartenance religieuse... Mais uniquement un bijou comme un autre.

      De plus, les écoles ont généralement un "code vestimentaire" et un "code de vie" pour les élèves... Le respect de ceux patentes est obligatoire pour eux. Antérieurement les enseignants avaient eux aussi de tels codes... Les pressions des syndicats doublé par l'incurie administrative des "directeurs/trices" ont fait en sorte que plusieurs milieux scolaires en sont rendus pratiquement un zoo ou les élèves sont tirés à quatre épingles, et les enseignants(es) sont vêtus(es) comme "la chienne à Jacques"...

    • Diane Boissinot - Abonnée 19 avril 2019 13 h 12

      @ Jean Jacques Roy
      «Ce n’est pas l’affaire de l’État, ...» Justement!

    • Jean Jacques Roy - Abonné 19 avril 2019 13 h 54

      Monsieur Pelletier,
      Vous avez raison d’apporter toutes les nuances concernant les règles élémentaires du « savoir vivre pour cohabiter » qui, entre parenthèses, sont valables non seulement dans les écoles PUBLIQUES, mais aussi dans toutes écoles privées confessionnelles ou non.
      Vous conviendrez donc avec moi que pour assurer un mode convivial pour enseigner et étudier, que déjà sont présents des codes écrits et non écrits qui fait en sorte que les administrations, selon les leux et les époques, se sont fort bien adaptées.
      C’est pourquoi, me semble-t-il, que l’intervention de l’État en modifiant les Chartes, crée un problème où il n’y en a pas. Si dans certaines écoles, il y a des enseignantes qui portent des signes religieux et que ni les administrations et que ni les parents s’en plaignent... À quoi donc correspond cette mobilisation du législateur pour s’ingérer dans des critères d’emploi et du modus viviendi dans ces écoles?

      NB: Mon commentaire en réponse à Madame Garneau portait sur l’interprétation erronée qu’elle fait aux objections du pjl 21. Ce n’est pas parce que l’on est contre ce projet qu’on voudrait que les femmes portent des voiles.

    • Sonia Muzzo - Abonnée 19 avril 2019 14 h 14

      Les intégristes religieux (comme le montréalais Adil Charkaoui, fondateur du Collectif canadien anti-islamophobie) cherchent par tous les moyens à imposer leur vision fondamentaliste de la religion de l’islam dans l’espace public. Obliger ou valoriser d’une manière excessive le port du voile par les musulmanes en fait partie. Pour favoriser le vivre-ensemble et la paix sociale dans une société moderne, il faut freiner les manifestations excessives du religieux dans l’espace public. Le projet de loi 21 est un premier pas timide dans la bonne direction.

    • Cyril Dionne - Abonné 19 avril 2019 18 h 00

      M. Pelletier, vous m'avez fait rire avec votre commentaire. Pour le petit Jésus crucifié, il y a seulement les chrétiens qui vénèrent la torture.

      Ceci dit, je peux vous affirmer sans l'ombre d'un doute que plusieurs parents se plaindraient si des enseignants essayaient d'en passer une p'tite vite avec les signes ostentatoires. Comme enseignant, j'ai déjà eu un parent dans une école publique qui s'est plaint que son enfant reçoive une bible gratuite parce que la direction avait autorisé des pentecôtistes à venir faire une présentation dans le gymnase de l’école portant sur la toxicomanie. Un des animateurs, qui sortait de prison pour avoir été arrêté pour possession et vente illégale de stupéfiants et grand consommateur lui-même, avait dit sans rire que ce n’était lui qui était responsable, mais le diable qui le manipulait, ceci, devant un auditoire qui ne dépassait pas les onze ans. Le diable est toujours très commode pour nos religieux. Je bouillais littéralement quand j’entendais ces paroles insensées.

      Et n'avez pas remarqué que tous les extrémistes religieux, qui incluent tous les membres de Québec solidaire, sortent pour faire la promotion d'idéologies politico-religieuses, eux, qui sont pris dans une faille spatio-temporelle? On se croirait revenir en arrière dans un espace-temps qui a longtemps passé date. Que la lumière du siècle des Lumières nous illumine. Amen. Bon, je vais manger mon lapin de Pâques en chocolat.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 19 avril 2019 18 h 41

      @ Madame Muzzo.
      J’imagine que vous faites références aux personnes qui ont des visions « fondamentaliste » de la religion. De ces prédicateurs dogmatiques et populistes on en trouve dans toutes les religions monothéistes.
      Et si on fait référence aux écoles et aux enseignants et du réseau publique, déjà depuis une quinzaine d’année ces écoles ne sont plus confessionnelles et on n’y fait plus d’endoctrinement avec des cours de religion.

      De sorte que les fondamentalistes et leurs églises ou mosquées n’entrent pas dans les écoles. Et ce n’est pas parce qu’une enseignante porte une croix à son cou ou un foulard sur la tête qu’elle ferait rentrer à l’école les croyances bibliques ou celles du Coran. Si éventuellement une enseignante tentait de le faire, avec ou sans signes religieux, elle serait exposée à être expulsée.

      C’est pourquoi le projet de loi 21 est inutile pour protéger la laïcité des écoles publiques. Premièrement, les administrations scolaires n’ont pas signalé de problèmes en rapport aux signes religieus. De plus, s’il y avait des conflits de prosélitisme, déjà les administrations scolaires sont outillées pour les solutionner.

      Par contre, en adoptant la loi 21, c’est certain que des répercutions sociales détestables vont s’en suivre. La première sera d’écarter de l’emploi dans les écoles publiques les enseignants et enseignantes qui affichent un signe de leurs croyances.