Le voile dans la tête

«Existe-t-il toujours un lien entre le port de signes religieux et le prosélytisme? Parfois, le voile n’est pas sur la tête, il se cache à l’intérieur», estime l'auteur.
Photo: Zurijeta Getty Images «Existe-t-il toujours un lien entre le port de signes religieux et le prosélytisme? Parfois, le voile n’est pas sur la tête, il se cache à l’intérieur», estime l'auteur.

Dans Le Devoir du lundi 15 avril dernier, d’anciens dirigeants syndicaux liés au monde de l’éducation publiaient une lettre d’appui au projet de loi 21 qui prévoit d’interdire le port de signes religieux aux agents de l’État en situation d’autorité, ce qui inclut, selon les responsables du projet de loi, les enseignantes et les enseignants des écoles primaires et secondaires du Québec. Les signataires de la lettre du 15 avril se disent en accord avec cette mesure au nom du principe selon lequel les enseignants québécois ne devraient pas se livrer à quelque forme de prosélytisme que ce soit. Bien sûr, nul n’est contre cet objectif et nous n’avons pas collectivement choisi de sortir l’enseignement religieux des écoles pour le voir revenir subrepticement, sous le couvert d’un voile ou d’une kippa, enrôler nos enfants dans une croyance ou une autre. Mais peut-on vraiment établir un lien de cause à effet entre port de signes religieux et prosélytisme ? Il me semble que, à la lumière de mon expérience personnelle de formateur des futurs maîtres à l’enseignement primaire, rien n’est moins sûr…

Depuis bientôt six ans, j’enseigne la didactique des sciences et de la technologie à de futures enseignantes au préscolaire et au primaire. Mon objectif est de les familiariser avec les rudiments des approches éducatives pour l’enseignement de ces matières, des approches qui s’éloignent des modèles transmissifs traditionnels pour rendre les élèves plus actifs dans l’apprentissage des notions de base en science et dans le développement de leurs compétences. J’ai écrit « enseignantes » au féminin à dessein, puisque l’écrasante majorité de mes étudiants sont des femmes, ce qui se reflète bien sûr dans nos écoles primaires, où les enseignants masculins demeurent minoritaires.

Chaque session, je rencontre dans ma classe quelques étudiantes d’origine maghrébine. Plusieurs sont plus âgées que la moyenne de mes étudiantes « de souche », avec des parcours de vie marqués par l’immigration et des compétences professionnelles parfois impressionnantes. Elles se recyclent souvent dans l’éducation, faute de voir leurs diplômes reconnus dans leur nouveau pays d’accueil. Bien sûr, plusieurs de ces étudiantes portent le voile, mais je ne leur ai jamais demandé si on le leur avait imposé ou si elles le portaient par conviction religieuse, par attachement à leur culture d’origine, par habitude ou par simple coquetterie. Quoi qu’on en pense, tous les cas de figure sont possibles…

Science et religion

On place souvent en opposition science et religion et l’on pourrait s’attendre, de la part de personnes très religieuses qui font une lecture littérale et fondamentaliste de leurs textes sacrés, à une remise en question des concepts, théories et faits scientifiques qui entrent en contradiction avec leurs croyances. Dans l’équation un peu simpliste que l’on fait souvent face à une femme voilée, voile égale intégrisme religieux.

Eh bien, malgré la présence de nombreuses femmes voilées dans mes cours, jamais il ne m’est arrivé que l’une d’entre elles me dise qu’elle se sentait mal à l’aise d’enseigner certains concepts scientifiques au nom de ses croyances. Ou plutôt, si, cela m’est arrivé une fois : une étudiante m’a un jour avoué bien candidement que jamais elle ne pourrait enseigner à ses élèves la théorie de l’évolution des espèces de Darwin, ou encore raconter l’histoire de la naissance et de l’évolution de l’Univers depuis le big bang, avec ses 13,8 milliards d’années de patiente construction des structures qui permettent la vie sur notre planète. Selon elle, ces théories, qui vont à l’encontre de ses croyances les plus profondes, ne sont tout simplement pas dignes de mention dans une classe du primaire.

Au nom de ses convictions, elle était donc prête à renoncer au volet science et technologie du programme de formation de l’école québécoise pour l’école primaire. Heureusement pour elle, les sciences ne sont pas perçues comme une matière obligatoire au primaire et ne font pas l’objet d’une épreuve unifiée, comme le français et les mathématiques, si bien qu’il est fort probable que sa décision aura peu de conséquences sur sa carrière. Si cela n’est pas une forme de prosélytisme par omission (en creux, en quelque sorte), alors je ne sais pas ce que c’est. Pourtant, cette étudiante ne portait aucun signe religieux, à part peut-être une discrète croix autour du cou.

À la lumière de cette expérience, qui n’a bien sûr aucune prétention d’être exhaustive ni généralisable, je repose donc la question : existe-t-il toujours un lien entre le port de signes religieux et le prosélytisme ? Parfois, le voile n’est pas sur la tête, il se cache à l’intérieur…

 
 

Une version précédente de ce texte, qui indiquait erronément que l’Univers était âgé de 14,3 milliards d’années, a été corrigée.

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146 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 17 avril 2019 00 h 34

    La neutralité de l'état s'impose en fait et en apparence.

    Oui. Je suis sûre qu'il y'a un lien entre les croyances et les signes religieux. Imaginez une enseignante qui doit aborder le sujet de l'homosexualité avec ses élèves. Les signes religieux symbolisent l'intégrisme de la croyance qui met d'abord les lois de la religion avant les lois citoyennes.
    Imaginez une fille qui souffre l'enfer à la maison parce que ses parents l'obligent à porter le voile. Peut-elle se confier à sa professeure si celui-ci porte le voile? Soyons lucides. Sortons la religion de nos écoles.

    • Christian Montmarquette - Abonné 17 avril 2019 08 h 23

      @Nadia Alexan,

      "Imaginez une enseignante qui doit aborder le sujet de l'homosexualité avec ses élèves." - Nadia Alexan

      Vous ne faites que confirmer ce que Pierre Chastenay déplore:

      Le vrai voile est dans la tête.

      Par exemple, Eve Torres, candidate voilée de QS dans Mont-Royal-Outremont, a participé au dernier défilé de la fierté LGBT, alors que François Legault ne l'a jamais fait.

      - Pourquoi ne dénoncez-vous pas Legault, qui est pourtant le premier ministre du Québec?

      Parce qu'il ne porte pas le voile?

      https://pbs.twimg.com/media/Dogh-TwXkAApgXP.jpg:large

    • Christian Montmarquette - Abonné 17 avril 2019 08 h 31

      Mon premier lien ne semble pas fonctionner.

      Je vous reposte donc celui-ci:

      Ève Torres : « L’islamophobie nous réduit. On doit répondre par la complexité » - Middle East Eye

      "Je suis diplômée en droit et sciences humaines, je suis une citoyenne engagée depuis plus de seize ans au sein de la société québécoise dans laquelle je vis depuis vingt ans. Maman de trois enfants âgés de 16, 13 et 5 ans, je suis aussi une militante féministe et antiraciste. J’œuvre de mon mieux pour la justice sociale."- Ève Torres

      https://www.middleeasteye.net/fr/news/eve-torres-lislamophobie-nous-reduit-doit-repondre-par-la-complexite

      .

    • Nadia Alexan - Abonnée 17 avril 2019 09 h 57

      À monsieur Montmarquette: La dernière personne que vous devriez citer c'est effectivement Eve Torres. Les commentaires controversés de l'ancienne candidate de Québec solidaire sur l’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris révèlent un manque de rationalité. Elle vient de dévoiler la vraie pensée des intégristes et leurs propres valeurs biscornues en disant: «que l’incendie survenu à Paris lundi serait le résultat d’une intervention divine reliée à l’interdiction des signes religieux en France.»
      Selon Mme Torres, le fait d’interdire les signes religieux peut attiser la colère de «l’ami imaginaire». Et puis «voilà le résultat!» selon elle.
      «Moi, je serais [le premier ministre François] Legault, je ferais dormir les pompiers à la basilique de la rue Notre-Dame», à Montréal, poursuit-elle.
      Si j'étais à votre place, monsieur Montmarquette, je garderais une petite gêne avant de citer les propos incendiaires d'Eve Torres. Aimeriez-vous avoir une telle personne comme enseignante à vos enfants?
      https://www.lesoleil.com/actualite/politique/commentaires-sur-notre-dame-de-paris-masse-desavoue-eve-torres-9bad3bcd27ce8eac41e691529f0f4a31

    • Léonce Naud - Abonné 17 avril 2019 09 h 57

      M. Montmarquette : si j'étais vous, je ne fréquenterais pas trop Ève Torres de ces temps-ci...

    • Christiane Gervais - Inscrite 17 avril 2019 10 h 16

      Non aux symboles religieux ou toutes autres publicités idéologiques à l'école.

      Pas besoin de sortir un feuillet paroissial ou de faire un discours pour celui qui tient à exhiber son appartenance religieuse pour informer l'autre des valeurs qu'il véhicule, et son pareil qu'il est, hors les heures consacrées au culte, un meilleur croyant que lui portant en permanence le symbole qui le confirme aux yeux de tous.

    • Cyril Dionne - Abonné 17 avril 2019 10 h 48

      Bien d’accord avec vous Mme Alexan. Les intégristes aux symboles ostentatoires ne parleront pas d’homosexualité dans la salle de classe; ils/elles s’en récuseront citant leurs droits religieux. Si ils/elles le font, ce sera pour condamner cette pratique ayant un parti pris. Dans les écoles catholiques en Ontario, on a recensé plusieurs cas où l’enseignant.e condamnait cette pratique sexuelle alors qu’il y avait des jeunes dans la classe qui étaient homosexuels. Personnellement, j’ai eu un adolescent de 14 ans qui était de confession chrétienne (Témoin de Jéhovah) qui est venu me dire dans un cours de science d’une école publique que l’évolution selon Darwin était fausse; l’homme avait été créé par dieu selon le mythe biblique d’Adam et Ève.

      Maintenant pour notre « Je suis diplômée en droit et sciences humaines, je suis une citoyenne engagée depuis plus de seize ans au sein de la société québécoise dans laquelle je vis depuis vingt ans. Maman de trois enfants âgés de 16, 13 et 5 ans, je suis aussi une militante féministe et antiraciste. J’œuvre de mon mieux pour la justice sociale », Ève Torres, tout en prenant conscience qu’elle dit qu’elle est diplômée en droit et sciences humaines, voici la qualité du français exprimé dans son commentaire (amalgame) sur Facebook qui a déclenché l'indignation de tous concernés:

      « J’ai pas fait la blague, mais ça me brûle langue. : bien voilà quand tu.interdis aux autres de porter leurs signes religieux, tu faches notre "Ami Imaginaire" puis voilà le résultat ! Moi, je serais Legault, je ferais dormir les pompiers à la basilic de la rue Notre Dame ».

      Et ce qu’on aurait dû dire : « Ève Torres, candidate voilée de QS dans Mont-Royal-Outremont, a participé au dernier défilé de la fierté islamiste d’Adil Charkaoui qui dénonçait la loi 21, alors que François Legault ne l'a jamais fait. »

      Encore une fois, on essaie de défendre l’indéfendable.

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 17 avril 2019 11 h 28

      @C Montmarquette
      Je ne sais pas si vous réalisez le vide de l'affirmtion que vous reproduisez quand vous citez "
      Ève Torres : « L’islamophobie nous réduit. On doit répondre par la complexité » - Middle East Eye
      S'il y a bien quelque chose de reducteur c'est le port du voile puisque, dans certains cas, la personne reduit son idendité au port de ce morceau de linge. Quant à l'islamophobie, il me semble que craindre des doctrines dogmatiques, homophobes, mysogines... c'est plutôt faire preuve de lucidité face aux religions qui toutes, bornent ,les esprits.
      J'aime mieux vos commentaires quand, comme la semaine passée, vous parliez des signes religieux comme étant " un morceau de linge, des breloques, et de la pacotille". Un éclair de lucidité ?

      Pierre Leyraud

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 17 avril 2019 12 h 44

      Effectivement, Eva Torres vient de nous donner une bonne idée de sa cohérence...
      Avec son exemple, Madame Alexan avait visé juste.

    • Christian Roy - Abonné 17 avril 2019 12 h 45

      Étrange Mme Alexan,

      Ce texte nous rappelle qu'il ne faut pas se fier aux apparences. N'est-il pas plus juste de dire que le système scolaire fait face au défi de la diversité ethnoculturelle, ce qui rend de plus en plus nécessaire l'apprentissage d'un vivre-ensemble respecteux à la fois de nos valeurs sociétales (reconnues par nos chartes et la DUDH) et des personnes en chair et en os que nous croisons chaque jour (comme les salles de classe par exemple). L'expérience de ces personnes n'est-elle pas valable à vos yeux ? Faut-il toujours projeter sur elles et à répétition nos biais négatifs implicites, lesquels, renforcés par la force du nombre, permettent de prédire nos automatismes ethnocentriques d'exclusion.

      Ce qui me trouble dans toute cette histoire est de constater que le profilage religieux, l'appui à des stéréotypes et à des généralisations abusives sont consacrés par notre État lui-même. Que reste-t-il de son autorité morale ? Le PL #21 représente pour moi un véritable dérapage sur fond d'injustice alors qu'il n'y a aucune urgence à régler la question.

      Et certains souhaite faire passer cela sur le dos de la démocratie.

      Pôvre démocratie que celle-là.

      Oui, je suis sûr qu'il y a un lien entre une loi de ce genre et le fait que le vrai voile est dans notre tête.

    • Christian Montmarquette - Abonné 17 avril 2019 13 h 43

      @ Nadia Alexan,

      Il y a des limites à essayer de faire du millage sur une mauvaise blague dont Ève Torres s'est déjà excusée. (Vous n'êtes pas au courant??).

      Mais je me doutais bien que vous éviteriez de répondre à l'argument et passeriez à côté du sujet , en vous cachant dans une attaque ad hominem. Alors que, contrairement à François Legault, dont vous dites pas un traitre de mot et refusez de dénoncer, Ève Torres, elle, a milité pour les droits des LGBT en se joignant à la manifestation de la Fierté.

    • Cyril Dionne - Abonné 17 avril 2019 13 h 54

      M. Montmarquette, êtes-vous d’accord que contrairement à ce que suggérait le rapport Bouchard-Taylor, les enseignants de l'école publique devraient aussi s'abstenir de porter des signes religieux parce que l'école est un lieu d'éducation ouvert où toutes les questions doivent pouvoir être posées et toutes les idées, soumises à la critique?

      Est-ce que le rôle de l'enseignant est de créer un environnement propice à la liberté de penser? Sinon, comment peut-il être crédible dans ce rôle s'il affiche son appartenance à une religion?

      Est-ce qu’on doit créer des conditions dans lesquelles certaines questions sont susceptibles d'être mises à l'écart, sous le couvercle du sacré, qui vont à l'encontre de la mission de l'école afin de mettre certaines idées à l'abri de la critique?

      Est-ce que cela rendrait impossible la rencontre dans un débat public sain?

      Est-ce que ce serait une limite claire à l'éducation libre et à la liberté de penser?

      Pourtant, ce sont les mêmes questions que Sol Zanetti a posé en 2013 avant son endoctrinement comme islamo-gauchiste.

      Et en attend patiemment vos réponses à ces questions.

    • Cyril Dionne - Abonné 17 avril 2019 14 h 07

      Coudonc M. Roy, auriez-vous l'obligation de répondre aux mêmes questions que j'ai soumis à M. Montmarquette? Merci de votre collaboration.

    • Christian Montmarquette - Abonné 17 avril 2019 15 h 45

      @ Pierre Leyraud,

      "S'il y a bien quelque chose de réducteur c'est le port du voile puisque, dans certains cas, la personne réduit son identité au port de ce morceau de linge." - Pierre Leyraud

      Quand on voit toutes les insanités qui s'écrivent partout sur le Web, et notamment celles de Nadia Alexan, je crois que c'est exactement le contraire qui se passe et que ce sont les islamphobes qui tentent de réduire l'existence de ces femmes à leur voile. C'est d'ailleurs pourquoi elles suscitent autant de haine, ces médiocres sont incapables de voir les personnes au-delà de ce qu'elles portent sur la tête, plutôt que ce qu'elles ont DANS la tête.

      À vrai dire, ça me rappelle l'époque où je me faisais insulter, agresser, traiter de sale, de tapette et de tous les noms, parce que j'avais les cheveux longs..!

      - Non, mais.. Tu parles d'une bataille de ruelle et de fond de cour d'école!

      Mais malheureusement, des haineux, agressifs et conformistes, ça toujours existé. Ils font à leur manières ce qu'ils reprochent aux intégristes: Ils coupent toute les bouttes qui dépassent de leur propre identité et qui ne leur ressemblent pas.

      Au fond, ce ne sont que les cibles qui changent.

      La haine de la différence demeure exactement la même.

    • Christian Montmarquette - Abonné 17 avril 2019 17 h 27

      @Cyril Dionne

      Je n'ai pas particulièrement envie ni le temps de répondre à votre interrogatoire.

      Mais je vous dirai tout de même ceci:

      1 ) Il n'y a que les fous qui ne changement d'idée; (d'ailleurs, Gérard Bouchard ET Charles Taylor ont eux-mêmes changé d'idée.)

      2 ) Tel que Sol Zanetti le faisait remarquer sur Twitter, votre beau grand consensus autour du projet de loi 21 vient de s'effondrer comme un jeu de cartes, avec la condamnation "UNANIME" de la Ville de Montréal :

      "Laïcité: résolution adoptée à l'unanimité au conseil municipal montréalais "- La Presse, 15 avril 2019

      "Le conseil municipal de Montréal a adopté dans une rare unanimité, lundi, une résolution condamnant le projet de loi du gouvernement québécois sur la laïcité de l'État, qui interdirait le port de tout signe religieux au personnel de l'État en situation d'autorité - notamment les enseignantes."

      https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/201904/15/01-5222267-laicite-resolution-adoptee-a-lunanimite-au-conseil-municipal-montrealais.php

      .

    • Nadia Alexan - Abonnée 17 avril 2019 17 h 29

      À monsieur Monmarquette: Au contraire, ce qu'Ève Torres a dit, n'était pas une blague du tout. Au contraire c'est la pensée de tous les intégristes. Selon les intégristes, les malheurs arrivent en guise de punition, parce que les dieux sont fâchés avec le comportement des humains.
      Le fait qu'elle s’excuse ou pas n'a pas d'importance. Elle a exprimé la pensée dogmatique, intolérante et farfelue des intégristes.

    • Christian Roy - Abonné 17 avril 2019 17 h 54

      Cher M. Dionne, êtes-vous d’accord, demandez-vous, que contrairement à ce que suggérait le rapport Bouchard-Taylor, les enseignants de l'école publique devraient aussi s'abstenir de porter des signes religieux parce que l'école est un lieu d'éducation ouvert où toutes les questions doivent pouvoir être posées et toutes les idées, soumises à la critique? Réponse: La question du port ou pas d'un signe religieux relève du choix de la personne. Il s'agit ici d'adultes qui deviennent des modèles capables de démontrer leur libre-arbitre, des adultes cohérents et égaux en droit. Cela ne les soustrait pas aux critiques et n'entrave pas le cheminement intellectuel et moral des jeunes. Je dirais même que cela en stimule l'évolution: la rencontre permet aux jeunes de se faire une idée par eux-mêmes de la diversité et d'initier la formation d'une réflexion personnelle, creuset de la liberté de conscience et de religion. Rien de mieux que l'expérience concrète de l'altérité dans un cadre formateur comme celui de l'école.
      Est-ce que le rôle de l'enseignant est de créer un environnement propice à la liberté de penser, demandez-vous? Sinon, comment peut-il être crédible dans ce rôle s'il affiche son appartenance à une religion? Réponse: Une adhésion de foi ouvertement déclarée vaut mieux qu'une croyance cachée hypocritement aux élèves. De toute façon les biais sont toujours en activité. Le niveau de réflexivité de tout le personnel enseignant doit être encouragé. S'il y a une réflexion à faire, c'est là.
      Est-ce qu’on doit créer des conditions dans lesquelles certaines questions sont susceptibles d'être mises à l'écart, sous le couvercle du sacré, qui vont à l'encontre de la mission de l'école afin de mettre certaines idées à l'abri de la critique?
      Est-ce que cela rendrait impossible la rencontre dans un débat public sain et est-ce que ce serait une limite claire à l'éducation libre et à la liberté de penser? Réponse: ce que vous décrivez n'est pas la seule option possible.

    • Christian Montmarquette - Abonné 17 avril 2019 18 h 55

      "Au contraire, ce qu'Ève Torres a dit, n'était pas une blague du tout.." - Nadia Alexan

      À force de vous tenir sur la même tribune que les Dionne, Trottier etc Cie...

      Commenceriez-vous à désinformer le public autant qu'eux-autres?

      RÉFÉRENCE :

      "Eve Torres a rappelé que son commentaire était une blague, en plus de présenter ses «excuses à celles et ceux qui auraient pu être sincèrement affectés par la teneur de [ses] propos» - Journal de Montréal, 16 avril 2019

      - CQFD

    • Nadia Alexan - Abonnée 17 avril 2019 19 h 05

      À monsieur Montmarquette: «Quand on voit toutes les insanités qui s'écrivent partout sur le Web, et notamment celles de Nadia Alexan, je crois que c'est exactement le contraire qui se passe et que ce sont les islamophobes qui tentent de réduire l'existence de ces femmes à leur voile.»
      Mes propos, toujours basaient sur les articles de journaux, vous déplaisent parce qu'elles sont pleines de bon sens, de rationalité et de pertinence avec des arguments convaincants. Vous aimez mieux les mensonges et la haine exprimés par les intégristes.
      Les islamistes ont concocté le mot «islamophobie» pour museler toute critique de l'islamisme, la secte wahhabite de l'Islam politique, qui provient de l'Arabie saoudite et qui est rejeté par la majorité silencieuse de la communauté musulmane.
      Voici ce que l’islamologue et ancien mufti de Marseille Soheib Bencheikh avait à dire sur l'islamophobie: « Je ne suis pas à l’aise avec ce néologisme parce qu’on a le droit d’avoir peur d’une philosophie, d’une idéologie, d’un système intellectuel. » On peut donc être contre l’islamisme sans en vouloir aux musulmans», explique-t-il.
      Ces accusations d’islamophobie nuisent à la prise de parole. « Je remarque que les non-musulmans ont peur de parler de l’islam parce qu’ils ne veulent pas froisser, gêner, blesser la foi ou la sensibilité religieuse des musulmans. Mais c’est une mauvaise vision des choses. » Il rappelle que « l’islam n’est pas la propriété des musulmans » : il est un fait de l’histoire, une religion offerte à l’humanité. « Donc libre à cette humanité entière de l’accepter, le refuser, de le critiquer. »
      https://www.ledevoir.com/politique/canada/483568/islam-la-modernite-ou-la-marginalite

    • Christian Montmarquette - Abonné 17 avril 2019 19 h 48

      @Nadia Alexan

      Vos écrits systématiques associant le port du voile aux coupages de mains et de têtes, propagent une haine généralisée envers des femmes qui servent dignement notre société, éduquent nos enfants et torchent nos vieux dans les hôpitaux.

      Vous devriez mesurer vos paroles et surtout les effets toxiques que l'on voit partout sur le Web.

      Y'EN A PAS !! ..de coupages de mains et de têtes au Québec!

      - Calmez-vous le pompon, ou allez militer en Arabie saoudite si c'est ça qui vous dérange.

    • Nadia Alexan - Abonnée 17 avril 2019 20 h 02

      À monsieur Montmarquette: Je suis au courant des excuses d'Ève Torres, mais ce que vous ne voulait pas comprendre, c'est le fait que ses propos sont la vérité de sa pensée intégriste. J'ai déjà entendu des propos similaires de la part des intégristes religieux, à plusieurs reprises. Donc ses excuses après le fait ne vont pas effacer ses propos scandaleux.

    • Christian Montmarquette - Abonné 17 avril 2019 20 h 03

      Corrigé:

      Il n'y a que les fous qui ne changement d'idée. (Charles Taylor a lui-même changé d'idée)

      (Et non Gérard Bouchard, qui n'a fait que dénoncé PL-21.)

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 17 avril 2019 22 h 13

      @ Monsieur Montmarquette,
      « Come on » c'est rendu que vous dites « La haine ».
      Des gens de toutes les origines, des gens de tous les horizons ne veulent pas du voile à l'école, qui serait porté par les enseignantes. Évidemment ils ne veut pas des autres signes ou de l'étoile raëlienne, tout comme ils proscrivent les signes politiques en classe.

      Vous pouvez être en désaccord. Pas plus tard qu'hier je lisais un hommage très ému et senti de Djemila Benhabib.
      Avant l'affaire des caricatures danoises, je disais à tout le monde de lire Samarcande.

      J'habite Outremont, je connais très bien l'intégrisme, je n'en veux pas à l'école, c'est tout. J'ai lu et écouté Sami Aldeeb, j'ai peur de l'islam politique, c'est vrai. Je ne crois pas que demain on vivra dans « Soumission », mais je ne veux pas, dans un école ou un quartier de cette atmosphère étouffante quand l'intégrisme islamique s'enracine. C'est une peur raisonnable, c'est arrivé dans plusieurs quartiers, en Occident et le voile est vraiment une arme idéologique, le faire accepter chez les enseignantes est un grand pas. On a le droit de militer pour que pas une école ne vive ça que pas une classe ne communique cette impression. Imaginez une classe avec une ségrégation au milieu et 3 jeunes filles de 6 ans voilées, et la prof voilée et tout à coup une deuxième prof voilée qui arrive pour cette école. Le climat social commencerait vraiment à pourrir, tant que c'est juste la prof... mais la prof et d'autres jeunes filles.

      Ma crainte n'est pas de l'islamophobie, elle est rationnelle, documentée, je l'ai lu, le Coran (traduit par Sami Aldeeb), j'en ai vu des dizaines de vidéos, de films, de récits qui décrivent les ravages de l'Islam politique.

      C'est pas le bouddhisme, c'est pas le yoga qui fait ça. Plein de gens nous préviennent, encore et encore. Je ne peux pas ne pas écouter Leila Lesbet ou Yolande Geadah, ou encore Karim Akouch. Lui aussi s'est fait traiter d'islamophobe. Boucar Diouf n'est pas h

    • Cyril Dionne - Abonné 17 avril 2019 23 h 10

      Chers MM. Montmarquette et Roy,

      Vous ne semblez ne pas comprendre. Ce n’est pas moi qui a posé ces réflexions, c’est Sol Zanetti de Québec solidaire en 2013.

      Voici le texte intégral :

      « Pourquoi et jusqu'où interdire les signes religieux?

      Contrairement à ce que suggérait le rapport Bouchard-Taylor, les enseignants de l'école publique devraient aussi s'abstenir de porter des signes religieux. En effet, l'école est un lieu d'éducation ouvert où toutes les questions doivent pouvoir être posées et toutes les idées, soumises à la critique. Ce n'était pas le cas dans les écoles confessionnelles du Québec avant les années soixante. C'était grave. Nous avons sur ce point fait un pas en avant. Il serait dommage de reculer maintenant. Le rôle de l'enseignant est de créer un environnement propice à la liberté de penser. Comment peut-il être crédible dans ce rôle s'il affiche son appartenance à une religion? Créer des conditions dans lesquelles certaines questions sont susceptibles d'être mises à l'écart, sous le couvercle du sacré, va à l'encontre de la mission de l'école. Mettre certaines idées à l'abri de la critique, c'est la fin du dialogue. Cela rend impossibles la rencontre et un débat public sain. C'est une limite claire à l'éducation libre et à la liberté de penser. » Sol Zanetti – 2013

      Alors M. Roy, vous pouvez diriger vos questions vers M. Zanetti, et pour M. Montmarquette, c’est peine perdue, la déradicalisation sera impossible. Il se sent plus à l’aise avec les extrémistes et intégristes comme Charles Taylor et les députés Frantz Benjamin du Parti libéral du Québec et Ruba Ghazal de Québec solidaire qui ont accepté de prendre la parole dans un événement anti-laïcité à la même table qu’un imam fort controversé, Ali Sbeiti, hezbollah oblige.

      Vous faites « dur » les islamo-gauchistes en supportant des djihadistes chiites comme Ali Sbeiti.

      En passant, on ne pose jamais des questions à moins de connaître les réponses. ;-)

    • Nadia Alexan - Abonnée 17 avril 2019 23 h 46

      À monsieur Montmarquette: Comme d'habitude, vous détournez le sens de mes paroles. Quand je parle de coupures de mains et de têtes, je parle de l'idéologie wahhabite derrière le voile intégriste. Je n'ai jamais dit que cette barbarie existe ici. Mais comme d'habitude vous manquez d'honnêteté intellectuelle, alors vous dites n'importe quoi pour justifier votre position qui ne tient pas la route..

    • Christian Montmarquette - Abonné 18 avril 2019 06 h 09

      @Charles-Étienne Gill

      "J'habite Outremont, je connais très bien l'intégrisme, je n'en veux pas à l'école.." - Charles-Étienne Gill

      Franchement, vous trainez à des kilomètres en arrière du débat.

      Les prosélytismes religieux et politiques sont déjà interdit depuis l'instauration de l'école publique au début des années soixante. Aucun prof n'a le droit de vendre une religions ou parti politique à ses élèves. Tellement interdits, qu'il ne vous reste plus qu'à vous en prendre aux droits de la personne pour tenter d'imposer un intégrisme laïque et intolérant.

      Si vous voulez militer pour une véritable séparation de l'Église et de l'État, je vous recommande d'appuyer Québec solidaire qui propose de mettre fin au financement public des écoles confessionnelles et la fin des exemptions de taxes et d'impôts aux organismes religieux, plutôt que de vous tirer dans le pied en privant nos écoles d'éducatrices parfaitement compétentes et 100% accréditées par notre propre système d'éducation.

    • Christian Montmarquette - Abonné 18 avril 2019 06 h 17

      "« Come on » c'est rendu que vous dites « La haine »" - Charles-Étienne Gill

      Comme je le mentionne plus haut, les écrits systématiques de Nadia Alexan qui associent le port du voile aux coupages de mains et aux décapitations qui n'ont rien à voir avec la réalité au Québec, propagent clairement des préjugés et une haine envahissantes chaque jour qui passe plus visible partout sur le Web envers des femmes aussi respectables que les autres qui servent dignement notre société, éduquent nos enfants et torchent nos vieux dans les hôpitaux.

      Ça commence à faire les amalgames entre ce qui se passe en Arabie saoudite et la réalité au Québec.

      - Nul n'est contraint par la loi de porter le voile dans cette province.

    • Jean-François Trottier - Abonné 18 avril 2019 22 h 18

      Aucune religion n'oblige à porter le moindre signe ou symbole de représentation.

      Dire que quiconque perdra son emploi à cause de l'interdiction de signers religieux, c'est mentir.
      Ceux qui sont prêt à renoncer à un emploi pour des signes religieux sont des intégristes à l'intéreur de leur religion, rejetés par la majorité de leur coreligionnaires.
      C'est l'intégrisme qui pourrait faire perdre des emplois.

      Dire que l'interdition de signes religieux est une position raciste, est profondément raciste.
      Dire que la France est raciste est profondément raciste.

      Les organisations qui défendent la position des racistes opposants à l'interdiction sont haineuses et devraient être interdites.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 17 avril 2019 03 h 46

    « Peut-on vraiment établir un lien de cause à effet entre port de signes religieux et prosélytisme?» (Pierre Chastenay, professeur à l’UQAM)

    Bref ! Vous écrivez : Pourrait-on démontrer une relation entre le prosélytisme et les signes religieux que l'on arbore?

    À l'inverse, démontrez-nous qu'il n'existe aucune relation entre le port de signes religieux et le prosélytisme.
    ___

    Le signe en question n'est pas cloué sur le mur de la classe: on l'arbore;

    Ce signe-là est animé;

    Ce signe est animé par l'institutrice «hijabé» et par l'enseignant enturbanné ainsi que par le bon Père Bokassa O.M.I., en soutane blanche, et la révérende Mère ‎Prayut M.I.C., le chef enchâssé dans une cornette.

    Quant au concierge, adepte du soufisme, il vague à travers l'école avec pour seul habit une couche-culotte (en guise de pagne).

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 17 avril 2019 08 h 53

      Exact, M. Lacoste, l’inverse est aussi vrai: peut-on vraiment établir qu’il n’y a PAS de lien de cause à effet entre prosélytisme et signes religieux?

      Il va falloir quitter le champ des sciences pures pour démontrer, soit l’un, soit l’autre. Einstein fut un grand physicien mais par contre un piètre musicien.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 17 avril 2019 09 h 01

      Comme il s'agit d'une restriction à une liberté fondamentale (cela pouvant se justifier dans une société libre et démocratique, comme qu'on dit), l'onus probandi appartient à ceux qui la jugent nécessaire et non à ceux qui, voulant la préserver, devrait constamment comparaître au tribunal de l'opinion où ils auraient à faire la preuve qu'ils sont innocents des délits dont on les présume coupables. En tous cas, je ne voudrais pas comparaître dans une cour ou monsieur Lacoste présiderait (à condition qu'il me laisse aller m'y défendre en couche-culotte).

    • Cyril Dionne - Abonné 17 avril 2019 11 h 22

      Ah! ben. Je suis d’accord avec vous M. Lacoste.

      Pourrait-on justement le garder ce voile dans la tête. De toute façon, pour ceux qui sont vraiment sincères, la spiritualité se passe entre les deux oreilles et nul besoin de l’extérioriser. Seulement ceux qui ont un agenda politico-religieux le font.

      Ceci dit, ceux qui gravitent dans les tours d’ivoire des sciences de l’éducation n’ont aucune compréhension de la salle de classe, de sa dynamique et de sa réalité. Si j’étais l’auteur de cette missive, je ne m’en vanterais pas.

      L’islam est créationniste. Les musulmans sincères ne croient pas dans l’évolution des espèces et encore moins dans le « Big Bang », point à la ligne.

      Oui, il existe un lien cause à effet dans la salle de classe sur le port de signes ostentatoires religieux et le prosélytisme. Évidemment, comme notre cher professeur de l’UQAM n’a jamais mis les pieds dans une véritable salle de classe, il n’est pas en position de défendre l’indéfendable, mais il doit savoir que la plupart des enfants du primaire préconisent surtout le sens du visuel pour apprendre. Alors, dans la communication non-verbale entre le pédagogue de la salle de classe et l’apprenant, si celui-ci arbore un signe ostentatoire, cela provoquera certainement une réaction chez l’enfant. L’élève éveillé posera des questions et juste le fait que cette dynamique existe, c’est une forme d’endoctrinement qui s’opère, qu’elle soit volontaire ou non. L’enseignant.e, chez les enfants de cet âge, est la personne qui a le plus d’influence sur ceux-ci, plus que les parents ou la maison vu le nombre d’heures passées ensembles.

      Personne n’a dit que femme voilée, voile égale intégrisme religieux. Mais disons qu’on peut douter de la personne qui place ces croyances personnelles au-dessus de son professionnalisme et des élèves dans une école publique laïque. Et dire que les individus ont toute la liberté d’afficher avec ostentation leur croyance religieuse en dehors des heures de travail.

    • Cyril Dionne - Abonné 17 avril 2019 11 h 43

      M. Desjardins, est-ce que vous avez lu « Philosopher, de l’opinion à la conviction » pour nous pondre : « l'onus probandi appartient à ceux qui la jugent nécessaire et non à ceux qui, voulant la préserver, devrait constamment comparaître au tribunal de l'opinion où ils auraient à faire la preuve qu'ils sont innocents des délits dont on les présume coupables » ?

      J’imagine que « si les réseaux sociaux ont remplacé les agoras d’antan, notre aptitude à partager un point de vue avec les autres dépendra de nos habiletés à utiliser les nouvelles technologies de l’information tout en évitant les pièges qui leur sont associés. Devant le triomphe de l’immédiateté, le réflexe peut facilement remplacer la réflexion lorsque l’on se sent obligé d’avoir une position sur un fait qui marque l’actualité.»

      Oui, la technologie propulse tous les gens vers l’égalité, un fait qui n’est pas courant dans les idéologies politico-religieuses, les religions organisées monothéistes ou non et les sectes à caractère divin que plusieurs appellent des superstitions en 2019. C'est "ben" pour dire.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 17 avril 2019 12 h 48

      Comme l'affichage constant d'un signe religieux dans un contexte obligatoire soumet les enfants et les oblige à être captifs, brimant ainsi une liberté fondamentale, la liberté de conscienece, « l'onus probandi appartient à ceux qui jugent nécessaire » de faire prévaloir le droit prépondérant l'adulte « et non à ceux qui », voulant préserver la liberté de conscience des entants, « devrait constamment comparaître au tribunal de l'opinion où ils auraient à faire la preuve qu'ils sont innocents des délits dont on les présume coupables ».

      Ça vous va?

    • Christian Roy - Abonné 17 avril 2019 12 h 55

      @ M. Lacoste,

      Vous pourriez aussi ajouter à votre collection Saint-Jean-Baptiste et son vêtement en peau de chameau, une ceinture de peau sur sa hanche; lui qui se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.

      Un autre de ces convertisseur qui n'y allait pas avec le dos de la cuillière !

      Notre patron à nous...

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 17 avril 2019 17 h 20

      Vous êtes un drôle, vous, monsieur Dionne. Puisque vous insistez je vous répondrai que je n'ai pas lu cet ouvrage : je l'ai co-écrit et je suis toujours d'accord avec ce qui y est dit au sujet de la charge de la preuve. Il appartient toujours à celui qui formule un point de vue sur une question de justifier sa position. A condition de présumer qu'elles sont de bonne foi, il est donc tout à fait justifié de demander aux enseignants qui revendiquent le port d'un signe religieux de démontrer qu'elles le feront dans le respect de leurs obligations déontologiques. Présumer qu'ils sont de bonne foi et écouter. Se rendre éventuellement à leurs arguments sans se priver de leur signaler qu'ils ne s'y tiennent pas et les sanctionner au besoin.

      Quand on a des convicitions, on a deux choix : ou bien on relève le défi de se justifier en traitant les questions et les objections, ou bien on se contente de les affirmer de façon péremptoire et de mettre l'autre en demeure de prouver qu'on a tort, non sans assortir ce défi d'accusations de toutes sortes, d'ad hominem bien sentis, quand ce n'est pas de l'aveu du mépris le plus élémentaire. Et on répète cent fois le même narratif pour être bien sûr qu'on n'entend rien d'autre. Et on va même jusqu'à se plaindre que tout le monde ne chante pas à l'unisson de ces bonnes et belles évidences dont il faut vraiment être trop bête ou de mauvaise foi pour ne pas les reconnaître.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 17 avril 2019 17 h 22

      Parce que c'est comme ça qu'on vit, au Québec, disait l'autre. Pourquoi j'affirme qu'il a la charge de la preuve ? Non parce que je tiens tant à connaître ses raisons, mais parce que comme ses thèses contredisent de façon frontale d'autres thèses qui sont inscrites dans le droit, que celles-ci doivent toujours pouvoir se justifier, à cause du pouvoir matériel de faire prévaloir les siennes, la moindre des choses est qu'il fasse l'effort de se justifier lui-même. Ce à quoi il se soustrait en croisant les bras d'un air de défi en reprenant la rengaine : Moi je pense que les signes religieux sont du prosélytisme. Prouve moi que j'ai tort. De toute façon, lui et ses partisans ne s'embarrassent plus de ces frivoles discussions, n'est-ce pas...

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 18 avril 2019 05 h 55

      Monsieur Gill

      Vous posez une question honnête, je vais y répondre honnêtement. Ça vous va?

      « Comme l'affichage constant d'un signe religieux dans un contexte obligatoire soumet les enfants et les oblige à être captifs, brimant ainsi une liberté fondamentale, la liberté de conscienece, »

      Je présume que ce n'est pas du fait d'être exposés obligatoirement à des signes (vous m'accordez que tout fait signe dans un environnement scolaire?) qui brime leur liberté de conscience, mais que ce sont les signes religieux, spécifiquement, qui ont cet effet. Cela tient-il à leur nature religieuse, qui les rendraient d'emblée prosélytiques et plus que d'autres ?

      « l'onus probandi appartient à ceux qui jugent nécessaire » de faire prévaloir le droit prépondérant l'adulte « et non à ceux qui », voulant préserver la liberté de conscience des entants, « devrait constamment comparaître au tribunal de l'opinion où ils auraient à faire la preuve qu'ils sont innocents des délits dont on les présume coupables ».

      Avouez que vous vous livrez à un bricolage un peu douteux, ici. Je reprends, non pour vous convaincre, juste pour illustrer :

      L'onus probandi appartient à celui qui soutient une thèse. Il y en a plusieurs, ici . D'abord, que les défenseurs des signes prétendraient se justifier par une prépondérance de leurs droits sur ceux des enfants. Deux ordres de traitements sont nécessaires. D'abord, au plan des faits, il faudrait établir que cette prépondérance est soutenue par eux, ou qu'elle produit cet effet. On pourrait aussi se demander si, toujours dans les faits, les réticences des opposants ne reposent pas AUSSI sur une prépondérance de droits sur leurs enfants à l'encontre de ceux qui voudraient la leur disputer. Ensuite, évidemment, il faudrait considérer à sa face même le principe en cause. Si quelqu'un l'énonce, il doit le justifier.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 18 avril 2019 06 h 21

      « et non à ceux qui », voulant préserver la liberté de conscience des entants, « devrait constamment comparaître au tribunal de l'opinion où ils auraient à faire la preuve qu'ils sont innocents des délits dont on les présume coupables ».

      En effet, il faut présumer que ceux qui estiment nécessaire de se porter à la défense de la liberté de conscience sont de bonne foi, même si cela les conduit (comme ici, pour moi) à tirer des conclusions et demander des actions qui nous déplaisent. Néanmoins, une fois reconnue leur bonne foi, cela ne les dispense pas de se justifier et de traiter les objections. Or, au « tribunal de l'opinion », ou bien leur option est d'emblée réputée valide et relayée comme une évidence dans les chambres à échos, ou bien elle est frappée d'un discrédit et opposée seulement à l'autre. Dans les deux cas, il n'y a pas de place pour la discussion, seulement pour un dialogue de sourds, chacun se contentant de camper sur ses positions sans même se donner la peine d'écouter ce que l'autre dit, comme monsieur Lebel en a fait un peu malgré lui l'aveu l'autre jour.

      Au cas où quelqu'un se scandaliserait que je demande aux défenseurs de la liberté de conscience des enfants de se justifier comme si ce principe n'allait pas de soi, je réponds que c'est justement dans la mesure où on la prend comme une simple évidence qu'elle peut servir de caution à tout et à son contraire, comme quand nos parents nous privaient de nos libertés pour nous rendre plus libres, alors que ni l'un ni l'autre des emplois de la notion n'était si clair et distinct. A mon avis, l'examen de la question de la liberté de conscience des enfants et des conditions propres à la favoriser n'est pas rendu aussi loin que l'usage qu'on en fait le suggère.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 18 avril 2019 06 h 38

      Je termine (pas pour finir de visser quelque couvercle pour m'assurer qu'on n'ait rien à redire, bien au contraire) en disant que dans ce manuel dont monsieur Dionne parlait hier, le genre d'analyse (ou d'enculage de mouche, peut-être...) auquel j'essaie de me livrer à partir de votre question, on appelait cela (on ne l'a pas inventé) problématiser une question. Un effort pour mettre au jour tous les tenants et aboutissants d'une question AVANT de commencer à y répondre. Cette démarche n'a rien de naturel parce que nous avons le plus souvent des réponses spontanées à nos questions, avant même de les avoir analysées à leur mérite propre, tout simplement parce que ces réponses semblent couler de source de convictions préalables plus générales. Dans le cas qui nous occupe, il est assez facile de voir comment cet arrière-plan fédéraliste ou souverainiste, religieux ou athée, multiculturaliste ou interculturaliste opère. En fait, ces éclairages croisés sont très pertinents, pourvu que nous ayons pris la peine de bien désigner la cible et les différents angles d'où elle pourra être éclairée.

  • André Labelle - Abonné 17 avril 2019 05 h 47

    POURQUOI DES SIGNES RELIGIEUX ?

    Pourquoi des signes religieux ? Voilà la question qui me semble la plus fondamentale. Pourquoi vouloir indiquer que l'on appartient à une religion donnée ? Pourquoi vouloir se différencier de ceux qui ne portent pas de signes religieux ?
    Certaines personnes affirmeront que le port de signes religieux sont des talismans qui donnent à la personne de meilleures chances d'aller au paradis, de sauver son âme. On touche à la superstition.
    Toutes ces questions m'amènent à une seule réponse : le port de signes religieux, s'il ne relève pas de la superstition n'ont qu'une seule fonction : afficher sa différence et affirmer ainsi son appartenance à une collectivité qui se perçoit comme différente ayant l'avantage d'être dans les bonnes grâces d'un Être supérieur assurant l'accession au paradis, au bonheur éternel.
    Mais le port discret sous un vêtement d'une amulette, d'un gris-gris, nous indiquerait chez une personne un objectif tout à fait personnel en conformité avec sa croyance.
    Or, le port ostentatoire d'un signe ou d'un symbole religieux ne peut avoir qu'un seul objectif : influencer son entourage de son appartenance à une communauté religieuse particulière.
    Donc, tout port ostentatoire d'un signe religieux ne peut être que du prosélytisme.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 17 avril 2019 09 h 04

      Monsieur Labelle, vous ne pouvez présumer que les croyants ne font pas la différence entre le prosélytisme et le témoignage, à moins que ce soit vous qui ne la fassiez pas? Mais si vous la faites, vous aurez besoin de plus que d'un signe de conformité à une exigence vestimentaire pour le départager. Une bonne suggestion : demandez-leur leur avis.

    • Gilberte Raby - Abonnée 17 avril 2019 18 h 40

      Vous avez raison Monsieur Labelle.
      Pourquoi porter un signe religieux?... C'est la vraie question...Oublions la loi, la charte et les grands mots.

      Serais-ce pour prouver que je suis plus pieux (pieuse ) que l'autre. ... Que je suis meilleur (e). Ça me fait sourire...
      Vous vous souvenez du « mangeur de balustrade »?... celui qui se pavanait à l'église et chantait toujours le plus fort? Habituellement, il était le plus vil de la paroisse, et le plus hypocrite.
      Le port de la soutane chez certains de nos religieux nous a prouvé la valeur d'un signe religieux. Ne l'oublions pas.
      On reconnaît la valeur de quelqu'un à ses actes. Point.
      Une croyance, c'est discret; on ne l'enlève pas pendant la fn de semaine.

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 17 avril 2019 06 h 12

    On ne veut pas savoir ce qu'il y a dedans


    Ce que vous mettez dessus nous suffit à arrêter notre jugement.

    Parce qu'une fois que vous avez arboré un signe, vous accréditez au moins tacitement, si ce n'est activement, toutes les interprétations qu'une certaine opinion, majoritaire paraît-il, fait peser dessus. C'est l'État qui sait et décide. Papa a raison.

    Le voile que vous prétendez porter librement, il signale l'aveu d'un asservissement duquel on aurait tout lieu de vouloir vous affranchir. Vous nous remercierez un jour. Ou bien il dit que vous adhérez à un projet politique dont l'ignominie multicouche imprègne toutes les fibres de votre coiffure, ce qui à soi seul justifierait qu'on vous l'arrache de dessus.

    Mais dans sa grande modération, PL21 se limite à ne dénier qu'à quelques unes la présomption qu'elles sont capables, en toute dignité et probilté, de concilier l'expression de leur croyance avec les exigences de la vie citoyenne. Et encore : seulement si elles y prétendent, à la vie citoyenne. Si elles veulent le garder, mais dans l'intimité de leurs ghettos, on fera avec que voulez-vous. On est tolérant avec toutes les formes que le mal prend pourvu qu'on puisse le tenir en joue. D'ailleurs, il se trouve des femmes musulmanes non voilées pour apposer le sceau d'une approbation bien doctrinale à cette confiscation de parole.

    Toutes les nuances que des conseillers perfides comme monsieur Chastenay voudraient insinuer dans notre sain jugement n'y feront rien. Rien ne nous fera déroger... Notre tête est faite. Ne fouillez pas dedans pour éprouver les croyances de cette foi : c'est comme ça qu'on se coiffe au Québec. Point final.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 17 avril 2019 06 h 53

      Monsieur RMD

      Mais pourquoi, diantre, faites vous entrer l'idée qu'on dénie quoi que ce soit, ou qu'on a indubitablement, tous, une présomption?
      C'est ça qui qui me turlupine, après probabalement 5000 mots adressés à vous, personnellement, devant la petite communauté des lecteurs, vous faites comme si aucun raisonnement n'avait jamais été présenté.

      La religion encapsule de l'idéologie, une conception politique. Le signe politique, lui, est interdit en classe, ou du moins le prof est astreint à une réserve telle qu'une plainte sera recevable et enclenchera un processus disciplinaire évident. Nonobstant l'intention de la personne qui le porte, nonobstant l'absence complète d'intention prosélyte, le hijab envoie un message politique.

      On a une panoplie d'expert et de citoyens qui confirment ce fait, malgré le texte d'hier que ne fait qu'exprimer l'idée d'une polyphonie qui n'a justement rien de rassurant. Au contraire, la linguistique et les communications, avec les fonctions du langage de Jakobson nous permettent indubitablement de confirmer « qu'on ne peut pas ne pas communiquer » et que le signe « émet ». On peut ramener Saussure.

      Le plus grand danger avec les signes c'est en quelque sorte de dire qu'ils n'existeraient que pour ceux qui le portent et que les autres devraient faire l'effort d'être aveugles en acceptant d'encapsuler, dans leur rapports avec ceux qui s'expriment avec des signes, une non-signification. C'est vivre dans un cauchemar derridien de non signification collective où les individus sont juste des bulles avec leur projection du monde qui sont des constructions propres, étanches, et tout ça se tiendrait parce qu'on serait collectivement en état de dissonnance cognitive. Pourtant on sait qu'un tel monde ne ferait que revaloriser les identités collectives ou confessionnelles qui véhiculent des visions du monde tellement étanches qu'elles astreignent les individus à des ontologies fixes, et non le pluralisme dans la citoyenneté commune

    • Paul Drapeau - Abonné 17 avril 2019 07 h 04

      Votre dernier paragraphe indique que rien ne pourra remettre en question votre croyance en la laïcité. La laïcité est donc une religion, un dogme qui ne peut faire l'objet de discussion rationnelle. Par conséquent, en toute justice, on devrait interdire aussi les signes laïques, puisqu'ils sont religieux.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 17 avril 2019 08 h 47

      Monsieur Maltais-Desjardins donne aujourd'hui dans l'ironie, ce qui n'est pas dans ses habitudes.

      Mais cela le sert bien car cette façon de faire éclaire son propos dont les circonvolutions sont parfois, je m’en confesse, difficiles à suivre.

      Toutefois l'ironie mène souvent à la caricature de l'adversaire, la caricature à l'exagération et l'exagération à l'insignifiance. Attention! Je ne dis pas que les propos de RMD sont nécessairement insignifiants, de loin s'en faut (en fait ils amènent à réfléchir sur le sens profond de la démarche du gouvernement) mais il consent ainsi volontiers à s'engager sur une pente qui peut s'avérer glissante s'il n'y prend garde.

    • Cyril Dionne - Abonné 17 avril 2019 08 h 48

      Cher M. Desjardins,

      Vous n'avez aucune compréhension sommaire des notions de raison et d’esprit critique en ce qui concerne les religions organisées. Vous avez une grande difficulté à distinguer les trois niveaux de croyance qui sont l’opinion, la persuasion et la conviction dans ce débat sur la laïcité. Vous ne définissez pas la philosophie par l’étymologie pour la saisir comme une recherche active de la conviction. Vous faites preuve de deux formes de fausse sagesse, le relativisme et le dogmatisme en ce qui concerne les mythes et les superstitions et vous vous essayez de vous situer entre ces extrêmes.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 17 avril 2019 08 h 48

      "D'ailleurs, il se trouve des femmes musulmanes non voilées pour apposer le sceau d'une approbation bien doctrinale à cette confiscation de parole." - RMD

      Et moi qui croyais naïvement que ces intervenantes invoquaient leur expérience personnelle vécue dans leurs pays d'origine pour nous mettre en garde contre une dérive idéologique alors que ce sont elles qui, d'après ce que suggère l'auteur, sont enfermées dans le dogme. Belle tentative d'inversion de rôles où les victimes d'une forme de totalitarisme deviennent ici de vilaines assaillantes.

      Quant à la "confiscation de parole" dénoncée par l'auteur, ce dernier à la franchise d'admettre que le port du voile ou d'autres signes ostentatoires de la religiosité d'un individu ont pour but principal d'envoyer un message. Mais lequel au juste? Se pourrait-il que ce soit la teneur muette de ce message, que certains tiennent néanmoins à émettre au point de risquer volontairement, par leur geste, une forme de discrimination qui leur sera bientôt imposée par une loi future en gestation, qui en incite d'autres à la peur à un point tel qu'ils voudraient se couvrir le regard plutôt que d'avoir à l'entendre et le subir?

      Voilà peut-être le noeud du problème et la véritable question qu'il faudrait se poser.

      S'il y a un "droit de parole" que plusieurs se plaisent à mettre en exergue à tout venant, il existe aussi un droit à vouloir ne pas être inutilement importuné pour tout et pour rien. Malheureusement ce droit à la tranquillité est aujourd'hui régulièrement bafoué, que ce soit par des télémarqueteurs sans vergogne, par des vendeurs de salade de tout acabit, et maintenant par des pancartes ambulantes.

      Ne pas avoir ces pancartes dans la figure dans notre système judiciaire et les salles de classe constituerait pour beaucoup un grand soulagement. Merci d’en tenir compte.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 17 avril 2019 09 h 11

      Je vous relirai plus attentivement, monsieur Gill.

      Qu'est-ce qu'on dénie ?

      1- La capacité de rendre compte de leur aptitude à concilier l'expression de leur croyance et les exigences de la profession qu'elles exercent (autrement, elles y renonceraient et la cause est entendue)

      1- Le devoir (oui oui) que nous avons d'accueillir cet engagement avec autant d'ouverture que de sens critique, sans présumer.

      1- Le devoir (oui oui) que nous avons d'apprendre aux enfants à exercer leur discernement plutôt que des les mettre sous la cloche de verre d'une fausse neutralité.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 17 avril 2019 09 h 16

      Monsieur Drapeau, ce n'est pas « ma » croyance que je mets en exergue, ici, mais celle sur laquelle s'appuie le gouvernement. En effet, ce laïcisme n'a rien de rationnel et on s'échinerait en vain à montrer à quel point il es absurde.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 17 avril 2019 09 h 53

      Je vous remercie de votre très bienveillante remarque, monsieur Morin. Si mes propos ont pris le tour de l'ironie, je vous prie de croire qu'il n'y en a aucune, ici. Vous avez raison de me mettre en garde contre les risques de la caricature, qui ne fait souvent qu'exciter les sensibilités.

      Monsieur Dionne, devrai-je prendre pour un clin d'oeil un peu malicieux que vous disiez que je ne comprends rien aux notions de raison et d'esprit critique et que je ne fasse pas la distinction entre l'opinion, la persuasion et la conviction ? Ne dirait-on pas que vous avez lu un petit ouvrage où on essaie de les distinguer... mais sans remarquer que j'en étais le co-auteur?

    • Jean-Charles Morin - Abonné 17 avril 2019 09 h 56

      "En effet, ce laïcisme n'a rien de rationnel et on s'échinerait en vain à montrer à quel point il est absurde." - RMD

      Aussi absurde, sans doute, que de penser que le fait, pour une femme, de cacher ses cheveux en public va préserver sa vertu de la libido primaire des mâles en rut qui rôdent aux alentours dans l'attente d'une proie.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 17 avril 2019 10 h 06

      Monsieur Morin, on nous a assez dit que l'effet d'un signe pouvait être considéré sans mettre en cause les intentions de celles qui les portent. Je ne ferai donc pas, vous avez raison, l'erreur même que je reproche à d'autres. Je corrige, donc, quels que soient les motifs personnels de ces trois personne, leur présence a pour effet de jeter un voile de suspicion, soit de naïveté soit de mauvaise foi, sur les femmes qui bien que conscientes des luttes que leurs soeurs ont dû mener contre les totalitarismes, persisteraient à vouloir en porter les signes. Je n'en ai entendu aucune reconnaître qu'il n'y avait pas un monopole à l'égard du sens du voile ni qu'elles ne le détenaient pas. Je me trompe ?

      Une autre brève remarque. Moi non plus, je n'aime pas être dérangé et j'avoue en toute franchise que je le suis bien davantage par certains traits culturels et religieux que par le télémarketting. Mais si je n'ai plus aucun remords à raccrocher la ligne aux vendeurs de thermopompes, j'ai encore quelque scrupule à en faire autant...

    • Jean-Charles Morin - Abonné 17 avril 2019 11 h 06

      " ... leur présence a pour effet de jeter un voile de suspicion, soit de naïveté soit de mauvaise foi, sur les femmes qui bien que conscientes des luttes que leurs soeurs ont dû mener contre les totalitarismes, persisteraient à vouloir en porter les signes." - RMD

      Personne ne détient le monopole de la vérité. Heureusement d'ailleurs. Mais persister contre vents et marées, pour quelque raison que ce soit (dont nous n'avons pas à juger), à vouloir porter les signes de l'intolérance et du totalitarisme risque d'attirer naturellement une forme de suspicion à votre endroit. Celles qui dénoncent courageusement ce type de comportement ne font que souligner que ce geste, que certains voudraient voir anodin, entre pourtant en contradiction directe avec la lutte des femmes pour l'émancipation par son caractère ambigü et (volontairement ou involontairement) provocateur.

      "Moi non plus, je n'aime pas être dérangé et j'avoue en toute franchise que je le suis bien davantage par certains traits culturels et religieux que par le télémarketing. Mais si je n'ai plus aucun remords à raccrocher la ligne aux vendeurs de thermopompes, j'ai encore quelque scrupule à en faire autant..." - RMD

      Je constate avec satisfaction que nous sommes en phase fusionnelle sur le télémarketing. Mais si le thermopompisme était élevé au statut de religion, votre absence de remords en leur fermant la ligne au nez se transformerait-il automatiquement en scrupules culpabilisants?

    • Gérald Caouette - Abonné 17 avril 2019 12 h 09

      Perfide : Litt. Déloyal, qui cherche à nuire sournoisement. Selon la définition du Larousse 1996.
      Pourquoi M. RMD qualifier l'auteur de pareil adjectif ? L'auteur est loyal à son expérience pratique. Est-ce qu'il cherche à nuire ? Non il contribue au débat de façon neutre en décrivant ce qu' il a vu. Son texte est nettement plus neutre que votre commentaire et je le remercie et le félicite.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 17 avril 2019 16 h 30

      Monsieur Caouette, rassurez-vous, ce n'est pas moi qui tiendrai de tels propos à son endroit. Mais vous n'aurez pas à chercher bien loin pour trouver de beaux ad hominem bien ronflants que nos bons laïciens lui lancent à la figure.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 17 avril 2019 17 h 18

      Réponse pour RMD
      1. On le « dénierait » (j'utiliserais un autre mot, je ne suis pas à l'aise avec ma compréhension de celui-là) aussi à ceux qui s'entêteraient à porter un signe politique en dépit de l'exigence contraire. Il n'y pas de préjudice, juste de l'équité. Rétablie.
      -je ne fais que renverser le fardeau de la preuve, si l'on prétend que l'on doit faire des kilomètres de justification pour interdire le signe religieux en classe au nom d'un droit religieux des profs, sans vilaine présomption, j'exige le même nombre de kilomètres au nom du droit à la liberté de conscience garanti dans la même charte et je propose même, j'innove ici, que la clause dérogatoire est une façon de garantir le droit des enfants que l'on considère ici plus vulnérables : obligés de fréquenter l'école, soumis à l'autorité du prof, mineurs, limité dans leur droit d'expression car pas formés et contraints par la peur de ne pas être aimés par le prof.

      Pour préférer dans la balance des inconvénients le droit d'un adulte à la liberté de conscience de toute sa classe vulnérable, il faut se lever de bonne heure et en personnes raisonnables, la présomption d'un effet d'un signe sur la relation pédagogique l'emporte facilement sur le prétendu tort que pourait subir le prof à qui l'on rappelle un interdit, sachant qu'un parallèle existe pour la réserve politique sans que personne ne déchire sa chemise.

      2. On n'a pas ce devoir-là, c'est une invention, ça n'existe pas pour la réserve politique, le devoir, c'est pour les profs, lesquels ont une convention collective et une série de privilèges par rapport à d'autres (congés, permanence, retraite, etc.). C'est encore un critère de deux poids, deux mesures qui feront haïr la religion vue comme ayant plus de droit que les droits politiques, qu'on en finisse avec ça.

      3. Pour enseigner le discernement, ça prend des conditions, des étudiants de cégep ne peuvent voir l'ironie dans un t-shirt hipster de Marx, la conclusion est évidente.

  • Denis Marseille - Inscrit 17 avril 2019 06 h 20

    «Mais peut-on vraiment établir un lien de cause à effet entre port de signes religieux et prosélytisme ?»

    Où étiez-vous lorsqu'on a décidé d'exiger que des jeunes ne puissent pas porter leurs chandails d'Iron Maiden?

    On oblige les jeunes à respecter un code vestimentaire mais de l'autre côté, le professeur se sent lésé lorsqu'on lui demande de le faire... Hé bien... Et dire que la meilleur façon d'enseigner est de donner l'exemple. Est-ce que cela veut dire que les jeunes pourront désormais ressortir leurs chandails de Motley Crue? A-t-il été établi qu'il y avait un lien de cause à effet à porter des camisole sexy et la prostitution? Où commence la bêtise et où elle finit? entre Berri et Saint-Denis à la hauteur de la rue sainte-Catherine... Bien sûr, aucun lien ne peut être établi!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 17 avril 2019 09 h 21

      Je note que pour vous, il n'y a aucune différence significative entre montrer qu'on est fan d'Iron Maiden, de Motley Crue, de Jésus ou de Mahomet. Toutes des idiosyncrasies dont l'examen serait à mettre au compte de la bêtise. Vivement, en effet, un « code vestimentaire », bien qu'il ne soit pas clair qu'il serait inspiré par autre chose que par un souci de conformité supposé nous mettre à l'abri de la « bêtise ». Comme aux vieux temps, en somme.