Laïcité: la dissidence est une condition essentielle au débat

«Dans une ambiance universitaire où le débat est de plus en plus dirigé, il est devenu très difficile pour un étudiant d’affirmer son désaccord avec la position prise par son établissement d’enseignement», croit l'auteure.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir «Dans une ambiance universitaire où le débat est de plus en plus dirigé, il est devenu très difficile pour un étudiant d’affirmer son désaccord avec la position prise par son établissement d’enseignement», croit l'auteure.

Audi alteram partem. Écouter les autres parties. Cette phrase, régulièrement citée dans le milieu juridique, est gravée au-dessus d’une des entrées de la Faculté de droit de l’Université McGill. Or, la façon dont y est mené le débat sur le projet de loi sur la laïcité du gouvernement québécois va manifestement à l’encontre de ce principe. Une grande majorité de professeurs et d’étudiants tente d’y établir un monopole de l’argumentation, notamment juridique, qui lui soit profondément défavorable.

Pourtant, ce refus d’écouter l’autre, même lorsque son argumentaire est légitime, nuit non seulement au développement critique des étudiants et à leur rigueur intellectuelle, mais aussi à l’établissement de dialogues au sein de la faculté comme de la société en général. En offrant à ses étudiants une vision manichéenne du monde, où les bons sont contre la loi et les autres dans l’erreur et dans la peur, la faculté contribue en effet, à sa façon, à son isolement de la société québécoise et à la polarisation bien entamée qui menace cette société.

Le point, ici, n’est pas de plaider contre la prise de position des établissements d’enseignement dans un débat dont les conséquences humaines, philosophiques et juridiques sont importantes. L’Université de Montréal avait elle-même pris position contre les dispositions les plus contestées de la charte des valeurs québécoise, et ce, de manière tout à fait argumentée. L’essentiel du reproche qui doit être fait à la Faculté de droit de McGill, cependant, c’est de ne pas confronter ses étudiants à des points de vue juridiques variés au moment où un débat devient épineux.

Depuis mon entrée, on m’y vante les mérites de la dissidence et de l’expression d’une vision différente du droit. Les professeurs y font fréquemment l’éloge de la dissidence à la Cour suprême, notamment féminine, puisqu’elle contribue bien souvent à former le droit de l’avenir. Or, on passe volontiers sous silence l’appui de l’ancienne juge L’Heureux-Dubé de cette cour au projet de charte des valeurs en 2014, dont le projet actuel est une version très fortement diluée et plus sainement posée. Sur toutes les tribunes, on préfère au contraire dénoncer une loi « raciste » ou « islamophobe » et se féliciter de la « honte » exprimée par Charles Taylor lors d’un événement organisé par des élèves avec le soutien de leur université.

Il m’apparaît pourtant important de rappeler à ces étudiants que, bien souvent, même en droit, la vérité s’exprime de manière plurielle. À ce titre, il est important de rappeler que, lors du débat sur la charte des valeurs québécoises, deux anciennes juges québécoises de la Cour suprême avaient pris des positions fondamentalement opposées. Toutes deux, pourtant, se fondaient sur des argumentaires juridiques cohérents.

À l’instar de la population en général, mon opinion sur la laïcité et les actions du gouvernement, dont je vous ai épargné ici l’étalage, est appelée à évoluer au fil des débats. C’est pour cette raison que, tout comme mon doyen, je ne peux me permettre de croire en la légitimité d’une loi en me basant strictement sur son accueil populaire actuel. Cependant, c’est également pour cette raison que je souhaite que nous puissions favoriser l’expression des argumentaires de chacune des parties.

Pour ce faire, le milieu universitaire doit reconnaître la possibilité de dissidence de certains de ses étudiants quant à ses positions. Or, dans une ambiance universitaire où le débat est de plus en plus dirigé, il est devenu très difficile pour un étudiant d’affirmer son désaccord avec la position prise par son établissement d’enseignement.

Pourtant, un débat respectueux bénéficierait à toutes les parties : il leur permettrait de consolider leurs arguments, de favoriser leur écoute respective et d’éviter les pièges tendus par la teneur émotive du débat. La juge Côté de la Cour suprême avait d’ailleurs rappelé, lors de son passage à McGill, que la dissidence aidait à la cohérence et au développement de l’argumentaire de la majorité. Ma faculté gagnerait donc à assurer une ouverture et une couverture minimale des voix qui s’élèvent en son sein pour le projet de loi. Ses étudiants découvriront alors peut-être que les arguments qui sous-tendent ce projet ne sont pas tous fondés sur la peur de l’autre, mais bien souvent sur une vision différente des libertés civiles et de la neutralité de l’État.

Caractériser tout un pan de la société québécoise comme enclin à brimer des droits fondamentaux pour écraser des minorités et pour rassasier des élans suscités par la peur de l’autre est malhonnête. L’écoute et l’ouverture à l’autre seront donc essentielles à la recherche du compromis, à la lutte contre la polarisation et à la conclusion de ce débat, qui, malheureusement si souvent (et encore une fois) amalgamé maladroitement à celui de l’immigration, a occulté pendant trop d’années certains des enjeux importants auxquels font face les communautés issues de cette immigration.

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32 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 13 avril 2019 07 h 50

    La connerie pleut, les salauds volent bas.

    "Caractériser tout un pan de la société québécoise comme enclin à brimer des droits fondamentaux pour écraser des minorités et pour rassasier des élans suscités par la peur de l’autre est malhonnête. "

    Vous avez parfaitement raison.

    Les semeurs de haine sont, c'est malheureux, tous du bord des opposants à la loi.

    J'aurais aimé qu'un genre de consensus, par exemple sur le fait patent qu'aucun signe religieux n'est exigé par une religion, puisse se dégager.
    Certans s'assurent que ça n'arrive jamais en utilisant à plein la désinformation toxique et les pires préjugés envers les Québécois.

    Le débat dure depuis des mois, aussi j'ai eu tout le temps d'étayer cette opinion : le racisme envers les Québécois fleurit comme jamais au Canada et a ses plus fervents fanatiques ici, au Québec.

    Soit anglophones, de vrais Rhodésiens.
    Soit francophones, des rois-nègres.
    Soit religieux et prosélytes.
    Soit, plus rares, ceux que les précédents ont convaincus d'avoir peur.

    Les femmes sont depuis longtemps prises en otage par ces clowns qui les utilisent à leurs fins.

    Faut se demander à qui le crime profite.
    J'en ai jusque là des manoeuvres de déstabilisation sociale et politique des représentants de QS, les seuls qui restent en tout temps alignés sur le petit catéchisme de leur parti de manipulateurs crapuleux.

    Quand se décidera-t-on à déclarer QS organisation haineuse ?

    Ils ont atteint le point où la correction politique est une réelle censure radicale qui plane partout.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 avril 2019 15 h 39

      "Quand se décidera-t-on à déclarer QS organisation haineuse ?" - Jean-François Trottier

      Vous ne vous voyez pas aller vous-même avec votre haine truffée de mensonges publiée de manière systématique contre Québec solidaire.

      Effectivement, faudrait se demander à qui profite le crime.

      Mais personnellement, je n'ai pas eu besoin de chercher bien longtemps.

      Votre fanatisme anti-QS n'a d'égal que la démesure de vos propos.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 avril 2019 17 h 02

      Dommage que votre exemple de modération et de bienveillance ne soit pas davantage imité.

    • Jean-François Trottier - Abonné 14 avril 2019 07 h 29

      "Mais personnellement, je n'ai pas eu besoin de chercher bien longtemps."
      - Christian Montmarquette, Le Devoir, 13 avril 2019 15 h 39

      On sait très bien, M. Montmarquette, que vous avez les mêmes opinions depuis le berceau.
      Vous n'avez jamais remis en questtion vos choix, vous l'avez dit à quelques reprises.

      C'est ça, la défintion du FANATISME.

      Projeter ses tares sur les autres, c'est Staline, 1936.

      Pourquoi tenez-vous tant à être une caricature du parfait petit terroriste de salon ?

      Seulement pour avoir quelque chose à dire ?

      Ne vous inquiétez pas, où que vous alliez vous trouvez le moyen d'être un centre d'intérêt. Vous voilà rassuré là ?

    • Jean-François Trottier - Abonné 14 avril 2019 08 h 15

      @MOntmarquette

      Pour votre ÂGISME :
      "Il faut dire que ça ne doit pas être facile de grimper dans les poteaux pour clouer des pancartes avec une moyenne d'âge de 61 ans."
      - Christian Montmarquette , https://www.ledevoir.com/opinion/lettres/491956/l-offre-du-pq-traitee-de-haut-par-qs

      "Et je vous ferai remarquer que c'est le PQ avec sa moyenne d'âge de 61 ans qui a déjà un pied dans la tombe. Alors que QS a le taux le plus élevé de jeunes membres et militants. "
      - Christian Montmarquette, https://www.ledevoir.com/opinion/lettres/491956/l-offre-du-pq-traitee-de-haut-par-qs

      Et c'est encore un MENSONGE : QS n'A JAMAIS eu le nombre le plus élevé de jeunes menmbres et militants. Même le PLQ le dépasse!

      M. Montmarquette, vous n'avez AUCUNE crédibilité. Vous MENTEZ tout le temps.

      Votre terrorisme intellectuel est fini.

    • Jean-François Trottier - Abonné 14 avril 2019 08 h 36

      " Je vous le laisse votre grand "tartiss" créateur d'Elvis Gratton."
      Christian Montmarquette, https://www.ledevoir.com/politique/quebec/488255/francoise-david-reflechit-a-son-avenir-politique

      C'est ça le respect envers l'un des plus grands cinéastes du QUébec?

      Vou semez la haine quel que soit le sujet.

    • Jean-François Trottier - Abonné 14 avril 2019 08 h 40

      " Bien "pire" encore, Jacques Parizeau a même été communiste."
      Christian Montmarquette, https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/515078/faut-il-absolument-fermer-option-nationale

      Parizeau a dit que tout ce qui était progrsasiste était communis te à une époque,

      Il n'a JAMAIS dit être communiste, au contraire, Il s'est toujours dit parmi les modérés.

      Vous mentez, vous semez la confusion.

    • Jean-François Trottier - Abonné 14 avril 2019 09 h 19

      @Montmarquette

      C'est grave!

      Vous ne savez pas ce qu'est le communisme, ni le socialisme, ni la social-démocratie, ni le marxisme, et encore moins votre propre extrémisme.

      L'évidence s'étale au grand jour.

      Il y a quelques semaines vous avez déclaré ne pas être communiste, la preuve étant que vous avez déjà eu un commerce.
      Le communisme n'a jamais voulu étatiser tout le commerce. Seulement les moyens de production.
      On disait de l'URSS qu'elle était communiste pour différencier des autres socialismes.

      En conséquence, il est évident que vous n'avez jamais lu Marx.
      Vous vous êtes contenté de résumés faits par des chums pendant une soirée arrosée.
      Ou pire, d'un prof de philo bourré de café qui vous a enrôlé facilement.
      Le communisme n'est que du socialisme dur. Même pas savoir ça, c'est inqualifiable.

      Être de gauche modérée, ce n'est pas être "à -25 sur l'horloge des tendances".
      Tout comme être au centre n'est pas être "à et demie".
      Croire ça, c'est croire que la vie est mathématique. C'est débile quoi.

      Les gens de droite modérée empruntent à la gauche, et inversement. Être modéré c'est être équilibré, pas avoir une place précise et s'y tenir les fesses serrées pour pas dépasser.

      Jamais au grand jamais vous ne dépassez la ligne gauche-droite. Hé! Vous auriez bien trop peur de vous faire taxer de néolibéral!
      C'est ça qui fait que vous êtes d'extrême gauche, évidemment!
      Donc, com-mu-nis-te.

      Le secteur minier en Suède est presque libre d'impôts.
      Mesure néolibérale selon la Bible Montmarquettoise : vous avez tant hurlé pour moins que ça contre votre obsession maladive, le PQ!
      La Suède a le bon sens d'être vraiment social-démocrate, i.e. anti-marxiste et collé sur la réalité.
      Y a que des ignares prétentieux pour refuser de regarder ailleurs.

      Votre dogme, c'est de la schnoutte.
      Votre "chemin tout tracé", c'est du fanatisme.

      Et vous ne savez rien de rien.

    • Jean-François Trottier - Abonné 14 avril 2019 11 h 03

      @Montarquette

      Avant-hier j'ai dit que vous faisiez tout pour avoir le dernier mot.

      Vous avez répondu assez tard pour :
      1- Avoir le dernier mot. Fallait surtout pas que je réponde à ce qui suit!
      2- Parler du budget et dire que ça fait DES SEMAINES que vous le répétez et que vous en êtes bien las.
      Méthode de propagation de la la haine et mensonges. Comme la propagande de Staline.

      Votre idéologie est COMMUNISTE et VOS ÉCRITS SONT LA DÉSINFORMATION. Rien que ça.

      Alors :
      1- Ça fait DES MOIS que je parle du budget de QS et que je démontre qu'il est irréaliste.
      2- Faire du Chavez, SOCIALISTE DUR qui a mis son pays en faillite, et espérer que ça marche, c'est s'en aller direct dans le mur. Ça, vous le savez.

      Qui a plus de votes aujourd'Hui qu'il y a 4 ans? QS a-t-il assez profité à votre goût ?
      QS est dans l'ascenceur de la montées des extrémismes grâce à sa DÉSINFORMATION et ses méthodes de schisme.

      Je ne déteste que les prétentieux et les manipulateurs. Comme QS. Méchante différence.
      QS veut tellement semer la discorde qu'il prend pour les plus cons et les plus racistes des fédéralistes dans le débat actuel. C'est même raisonné pour pourrir le débat.

      Je me suis engueulé avec les tenants du PCCML lors d'une autre montée des extrémismes.
      Je sais de quoi je parle : votre discours est entièrement calqué sur celui des COMMUNISTES de cette époque.
      La "political correctness" de votre discours est celle des communistes du PCCML que l'URSS téléguidait et que la GRC noyautait.

      Votre parti est ÂGISTE, probablement parce qu'il ne peut pas manipuler les gens qui ont vécu un peu.

      Vous RE-FU-SEZ d'expliquer POURQUOI vous êtes indépendantiste. DONC :Vous n'êtes PAS INDÉPENDANTISTE. Vous MENTEZ sur ce point aussi.

      Et je déteste la haine préfabriquée.

    • Jean-François Trottier - Abonné 14 avril 2019 11 h 07

      @Montmarquette

      Maintenant, dépêchez-vous de ne pas répondre, hein!

      Comme ça vous aurez encore le dernier mot.

      À qui chez QS faites-vous rapport pour avoir besoin de dire toujours le dernier mot ?

      Les apparatchiks font ça.

    • Jean-François Trottier - Abonné 14 avril 2019 11 h 36

      Quel sera le détail insignifants sur lequel Montmarquette va se fixer pour répondre, tout en escamotant tout le reste avec une belle lâcheté intellectuelle consommée ?

      Il fait ça à chaque fois.

      La dernière fois il m'a dit qu'il n'avait pas d'amis ches les fédéralistes alors que je parlais du racisme qui sévit depuis toujours et encore maintenant à l'égard des Québécois dans le Canada.

      Sa non-réponse dit bien où il place ses préférences. En effet il a beaucoup d'amis, au moins objectifs sinon plus, fédéralistes et il partage leurs opinions.

      Il ne sait même pas pourquoi il est indépendantiste. "ON" ne lui a pas encore dit quoi répondre.
      Non-réponse, mensonge.... Tous les jours depuis 5 ans que je le suis!

      Un moment donné il faut régler son compte à la manipulation toxique.
      C'est ce que je fais et que je répéterai tant que nécessaire.

      Si on veut que la politique s'améliore, il faut agir.

  • Bernard Terreault - Abonné 13 avril 2019 08 h 16

    Normal

    Vous parlez de McGill, c'est normal. Il fallait s'y attendre en fréquentant cette institution qui ne s'identifie pas au Québec mais au Canada et même plus globalement à l'Amérique anglophone. Le Québec francophone est tout au plus une communauté culturelle locale, comme les Mormons en Utah ou les Chicanos au Texas.

    • Jean-François Trottier - Abonné 14 avril 2019 06 h 58

      Exactement. Une minorité.

      Chaque minorité a ses particularités. Celle-ci a celle de ne pas être reconnue comme une minorité, ce qui rend possible de l'accuser de ne pas tenir compte... des minorités.

      Au profit de la vraie majorité évidemment.

  • Jean Lapointe - Abonné 13 avril 2019 08 h 28

    Rien d'étonnant

    «on préfère au contraire dénoncer une loi « raciste » ou « islamophobe » et se féliciter de la « honte » exprimée par Charles Taylor lors d’un événement organisé par des élèves avec le soutien de leur université.» (Marie-Laurence Desgagné)

    Rien d'étonnant là-dedans étant donné que l'université McGill n'est pas une université québécoise mais une université canadienne malgré qu'elle soit financée en partie par les Québécoi.

    Ceci dit je ne peux qu'être admiratif devant ce que réclame cette étudiante. Ce n'est sûrement pas facile pour elle. Il lui faut être très courageuse. Je l'en félicite.

    • Jean-François Trottier - Abonné 14 avril 2019 09 h 49

      Euh.... Comment ça, "en partie" ?

      Tout le budget de fonctionnement de McGill vient de Québec.

      Toue autres entrées d'argent, en provenance du privé, sert à des améliorations immobilières, à du matériel complémentaire ou à des bourses.

      Elle coûte au Québec beaucoup , beaucoup plus cher qu'une université francophone ne coûterait à l'Ontario.

  • Réal Boivin - Abonné 13 avril 2019 08 h 57

    En fait, vous demandez le même respect que le ministre Jolin-Barrette.

    Dommage que William Steinberg, qui a fréquenter la même université que vous, n'ait rien appris de son séjour dans cette institution reconnue. Mais vous avez surement remarqué que les paroles disgracieuses viennent en très grande majorité du milieu multiculturaliste où l' ego communautariste est plus important que le respect que l'on doit observer dans n'importe quelle société.

    La liberté c'est de pouvoir faire des choix et elle s'arrête où celle de l'autre commence.

  • Marc Therrien - Abonné 13 avril 2019 09 h 16

    Et ensuite, le débat sur le laïcisme


    Dans l’article intitulé «Projet de loi sur la laïcité: une avancée tangible» de Micheline Labelle et Daniel Turp, on lisait que "le projet de Loi sur la laïcité de l’État (projet de loi no 21) constitue une avancée tangible dans la voie de la laïcisation progressive du Québec."

    Une fois qu’on sera bien repu du débat sur la laïcité, on pourra entreprendre celui sur le laïcisme à partir, par exemple, de cette définition proposée par Nestor Turcotte, enseignant de philosophie à la retraite : «le laïcisme par contre, est un courant d'idées (une philosophie liée souvent à l'athéisme) qui vise à protéger activement la vie publique de toute ingérence religieuse. Le mot laïcisme renvoie à une «doctrine qui vise à lutter pour l'élimination de toute référence religieuse dans l'espace public, voire la suppression de toute croyance religieuse».

    Marc Therrien

    • Jean-François Trottier - Abonné 13 avril 2019 12 h 03

      Vrai, sauf le dernier membre de la phrase.
      "...voire la suppression de toute croyance religieuse" : faux.

      La laïcisme est un humanisme.
      Il ne se mêle pas des idéologies de la personne. Sim,plement il refuse que des iféologies dangereuse s'affichent.
      Nous connaissons tous assez d'idéologies extrémistes pour comprendre cette nécessité.

      Il pose qu'il est impossible de ne croire à rien, comme par exemple croire que demain arrivera. En effet, c'est une croyance puisque c'est impossible à prouver... avant l'arrivée du jour suivant, et alors demain est reculé d'un jour.
      Les religions déposent dans les mains de "plus grand que soit" sa destinée, ce qui est bien sûr un anti-humanisme. C'est même pour cette raison que les humanismes ont percé vers la fin du Moyen-Âge, et le laïcisme se situe dans cette lignée directe.

      Il n'y a rien d'extrémiste dans la laïcisme. Le laïcisme n'est pas et n'a jamais été anti-religion même si certains laïcistes le sont en théorie, comme moi, tout en acceptant très bien que les religions existent, ne serait-ce que comme communautés humaines où des gens se retrouvent et s'apprécient.

      C'est beaucoup pour lutter contre le fanatisme religieux qu'existe le laïcisme. Il va pas faire la même chose dans l'autre sens!

      On ne naît pas laïciste. Chacun évolue dans sa propre appréhension du monde, en observant, donc en aimant, son entourage, et non pas selon des analyses sèches mâchées d'avance. Chacun s'est forgé ses propres convictions.
      Le laïcisme est empreint de doute, par définition. Le contraire de l'arrogance des religions.

      Le laïcisme est le contraire de la censure : les idées sont inhérentes à l'humain et à l'humanisme.

      Le religions sont contre les idées.
      Elles sont des idéologie extrémistes.
      Qu'on me démontre le contraire noir sur blanc ou bien qu'on l'admette une bonne fois pour toutes.

      Pour les "hostineux", trouver une personne religieuse non-extrémiste, c'est traiter les gens en imbéciles.