Projet de loi sur la laïcité: une avancée tangible

«Le projet de loi sur la laïcité de l’État constitue une avancée tangible dans la voie de la laïcisation progressive du Québec. Son adoption par l’Assemblée nationale devrait contribuer à la consolidation du principe de la laïcité au Québec», estiment les auteurs.
Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir «Le projet de loi sur la laïcité de l’État constitue une avancée tangible dans la voie de la laïcisation progressive du Québec. Son adoption par l’Assemblée nationale devrait contribuer à la consolidation du principe de la laïcité au Québec», estiment les auteurs.

Nous soussignés et soussignées, intellectuel·le·s et citoyen·nes du Québec, universitaires, enseignant·e·s au sein de collèges d’enseignement général et professionnel et appartenant à d’autres institutions, saluons la présentation du projet de loi 21 sur la laïcité de l’État. Celui-ci vise à enchâsser la laïcité dans une nouvelle loi fondamentale du Québec et à affirmer, ce que l’Assemblée n’a jamais fait à ce jour, que « [l]’État du Québec est laïque ». Le projet de loi no 21 fait en outre reposer la laïcité de l’État sur les quatre principes que sont : 1) la séparation de l’État et des religions ; 2) la neutralité religieuse de l’État ; 3) l’égalité de tous les citoyens et citoyennes et ; 4) la liberté de conscience et la liberté de religion.

Le projet de loi ne se limite donc pas à mettre en oeuvre le seul principe de la neutralité, mais ajoute une pierre à l’édifice de la laïcité. Il s’inscrit dans une histoire qui a vu le Québec procéder à une laïcisation progressive de ses institutions publiques, réalisée notamment par la création d’un ministère de l’Éducation en 1964, par l’avènement en 1981 d’un Code civil du Québec séculier et par la déconfessionnalisation des commissions scolaires et des écoles publiques du Québec, par laquelle les Québécois·es ont collectivement renoncé à des droits constitutionnels.

Dispositions de dérogation

À l’instar de plusieurs autres nations et pays du monde, le Québec veut incarner le principe de laïcité dans des règles visant à régir et interdire le port des signes religieux par des personnes exerçant des fonctions au sein de l’État ou au sein de certains établissements d’enseignement, au nom du devoir de réserve en ce qui concerne les convictions politiques ou religieuses. Destinées à fixer la portée et à aménager l’exercice des libertés et des droits fondamentaux au Québec, ces nouvelles règles n’empêcheront pas de telles libertés et de tels droits de s’exercer dans le respect des valeurs démocratiques, de l’ordre public et du bien-être général des citoyen·ne·s du Québec et, comme le prévoira la nouvelle version de l’article 9.1 de la Charte des droits et libertés de la personne (Charte québécoise), dans le respect de la « laïcité de l’État ».

Nous sommes par ailleurs d’avis qu’il est opportun de mettre la future loi sur la laïcité de l’État à l’abri de contestations fondées sur la Charte québécoise et la Charte canadienne des droits et libertés (Charte canadienne), en s’appuyant respectivement sur les dispositions de dérogation de ces deux lois. Les raisons en sont fort simples. En premier lieu, il s’agit de favoriser un climat de paix sociale et de prévoir un temps d’arrêt démocratique pendant cinq ans, sur un enjeu qui mobilise la société québécoise depuis plus d’une décennie. En second lieu, afin de marquer la différence légitime du Québec dans son traitement du pluralisme. Il y a lieu de rappeler que la Charte canadienne a été adoptée sans l’assentiment du gouvernement, du Parlement et du peuple du Québec.

Nous estimons que le projet de loi no 21 énonce une neutralité réelle et apparente de l’État et prévoit une laïcité où l’État s’incarne dans ses représentant·e·s en autorité, conformément aux prescriptions de la Cour suprême dans l’arrêt Mouvement laïque québécois c. Ville de Saguenay de 2015, le seul arrêt unanime en matière de liberté de religion. Nous ne pouvons toutefois écarter la possibilité que la plus haute juridiction au Canada, se fondant sur l’article 27 de la Charte canadienne, selon lequel « toute interprétation de la présente charte doit concorder avec l’objectif de promouvoir le maintien et la valorisation du patrimoine multiculturel des Canadiens », juge la loi, ou certains de ses aspects, comme incompatible avec la jurisprudence et la tradition canadienne à ce jour. Dans ces circonstances, il appartient à l’Assemblée nationale du Québec, qui agit dans une matière ressortissant à sa compétence constitutionnelle et dont la loi constitutive rappelle que celle-ci est, « par l’intermédiaire des représentants élus qui la composent, […] l’organe suprême et légitime d’expression et de mise en oeuvre de ces principes [démocratiques de gouvernement] », d’édifier une laïcité qui s’inscrit dans sa propre trajectoire historique.

Nous soussignés et soussignées récusons les accusations de racisme et de discrimination à l’égard des minorités de diverses cultures et religions, adressées à ceux et celles qui, comme nous, proposent une conception québécoise de la laïcité. Par sa spécificité et son histoire, le Québec nourrit une conception de la laïcité se rapprochant davantage de celle partagée par d’autres États démocratiques de tradition civiliste, comme la France, la Belgique et la Suisse, plutôt que de la vision multiconfessionnelle qui prévaut dans les pays de common law comme le Canada, les États-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni.

Vaste appui

Nous constatons par ailleurs que des organisations de la société civile au Québec, regroupant des citoyen·ne·s de toutes provenances, notamment l’Association québécoise des Nord-Africains pour la laïcité et l’organisme Pour les droits des femmes du Québec, ont exprimé leur appui à cette conception québécoise de la laïcité, auxquelles s’ajoute l’appui provenant de plusieurs citoyen·ne·s issu·e·s d’autres minorités, dont témoignent les recherches sur le terrain et les sondages effectués depuis la dite « crise des accommodements raisonnables ». Dans ce domaine, il n’y a pas d’opposition binaire entre majorité et minorités ethnoculturelles comme le sous-tend un certain discours politique et dogmatique réducteur de la réalité. Il nous semble dès lors que la laïcité devrait être désirée pour ses vertus intrinsèques par l’ensemble des citoyen·ne·s du Québec, croyant·e·s ou non.

Le projet de loi sur la laïcité de l’État constitue une avancée tangible dans la voie de la laïcisation progressive du Québec. Son adoption par l’Assemblée nationale devrait contribuer à la consolidation du principe de la laïcité au Québec et est donc aujourd’hui éminemment souhaitable.

Ce texte a été cosigné par près de 1000 Québécois. La liste peut être consultée ici (en format PDF).


Une version précédente de ce texte, qui affirmait que le ministère de l'Éducation a été créé en 1962, plutôt qu'en 1964, a été corrigée.

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148 commentaires
  • Diane Boissinot - Abonnée 11 avril 2019 00 h 17

    Je suis complètement d'accord avec ce texte.
    On dit que ce texte a été cosigné par plus de 1000 Québécois et que la liste complète peut être consultée sur Internet. Où sur l'internet et peut-on ajouter nos signatures?

    • André Joyal - Inscrit 11 avril 2019 07 h 06

      Bonne question Mme Boissinot, car je suis certain que partout au Québec, en particulier à Entre-les-Lacs, on est intéressé à savoir qui sont ces 1000 universitaires qui font contrepoids aux 250 universitaires de McGill, Concordia et aux quelques spécialistes de «genre» de l'UQAM.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 11 avril 2019 09 h 05

      Ça se trouve sur le site de monsieur Turp

      https://danielturpqc.org/

    • Cyril Dionne - Abonné 11 avril 2019 09 h 50

      J'aimerais signer cette lettre comme simple citoyen. Une voix, un vote. il n'y a rien de plus démocratique que cela.

    • Claude Bariteau - Abonné 11 avril 2019 10 h 20

      Ce texte met en relief le pouvoir de l'Assemblée nationale pour modifier la Charte des droits et libertés de la personne du Québec en vertu de l'article 52 pour y inscrire le principe de la laïcité et préciser des modalités de son application. C’est le point majeur.

      Le texte signale à juste titre que le pouvoir de l'Assemblée nationale et cette loi peut être contesté en totalité ou en partie par les juges de la Cour suprême en vertu de l'article 27 qui stipule que « toute interprétation de la présente charte doit concorder avec l’objectif de promouvoir le maintien et la valorisation du patrimoine multiculturel des Canadiens ».

      Aussi, les auteurs considèrent justifié de recourir à l'article 33 de dérogation pour cinq, ce qui est renouvelable, de la Charte canadienne des droits et libertés, d'autant plus que la Charte canadienne inscrite dans la Constitution de 1982 a été adoptée sans l’assentiment du gouvernement, du Parlement et du peuple du Québec.

      Il s’agit de deux points importants, car nécessaires dans le cadre canadien, pour affirmer les prérogatives et les vues du peuple québécois composé de l’ensemble des habitants du territoire du Québec.

      En dépit de mes réserves sur l’argumentaire présenté, j’appuie ce texte parce qu’il révèle, le Québec devenu pays reconnu, que ses législateurs, en vertu de l’article 52 de la Charte des droits et libertés du Québec, procéderaient sans recourir à l’article 33 de dérogation de la Charte canadienne pour modifier des éléments de la nouvelle charte, ce qui mérite d’être souligné.

      Comme la liste des signataires est à compléter, mon nom et bien d'autres pparaîtront sous peu.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 11 avril 2019 10 h 36

      Autrement dit, monsieur Bariteau, vous saluez le geste de souveraineté politique que le gouvernement s'apprête à poser. Quelles sont vos réserves sur l'argumentaire?

    • Claude Bariteau - Abonné 11 avril 2019 12 h 45

      Je présumais que vous le demanderiez.

      1. Ma première réserve ne concerne pas l'affirmation des pouvoirs des parlementaires de l'Assemblée nationale, mais la façon de procéder.

      J'estime que cette loi sera légitime s'il s'avère qu'une majorité des parlementaires qui la votent ont reçu l'appui de la majorité des électeurs et électrices aux dernières élections si leur mandat contenait l'adoption du principe de la laïcité et son expression.

      L'argumentaire n'y fait pas écho alors que le PM Legault a affirmé chercher un consensus, ce qui implique que cette loi ne soit pas adoptée par les seuls députés de la CAQ.

      2. Ma deuxième réserve a trait à l'usage du terme de dérogation à l'article 52 de la Charte québécoise et à l'article 33 de la Charte canadienne.

      L'article 52 précise qu'une loi du parlement du Québec peut modifier la Charte québécoise alors que l'article 33 de la Charte canadienne stipule qu'un parlement canadien peut déroger un temps (cinq ans renouvelable] à la Charte canadienne.

      Il s’avère que le Québec n'a pas le pouvoir de modifier la Charte canadienne et que son parlement a contesté l'entente qui a mené à une loi de la Chambre des communes menant au rapatriement d'une constitution que le Québec n’a pas reconnue.

      Il importait de mettre en relief que ces articles sont de portée différente.

      3. Ma troisième réserve concerne l'écho à la décision de la Cour suprême dans le dossier Saguenay. Y référer n'impliquait pas de signaler que la loi 21 s’y conforme mais de rappeler qu'il revenait à cette Cour de transmettre son avis au Gouvernement du Québec. Ce point n’est pas souligné dans l'argumentaire.

      Vous soupèserez surement leur pertinence en écho à la clause 33, au pouvoir de la Cour suprême et la légalité du rapatriement de la Constitution du Canada. Ça ne changera pas mes réserves.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 11 avril 2019 15 h 40

      Monsieur Bariteau, j'ai présumé trop vite que vos réserves concernaient le traitement de la question de la laïcité et des signes religieux. Je n'ai pour seule excuse que le fait que c'est de cela qu'on discute par ici.Non, je ne reparlerai pas de l'article 33 ou de la clause 52. Parce que quelles que soient les prérogatives que nous aurions de modifier l'une ou l'autre charte, ce qui est en cause, ici, c'est avant tout qu'on s'apprête à modifier l'équilibre des droits fondamentaux qui y sont définis. Les défenseurs de PL21 estiment que c'est correct parce que cela permet à des droits collectifs de ne pas être annulés par des droits individuels, cela s'accompagnant souvent d'une affirmation de la plus grande importance des premiers, des fois juste parce qu'on cherche à les mettre en équilibre. Comme je disais plus bas à monsieur LeBlanc, l'onus appartient à ceux qui veulent changer les choses, pas aux adversaires de PL21. Je reste à l'écoute.

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 11 avril 2019 18 h 53

      Mme Boissinot,

      Les personnes désireuses d’être co-signataires de ce texte peuvent faire parvenir un courriel à cet effet à l’adresse suivante: d@nielturp.quebec

  • Michel Lebel - Abonné 11 avril 2019 00 h 23

    Recul

    Je dis seulement: un recul tangible pour les droits et libertés de la personne.

    Michel Lebel

    • Pierre Grandchamp - Abonné 11 avril 2019 07 h 27

      En effet!
      Or, dans un tweet, M. Charkaoui écrivait :« Chère sœur,Ton hijab est ta pudeurTon hijab est ta fiertéTon hijab est ton jihad au quotidien
      Allah te l’a imposé... Même si la Terre entière s’y oppose, satisfais le Créateur et ignore les créatures. »

      Le port du hijab, selon M. Charkaoui, est une volonté d’Allah, qu’il faut satisfaire envers et contre tous, afin d’être pudique.
      https://www.journaldemontreal.com/2019/04/11/merci-monsieur-charkaoui

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 11 avril 2019 08 h 10

      Me Lebel,las de vous entendre mais vous etes libre de vous exprimer,meme de porter une soutane
      ou rien si ca vous plait......

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 11 avril 2019 08 h 27

      Et j'ajoute que, dans toute société démocratique, les droits individuels doivent être balisés par les droits collectifs.

    • Nicole-Patricia Roy - Inscrite 11 avril 2019 08 h 31

      Comme constitutionnaliste, serait-ce que vous contestez le jugement de la Cour suprême dans l’arrêt Mouvement laïque québécois c. Ville de Saguenay de 2015, le seul arrêt unanime en matière de liberté de religion? J'aimerais beaucoup vous lire sur ce jugement étant donné votre point de vue absolutiste des droits individuels.

    • Gilbert Troutet - Abonné 11 avril 2019 08 h 59

      C'est un peu court comme argument.

    • Christian Koczi - Abonné 11 avril 2019 09 h 08

      Vous n'accordez aucune importance aux droits de gens, les jeunes en particulier, pour qui le prosélytisme est une nuisance !

      CK

    • Jean-François Trottier - Abonné 11 avril 2019 09 h 34

      Laissons une petite chance à M.Lebel : il a eu le bon sens de ne pas parler de droits fondamentaux, ce qui l'honore...

      ... et donne raison aux auteurs de la présente lettre.

      C'est bien triste de perdre des libertés qui seraient des "nice to have" dans un monde utopique. Mais bon, la réalité existe et toute utopie est dangereuse.

      Tout comme le droit de se promener tout nu sur la glace pendant un match des éliminatoire, perdu depuis.... toujours ?

      Bien triste.

    • Cyril Dionne - Abonné 11 avril 2019 09 h 39

      Bien d'accord avec MM. Grandchamp, Grisé et Cotnoir.

      M. Cotnoir, que vous avez raison de dire que « les droits individuels doivent être balisés par les droits collectifs ». Les besoins de la collectivité l'emportent sur les besoins individuels dans une société qui compose dans le vivre-ensemble et qui ne veut pas sombrer sur les récifs de l’hyper-individualisme.

    • Cyril Dionne - Abonné 11 avril 2019 09 h 44

      M. Lebel, pourquoi est-ce que vous en faites avec les lois des hommes? Vous savez, bientôt, on célébrera l'anniversaire votre ami imaginaire préféré qui a ressuscité entre les morts. C'est tout un événement scientifique vu que toutes les lois physiques de l'univers ont dû être suspendues pour accommoder votre mort-vivant. C’est un événement magique et extraterrestre, créationnisme oblige.

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 avril 2019 11 h 37

      @Pierre-Alain Cotnoir,

      "Dans toute société démocratique, les droits individuels doivent être balisés par les droits collectifs." - Pierre-Alain Cotnoir

      Comme le faisait remarquer Gérard Bouchard dans une des meilleures critiques du Projet de loi 21 de la CAQ, les Chartes et les tribunaux font aussi parti des "droits collectifs. Sans compter que celle loi qui remet en question les droits humains fondamentaux sera adoptée sous bâillon et à l'encontre des traditions démocratiques du Québec.

      Référence :

      Vidéo-entrevue de Gérard Bouchard au 24-60 :

      « Laïcité : une loi « radicale » issue d'un débat « cadenassé », déplore Gérard Bouchard» - Radio-Canada

      Gérard Bouchard donne trois grands arguments contre le projet de loi 21 ainsi que d'autres évidemment.

      1 ) Bâillon du processus démocratique.

      2 ) Suspension des Chartes et évitement de l'examen par les tribunaux.

      3 ) Absence d'études et de justifications sérieuses pour réduire des droits fondamentaux.

      https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1163447/laicite-projet-loi-gerard-bouchard-entrevue

      .

    • Michel Gélinas - Abonné 11 avril 2019 12 h 00

      Esprit sans nuance: toujours le 1er, d'habitude, à répéter ad nauseam la même chose: les droits absolus des prosélytes religieux sans jamais parler de leurs devoirs envers la société qui les accueille.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 11 avril 2019 12 h 42

      Monsieur Dionne ne riez pas trop de phénomènes susnaturels dont vous ignorez les tenants et aboutissants...Vous qui vous pensez scientifiques, allez donc étudier et analyser le linceul de Turin, linceul qui a fait l'objet de toutes les études scientifiques possibles et qui révèle que le Christ a bel et bien exister et est bel et bien ressuscité... Peut-être que cette étude vous remettra les idées à la bonne place, à moins que vous refusiez les résultats des enquêtes scientifiques réalisées par de multiples scientifiques, dont ceux de la Nasa...Tant qu'à y être, méditez donc l'équation d'Einstein E=MC2 qui affirme que la matière n'est que de l'énergie cristallisée...En outre dites-moi donc d'où provient cette énergie qui donne naissance à la masse ou à la matière...Certainement pas de la matière puisque, selon cette équation, elle lui donne naissance, donc elle vient avant elle, elle en est l'origine....Instruisez-vous d'abord, vous rirez peut-être moins ensuite...Il n'y a pas que la matière en ce bas-monde...La preuve vous-même avez un esprit capable de réflexions...Alors servez-vous en mieux, s.v.p....

    • Cyril Dionne - Abonné 11 avril 2019 14 h 56

      M. Simard, le linceul de Turin est une fraude. L'équation E = MC2 implique que l'énergie et la matière sont interchangeable dû au boson de Higgs. Le temps n'est qu'une perception humaine selon la théorie des cordes.

      Ceci dit, pourriez-vous nous expliquez où seront les dieux inventés par les hommes lorsque notre étoile, le Soleil, s’éteindra?

    • Michel Lebel - Abonné 11 avril 2019 16 h 40

      @ M.Cotnoir et al.,

      Je constate bien que le débat s'enflamme et devient à l'occasion ad hominem! Primo, je n'ai jamais pensé ou écrit que les droits de la personne étaient absolus. Mais ces droits doivent toujours demeurer réels, même s'ils peuvent être restreints à l'occasion pour des motifs très sérieux, soumis au contrôle des tribunaux. Secundo, je vous informe que la notion de ''droit collectif'' n'existe pas en droits et libertés de la personne. Le seul ''droit collectif'' est le droit à l'autodétermination des peuples. La notion de ''droit collectif''est de nature politique et réfère tout simplement à la ''loi'' de la majorité ou du pouvoir dominant.

      Je termine avec cette citation d'Albert Camus: '' La démocratie, ce n'est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité''.

      Michel Lebel

    • Christian Roy - Abonné 11 avril 2019 18 h 42

      "Absence d'études et de justifications sérieuses pour réduire des droits fondamentaux." Un des trois arguments contre le PL21 de Gérard Bouchard.

      Voilà où le bas blesse surtout.

      Le PL21 est réellement bancal. Il est rempli de contradictions. Certains diront que ce fut le prix à payer pour le rendre "modéré" alors qu'en réalité il est truffé de vices de construction. Petits exemples parmi bien d'autres: la clause grand papa, l'exemption accordé aux enseignants du privé... le focus mis sur le port du voile, devenu une véritable obsession, etc. Après cela on dira que l'État est neutre (une vraie blague - il est maintenant plutôt porteur d'un biais institutionnel antireligieux). séparé du religieux (ce qui est déjà le cas au moment où on se parle), que tous les citoyennes et citoyens sont placés sur le même pied (alors qu'au fond ce ne sont que certains membres de communautés ethnoculturelles qui sont visés) et que finalement, la liberté de conscience et de religion n'est plus reconnue comme équivalente v-à-v. autres droits fondamentaux des Québécois. Ce droit vient d'être déclassé en "classe économique".

      Je suis surpris que tant de personnes souscrivent au PL21, les yeux "grands ouverts".

    • Jean-Marc Simard - Abonné 11 avril 2019 19 h 16

      Monsieur Dionne, je pense que votre soleil personnel va s'éteindre bien avant que notre étoile s'éteigne...OÙ vous-mêmes serez -vous alors? ...Dans le néant ??? Si c'est le cas vous aurez vécu pour rien...Car du rien ne vient que du rien, ne vous en déplaise...Après votre vie vous ne laisserez que du rien, puisque, à vous entendre comme la vie vient de rien, alors elle ne vaut rien, de même pour votre propre vie...Que le Néant vous bénisse...

    • Jean-Marc Simard - Abonné 11 avril 2019 19 h 22

      Bien OUI ! Le linceul de Turin est une fraude que les nombreux scientifiques ont étudiés et analysés sur toules coutures pour conclure à une énigme surnaturelle...Tous ces scientifiques sont donc complices de cette fraude, puisqu'ils ne l'ont pas dénoncés et qu'ils ont conclu ne rien comprendre au comment cette image s'est gravée sur ce linceul...Voyons donc un peu de sérieux...

    • Cyril Dionne - Abonné 11 avril 2019 22 h 34

      M. Simard, le linceul de Turin a été daté par carbone 14 en 1988 et selon les tests, il nous parvient du 13 ou 14e siècle. Ensuite, les particules rougeâtres ne sont pas du sang, mais des pigments de peintures. L'analyse chimique de 2005 effectuée sur des fibres du suaire révélait la présence de substances utilisées au Moyen Âge pour colorer les réparations faites sur les tissus pour les rendre moins visibles et pour offrir davantage de protection. Et non, l’échantillon utilisé en 1988 n’avait pas été contaminé puisqu’il aurait nécessité une masse de contamination bactérienne équivalente au poids de l'échantillon. En 2018, le Dr Matteo Borrini, médecin légiste et spécialiste des sciences biologiques et le chimiste Luigi Garlaschelli ont fait la démonstration sans équivoque de cette fraude. C’est seulement les religieux qui y croient, pas les scientifiques. Le Vatican a besoin de miracle ces jours-ci pour cacher ses scandales de pédophilie.

      Désolé M. Simard. Joyeuse Pâques tout de même.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 12 avril 2019 06 h 39

      Désolé pour vous Monsieur Dionne...Mais on n'a pas du tout les mêmes sources scientifiques. L'analyse au carbone 14, il est vrai, révèle que le linceul date du 13° siècle, mais il y a des raisons à ce phénomène, dues au fait que le linge a subit deux incendies majeures et au fait qu'il a été reprisé par les bonnes soeurs en ce temps-là. C'est dû aussi au fait que les marques sur le tissus sont d'origine quantique...Quant aux taches rouges d'autres spécialistes affirment que c'est vraiment du sang, du groupe AB, un groupe très rare et non des taches de peinture... Autre preuve, les marques sur le tissu sont des brûlures protoniques qui ne traversent pas la fibre du linceul, de telle sorte que l'image ne se laisse pas voir si vous êtes trop près. Il faut se placer à une certaine distance pour pouvoir visionner l'image...Autre phénomène important l'image est un négatif que le négatif photographique d'Augusto Pia à révélé être un positif. On a appris en math. que -x-=+, n'est-ce pas. Cette image est holographique, ce qu'un peintre talentueux ne peut reproduire. À la Nasa ils ont découvert que cette image est codée. Les scientifiques ont essayé par toutes les manières possibles de reproduire cette image, sans succès... Savez-vous qui est Dieu pour moi ? Prenez l'image du Yin et du Yang taoiste et vous allez comprendre ce qu'est Dieu. Deux Esprits, l'un positif, l'autre négatif en effusion amoureuse l'Un par rapport à l'Autre, ce qu'on appelle Dieu le Père, énergie positive, et Dieu le Fils, énergie négative dont l'Élan amoureux l'un par rapport à l'Autre engendre un 3° Esprit, l'Amour. Dieu le Fils est l'Autre lui-même de Dieu le Père, comme une image réflexive donnée par un miroir. Pourquoi deux ? Parce que pour aimer il faut être deux et que l'élan amoureux de deux amants engendrent une troisième force, l'Amour...Tout comme le courant électrique circulant entre deux polarités opposées engendre une troisième force le magnétisme...L'Amour est une Force de liaison...

    • Jean-François Trottier - Abonné 12 avril 2019 12 h 38

      M. Lebel,

      "La démocratie, ce n'est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité"

      C'est si beau!

      Je vous convie à protéger cette minorité, la seule sur laquelle n'importe qui peut ch.... autant qu'il veut, la minorité francophone qui habite le Québec.

      Merci.

  • Jean Duchesneau - Abonné 11 avril 2019 05 h 45

    Un précieux sommaire des arguments supportant le PL21

    Merci à Micheline Labelle, Daniel Turp et aux signataires de cette lettre.

    • Jacques Patenaude - Abonné 11 avril 2019 13 h 26

      Ce que j'apprécie le plus dans cet argumentaire c'est l,élément suivant:
      "Dans ce domaine, il n’y a pas d’opposition binaire entre majorité et minorités ethnoculturelles comme le sous-tend un certain discours politique et dogmatique réducteur de la réalité."
      Enfin on sort des éternels "mauvaise majorité" contre "bonne minorité" . Arguments qui relève davantage du dogmatisme libéral que de la réalité. Ceux qui sont d'accord avec ce projet de loi ne sont pas les "homogène de souche"et ceux qui s'y opposent la " minorité non-de-souche". Il y a des gens de toute origine dans chaque camps. Ce débat met en cause deux conceptions de la question des droits de la personne.
      Personnellement je préférerais de beaucoup qu'on enlève la restriction pour les enseignants quitte à ajouter un article sur le devoir de réserve chez les enseignants. En espérant que progressivement le débat évolue vers ce genre de compromis.

    • Jacques Patenaude - Abonné 11 avril 2019 20 h 19

      Comment est-ce possible que mon commentaire aie aussi rapidement obtenu 2.7 K "J'aime" alors qu'il a été fait quand même relativement tard. est-ce qu'un robot aime particulièrement mon propos?
      Ce que je commente est les abonnés du Devoir pas pour un robot. Ce qui est remarquable dans ces "J'aime" c'est tous les pro ont tous 2.7 K J,aime et 0 pour les opposant. Il y a de quoi s'inquiéter s'il y a une tentative de manipulation. Le Devoir se doit de vérifier. il en va de sa crédibilitée.

  • Eric Ricard - Abonné 11 avril 2019 06 h 19

    Je signe

    Le débat doit s'élever à ce niveau. Bravo !

  • Jean Lacoursière - Abonné 11 avril 2019 06 h 45

    Je signe

    Je signe.