Laïcité: 250 universitaires contre le projet de loi 21

«La CAQ insiste sur la nécessité d’éviter les dérapages. Pourtant, ce projet de loi constitue en soi un dérapage politique tant il rendra acceptables l’atteinte aux droits fondamentaux et la discrimination des groupes déjà minorisés», croient les auteurs.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «La CAQ insiste sur la nécessité d’éviter les dérapages. Pourtant, ce projet de loi constitue en soi un dérapage politique tant il rendra acceptables l’atteinte aux droits fondamentaux et la discrimination des groupes déjà minorisés», croient les auteurs.

Nous, les 250 chercheurs, chercheuses, professeurs et professeures signataires de cette lettre, constatons avec regret que le projet de loi 21 constitue une atteinte aux droits fondamentaux et qu’il est discriminatoire. Alors que la Charte des droits et libertés de la personne constitue un socle fondateur de l’État de droit, le gouvernement prévoit d’y déroger de manière à l’affaiblir et à porter atteinte à des droits fondamentaux au nom d’une laïcité antireligieuse. Par cette manoeuvre, le gouvernement entend faire taire toutes possibilités de contestation, ce qui nous semble très préoccupant. D’autre part, ce projet conforte des préjugés envers les minorités religieuses et contribue à cibler des personnes sur la base de leurs croyances religieuses.

Il importe de rappeler que la base d’une société démocratique, ouverte et inclusive est l’égalité de toutes et de tous dans un État de droit. Or, ce projet de loi est basé sur un principe discriminatoire qui est le profilage des individus sur la base de la religion. Avant même d’être appliquée, de par les débats qu’elle autorise, cette loi contribue à stigmatiser des communautés et des individus déjà fortement affectés par le racisme et la discrimination, et plus spécifiquement les femmes musulmanes, les communautés juives et sikhes.

Quelle laïcité ?

Par ce projet de loi, le gouvernement entend interdire les signes religieux portés par des individus qui travaillent dans les institutions publiques. Le ministre Simon Jolin-Barrette assure que ce projet découle de la volonté de la nation québécoise et qu’il répond à un besoin social. Pourtant, comme plusieurs chercheurs et chercheuses l’ont montré, la plupart des controverses sociales autour de la laïcité se basent sur des préjugés à l’égard des minorités religieuses et sur des médiatisations polémiques de certaines affaires présentées à tort comme des accommodements raisonnables. Le gouvernement a la responsabilité de ne pas alimenter ces polémiques, qui ont principalement visé les personnes issues des minorités religieuses, racisées et de l’immigration.

Loin de toute neutralité, c’est le contraire que fait ce projet : valider les préjugés, profiler des groupes minorisés, alors même que ces groupes sont l’objet de pratiques et de normes discriminatoires tant dans les institutions publiques que sur le marché de l’emploi. Si le gouvernement assure qu’il ne vise aucun groupe particulier par ce projet de loi, les nombreuses recherches montrent que les communautés musulmanes, surtout les femmes qui en sont membres, sont les principales cibles de la discrimination et du racisme à la suite des polémiques sociales sur la laïcité.

Ce projet de loi, comme tous les précédents projets visant à restreindre le port des signes religieux, ne répond à aucun problème concret. La laïcité ne devrait pas servir de moyen idéologique pour profiler des individus ni pour appuyer des préjugés discriminatoires. Opposer le bon fonctionnement de l’État et la neutralité des institutions au port de signes religieux conduit à considérer comme suspects les individus et les communautés religieuses. Cela détourne la laïcité nécessaire des institutions vers le profilage des individus, qui ne seront jamais à l’abri du soupçon de porter « secrètement » des signes religieux. Finalement, cela ouvre la porte à des surenchères permanentes sur la définition et le repérage des signes religieux, des métiers ciblés et des sanctions à appliquer.

Alors que le climat sociopolitique au Québec pâtit des fortes polarisations et tensions sociales, la CAQ insiste sur la nécessité d’éviter les dérapages. Pourtant, ce projet de loi constitue en soi un dérapage politique tant il rendra acceptables l’atteinte aux droits fondamentaux et la discrimination des groupes déjà minorisés.

Ne pas céder aux préjugés

Par ailleurs, dans un climat politique où les crimes haineux visant les communautés musulmanes et juives connaissent une hausse sans pareil au Canada (le Québec, l’Ontario et l’Alberta étant les provinces les plus concernées par cette hausse), il est de la responsabilité du gouvernement de ne pas céder aux préjugés qui visent les communautés religieuses minorisées et racisées, et encore moins de les alimenter. Nous sommes particulièrement inquiets des conséquences de ce type de loi sur la banalisation des violences que subissent ces communautés.

Nous demandons le retrait de ce projet de loi discriminatoire. Compte tenu de l’état des recherches sur le racisme et la discrimination, nous encourageons le gouvernement à développer des politiques publiques inclusives qui luttent contre la discrimination en emploi et qui favorisent la participation publique des minorités, des politiques qui contribuent donc à une plus grande justice sociale.

Parmi les 250 signataires: Leila Celis, OIRD, UQAM; Paul Eid, OIRD, UQAM; Leila Benhadjoudja, OIRD, UOttawa; Vincent Romani, OIRD, UQAM; Micheline Milot, UQAM; François Crépeau, McGill; Sirma Bilge, UdeM; Daniel Weinstock, McGill; Maryse Potvin, UQAM; Charles Taylor, McGill; Céline Bellot, UdeM; Georges Leroux, UQAM; Cécile Rousseau, McGill; Victor Piché, UdeM; Martine Delvaux, UQAM; Christian Nadeau, UdeM; Ryoa Chung, UdeM; Rabkin Yakov, UdeM; Michèle Vatz Laaroussi, USherbrooke; Alia Al-Saji, McGill.
 

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158 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 5 avril 2019 03 h 54

    Je signe

    Je n'ai aucune hésitation à signer cette lettre.

    Michel Lebel
    Ancien professeur d'université, UQAM et UdeM

    • Pierre Grandchamp - Abonné 5 avril 2019 08 h 56

      Une Commission qui nous a coûté quelques millions$$$ a entendu des tas de témoignages, reçu et lu des tas de rapports.Rapport soumis en 2008: Bouchard Taylor. Un parti politique a fait siennes les recommandations de la dite Commission; en y ajoutant les enseignants, Il a été SOLIDEMENT élu.En tout respect, en avant marchons! A lire la chronique de Christian Rioux de ce jour.

    • Cyril Dionne - Abonné 5 avril 2019 10 h 05

      Personne n'est surpris que vous vouliez signer cette lettre. En fait, vous voulez faire parti de ce contingent des sciences sociales et politiques de quelques universités (UQAM, McGill, Ottawa entre autre) qui n'a pas à coeur la démocratie en version 2019 puisqu’ils veulent court-circuiter la volonté du peuple québécois. Curieux tout de même, on n'y retrouve aucun chercheur en science pure et appliquée parce qu'eux ne côtoient pas les amis imaginaires, magique, extraterrestres et les adeptes de ceux-ci. Imaginez pour instant un chercheur crédible en physique nucléaire qui croirait dur comme fer que les miracles existent comme la résurrection des morts où toutes les lois des sciences connues doivent être suspendus pour faire place à un tel phénomène.

      Misère. Et ils se disent les dignes héritiers du siècle des Lumières. On ne voit pas beaucoup de 100 watts dans le groupe.

      Cyril Dionne
      Col bleu du peuple

    • André Joyal - Inscrit 5 avril 2019 10 h 14

      M. Lebel: Dites- moi si je me trompe; je suis porté à croire que vous avez appuyé une ou plusieurs pétitions qui, en 1977, s’opposaient à la loi 101.

      André Joyal, professeur retraité et actuellement associé de l’UQTR.

    • Nadia Alexan - Abonnée 5 avril 2019 10 h 44

      Alors, les pays comme la Suisse, La France, l'Almagne, la Belgique, les Pay bas et même dans quelques pays arabes qui interdisent le port de signes religieux, dans la fonction publique, sèment la discorde et les préjugés? Au contraire, vouloir la paix et l'harmonie sociale se traduit par l'impartialité et la neutralité de l'État.
      On nous dit qu'il n'y a pas de problème et que la loi ne répond à aucune difficulté. Ce n'est pas vrai. Les intégristes religieux utilisent les signes ostentatoires comme panneaux publicitaires pour faire du prosélytisme silencieux. Les signes religieux sèment la division et la confusion. Je cite ici les propos de Boucar Diouf qui explique bien les résultats nocifs de l'affichage religieux:
      «Imaginez si Richard Henry Bains se retrouvait devant un juge arborant un macaron du Parti québécois. Est-ce que le magistrat réussirait à le convaincre que ce signe n’aurait aucun effet sur sa décision finale ? La même logique s’applique aux signes religieux ostentatoires chez les employés de l’État ayant un pouvoir de coercition. Que penserait, par exemple, un immigrant d’origine palestinienne qui conteste sa condamnation par un juge portant une kippa ? À l’inverse, que penserait un jeune automobiliste portant une kippa qui se fait remettre une contravention discutable par une policière en hijab ?
      Dans les trois exemples précédents, on peut parier que les signes affichés seront, à tort ou à raison, automatiquement associés à un sentiment anticipé d’injustice.»
      Pour la paix sociale et l'impartialité de l'État, il faut arrêter l'affichage religieux prosélyte ambulatoire qui divise au lieu de rassembler. Il faut que l'impartialité de l'État se traduise dans les faits et dans les apparences.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 5 avril 2019 10 h 48

      « Enfermée dans une posture de supériorité morale, la classe dominante a balayé d'un revers de main tout diagnostic du monde d'en bas. En matière d'immigration ou de multiculturalisme, elle s'en est remise à l'expertise d'un monde médiatico-universitaire (le plus souvent) issu du monde d'en haut et (toujours) porté par un profond mépris de classe.»

      Christophe Guilluy, "No Society, la fin de la classe moyenne occidentale" (Flammarion 2018).

    • François Beaulne - Abonné 5 avril 2019 10 h 50

      Je ne signerais jamais cette lettre
      François Beaulne
      Ancien professeur invité à l'UQAM et à l'Université Stanford, Palo Alto, Californie

    • Denis Forcier - Abonné 5 avril 2019 11 h 09

      Monsieur Lebel et les 250 signataires, vous avez raison , mais en partie seulement. En effet, si le Québec peut se définir par sa Charte des droits, celle-ci n'est pas un absolu qu'il faut brandir toujours et aveuglément. Cette charte a 43 ans seulement et notre peuple a au moins ici 400 ans d'histoire. Et il n'a pas vécu toutes ces années sans référence à des valeurs et sans avoir évolué à ce chapitre, en particulier depuis le célèbre Refus global de Paul-Émile Borduas en 1949. Depuis 60 donc, il a oui évolué dans son rapport très fort initialement à la religion catholique vers une distance réelle à l'égard de la religion dans la sphère étatique ce qui s'appelle ici la laïcité que vous et ces 250 profs de droits voulez ignorez sciemment. Quel dommage! Une chance que le peuple peut, cette fois-ci, faire une différence en appuyant le projet de loi 21 sur la laïciité que j'appuierai aussi mais à contre -coeur parce que la laïcité d'interdiction, quoique compréhensible est selon moi qu'une inversion pathologique des interdictions autrefois religieuses. J'aurais préféré qu'on innove en se donnant un modèle de laïcité d'invitation basé sur un code d'éthique comme j'en ai fait hier soir la proposition au Devoir en lui soumettant un texte pour publication samedi, c'est-à-dire demain. Mais on verra ???

    • Gilles Daigle - Inscrit 5 avril 2019 12 h 10

      Ce n'est pas la première trahison commise envers le petit peuple (numériquement parlant) du Québec par ses élites. Ces (z)élites se confondent maintenant avec les zélotes...

    • Pierre Bernier - Abonné 5 avril 2019 12 h 19

      Évidence ?

      « La base d’une société démocratique, ouverte et inclusive est l’égalité de toutes et de tous dans un État de droit. »

      D’où l’importance que les agents de l’État qui incarnent celui-ci et dispensent les services publics auxquels les citoyens ont droit ne soient pas les vecteurs d’un prosélytisme quelconque.

      Les juristes (en robe uniforme) devant les cours le savent et le pratiquent depuis longtemps.
      Serait-ce que ceux de certaines universités domestiques l’ont oublié ?

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 5 avril 2019 14 h 54

      D'accord que toutes et tous sont égaux et égales en droit! Égales? Pas sûr du point de vue des différentes religions! Au contraire, les femmes ne sont pas considérées comme les égales des hommes à qui elles doivent se soumettre, selon les dogmes religieux. Finalement, ces universitaires défendent les groupes religieux les plus conservateurs qui pratiquent la discrimination: contre les femmes, contre les minorités sexuelles et, pour l'hindouisme, qui répartit la société en différentes castes. En outre, affirmer que ce sont entre autres les femmes musulmanes qui sont attaquées est une généralisation un peu hâtive étant donné qu'une majorité de femmes musulmanes ici ne s'affichent pas comme musulmanes. Se prévaloir du titre d'universitaire est un argument d'autorité. Or, par le passé, en Allemagne, par exemple, bien des universitaires ont participé à la Nuit de cristal en novembre 1938, sans compter des intellectuels de premier plan comme Heidegger qui avait sa carte du parti nazi qui a contribué à exclure des profs de l'Universite parce que Juifs. Un.e universitaire peut avoir un point de vue qui transcende de par ses études bien des préjugés, mais elle et il peut aussi, comme l'histoire l'a malheureusement démontré, qu'il.elle peut aussi succomber à des préjugés. Ce titre n'est donc pas une garantie du bien-fondé des propos. Bien d'autre universitaires soutiennent l'exigence de ne pas afficher ses croyances religieuses quand on est en position d'autorité, voire quand on représente l'Etat neutre et laïc. Manifestement, ce texte manifeste certains préjugés à l'égard des personnes qui ne partagent pas le même point de vue.

    • Jacques Patenaude - Abonné 5 avril 2019 19 h 17

      J'aimerais tellement que tout ce beau monde y compris M.Lebel signe un texte pour défendre ceux que la CAQ attaque vraiment: les chauffeurs de taxi. S'il y a une attaque contre les immigrants, elle est bien là. C'est malheureusement souvent leur seul moyen de s'intégrer au Québec particulièrement à Montréal et pendant ce temps là on discute de questions hautement symbolique et dont les répercussions véritable sont strictement de la spéculation idéologique.

    • gaston bergeron - Abonné 5 avril 2019 21 h 33

      Ainsi donc, 250 de ces « Zuniversitaires » contre le sentiment majoritaire du peuple québécois... Très édifiant!

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 6 avril 2019 10 h 28

      « Je signe » (Michel Lebel)

      Libre à vous de signer ce genre de lettre, mais, compte tenu du fait que ladite lettre ne fournit aucune preuve de ce qu’elle avance et que ce pdl 21, déposé et ne présentant ouvertement aucun « signe » en lien avec la discrimination et l’atteinte de droits fondamentaux, est en voie d’adoption éventuelle, je préfère m’abstenir de …

      … signer ! - 5 avril 2019 -

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 6 avril 2019 10 h 31

      « Je signe » (Michel Lebel)

      Libre à vous de signer ce genre de lettre, mais, compte tenu du fait que ladite lettre ne fournit aucune preuve de ce qu’elle avance et que ce pdl 21, déposé et ne présentant ouvertement aucun « signe » en lien avec la discrimination et l’atteinte de droits fondamentaux, est en voie d’adoption éventuelle, je préfère m’abstenir de …

      … signer ! - 6 avril 2019 -

    • Christian Roy - Abonné 6 avril 2019 16 h 07

      "Nous demandons le retrait de ce projet de loi discriminatoire. Compte tenu de l’état des recherches sur le racisme et la discrimination, nous encourageons le gouvernement à développer des politiques publiques inclusives qui luttent contre la discrimination en emploi et qui favorisent la participation publique des minorités, des politiques qui contribuent donc à une plus grande justice sociale." - Le collectif

      Pour notamment la présence de de paragraphe, j'appuie la démarche de ces universitaires qui prennent, comme c'est leur droit le plus strict à ce débat.

      Je ne suis ni professeur ou "col bleu" du peuple... mais cela ne m'empêche pas de donner mon avis. Vive la démocratie !

  • Maxime Prévost - Abonné 5 avril 2019 04 h 38

    Peut-on ajouter sa signature?

    Si oui, j'en suis.

    Maxime Prévost
    Université d'Ottawa

    • André Joyal - Inscrit 5 avril 2019 08 h 49

      MM prévost et Lebel : Vous êtes 252. Et nous,combien sommes-nous, vous pensez, à être prèts à signer une pétition favorable à la loi 21?

    • Cyril Dionne - Abonné 5 avril 2019 09 h 44

      Bon, tous nos multiculturalistes et mondialistes opérant dans les tours d'ivoire et subventionnés par les gens qu’ils traitent de xénophobes et de racistes, veulent signer cette lettre. De toute façon, vous n'êtes plus crédibles, vous qui êtes à l'abri des intempéries socioéconomiques qui frappent monsieur et madame tout le monde.

      Curieux tout de même que vous parlez d’égalité alors que vous faites la promotion d’idéologies politico-religieuses qui sont en plein déni de l’égalité homme-femme et des minorités sexuelles. La première égalité, c’est l’équité qui est totalement absente dans les religions monothéistes. En fait, dans la religion musulmane, c’est la misogynie institutionnalisée qui prime. L’égalité ne peut qu’exister qu’en nivelant les libertés individuelles qui sont à géométrie variable dans les religions patriarcales. Enfin, il n’y a pas d’égalité des droits si un citoyen adhérant à telle ou telle croyance est pour lui une cause de privilège de droits hiérarchisés.

      Les religions et les groupes de conviction peuvent librement participer aux débats de la société civile sans imposer a priori des doctrines ou des comportements dans la sphère publique comme dans les symboles ostentatoires. La religion, les croyances personnelles, demeureront toujours une affaire privée qui se passe entre les deux oreilles d’un individu. La laïcité demeurera toujours le ciment de la démocratie.

      Les attaques contre la laïcité sont des attaques en règle contre la démocratie. Les intégristes veulent définir la société à partir des dogmes et doctrines qui sont contraire au vivre-ensemble d’une société pluraliste. Nous avons fondé une société de droit en dehors de tout système religieux qui ne peut exister sans l’égale dignité des personnes humaines appelées aux mêmes droits et à un respect RÉCIPROQUE, qui est tout simplement impossible avec les signes religieux dans la sphère étatique.

    • Cyril Dionne - Abonné 5 avril 2019 10 h 28

      M. Joyal, nous les 5 560 000 québécois qui supportent le projet de loi 21, nous ne sommes pas importants pour nos grands prêtres de l’autel, ô combien sainte rectitude politico-religieuse. Eux, ils ont été choisis par ceux qui sont misogynes et homophobes pour être les porteurs de la Vérité sublime. Nous ne sommes pas dignes de les recevoir mais en faisant le projet sur la laïcité une loi, nous le serons une fois pour toute.

    • Jonathan Maheu - Inscrit 5 avril 2019 11 h 40

      Hou la 5 560 000, n'inventez pas des chiffres sur des suppositions. Le débat divise beaucoup plus que vous le pensez, je suis désolé, mais si la majorité désire quelque chose, ça ne rends pas la chose essentiel et souhaitable en soi. Il y a très peu de réflexions et rien qui justifie cette loi. Que la majorité le désire c'est louable, mais la majorité des Québécois voudraient payer moins de taxes et avoir plus de services, souhaite réinstaurer la peine de mort, sont contre la possession d'armes en feu. La job d'un gouvernement c'est de régler des problèmes, et regrouper les gens... or ce projet de loi ne règle aucun problème, car sérieusement, croyez-vous que la neutralité d'une personne de confession juive ou musulman avec ou sans signe religieux est totalement différentes? Outre stigmatiser une minorité, l'isoler ou même peut être radicaliser une communauté, c'est tout ce que fait la loi 21. Legault ici, crée un problème qui n'en etait pas un, le polarise, divise les québécois, et échoue dans son rôle de leader. Ironiquement, la majorité des gens pour le projet de loi 21 viennent des régions et n'ont jamais été contact avec des groupe minoritaires religieux et base leur jugements sur des situations hors du québec où on pratique l'islam radicale... Sérieusement c'est comme si je dirais que la religion catholique est une religion de barbares parce que des millions de gens sont morts au moyen-orient pendant les croisades et que pratiquer la religion catholique, et qui si quelqu'un porte une croix au cou, il est d'accord avec la pédophilie ou il est lui-même un pédophile. On accuse personnes de racistes ou misogynes, nous disons seulement que le projet de loi 21 indirectement va seuelment en causer plus. Je suis certains que presque la totalité des gens le supportant et ainsi que le CAQ ne désire pas ce projet dans un but d'être raciste ou le favoriser, mais cerla risque d'être un effet.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 5 avril 2019 11 h 49

      @ M. Provost "La commission Bouchard Taylor a procédé, de septembre à novembre 2007, à des audiences publiques dans 17 villes réparties dans 16 régions du Québec : Gatineau, Rouyn-Noranda, Sept-Îles, Saguenay, Saint-Jérôme et Joliette en septembre, Rimouski, Bonaventure, Saint-Hyacinthe, Longueuil, Trois-Rivières et Québec en octobre, Saint-Georges, Drummondville, Laval, Sherbrooke et Montréal en novembre. Des audiences visant à permettre à différents groupes nationaux de s'exprimer (syndicats, partis politiques, groupes religieux, etc.) ont été tenues à Montréal en décembre 2007". Le projet de loi 21prend origine des recommandations de Bouchard Taylor; la CAQ y a rajouté, avec raison les enseignants.

      D'autre part, vous êtes de l'Université d'Ottawa, Dans votre coin de pays où en est rendue l'Université francophone ontarienne? Il me semble que, là, il y problème dans votre coin de pays.

    • Cyril Dionne - Abonné 5 avril 2019 12 h 59

      Cher M. Maheu,

      On sait tous que les mathématiques ne sont pas le violon d’Ingres des islamo-gauchistes, mais comment appelez-vous 67% de 8 400 000 de Québécois? (5 600 000) Comment appelez-vous 89% des Québécois qui veulent clore le débat sur la laïcité avec une loi qui la consacre sa légitimité? (7 500 00) Comment appelez-vous 80% des Québécois qui disent que la religion doit demeurer à la maison? (6 720 000) Comment appelez-vous 69% des Québécois qui veulent que les enseignants ne portent aucun signe religieux lorsqu’ils sont dans la salle de classe? (5 796 000)

      Oui pour un référendum pour clore à jamais le débat sur la laïcité. Enfin, pour nos 40 watts des tours d’ivoire, en démocratie, une voix est égale à un vote, pas plus même si vous faites partie d’une soi-disant élite. Franchement.

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 avril 2019 15 h 17

      Question de sondages...

      Alors que les médias ont diffusé largement un sondage qui montrait que deux-tiers des Québécois étaient en principe pour les interdictions de la CAQ, d’autres sondages moins médiatisés mais plus rigoureux ont montré que cet appui est pas mal plus faible (40-50%) et l'opposition beaucoup plus forte dès qu'on élimine la confusion entre le burqa et le hijab. 



      Par exemple, Vox Pop Labs rapporte que 59% des Québécois s’opposent aux interdictions de la CAQ et 45% qui s’opposent au “compromis” Bouchard-Taylor.

      Cette opposition est encore plus forte chez les jeunes entre 18-et 25 ans, avec 74% opposés à la formule de la CAQ et 57% opposés à Bouchard-Taylor.


      Source :

      http://voxpoplabs.com/fr/signes-religieux/

    • Cyril Dionne - Abonné 5 avril 2019 18 h 08

      Donc, cher M. Montmarquette, vous ne serez pas opposé à un référendum sur la question et on verra qui a raison. ;-)

      En passant, on attend encore pour vos qualifications éducationnelles et professionnelles puisque, dans votre grande sagesse de soldat du Parti multiculturaliste-socialiste des islamo-gauchistes québécois (« canadians »), mieux connu son le nom intime de Québec solidaire, vous avez traité plus de la moitié des Québécois d'idiots utiles et d'analphabètes. Si on va apostropher et vilipender les citoyens contribuables, il vaut mieux d'être bien préparé.

      Elles sont où vos qualifications éducationnelles et professionnelles? Elles sont où?

    • Cyril Dionne - Abonné 5 avril 2019 18 h 48

      Cher M. Prévost,

      Où étiez-vous lorsque les droits inaliénables des Franco-Ontariens ont été bafoués et piétinés par cet appareil multiculturalisme d'Ottawa? Où étiez-vous depuis plus de 25 ans alors que les francophones de cette province étaient considérés comme des porteurs d'eau dans ce pays qui n'est pas le mien? Où étiez-vous en tant que professeur titulaire de Français de la Faculté des arts de l'Université d'Ottawa? Où étiez-vous?

      Maintenant, on vous voit apparaître pour défendre l’indéfendable, bien oui, des superstitions qui carburent à l’obscurantisme en ce qui concerne les droits des femmes et des minorités sexuelles. On vous voit apparaître pour défendre l’indéfendable, ceux qui voudraient limiter la liberté d’expression parce que ridiculiser et critiquer les cultes aux amis imaginaires dignes d’un enfant de 5 ans est un blasphème. Honte à vous cher monsieur.

      Cyril Dionne
      Franco-Ontarien de 3e génération

    • gaston bergeron - Abonné 5 avril 2019 21 h 37

      M. Prévost, ça brûle déjà chez vous. Tenez, si vous avez le feu, partez donc une pétition pour faire en sorte que les francophones soient respectés en Ontario et oubliez-nous. La dernière mesure de votre premier ministre va tantôt étrangler les écoles secondaires francophones.

    • Christian Montmarquette - Abonné 6 avril 2019 10 h 28

      @Cyril Dionne,

      Personnellement je me méfierais d'un prétendu enseignant qui affirme Québec solidaire veut instituer une théocratie au Québec. J'espère que ce n'est pas le genres de balivernes complètement tordues qu'il enseigne à ses élèves. *

      À savoir si les Québécois sont de grands érudits politiques.. Il ne faut pas être très ferré dans le domaine pour reporter les libéraux durant 15 ans au pouvoir.

      Référence :

      * "Québec solidaire a une perspective historique québécoise bien à elle et c'est pour cela qu'il le fier défenseur du cours ECR et qu'il veut instituer une théocratie bien québécoise." - Cyril Dionne 


    • Cyril Dionne - Abonné 6 avril 2019 15 h 59

      @CHRISTIAN MONTMARQUETTE

      Encore une fois, on attend encore pour vos qualifications éducationnelles et professionnelles puisque, dans votre grande sagesse de soldat du Parti multiculturaliste-socialiste des islamo-gauchistes québécois et « canadians », mieux connu son le nom intime de Québec solidaire, vous avez traité plus de la moitié des Québécois d'idiots utiles et d'analphabètes. Si on va apostropher et vilipender les citoyens contribuables, il vaut mieux d'être bien préparé.

      Elles sont où vos qualifications éducationnelles et professionnelles? Elles sont où?

  • Jean-Marc Cormier - Abonné 5 avril 2019 05 h 19

    Avoir tort en nombre est-ce suffisant?

    Ce n'est certainement pas parce que vous êtes nombreux à avoir tort que vous avez raison.

    Je suis d'avis que c'est même ignoble de crier au racisme à propos de ce projet de loi, alors qu'il y a dans votre démarche une volonté malsaine de garder une plaie ouverte sous prétexte de la soigner.

    Malheureusement, il semble que ce soit perdre sa salive et son temps que de vouloir expliquer ça à des personnes d'aussi mauvaise foi. Vous vous opposez au véritable racisme? Cessez vous-mêmes de le cultiver en alimentant ad vitam aeternam un débat envenimé qui irrite une frange si importante de la population et d'étirer la définition du racisme dans tous les sens jusqu'à ce que le mot lui-même n'en ait plus aucun. Ce faisant, vous êtes de ceux qui mériteraient le plus ce qualificatif à juste titre honni.

    Je ne vous salue pas.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 5 avril 2019 09 h 07

      On a juste à dire que les gens sont de mauvaise foi, quand on veut s'épargner de montrer non qu'ils se trompent, mais en quoi ils feraient erreur.

    • Christiane Gervais - Inscrite 5 avril 2019 09 h 40

      250 personnes tiennent à afficher publiquement être contre la laïcité de l'État, et puis après?

    • Cyril Dionne - Abonné 5 avril 2019 10 h 37

      M. Cormier,

      Les Québécois multiculturalistes, représentés par le PLQ et QS et nos nouilles des tours d’ivoire, ne veulent pas que les Québécois cessent de s'excuser pour exister. Maintenant le vent a tourné et c'est le peuple qui dicte sa volonté à l'appareil gouvernementale via le gouvernement Legault. Ils veulent vivre leur distinction dans une communion sociétale qui ne fait pas fi de la ségrégation homme-femme et des minorités sexuelles par les religions organisées et monothéistes. « C’est comme ça qu’on vit au Québec ».

    • Christian Roy - Abonné 6 avril 2019 16 h 29

      @ M. Dionne,

      Cher monsieur, il est clair que votre point de vue est antireligieux et très coloré. Il est clair que vous faire appel à la popularité pour faire valoir l'adoption le projet de loi 21.

      Mais quand on en est rendu à faire des attaques personnelles, utiliser à répétition des préjugés et des stéréotypes, c'est qu'on est à court d'arguments dans le cadre d'une discussion. Votre façon de faire a peu à envier à celles des intégristes religieux qui vous horripilent tant. Me semble vous avez tout ce qu'il faut pour éviter ces obstacles au dialogue - vous l'avez déjà prouvé.

      À bon entendeur, salut !

    • Cyril Dionne - Abonné 6 avril 2019 23 h 09

      Cher M. Roy,

      Votre collègue de Québec solidaire, M. Montmarquette a traité plus de la moitié des Québécois d'idiots utiles et d'analphabètes cette semaine parce qu’ils ne sont pas d’accord avec les intégristes de son parti. Comme attaque personnelle, il a atteint le point Godwin et pas à peu près. Il est dans la même ligue qu’un certain maire d’Hampstead. Et n’est-ce pas la tactique des intégristes religieux ou bien d’extrême gauche de déshumaniser les gens lorsque ceux-ci ne sont pas d’accord avec eux?

      Alors, il est normal de lui demander ses antécédents éducationnels et professionnels vu que celui-ci s’identifie comme plus intelligent et supérieur à la moyenne comme pour les croyants qui ont un besoin inné de croire dans une cause et pensent que cela les portent sur un piédestal inatteignable pour le commun des mortels. Comme ils disent dans la langue de Doug Ford, « the choosen ones ».

      Et c’est quoi ça, « faire appel à la popularité pour faire valoir l'adoption le projet de loi 21 »? Dans une démocratie, celle qui est du peuple, par le peuple et pour le peuple, c’est justement le peuple qui décide. Nul besoin d’un comité de grands électeurs des tours d'ivoire majoritairement favorable à parti d’extrême gauche. Une voix, un vote. Ceci n’a rien à voir avec la popularité à moins que vous décidiez que le nombre de vote n’est pas important et que les voix, si celles-ci découlent du groupe des déplorables analphabètes identifié par M. Montmarquette cette semaine, ne sont pas importantes. Drôle de démocratie…

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 5 avril 2019 06 h 26

    «Nous sommes particulièrement inquiets des conséquences de ce type de loi sur la banalisation des violences que subissent ces communautés.» (Les auteurs)


    Ce paragraphe délirant résume la teneur du cri d'alarme des signataires…

    « la banalisation des violences que subissent ces communautés»

    La loi 21 va banaliser les violences que subissent ces communautés

    On lit ça, et on a le réflexe de crier : aux fous!

    En tout cas, ils m'ont communiqué un sapré fou rire.

    Moi, ce qui m'inquiète, c'est que les signataires de ce torchon sont des professeurs universitaires… Bonjour la rigueur !

    J'invite fortement cet aréopage à lire la chronique de Christian Rioux, à propos des musulmans islamophobes…

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 5 avril 2019 09 h 10

      Le mépris satisfait que vous affichez bruyamment est déjà caractéristique des violences dont vous niez l'existence. Sans doute parce que dussiez-vous les mettre dehors de leurs universités cul par-dessus tête, ce serait à leur seule bêtise qu'ils le devraient. Vous êtes un doux, ça se sent, juste à la manière dont vous hurlez vos propos en abusant de la ligne titre des commentaires.

    • Raymond Labelle - Abonné 5 avril 2019 10 h 51

      "Le mépris satisfait que vous affichez bruyamment est déjà caractéristique des violences dont vous niez l'existence." RMD

      M. Lacoste ne nie pas l'existence de crimes haineux.

      Il nie que le projet de loi 21 banalise la perpétration de crimes haineux.

      M. Lacoste ne vise pas par son mépris les victimes de crimes haineux comme vous le laissez entendre. Le mépris de M. Lacoste ne vise ici que les auteurs de l'accusation faite aux partisans du projet de loi 21, du simple fait de l'appuyer, de "banaliser la perpétration de crimes haineux".

      Il ne faut pas trop en faire porter au projet de loi 21. Exiger de ne pas porter un signe religieux pour certains fonctionnaires est-il une discrimination pour appartenance religieuse? Si oui, cette discrimination s'appliquant à certains emplois est-elle ou non justifiée par le devoir de ces fonctionnaires de refléter la neutralité religieuse de l'État eu égard à leurs fonctions? Jusqu'où vont ces devoirs? Ne faut-il tenir compte que des droits de ces fonctionnaires sans examiner l'étendue de leurs devoirs et responsabilités, selon leur étendue?

      Peu importe les réponses que l'on donne à ces questions, il est déloyal et non-pertinent dans ce débat de s'éloigner du sujet au point d'imposer aux personnes en faveur de projet de loi de se décharger du fardeau de preuve de l'accusation de "banaliser la perpétration de crimes haineux".

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 5 avril 2019 10 h 51

      @ Richard Maltais Desjardins ... et vice-et-versa!

    • Raymond Labelle - Abonné 5 avril 2019 18 h 30

      Que signifie « banaliser la perpétration de crimes haineux »?

      Ça veut dire non seulement soi-même considérer comme banal un crime haineux, mais encourager les autres à considérer de tels crimes comme banals.

      Le contexte suggère que l’on parle de crimes haineux contre les personnes visées par le projet de loi 21.

      Ainsi, par exemple, si un groupe de nazis enlève un juif qui porte la kippa pour le torturer à mort, toute personne qui appuie le projet de loi 21, du simple fait de cet appui, d’après nos 250 signataires, non seulement considèrent ce crime comme pas grave mais en plus, encouragent à considérer comme banal un tel crime.

      Merci à nos 250 signataires de nous avertir de combien sont méchants les gens qui appuient le projet de loi 21.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 5 avril 2019 20 h 58

      Monsieur Labelle, nulle part les signataires n'accusent les défenseurs de PL21 d'encourager la banalisation de ces violences. Ils nous mettent seulement en garde contre le fait que ceux qui les banalisent déjà y trouveront une justification additionnelle. Je ne sais pas vous, mais moi je vois autour de moi des gens qui sont trop contents d'avoir le sentiment que la CAQ va enfin leur river leur clou, même si ce n'est évidemment pas l'intention du gouvernement. Néanmoins, cela ne les dédouane pas du tout de leur responsabilité quant à ces effets, dont ils ne savent que trop bien qu'iils surviendront aussi sûrement que si on présente une innocente pièce de viande à une meute de chiens affamés. Désolé, mais moi ça ne me fait pas rire. Encore moins l'aplomb avec laquelle monsieur Lacoste raille cette erreur de raisonnement... comme si c'était la raison qui était en défaut chez tout le monde sauf lui.

    • Raymond Labelle - Abonné 5 avril 2019 21 h 49

      "(...) nulle part les signataires n'accusent les défenseurs de PL21 d'encourager la banalisation de ces violences."

      L'accusation découle nécessairement de ce que les auteurs disent.

      «Nous sommes particulièrement inquiets des conséquences de ce type de loi sur la banalisation des violences que subissent ces communautés.»

      Ce type de loi risquerait suffisamment de banaliser les crimes haineux pour s'en inquiéter.

      Par conséquent, si vous favorisez ce types de loi, vous favorisez la banalisation des crimes haineux.

      "(...) dans un climat politique où les crimes haineux visant les communautés musulmanes et juives connaissent une hausse sans pareil au Canada (le Québec, l’Ontario et l’Alberta étant les provinces les plus concernées par cette hausse), il est de la responsabilité du gouvernement de ne pas céder aux préjugés qui visent les communautés religieuses minorisées et racisées, et encore moins de les alimenter."

      Si vous dites publiquement: "Il me semble qu'un enseignant ne devrait pas porter un signe religieux car cela montre une préférence religieuse et que l'étudiant devrait avoir l'impression que l'enseignant, une autorité morale, est religieusement neutre, comme l'école et l'État qu'il représente."

      Eh bien, par le simple fait de dire ça, en favorisant ce type de loi, vous alimentez les préjugés contre les minorités qui sont victimes de crimes haineux et donc, partagez la responsabilité des crimes haineux qu'elle subissent. En fait, c'est pire que de banaliser les crimes haineux - il s'agit ici d'alimenter ce qui les cause.

      Cela découle nécessairement de ce que les auteurs disent.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 6 avril 2019 05 h 54

      En effet, monsieur Labelle, c'est bien ce que les auteurs soutiennent et c'est ce que je crois aussi. PL21 fait peser sur les porteurs de signes une présomption négative telle qu'ils ne peuvent y remédier qu'en obtempérant à une prescription que nous nous accordons de ne pas avoir à la justifier, quel qu'en soit pour eux le coût. Que cela procède du racisme des uns, de la simple peur des autres, de l'opportunisme électoraliste d'un parti ne change rien à la conséquence qui en découle pour eux. Sitôt qu'on ose seulement attirer l'attention sur cela, les laïciens détournent le regard et protestent bruyamment de leur vertu, de leur bon droit, ne se privant pas de proférer le genre d'insultes gratuites dont ces universitaires, madame Pelletier et madame Nicolas sont gratifiés par ici, menaçant même de se désabonner d'un journal qui ose faire sa place (criticable tant qu'on voudra... sur le fond) à ces préoccupations. S'il se trouvait que les auteurs accusent d'attiser les violences, il y aurait sans doute lieu de le leur reprocher, mais l'ambiance actuelle me semble justifier tout à fait l'inquiétude qu'ils expriment.

    • Christian Roy - Abonné 6 avril 2019 17 h 15

      Le projet de loi 21 est fondamentalement malsain. Plutôt que d'éclairer, il obscurcie la scène. J'ai fait le test.

      J'ai posé autour de moi (tous de bons Québécois de souche) la question à savoir ce que vise à régler le projet de loi de la "laïcité".

      Plusieurs m'ont dit que ce projet visait à régler le problème des "costumés" sur la rue ainsi que le port des tchadors !!! Leurs attentes étaient celles de laïcards intolérants à la simple vue d'un signe religieux. Ils ne faisaient pas, comme plusieurs d'entre nous, la distinction entre les employés de l'État et les lieux publics. Tout est fusionné.

      Est-ce pourquoi le PM a-t-il dû en faire rapidement mention dans son allocution de la semaine dernière ? J'ai des petites nouvelles pour lui: c'est pas clair dans la tête des gens que j'ai sondé. Le projet de loi entérine l'intolérance religieuse et banalise la discrimination. Je trouve que c'est une très mauvaise nouvelle.
      Autre question: quand avez-vous été en contact avec une personne arborant des signes religieux ostentatoires ? Peu de personne m'ont dit que ça leur était arrivé !!! Coudon... ce projet de loi répond à quel besoin spécifiquement ? Et à qui ?
      Certains m'ont parlé des images qui tournent en boucle à la TV dès qu'on traite du sujet - vous savez ces images qui semblent venir tout droit d'Arabie saoudite. Mes sondés plongent tête baissée dans l'anecdote.
      Une chose revient continuellement. Les gens sondés ont une vision négative même s'ils ne sont pas concernés personnellement. Ils sont inquiets. Cela s'appelle "effet de contamination" et Dieu sait (s'il existe) comment la peur est un virus qui se reproduit rapidement.
      Tout ça pour dire que ce que j'avais prévu au sujet des capacités de la CAQ de traiter d'un sujet aussi complexe se déploit sous nos yeux grands fermés. Nous traiterons encore plus mal nos minorités que l'empire britannique aura traité nos ancêtres... Doux esprit de revanche ?

  • Jason CARON-MICHAUD - Abonné 5 avril 2019 06 h 28

    Décevant...

    Ce que fait ce groupe c'est condamner de discriminatoire les pays d'Europe qui ont adopté une politique semblable quant à la laïcité. Et ici, au nom de préjugés canadiens comme la «suprématie de dieu», on parle d'accuser la France de faire de la discrimination! Voilà donc des universitaires qui accusent la France d'être discriminatoire depuis 1905?!?

    Pourquoi ne pas condamner la CUDH aussi? Un peu d'ouverture sur le monde s'il vous plaît!

    Puisqu'il semble pertinent de le rappeler, il faut une limite à l'expression de la religion dans l'espace de l'autorité publique: on ne voudrait pas d'une personnalité politique qui dise «Au nom de dieu, ce pays doit partir en guerre contre tel pays», à l'instar de quelque chose d'analogue qui a pu se faire aux États-Unis sous BUSH fils. Il faut donc limiter l'utilisation de la présence des signes religieux dans un certain rayon à l'intérieur de l'autorité publique, tout en considérant une part des jeux de la mémoire associative...

    À l'instar de la France, le Québec va poser sa limite topologique, et il semble vouloir le faire avec nuance dans un souci de préserver une bande de tolérance dans la sphère de l'autorité publique. C'est un grand progrès! Aussi fallait-il s'attendre à ce qu'il y ait des mécontents, c'est normal comme une courbe normale. L'unanimité est rare dans une démocratie.

    Mais qu'un groupe de l'Université du Québec tombent dans le paneau, c'est franchement decevant... Cette discrimination qui vient de ce groupe favorise-t-elle vraiment l'éducation interculturelle? On peut en douter, à court ou à long terme.

    Comme quoi il faut savoir être résistant, même en tant qu'étudiant pouvant subir ce type d'endoctrinement...

    • Jason CARON-MICHAUD - Abonné 5 avril 2019 08 h 37

      Coquille. Lire CEDH: Cour européenne des droits de l'homme.