La CAQ et sa conception immaculée de l’éducation

«François Legault ne s’attaque qu’aux croyants portant des signes distinctifs et visibles. Les autres personnes pratiquant une religion, mais n’arborant aucun signe, occuperont ces postes», remarque l'auteur.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «François Legault ne s’attaque qu’aux croyants portant des signes distinctifs et visibles. Les autres personnes pratiquant une religion, mais n’arborant aucun signe, occuperont ces postes», remarque l'auteur.

François Legault, dans une course effrénée, voire presque aveugle, vers l’accomplissement de ses promesses électorales, se dit prêt à utiliser la clause dérogatoire afin d’imposer son projet de loi sur les signes religieux. Son désir de clore le débat sur la laïcité rapidement laisse cependant place à une rhétorique fallacieuse qui sous-tend son lot d’incohérences.

En effet, au nom des valeurs québécoises, le gouvernement caquiste a présenté un projet de loi qui se veut rassembleur, mais qui obligera certains futurs enseignants à renier les principes moraux ou religieux qui les habitent. Cette loi vient d’un raisonnement disant que le Québec est laïque et que, par conséquent, aucun croyant ou pratiquant ne peut y enseigner étant donné leur position d’autorité.

Or, Legault ne s’attaque qu’aux croyants portant des signes distinctifs et visibles. Les autres personnes pratiquant une religion, mais n’arborant aucun signe, occuperont ces postes. Ainsi, une commission scolaire accepterait un homme musulman en entrevue, mais refuserait sa femme qui, pour le bien de l’exemple, porterait le voile.

Si l’injustice et la contradiction d’une telle situation crèvent les yeux, il n’en demeure pas moins qu’ils n’atteignent pas ceux de notre gouvernement. Ce double standard devient problématique dans la mesure où une hiérarchisation quant aux droits et aux compétences des croyants s’installe dans notre imaginaire collectif : ceux qui portent des signes religieux seraient moins aptes à enseigner, moins valables, que ceux qui en sont dénués.

Pour être juste et cohérent avec cette laïcité intransigeante, et afin d’éviter toute forme d’embrigadement de la jeunesse, il faudrait simplement fermer les postes d’enseignement à tous les croyants. N’avoir que des enseignants laïques, n’est-ce pas cela, l’objectif de ce projet de loi ? Mais comment nous y prendrions-nous pour mettre en place cet épurement du corps enseignant ? En traquant les enseignants croyants dans leurs lieux de culte ? En les soumettant à un questionnaire sur leurs valeurs ? Ou encore en demandant à leurs collègues de les dénoncer ? Ces scénarios absurdes et horribles deviennent cependant envisageables avec les valeurs et les sous-entendus que présente ce projet.

On répondra certainement à ce propos en disant que, contrairement aux vêtements des croyants qui ne s’affichent pas, les signes religieux sont perceptibles et que, même si l’enseignante ne promeut pas sa religion dans le cadre de ses cours, les élèves peuvent être influencés par les valeurs que véhicule le symbole. En apprenant le français ou l’histoire québécoise grâce à une femme voilée, l’élève serait investi, peu à peu, sans trop s’en rendre compte, d’une foi religieuse. C’est du moins ce qui transparaît derrière la logique gouvernementale. Le projet de loi de François Legault suppose donc une conception immaculée de l’éducation, où on bannirait tout ce qui porte la couleur de la croyance.

Cependant, l’école n’est pas une bulle de verre qui cloisonne l’apprenant dans une réalité aseptisée. L’école doit permettre à l’élève de s’outiller intellectuellement et de développer un esprit critique en regard de son monde. Même si on associe souvent le dogmatisme à la religion, il faut faire confiance en notre système d’éducation, en ses professionnels, mais aussi en nos élèves, qui sont capables de distinguer les croyances personnelles de leur enseignante et les leurs, qui viendront au fur et à mesure de leur formation et de leur développement.

Dans un univers de plus en plus intolérant, où on vandalise les mosquées et fusille leurs occupants, ne pas côtoyer la différence et ne pas apprendre d’elle est un piège dans lequel on ne peut se permettre de tomber. Empêcher les femmes voilées ou toute autre minorité religieuse d’enseigner est un symbole, aujourd’hui, qu’on ne peut pas envoyer à notre jeunesse ni au reste du monde. Être en relation avec des gens de partout et aux croyances multiples ne peut qu’initier les élèves à la compréhension de cette réalité plurielle qui fait la richesse de notre Québec. Ce projet de loi attaque sans contredit les valeurs d’égalité et de liberté qui ont forgé notre peuple.

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45 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 29 mars 2019 05 h 17

    Les signes religieux ostentatoires nuisent à la neutralité de l'État.

    Au contraire, monsieur Joseph Leblanc-Rochette, seule la laïcité de l'État peut garantir la liberté de conscience de tous les citoyens. Je vous rappelle la décision unanime de la Cour Suprème du Canada qui a ordonné le maire de Saguenay, Jean Tremblay, de ne plus réciter de prière avant la séance publique du conseil municipal. Les juges du plus haut tribunal au pays estiment que le règlement municipal concernant la prière contrevient à l'obligation de neutralité religieuse de l'État.
    Les signes ostentatoires ne sont pas anodine puise qu'ils font de la publicité silencieuse pour l'intégrisme religieux.

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 mars 2019 10 h 30

      @ Nadia Alexan,

      "La Cour Suprême du Canada qui a ordonné le maire de Saguenay, Jean Tremblay, de ne plus réciter de prière avant la séance publique du conseil municipal." - Nadia Alexan

      Mme Alexan confond la laïcité de l'État avec la laïcité des individus.

      D'ailleurs, elle le dit elle-même: "Les juges du plus haut tribunal au pays estiment que le règlement municipal concernant la prière contrevient à l'obligation de neutralité religieuse de l'État."

      Le jugement en question concerne donc un "RÈGLEMENT MUNICIPAL" un "mode de fonctionnement", une règle de l'institution, et non le droit personnel à la prière, que chacun peut d'ailleurs exercer ou non durant le moment de silence précédant les Conseils, ou même le droit individuel des élus.es à porter un signe religieux durant ces assemblées.

      Christian Montmarquette

    • Jean-Yves Arès - Abonné 29 mars 2019 10 h 40

      Très bonne exemple que de cité la décision unanime de cour Suprême !

    • Cyril Dionne - Abonné 29 mars 2019 12 h 37

      Cher M. Montmarquette,

      Les institutions sont le collectif des membres qui composent la dite organisation. Si certains membres d'une institution arborent un symbole ostentatoire visuellement tonitruant de leur superstition, c'est que l'organisme en question n'est plus neutre. Et la grande majorité des Québécois sont laïques et prônent l’égalité pour tous. Et la religion n’a pas plus d’affaire à l’école que l’État dans la chambre à coucher des gens.

      La loi 21 sur la laïcité établit justement un mur jeffersonien entre les religions et l’État. On passe maintenant à un autre appel.

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 mars 2019 14 h 28

      @Cyril Dionne,

      "La grande majorité des Québécois sont laïques et prônent l’égalité pour tous." - Cyril Dionne

      La majorité (53%) des Québécois sont des analphabètes fonctionnels incapables de comprendre un texte simple avec un minimum de mots. De ce nombre, 20% ne savent ni lire ni écrire. Et vous allez nous faire croire qu'ils sont en mesure de prendre une décision juste et éclairée sur un droit fondamental et constitutionnel avec toutes ses implications sociales, politiques et juridiques?

      Aussi bien faire un référendum et revenir à la peine de mort, une loi anti-avortement et la re-criminalisation de l'homosexualité . Je suis persuadé avec un gouvernement de la droite conservatrice soutenu par les médias poubelles, le lavage de cerveaux quotidien de Mario Dumont et Québecor, on pourrait y arriver.

      Christian Montmarquette

    • Cyril Dionne - Abonné 29 mars 2019 15 h 48

      Cher M. Montmarquette,

      Bravo! Après avoir traité les Québécois de xénophobes et de racistes, maintenant plus de la moitié sont des « analphabètes fonctionnels incapables de comprendre un texte simple avec un minimum de mots ». Évidemment, selon QS et vous-même, ils sont incapables « de prendre une décision juste et éclairée sur un droit fondamental et constitutionnel avec toutes ses implications sociales, politiques et juridiques ». On imagine qu’il faut être condescendant pour faire partie de QS et où seulement quelques membres du politburo non élus peuvent prendre des décisions. Alors, pour votre parti national-socialiste des islamo-gauchistes québécois, on passe tout simplement. De toute façon selon vous, les Québécois sont xénophobes, racistes et analphabètes fonctionnels puisqu’ils vont à l’encontre d’idéologies politico-religieuses qui sont en plein déni de l’égalité homme-femme et des minorités sexuelles en plus de la liberté d’expression parce qu’elle critique leurs dogmes et doctrines.

      Encore une fois, M. Montmarquette, bravo. C'est éclairant comme réponse. ;-)

    • Jean-Charles Morin - Abonné 29 mars 2019 16 h 04

      "Et vous allez nous faire croire qu'ils (la majorité des Québécois) sont en mesure de prendre une décision juste et éclairée sur un droit fondamental et constitutionnel avec toutes ses implications sociales, politiques et juridiques?" - Christian Montmarquette

      À ce compte-là, autant ne plus faire d'élections et de campagnes électorales: les enjeux, la société, l'économie, l'environnement, les gens n'y comprennent rien de toute façon. N'est-ce pas?

      Droite conservatrice... médias poubelles... Québécor... Mario Dumont... on fait ici dans l'amalgame grossier pas rien qu'à peu près! Il ne manque que le PQ et Vigile pour faire complet.

      On voit bien dans quelle grande estime QS, ce parti "ouvert et progressiste", tient le "bon peuple". J'imagine sans peine que pour lui le seul lavage de cerveau qui vaille est celui qu'il planifie d'administrer à tout un chacun une fois au pouvoir. Tous ont droit de connaître la Vérité, après tout...

      Un grand merci à CM pour nous avoir enfin dévoilé le fond de sa pensée. Cela fait réfléchir pour la suite des choses...

      (Non, mais sérieusement j’aime bien lire ce que CM a à dire et parfois ce qu’il écrit est loin d’être bête, quand il parvient à résister à la tentation de lâcher les chiens.)

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 mars 2019 16 h 20

      @ Cyril Dionne,

      "Les institutions sont le collectif des membres qui composent la dite organisation. Si certains membres d'une institution arborent un symbole ostentatoire visuellement tonitruant de leur superstition, c'est que l'organisme en question n'est plus neutre." - Cyril Dionne,

      1 ) C'est justement cette neutralité de l'organisation face aux religions qui lui permet d'accueillir des membres de toutes confessions ou d'athéisme sans discrimination.

      2 ) QS est communiste.. QS est un groupuscule.. QS est fédéraliste.. QS appuie le NPD..

      Vous en affichez vous-même un bon paquet de superstitions tonitruantes que vous colportez tous les jours publiquement et personne ne vous a expulsé du Devoir pour autant.

    • Jean-François Trottier - Abonné 29 mars 2019 16 h 49

      C'est bien M. Montmarquette ça, dire que la majorité des québécois sont analphabètes comme argument dans un débat.

      "65% des Québécois appuyaient l'élément économique le plus important de son programme, soit, son budget, qui proposait une augmentation de 12 milliards des revenus du Québec. "
      Christian Montmarquette, https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/550070/le-parti-pour-l-unite-existe-deja , 18 mars 2019

      Et ce, sur un budget, la parite la plus comlexe d'un prigramme en général. ioupi!

      Vous vous mêlez les pinceaux dans vos mensonges une fois de plus, M. Montmarquette.

      Prétendre que des gens qui ne savent pas lire sont incapables d'avoir une opinion décrit à merveille la position hautement démocratique de QS.
      Aussi bien leur retirer le vote. Les amener en rééducation. Leur faire subir la peine de mort. Re-criminaliser l'analphabétisme.
      Remarquez ce sont vos paroles ici-même.
      Si vous êtes capable de traiter les autres de fascistes, y a de fortes chances que vous projetiez vios propres idées politiques.

      Parce que votre condescendance, ben, elle est fasciste. Vous me soulevez le coeur avec votre extrémisme depuis longtemps.

    • Cyril Dionne - Abonné 29 mars 2019 17 h 00

      En passant Mme Alexan, pour appuyer votre commentaire, selon un sondage Léger qui a été réalisé du 22 au 26 mars, 74% des francophones appuient la loi 21 sur la laïcité contre 43% pour ceux d’une autre langue. 55% des Québécois sont contre la clause grand-père. 67% sont d’accord et croient qu’il faut étendre cette interdiction aux éducatrices en garderie. 90% sont unanimes à recevoir des services publics à visage découvert. 69% sont d’accord avec le gouvernement Legault pour l’interdiction de signes ostentatoires pour les enseignants. 60% sont d’accord avec l’utilisation de la clause nonobstant.

      Ça suffit cette tyrannie des minorités. On passe à un autre appel.

    • Cyril Dionne - Abonné 29 mars 2019 17 h 44

      Voici le lien du sondage Mme Alexan:

      https://www.tvanouvelles.ca/2019/03/29/les-quebecois-derriere-legault-1

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 mars 2019 10 h 26

      @ Cyril Dionne,

      1 ) QS n'a jamais traité les Québécois de racistes et de xénophobes. Il a traité les racistes et les xénophobes de racistes et xénophobes, et dieu sait qu'il y en a, c'est truffé sur le Web, encouragés par les partis de la droite nationaliste du PQ et de la CAQ.

      2 ) Et question d'analphabètes fonctionnels, je ne l'invente pas. C'est une donnée objective statistique et scientifique qui fait des esprits manipulables et influençables alimentés par la démagogie des partis et des médias rétrogrades qui lavent le cerveaux des citoyens avec une peur de l'islamisation du Québec, comme Donald Trump le fait avec la peur de l'envahissement des Mexicains.

      Et c'est d'ailleurs pourquoi QS propose la gratuité scolaire du CPE à l'université, afin de sortir le Québec de l'obscurantisme idéologique de la droite identitaire qui ont instrumentalisé la xénophobie à des fins électorales.

      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 mars 2019 10 h 37

      @ Cyril Dionne,

      1 ) QS n'a jamais traité les Québécois de racistes et de xénophobes. Il a traité les racistes et les xénophobes de racistes et xénophobes, et dieu sait qu'il y en a, c'est truffé sur le Web, encouragés par les partis de la droite nationaliste du PQ et de la CAQ.

      2 ) Et question d'analphabètes fonctionnels, je ne l'invente pas. C'est une donnée objective statistique et scientifique qui fait des esprits manipulables et influençables alimentés par la démagogie des partis et des médias rétrogrades qui lavent le cerveaux des citoyens avec une peur de l'islamisation du Québec, comme Donald Trump le fait avec la peur de l'envahissement des Mexicains.

      Et c'est d'ailleurs pourquoi QS propose la gratuité scolaire du CPE à l'université, afin de sortir le Québec de l'obscurantisme idéologique de la droite identitaire qui ont instrumentalisé la xénophobie à des fins électorales.

      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 mars 2019 10 h 50

      "Aussi bien leur retirer le vote." - Jean-François Trottier

      Non, il faut soutenir la gratuité scolaire du CPE à l'université, les stages rémunérés et un revenu minimum décent et garanti comme le propose QS, et ce, refusés autant par les libéraux que la CAQ et le PQ, et faire en sorte que les citoyens soient instruits et prémunis contre la désinformation et le lavage de cerveaux des "opinioneux de Québecor et l'instrumentalisation de la xénophobie à des fins électorales des partis nationalistes de droite.

      Christian Montmarquette

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 30 mars 2019 18 h 54

      @Christian Montmarquette: Je suis tellement estomaquée de votre remarque sur les analphabètes que je n'ai qu'une envie, vous répondre de manière cynique. Serait-ce dans ces 53% que vous allez chercher vos électrices et électeurs de QS? Avec un tel mépris, laissant penser qu'une personne ne sachant pas écrire ne peut pas penser et comprendre un certain nombre de questions politiques, vous vous êtes discrédité pour un bon bout de temps. Pourrions-nous aussi, de manière cynique, placer dans ces 53% les personnes qui croient à une divinité et une vie après la mort et que pour mériter la félicitée éternelle il faut faire ceci ou cela: porter tel vêtement, réciter telle prière, tuer des mécréants, ne pas toucher à des interrupteurs ou appareils électriques ou voiture tel ou tel jour, ne pas manger tel ou tel aliment, etc. Votre arugment, on peut le retourner pour n'importe quelle question. Cela ne nous empêche pas de penser qu'il est important qu'une éducation à la citoyennté est indispensable.

    • Jean-François Trottier - Abonné 30 mars 2019 21 h 44

      "Aussi bien faire un référendum et revenir à la peine de mort, une loi anti-avortement et la re-criminalisation de l'homosexualité "
      - Montmarquette

      Quand on est assez démagogue pour sortir des accusations pareilles, alors on accuse directement les gens de mauvaise foi criminelle.
      Qui peut sortir des conneries pareilles sauf des tête brûlées, prêts à n'importe quoi pour gagner?

      N'importe quoi. Extrémisme dangereux.

  • Jean-Marc Cormier - Abonné 29 mars 2019 05 h 43

    Quoi?

    "Cette loi vient d’un raisonnement disant que le Québec est laïque et que, par conséquent, aucun croyant ou pratiquant ne peut y enseigner étant donné leur position d’autorité."
    Monsieur Joseph Leblanc-Rochette, mais d'où donc sortez-vous ça? Vous êtes allé à la pêche sous la glace?
    Malheureusement, cette assertion invalide tout le reste de votre texte.
    C'est désolant. Je suis surpis qu'on ait publié votre texte dans la rubrique Idées..

    • Cyril Dionne - Abonné 29 mars 2019 11 h 29

      Moi aussi je suis surpris de voir un tel texte M. Cormier.

      Les futurs enseignants seront obligés de renier leurs principes moraux ou religieux qui les habitent parce qu’ils ne portent pas leurs symboles ostentatoires visuellement tonitruants lorsqu’ils interagissent avec des enfants dans une salle de classe d’une école publique? Il y en a qui sont mêlés et pas à peu près. On a toujours pensé que la foi et la spiritualité était une affaire personnelle et que le tout se passait entre les deux oreilles d’une personne.

      Dire des sornettes comme « une commission scolaire accepterait un homme musulman en entrevue, mais refuserait sa femme qui, pour le bien de l’exemple, porterait le voile » exemplifie justement la dissonance morale de l’égalité pour tous. Pourquoi une femme doit identifier visuellement son appartenance à un mythe moyenâgeux alors que l’homme n’a nul besoin de la faire?

      Si vous devez vous attriquer avec des signes religieux pour être apte à enseigner selon votre foi, c’est que votre besoin inné de croire en des superstitions outrepasse les droits des enfants qui vous sont confiés par les parents et la société. Enseigner est un privilège et non pas un droit parce que vous vous mettez au service des autres et non le contraire pour satisfaire vos besoins religieux de prosélytisme.

      Oui, l’école doit permettre à l’élève de s’outiller intellectuellement et de développer un esprit critique en regard de son monde. C’est pour cela que les religions ne sont pas les bienvenus dans un socle où l’apprenant est en train de se développer émotionnellement, socialement et cognitivement pour comprendre le monde qui l’entoure. Ils ne sont pas encore capables de distinguer les croyances personnelles de leur enseignant.e et les leurs, qui viendront au fur et à mesure de leur formation et de leur développement. Un enfant de 6 ans subjugué à des symboles ostentatoires visuellement tonitruants dans la salle de classe les acceptera comme étant véridiques.

    • André Joyal - Inscrit 29 mars 2019 11 h 32

      Je suis bien d'acord avec vous M. Arès quand vous écrivez : «Je suis surpris qu'on ait publié votre texte dans la rubrique Idées.». Je n'ai pas tardé à m'interroger sur la raiosn qui a incité la direction à publier ce texte impertinent. Je ne sais si le modérateur aura laissé passage mon message. Peut-être à voir plus bas.

  • Hélène Lecours - Abonnée 29 mars 2019 06 h 59

    Quel drame!

    Comme si demander aux enseignants de ne pas porter de signes religieux distinctifs À L'ÉCOLE, c'était de les empêcher d'exprimer leurs valeurs et les obliger à "renier leurs principes moraux". Mon Dieu (ah, ah), comment peut-on écrire des choses pareilles?? Et comme si cette Loi voulait empêcher tout signe religieux, partout et toujours, comme en Russie au temps du communisme pur et dur. Y en a qui ont bien de la misère à nuancer, ma foi (ah, ah, encore). Moi, ce qui m'inquiète, c'est l'incapacité de certains-certaines à mettre de côté le "signe" extérieur sans pouvoir expliquer clairement et publiquement ce que le signe signifie. La schizophrénie spirituelle est trop répandue pour qu'on ne s'en inquiète pas et pour qu'on ne tente pas de s'en protéger (et surtout d'en protéger les enfants). Cela a fait trop de ravages, dans toutes les religons ce qui justifie amplement que l'on veuille prendre de la distance avec toute forme de prédication...surtout dans les écoles. Si on veut des croyances et de la prédication, rien de plus facile et il n'y a pas de loi contre ça.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 29 mars 2019 08 h 09

    Un projet de loi nécessaire , mais incohérent

    Ce projet de loi est une invitation à la discrétion quant aux croyances religieuses parce que nous sommes sensés vivre dans un état laïque.
    Cependant, il m'apparaît incohérent. Mais pas pour les mêmes raisons que vous.
    Il n'inclue pas les écoles privées, largement subventionnées par l'État, ni les garderies en milieu scolaire, ni les CPE à tarif réduit, ni les garderies privées plquistes.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 29 mars 2019 10 h 50

      Une bonne part des écoles privées sont spécifiquement religieuse, ce qui ne les empêche pas d'offrir une instruction qui répond aux normes du ministère (encore plus avec les derniers changements).

      A la distinction de la neutralité des écoles publiques le message religieux de ces écoles est bel et bien choisit par les parents. Il n"y a pas de raison de ne pas respecter ce choix. Et encore moins de les privé du finacement public dans la mesure ou elles respectent les attentes du ministère de l'éducation.

  • Jean-François Trottier - Abonné 29 mars 2019 08 h 17

    L'art du dénigrement

    "En apprenant [...] grâce à une femme voilée, l’élève serait investi [...] sans trop s’en rendre compte, d’une foi religieuse".

    M Leblanc-Rochette,

    Réduire la pensée des autres donne une bonne idée de la petitesse de la vôtre.

    Ce n'est pas une question d'être insidieuse (Ainsi dieu?) mais bien de poser le port du voile comme un absolu immuable dont il est même interdit de parler au risque de passer pour intransigeant dans une réalité pourtant dichotomique : religieux, pas religieux.
    Séparer le monde en deux est religieux en soi.
    C'est le "syndrome Trump" : on peut être pour (??) ou contre mais pas ne pas réagir. Il est là, il prend toute la place, et disons-le, il est fatikant en ta.
    Passons sur le narcissisme aigu du personnage.

    Depuis la base, à travers toute leur structure et dans la réalité quotidienne, tous les monothéismes sont totalitaires et intolérantes.
    Certaines personnes n'appliquent pas les lois religieuses à la lettre, mais celles-ci sont claires. Elles transcendent l'individu et rendent son rapport à DIeu supérieur à tout y compris lui-même.

    Les signes religieux dépassent la personne... sinon ils ne sont qu'une mode.
    Ils représentent un totalitarisme.
    Les grands airs scandalisés, les oh! et le ha! n'y changeront rien.

    Il n'y a aucune adéquation entre religion et foi. Il existe des non-croyants et des croyants partout, religion ou pas.

    Jamais un enseignant ne se promènerait avec un drapeau d'une puissance étrangère, fusse-t-elle démocratique.
    Dans les faits, tout monothéisme est une puissance étrangère aux lois d'un pays.
    En général ses directives vont dans le sens du respect des lois locales. En général.

    Question bête : faites-vous lire du Céline à vos étudiants ?
    Ne me dites pas que vous craignez qu'ils soient influencés!
    Ou bien la distanciation n'est pas à votre programme?
    Ou vous avez peur d'y perdre votre image de tolérance ?

    Enfermer les autres à un seul choix, vous aimez ?