Le parti bouc émissaire des indépendantistes

«À l’heure actuelle, si le PQ venait à disparaître, il n’y aurait pas plus de conjoncture favorable à l’union de tous les souverainistes», estime l'auteur.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne «À l’heure actuelle, si le PQ venait à disparaître, il n’y aurait pas plus de conjoncture favorable à l’union de tous les souverainistes», estime l'auteur.

Dans La violence et le sacré, René Girard nous explique que la communauté « accablée par quelque désastre auquel elle est incapable de remédier se jette volontiers dans une chasse aveugle au bouc émissaire ». Il renchérit en affirmant : « Les hommes veulent se convaincre que leurs maux relèvent d’un responsable unique dont il sera facile de se débarrasser. » Voilà peut-être la logique qui dirige l’action et la pensée d’une partie de la communauté indépendantiste aujourd’hui. Si on ne trouve pas de solution à l’affaiblissement du mouvement indépendantiste, on trouve cependant un responsable. Après la défaite de 1995, le bouc émissaire tout désigné, c’est le PQ.

Le bouc émissaire est généralement celui sur qui on transfère toutes les responsabilités, celui qui est coupable même de ce qui ne relève pas de lui. Les OUI Québec proposent une feuille de route commune sur l’indépendance, elle est rejetée par QS, la faute en revient au PQ. Si la logique du bouc émissaire est respectée par l’attitude de QS, ce parti a cependant fait apparaître au grand jour le véritable problème du mouvement. Il s’explique par l’attitude des idéologues, qui constituent une part non négligeable de la communauté indépendantiste. L’idéologue est celui qui vit dans un monde d’idées sans jamais vouloir confronter celles-ci à la réalité. S’il est constamment dans la vertu affirmant vouloir fédérer, coaliser et unir, ces voeux pieux tiennent dans la mesure où ses idées ne sont jamais remises en question.

En effet, les idéologues ont cette fâcheuse tendance à concevoir le compromis comme une compromission, de sorte que l’indépendance devient possible pour autant qu’elle soit de gauche écologiste et ouverte à la diversité. Pour d’autres, elle est conditionnée à la laïcité de l’État et à la création de richesse. Pour cette absence de consensus sur la voie à suivre pour réaliser l’indépendance, il faut trouver un fautif et celui qui cherche le compromis devient tout désigné puisqu’on n’y parvient jamais. Le bouc émissaire a ceci de réconfortant pour l’idéologue qu’il lui permet de se dégager de ses responsabilités; si ses actions se soldent par l’effritement du mouvement, il pourra toujours dire que ce n’est pas de sa faute.

Sûr de lui-même, l’idéologue ne doute jamais, il détient la voie à suivre, les autres n’ont qu’à se soumettre ou disparaître. En ce sens, l’idéologue manque cruellement d’humilité puisqu’il se voit, sans l’admettre, comme un sauveur. De la sorte, il peut affirmer sans sourciller qu’il faut unir le mouvement tout en contribuant à le diviser par des gestes de rupture. Ici, l’idéologue se transforme en opportuniste en répétant haut et fort que le mouvement doit cesser de compter sur un sauveur; il ne voit pas qu’il se considère lui-même comme ce sauveur.

Utilisant une situation de crise comme une occasion de reconnaissance, l’idéologue opportuniste désire être à l’avant-garde, il désire être celui ou celle par qui passera la refondation du mouvement. La recherche de compromis et le travail interne qui se fait dans l’anonymat ne sont pas suffisants, il faut être au-devant de la tribune médiatique et, pour y être, quoi de mieux que d’utiliser le bouc émissaire comme marchepied. L’idéologue se permet pour l’occasion de parler au nom d’une génération, il est même prêt, pour servir son propos, à effacer le rôle historique du bouc émissaire le dépeignant comme un perdant duquel on doit se défaire.

Cependant, sur la question décisive de savoir comment nous devons nous y prendre pour unir les indépendantistes, l’idéologue reste trop souvent muet. À ses yeux, la recherche d’un compromis impliquant le bouc émissaire est inacceptable parce qu’elle rejette la faute de la faiblesse du mouvement sur l’ensemble de ceux qui le constituent. Ainsi, la reconstruction du mouvement passe inévitablement par le sacrifice du bouc émissaire. Mais, soyons honnêtes, à l’heure actuelle, si le PQ venait à disparaître, il n’y aurait pas plus de conjoncture favorable à l’union de tous les souverainistes. Les divisions que nous apercevons aujourd’hui vont réapparaître avec, comme distinction, que le PQ ne serait plus le point de chute des récriminations des uns et des autres.

Si nous ne tirons pas les leçons de ce qui a affaibli le mouvement indépendantiste et si chacun n’accepte pas sa part de responsabilité, les actions mises en place se solderont par la simple construction d’un nouveau bouc émissaire.

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40 commentaires
  • Yolande Chagnon - Inscrite 25 mars 2019 02 h 25

    TOUTES CES OCCASIONS RATÉES -1 de 4-

    Les élections de 1970 sont des élections référendaires: si le PQ obtient une majorité de sièges, il enclenche la processus de la souveraineté.

    L'élection est perdue, mais le programme de l'élection référendaire demeure...sur papier.

    Claude Morin, qualifié de père de l'étapisme (on apprendra plus tard qu'il était à la solde de la GRC) fait approuver par les ténors du parti, mais pas par la base, que l'élection de 1973 doit être une élection ordinaire (changer de gouvernement provincial) qui sera suivie d'un référendum sur l'avenir du Québec.

    La pensée étapiste de Morin amène après l'élection de 1973 le changement du programme du PQ.

    15 novembre 1976: le Parti Québécois prend le pouvoir, mais avec le mandat de tout faire ce qu'un gouvernement provincial peut faire dans le cadre fédéral cadadien.

    L'indépendance, ce sera pour plus tard dans le mandat, lorsque des règles référendaires de parfaite équité entre le OUI et le NON auront été établies; tellement d'équité entre les deux camps qu'avec l'avec l'appui total du fédéral, le NON roule en Formule 1.

    On oublie généralement de dire que le 15 novembre 1976, le PLQ est décapité, Robert Bourassa étant défait dans sa propre circonscription de Mercier.

    C'était le temps, au printemps 1977 de le tenir ce référendum: les troupes souverainistes étaient gonflées à bloc, le PLQ était en lambeaux et Pierre Trudeau était en fin de règne.

    Mais non, on a donné quatre ans aux fédéralistes pour se relever, choisir un nouveau chef, laisser tiédir la ferveur nationalistes et on a essayé en vain de rallumer les fourneaux pour le 20 mai 1980.

    Le PLQ avait été au tapis pour le compte de 8 et le PQ a enlevé ses gants.

    Quatre années de perdues.

    On se rappellera cependant que le programme du PQ de 1976 contenait la promesse d'établir un mécanisme permettant la tenue d'un référendum d'initiative populaire: cette promesse ne fut jamais réalisée. On connaît la funestre conséquence qui s'ensuivit après l'échec de Me

    • Claude Bariteau - Abonné 25 mars 2019 07 h 48

      La pensée étapiste, introduite par M. Morin, s'inscrit au PQ sur un compromis entre l'aile parlementaire, les promoteurs de l'indépendance et le désir du pouvoir. Dire qu'il fallait procéder en 1977 parce que le contexte était favorable, ce qui était le cas, aurait nécessité que la résolution de 1973 à l'effet de tenir un référendum en fin fin de mandat précise que le référendum pourrait être tenu après l'inscription des règles référendaires dans la loi sur les élections. Tout ce qu'on peut dire alors, c'est que le PQ s'est peinturé dans le coin en 1973 en contraignant ses options politiques, y compris en écartant un référendum d'initiative populaire qui aurait permis une fenêtre politique.

    • André Joyal - Abonné 25 mars 2019 10 h 23

      C’est en me regardant dans les yeux, en 1974, que Pierre Bourgault m’a dit que Claude Morin n’apportait rien de bon pour le PQ.
      Maintenant, aurait-on mieux fait de tenir le référendum en 1977? Je n’en suis pas certain, car tout ce dont je me souviens ce sont les pressions du ROC « For a referendum now! »

  • Yolande Chagnon - Inscrite 25 mars 2019 02 h 25

    TOUTES CES OCCASIONS RATÉES -2 de 4-

    1981: Le Parti Québécois se fait réélire avec la promesse formelle de ne pas tenter de réliser son option; l'indépendance au vestiaire ou aux calendes grecques.

    C'était le mandat de trop.

    Imaginons le PLQ et son chef Claude Ryan au pouvoir: ils auraient eu la crise économique sur le dos en plus de la crise constitutionnelle qui suivit le rapatriement unilatéral de la constitution canadienne qui diminuait, sans son consentement, les pouvoirs du parlement du Québec.

    Le PLQ n'aurait pas survécu politiquement à ces épreuves lors de l'élection 1985; Ryan aurait dû quitter à la sauvette et Robert Bourassa n'aurait pas eu le temps de refaire surface.

    Imaginons un PLQ démoli se présentant devant les électeurs en 1985 ou avant avec Pierre Paradis comme chef !

    Au lieu de cela, on a assisté au spectacle désolant d'un PQ retournant les armes contre ses propres troupes, contre celles et ceux qui depuis 1968 étaient le fer de lance du parti.

    Les «lois scélérates» péquistes de 1982 ont fait plus de tort au PQ que tous ses adversaires réunis ne pouvaient le faire.

    René Lévesque dut assister impuissant au rapatriement de la constitution et se résoudre à appuyer le «beau risque» de Brian Mulroney, faisant éclater son parti sur cette question.

    René Lévesque ne put terminer ce mandat de trop; démissionnaire, il fut remplacé par Pierre-Marc Johnson qui substitua «l'affirmation nationale» à la souveraineté; du caquisme avant l'heure.

    C'est Pierre-Marc Johnson qui créa ce que Jacques Parizeau appela plus tard «un champ de ruines».

    Jacques Parizeau devenu chef, il réalisa l'état de désorganisation du parti qu'il réussit cependant à remettre à flot pour l'élection de 1989 qui vit les libéraux reportés au pouvoir.

    Un an plus tard, c'est l'échec de Meech et une poussée nationaliste sans précédent dans presque tout le Québec.

    Un référendum sur l'indépendance nationale aurait fait plus de 70% de OUI selon les propres dires de Robert Bourassa.

    -À suivre-

    • Claude Bariteau - Abonné 25 mars 2019 07 h 55

      L'erreur, en 1981, fut de vouloir reprendre le pouvoir en extrayant le recours à un référendum, car, du coup, le PQ acceptait de demeurer provincialiste quoi qu'il advienne, ce qui lui enlevait des options politiques. M. Lévesque, avec le « Beau risque » a choisi celle découlant du mandat recherche, ce qui provoqua des scissions importantes après avoir cherché, en provincialiste, de corriger les effets d'une crise économique majeure.

  • Yolande Chagnon - Inscrite 25 mars 2019 02 h 24

    TOUTES CES OCCASIONS RATÉES - 3 de 4 -

    Mais en ne réalisant pas sa promesse de 1976, celle de créer le référendum d'initiative populaire, le PQ fit perdre au Québec souverainiste pas moins de cinq années, entrecoupées d'une élection fédérale et d'une élection provinciale.

    L'élan de tout un peuple était brisé.

    On peut imaginer le résultat qu'aurait donné un référendum tenu à l'automne de 1990 après qu'ern quelques jours, les signatures requises pour la tenue d'un référendum d'initiative populaire eurent été obtenues et validées; les gens se seraient précipités pour signer les registres.

    C'eut été un mouvement d'une telle ampleur qu'aucun politicien sérieux n'aurait même songé à diriger l'option du NON.

    Le 30 octobre 1995, c'était trop tard, légèrement trop tard.

    Bien sûr, il y avait Jacques Parizeau, l'économiste rassurant qui avait tout prévu, Lucien Bouchard, le tribun de haut calibre qui soulevait les masses et Mario Dumont qui apportait non seulement la fraîcheur de la jeunesse, mais aussi une bonne partie des libéraux nationalistes.

    Mais les fédéraux avaient eu le temps de se remettre sur pied, même si Jean Chrétien s'était fait lessiver au Québec aux élections de 1993.

    Il contrôlait l'appareil fédéral qui échappait à tout droit de regard du Québec.

    Jacques Parizeau, devant l'ingérence inqualifiable du fédéral dans la campagne référendaire qui a mis tout le poids qu'un état fédéral peut mettre en faveur d'une option, aurait eu beau jeu au soir du 20 octobre 1995 de dire:

    «Nous prenons acte des résultats et nous constatons bien sûr que le pouvoir fédéral n'a respecté aucune règle pendant la campagne référendaire. Dans les circonstances, nous considérons que le résultat de ce soir est une grande victoire pour le OUI. Aussi, ce mercredi premier décembre 1995, l'Assemblée nationale sera rappelée et sera invitée, par un vote libre de ses élus, à proclamer l'entrée en vigueur de la Loi sur l'avenir du Québec.»

    Il ne le fit pas et l'on connaît la suite.

    -À suivre-

    • Claude Bariteau - Abonné 25 mars 2019 08 h 09

      Vous revenez ici sur un référendum d'initiative populaire en 1976 et vous en faites un contrepoids aux tergiversations du PLQ de M. Bourassa. J'avoue y voir une idée fort pertinente. Dans l'éventualité où ce référendum aurait été tenu avec pour question de créer le pays du Québec, il n'y aurait pas eu la Commisssion Bélanger-Campeau, mais plutôt des débats sur les contours du pays et le gouvernement Bourassa aurait été dans l'obligation de procéder avec un résultat de plus de 50 % des éléleurs et électrices selon le pourcentage requis de participant/e/s.

      Quant à la position de M. Parizeau au soir du référendum de 1995, j'apporterai des nuances. Il ne pouvait pas dre que le « oui » était gagnant, mais qu'un enquête s'imposait parce que des débordements aux règles référendaires québécoises avaient été notées dans le camp du NON. Avec cette position, il demeurait à la tête du Québec et aurait disposé d'espace politique pour revenir à la charge.

    • André Joyal - Abonné 25 mars 2019 10 h 35

      Pour vous dire vrai Mme Chagnon, le militant que j’étais comme président du PQ du comté de Champlain, ne se rappelle en rien de cette idée de référendum d’initiative populaire mise de l’avant en France en... 2018 par les Gilets Jaunes.

    • Hélène Paulette - Abonnée 25 mars 2019 16 h 07

      Monsieur Joyal, madame Chagnon a raison. Lévesque en a parlé en 76, Dumont a présenté un projet de loi en ce sens en 2000 ainsi que Pauline Marois en 2012...

  • Yolande Chagnon - Inscrite 25 mars 2019 02 h 24

    TOUTES CES OCCASIONS RATÉES - 4 de 4 -

    Jacques Parizeau démissionna, nullement intéressé à gérer un gouvernement provincial.

    Lucien Bouchard s'en vint à Québec assumer l'intendance et tenta de raviver la flamme en faisant adopter le projet de loi 99 sur le droit du Québec à l'autodétermination, en réponse au projet de loi fédéral sur la clarté référendaire; Bouchard croyait faire l'unanimité sur ce projet contre lequel le PLQ vota.

    Les Québécois et Québécoises étaient déjà ailleurs; la bande élastique avait été étirée pratiquement jusqu'au point de rupture en 1995 et beaucoup trop étaient n'étaient pas prêts à jouer la reprise.

    Les Bernard Landry, André Boisclair, Pauline Marois, Pierre-Karl Péladeau firent ce qu'ils pouvaient avec les moyens du bord: recherche des conditions gagnantes, gestes de rupture annoncés avec le Canada, projet de constitution pour le Québec...

    Puis vint Jean-François Lisée qui réussit le tour de force de faire reporter à un éventuel deuxième mandat la tenue d'un référendum.

    Pour un stratège, ce fut une erreur capitale: ne pas faire campagne sur la raison d'être de son parti.

    Le PQ aurait fait campagne sur le thème de la souveraineté qu'il aurait fait élire à peu près le même nombre de députés, des députés avec un mandat clair, mais surtout des résultats qui auraient démontré s'il valait la peine pour les souverainistes de continuer la lutte.

    J'en suis rendue à devoir citer Philippe Couillard pour dire que «la souveraineté est une idée et une idée ne meurt pas.».

    Je préférerais être en meilleure compagnie en cette conclusion, mais quand on n'a pas de grives, on mange des merles.

    Pour moi, la messe est dite.

    • Claude Bariteau - Abonné 25 mars 2019 08 h 28

      Si, pour vous, comme bien d'autres, la messe est dite. Pour moi, elle ne l'a pas été.

      La seule messe qui s'est déroulée fut celle imaginée pour renforcer les pouvoirs du Québec comme État dans le sillage de la révolution tranquille creusé pour sortir les Québécois/e/s d'origine canadienne française de leur situation socio-économique.

      Cette situation, en grande partie corrigée par des politiques en ce sens par le PLQ, fut d'avantage améliorée sour le PQ, mais pas au point de recevoir un mandat pour modifier le statut de l'État du Québec dans le Canada, encore moins de sortir le Canada du Québec par un appui politique en faveur de l'indépendance du Québec.

      Cette messe-là, pour reprendre vos termes, demeure à être imaginer avec pour promoteurs les Québécois/es de toutes origines parce faire un pays n'a pas pour but de promouvoir une partie des habitants d'un territoire, mais des futurs citoyens et futures citoyennes qui mettent l'épaule à la roue pour se doter d'un pays correspond à leurs attentes.

      En quelque sorte une messe qui se déroule non parce que des célébrants l'ont convoquée, mais parce que les citoyens et les citoyennes en herbe veulent qu'elle s'enclenche.

      C'est lecture. Elle diffère de la vôtre concernant un référendum d'initiative populaire parce qu'en plus de ce moyen, il y en a d'autres, en particulier une élection d'une majorité d'indpendantistes ayant obtenu un support majoritaire des électeurs et des électrices après un travail de valorisation de l'indépendance et des arrangements entre partis politiques qui promeuvent l'indépendance.

  • Raymond Labelle - Abonné 25 mars 2019 04 h 52

    Une forme indirecte de déni.

    Ce qui cause des difficultés au PQ, c'est l'extrême allergie d'une grande partie de la population à l'idée qu'il y ait un référendum.

    Par exemple, aux élections de 2014, tout allait rondement pour le PQ – jusqu’au poing de PKP. Le fait qu’un personnage perçu comme puissant et efficace montre la volonté de faire l’indépendance a tout à coup fait paraître comme possible l’idée que le PQ fasse un référendum et atteigne son but. Le simple poing de PKP, qui a soulevé l’ombre de la vague possibilité d’un hypothétique référendum, a suffi pour faire fuir les électeurs. C’est pour dire l’allergie à l’idée.

    On se dit, sans trop se tromper, que le PQ vise à faire un référendum - quitte à reporter s'il le faut, mais quand même le but. Or, l'indépendance est la raison même d'être du PQ - il ne peut pas faire autrement.

    Les indépendantistes qui ont de la difficulté à accepter la chute de popularité de l'option indépendantiste vont blâmer une mauvaise stratégie, un mauvais chef, de la mauvaise communication de la part du PQ. Bien sûr, personne n'est parfait, mais il y là une forme de déni. Car c'est aussi se dire que si on avait une meilleure stratégie, une meilleure communication, un meilleur chef, voire un meilleur parti, l'option rebondirait. Or, les causes de la chute de popularité de l'option sont sans doute plus globales et profondes et pour plusieurs indépendantistes il s'agit d'une réalité difficile à accepter.

    On nous répondra que QS a gagné en popularité. Mais on pourra aussi dire que le vote pour QS peut s'expliquer pour des raisons plus diverses que l'indépendance - QS est associé à d'autres causes, ce qui explique que la moitié de ses électeurs ne sont pas favorables à l'indépendance. Ceci ne remet pas en cause l'idée que QS élu respecterait sa promesse de faire une constituante dans la première année et ferait un référendum, ceci veut dire que le succès de QS ne signifie pas un accroissement de la popularité de l'indépendance dans la populatio

    • Claude Bariteau - Abonné 25 mars 2019 08 h 34

      M. Péladeau a promu l'indépendance, mais n'a pas parlé de référendum. C'est le PLQ de M. Couillard qui a parlé d'un référendum et tout fait pour créer un climat de rejet en misant sur la crainte d'une troisième défaite ches nombre de souverainsites et la crainte d'une victoire chez ses alliés.

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 mars 2019 09 h 19

      @ Raymond Labelle,

      "QS est associé à d'autres causes, ce qui explique que la moitié de ses électeurs ne sont pas favorables à l'indépendance. Ceci ne remet pas en cause l'idée que QS élu respecterait sa promesse de faire une constituante dans la première année et ferait un référendum.." - Raymond Labelle

      J'avoue que ça fait du bien d'entendre enfin une analyse intelligente.

      D'ailleurs, qui nous dit que cette moitié des électeurs de QS ne seraient pas ouverts à l'indépendance pour peu qu'on accepterait de les entendre lors du débat sur la constituante? Car c'est exactement la stratégie de QS de tenter de rallier ces "fédéralistes mous" (puisqu'électeurs d'un parti souverainiste) au projet souveraineté du Québec. On ne pourra augmenter les appuis à l'indépendance en ne parlant qu'à des convaincus.

      D'autant plus que plutôt qu'une campagne marketing de 30 jours comme l'a fait le PQ en 1995, QS propose un débat de 2 ans en profondeur pour l'élaboration du projet de pays. Ce qui constituera en lui-même un énorme facteur de mobilisation.

      Christian Montmarquette

    • Raymond Labelle - Abonné 25 mars 2019 09 h 23

      M. Péladeau n'a pas dit mot à mot: il y aura référendum. Bien sûr. Mais tous les électeurs ne résonnent pas avec une telle logique ultra-formelle. Je répète: Le fait qu’un personnage perçu comme puissant et efficace montre la volonté de faire l’indépendance a tout à coup fait paraître comme possible l’idée que le PQ fasse un référendum et atteigne son but. Le poing de PKP a fait lever l'espoir chez les militants du PQ, espoir souligné par les médias et la menace de référendum du PLQ est ainsi devenue plus efficace. Puis, pendant une semaine ou deux, suite à ce poing, on s’est mis à interviewer Pauline Marois sur des scénarios d’indépendance : la monnaie, la Banque du Canada, les traités de libre-échange, etc.

      La polarisation a même incité à voter PLQ des gens qui auraient peut-être voté CAQ alors - c'est pourquoi à l'époque Legault craignait, avec raison de son point de vue, une telle tournure et qu'il a tenté, sans assez de succès, de l'empêcher.

      Et jusqu'au poing de PKP, le PQ menait dans les sondages - c'est pour ça que Mme Marois a déclenché les élections d'ailleurs.

      Mais même s'il ne s'était pas agi du poing de PKP (disons que nous n'ayons pas assisté à la même campagne), on peut s'accorder pour dire que c'est bel et bien la simple menace de possibilité de référendum qui a fait fuir les électeurs loin du PQ dans cette campagne.

    • Raymond Labelle - Abonné 25 mars 2019 09 h 34

      Si on accepte cette réalité, je suis incapable de voir comment le PQ aurait pu avoir une meilleure stratégie que celle effectivement adoptée à la dernière campagne: avoir un excellent programme (pour donner d’autres raisons qu’un référendum aux électeurs de voter PQ) et reporter le référendum d’un mandat (pour diminuer au maximum le facteur hyper-allergie au référendum).

      Son programme était tout à fait excellent et bien ficelé, par exemple les politiques proposées pour le français et celles sur l’environnement.

      En ce sens, si j’étais du PQ, les derniers résultats m’inquiéteraient sérieusement.

    • André Labelle - Abonné 25 mars 2019 09 h 35

      Le poing de PKP a fait coulé beaucoup d'encre.
      Mais le poing de M. Singh lors de sa victoire à la chefferie du NPD : RIEN. Aucun commentaire.
      «Hypocrite. Celui qui, professant des vertus pour lesquelles il n'a aucun respect, en retire l'avantage d'avoir l'air d'être ce qu'il méprise.»
      [Ambrose Bierce]

    • Raymond Labelle - Abonné 25 mars 2019 11 h 53

      À CM. Même les électeurs de QS qui ne sont pas pour l'indépendance ne sont pas suffisamment contre pour ne pas voter pour un parti dont on sait qu'il fera un référendum dans le premier mandat si élu. C'est que la question n'est pas centrale pour ceux-ci et ils s'en accommodent - ils votent QS pour de raisons différentes de celles de la question nationale. QS a aussi son "vote stratégique". N'oublions pas que, malgré son succès relatif, QS a eu +- 17% du vote - si on commençait à penser qu'il peut former un gouvernement, ça pourrait changer la donne.

      Dans une proportion moins grande mais non négligeable, il y a aussi des électeurs non-indépendantistes qui votent pour le PQ parce qu'ils préfèrent son programme de gouvernement provincial.

      Ce qui ne veut pas dire que les membres du PQ ou de QS ne sont pas indépendantistes - entre autres, les anciens d'ON veillent au grain. Il ne faut pas confondre électeurs d'un parti et membres d'un parti.

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 mars 2019 13 h 09

      Il me semble très théorique et très hasardeux de chercher à savoir qui votera pour quoi avant d'être directement placé face à la proposition concrète du projet de pays et avant toute campagne de mobilisation.

      C'est d'ailleurs pourquoi il importe de maintenir en tout temps un référendum au programme des partis, parce qu'à moins d'être devin, on ne sait jamais comment les élections peuvent tourner; et avec QS des gouvernements de coalitions sont d'ores et déjà possibles. Et advenant un prise du pouvoir, les campagnes référendaires sont des occasions par excellence de promouvoir l'option.

      Et c'est en ce sens que l'attentisme des conditions gagnantes était une stratégie aussi perdante que délétère pour l'indépendance elle-même et qu'il est incroyable que les péquistes aient enduré ça de leur parti durant des décennies.

    • Jean-François Trottier - Abonné 25 mars 2019 15 h 57

      Cessez de dire n'importe quoi, M. Montmarquette.

      Jusqu'a preuve du contraire, et pas une mention de 3 lignes dans le programme, la stratégie de QS est de ratisser large en se disant indépendantiste tout en n'en parlant jamais. Les bottines ne suivent pas les babines,

      Tenir un référendum dans une première année de mandat est une façon simple de vous débarrasser d'une patate chaude qui ne vous intéresse pas. C'est pourquoi vous attirez des fédéralistes mous, durs, solides, liquides ou même à l'état gazant, comme dans "d'un ennui profond".

      QS pose des conditions à l'indépendance, ce qui montre (si c'était nécessaire!!) son manque de confiance très anti-démocratique envers la nation québécoise. C'est dire comment pour vous l'indépendance reste un truc "intéressant"... ou pas.

      Combien d'études payées par QS sur l'indépendance?
      Combien de colloques sur cette question dont les effets seront immenses sur une sinon deux populations, organisés par QS?
      Combien de commentaires sur la gouvernance du fédéral d'un point de vue constitutionnel?
      Quelle distance existe-t-il entre le NPD et QS dans les appuis ponctuel lors d'élections fédérales?

      Quand avez-vous blâmé la constituion fédérale d'avoir obligé Marois à "faire avec" le pipeline alors qu'elle ne pouvait faire autrement, plutôt que de lui reprocher très petitement?

      Il est normal en politique de choisir ses combats. l'indépendance n'est pas le vôtre, cessez donc de vous en mêler.

      Dans le cas contraire, j'attends depuis maintenant 4 ans votre profession de foi détaillée envers l'indépendance, expliquant dans le détail pourquoi l'indépendance est essentielle. C'est un peu long.

      En politique il faut convaincre pour gagner. Vous n'essayez même pas. On a toute les raisons de dire que QS fait de la fausse représentation.

    • Claude Bariteau - Abonné 25 mars 2019 16 h 51

      M. Labelle, un fait n'a rien d'un raisonnement logique ultra-formel. C'est un fait.

      La seule chose générée par le bras droit de M. Péladeau fut le retour de l'indépedance dans la campagne électorale de 2014, qui est l'article premier du PQ. Mme Marois l'a évacué du décor pour se faire se faire élire en jouant la carte de l'identité ravie à l'ADQ. M. Legault, avec la CAQ, a repris cette carte. On aura avec lui ce que voulait faire Mme Marois, qui fut son adversaire déclarée au PQ, l'un et l'autre voulait prendre la direction de ce parti pour réaliser les rêves de M. Bouchard.

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 mars 2019 17 h 12

      @Jean-François Trottier,

      "Cessez de dire n'importe.. Jusqu'a preuve du contraire, et pas une mention de 3 lignes dans le programme.." - Jean-François Trottier

      La question de l'indépendance occupe 4 pages dans le programme de Québec solidaire.

      Pour un quidam qui prétendait connaitre le programme de QS en profondeur. On ne remarque finalement que la profondeur de votre ignorance, et là-dessus comme sur le reste de vos incessantes élucubrations et de votre fanatisme anti-QS.

      Référence :


      11. PROGRAMME POUR UN QUÉBEC SOUVERAIN ET SOLIDAIRE

      https://api-wp.quebecsolidaire.net/wp-content/uploads/2016/01/18-01958-qs2018_programme-politique_f.pdf

      .

    • Jean-François Trottier - Abonné 25 mars 2019 21 h 10

      M. Montmarquette! Votre don pour répondre à côté de la track est inimaginable.

      Mêler l'indépendance et ce que vous souhaitez en faire ! Fraiment!

      3 pages de blabla L un peu sur une constituante, ensuite le retrait de l'OTAN et de NORAD et autre mesures d'un anti-américanisme primaire qui frise la soviétisme bon ton, avez-vous encore beaucoup de jokes comme celle-là?

      Vous avez tenu vous-même il y a peu de temps à bien différencier la constituante et la démarche d'indépendance pour me la "fermer ben dur", ne venez pas recommencer à les mêler maintenant!
      Je sais bien que votre cohérence est à géométrie vaiaible, mais essayez seulement d'être un peu crédible pour les gnochons que vous croyez que nous sommes! Votre atitude et votre suffisance sont insutantes.

      Vous vous mêlez les pinceaux dans vos mensonges "honorables" parce que bous êtes le "bon gars" qui suit depuis toujours le chemin tout tracé de la bonne idéologie.

      Vous mêlez votre idéologie très marxisante à l'accès à l'indépendance, preuve de plus que QS veut imposer une seuile façon de voir aux générations futures, et vous essayez de vous faire croire que le tout forme 3 pages.

      Je maintient ce que je disais, la partie indépendance elle-même occupe quelques toutes petites lignes. Ce qui est absolumennt vrai.

      En plus vous insistez régulièrement pour dire que beaucoup peut se faire sans l'indépendance, comme quoi vous êtes capable de faire la différence... sauf pour tenter bien maladroitement de me rembarrer.

      Votre jeu de fous est épuisant.

    • Jean-François Trottier - Abonné 26 mars 2019 00 h 31

      D'ailleurs, et ça démontre encore comment vous dites n'importe quoi, ce n'est pas dans un programme qu'un parti EXPLIQUE ses orientations. Le programme sert aux résolutions, pas aux explications.

      Je dis et je répète que le seul moment où QS parle d'indépendance, c'est en quelques lignes dans son programme uniquement.

      Où est le reste de la littérature, les discours, les ateliers, les relevés de discussion portant sur le POURQUOI de l'indépendance, et non sur COMMENT ne pas en parler?

      Pour un parti qui se vante d'avoir la "bonne" analyse, où sont celles sur l'indépendance ? Les exemples pertinents venant tant de la rue que du milieu économique ou des bureaux gouvernementaux ?

      Sur quoi le parti se base ?

      Sur la littérarure du PQ ? Vraiment ???????

      Ou bien, cette "littérature" se résume-t-elle aux études de maisons de sondages ?

      On ne crée pas un pays sans y avoir pensé, n'importe qui de sensé le sait. C'est pas écrit dans les nuages que le Québec doit devenir indépendant. Alors, pourquoi?

      Vous avez longtemps remis cette tâche entre les mains d'une constituante future, évitant ainsi d'en parler.

      Maintenant ce truc ne marche plus. Vous êtes obligé de dire exactement le fond de votre pensée, comme vous auriez dû le faire il y a très longtemps.

      C'est pas un jeu, l'avenir d'une nation.
      Continuez dans votre silence et QS méritera à plein le titre de trippeux de la politique.

      Pour ma part je continuerai à parler de charlatanisme.

    • Christian Montmarquette - Abonné 26 mars 2019 09 h 21

      @Jean-François Trottier,

      "Vous avez longtemps remis cette tâche entre les mains d'une constituante future, évitant ainsi d'en parler."- Jean-François Trottier

      1 ) La mobilisation de 2 ans autour de l'Assemblée constituante est toujours en force à QS.

      2 ) Ce n'est pas d'en parler qui fera progresser les appuis à l'indépendance. On en parle depuis 50 ans au Québec et les appuis n'ont fait que reculer. C'est d'agir de la bonne façon au moment opportun.

    • Raymond Labelle - Abonné 26 mars 2019 11 h 17

      "La seule chose générée par le bras droit de M. Péladeau fut le retour de l'indépendance dans la campagne électorale de 2014" CB - Une seule chose a des implications nécessaires et n'est donc pas qu'une seule chose. Le retour de l'indépendance dans la campagne implique nécessairement l'éventualité d'un référendum. J'imagine que nous sommes d'accord. Je trouvais qu'il y avait excès de logique formelle dans cette implication: puisque je parlais de peur du référendum, j'étais dans l'erreur en en mentionnant pas qu'il était question d'indépendance - erreur méritant correction. Le contexte suggère fortement que le référendum se fait dans le cadre de l'entreprise d'indépendance - je comptais sur les lecteurs pour le comprendre.

      Pour me faire pardonner mon arrogance, je vous fais cette citation du dernier livre de JFL "Qui veut la peau du Parti québécois?" qui appuie et confirme une affirmation que vous avez souvent faite: "Devenu conseiller de Lucien Bouchard, je lui écrivais en décembre 1995 que nous n'avions qu'un an à notre disposition pour profiter de l'élan obtenu grâce à notre 49,4% au référendum et pour en gagner un nouveau, que les sondages prévoyaient gagnant pendant tout 1996. En prime, pour le première fois, une majorité de Québécois souhaitait la tenue de ce référendum. Ensuite, disais-je, le moment sera passé. Il passa." (pp. 78-79).

    • Jean-François Trottier - Abonné 26 mars 2019 18 h 52

      C'est sûrement pas en se taisant non plus.
      Tout pour avoir le dernier mot. C'est débile.

      Et encore à côté de la plaque. Wow! Je demande comment, par quelle réflexion collective, QS est indépendantiste, et vous me dites "C'est pas en parlant que...".
      En effet. C'est surtout en ne pensant pas.
      En fait vous tentez de cacher qu'il n'y a eu aucune réflexion.

      Un jour QS s'est levé, il faisait beau, y s'est dit en se grattant la bédaine "coudon, j'pense que j'suis pour l'indépendance moi.".

      Vous nêtes même pas foutu, comme je vous le demande régulièrement depuis des années, de me dire pourquoi vous-même êtes indépendantiste. Vous patinez très mal.

      Vous êtes indépendantiste parce que les stratèges vous on dit que vous l'êtes.

      Quelle petitesse dans le racolage!