Outremont, une circonscription à mieux préserver

L’oratoire Saint-Joseph, sur le flanc du mont Royal
Photo: Diego Grandi Getty Images L’oratoire Saint-Joseph, sur le flanc du mont Royal

À quelques mois de l’élection générale, on pourrait croire que la partielle dans Outremont présente un intérêt limité quant aux grands enjeux de politique fédérale. Toutefois, on retrouve sur ce territoire plusieurs sujets concrets de patrimoine et d’aménagement qui devraient interpeller les différents partis et leurs candidats.

En effet, la circonscription d’Outremont se distingue par la qualité de son patrimoine architectural, paysager et urbain, par sa diversité de quartiers authentiques, ainsi que par la présence de grandes organisations au rayonnement international. On y retrouve plusieurs lieux historiques nationaux, tels que les théâtres Outremont et Rialto, l’oratoire Saint-Joseph et les grands cimetières paysagers du mont Royal.

Ces spécificités interpellent le gouvernement fédéral à plusieurs égards. Le traitement fiscal inéquitable des bâtiments patrimoniaux, le défi du maintien et de la réaffectation des grands ensembles institutionnels et industriels patrimoniaux et le rayonnement international de la métropole ne devraient pas le laisser indifférent.

Dans ce contexte, Héritage Montréal soumet deux questions aux candidats en lice dans l’élection fédérale d’Outremont.

Du Mile End à Côte-des-Neiges, la circonscription d’Outremont compte des centaines de bâtiments privés, résidentiels ou commerciaux qui confèrent à ce territoire sa personnalité. Depuis des années, le gouvernement fédéral ignore les nombreuses propositions d’experts, de fonctionnaires et d’organismes en patrimoine pour mettre en place des mesures incitatives favorisant le soutien financier aux propriétaires dans l’entretien, la restauration ou la revitalisation des bâtiments patrimoniaux.

Au-delà des subventions aux enveloppes peu garnies, vous engagez-vous à doter le Canada d’un véritable régime fiscal incitatif pour la conservation et la mise en valeur des bâtiments et sites historiques, reconnaissant la réelle valeur économique, sociale et environnementale qu’ils représentent à l’échelle nationale ?

Le 20 décembre 2017, le gouvernement fédéral annonçait qu’il rejetait la proposition d’inclure le mont Royal et ses grands sites institutionnels et civiques, voire démocratiques, sur la liste indicative des sites du patrimoine mondial, prétextant le manque d’intérêt international ou de valeur universelle. Pourtant, le mont Royal et les établissements qui s’y trouvent— Hôtel-Dieu, universités McGill et de Montréal, oratoire, etc. — illustrent parfaitement ce que l’UNESCO recherche pour enrichir la liste du patrimoine mondial : des sites qui démontrent la coexistence entre les sociétés humaines et la nature.

Depuis la vente malheureuse d’une de ses propriétés patrimoniales sur le mont Royal par le gouvernement canadien en 1999, des efforts considérables ont été consentis par les autorités, par les institutions et par la communauté pour protéger et mettre en valeur la montagne. La proposition d’inscription du mont Royal au patrimoine mondial émane de cette concertation. Elle repose sur une démarche rigoureuse et rassembleuse, sur l’appui d’experts autant que des autorités municipales ainsi que des communautés autochtones et de plus de 33 000 citoyens mobilisés en quelques jours par Les amis de la montagne. Elle a été rejetée dans l’indifférence des élus fédéraux de Montréal. Son rejet est inacceptable et doit être corrigé.

Vous engagez-vous à corriger cette situation en soutenant l’inclusion du mont Royal dans la liste indicative des sites du patrimoine mondial au Canada et à assurer la pleine participation du gouvernement canadien à la conservation et à la mise en valeur de cet ensemble patrimonial exceptionnel ?

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