Lettres : Décadence humaine

L'éditorial du Devoir du vendredi 7 mai («Sans foi ni loi») illustre de nouveau, s'il en était encore besoin, jusqu'où peut aller la décadence humaine lorsqu'on apprécie les choses, les gens ou les événements actuels ou éventuels selon une approche purement rationnelle. Tout peut être «justifié» en fonction de la «raison». Voyez ce qu'il en est de la «rationalisation» des entreprises aujourd'hui!

Il revient surtout au philosophe David Hume d'avoir montré que «la morale est plus proprement sentie que jugée». Ce n'est pas au moyen d'un raisonnement qu'on pourra se sentir dégoûté des approches et des pratiques des plus hauts dirigeants américains mais bien par quelque sentiment.

Qu'on continue de croire que la force et la raison américaines pourront ultimement avoir raison de l'«empire du mal» ou juguler les démons de l'«axe du mal», qu'on continue de les laisser bafouer tout le monde pendant quelques années encore, et nous serons chanceux s'il reste encore un monde et une civilisation sur Terre dans une vingtaine d'années.