Comment baisser les impôts tout en maintenant notre qualité de vie?

«Le modèle québécois est arrivé à maturité pour être revisité et les baisses d’impôts sur le revenu sont un objectif à viser», croit l'auteur.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir «Le modèle québécois est arrivé à maturité pour être revisité et les baisses d’impôts sur le revenu sont un objectif à viser», croit l'auteur.

Comme il fallait s’y attendre, le bilan de la fiscalité au Québec, édition 2018, a suscité de vives réactions dans les derniers jours. On y apprend que les Québécois ont versé plus de 155 milliards de dollars en taxes, impôts et autres cotisations en 2017, soit 5 milliards de plus que l’année précédente.

Il n’en fallait pas plus pour que les réseaux sociaux s’enflamment, générant des centaines de discussions, émanant majoritairement de citoyens qui dénoncent le poids très élevé des impôts au Québec.

Comme l’a rappelé le professeur Luc Godbout, auteur du rapport, le bilan sur la fiscalité québécoise ne vise pas à mesurer la qualité des services publics par rapport aux sommes confiées à l’État par les contribuables. Il s’agit plutôt d’un exercice de comparaison dans le temps et par rapport à d’autres gouvernements.

Cela étant dit, le rapport a le mérite de remettre à l’avant-plan l’enjeu complexe de la révision de la fiscalité québécoise. En se basant sur le rapport entre les recettes fiscales collectées et le produit intérieur brut (PIB) d’une part ainsi que le rapport de l’impôt sur le revenu par rapport au PIB, l’étude fait ressortir le fait que, comparativement à la moyenne de l’OCDE, la pression fiscale et le poids de l’impôt sur le revenu sont plus élevés au Québec.

Ce constat n’est pas tout à fait nouveau, et c’est probablement ce qui a motivé la mise sur pied de la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise (rapport Godbout) qui avait déposé son rapport en mars 2015. Jusqu’à présent, plusieurs recommandations de ce rapport n’ont malheureusement pas eu de suites de la part du gouvernement du Québec.

Au lieu de focaliser le débat sur le rang du Québec par rapport aux provinces canadiennes et aux pays de l’OCDE, je crois que celui-ci devrait plutôt porter sur notre capacité à baisser la pression fiscale, et particulièrement le poids de l’impôt sur le revenu, tout en maintenant le financement des services publics et donc, indirectement, notre qualité de vie.

En termes clairs, est-il possible de baisser l’impôt sur le revenu tout en garantissant les budgets nécessaires au maintien et à l’amélioration des services publics, piliers du modèle québécois ?

Courage politique

La réponse à cette question n’est pas nécessairement simple, mais plusieurs éléments de réponses se retrouvent notamment dans le rapport Godbout. Ceux-ci impliquent toutefois un certain courage politique pour leur mise en oeuvre. Par exemple, les derniers chiffres montrent que le poids des taxes à la consommation par rapport au PIB est de 7 % au Québec, comparativement à 9,6 % en moyenne dans les pays de l’OCDE. N’est-il donc pas justifié d’augmenter ces taxes, comme l’ont fait plusieurs pays de l’OCDE au fil du temps ?

155 milliards
Somme des taxes, impôts et autres cotisations versés en 2017 par les Québécois

Bref, en se comparant aux provinces canadiennes et à d’autres pays, un arbitrage est nécessaire entre les baisses d’impôt et l’augmentation des taxes, en limitant bien entendu les effets indésirables de la réforme sur l’économie québécoise. Le statu quo en la matière deviendra de moins en moins soutenable, tout comme les changements faits en fonction de la conjoncture économique.

Si le gouvernement du Québec décide d’aller de l’avant avec une réforme fiscale impliquant une baisse de l’impôt sur le revenu, il faudrait s’assurer minimalement d’avoir deux ingrédients dans la réforme.

Premièrement, il faudrait faire de la lutte contre l’évasion fiscale une véritable priorité. Oui, les pouvoirs du Québec en la matière sont limités, mais je vois mal comment on pourrait baisser les impôts des Québécois de façon soutenable sans fragiliser l’équilibre des finances publiques. Un tel pari basé sur une performance économique exceptionnelle est plutôt risqué.

Deuxièmement, l’augmentation des taxes devrait répondre à certains défis, comme celui de la transition énergétique. De cette façon, il sera plus facile d’assurer le suivi des projets et des mesures financés par les sommes prélevées et surtout mesurer l’impact réel obtenu.

La comparaison entre le Québec et d’autres pays est fort utile que ce soit pour la rémunération, le niveau de diplomation ou la taxation. Toutefois, le but ne doit pas être de reproduire ce qui se fait ailleurs, mais plutôt de s’en inspirer pour faire mieux, en fonction de notre réalité et de nos objectifs sociaux, politiques et économiques.

Oui, le modèle québécois est arrivé à maturité pour être revisité, oui les baisses d’impôts sur le revenu sont un objectif qu’il faut viser, mais tout ceci ne devrait pas se faire à n’importe quel prix.

Assurément, notre qualité de vie, qui dépend de nos services publics, ne devrait pas être sacrifiée au profit des baisses d’impôt.

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27 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 15 janvier 2019 01 h 03

    Aucune démonstration

    Le seul impact connu et démontré de ce que propose l'auteur est d'augmenter les inégalités. Nulle part il ne démontre pourquoi il faudrait baisser les impôt et augmenter les taxes, se contentant d'affirmer que le «statu quo en la matière deviendra de moins en moins soutenable». Pourquoi? Avec la croissance étonnante des dernières années et la meilleure situation sur le marché du travail de son histoire que le Québec a connu au cours des deux dernières années, il est clair que le système actuel n'a nullement hypothéqué le Québec.

    • Nadia Alexan - Abonnée 15 janvier 2019 10 h 03

      Je suis d'accord avec vous, monsieur Jodoin. Les taxes sont le prix que l'on paie pour une société civilisée où personne n'est laissé à son compte.
      Le problème fiscal chez nous provient de la largesse de la province en matière de subventions aux entreprises privées. Le Québec se distingue par sa générosité démesurée aux entreprises privées telles que Bombardier.
      Les entreprises du Québec bénéficient annuellement de crédits d’impôt et d’avantages totalisant 3,1 milliards $. En plus de recevoir des subventions, des prêts et autres aides financières de l’ordre de 2 à 4 milliards, selon l’année.
      De plus, les grandes entreprises ne paient pas leur juste part d'impôt et pire encore, il y'a des entreprises qui ne paient pas un cent en impôts. Elles cachent leurs profits dans les paradis fiscaux.
      Le grand gourou de l'investissement, l'américain Warren Buffet, a déclaré que si les entreprises payaient leur juste part d'impôts, les individus n'auraient pas besoin de contribuer du tout.
      Après la Deuxième Guerre mondiale, une période qu'on a appelé «les trente glorieuses», les entreprises payaient des impôts qui s'élevaient à 94%. Cela a permis la réduction des inégalités et à la classe moyenne de vivre décemment avec des salaires convenables.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 15 janvier 2019 13 h 29

      Mme. Alexan, si l'on veut faire le bilan des subventions aux entreprises il faut aussi faire le bilan de ce qu'elles contribuent a l'État. Sinon ou va assurément déboucher sur une totale incompréhension, et crier au scandale. Et encore, ici n'allez pas simplement regarder que l'impôt de l'entreprise, regardez l'ensemble du retour sur l'activité qui bénéficie a l'État. Pour exemple, dans le cas des subventions au pétrole, juste les taxes prélevés sur les essence étaient de près de 24 milliards$ en 2016 au Canada. Et on parle pas de la multitudes de taxes et impôts qui découlent des activités lié a ce secteur. On ne peut analysé correctement les choses si l'on se colle qu'a une petite portion de l'ensemble. Le privé ne peut fonctionner sans la trame structurante de l'État. Et l'État ne peut non plus exister sans la dynamique induite par l'entreprise.

      Pour les citations de m. Buffet c'est plutôt creux pour un messieurs qui lui-même payait quelques 5 ou 6 millions$ en impôt en 2016, mais voyait sa capitalisation augmenté de 8 G$ en 2018 pour atteindre 84 milliards$. Même chose pour les gros chiffres des supposés impôts de l'après-guerre. L'État a des pouvoirs a peu près sans limite, et en cas de déstabilisation profonde il s'en sert. Ce qu'il se fait dans ces conditions n'ont rien de rien d'une référence de bonne gestion pour un temps de vaches grasses comme celles que l'on connait présentement.

    • Raymond Labelle - Abonné 15 janvier 2019 13 h 58

      À peu près tous les États soutiennent leur industrie aéronautique, directement ou indirectement. Indirectement, par l'octroi de contrats militaires, par exemple pour Boeing ou Dassault. Bombardier ne fait pas d'avion militaire. Il s'agit d'une industrie structurante et la haute technologie est importante pour un pays (ou une entité). Et ces autres États le font peut-être plus encore que ne le font les nôtres.

      Il ne faut pas seulement voir ce que Bombardier coûte, mais aussi ce qu'elle rapporte - par exemple, l'impôt de ses employés et ses propres impôts, qui existent malgré tout. Je conviens que Bombardier a été arrogante et aurait pu mieux aider les gouvernements à l'aider, ces derniers devant composer avec l'opinion publique.

    • Nadia Alexan - Abonnée 15 janvier 2019 19 h 54

      À monsieur Arès: Vous avez tort. Lisez les livres de Brigitte Alepin «Ces riches qui ne paient pas d'impôts», le livre de l'économiste Joseph Stiglitz, recipient du prix Nobel: «Quand le Capitalisme perd la tête» et «Le Capital au xxie siècle» du célèbre Thomas Piketty, qui a reçu un succès mondial. Selon l'auteur, les inégalités observées en ce début de xxie siècle sont comparables aux niveaux d'inégalités du xixe siècle et du début du xxe siècle. Piketty affirme donc que le capitalisme, s'il n'est pas régulé, génère des inégalités grandissantes. Il suggère plusieurs mesures politiques pour limiter la hausse des inégalités et notamment la création d'un impôt mondial sur le capital.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 16 janvier 2019 12 h 42

      Mais non mme. Alexan, je n'ai pas tort. Les auteurs que vous citez donnent des points de vue qui sont souvent valables, mais ne sont pour autant parole de messie. L'économie et ses structures ne relève pas de la science exacte pour cause qu'elle est aussi une science du comportement humain et sociale. L'expérience des économies dirigées ou l'initiative et la liberté d'action sont réduit a presque zéro donne parfois plus d'égalité, mais elle le font dans une de pauvreté partagée. Et tous les pays qui ont opter pour ce contrôle économique en sont venus a la conclusion qu'il valait mieux, pour le bien de tous, de ne pas réprimer si férocement l'initiative et la liberté d'action de ses citoyens. La Chine en est l'exemple patent. Oui c'est le pays d'ou émerge le plus de milliardaires, ce qui est une preuve d'inégalité. Mais c'est aussi le pays ou la population a vu s'améliorer énormément ses conditions de vie. Ainsi il y a moins d'égalité mais il y a aussi beaucoup moins de pauvreté et ils s'écartent du titre de pays sous-développé.

      Même Cuba donne du leste a sa population. C'est donc dire que le tout-à-l'État n'est pas la panacée rédemptrice. Et c'est un constat, pas une théorie.

      Et a l'évidence si les États parvenaient a mettre le grappin sur une partie de quelques trop grandes fortunes du monde toutes les chances sont que ces nouveaux argents resteraient au niveau des classes a la richesse la plus élevée..., bien bien loin des gilets jaune et des moins nantis. Le principe même si chers a notre Cour dites Suprême, qui fait du droit d'association un élément plus important que l'équité sociale, interdit que de meilleurs revenus de l'État puisse être dirigée vers la population la plus indigente.

      Entre temps mettre tout le focus médiatique sur la petite partie des gens trop riche permet de tenir bien dans l'ombre les nombreuse inégalités qui sévissent dans le 99.5% de la population. Ce qui est particulièrement utile au monde syndical.

  • Christian Labrie - Abonné 15 janvier 2019 06 h 40

    Taxes vs Impôt

    Augmenter les taxes pour réduire l’impôt, tout en maintenant l’équilibre, c’est augmenter la charge de ceux qui ont moins, et économisent peu, en faveur de ceux qui ont plus et économisent plus. À moins de taxer de façon plus ciblée des produits plus de luxe, comme... l’essence.

  • Gilles Marleau - Abonné 15 janvier 2019 07 h 07

    Qualité de vie et services publics

    Les pays qui se donnent des services publics de qualité et efficaces ( nécessite une bonne formation en administration publique et une culture qui ne laisse pas place à la corruption)ont une qualité de vie supérieure aux sociétés où règne le chacun pour soi.

    • Raymond Labelle - Abonné 15 janvier 2019 12 h 12

      ...et souvent on y paie plus d'impôts dans ces pays où la qualité de vie est supérieure, en grande partie grâce à la redistribution et à la prestation de services supplémentaires que les impôts permettent.

  • Christian Montmarquette - Abonné 15 janvier 2019 07 h 49

    Les baisses d'impôts est une lubie de vieux partis

    Lles baisses d'impôts est une lubie électoraliste des vieux partis politiques qui n'intéressent pas les Québécois.

    La vraie question étant : comment améliorer les services sans augmenter des impôts ?

    Et à ce sujet, la solution, c'est Québec solidaire qui l'a et la répète depuis DES ANNÉES.

    Cette solution passe par la création de nouvelles sociétés d'État, comme Pharma-Québec et une banque nationale d'État; l'augmentation des redevances sur les ressources naturelles; la taxation des revenus de capitaux à 100% comme tous les autres revenus; la fin des congés fiscaux pour les banques et des entreprises multinationales; la lutte aux paradis fiscaux et l'augmentation du nombre de paliers d'imposition.

    Résultats : 12,9 milliards de plus sur 4 ans pour financer adéquatement nos services publics.

    Et quitte à me répéter, c'est bien connu, les baisses d'impôts n'intéressent les Québécois. C'est l'accès à des services de qualité qui les intéressent et c'est exactement ce que le programme de Québec solidaire leur propose.

    Christian Montmarquette

    • Jean-François Trottier - Abonné 15 janvier 2019 11 h 11

      Banque Nationale d'État, hein...

      Cette lubie-là aussi en est une de très vieux partis. Le PCCML et En lutte!

      Méchante lubie! Folie furieuse en fait.
      Vous voulez un État qui spécule, M. Montmarquette. Pire, un État qui suit les traces de Chavez et Maduro et s'enfarge dans les fleurs du tapis de la morale gomme-baloune.
      Pourquoi répéter à l'infini les mêmes erreurs, M. Montmarquette ? Vous connaissez, la définition de la folie? Ouan...

      Pharma-Québec, je ne suis pour en autant qu'il s'agit d'une coopérative d'achat dont les budgets de fonctionnement doivent être libres de toute attache, dont celle du gouvernement. Moi, les pleins-pouvoirs.... Je suis contre.
      Et dans tous les cas, jamais je ne laisserais Pharma-Québec décider de la pertinence d'un médicament plutôt qu'un autre. Ja-mais.
      Il devra exister un bureau indépendant en tout point et surtout indépendant des acheteurs. Bin quin!

      De ce point de vue, Pharma-Québec doit rester un moyen pour que le consommateur paie moins, et pas du tout pour emplir les coffres de l'État. Au mieux ça réduira les coûts des assurance-médicaments.
      Vos solutions n'en sont pas, quoi. Et vos chiffres restent ce qu'ils sont : farfelus.

      Les solutions de cet ordre, je puis en trouver une bonne douzaine en une demi-heure. Suffit de (surtout) pas analyser, de bien tenir sa langue de bois et de mentir au besoin. Hé! C'est pour la Bonne Cause et les Classes Prolétaires dont vous savez tout, hein?
      Étant donné les forces en pas-analyse de QS, je doute un peu.

    • Nadia Alexan - Abonnée 15 janvier 2019 13 h 17

      À monsieur Trottier: Premièrement, on n’a pas besoin de suivre les politiques de Maduro. On peut très bien s'en sortir en suivant les politiques égalitaires de la sociale démocratie des pays scandinaves. Deuxièmement, l'idée de poursuivre une pharmaceutique publique telle que «Pharma-Québec» est très sage. D'ailleurs, plusieurs recommandations dans le même sens ont étaient faites auprès du gouvernement fédéral.
      Je vous prie de visionnez l'excellent programme de CBC «The Fifth Estate,» qui vient de faire une enquête sur la corruption et la collusion entre les entreprises pharmaceutiques et les propriétaires des pharmacies: «Greed is a powerful weapon.» https://www.cbc.ca/news/health/pharmaceutical-drugs-rebates-ontario-1.4952256

    • Christian Montmarquette - Abonné 15 janvier 2019 16 h 00

      @ Jean-François Trottier,

      "Pharma-Québec doit rester un moyen pour que le consommateur paie moins, et pas du tout pour emplir les coffres de l'État." - Jean-François Trottier

      - Elle est bonne celle-là!

      3 milliards par année d'économies sur l'achats des médicaments, c'est 30 milliards d'économies depuis 10 ans que QS propose cette société d'État.

      Je comprends que la pilule vous est difficile à avaler. Mais faut pas savoir compter pour ne pas voir qu'ils s'agit de 30G de revenus qui pourront servir à financer d'autres services en santé, en éducation ou ailleurs.

      Votre détestation de QS est littéralement en train de vous faire perdre le peu de bon sens qu'il vous restait.

      Christian Montmarquette

    • Raymond Labelle - Abonné 15 janvier 2019 16 h 19

      La validité de la proposition de Pharma-Québec se rapproche de la valeur de vérité de cet aphorisme: mieux vaut être riche et en santé que pauvre et malade.

    • Jean-François Trottier - Abonné 15 janvier 2019 18 h 40

      Mme Alexan,

      comme par hasard le gouvernement de Suède n'est actionnaire majoritaire d'aucune banque. Pourquoi ? Bin,,, peut-être parce que la Suède est sociale-démocrate, contrairement à QS qui est socialiste rouge pompier?

      Lisez le programme de QS. Plus interventionniste que ça.... On parle de marxisme pur, dur et dogmatique, très très loin des pays scandinaves.
      ------------------------------------------

      M. Montmarquette, vous dites n'importe quoi, et très mal en plus.
      Il existe un système d'assurance-médicaments au Québec, qui n'est même pas entièrement contrôlé par le gouvernement. Ce système fait que tous paient pour chacun quel que soit le prix des médicaments.

      Pharma-Québec ferait que tous paieront, encore et comme il se doit, pour chacun, avec des médicaments moins cher. Une économie pour les gens, certainement. Combien de plus dans les coffres du gouvernement ?
      C'est ça. Zéro barré.
      Sauf si vous décidez que cet argent, les gens doivent le donner au gouvernement ?

      Et encore! L'installation de Pharma-Québec ne se fera pas sans causer des difficultés, que vous tassez de la main avec désinvolture. Mais bon, quand on a le contrôle absolu comme vous le souhaitez, hein...
      Misère...

      Mélanger tous les chiffres jusquà ce que quelques votes en tombent, c'est pas bien du tout du tout.

      Votre décision d'annihiler votre propre intelligence au profit des diktats de votre parti vous a enlevé depuis longtemps toute forme de sens commun.

    • Nadia Alexan - Abonnée 15 janvier 2019 21 h 16

      À monsieur Trottier: La Banque du Canada est une banque publique qui a été créée en 1938 avec la mission de prêter des fonds, «sans intérêt», aux gouvernements fédéraux, provinciaux et municipaux pour les projets d'infrastructure. C’est notre banque centrale et publique qui a financé les plus grands projets du pays, tels que la voie maritime de la Saint-Laurent, l'autoroute transcanadienne, les aéroports, les universités et les écoles des années 60, sans que cela nous coûte une fortune en intérêts.
      Mais en 1970, les intérêts financiers ont détourné la banque de sa mission initiale de servir le peuple, et maintenant nos gouvernements sont obligés d'emprunter sur le marché privé avec des résultats désastreux. De 1974-1975 à 2010, les contribuables canadiens ont versé 100 milliards de dollars en intérêts sur la dette fédérale à des prêteurs privés.
      Réveillez-vous. Vous êtes en train de travailler contre l'intérêt public.

    • Raymond Labelle - Abonné 15 janvier 2019 21 h 48

      "Pharma-Québec ferait que tous paieront, encore et comme il se doit, pour chacun, avec des médicaments moins cher. Une économie pour les gens, certainement. Combien de plus dans les coffres du gouvernement ?" JFT

      À défaut de chiffres précis, du moins les renseignements qualitatifs suivants seraient instructifs.

      Je crois comprendre que dans le système hospitalier, des médicaments ne sont pas payés par le patient, mais j'avoue ne pas en être sûr - si c'est le cas, voilà un endroit où l'État économiserait.

      Autre chose que je ne sais pas: est-ce que l'assurance-médicament s'auto-finance complètement - c'est-à-dire, le coût de cette assurance est-il entièrement assumé par ses usagers? Ou bien est-ce que l'État cotise aussi en partie? Dans ce dernier cas, des médicaments moins chers représenteraient aussi des économies pour l'État.

      La résistance à Pharma-Québec, si je ne me trompe pas, venait de la volonté de ne pas déplaire aux compagnies pharmaceutiques installées au Québec.

      Désolé de ne pas avoir un dossier plus fouillé - pas le temps de chercher - mais je crois indiquer en partie ce qu'il faut chercher - si quelqu'un a la ou les réponses, idéalement documentées, ça serait instructif.

    • Raymond Labelle - Abonné 15 janvier 2019 22 h 26

      D'après ce site: https://lesmedicaments.ca/#pharma-quebec - le gouvernement du Québec assumerait environ la moitié du coût des médicaments consommés au Québec. Les coûts actuels seraient de 7,5G$ - dont la moitié, donc, assumée par l'État. On peut aussi prévoir, avec le vieillissement de la population, que ces coûts augmenteront.

      D'après ce site également, "La hausse des dépenses en médicaments a provoqué à elle seule près du quart de l’augmentation des dépenses de santé entre 1985 et 2010."

      Autre extrait: "Au Québec, les assureurs privés assurent la population active en moyenne plus jeune et en meilleure santé.
      Le régime public doit couvrir le reste de la population, plus âgée, plus pauvre, donc plus à risque d’être malade.
      Cette logique à deux vitesses confie les « bons » risques aux assureurs privés et les « mauvais » risques à l’assurance publique."

      Enfin bref, je renvoie au site cité ci-dessus sur d'autres aspects.

      À noter quand même que les économies pour l'État ne sont pas la seule considération dont on doit tenir compte - l'accès aux médicaments est également important, un élément à être intégré au principe de la gratuité des soins.

    • Jean-François Trottier - Abonné 16 janvier 2019 10 h 18

      Madame Alexan, s'il-vous plaît! Comparez ce qui est comparable.

      La Banque du Canada est une "banque des banques" avant tout.

      Aucun rapport avec les banques de service aux usagers. Aucun.

      Pour survivre dans ce monde de loups qu'est la finance, TOUTES les banques de service sont obligées de spéculer, de jouer sur la marge, de surfacturer des services (comme les services de débit) de façon éhontée, et j'en passe. Oui, elles font des profits de fous. Mais elle ne peuvent pas fonctionner autrement, pas sans un changement de paradigmes internationaux sur lesquels nous avons... quels pouvoirs au juste ?

      Voulez-vous d'une banque qui aura besoin des subventions gouvernementales pour survivre, vous ? ALors elle jouera le même jeu, CONTRe VOUS et le gouvernement. Ou bien...

      Une banque créée par un gouvernement au même titre que toute autre banque de service, BMO, TD ou JP Morgan, organismes qui se contrefoutent des frontières, devra soit faire tel que dit plus haut, soit rester dans la belle morale pure (et faire faillite), soit devenir un outil politique à la Chavez, qui a utilisé les banques pour faire de pressions considéralbes sur l'économie, puis sur les voisins (c'est relié, vous savez?) puis sur les marchés internationaux (c'est relié, vous savez?), puis en fin de compte être soutenue par un gouvernement qui n'avait pas le droit de se tromper aussi lourdement, pour sauver les apparences.

      Ouan, sauver les apparences. Comme tout gouvernement contrôlant. Et ici je vous retourne au programme de QS... Misère!

      QS parle bien d'une banque de services. Pas d'une "banque des banques".
      Le second, bien sûr je suis d'accord, si le Québec est indépendant. Le premier ? Jamais! C'est plus de l'interventionnisme, c'est du contrôle maladif, i.e. la négation de la social-démocratie.

      Je vous invite à lire VRAIMENT le programme de QS, sans lunettes roses. C'est effrayant.

    • Christian Montmarquette - Abonné 16 janvier 2019 10 h 54

      @ Jean-François Trottier,

      "Oui, elles (les banques)font des profits de fous. Mais elle ne peuvent pas fonctionner autrement"- Jean-François Trottier

      Votre logique est clairement néolibérale, et celle-là même qui a conduit le Québec pour ne pas dire le monde dans la situation actuelle, soit:

      La privatisation des profits et la socialisation des coûts et des pertes.

      Laissons tout ce qui est rentable au privé et tout ce qui est déficitaire au public. Abandonnons tout le marché bancaire en exclusivité au privé et plaignons-nous du même souffle d'être sur-taxés, sur-endettés avec des services publics en lambeaux.

      Et sur ce, je vous invite à méditer sur cette éloquente citation de Josée Legault

      « Si ces gouvernements font aujourd’hui des déficits d'opération, c'est principalement parce qu'ils ont eux-mêmes privé l'État de revenus importants.»-Josée Legault

      Christian Montmarquette

    • Jean-François Trottier - Abonné 16 janvier 2019 14 h 57

      M. Montmarquette,

      ma logique est bêtement sensée.

      Ce n'est pas une question de vouloir mais de pouvoir. Si, comme on peut l'imaginer en vous lisant, vous posez un mur fiscal tout autour du Québec de façon à avoir le plein contrôle sur tout, alors vous aurez la banque que vous voulez comme vous voulez. Ça s'appelle le pouivoir absolu comme vous aimez, semble-t-il. Chavez, Maduro et bien d'autres "géniaux leaders à la morale pure" et aux résultats catastrophiques avant eux. Dois-je les nommer ?

      Mais sans mur et contrôler absolu, vous vivez avec la réalité des banques qui se foutent des frontières et des gouvernements.
      Comme on tient compte de la pluie, des orages et autres faits sur lesquels on n'a pas vraiment le contrôle.

      Vous faites comme les pays scandinaves, quoi, qui utilisent les banques sans le mettre les doigts dans cet infernal engrenage.

      En effet, M. Montmarquette, vous venez de condamner tous les pays scandinaves d'un seul coup.
      Et non, ce nest pas la première fois que vous condamnez vertement ces gouvernements tout ce qu'il y a de socio-démocrates. En fait vos discours en sont une longue suite.

      Ayez encore le front de me dire après ça que vous n'êtes pas communiste pur jus! Le jupon dépasse de trois milles.
      Quand mentez-vous, M. Montmarquette, Quand vous parlez de social-démocratie ou quand vous parlez de contrôle absolu de l'économie ?
      Vos condamnations vitupérantes... ne condament que votre manque d'honnêteté intellectuelle flagrant.

    • Christian Montmarquette - Abonné 16 janvier 2019 19 h 16

      @ Jean-François Trottier

      Maduro.. Chavez.. Communiste.. Menteur...

      Quand vous serez revenu sur terre ( en ramenant si possible avec vous votre champion complotiste Jean-François Lisée). Je répondrai à des arguments rationnels qui n'ont rien à voir avec ce QS proposait aux dernières élections dont plusieurs élément avaient d'ailleurs reçu l'appuis de plus de 60 à 70% de la population du Québec.

      Vous voulez faire une critique?

      Critiquez donc la réalité, soit la plateforme électorale 2018 de accessible sur son site.

      Et dites-nous ce que vous lui reprochez.

      Parce que je n'ai rien entendu de ça.

  • Raymond Labelle - Abonné 15 janvier 2019 10 h 35

    La pression fiscale n'est pas tout - il y aussi les bénéfices des services de l'État et le coût de la vie.

    Lorsqu'on compare avec d'autres gouvernements

    Il est incomplet de regarder seulement l'impôt que l'on paie.

    Il faut aussi regarder les bénéfices des services de l'État - rendus grâce à ces impôts.

    Par exemple, les CPE. Plusieurs jeunes familles de l'Ontario à la frontière du Québec déménagent au Québec pour bénéficier des CPE (d’Ottawa à Gatineau). Ils paient plus d'impôts au Québec, mais leurs dépenses totales sont sensiblement plus basses. Les frais de garde privés sont si hauts en Ontario, qu'il est souvent plus rentable, que l'un des conjoints ne travaille pas plutôt que de payer les frais de garde.

    Ou les frais de scolarité, les prêts et bourses, etc.

    Moi, simple quidam, n'ait pas fait l'étude, mais je trouve aberrant ces comparaisons régulières sans au moins mentionner que le portrait n'est pas complet. Je comprends que la réponse totale est complexe et que comparer le seul poids fiscal est plus facile, mais on devrait au moins mentionner l'existence de l'autre côté de la médaille - à défaut de présenter un portrait complet, ce qui serait préférable.

    Quant à la comparaison du niveau de vie général, il faut aussi, en plus, tenir compte du coût de la vie. Probablement qu'en général, même si vous payez moins d'impôts à Victoria ou à Toronto qu'à Montréal, le coût de la vie (entre autres du logement) y est si élevé que vous y serez, en réalité, plus pauvres. Surtout si, en plus, vous avez quelques enfants et n'avez pas accès à un équivalent des CPE.