2018: la revanche du monde ordinaire

Manifestation des gilets jaunes à Marseille le 15 décembre dernier. Les gilets jaunes ont fait une brèche qui ne pourra plus se refermer dans la légitimité du système économique et du pouvoir politique.
Photo: Boris Horvat Agence France-Presse Manifestation des gilets jaunes à Marseille le 15 décembre dernier. Les gilets jaunes ont fait une brèche qui ne pourra plus se refermer dans la légitimité du système économique et du pouvoir politique.

On le sentait que ce système, qui enrichit un groupe de plus en plus restreint d’individus au détriment de la masse et génère un peu partout des despotismes, des discriminations, des dérèglements écologiques et des inégalités sociales intolérables, allait finir par éclater.

Le Printemps arabe, le Printemps érable, la crise grecque, la crise des migrants, les mouvements d’indignés, la crise du climat avaient sonné l’alarme.

La révolte des mouvements populistes avait fait craindre le pire, aux États-Unis avec Trump, en France avec Le Pen et Macron, en Italie avec le Mouvement 5 étoiles, en Autriche, en Hongrie, au Danemark, aux Pays-Bas, au Canada avec Scheer et Ford, sans oublier le Brexit au Royaume-Uni. Au Québec, l’inquiétude est venue de la montée des mouvements d’extrême droite et d’extrême gauche, aux prises sur les questions identitaires et l’immigration, le racisme et le racialisme, le nationalisme et le multiculturalisme, les minorités de toutes sortes. La vague de censure culturelle déclenchée par les controverses autour de SLĀV et de Kanata et la crise du #MoiAussi ont mis à l’avant-scène une armée de chevaliers de la différence qui ont alimenté une sorte de dénigrement du Québec et des Québécois (Quebec bashing) de l’intérieur, parfois pire que celui qui nous vient de l’extérieur.

Sous un tout autre angle, la prise de conscience de l’urgence climatique et environnementale exerce une pression croissante sur le système économique, de plus en plus perçu comme le grand responsable de cette menace qui pèse sur l’espèce humaine.

Mais deux événements majeurs ont fait basculer cette dynamique au cours de l’année 2018. L’élection de la CAQ chez nous et la révolte des gilets jaunes en France.

L’élection de la CAQ

L’élection de la Coalition avenir Québec a renvoyé dos à dos libéraux fédéralistes, péquistes désorientés et solidaires multiculturels, pour redonner la parole aux Québécois ordinaires des régions, des banlieues et des quartiers ouvriers urbains, ces Québécois qui ne sont ni indépendantistes, ni écologistes, ni révolutionnaires, mais qui travaillent fort pour arriver, qui sont fiers d’être Québécois, qui n’acceptent pas de se faire taper dessus par le Canada, l’immigration, les bobos, les chevaliers de la censure, qui refusent que la transition écologique se fasse sur leur dos et qui ne veulent plus continuer à payer pour tout le monde comme les dindons de la farce.

À l’usage, Legault a su se faire aimer, se montrer ouvert et rendre ces Québécois fiers et confiants de nouveau : il a réussi à contourner la contestation. Les trois partis d’opposition ont été réduits pour le moment à pédaler dans le vide. Le Pacte pour la transition écologique, qui s’est donné la mission de nous représenter, est en voie de s’arrimer au gouvernement Legault. Le Québec pousse un grand soupir de soulagement. N’en déplaise aux fins finauds de la gauche éclairée.

Les gilets jaunes

Mais le coup de canon dans le système, ce sont les gilets jaunes qui l’ont tiré. Ils n’ont pas fait la révolution attendue, mais ils l’ont commencée. Ils ont fait une brèche qui ne pourra plus se refermer dans la légitimité du système économique et du pouvoir politique, parce qu’ils ont remis en question leurs fondements de trois façons :

1) en mobilisant tous les gagne-petit à tous les niveaux et partout sur le territoire, avec l’appui de 80 % de la population, ils ont établi la légitimité du peuple face à celle de l’État ;

2) en contestant l’injustice d’une transition écologique qui se fait sur leur dos, ils ont mis au grand jour les inégalités sociales et le détournement fiscal intolérables que génère le système ;

3) en refusant de passer par les mécanismes de représentation reconnus par les élus, les partis politiques et la société civile, en choisissant la démocratie directe, ils ont remis à l’avant-scène le principe de la souveraineté du peuple comme fondement de l’État et ils ont échappé à toute récupération politique.

La révolution des gilets jaunes n’est pas en train de mourir dans l’oeuf, contrairement à ce que beaucoup de politiciens et de médias voudraient croire. Les concessions consenties par Macron mettront sérieusement à mal les budgets de l’État et ses engagements face à l’Union européenne. La concertation promise ne changera pas le rapport de force. En exigeant le référendum d’initiative citoyenne plutôt qu’une élection générale, comme le préconisaient Le Pen et Mélenchon, les gilets jaunes ont gardé l’initiative de la guerre. Ils ont placé Macron en garde à vue comme une marmotte traquée dans son terrier. L’état de démocratie directe n’est pas levé ni oublié : il peut rentrer en action n’importe quand, quand ils le décideront.

L’année s’est donc achevée sur un certain espoir, au Québec du moins. La révolution est un processus : elle fait son chemin envers et contre tout. Elle est bel et bien commencée avec les gilets jaunes. Le peuple, « celui sur qui s’exerce le pouvoir et qui n’a jamais la possibilité de l’exercer » (Onfray), le monde ordinaire, revient à l’avant-scène. Chez nous, la CAQ a rétabli l’équilibre des forces et la confiance chez les Québécois en général. La prise de conscience écologique, ici et ailleurs, progresse et s’ajuste à vive allure. Les astres s’alignent, mais attention à la surchauffe de la planète… et aux explosions imprévisibles.

29 commentaires
  • Réal Boivin - Abonné 3 janvier 2019 06 h 06

    Résumons:

    Aller contre la volonté populaire ( mondialisation, pacte migratoire, multiculturalisme ), conduit au désaveux des institutions par le peuple ( ou les peuples ). Le monarque porte la couronne que le peuple veut bien lui laisser.

  • Michel Lebel - Abonné 3 janvier 2019 07 h 11

    Il faut faire avec prudence des grandes réformes

    La solution: la révolution, casser la baraque, foutre le système à terre? Pour avoir quoi au bout du compte: une dictature ''populaire'' à la chinoise? Je dis: non. Les lendemains du grand soir qui déchantent sont hélas fort connus. Mieux vaut et de loin, des sérieuses réformes tant au plan interne qu'international. Notre monde est fort complexe, fort et fragile à la fois. Les guerres et les révolutions ne sont pas les bonnes solutions. C'est toujours le monde ordinaire qui alors en pâtit. Mais toute réforme démocratique est laborieuse et longue. Mais le monde est pressé, angoissé. Ainsi les régimes populistes, à solution extrême et simpliste, abondent de plus en plus. Voilà bien un réel danger pour l'humanité dans les prochaines années. Oui! Il faut absolument sortir du statu quo, mais sans tout casser, sans bafouer encore plus la dignité humaine.

    Michel Lebel

    • Raymond Labelle - Abonné 3 janvier 2019 12 h 12

      Cette taxe (0,08 euros le litre) est destinée à baisser la consommation d'essence - et à récolter des revenus pour fins écologiques. Reste à en vérifier l'utilisation par l'État, j'en conviens. De plus, elle taxe davantage le diesel, encore plus polluant.

      La hausse du prix de l'essence est un des facteurs les plus efficaces pour inciter à utiliser des véhicules qui en utilisent moins et le transport est un des éléments les plus importants d'émission des GES.

      Suite à la crise du pétrole de 1973, l'Occident s'enlignait bien vers une utilisation réduite du pétrole pour en réduire sa dépendance. C'est la raison pour laquelle la sympathique Arabie saoudite et ses amis ont adopté comme stratégie de hausser la production et de faire baisser les prix - pour contrer ce mouvement de fond. C'est suite à ces baisses que les grosses cylindrées sont devenues à la mode et que la consommation d'essence a augmenté. Bien mordu à l'hameçon saoudien.

      Bon, on pourrait peut-être moduler cette petite taxe en fonction des revenus ou du non-accès au transport en commun pour en contrer le caractère régressif, en tout cas pour les faibles revenus, mais l'idée fondamentale d'un prix élevé est excellente.

      Ici, j'ai vu des réactions irrationnelles par rapport à des hausses de prix d'essence - entre autres de la part de gens qui pourraient en économiser bien plus en ayant de plus petites cylindrées et qui par ailleurs dépensent bien mal leur argent. Culture du char? Un peu de ceci dans le mouvement des gilets jaunes?

      Il ne faudrait pas juste flatter ces protestataires et aussi rappeler que la lutte aux changements climatiques exigera des efforts dans la consommation. On pourrait réclamer une modulation des mesures, mais il ne faut jeter le bébé avec l'eau du bain.

      La grosse difficulté dans l'adoption de mesures efficaces est que tout le monde est d'accord pour que d'autres que soi-même adoptent des mesures radicales. Et des mesures efficaces exigeraient un effort de tou

    • Raymond Labelle - Abonné 3 janvier 2019 12 h 29

      Extrait d'une intervention de F. Beaulé qui va dans le sens de votre mise en garde:

      "Le peuple a élu Donald Trump. Le peuple a élu Doug Ford. Et Rachel Notley qui menace d'oublier tout effort de réduction des émissions si elle n'obtient pas rapidement de nouveaux pipelines. Mais que l'Alberta les obtienne ou non, le peuple élira un conservateur à la prochaine élection, qui s'opposera à toute contrainte sur les émissions de GES.

      En France, le peuple porte des gilets jaunes et ne veut pas payer un centime de plus le litre de gasoil.

      Le peuple veut prendre l'avion aussi souvent que les élites, qui l'en blâmera ? Le peuple veut de plus grandes maisons et des VUS, comme les vedettes de la télévision, n'est-ce pas légitime ?

      Les politiciens et les éditorialistes font dire n'importe quoi au peuple parce que le peuple est souvent incohérent." Fin de la citation.

      On peut ajouter la Hongrie, l'Autriche et d'autres.

      Le "peuple" n'est pas nécessairement tout entier aussi vilain que décrit ci-dessus. D'ailleurs, qu'est-ce que le peuple? Qu'est-ce que le "monde ordinaire"? Une entité unifiée à volonté unique? Plusieurs personnes font des sacrifices énormes... pendant les guerres.

      Quoiqu'il en soit, il est préférable de débattre des mesures de façon rationnelle en jugeant de leur effet global­. Et de trancher démocratiquement.

      Bref, il faut se tourner la langue sept fois dans la bouche avant de d'évoquer en autorité des entités comme le "peuple" ou le "monde ordinaire".

  • Claude Bariteau - Abonné 3 janvier 2019 07 h 17

    Pour Paul Valéry, « (l)a politique est l'art d'empêcher les gens de se mêler 
de ce qui les regarde »
. Que les gens s'en mêlent, ça secoue.

    Votre texte évoque des évènements de 2018 révélant l'action de gens et de groupes ayant des vues différentes des détenteurs du pouvoir qui scandaient le ryrhme de leur vie. Certes, leurs expressions défient. Mais sans inversion de l'ordre politique, elles s'inscrivent dans le champ de la contestation plutôt que dans l'action politique révolutionnaire.

    L'élection de la CAQ, qui s'inscrit dans la logique de la contestation a tout d'une alerte. Pour qu'elle se transforme en mouvement visant à renverser l'ordre établi, il faudra plus. Le même constat s'impose pour tous les événements que vous évoquez. Ils alertent, dérangent et forcent à des réalignements. Pour aller au-delà, il faut que l'alerte incite à des soulèvements de fond.

    Au Québec, selon vous, le pacte de la transition écologique annoncerait une telle irradiation grâce à une ouverture du chef de la CAQ. J'ai un peu de difficulté à vous suivre. La CAQ a mobilisé hors du Grand Montréal contre une exclusion des habitants de sa périphérie, ce qui rend difficile l'irradiation de ses vues dans ce Grand Montréal, fussent-elles associées à l'écologie.

    Cela dit, rien ne permet de penser qu'aucun mouvement ne puisse prendre forme avec pour cible le renversement de l'ordre ayant engendré un Québec coupé en deux. Un tel renversement implique, par contre, implique des visées autres et des rapprochements inédits politiquement entre Québécois et Québécoises de toutes origines.

    La CAQ n'est pas dans cette logique. Quant aux autres partis, ils sont, comme vous le dites, dans le vide.

    Seul un parti qui redéfinira le Québec de demain dans cette perspective est la porte d'entrée, une porte, au demeurant, qui est aussi celle permettant aux événements marquants de 2018 de déboucher sur un autre ordre.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 3 janvier 2019 19 h 10

      Vous dites : « … rien ne permet de penser qu'aucun mouvement ne puisse prendre forme avec pour cible le renversement de l'ordre ayant engendré un Québec coupé en deux. Un tel renversement implique, par contre, implique des visées autres et des rapprochements inédits politiquement entre Québécois et Québécoises de toutes origines. »

      Ceci m’amène à un nécessaire changement de paradigme en rapport avec l’indépendance du Québec. Depuis longtemps, deux camps principaux s’opposent, les fédéralistes d’un côté, les souverainistes de l’autre, en fait un duel entre mondialistes et patriotes.

      Mon avis est qu’il faut remettre à la mode les mots patrie, patriotes et Patriotes dans la politique québécoise. Le concept de patrie est en relation directe avec l’identité des peuples. Une identité nationale existe à divers degrés dans la psyché des personnes qui s’y rattachent, qu’elles soient sur le territoire propre de leur nation ou ailleurs dans le monde. La patrie a quant à elle une assise bien matérielle, étant le territoire où la majorité des membres de cette nation vivent.

      Cette notion de patrie en rapport avec la gouverne de l’État et en rapport avec l’indépendance devrait logiquement conduire à un nouveau paradigme dans le domaine politique, au-delà des partis traditionnels : le Regroupement des forces patriotiques, la présence d’un Mouvement Patriote et d’un Parti Patriote.

      Regroupement patriotique rassembleur, qui devra aller chercher tous les vrais patriotes, de gauche, de droite, du centre et, surtout, la cohorte des cyniques qui ont perdu toute confiance dans la politique.

      On doit actualiser l’esprit des Patriotes de 1837, qui luttaient pour la maîtrise de leurs propres affaires, pour faire du Québec un pays.

  • Cyril Dionne - Abonné 3 janvier 2019 08 h 04

    La droite comme la gauche est une pensée existentialiste

    « Wô les moteurs ». Le Printemps arabe a été repris par les islamistes pour faire la main mise sur les gouvernements des pays. Le Printemps érable, c’est les étudiants qui voulaient avoir tout gratuit; en bref, des droits sans les responsabilités. La crise grecque, une nation qui vivait au-dessus de ses moyens et au crochet de l’Union européenne et des autres. La crise des migrants; des gens qui veulent envahir les pays stables à cause de leur surpopulation volontaire. Les mouvements d’indignés, les gauchistes qui se sont trouvé une autre raison de plus pour être dans la rue. La crise du climat avait sonné l’alarme des riches tout en occultant le fait que la Chine et l’Inde sont responsables de 50% des GES mondiaux et que c’est seulement 0,1% au Québec.

    Bon. Cela dit, L’auteur de cette missive a oublié le Brexit et l’élection de Donald Trump qui sont toutes des manifestations du ras-le-bol général contre le mondialisme, le libre-échange, l’immigration de masse, les bobos, le multiculturalisme, la censure étatique et surtout, la rectitude politique. Les gilets jaunes sont des gens ordinaires qui se révoltent contre ceux qui ont tout et qui veulent le garder. La transition écologique est un mythe qui sert à procurer espoir et à garder les gens dans le rang. Les changements climatiques ne sont pas une conséquence du capitalisme, du socialisme et de tous les « ismes » de ce monde, mais bien de la surpopulation de l’espèce humaine.

    La droite comme la gauche est une pensée existentialiste. Elles n’existent pas dans le vrai monde. Elles n’existent que dans l’imaginaire de ceux qui veulent tout contrôler. Il n’y pas de meilleur exemple que la censure qui a sévit lors de SLĀV et Kanata. Elle venait de cette gauche multiculturaliste déconnectée qui prie à l’autel de la très Sainte rectitude politique. Dire à un auteur quoi dire, comment le dire et qui devrait le dire dans le processus de création artistique est aberrant. C’est le « Big Brother » incarné.

    • Jean Thibaudeau - Abonné 3 janvier 2019 11 h 41

      Cyril Dionne
      Je vous suis assez bien dans l'ensemble de votre analyse (avec quelques nuances ici et là).

      Mais sur les changements climatiques, vous passez vraiment à côté. Oui, la surpopulation fait partie du portrait global, mais laisser entendre que la production et la consommation des biens auraient peu à voir avec les dégâts déforme la réalité. L'Afrique est le continent où le taux de naissances est le plus élevé, alors que la Chine contrôle sévèrement le sien et les pays occidentaux n'ont même pas besoin d'y voir. Par tête de pipe, les pays "riches" sont infiniment les plus responsables du désastre.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 janvier 2019 12 h 30

      M. Thibaudeau. En 1960, lorsque la population mondiale était de 3 milliards, ceci, avec tous les pays occidentaux riches qui polluaient à grande échelle, personne ne parlait des changements climatiques. Aujourd'hui, nous sommes presque 8 milliards et avec à peu près 3 milliards de migrants économiques en devenir qui voudraient consommer comme nous.

      L'effet de serre tributaire de la concentration du C02 et du méthane dans l'atmosphère (le méthane a un facteur de 25 fois plus pire que le C02, bonjour Énergir) est causé par le nombre et non pas la qualité des intervenants. Qui pensez-vous utilisent le plus le charbon dans le monde, le pire des produits fossiles pour le C02? Ce sont des pays comme la Chine et l'Inde. Qui pensez-vous a le pire bilan pour la pollution atmosphérique (particules)? Ce sont des pays comme la Chine et l'Inde. Qui pensez-vous a presque complètement détruit ses écosystèmes marins et terrestres? La biodiversité est presque inexistante dans des pays comme la Chine et l'Inde.

      Oui, c’est la surpopulation.

    • Alain Pérusse - Abonné 3 janvier 2019 12 h 53

      Encore heure que vous n'ayez pas souligné la présence de George Soros derrière tous ces mouvements...

    • Jean-Henry Noël - Abonné 3 janvier 2019 13 h 29

      Monsieur Thibodeau, la révolte québécoise, oui, une simple révolte, se résume à adopter une position pusillanime sur les changements climatiques, un sujet qui dépasse l'homme : ne dépend-il pas avant tout de la domination de l'argent ? Toute révolution, quelle qu'elle soit, remet en question l'ordre économique, seul l'ordre économique. Car les inégalités économiques demeureront toujours le moteur des révolutions, un nerf qui fait défaut à la société québécoise, engoncée dans son obsession identitaire. Et si la fixation identitaire se solutionnerait aussi avec une révolution ?

    • Jean Thibaudeau - Abonné 3 janvier 2019 19 h 48

      Cyril Dionne
      Malgré vos statistiques, vous ne changez pas cette autre statistique: l'Américain moyen, le Français moyen, le Québécois moyen... polluent immensément plus que le Chinois moyen. En plus, votre exemple de la Chine est bien mal choisi, puisque ce pays est celui qui contrôle le plus sévèrement la reproduction.

      Si on n'entendait pas parler d'environnement en 1980, c'est surtout parce que Reagan et cie. ont tout fait pour étouffer la diffusion des résultats de recherches qui annonçaient déjà ce qui arrive. Le N-Y Times a publié un formidable article là-dessus il y a quelques mois (presqu'un roman par sa longueur!).

      D'ailleurs, je me souviens très bien que dans les années '60, quand j'étais au primaire, il était déjà question de divers problèmes environnementaux dont il fallait commencer à se soucier à l'école...

      Les pays en voie d'industrialisation participent certes aussi au désastre. Mais ne tentez pas de camoufler l'ÉNORME responsabilité occidentale et l'apport décisif de l'économie mondialisante néo-libérale dans la présente situation.

    • Réal Boivin - Abonné 4 janvier 2019 05 h 39

      MM. THibaudeau et Dionne,
      L'humain étant partout le même, les occidentaux étaient les plus grands consommateurs parce que c'étaient eux qui en avaient les moyens. Aujourd'hui les pays émergeants comme la Chine et L'Inde en ont aussi les moyens mais avec chacun une énorme population. Et comme tout être humain, ils consomment tant qu'ils le peuvent. Le problème est donc la surpopulation de consommateurs qui a causé le problème environnemental. Penser que les humains vont se mettre à moins consommer est une utopie. Arrêter la surproduction causerait un crash économique planétaire avec les troubles sociaux qui viennent avec l'apauvrissement des sociétés. Je ne vois pas de voie de sortie au problème environnemental.

  • Benoit Gaboury - Abonné 3 janvier 2019 09 h 07

    Le RIC (référendum d'initiative citoyenne), un projet à mieux étudier

    Excellente analyse, M. Bouchard. Il serait très intéressant qu'on étudie en profondeur ce fameux «référendum d'initiative citoyenne», si célèbre maintenant, depuis qu'il est devenu la revendication centrale des gilets jaunes, afin de mieux en connaître les avantages et les inconvénients et de bien comprendre en quoi il peut constituer un moyen de faire progresser la démocratie, comme plusieurs l’affirment. J'imagine que c'est à quoi s'emploieront très bientôt nos médias.

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 3 janvier 2019 18 h 05

      Aussi appelé référendum d'Initiative populaire. André Larocque l'examinde dans deux de ses livres: Au pouvoir citoyens et : Robert Burns, Ministre de la démocratie citoyenne. Étienne Chouard en parle beaucoup dans son blogue, Le Plan C; puis Roméo Bouchard, dans son livre Constituer le Québec, pistes pour une véritable démocratie ainsi mais un peu moins dans : Survivre à l'offensive des riches.

    • Benoit Gaboury - Abonné 3 janvier 2019 19 h 37

      Merci, M. Saint-Jarre. Je prendrai le temps de consulter ces références. Mais je ne sais pas si nous sommes très nombreux à lire les commentaires du Devoir. Aussi, ce serait bien si les journalistes du Québec se mettaient à parler souvent de la question, à en développer les arguments, pour et contre, afin que tout le monde en soit informé. Il faudrait prendre le temps de bien expliquer à tout le monde ce que sont ces référendums d'initiative citoyenne, afin de voir si vraiment cela peut améliorer notre façon de faire de la politique.