L’État québécois est-il réellement neutre?

«Aujourd’hui encore, on tente de légiférer pour préserver une prétendue neutralité sans se demander ce qu’on entend par celle-ci et si l’État est réellement neutre quant à ses citoyennes et citoyens», affirme l'auteure.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Aujourd’hui encore, on tente de légiférer pour préserver une prétendue neutralité sans se demander ce qu’on entend par celle-ci et si l’État est réellement neutre quant à ses citoyennes et citoyens», affirme l'auteure.

Lettre ouverte au premier ministre du Québec, François Legault

Neutralité et laïcité, voilà deux notions dont on parle beaucoup sans les définir. Aujourd’hui encore, on tente de légiférer pour préserver une prétendue neutralité sans se demander ce qu’on entend par celle-ci et si l’État est réellement neutre quant à ses citoyennes et citoyens ? Ce sont pourtant des questions préalables à tout débat pour qu’il ne verse pas dans la cacophonie que nous sommes contraintes et contraints de subir.

Monsieur le Premier Ministre François Legault, en arrivant ici il y a 5 ans, mon vécu m’a amenée à me pencher sur la question de la neutralité de l’État, et j’ai découvert avec stupéfaction que non seulement celui-ci n’est pas neutre, mais qu’il perpétue à travers ses appareils une discrimination structurelle envers plusieurs d’entre nous. Une discrimination par rapport à laquelle les gouvernements qui se succèdent entretiennent une omertà.

Vous voulez des faits ? J’en ai plusieurs. Aujourd’hui, il manque plus de 25 000 emplois pour les personnes dites des « minorités visibles » dans la fonction publique malgré l’adoption de la Loi sur l’équité en emploi depuis 1995.

Il manque plus de 25 000 emplois pour les personnes dites des "minorités visibles" dans la fonction publique malgré l’adoption de la Loi sur l’équité en emploi depuis 1995

Le profilage racial par les services de police dans les villes et les quartiers qui comptent une forte présence de personnes racisées et de personnes autochtones n’est plus à démontrer. Les nombreux cas de bavures policières, l’enquête qui vise plusieurs agents de la Sûreté du Québec accusés de sévices envers les femmes autochtones de Val-d’Or et bien d’autres faits dont je ne pourrais faire ici la liste exhaustive démontrent qu’il y a un problème structurel au sein des services de police.

Ces services mêmes qui ne comptent à ce jour aucune femme voilée et seulement 3 % d’agentes et d’agents issus des « minorités visibles » pour une population qui en compte plus de 13 % (statistiques de 2016). Même Montréal, qui est l’une des villes les plus multiethniques, n’échappe pas à cette norme, car seulement 11,5 % des effectifs du SPVM sont issus des minorités, alors que paradoxalement, ces dernières comptent pour plus de 30 % de la population.

Les médias et la scène culturelle québécoise souffrent d’un manque flagrant de diversité. Le rapport de la consultation sur le racisme systémique dans le milieu des arts, de la culture et des médias publié par Diversité artistique Montréal est la preuve que ce problème est loin d’être spécifique à une discipline ou à une institution en particulier, mais qu’il est bel et bien systémique.

Dans la sphère politique, la situation n’est guère enviable. Je suis d’ailleurs certaine que vous ne me contredirez pas là-dessus, car comme vous devez le constater tous les jours, l’Assemblée nationale, en Chambre comme dans ses couloirs et ses bureaux, compte une majorité écrasante blanche.

Vous vous êtes pourtant félicité d’avoir atteint la « zone paritaire » lors de vos dernières élections et d’avoir nommé un cabinet paritaire ; or, parmi vos députées et députés, combien d’élus racisés avez-vous ?

Stokely Carmichael, un militant pour les droits des personnes noires aux États-Unis, a dit : « Si un homme blanc veut me lyncher, c’est son problème. S’il a le pouvoir de me lyncher, c’est mon problème. Le racisme n’est pas une question d’attitude, c’est une question de pouvoir. »

Je crois comme Carmichael que ce n’est pas l’attitude des personnes qui importe ni leurs préjugés personnels. Mon enjeu premier n’est pas de m’assurer que chaque concitoyenne et concitoyen soit neutre par rapport à moi. Ce qui m’importe, c’est la composition de nos sphères de pouvoir, les préjugés des figures d’autorité, ainsi que les actions qui en résultent.

Nous ne pouvons avoir ce débat sur la neutralité de l’État en faisant l’économie de cette analyse.

Or, en ce moment, on ne semble se concentrer que sur les prétendus préjugés religieux en visant particulièrement les femmes musulmanes. N’est-ce pas une discrimination flagrante et sexiste ? Qu’en est-il des autres préjugés raciaux, des préjugés liés au genre, des préjugés liés aux capacités physiques des personnes ou à leur classe sociale ?

Femmes voilées

Mais revenons d’abord aux premières visées. Combien de femmes voilées sont juges, cadres de direction ou agentes dans les services de police ? Aucune. Combien de femmes voilées croisez-vous à l’Assemblée ? Zéro.

Combien d’entre elles sont éducatrices de la petite enfance ? Plusieurs. Mais savez-vous pourquoi, M. Legault ? Vos éducatrices voilées sont des femmes trop diplômées pour « la job », car la plupart d’entre elles ont emprunté cette profession par contrainte et non par choix quand les portes de leurs professions leur ont été fermées à cause de leur habit et de leur confession. Et aujourd’hui, votre projet de loi s’apprête à leur enlever le dernier rempart qu’elles ont trouvé pour vivre dignement.

Vous avez, en 2013, affirmé que vous refusiez de jouer le jeu de la stigmatisation d’une population à des fins électorales et que la charte des valeurs était un projet dangereux. Je suis d’accord avec vous, et je crois en effet que ce n’est pas en tapant sur des personnes déjà vulnérables ou en stigmatisant des communautés que nous allons croître en tant que société. Le malheureux attentat de janvier 2017 à la mosquée de Sainte-Foy nous a montré à quel point cette voie peut être dangereuse.

La discrimination que beaucoup de néo-Québécoises et néo-Québécois subissent et notre échec collectif à intégrer des milliers de diplômées et diplômés avec des années d’expérience dans leurs domaines à cause entre autres de leur confession, de leur origine, de leur couleur de peau, etc. devraient être les premiers de nos soucis. J’ose espérer, comme vous l’avez martelé à plusieurs reprises durant votre campagne, que votre objectif premier durant votre mandat sera de mieux prendre soin de vos nouvelles arrivantes et nouveaux arrivants sans égard à leurs habits, leur confession ou leur genre.

Monsieur le Premier Ministre, il faudra aussi prendre soin de plus d’un million de Québécoises et Québécois nés ici qui galèrent encore à trouver leur place à cause de leurs différences. Vous avez gagné avec la promesse de gouverner autrement et d’amener du changement. Nous attendons avec impatience de vous entendre sur les mesures que vous comptez prendre pour contrer cette discrimination structurelle et ainsi viser une réelle neutralité de l’État.

La discrimination que plusieurs néo-Québécois subissent devrait être le premier de nos soucis.

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93 commentaires
  • Réal Boivin - Abonné 28 décembre 2018 06 h 00

    Depuis 5 ans...

    Vous dites que vous êtes ici depuis 5 ans. À en croire ce qui sort de votre texte, vous avez passé votre temps à chercher les problèmes en ''militant'' ce qui est très étrange pour un nouvelle venue. Vous auriez peut être trouvé d'avantage de satisfaction en vous construisant une vie et en regardant ce que votre société d'accueil a à vous offrir. Par mon travail, je côtoie beaucoup personnes venues des quatre coins du globe et qui vivent très bien. Maison en banlieu, voiture, famille, études, comme n'importe quel individu qui est ici depuis longtemps. Peut être que vous êtes tout simplement une mésadaptée qui n'avait pas la capacité psycologique pour émigrer. Domage pour vous.

    • Nadia Alexan - Abonnée 28 décembre 2018 09 h 39

      Vous avez tort, madame Zaazaa. Nos lois ne sont pas discriminatoires. On n'a pas deux poids et deux mesures, une pour les immigrants et l'autre, pour les Québécois de souche! Les immigrants qui veulent vraiment s'intégrer et appartenir aux valeurs québécoises ont beaucoup de succès dans la fonction publique, les universités et la société en générale. Je pense à Boucar Diouf, Régine Laurent, Michaëlle Jean et beaucoup d'autres qui ont eu beaucoup de succès à cause de leur ouverture à la société d'accueil au lieu d'exhiber une amertume.
      Par contre, si vous voulez venir ici pour étaler votre religion sur la place publique pour faire du prosélytisme militant sur un peuple qui a rejeté le fardeau de la religion, vous vous trempez. Une attitude positive vous servira mieux que la récrimination d'un peuple généralement accueillant et généreux. L'ouverture à la diversité ne veut pas dire le refuge dans le tribalisme, la ghettoïsation et l'intégrisme religieux.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 28 décembre 2018 10 h 02


      commentaire émétique

    • Jean Jacques Roy - Abonné 28 décembre 2018 11 h 01

      Madame Alexan, c’est vous qui êtes dans le champ!
      La lettre de Madame Zaazaa ne s’en prend pas « AUX LOIS »... Elle demande tout simplement que L’ÉTAT soit NEUTRE et que dans les FAITS s’applique la Charte des droits et liberté.
      Madame Zaazaa ne s’en prend pas aux individus qui sont racistes et/ou xenophobes. Elle expose simplement un état de faits: la discrimination INSTITUTIONNELLE et demande en tout respect au premier ministre d’y rémédier!

      On reproche à Madame Zaazaa de prendre la parole, alors que de l’autre côté de la bouche on accuse les néo-canadiens québécois on les accuse de ne pas s’occuper des enjeux politiques...

    • André Joyal - Abonné 28 décembre 2018 13 h 43

      Monsieur Maltais-Desjardins : Les émétiques, ou vomitifs, sont des substances capables de provoquer un vomissement.
      Merci à vous et à Wikipedia de contribuer à l'enrichissement de mon vocabulaire.

      Je ne crois pas me tromper en affirmant que, cette fois, vous vous exprimez au 1er degré. Pourtant, Mme Alexan est membre de QS, Ben pour dire: l'exception qui confirme la règle de la bienpensante.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 28 décembre 2018 15 h 23

      Monsieur Joyal, mon commentaire faisait suite à celui de monsieur Boivin. Ceux de madame Alexan, je les ai lus en 2014...

  • Claude Bariteau - Abonné 28 décembre 2018 06 h 18

    Questions préalables.

    Mme Zaazaa, je note que vous militez pour contrer le racisme systémique et l'affirmation d'un féminisme différent de celui qui s'est exprimé au Québec.

    En lisant l'étallement en chiffres de vos constats depuis votre arrivée il y a cinq ans, deux questions revenaient constamment :1) qu'est-ce qui vous a motivé à venir cous établir au Québec plutôt qu'en France, en Suisse, en Belgique ou dans d'autres pays de langue française et 2) pour quels motifs avez-vous quitter le pays que vous habitiez ?

    Je vous les pose parce vous militez au Québec, une province du Canada, qui comprend une population que vous qualifiez de majorité blanche, qui a connu une histoire plus que particulière -que vous ne semblez pas connaître- et qui a cherché, avec d'autres habitants sur le territoire de cette province, de changer l'ordre politique oppressif du Canada.

    Aujourd'hui, je présume que vous connaissez tout ça. Alors, ma troisième question : entendez-vous militer pour changer l'ordre canadien ou épaulez l'ordre canadien pour mettre le Québec au pas ?

    • Cyril Dionne - Abonné 28 décembre 2018 08 h 08

      M. Bariteau, comme je suis d'accord avec vous. La réponse à vos questions est simple parce que les gens viennent ici pour la richesse, la liberté et la sécurité sociale qu'ils n'ont jamais pu parvenir à faire chez eux malgré plusieurs siècles ou millénaires. En plus, ils voudraient imposer leurs convictions aux autres.

      Pardieu ! Encore, si je n’ai pas un job dans la fonction publique, c’est une société raciste. Encore, si je ne peux pas étaler mes convictions religieuses et les imposées aux autres dans la sphère étatique, c’est une société raciste. Encore, si je ne peux me faire élire à l’Assemblée nationale parce que la majorité des gens ne sont pas d’accord avec mes convictions, c’est une société raciste. Encore, si je ne peux pas avoir un emploi avec des diplômes non reconnus et sous la norme canadienne et québécoise, c’est une société raciste. Le réflexe « Adil Charkaoui » quoi. Si on n’est pas d’accord avec leurs positions, on est certainement des racistes.

      Et on ose parler d’intégration et de neutralité. C’est le temps de faire passer votre projet de loi M. Legault interdisant les signes publicitaires religieux dans la sphère étatique. C’est assez pour nous prendre pour des « cons ». Les libéraux ont été mis à la porte par la grande majorité francophone québécoise (à part des Anglos et des minorités qui ont voté pour eux à 90% et plus comme dans les bonnes vieilles dictatures évidemment) parce que justement, les gens étaient pas mal « tannés » de se faire traiter de raciste lorsqu’on n’était pas d’accord avec eux. Il semble que certains n’ont jamais compris le sens de la démocratie et tout ce qu’elle implique. Il semble que certains ne comprennent pas que les droits impliquent aussi les responsabilités. Il semble que certains n’ont pas encore compris que ce n’est pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour celui-ci. Et ça, c’est une vérité qui les dérange.

    • André Joyal - Abonné 28 décembre 2018 08 h 50

      Très bonne questions M. Bariteau. Moi aussi, quand je me promène dans Montréal et que je suis en contact avec des néo-Québécois totalement indifférents à la culture et à l'histoire de la majorité de la population où ils se sont établis dont, trop souvent, ils dédaignent apprendre sa langue, je me demande pourquoi ils sont ici plutôt qu'à Toronto ou Vancouver.
      Mme Zaazaa souhaiterait voir des juges voilées. Ayoile! Encore faudrait-ils qu'elles étudient le droit et qu'elles fassent la preuve de la compétence que requiert la fonction. Ensuite, il va de soit, il ne leur resterait qu'à se départir de leur voile lorsq'elles exercent leur fonction, oui quelques heures par jour. Est-ce trop demander?.
      Parmi le corps policier il n'y a pas de femmes voilées tout simplement pour la même raison qu'il n'y a pas de policiers arborant une tuque du Canadien (nouvelle religion des Québécois...) ou des anciens Expos ou autres Nordiques. Je me demande si cette dame connait la signification du mot «uniforme».
      Je souhaite que l'on acorde à cette militante antiraciste un droit de réponse à la condition qu'elle accepte de nous révéler pourquoi elle a choisi le Québec si, selon elle, c'est mieux ailleurs et qu'elle nous dise où.

    • Ghisline Larose - Abonnée 28 décembre 2018 09 h 26

      Nouvellement arrivée depuis cinq ans

      Bien d'accord M. Baribeau--
      Après 5 ans , madame Zaazaa vous avez décidé de faire la morale au Québec et aux québécois à ce que je lis ici dans ce texte--- D'abord je réitère la question: *Vous venez d'où?* et était-ce le paradis dans votre patelin d'origine? Pourquoi l'avez-vous quitté? qu'est-ce qui vous a été accordé comme droit acquis en venant au Québec?
      Oui , la liberté d'expression et l'égalité des droits pour les femmes et les hommes-- Est-ce que vous auriez eu la promesse d'un emploi dans la fonction publique? est-ce un droit ça?
      Le Québec n'est pas encore le Paradis terrestre madame mais une société qui va de l'avant et qui est démocratique *en général* malgré ses défauts-- Une société où vous pouvez exercer librement votre croyance (à condition de ne pas vouloir l'imposer)-
      Croyez-vous vraiment que cette critique que vous faites vous auriez pu la faire au pays de vos ancêtres?
      Le Québec a une histoire et oui oui , une culture , vous connaissez?

      Vous vous dites féministe eh bien de quel féminisme parlez-vous? Intersectionnel? celui-là , nous sommes plusieurs à le contester--

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 28 décembre 2018 10 h 04

      Qu'elle s'en retourne donc en «Arabie» ou en Canada, au pire...

    • André Joyal - Abonné 28 décembre 2018 10 h 35

      Monsieur R.Maltais-Desjardins : pour vous lire régulièrement sur ce forum - défendant les idées de QS -, je ne doute pas une seconde qu'il faut vous lire, ici, au second degré. Oui, vous trouvez le moyen de nous ironiser. Or, j'ai en tête une chronique de Pierre Foglia, dans «La presse», il y a bien une quinzaine d'années. Une certaine Carol-Ann, originaire de Scandinavie, au Québec, elle, depuis sept ans, disait ne plus pouvoir accepter les revendications identitaires des Québécois. Préférant le multiculturalisme à la Trudeau, elle disait nous quitter au profit du ROC. Foglia terminait sa chronique d'un «So long Carol-Ann!» Alors, que ce soit pour l'«Arabie» ou le ROC, doit-on, à notre tour, dire : «So long Amel!»

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 28 décembre 2018 11 h 40

      En effet, monsieur Joyal, ce serait du «second degré» si cela ne procédait d'une exaspération au premier degré. Je crois que ni les Carol-Ann, ni les Amel ZaaZaa ni les gens qui «défendent les idées de QS», tant qu'à faire, n'ont à répondre à l'arrogance satisfaite avec laquelle on leur suggère sans y mettre souvent la moindre civilité d'aller ce faire voir ailleurs. Je veux vivre dans un pays où les droits sont reconnus aux personnes avant de l'être aux porte-étendards. Cela vaudrait pour les intégristes de tout poil, y compris pour ceux qui font sécher leurs bas de laine sur la bavette du poêle encore ce matin comme s'ils étaient les propriétaires des lieux. Vous avez tout à fait le droit de n'aimer ni les immigrants, ni les musulmans, ni les croyants en général, ni les fédéralistes multiculturalistes, ni les «quésolistes» comme dit monsieur Leblanc en espérant que la formule ait quelque fortune. Je ne suis ni l'un ni l'autre, mais je commence à trouver assez désagréables les relents de camp de bucheron qui émanent de ces chaudes accolades laïcardes dont on a un nouvel exemple ce matin.

    • Christian Koczi - Abonné 28 décembre 2018 12 h 44

      «Je veux vivre dans un pays où les droits sont reconnus aux personnes...» Et les enfants, M. Maltais Desjardins, sont-ils (et surtout elles) aussi des personnes ? Dites nous comment vous concevez leur droit à la liberté de conscience ?
      Christian Koczi
      membre QS

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 28 décembre 2018 13 h 54

      En effet, les enfants sont aussi des personnes dont le droit à la liberté de conscience n'est pas forcément moins compromis du fait que leurs parents ont des convictions qu'ils cherchent à leur transmettre. Mais pour qu'ils former leur propre jugement, il est essentiel qu'ils soient instruits de tous les choix qui se présentent en matière de croyance religieuse, ce à quoi doivent servir les cours d'ÉCR. Si vous êtes de ceux qui croient qu'il appartient aux seuls parents de les instruire du vrai, vous serez en bonne compagnie avec les intégristes religieux et les religiophobes.

    • Marc Lacroix - Abonné 28 décembre 2018 15 h 04

      Je crois, M. Maltais Desjardins, que vous ne répondez pas véritablement à la question de Christian Koczi qui me semble vouloir savoir ce que vous pensez de la question des femmes voilées, de l’inter/multiculturalisme, de l'égalité hommes/femmes/enfants et de l'expression des symboles religieux dans l'espace public... M. Koczi est un membre QS, mais tous les "solidaires" ne sont pas forcément "inter/multiculturalistes", certains sont en faveur d'une laïcité claire et nette dans l'espace public!

      https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/541203/la-laicite-ambigue-de-qs

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 28 décembre 2018 15 h 10

      En effet, monsieur Lacroix, je ne lui réponds pas vraiment. J'aimerais mieux qu'il le fasse lui-même, à moins que je ne doive interpréter votre insistance comme une sorte d'inquisition.

    • Christian Koczi - Abonné 28 décembre 2018 16 h 20

      Richard Maltais Desjardins, j'ai tenté de le faire, et ce dès 2015, mais les «autorités» ont refusé... C'est sur ma page FB, à moins que...
      CK

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 28 décembre 2018 17 h 09

      Merci monsieur Koczi. Je me permettrai de vous citer :

      « Il ne vous semble pas comme allant de soi que la liberté de conscience et de religion, garantie par la Charte, ne peut raisonnablement être exercée avant l'âge adulte? »

      Cela ne semble pas aller de soi pour les signataires de la Convention relative aux droits de l'enfant, qui dit à son article 14

      1 l Les États parties respectent le droit de l’enfant à la liberté de pensée, de conscience et de religion.
      2 l Les États parties respectent le droit et le devoir des parents ou, le cas échéant, des représentants légaux de l’enfant, de guider celui-ci dans l’exercice du droit susmentionné d’une manière qui corresponde au développement de ses capacités.
      3 l La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut être soumise qu’aux seules restrictions qui sont prescrites par la loi et qui
      sont nécessaires pour préserver la sûreté publique, l’ordre public, la santé et la moralité publiques, ou les libertés et droits fondamentaux d’autrui.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 29 décembre 2018 18 h 34

      M Kocki, vous avez bien raison d’avancer l’idée qu’avant l’âge adulte, un enfant ne devrait pas être endoctriné par les idées farfelues des religions.Il faut protéger les enfants du prosélytisme religieux à l’école, que ce soit en paroles, en comportement ou par le port de symboles religieux.

      Surtout dans le domaine religieux, qui n’est basé sur aucune base scientifique mais le plus souvent sur des croyances et tabous plus ou moins farfelus, on n'a pas le droit de laver le cerveau des enfants qui n'ont pas encore développé suffisamment leur pensée propre, leur jugement ni leur sens critique. Ni directement ni indirectement.

      Malheureusement, il y a des québécois qui se disent lucides et ouverts mais qui ne voient pas les dérives qui s'en viennent (comme dans d’autres pays européens) si on n'affirme pas fermement la laïcité dans les écoles et dans le domaine public, qui est le meilleur gage de paix sociale dans le respect réciproque de tous. La religion doit rester une affaire privée.

      Le lavage de cerveaux dans le domaine religieux, c'est ancré fort, et c'est difficile à raisonner avec ceux qui en ont souffert, car pour eux un argument logique ne vaut rien contre une croyance. C'est pourquoi il faut préserver les enfants de tout prosélytisme religieux.

  • Samuel Prévert - Inscrit 28 décembre 2018 07 h 42

    Et tous ceux qui refusent d'apprendre le français...

    il manque plus de 25 000 emplois pour les personnes dites des « minorités visibles » dans la fonction publique....

    Peut-être est-il difficile de trouver des gens qui parlent et écrivent le français et donc, qui ont choisi de vivre au Québec en tenant compte du fait français et qui ne discriminent pas les Québécois?

    • Jean Jacques Roy - Abonné 28 décembre 2018 17 h 14

      « Peut-être est-il difficile de trouver des gens qui parlent et écrivent le français« ...

      Heureusement que vous avez écrit « peut-être »... Sans mettre en doute que c’est une belle excuse!
      Sans doutes auriez-vous de la difficulté à répondre à une québécoise issue de l’immigration, qui a une maîtrise obtenue au Québec, un doctorat à l’étranger, qui écrit parfaitement français pour envoyer sa candidature à des postes qui correspondent à son expertise? Les employeurs prennent la peine d’écrire « on ne répondra que si on retient votre candidature »... et ils ne répondent pas!
      Allez donc savoir pourquoi?
      Serait-ce à cause du « français »? Voyons donc, cette personne écrit un français aussi impécable que celui de Madame Zaazaa et des québécois ou québécoise qui se disent « lettrée ».

      Serait-ce à cause que son doctorat a été obtenu à l’étranger... même si elle a obtenu une maîtrise dans une université prestigieuse du Québec? Comment savoir, puisque l’employeur ne prend pas la peine d’appeler pour une entrevue malgré un CV impeccable?

      Par contre, le nom de famille de cette personne, une femme par dessus le marché, porte un nom de famille « étranger » dans l’univers québécois, ajoutant le fait que son expérience de travail « professionnel » se situe à l’étranger!

      Madame Zaazaa signale que la grande majorité des néo-canadiens québécois et québécoises « scolarisé.es » et ayant une formation universitaire sont « discriminé.es » à l’emploi (par rapport à compétence égale aux québécois et québécoises de 2e, 3e génération d’immigration). Elle n’est pas la première personne à signaler ce fait. Est-ce à dire que ces personnes ne travaillent pas? Et non, vous retrouvez souvent ces personnes recrutées pour faire du ménage, faire des chambres dans les hôtels... et bien des travaux qui n’ont rien à voir avec leur formation.

      Alors, avec notre joual, reparlons-en de l’excuse du « mauvais » français des immigré.es!

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 29 décembre 2018 14 h 43

      @RMD " Alors, avec "notre" joual, reparlons-en etc etc".
      Ce qui revient à dire que vous vous incluez dans le "notre" joual ... tut tut tut !
      Vous généralisez un peu, beaucoup, énormément !... Tous les Québécois de langue française
      ne sont pas des adeptes du joual...J'espère que vous avez bien saisi !
      D'où l'importance de bien nommer... les choses.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 29 décembre 2018 15 h 22

      Madame Sévigny, vous vouliez me faire une fleur, en m'attribuant les propos de l'estimé Jean-Jacques Roy? Comme j'y souscris, je vous en remercie mais lui en laisserai le mérite!

  • Marc Lacroix - Abonné 28 décembre 2018 08 h 13

    Le Québec; un club Med ?

    Mme Zaazaa, curieusement, en lisant votre texte, j'ai eu l'impression que vous considériez le Québec, comme un camp de vacances et que — la population du Québec — en était le personnel. Le Québec n'est pas un camp de vacances que vous pouvez bouder l'an prochain lorsque vous ferez votre choix de destination voyage !

    Le Québec est un milieu de vie où les conditions sont plutôt bonnes, même si des choses peuvent être améliorées. Ce n'est pas au Québec de faire plaisir à "sa clientèle", car celle-ci peut avoir des droits, mais elle a aussi des responsabilités; les immigrants et immigrantes doivent faire l'effort de s'adapter. Vous pouvez avoir et défendre vos valeurs, mais la population québécoise dispose — des mêmes droits —, et en fin de compte, les gouvernements doivent faire des choix; si cela ne vous convient pas, vous avez toujours la possibilité de partir. Certaines personnes semblent chercher un pays de rêve, où elles pourront faire tout ce qu'elles veulent, malheureusement, celui-ci n'existe que dans leur imagination. Si vous désirez changer des choses au Québec, tâchez de nous convaincre, pas uniquement à nous faire la morale. Amenez des arguments, pas de bêtes statistiques, qui s'interprètent comme on veut bien les interpréter !

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 28 décembre 2018 08 h 34

    Mme Zaazaa, comme les quésolistes,

    se fait le chantre des femmes voilées.

    • Jean-François Trottier - Abonné 28 décembre 2018 09 h 15

      Je n 'ai jamais vu un parti aussi divisif que ce truc appelé QS. Bien pire que le PLQ encore! À les entendre il n'y a que des pécheurs partout, que bien sûr il faut lapider!
      Interventionnistes jusqu'au bout des pensées, intrusifs, rois du procès d'intention, toujours prêts à rejeter un discours au complet parce qu'UN SEUL MOT n'y est pas acceptable à leurs yeux... Des vieux trucs de vieux communistes y a 70 ans quoi, qui ressemblaient à s'y méprendre à nos curés quant à la morale gomme-baloune.

      Et ronflants comme dix. Ils ont prétendu avoit "ouvert le débat sur l'écologie" pendant la campagne. Boule.... Z'en ont moins parlé que le PQ et même que le PLQ, et leur plateforme est pour le moins tiède, pas fort-fort... et toujours aussi irréaliste.
      Maintenant ils seraient la "vraie opposition"! Pourquoi ? Uniquement parce que, eux, ils ont la "bonne" morale!

      Étant donné le culte de la personnalité éhonté qu'ils nous ont servi autour de Manon-la-vraie, hein...