Réchauffement planétaire: imaginer l’inimaginable

Le pétrole, le gaz et autres produits issus de la pétrochimie sont omniprésents dans notre mode de vie occidental.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le pétrole, le gaz et autres produits issus de la pétrochimie sont omniprésents dans notre mode de vie occidental.

Les mauvaises nouvelles concernant l’environnement s’accumulent à un rythme effréné. Un récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) nous met en garde contre les possibles conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 à 2 °C au cours des prochaines décennies. Pour parvenir à limiter ce réchauffement à 1,5 °C, il faudrait réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) d’environ 45 % en 2030 par rapport à celles de 2010, et par la suite atteindre des émissions nettes nulles vers 2050. Cette réduction des GES nécessiterait des transitions rapides dans les systèmes énergétiques, urbains, agro-industriels, etc. d’une ampleur jamais observée dans toute l’histoire humaine. La dernière COP24, qui s’est tenue récemment à Katowice en Pologne, a souligné une fois de plus l’incapacité des différents États d’en arriver à une entente internationale qui permettrait de réduire les émissions de GES.

Face à cette absence de volonté claire et structurée de nos gouvernants pour mettre en branle ces transitions, des initiatives citoyennes ont été lancées, parfois à grands renforts médiatiques, tel le Pacte pour la transition. Mais lorsqu’on examine de plus près les quelques engagements que chaque signataire s’engage à tenir dans les deux prochaines années, un constat saute aux yeux : notre dépendance au pétrole. En effet, le pétrole, le gaz et autres produits issus de la pétrochimie sont omniprésents dans notre mode de vie occidental : transport des individus et des biens de consommation courants, production de plastiques, textiles, engrais et pesticides, chauffage domestique, cuisson des aliments, et j’en passe. La tendance actuelle des Québécois à acheter des véhicules utilitaires sport (VUS) et des maisons de plus en plus grosses ne fait que renforcer cette dépendance.

Virage nécessaire

Il nous est très difficile d’imaginer un monde sans pétrole. Et pourtant, si nous voulons vraiment réduire notre production de GES, il nous faudra obligatoirement nous sevrer de notre dépendance à cet « or noir ». Les ressources pétrolières s’épuisant à un rythme accéléré, nous pourrions être poussés, bien malgré nous, à nous passer du pétrole dans les prochaines décennies. D’aucuns prédisent même un effondrement complet de notre système capitaliste à la suite de la disparation de cette ressource non renouvelable. C’est du moins la thèse qu’avance Harvey L. Mead, auteur du livre Trop tard. La fin d’un monde et le début d’un nouveau. Rappelons que M. Mead occupait le poste de commissaire au développement durable au sein du Bureau du vérificateur général du Québec en 2007-2008.

Je dois avouer que la lecture de son bouquin m’a profondément troublé. Après 40 années de militantisme acharné pour différentes causes environnementales, M. Mead nous explique qu’il a clairement « perdu son temps ». Il constate l’échec du mouvement environnemental, attribuable à un échec de la sensibilisation, de la mobilisation et du « profond sommeil » de nos sociétés riches quant aux répercussions environnementales d’une croissance économique sans fin. Dans son livre, M. Mead fait abondamment référence à un autre ouvrage, The Limits to Growth : A Report for The Club of Rome’s Project on the Predicament of Mankind. Écrit en 1972 par des chercheurs associés au Massachusetts Institute of Technology, ce rapport tente, à l’aide de simulations informatiques, de modéliser les interactions entre la Terre et les différents systèmes humains. Le modèle prend en compte cinq variables : la taille de la population mondiale, la production alimentaire, la production industrielle, la pollution et la consommation de ressources non renouvelables. Bien qu’en apparence simpliste, ce modèle s’est révélé plutôt juste dans sa description des tendances observées dans le temps pour l’ensemble de ces cinq variables lors de ses quelques mises à jour subséquentes. Tous les scénarios envisagés dans ce modèle conduisent à un effondrement inéluctable des écosystèmes mondiaux en considérant une croissance économique exponentielle, telle que soutenue et encouragée par le modèle capitaliste actuel.

Je ne peux affirmer si un effondrement surviendra, à l’instar d’Harvey L. Mead et autres collapsologues, ou si un mouvement social d’envergure planétaire permettra d’infléchir la dangereuse trajectoire qui nous rapproche toujours plus de cet effondrement. Mais il ne fait aucun doute qu’il y a urgence d’agir dès maintenant. Pour bien comprendre cette urgence, il m’est revenu à l’esprit la devinette du nénuphar. Imaginez que vous ayez un étang derrière chez vous, dans lequel se trouve un nénuphar. Ce nénuphar double de surface chaque jour, si bien qu’au bout de 30 jours, il aura complètement recouvert la surface de l’étang, tuant ainsi par asphyxie tous les autres êtres vivants de l’étang. D’après vous, à partir de quel jour le nénuphar aura-t-il recouvert la moitié de l’étang ? Réponse : à partir du 29e jour ! En effet, si le nénuphar recouvre complètement l’étang au 30e jour, et qu’il double de surface chaque jour, il était forcément 2 fois plus petit la veille, soit le 29e jour. En d’autres termes, vous aviez tout un mois pour vous débarrasser de ce nénuphar devenant de plus en plus encombrant, ou du moins pour en réduire la surface, et voilà que vous devez vous taper tout le boulot en une seule journée la veille de la catastrophe tant redoutée ! Dans L’écume des jours de Boris Vian, la jolie Chloé se meurt à mesure que le nénuphar logé dans son poumon grandit et que l’appartement de son fiancé, Colin, rétrécit.

Cette devinette nous rappelle que l’esprit humain se représente assez mal le concept de croissance exponentielle, et du même coup, les conséquences néfastes pouvant résulter de celle-ci. N’attendons pas d’avoir à agir dans l’urgence absolue. À partir de maintenant, il faut envisager tous les scénarios possibles, que ça nous (dé)plaise ou non, quitte à imaginer l’inimaginable.

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24 commentaires
  • Claude Coulombe - Abonné 27 décembre 2018 03 h 54

    Bon boxing day!

    Pour comprendre le mur dans lequel nous fonçons, il suffit de réfléchir deux secondes à l'absurdité d'une croissance économique exponentielle dans un système fermé comme la planète Terre avec 7.6 milliards de bonhommes / bonnesfemmes à bord.

    L'effondrement de l'économie vers 2030 (disons dans la fourchette 2020-2040), comme le prévoit la simulation informatique de Meadows qui est le fondement du rapport du Club de Rome (dont les données ont été réactualisées en 2012), ne serait pas causé par les changements climatiques mais principalement par l’épuisement généralisé des ressources et les inégalités économiques.

    Cela m’amène à un sujet tabou, que M. Mead ne fait qu'effleurer dans son livre, celui de la bombe démographique anticipée par Malthus. Il semble pourtant évident qu’au delà de notre modèle économique absurde, la crise environnementale est d'abord une crise démographique.

    Juste en biomasse, l’Humanité fait plus de 10 fois la masse de tous les gros animaux sauvages terrestres réunis. Cela fait beaucoup de monde à nourrir avec, en plus, 4 milliards de gros animaux d’élevage, ce qui donne environ 35 fois la biomasse des gros animaux sauvages terrestres.

    On parle ici de boucle de rétroaction positive, la croissance économique renforce la croissance démographique qui à son tour renforce la croissance économique qui renforce la croissance démographique, à cela s'ajoute la surconsommation, et ainsi de suite jusqu'à ... l'épuisement des ressources. Éventuellement tout s'effondre, surtout le système financier qui repose sur la confiance.

    Advenant l'effondrement de l'économie, le modèle prévoit aussi un effondrement de la population mondiale comme l'évoque à mon avis trop pudiquement M. Mead dans son livre. Si l'on se fie au modèle du club de Rome, on parle de milliards de morts. Ce serait la plus grande catastrophe que l’Humanité n’ait jamais connue.

    Nous devrions peut-être y réfléchir et surtout agir... en attendant bon boxing day!

    • André Joyal - Inscrit 27 décembre 2018 08 h 57

      Monsieur Coulombe: J'ai lu à l'époque «Halte à la croissance» et j'en ai toujours un exemplaire dans ma bibliothèque. J'ai aussi lu Malthus, dont je suis un fan, en plus d'avoir enseigné sa pensée. Récemment, dans «Le Point» Nicolas Baverez soutenait que Malthus a tout faux : la croissance économique accompagne la croissance démographie. Ce qui est vrai pour les deux derniers siècles, mais c'est à long terme - et on y arrive -, que Malthus pourrait avoir raison. Pour ce qui est du fameux rapport du Club de Rome, il a été non, sans raison, fortement critiqué. Un de mes collègues a écrit cette année là: «Malthus in = Malthus out» pour parodier «Garbage in = Garbage out». Nul autre que le grand démographe Alfred Sauvy a écrit dans «Le Monde» que ce rapport n'avait rien de sérieux. En fait, moi, je l'avais pris comme une caricature de ce qui nous attendait au tournant du siècle.Oui, une croissance infinie dans un monde limité ne peut que nous conduire dans le mur. À tout effet, deux ans plus tard, de façon plus sérieuse, le Clube de Rome revenait à la charge en faisant face à la critique.

      En ce qui regarde Malthus, on le sait, il y voyait trois facteurs susceptibles de contrer la croissance démographique : les maladies (possibilités de nouvelles maladies, ex. Ébola ou le Sida) les famines (on n'en manque pas malgré les progrès) et les guerres. Ce que je crains c'est que les Américains, pendant qu'ils sont toujours supérieurs sur le plan militaire, en profitent pour radier de la carte des centaines de millions de gens. Ne parle-t-on pas d'un second Cuba en voit de s'instaurer et ce en l'absence de la sagesse d'un Kennedy.
      On n'est pas sorti du bois. Harvey Mead a raison, quelques soient ses sources.

    • Cyril Dionne - Abonné 27 décembre 2018 10 h 06

      Vous avez raison de parler de surpopulation M. Coulombe. L’auteur de cette lettre n’en fait pas mention à moins que son allégorie concernant le nénuphar fasse allusion à la surpopulation. Et lorsqu’on mentionne le surpeuplement de la planète, on se fait traiter de tous les noms. Maintenant, imaginez pour un instant si la population de la planète était demeurée stable, disons à 3 milliards comme en 1960, est-ce qu’on parlerait aujourd’hui des changements climatiques?

      Ceci étant dit, la croissance exponentielle est synonyme de l’homme. Toujours en avoir plus par peur d’en manquer a toujours été la devise de l’humanité. Blâmer le capitalisme, c’est facile, mais pas la cause. Le communisme a eu ses relents apocalyptiques écologiques comme lorsque le régime soviétique à détourner les fleuves sibériens qui alimentaient la mer d’Aral pour l’agriculture. Ils ont réussi à l’assécher, ce qui a eu de lourdes conséquences sur la santé des habitants.

      Réduire les GES de moitié par 2030, c’est tout simplement impossible. Ici, on ne parle pas des pays occidentaux, mais bien des pays émergents qui voudront avoir leur part du gâteau. La Chine et l’Inde représentent 50% des GES d’aujourd’hui. Demain, ce sera pire. Pour le Québec et son 0,1% de GES annuel, même si on devenait plus vert que vert, ceci ne changerait aucunement l’équation climatique mondiale.

      Et c’est quoi cette manie à vouloir réduire la catastrophe climatique à seulement un scénario? L’effet de serre avec l’augmentation de la température mondiale, c’est important mais il ne faudrait pas occulter la qualité de l’air qu’on respire et la disparition de la biodiversité. Les pays du tiers monde qu’on vante de ne pas produire beaucoup de GES par habitant, eh bien, l’air y est irrespirable. Pour la disparition des écosystèmes marins et terrestres, cela est sans commentaire.

      Les conversations sérieuses sur les GES commenceront quand apparaîtront les premiers signes de la fin du monde. D’ici là, il faudra patienter.

    • Denis Carrier - Abonné 27 décembre 2018 12 h 38

      Malthus vs Pincus
      @ Monsieur Coulombe
      La bombe démographique est un problème qui ne s’applique pas au Québec. Nous somme plutôt en situation de génocide par absence de reproduction. Il faudrait aller dire cela au gens d’Afrique, par exemple au Nigeria. À beaucoup moins que deux enfants par couple, nous sommes en voie de disparition, une «espèce» menacée. La durée que prendra notre élimination volontaire variera selon le 1,27 (notre minimum atteint) le 2,1 pour stabiliser notre nombre.
      Pour ceux qui se demanderaient qui est Pincus, il est l’inventeur de la Pilule.

    • Claude Coulombe - Abonné 27 décembre 2018 13 h 10

      @André Joyal
      Aux trois facteurs susceptibles de contrer la croissance démographique (épidémie, famine, guerre) que Malthus mentionne, il faudrait ajouter l'éducation. En effet, l’éducation et l’émancipation des femmes des pays en développement seraient des solutions douces au problème démographique. En considérant cet effet, certains modèles prédisent que la population mondiale pourrait se stabiliser autour de 10 milliards de personnes vers 2050 pour diminuer ensuite par attrition (non renouvellement complet des générations). Signe encourageant, c’est ce que l’on observe dans les pays développés. Mais advenant l'effondrement de l'économie vers 2030, il semble bien que nous manquerons de temps.

      Sur un autre point, les grandes manoeuvres de Trump pour ériger un mur à la frontière mexicaine, ses investissements massifs dans la défense, et la construction de l’oléoduc Keystone XL annoncent la création de la forteresse «Canamerica», comme le mentionne encore trop pudiquement à mon goût le livre de M. Harvey Mead.

    • Claude Coulombe - Abonné 27 décembre 2018 13 h 13

      @Denis Carrier
      Je suis d'accord avec vous, la population diminue dans la plupart des pays développés.
      Le problème est qu'il y a une seule planète Terrre que nous partageons toutes et tous.

  • Serge Lamarche - Abonné 27 décembre 2018 04 h 21

    Planète des dinosaures

    La planète était chaude et s'est refroidie en enfermant le carbone et le méthane dans le sous-sol. On ne fait que libérer une dette de carbone et ramener le climat au temps des dinosaures.
    Sérieusement, il est évident que l'appât du gain dont Grenville-sur-la-Rouge peut vous parler, ne se résorbera pas de sitôt. Il faut que ça paye de s'attaquer au nénuphar. Il faut appuyer Musk et les autres électriques le plus possible. Il faut augmenter le prix du carburant pétrolier comme en France et dire aux gilets jaunes de se calmer les nerfs.
    Voilà, c'est tellement facile.

    • Claude Therrien - Abonné 27 décembre 2018 09 h 32

      Tellement facile...ah bon...

  • Raynald Blais - Abonné 27 décembre 2018 06 h 26

    Imagine

    « D’aucuns prédisent ... un effondrement complet de notre système capitaliste... il faut envisager tous les scénarios possibles, ... quitte à imaginer l’inimaginable. » (Ghislain Rocheleau)

    Remarquons que l’effondrement complet prédit par d’aucuns n’est pas celui du capitalisme, mais bien celui de NOTRE système capitaliste avec ses largesses et sa démocratie. En fait, il ne s’agit pas d’effondrement complet, mais de la mort de ce capitalisme qui nous est si cher, obligé comme il l’est et le sera, de couper dans ses miettes, de suspendre sa démocratie et de ressembler aux pays fragiles pour survivre.

    L’inimaginable serait de prédire encore la mort du capitalisme, cette fois pour une question d’énergie, alors qu'il ne peut être abattu que par un mouvement social engagé pour le renverser, tel qu’imaginé et démontré par les socialistes.

    • Raynald Blais - Abonné 27 décembre 2018 10 h 59

      CORRECTION du dernier paragraphe:

      L’inimaginable serait de prédire encore la mort du capitalisme, cette fois pour une question d’énergie, alors qu'il ne peut être abattu que par un mouvement social engagé pour le renverser comme l'histoire l'enseigne.
      Autrement, ce n’est pas la mort du capitalisme qu’il faut imaginer, mais celle de l’humanité.

  • Jean-Pierre Roy - Abonné 27 décembre 2018 08 h 15

    un effort relativement facile et immédiat

    Environ 40% de la pollution de l'atmosphère terrestre est causée par les véhicule (personnels et de transport, camions, trains, autobus, bateaux, etc...) utilisant de l'énergie fossile (hydrocarbure).

    Il est faisable dès maintenant que toutes les personnes (individus et sociétés (personnes morales)) remplacent les véhicules utilisant uniquement de l'énergie fossile par des véhicules utilisant de l'énergie électrique, ou tout au moins des véhicules dits hybrides, au fur et à mesure que les véhicules à énergie fossile sont ou doivent être remplacés, ou qu'un nouveau véhicule soit utilisé.

    Monsieur Richard, je ne comprends pas sur quoi vous fondez votre opinion à l'effet que "les véhicules à batteries ... ont un impact environnemental important qu'on essaie de cacher".

    Jean-Pierre Roy

    • Jean Richard - Abonné 27 décembre 2018 12 h 04

      Si on s'était attaqué à la voiture à pétrole pour en diminuer la consommation, on aurait sans doute réduit davantage les émissions de GES qu'en misant sur la voiture à batteries. Car il y a, avec la voiture à batteries, un impact environnemental important qu'on essaie de cacher.
      Une voiture qui consomme 4 l/100 km au lieu de 8, c'est une réduction de 50 % de la consommation de pétrole et des émissions de GES, un chiffre auquel on n'arrivera peut-être jamais avec la voiture à batterie, dont la fabrication est beaucoup plus énergivore.

      Pour réduire la consommation de pétrole d'une voiture conventionnelle, il y a trois pistes à suivre en parallèle. La première, c'est de construire des voitures plus légères, chose possible. La deuxième, c'est d'augmenter l'efficacité des moteurs, chose également possible – les Américains ayant misé là-dessus sans que ça effraie les constructeurs. Enfin, la troisième se situe au niveau de la conduite. Il y a une façon de conduire une voiture pour qu'elle consomme au minimum, quitte à ce qu'une partie du processus soit assisté (par exemple, il y a de plus en plus de voitures dont le moteur s'arrête au feu rouge sans l'intervention du conducteur).

      Mais il y a, d'abord et avant tout, une nouvelle approche à développer face à la mobilité. Actuellement, l'industrie automobile s'est attirée la collaboration de plusieurs états en vue de faire vendre des voitures, cette industrie étant parmi les plus grands acteurs de l'économie mondiale. Or, en étant complice de cette industrie pour aider à en mousser la production, les états ont tendance à retarder tous les projets de mobilité qui pourtant donneraient de meilleurs résultats. On pense bien sûr aux transports collectifs et aux transports actifs. Ce n'est peut-être pas par hasard qu'à Montréal par exemple, tout soit retardé, repoussé ou carrément abandonné. Le métro, les lignes de bus dédiées, les infrastructures cyclables : tout ça est en mode attente.

    • Serge Lamarche - Abonné 28 décembre 2018 03 h 05

      Jean Richard y va un peu trop fort quand il dit que les batteries sont plus énergivores que 50% d'émission d'une voiture au pétrole pendant la durée de vie des batteries. Ce n'est pas crédible. De plus, moins de véhicules au pétrole = moins de valeurs aux infrastructures pétrolières et à son démantèlement plus rapide. Ça urge!

  • Claude Bariteau - Abonné 27 décembre 2018 09 h 21

    À propos de l'inimaginable.

    M. Rocheleau, l'expansion du nénuphar est facilement imaginable. Le sont aussi l'augmentation de la population et le dérèglement planétaire qui s'ensuit.

    Est moins imaginable la neutralisation de la progression du nénuphar dans un étang qui ne permet pas son expansion au-delà de l'étang parce qu'on prend pour acquis que sa progression cessera un jour.

    Là se trouve le problème de fond que vous soulevez. Il renvoie au refus de restreindre l'étang et de nourrir le nénuphar.

    Or, pour infléchir la croissance du nénuphar, de telles actions s'imposent.

    Elles doivent se traduire par un refus de toutes formes d'aggrandissement de l'étang et par le refus d'alimentert le nénuphar.

    Qui peut le faire ?

    Seuls les pays actuels détiennent de tes pouvoirs et ils les exerceront seulement sous la pression des citoyens et des citoyennes qui se mobilisent pour limiter l'expansion de l'étang et cesser d'alimenter les nénuphars.

    C'est la perspective futuriste envisagée par Wallerstein.

    Elle implique l'expansion d'un nouveau modèle de développement, que seuls des États peuvent assurer en autant qu'ils refusent l'expansion de l'étang et le ravitaillement du nénuphar.

    Faut-il une unanimité pour sauver la planète ?

    Je ne pense pas en ces termes. Il faut seulement un noyau solide de pays qui s'activent dans cette direction en refusant d'abord de recourir aux produits des pays qui nourrissent les nénuphars et agrandissemnt les étangs.