Le corps de la femme, un champ de bataille politique

«Le problème n’est pas le foulard; le problème, c’est de refuser de regarder toutes les femmes comme si elles étaient des adultes», affirme l'auteure.
Photo: Getty Images «Le problème n’est pas le foulard; le problème, c’est de refuser de regarder toutes les femmes comme si elles étaient des adultes», affirme l'auteure.

Je tiens à répondre aux réactions suscitées par mon appel vidéo à ne pas stigmatiser les femmes qui portent le foulard. Un argument revient fréquemment : les religions sont une déviance sociale.

Il faut lire Yuval Noah Harari pour comprendre pourquoi les humains ont de tout temps créé des religions et des mythes : « Toute coopération humaine à grande échelle repose en définitive sur notre croyance en un ordre imaginaire : un ensemble de règles que nous croyons aussi réelles et inviolables que la gravité, même si elles n’existent que dans notre imagination. » C’est ce que le grand historien appelle une « toile de sens intersubjective : une toile de lois, de forces, d’entités et de lieux qui n’existent que dans notre imagination commune ».

Aujourd’hui, en Occident, c’est l’économisme — ou l’obsession de la croissance économique — qui forme notre principal ordre imaginaire. Nous y croyons et travaillons en masse à renforcer cet ordre, parce que c’est autour de ce dogme-là que toute la vie s’est organisée. C’est notre plateforme commune, en quelque sorte. Pour l’instant.

Le préjugé anti-religion est souvent porté par des gens qui, comme certains Québécois issus de l’immigration ou comme plusieurs de nos grands-parents, ont souffert personnellement du pouvoir religieux. C’est le mot « pouvoir » qui est important ici. C’est lui qui a marqué et blessé, pas la religion en tant que telle. Des millions de gens à travers la planète pratiquent une religion sans que le pouvoir s’en mêle : c’est le cas de plusieurs pratiquants au Québec aujourd’hui, qu’ils soient chrétiens, musulmans, bouddhistes ou que leur spiritualité soit plus individuelle.

Puis-je aller jusqu’à affirmer qu’une certaine forme de spiritualité est essentielle à la santé des humains ? Quand j’entends une femme pratiquante me dire que la présence de Dieu dans sa vie lui donne de la force, je comprends. Il m’arrive de m’imaginer que mon grand-père Robert et mon père Louis, tous deux décédés, sont avec moi à me donner de la force et de l’amour. Suis-je pour autant déviante ?

À ceux qui répondront « Non ! C’est seulement l’islam politique qui est déviant », là encore, le mot à retenir, c’est « politique ». La politique a toujours instrumentalisé ce qui pouvait lui servir. Elle est d’ailleurs fortement présente dans la frange radicale du mouvement laïciste, qui instrumentalise la laïcité, jadis censée contrer l’exclusion des minorités, pour freiner l’immigration et désigner des boucs émissaires pratiques.

Discours islamophobe

Tout cela pour s’éviter de montrer du doigt le vrai pouvoir d’aujourd’hui, les vrais coupables de notre sentiment d’oppression. Nous ne sommes ni en Arabie saoudite ni dans le Québec des années 1940. Qu’est-ce que le pouvoir instrumentalise ici et maintenant pour nous faire rentrer dans le rang, pour nous écraser, nous, les femmes ? C’est ça, la véritable question.

Le discours islamophobe qui s’est tranquillement mais sûrement creusé une niche dans notre espace public — en plus d’être extrêmement dangereux — est farci d’illogismes. Quelle est la différence, par exemple, entre affirmer que celles qui portent le foulard sont des soumises niaiseuses qui n’ont rien compris et affirmer que celles qui ne le portent pas sont des mécréantes ?

Des deux côtés, il y a une tentative de domination des femmes qui m’écoeure profondément. Le problème n’est pas le foulard ; le problème, c’est de refuser de regarder toutes les femmes comme si elles étaient des adultes. À cet égard, les « fous de Dieu » et les islamophobes ont plus en commun qu’ils ne voudraient l’admettre.

À ceux qui se préoccupent de l’oppression des femmes : vous pouvez agir. Lâchez les femmes religieuses qui vous disent depuis des années qu’elles sont en paix avec leur foulard et tournez-vous vers les lieux de la réelle souffrance des femmes au Québec.

Exigez du gouvernement qu’il finance adéquatement le milieu communautaire, les centres de femmes, les groupes d’aide aux femmes battues : la première ligne de la lutte contre les violences faites aux femmes. Sortez en appui aux victimes d’agressions sexuelles qui n’arrivent pas à faire entendre leurs voix, ou dont les accusations tombent à l’eau pour de mauvaises raisons.

Quand vous tomberez sur ces milliers d’images de femmes qui envahissent chaque jour notre regard à travers des publicités de chars, de vêtements, de maquillage, tout cela pour que des investisseurs puissent « faire la piastre », pensez aux adolescentes anorexiques et boulimiques, à celles qui passent des heures devant le miroir à se dire « je suis tellement laide », pensez à ce manque d’estime qui suivra les femmes toute leur vie parce qu’un certain ordre du monde exige d’elles qu’elles ressemblent à une mannequin photoshoppée.

La prochaine fois que vous regarderez de la pornographie, dites-vous que c’est le principal lieu où les adolescents apprendront les codes de la sexualité, à partir de 12, 13 ans en moyenne. Militez pour un cours d’éducation sexuelle qui soit donné non pas par les profs, mais par des intervenants du milieu communautaire spécialisés dans la question. Ces gens sauvent des vies.

Écrivez des lettres dans les journaux sur l’exploitation des jeunes filles en milieu défavorisé, dans l’angle mort de la police. Ce n’est pas la faute de l’islam, ça. Mais le bulletin de nouvelles s’en fout. Il continue de nous montrer des burkas à l’autre bout du monde. Parce qu’ici, tout va bien, n’est-ce pas, le sujet est réglé.

Comme l’écrivait Zola, « il y a forcément là un poison caché qui nous fait délirer tous ». Comme lui, je sais que les insultes fuseront, mais je trouve lâche de me taire.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

143 commentaires
  • Réal Larochelle - Abonné 22 décembre 2018 00 h 39

    Je suis très déçu.

    Jusqu'à ce jour je me réjouissais de vous voir être et de vous entendre sur la scène politique. Ce texte me rappelle la réaction d'une adolescente ou d'un adolescent qui tire des flêches de tous côtés pour se défendre après avoir mis les pieds dans les plats. Tous les arguments et tous les stratagèmes lui semblent bons pour essayer de se tirer du pétrin. Mais, ... parfois on s'enlise davantage malgré toutes ces efforts.
    Prenez un peu de recul s.v.p. Cessez ces ruades et permettez-moi d'avoir encore beaucoup de plaisir pour de nombreuses années de vous entendre et de vous voir bousculer l'ordre établi y compris l'ordre islamique.

    Réal Larochelle, abonné et lecteur assidu du Devoir

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 22 décembre 2018 06 h 07

      Ils seront assez nombreux, ceux qui seront trop contents de continuer à étaler leur «déception» à l'endroit de Catherine Dorion plutôt que de traiter ses idées à leur mérite. Ceux qui m'auraient lu se rappelleront peut-être que je n'ai pas été tendre, l'autre fois, parce que je trouvais qu'elle avait l'air de donner bien de l'importance à sa propre personne. Ce n'est pas le cas dans ce texte. Cela ne suffira pas à consoler les déçus? On s'en remettra.

    • Claude Bariteau - Abonné 22 décembre 2018 06 h 59

      Comme vous, M. Larochelle, ce texte me déçoit mais pour des motifs différents, les vôtres étant associés à des attentes de maturité qui vous font cibler sa personne plutôt qu’une analyse qui déplace l’angle de lecture et banalise l’enjeu en cause.

      Cet enjeu n’est ni le foulard ni le corps des femmes mais plutôt les imaginaires, la religion et l’économisme, qu’elle cite mais ne dit rient d'un troisième : la démocratie et les règles qui la valorisent avec pour visée la neutralité de l’État à l’égard des religions et du pouvoir économique.

      Ce qui chicotte une grande majorité de Québécois/es est leur peu d’emprise sur les décisions politiques qui les concernent et leur déception de devoir composer avec des imaginaires qui en font des sujets plutôt que des acteurs.

      Or, derrière ces vues, il y a un imaginaire associé au renforcement de la démocratie. Il est élagué autant par QS que les autres partis politiques même s’ils privilégient, à l’exception du PLQ, des règles assurant une meilleure représentativité des courants politiques au Québec.

      C’est à cet imaginaire que réfèrent les promoteurs de la neutralité des employé/e/s de l’État, une neutralité allant de pair avec l’expression de la diversité hors des activités de l’État. C’est aussi à cet imaginaire qu’est associée pour les Québécois/es un meilleur contrôle de l’influence des pouvoirs économiques mais aussi sur les député/e/s qu’ils élisent, ce qui renvoie aus rouages du système politique.

      Là se trouve ma déception du texte de Mme Dorion. Elle évacue de ses analyses cet imaginaire et recoure au communautarisme, un imaginaire valorisé au Canada. Ça m'est apparu le trou noir de son texte. Un trou dans lequel les Québécois/es ne voudraient pas se retrouver ad vitam aeternam.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 22 décembre 2018 07 h 55

      « Ce qui chicotte une grande majorité de Québécois/es est leur peu d’emprise sur les décisions politiques qui les concernent et leur déception de devoir composer avec des imaginaires qui en font des sujets plutôt que des acteurs. »

      On reconnait là votre préoccupation dominante, monsieur Bariteau. Qu'elle soit celle de la grande majorité, cela ne va pas de soi; en tous cas pas dans les termes où vous la posez. Ce qui va encore moins de soi, c'est le lien entre cet enjeu et la manière dont les québécois vont assister aux débats à venir et tenter de les infléchir d'une manière ou l'autre. Ce qui ne va pas du tout de soi, c'est que madame Dorion, en s'abstenant d'inscrire sa réflexion dans l'économie de la vôtre serait passée à côté de la question. Ce serait plutôt à vous qu'on pourrait faire la remarque. Il se peut bien que ce dont elle parle ici soit de quelque intérêt, nonobstant les suspicions de communautarisme que vous faites peser sur ce qu'elle dit sans en dire mot autrement.

    • Johanne St-Amour - Inscrite 22 décembre 2018 08 h 39

      Parlant de l'imposture du féminisme islamique, Zineb El-Rhazoui, survivante de la tuerie à Charlie Hebdo souligne dans un article au Figaro: «Depuis quand l'islam a-t-il des choses à nous apprendre sur la libération des femmes?» «Le concept d'islamophobie est surtout un outil discursif qui consiste à faire taire toute critique envers la religion musulmane, à l'extraire à la raison. D'ailleurs l'islamophobie n'existe pas en terre d'Islam, là où la théocratie islamique a le pouvoir coercitif, puisque les islamistes disposent de mieux: le délit de blasphème, d'apostasie ou d'insulte à la religion. Mais depuis quand la foi est race?»

      Elle parle aussi de cette extrême gauche collaborationniste: «Il y a aussi une partie de l'extrême gauche qui passe tout aux islamistes parce qu'elle est suffisamment condescendante (et manque surtout d'intelligence politique) pour considérer les «musulmans» comme un nouveau prolétariat. Il suffit de voir le sort réservé aux communistes par les régimes islamistes pour battre en brèche ce postulat. Il suffit aussi de rappeler que l'idéologie islamiste est financée par les plus riches de ce monde: l'Arabie saoudite et le Qatar, pour se rendre compte de la bêtise politique de cette extrême-gauche. Il y a aussi une partie du mouvement féministe, qui admet le voile comme une «liberté» alors qu'il sert de technique de marquage visuel non pas de celles qui le portent, comme elles le prétendent en France, mais de celles qui ne le portent pas dans les pays où il est obligatoire légalement ou socialement.»

      L'«inintelligence politique» de C. Dorion se traduit par une vision altérée de l'hypersexualisation des femmes: le voile et le contrôle du corps des femmes par les religions en fait aussi partie sans compter une ignorance des objectifs du féminisme islamique. Aveuglement qu'elle mêle à une incompréhension de la laÏcité, accusant ses tenants de laïcistes, le tout épicé d'une idéologie économique floue!

    • Claude Bariteau - Abonné 22 décembre 2018 08 h 42

      M. Maltais Desjardins, vous me cherchez noise sans dire un mot sur le fond de mon argumentaire. Je reconnais là l'art que vous pratiquez.

      Relisez le texte de Mme Dorion. Elle avance que le problème avec le foulard, c'est que les femmes qui le portent sont considérées des femmes soumises. L'affirmant, elle ne pousse toutefois pas sa réflexion sur les femmes actrices et les hommes acteurs. L'ayant fait, elle n'aurait pas construit son propos dans une perspective féministe et n'aurait pas fait écho au communautarisme.

      C'est mon hypothèse à l'appui des vues des habitants du Québec qui prônent une approche politique qui viserait à mettre au pas les dérives actuelles pro-économie comme les dérives pro-religion d'hier. Or, une telle approche, vous le savez, est un impensé tel qu'il conduit même à avancer, ce que vous laissez entendre, que ce n'est pas aussi simple parce que c'est plus complexe. J'ai entendu souvent de tels propos chez mes confrères universitaires.

      Cela dit, sachez qu'il ne s'agit pas de ma préoccupation dominante, ni de ma marotte, mais une lecture que les politiciens et des analystes se complaisent à banaliser, question de maintenir leur ascendant sur les habitants. Si j'avance cette lecture, c'est ce que j'ai noté des propos des gens des milieux que je fréquente. un ras-le-bol de ce qui se passe en politique au Québec.

      Quand je demande comment faire pour que ça ne soit pas ainsi, il y a un silence. Ne faudrait-il pas changer envisager un nouveau système ? est alors la question que je pose. La réponse est OUI, mais à ce « OUI », il manque un imaginaire.

      Pourquoi manque-t-il ? J'ai trouvé la réponse dans les blocages à l'égard de la construction de cet imaginaire qu'il apparaît chez les tenants du pouvoir quelque chose de suspect. Je ne dis pas que c’est que vous faites en mettant en doute mes vues. Mais des spécialistes en blocage seraient enclins à s'en réjouir.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 22 décembre 2018 09 h 04

      Monsieur Bariteau, j'aurai toujours l'air de vous manquer de respect à chaque fois que, pourtant, c'est ma curiosité qui me donne l'air de m'impatienter.

      « Il est élagué autant par QS que les autres partis politiques »

      Vouliez-vous dire éludé?

      « C’est à cet imaginaire que réfèrent les promoteurs de la neutralité des employé/e/s de l’État »

      Il me semble que les promoteurs ne constituent pas un bloc si homogène et que la neutralité qui est promue n'a pas un sens si univoque que vous le suggérez.

    • Claude Bariteau - Abonné 22 décembre 2018 09 h 17

      J'utilise « élaguer » au sens où cet imaginaire, qui devrait être au coeur d'une démarche visant à renforcer la démocratie, est rejeté comme inutile et secondaire.

      Je ne dis pas que les promoteurs de la neutralité des employé/e/s de l'État constituent un bloc homogène. C'est vous qui avancez qu'ils ne le sont pas. Si vous placez cette phrase dans l'ensemble de mon argumentaire, vous devriez en déduire que ces promoteurs ont une intention et que celle-ci demeure de cet ordre en l'absence d'un imaginaire construit par des débats.

    • Marc Lacroix - Abonné 22 décembre 2018 09 h 39

      M. Bariteau, mon opinion va dans le même sens que la vôtre, Catherine Dorion cache — une importante partie du problème sous le tapis — et elle aimerait que tous, nous fassions de même !

      La question "du voile" évoquée ici n'est pas une question de mode, elle constitue un symptôme face au communautarisme et aux symboles religieux. Comme vous le dites, cela provient de notre dépendance face au système législatif hérité des Britanniques. Cette acceptation de symboles religieux (kirpan, kippa, voile, turban...) portés par des gens — en position d'autorité — ne passe pas, cette imposition de valeurs individuelles — religieuses — projetées dans l'espace public choque bien des Québécois(es). Symboles religieux, multiculturalisme, fragmente la société en multiples clans que seul l'ancien Empire britannique parvenait à maintenir réunis, mais tout cela est remis en question dans le Royaume-Uni et l'Europe en général.

      Je ne vois pas pourquoi, le peuple québécois devrait accepter l'imposition dans l'espace public de symboles religieux. D'une part, un principe comme celui — d'égalité homme/femme —, est accepté par presque tous les Canadiens(nes), mais au nom de valeurs religieuses (au fondement discutable et arbitraire) il faudrait accepter que des professeures portent des symboles de soumission — de l'Islam politique — qui place les femmes en position d'infériorité... En principe, pour les gens d'ici, un prof, c'est un prof, pas un prof juif, musulman..., un policier ou une policière ont le même rôle et des uniformes similaires, peu importe leur foi ! Les symboles religieux n'ont pas de place dans l'espace public, comme les droits à géométrie variable sont incohérents (turban, casque de moto, uniformes en fonction de la religion...)!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 22 décembre 2018 10 h 04

      Monsieur Bariteau, j'avoue que je suis un peu largué (on sera d'accord, je suppose...). Je ne vois pas en quoi il me reviendrait de clarifier votre propos. Je serai bien heureux de vous suivre si vous y ajoutez. Pour l'instant...

    • Céline Delorme - Abonnée 22 décembre 2018 10 h 32

      Bien d'accord avec M Larochelle: Etant une sympathisante de QS: je suis bien déçue par ces déclarations de Mme Dorion qui sont l'exemple typique de ce qu'on appelle le populisme de gauche: Comment éviter de délibérer des vrais enjeux: changer de sujet, et démoniser ou insulter ceux qui ne sont pas d'accord. C'est un bien triste héritage après Françoise David.

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 22 décembre 2018 13 h 02

      Qui sortira gagnant de cette dispute entre Barriteau et M-Desjardins, un duel en champ clos peut-être? je plaisante bien sûr...

    • Jean-Henry Noël - Abonné 22 décembre 2018 16 h 31

      Quel charabia ? De quoi s'agit-il ? Il me semble qu'il y a un tas de gens qui se complaisent dans leur nombrils. La députée a dit : Occupons-nous des femmes québécoises. Les femmes vivant dans des théocraties, ce n'est pas notre affaire ! Quant à celles qui portent la voile au pays du Québec, ce n'est pas votre affaire non plus. Il s'agit, car vous ne comprenez pas, d'une affaire de religions. Attaquez-vous aux Évangélistes. C'est la même chose moins le voile.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 22 décembre 2018 18 h 03

      @ Monsieur Larochelle
      Vous accusez d’adolescent l’analyse de Madame Dorion! Serait-ce parce que vous n’avez pas su lire où parce que ce texte dépasse votre intelligibilité? Arrêtez-vous au moins à sa conclusion.
      « À ceux qui se préoccupent de l’oppression des femmes : vous pouvez agir. Lâchez les femmes religieuses qui vous disent depuis des années qu’elles sont en paix avec leur foulard et tournez-vous vers les lieux de la réelle souffrance des femmes au Québec.

      Exigez du gouvernement qu’il finance adéquatement le milieu communautaire, les centres de femmes, les groupes d’aide aux femmes battues : la première ligne de la lutte contre les violences faites aux femmes. Sortez en appui aux victimes d’agressions sexuelles qui n’arrivent pas à faire entendre leurs voix, ou dont les accusations tombent à l’eau pour de mauvaises raisons.

      Quand vous tomberez sur ces milliers d’images de femmes qui envahissent chaque jour notre regard à travers des publicités de chars, de vêtements, de maquillage, tout cela pour que des investisseurs puissent « faire la piastre », pensez aux adolescentes anorexiques et boulimiques, à celles qui passent des heures devant le miroir à se dire « je suis tellement laide », pensez à ce manque d’estime qui suivra les femmes toute leur vie parce qu’un certain ordre du monde exige d’elles qu’elles ressemblent à une mannequin photoshoppée.« 

    • André Joyal - Inscrit 22 décembre 2018 22 h 34

      Très juste M.Larochelle: Notre artiste-députée maîtrise mal l'art de la nuance quand, à partir d'une vision bipolaire, elle écrit: «À cet égard, les « fous de Dieu » et les islamophobes ont plus en commun qu’ils ne voudraient l’admettre». Moi qui suit opposé au port du foulard dans les garderies et les écoles PUBLIQUES, je serai donc islamophobes tout en fréquentant régulièrement des musulmans. Je serai donc malheureux la prochaine fois que j'irai en Algérie ou encore au Maroc d'où je viens de recevoir une invitation pour faire une conférence lors d'un colloque qui aura lieu au printemps. La lecture de «Sapiens» n a pas heurté mes convictions, mais je reconnais à tout lemoins notre artiste-députée fréquente apparemment de bons auteurs.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 23 décembre 2018 20 h 39

      J'ai un ami musulman...

  • Jacques Gagnon - Inscrit 22 décembre 2018 01 h 07

    Du foulard à vous

    Personne ne demande à vous taire, le foulard n'est pas Dreyfus, et Zola est certes un bon exemple à suivre. Les religions sont des systèmes d'exclusion, et non de coopération humaine, à ne pas confondre avec la spiritualité. On ne peut vous en vouloir aussi de confondre islamisme, une idéologie politique, et religion musulmane. Votre confusion relève de la même ignorance que celle du « discours public islamophobe ». Mais vous avez raison, il est déplorable que l'on stigmatise les musulmans. Cela s'explique cependant par cette difficulté de comprendre que la religion musulmane est prise en otage par l'islamisme, et caricaturée de façon terrifiante par les Saoudiens, les Talibans, Daech et même les Iraniens. Pas facile pour le peuple de faire la différence, surtout que nombre d'observateurs éclairés croient en une réelle menace.

    Il n'est pas nécessaire de condamner ceux qui refusent les religions pour dénoncer le sort de femmes exploitées, et de mépriser ceux qui manifestent une méfiance justifiée par l'abondance d'exactions effrayantes des islamistes. Nous ne sommes pas non plus dans une atmosphère empoisonnée de l'époque de Dreyfus. Malheureusement pour vos bonnes intentions, elles ne seront pas portées par le martyre par lapidation d'insultes.

  • Jacques Desmarais - Abonné 22 décembre 2018 01 h 14

    Magistral!

    Magistral au sens de la magie. Place à la magie, disaient les refusards et les refusardes?
    Ils et elles clamaient aussi : Place à l’amour! Places aux nécessités!
    Merci Catherine Dorion!

  • Nadia Alexan - Abonnée 22 décembre 2018 01 h 32

    Je n'ai jamais vu une telle arrogance!

    Encore une fois, vous démontrez que vous n'avez rien compris de tous les commentaires à votre égard, madame Dorion. Votre arrogance est incroyable. Vous n'avez aucune humilité. Vous continuez à donner des leçons à vos compatriotes de votre tour d'ivoire en mélangeant tous les enjeux.
    Premièrement, la laïcité se traduit par une séparation entre l'église et l'état par respect de toutes les religions. La neutralité de l'état se traduit par une réserve de la part de ses agents. On n'a pas besoin d'afficher nos croyances au seine de la fonction publique.
    Deuxièmement, nous dénonçons, comme vous, la préséance de «l'économie» et le dogme du néolibéralisme.
    Troisièmement, la laïcité n'a rien à faire avec l'immigration. Personne n’est contre l'immigration pourvu que les nouveaux arrivés s'intègrent bien, sans le recours au communautarisme .
    Quatrièmement, une critique des religions et des valeurs obscurantistes n'a rien à faire avec «l'islamophobie» un outil utilisé par les islamistes pour museler toute critique de la religion.
    Cinquièmement, le voile n'est pas un morceau de tissu anodin. Il est le port étendard d'un Islam politique et totalitaire, qui utilise le corps de la femme pour faire du prosélytisme.
    Sixièmement, je ne comprends pas comment vous accusez tout le monde de regarder la pornographie!
    La violence faite aux femmes ne provient pas de la laïcité. Vous devriez constater la misère des petites filles de 5 ans, obligées de porter le voile à la maternelle. Les petites filles qui n'ont pas le droit d'assisté aux cours de gymnastique et de natation à l'école, à cause de leurs parents intégristes. Cela se passe ici au Québec, pas en Arabie saoudite!
    Nous nous sommes pas dans le Québec des années 1940, mais malheureusement, l'Arabie saoudite finance les organisations islamistes ici, chez nous, pour imposer leur intégrisme wahhabite sur les femmes.
    Vous faites de l'aveuglement volontaire, madame Dorion, et vous faites du tort à toute la communauté musulm

    • Gilles Delisle - Abonné 22 décembre 2018 09 h 56

      Enfin,
      Voilà le commentaire que j'attendais et qui donne la seule réplique valable et complète à cette dame de Québec du comté de Taschereau, si je ne m'abuse, qui nous écrit un commentaire dans un francais laborieux, sur la laicité, la religion, les signes religieux, la pornographie etc. etc.
      J'espère que cette dame vous lira, comme elle aurait dü lire celle de Mme Lesbet, parue il y a quelques jours! Merci Mme Alexan de votre commentaire pertinent et instructif , comme toujours.

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 22 décembre 2018 10 h 01

      Le dialogue exige de pouvoir développer un discour nourri par ce que l'interlocuteur propose. Vous répétez votre monologue depuis au moins le défunt projet de Charte et démontrez ainsi que vous demeurez dans le monologue, là où Mme. Dorion s'évertue à proposer des arguments et à approfondir les arguments adverses.

      L'arrogance n'est pas où vous la voyez.

    • Denis Blondin - Abonné 22 décembre 2018 10 h 06

      Madame Alexan

      Vous faites partie des personnes qui ont de bonnes raisons de faire une fixation sur le voile musulman. Dès lors, vous décrétez qu'il est « le porte étendard d'un islam politique et totalitaire, qui utilise le corps des femmes pour faire du prosélytisme ».

      À vous entendre, il faudrait croire que l'argent de l'Arabie saoudite possède un pouvoir magique lui permettant de dicter la conduite des femmes du Québec qui portent le voile. Pour soutenir une telle explication, il faudrait commencer par interroger au moins un échantillon de femmes voilées. Sont-elles oui ou non les jouets d'hommes puissants qui leur dictent leur conduite? Si non, le message qu'elles veulent porter est-il vraiment celui de l'Islam politique?

      Ce dont je suis certain, c'est que très peu d'entre elles confirmeraient votre théorie. Celles qui sont plus âgées et qui ont grandi dans une culture musulmane vous diraient sans doute qu'elles le font parce que cela correspond aux valeurs familiales, communautaires ou religieuses auxquelles elles ont toujours souscrit. Parmi les plus jeunes, en particulier celles qui ont été élevées au Québec, je suis également convaincu qu'un bon nombre vous diraient qu'elles utilisent ce symbole pour adresser à la culture occidentale dominante un message de contestation: contre les valeurs dominantes de l'individualisme, du matérialisme, de l'argent, etc.

      Quelles que soient les réponses des femmes voilées, le seul fait de les interroger vous obligerait à mettre de côté votre théorie voulant qu'elles ne soient que des corps facilement appropriables et manipulables par une sorte de démon masculin appelé l'Islam politique.

      Je crois que c'est aussi ce que Catherine Dorion a tenté de vous expliquer, à vous et à bien d'autres.

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 22 décembre 2018 13 h 42

      «La violence faite aux femmes ne provient pas de la laïcité. Vous devriez constater la misère des petites filles de 5 ans, obligées de porter le voile à la maternelle. Les petites filles qui n'ont pas le droit d'assisté aux cours de gymnastique et de natation à l'école, à cause de leurs parents intégristes. Cela se passe ici au Québec, pas en Arabie saoudite!» (Nadia Alexan)

      Mme Dorion semble inconsciente du tort qu'elle fait aux femmes voilées, effacées.

      Mais qu’est-ce que c’est que cette peur de la femme au point de vouloir l’effacer de l'espace public comme être humain?

      Ce n'est pas les « kufr» (incroyants et infidèles) qui obligent ces petites filles à se vêtir ainsi, mais bien leurs pères, leurs maris ou leurs frères afin, pensent-ils, de les dérober au regard concupiscent des autres hommes.

      Est-ce à dire que les hommes ultrareligieux, étant trop faibles pour résister à une chevelure, à un petit bout de chair, ou trop hypocrites pour s’interroger, ou encore trop «innocents» pour se maitriser, rejettent sur la femme, devenue seule coupable de leurs propres pulsions, leurs propres désirs de luxure? N’est-ce pas là aveu de faiblesse?

      Le voile, le tchador et autres vêtements pour cacher, en tout ou en partie, le corps de la femme est bel et bien la démonstration d’une religion machiste et patriarcale qui rend la femme responsable de la faiblesse des hommes.

      -

      La féministe algérienne Khalida Messaoudi (ex-ministre de la culture) allait encore plus loin en comparant le hidjab à une pièce de tissus significative.

      On porte le voile ou le hidjab parce que «l’on ne se rend pas tout à fait compte de ce qu’il signifie, et qu’on a peur, très peur de la loi des hommes. Mais ce n’est pas une explication suffisante. Quand j’étais professeur [de mathématiques] et que je voyais voilée, une fille découverte la veille encore, j’étais horrifiée mais interpellée. Je crois avoir compris depuis pourquoi les intégristes sont puissants».

      Mme Messaoudi ajo

    • Jean-Charles Morin - Abonné 22 décembre 2018 14 h 01

      @Denis Blondin, qui prétend:
      "... il faudrait croire que l'argent de l'Arabie saoudite possède un pouvoir magique lui permettant de dicter la conduite des femmes du Québec... Ce dont je suis certain... Je suis également convaincu que..."

      L'argent de l'Arabie saoudite a certainement un quelconque pouvoir et prétendre à un quelconque effet, sinon ces généreux commanditaires n'en enverraient pas.

      Et vous, combien de femmes musulmanes voilées avez-vous interrogées pour soutenir vos éminentes certitudes?

    • Lucien Cimon - Inscrit 22 décembre 2018 15 h 34

      Dorion fait non seulement de l'aveuglement volontaire, elle fait des amalgames et met sur un même pied des arguments qui sont d'ordres différents: des entourloupettes intellectuelles qui sont dignes de la forme la plus acomplie de la démagogie.
      Ainsi, ce n'est pas parce qu'on est contre un symbole islamiste intégriste comme le foulard que plusieurs femmes portent par contrainte ou par militantisme islamiste qu'on est pour le système économique qui asservit les citoyens ou pour les autre formes d'exploitation de la femme. Quelqu'un d'honnête intellectuellement ne se permet pas de tels raccourcis, surtout s'il est qualifié comme Dorion prétend l'être. Mélanger tous les niveaux d'arguments, toutes les sortes de combats pour égarer le lecteur, l'éloigner du sujet qui pose problème ne peut constiuer une preuve qu'elle a raison de défendre ce qui doit être combattu.
      Culpabiliser ceux qui ne pensent pas comme elle ne peut servir d'argument.
      Qu'a-t-elle à dire contre les arguments de Leila Lesbet, de Rachida Abdouz, de Jemila Benhabib et de toutes ces femmes qui témoignent des souffrances que ces propagandistes de l'islam politique causent aux personnes et aux sociétés où ils sévissent?
      C'est de ça dont il est question ici, Madame Dorion, pas des multiples causes louables qui sont les sujets d'autres combats légitimes que vous n'êtes pas la seule à connaître, des causes où plusieurs plusieurs, hommes et femmes, s'impliquent concrètement, pas seulement en sermons vertueux.

  • Marie Nobert - Abonnée 22 décembre 2018 01 h 58

    Dans une «conversation» privée...

    On peut passer «du coq à l'âne», ergoter sur la recette de «la poule au pot», voire même passer du «coq au vin» (ouille!) quand ça commence à déraper, etc., mais, car il y a toujours un mais, il faut éviter le fatras sinon c'est le «foutoir». Bref. Quand je lis les pénultième, antépénultième, préantépénultième, je me dis que «Zola» avait raison et qu'« il y a forcément là un poison caché (pas certain de ça!)) qui nous fait (fera) délirer tous ». Misère!

    JHS Baril

    Ps. Espérons que ses «Doc's», tuque, «gaminet» et «char» sont «carboneutres» et «équitables»! (!) Plein cauchemar. Question. Qui mène le «bal» à QS?