Lettres: Financement des universités, que chacun joue son rôle

Parlons des vrais enjeux. Il n'y a aucune société au monde où l'État est assez riche pour assumer à lui seul les coûts d'un système universitaire devant garantir qualité et accessibilité. Et alors, qui d'autre doit participer à l'effort? Les étudiants? Le privé? Les divers ordres de gouvernement? Notre réponse est simple: il s'agit de trouver un meilleur équilibre parmi tous ces joueurs.

Si le gouvernement doit demeurer un joueur important, il doit aussi faciliter l'accès aux fonds disponibles, à la philanthropie — par des mesures fiscales appropriées — et à des partenariats avec le secteur privé, associés à la mission de l'université. Quant aux droits de scolarité, tout en reconnaissant qu'aucun étudiant québécois, qualifié sur le plan intellectuel, ne devrait se faire refuser l'accès à l'université pour une question d'ordre financier, nous croyons qu'une hausse, s'il y en a, devrait être accompagnée d'une aide financière accrue pour ceux qui en ont besoin.

Nous avons tous d'excellentes raisons pour nous justifier de refiler la facture aux autres. Les étudiants, comme en témoigne la lettre parue dans Le Devoir le 3 mai 2004 en réponse à la mienne en date du 22 avril, ne cèdent pas leur place.

Pourtant, ils sont parmi les premiers concernés. Mais à vrai dire, nous sommes tous concernés: nous reconnaissons tous la nécessité d'avoir un système universitaire de haut niveau; nous éprouvons tous des difficultés financières; nous subirons tous les conséquences désastreuses du sous-financement s'il se prolonge ne serait-ce que de quelques années. C'est pourquoi il est urgent d'agir et essentiel d'agir ensemble.

Si nous ne réagissons pas rapidement et énergiquement, nous affaiblirons gravement notre système universitaire et, par voie de conséquence, l'ensemble de la société québécoise au moment où sa croissance, voire sa survie, dépend de sa capacité à affronter la concurrence mondiale.