Lettres: Fusions, ne pas revenir en arrière

J'ai 23 ans, j'ai grandi en banlieue, principalement à Boucherville. Les fusions, tout comme plusieurs de mes concitoyens, m'ont beaucoup choqué au départ, principalement parce qu'elles étaient forcées et sans consentement public.

Mais, avec le recul, je crois qu'il serait ridicule de revenir en arrière, surtout vu les coûts immenses déjà engagés. Par contre, le but premier de cette lettre n'est pas de parler des fusions forcées, du moins pas directement. Je peux comprendre les résidants de l'ancienne ville de Saint-Bruno-de-Montarville qui désirent faire connaître leur opinion. J'ai, de toute ma jeune vie, été un fervent des manifestations pacifiques, mais aujourd'hui un événement m'a profondément choqué, une manifestation en voiture. Connaissez-vous une meilleure manière de démontrer à toute la population que les gens de Saint-Bruno ne pensent qu'à leurs intérêts personnels? Je m'interroge sur le bien-fondé de polluer en groupe pour essayer de protéger un prétendu paradis loin de la pollution de Montréal et Longueuil.

Donc, je crois que les défusionnistes ont atteint aujourd'hui un point de non-retour, ils ont perdu la possibilité que je sois en accord avec eux, car, avant de penser à nos petits problèmes personnels, je crois que nous devrions essayer de nous préoccuper un peu plus de notre planète. Et je ne parle pas seulement du bac de recyclage, qui semble soulager la conscience de beaucoup de personnes. L'important n'est pas que nos enfants grandissent à Saint-Bruno, Longueuil, Boucherville ou bien Montréal, mais bien qu'ils puissent grandir sans avoir peur de sortir à l'extérieur dans «un monde trop pollué».

Merci bien de laisser de côté vos guerres de clôture pour permettre à notre planète de pouvoir nous porter encore longtemps. Tant qu'à perdre de l'argent à défusionner, pourquoi ne pas l'investir dans l'environnement, la santé ou l'éducation?