Coincés dans les griffes de la mondialisation!

En favorisant une productivité spécialisée à grande échelle dans les pays les plus avancés technologiquement, la mondialisation créa de multiples poches de chômage, notamment là où la production n’avait pas su évoluer suffisamment pour y participer.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne En favorisant une productivité spécialisée à grande échelle dans les pays les plus avancés technologiquement, la mondialisation créa de multiples poches de chômage, notamment là où la production n’avait pas su évoluer suffisamment pour y participer.

À la fin du XXe siècle, tous semblaient d’accord sur une chose : la nécessité d’ouvrir les marchés au-delà de nos frontières ! C’était là, pensait-on, la voie royale à suivre. Grâce aux nouvelles facilités en matière de communication et de transport notamment, le commerce international était à portée de main. Aussi, se disait-on, pourquoi ne pas en profiter ?

Cette mondialisation a alors permis à bien des nations d’avoir droit à une croissance économique accrue. Le seul hic est que ce progrès économique s’est fait aux dépens du progrès social qui s’est vu entre-temps plombé.

En effet, en favorisant une productivité spécialisée à grande échelle dans les pays les plus avancés technologiquement, la mondialisation créa de multiples poches de chômage, notamment là où la production n’avait pas su évoluer suffisamment pour y participer.

Dès lors, des populations entières se sont mises à se déplacer croyant trouver dans certains pays avancés ce qu’elles avaient définitivement perdu chez elles, soit leur participation par un travail au pouvoir économique.

Mais cette migration massive n’est qu’un élément parmi d’autres du vaste casse-tête mis en place par la mondialisation. La détérioration de l’environnement par nos déchets en fait également partie.

Il faut voir que la concurrence féroce des marchés mondiaux crée une production outrancière, une surproduction qui, alimentée par d’habiles campagnes de publicité, se voit malgré tout éponger par le consommateur à travers l’achat de toutes sortes de produits la plupart du temps non recyclables. Or, ce sont malheureusement ces produits que l’on retrouve aujourd’hui flottant à la surface de nos océans.

Autre exemple, le transport constant de marchandises d’un bout à l’autre de la planète qui exige d’énormes ressources énergétiques, notamment en pétrole. Ce qui évidemment contribue au réchauffement climatique par une hausse marquée des gaz à effet de serre.

Cela sans compter les nouveaux besoins de mobilité du travailleur, qui se voit contraint de voyager de plus grandes distances pour son travail, là précisément où se concentre le nouveau type de production.

Démission politique

Malheureusement, face à ce ballet de marchandises et de personnes, nos politiciens ont aujourd’hui peu ou pas de pouvoir. Signant en notre nom des accords de libre-échange prétendument prometteurs, ils se sont piégés en devant les respecter scrupuleusement sous peine de graves sanctions économiques. D’où de nombreuses pertes d’emplois chez nous !

Malheureusement, face à ce ballet de marchandises et de personnes, nos politiciens ont aujourd’hui peu ou pas de pouvoir. Signant en notre nom des accords de libre-échange prétendument prometteurs, ils se sont piégés en devant les respecter scrupuleusement sous peine de graves sanctions économiques.

À la suite de cela, comme citoyens et comme consommateurs, la question qui se pose maintenant est celle-ci : en préférant l’accès à une multitude de biens « beaux bons pas chers » grâce à la concurrence internationale, n’avons-nous pas signé notre arrêt de mort, non seulement en participant au gâchis environnemental et social qu’il crée, mais également en privant nos politiciens de tout pouvoir d’améliorer le sort de ces travailleurs laissés pour compte ?

Chose certaine, ce n’est pas en faisant mine de bienveillance avec l’accueil de quelques migrants, en recyclant nos bouts de papier ou encore en signant de jolis pactes de transition que nous changerons quoi que ce soit aux énormes problèmes que la mondialisation crée. Et ce qui se passe présentement en France est peut-être le prélude à ce qui se passera bientôt ici.

Tant et aussi longtemps que nous accepterons aveuglément cette concurrence sauvage des libres marchés mondiaux, les problèmes se répandront non seulement ailleurs dans le monde, mais également chez nous !

Seul un retour à une production locale bien encadrée et à une consommation modérée de notre part pourrait nous sauver du désastre mondial qui se profile à l’horizon. Malheureusement, esclaves de campagnes de marketing de tous genres, nous sommes à des années-lumière d’une telle résolution !

Aussi, à la veille de faire nos multiples achats de Noël, ne soyons pas hypocrites. Ayons au moins l’honnêteté de le dire franchement : vive tous les beaux produits pas chers que permet la féroce concurrence des libres marchés mondiaux et… au diable le reste !

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7 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 10 décembre 2018 05 h 44

    hé oui le monde est ainsi fait

    depuis que le monde est monde est que ce n'a pas toujours été la grande difficultée, n'y a-t-il pas toujours eu une parti de l'humanité qui se devait de détruire l'autre parti et ma conviction est que cela va arriver encore, car le monde est ainsi fait, j'espere juste que je serai dejà décédé

  • Marguerite Paradis - Inscrite 10 décembre 2018 06 h 38

    DES ÉLU.E.S DE PROXIMITÉ ET « DURABLES »

    Monsieur Desjardins, encore une autre fois tout le poids sur la personne, je m'attends en mieux d'un philosophe. Je comprends sûremtn rien à la philosophie ;)
    Suggestion : des éluEs de proximité fiers d'oeuvrer POUR sa population locale et nationale, bref le Québec et le Canada, et, ses citoyen.ne.s.
    Actuellement, nos éluEs préférent promouvoir « tout ce qui bouge de l'international », plutôt que d'agir pour le développement local et durable.
    Ex.: voyez nos éluEs aux préoccupations environnementales qui ne cessent de voyager pour aller se faire gratter le dos et gratter le dos des autres « verts plastiques internationaux »... Pendant ce temps, au Québec, on ne sait pas encore quoi faire pour mieux récupérer et recycler.

  • Robert Taillon - Abonné 10 décembre 2018 07 h 22

    Consumérisme fou

    Ceux qui bénéficient le plus de la mondialisation sont les industriels qui asservissent les populations pour fabriquer du toc et les transporteurs de ces babioles inutiles qui sont le faire valoir de gens dépassés par le consumérisme se croyant ne rien valoir s'ils n'achètent pas compulsivement tout se qui est présenté. Le tout bien sûr au détriment de la planète dont les ressources sont abusées.

    • Daniel Bérubé - Abonné 10 décembre 2018 13 h 49

      Effectivement... le but de la vie est devenu d'AVOIR quelques choses afin de démontrer sa richesse et s'ennorgueillir face aux autres... Il fut un temps où il était quelque chose d'ÊTRE quelqu'un dans la vie, un temps où l'humilité valorisait, mais plus aujourd'hui...

  • Rino St-Amand - Inscrit 10 décembre 2018 08 h 24

    Une guerre à finir

    Oui, les États se sont peinturées dans le coin en participant activement à concrétiser cette mondialisation. En se débarrassant de tous les obstacles (d’ordre tarifaire, réglementaire, normative) au commerce international, les multinationales sont devenues des nomades, et comme les nomades d’autrefois, on se sent libre d’aller brouter là où les promesses de bien se nourrir sont les meilleurs. Les États son maintenant piégés par ce nomadisme. Ils sont dépendants de ces donneurs d’ouvrage pour assurer leurs revenus (impôts et taxes des travailleurs), et doivent donc tout faire pour les attirer et les maintenir sur leur territoire. Comme dans toutes compétitions, tout doit être mis en œuvre pour gagner cette guerre interétatique : moins de charges sociales, moins de réglementation, plus d’infrastructures, meilleure collaboration des universités et des centres de recherches, formation plus près des besoins de l’entreprise, bref, comme dans toutes les guerres, beaucoup de ressources doivent être mobilisées pour la gagner. Il n’est donc pas étonnant qu’il doive y avoir beaucoup de sacrifiés.

  • Cyril Dionne - Abonné 10 décembre 2018 08 h 36

    La 4e révolution industrielle

    Ah ! la mondialisation qui était sensée nous rendre tous riche, beau et écologique. Elle a rendu riche le 1% et cette classe hyperbranchés aux souliers cirés des villes. Maintenant, avec une population mondiale qui ne cesse d’augmenter et les ressources de la Terre qui diminuent comme une peau de chagrin, voilà que les deux extrêmes populistes nous entraînent vers la catastrophe. Bien oui, nous avons nos gauchistes qui nous disent que le petit peuple devrait cesser d’utiliser les énergies fossiles quittent à les taxer jusqu’à l’os et nous enlever nos voitures. La droite banquière à la Macron nous dit que nous devons continuer à consommer tout en nous exploitant. Entre cela, il y a les gilets jaunes, le vrai peuple, le 90% qui s’indigne et se soulève contre ces abus des deux extrêmes.

    En plus, la chambre de commerce nous a pondu le mirage de la pénurie d’emploi comme si elle existait vraiment. Les emplois qui procurent une dignité économique pour élever une famille n’existent pas. Et avec la 4e révolution industrielle qui a commencé à faire des siennes, oubliez cela les petit amis. La masse de gens semblent être condamnés à vivre précairement à moins d’être bardé de diplômes et de compétences en ligne avec cette nouvelle révolution technologique qui ne fera que des orphelins économiques.

    Maintenant, les fêtes sont à nos portes et tout le monde consomme comme s’il n’y avait aucun lendemain, même nos signataires du Pacte. Mais nous vous en faites pas pour ceux qui nous ont fait chanté pour nous culpabiliser, eux sont assez riches pour s’acheter des indulgences écologiques. Ah ! le petit peuple…