Lettres: Pourquoi pas une agence de suivi des coûts de projets?

Réforme de l'État québécois: pourquoi pas une agence de suivi des coûts de projets?

La présidente du Conseil du trésor du Québec, Monique Jérôme-Forget, propose un partenariat public-privé pour assumer le partage du risque. De quel risque s'agit-il? Du risque que ça coûte plus cher que prévu, comme pour le métro de Laval et pour la Gaspésia?

Je crois que la ministre fait fausse route. Pour contrôler les coûts, il faut investir, investir en main-d'oeuvre expérimentée dans le suivi et dans le contrôle des coûts, comme le faisait la Société d'énergie de la Baie-James (SEBJ) pour les grands travaux hydro-électriques à la Baie-James. J'y ai travaillé pendant trois ans pour Janin, une compagnie privée qui, elle, a presque fait faillite dix ans plus tard parce qu'elle a été incapable de se faire rembourser des dépassements de coûts pourtant justifiés, mais aussi parce qu'elle n'a pas su suivre et contrôler ses propres coûts à temps. Le privé n'est pas toujours une référence!

Puisque c'est l'État qui commande les grands travaux comme le métro, c'est à lui de prendre les moyens de vérifier que ça se fasse dans les temps et dans le budget prévus.

Si on avait fait un tel investissement dans des procédés de contrôle de coûts, pour le métro ou pour la Gaspésia, on aurait peut-être économisé des dizaines, sinon des centaines de millions.

Partout où l'État investit, il devrait être présent pour suivre le déroulement des travaux, pour comprendre le climat de travail et être ensuite en mesure d'intervenir, à temps! S'il y avait une agence gouvernementale à créer, ce devrait bien être une agence de suivi des coûts de projets. Et ce serait une agence profitable!

Quelquefois, ça coûte plus cher parce qu'on en demande plus, ou parce que le devis initial n'avait pas tout prévu. Dans ce cas, on pourrait difficilement réaliser les travaux au coût original prévu, mais, au moins, on saurait pourquoi. Et alors, il faudrait être juste avec l'entrepreneur qui réalise les travaux. Ça n'a pas toujours été le cas, dans le passé.

Aujourd'hui, l'État commande des travaux (métro de Laval) ou investit dans des projets (Gaspésia) où personne ne surveille ses intérêts (ceux de l'État... et les nôtres!). Pas surprenant que la faillite attende au détour.