Les raisons de la défaite du Parti québécois

Il est nécessaire de comprendre ce qui a conduit le PQ aux résultats de l’élection du 1er octobre.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Il est nécessaire de comprendre ce qui a conduit le PQ aux résultats de l’élection du 1er octobre.

Le 1er octobre dernier, le Parti québécois a subi une dure défaite. Avec d’autres, nous réfléchissons aux suites à y donner et nous rendrons public le fruit de notre réflexion prochainement. Nous croyons cependant qu’avant toute chose, il est nécessaire de comprendre ce qui a conduit aux récents résultats. Les raisons expliquant notre défaite sont nombreuses. Certaines sont conjoncturelles et relèvent du court terme, mais d’autres, plus fondamentales, sont structurelles et à l’oeuvre depuis longtemps.

Le PQ a abordé la campagne 2018 avec une bonne plateforme. De son côté, Jean-François Lisée a mené une belle campagne et jusqu’au soir du débat de TVA, il était généralement admis que le PQ progressait. Le débat de TVA a cependant freiné cette progression et a ramené les partis à la case départ. La campagne 2018 n’a donc rien changé. Les résultats du 1er octobre correspondent essentiellement aux sondages des 20 mois qui ont précédé l’élection.

Pour quelles raisons le PQ a-t-il décliné et amorcé la campagne 2018 avec un retard important sur ses adversaires ?

Tout d’abord, on observe un déclin du PQ depuis la création de l’ADQ/CAQ et de QS. L’apparition de ces partis est un ingrédient qui a contribué à l’éclatement de la coalition qu’était au départ le PQ.

Mais la seule apparition de ces partis n’aurait pas mené au déclin structurel du PQ n’eût été un autre ingrédient beaucoup plus important. Cet autre ingrédient, c’est bien sûr le choix du PQ de faire de l’indépendance un dossier parmi d’autres et à régler plus tard.

Courir plusieurs lièvres à la fois

Le PQ a toujours eu pour objectif l’indépendance du Québec. Malheureusement, l’atteinte de cet objectif a souvent été en concurrence avec d’autres objectifs, sur des enjeux relevant des autres axes politiques (gauche-droite, identitaire, etc.). Ces autres objectifs peuvent certes être louables, mais quand on court plusieurs lièvres à la fois, le risque de revenir bredouille est élevé. Ce risque s’est à l’évidence matérialisé.

Par ailleurs, en remettant à plus tard le moment de faire l’indépendance, on a fini par convaincre plusieurs indépendantistes que nous-mêmes n’y croyons pas. Et comment se surprendre que la question nationale ne soit pas pertinente dans le choix des Québécois si elle ne leur est pas posée ? Si l’indépendance n’arrive pas avec l’élection du PQ, pourquoi faire son choix en fonction de cet enjeu ?

Or, l’indépendance a toujours été le ciment de la coalition péquiste. En faisant de l’indépendance un objectif parmi d’autres et en remettant sa réalisation à plus tard, ce ciment qui nous lie s’est mis à craquer, et notre coalition à éclater. En l’absence de nouveaux partis, le processus était lent, mais avec l’apparition de la CAQ et de QS, l’éclatement s’est accéléré.

À ces facteurs structurels s’est récemment ajouté un facteur conjoncturel : l’aventure de la convergence « progressiste ». La volonté du PQ de faire la convergence avec QS a eu trois conséquences : affaiblir le PQ en décrétant que seul, il était incapable de battre les libéraux; crédibiliser QS puisqu’on voulait s’allier à lui; faire fuir, du PQ vers la CAQ, les nombreux Québécois rebutés par un mariage avec la gauche radicale de QS.

Parmi ceux qui quittèrent le PQ pour la CAQ, il y avait notamment des indépendantistes que nous avions dédouanés en reportant l’indépendance à 2022. Sans le ciment de l’indépendance, courtiser la gauche radicale était un grave danger que le PQ a pourtant choisi de braver.

La convergence explique notre déclin observable dès janvier 2017. Ce déclin, rapide, a permis à la CAQ de dépasser le PQ dans les intentions de vote en mars-avril 2017. Nous venions de donner à la CAQ le précieux rôle de solution de rechange aux libéraux. C’est là que s’est jouée l’élection de 2018.

Les Québécois voulaient se débarrasser des libéraux. Or, la recette pour y parvenir était d’appuyer massivement le parti qui pouvait les battre selon les sondages, soit la CAQ à partir de là. Quand les Québécois ont constaté que la CAQ se détachait des autres partis en tant qu’option sérieuse, ils se sont mis à l’appuyer et ils n’ont jamais fléchi, de peur de permettre aux libéraux de se faufiler. Dans Louis-Hébert, les citoyens ont d’ailleurs testé cette recette lors de la partielle et ont constaté son efficacité. Cela a consacré pour de bon la CAQ en tant qu’option politique.

Nous ne nous sommes jamais remis de l’aventure de la convergence. Combinée aux facteurs structurels, elle a accéléré l’éclatement de la coalition péquiste et elle explique en bonne partie les résultats du 1er octobre.

Le PQ devra changer, c’est une évidence. Nous souhaitons quant à nous aller de l’avant, et nous estimons que cela sera possible lorsqu’un diagnostic honnête et complet de la situation aura été posé. Il s’agit d’une condition essentielle à la relance du projet indépendantiste.

21 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 15 novembre 2018 07 h 24

    La souveraineté coquille-vide

    Les auteurs semblent croire qu'il suffirait que le PQ remette l'indépendance à l'avant plan pour reprendre sa place.

    Mais depuis des lunes sa doctrine décrète que « L'indépendance passe par l'élection préalable du Parti québécois» ; ce qui a fait de lui un parti aussi électoraliste et qu'incohérent. Et ceci, alors que l'indépendance passe, non pas par l'élection du PQ, mais la construction d'une majorité stable d'appuis à la souveraineté; ce qui pose le problème de la nature même du projet de société pour réussir à convaincre.

    Alors que le PQ n'a fait que marteler depuis des années que l'indépendance n'est ni à gauche, ni à droite depuis des années, quel serait donc ce projet de pays intéressant qui parviendrait à convaincre une forte majorité des gens ordinaires, si ce n'est un projet de pays radicalement progressiste et socialement et écologiquement irréprochable?

    Jamais le Parti québécois ne nous a proposé un tel projet de pays emballant et convaincant où les droits à la santé, à l’éducation et à un environnement sain seraient enchâssés dans sa constitution.

    Jamais le Parti québécois ne nous a proposé un projet de pays radicalement démocratique et qui sanctionnerait fortement tout parti ou élus politique coupable de corruption.

    Jamais le Parti québécois ne nous a proposé un projet de pays où les ressources naturelles serviraient à financer nos services publics, à améliorer nos écoles, à prendre soin de nos ainés ou à prendre soins des malades.

    Et jamais le Parti québécois ne nous a proposé un projet de pays qui mettrait un terme définitif à la pauvreté et à l’itinérance au Québec.

    - Et pourquoi?

    Parce que non seulement l’approche ni de gauche ni de droite du Parti québécois ne pouvait le conduire qu’à l’incohérence et à la contradiction. Mais que sa souveraineté coquille-vide était totalement dépourvue de projet société.

    Christian Montmarquette

    • Jean Lacoursière - Abonné 15 novembre 2018 10 h 37

      « Québec solidaire ne pose "aucune condition" préalable à l'indépendance. Ce qu'il dit, c'est que l'indépendance n'est pas une fin en soi, mais un moyen pour que le Québec puisse entièrement décider des politiques qu'il veut ensuite. »

      - Christian Montmarquette, commentaire laissé dans Le Devoir le 31 mai 2018 (https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/529128/independance-nationale-les-souverainistes-ces-perdants-a-repetition)

    • Cyril Dionne - Abonné 15 novembre 2018 11 h 33

      Évidemment pour vous, point de salut sans votre chaloupe qui refait sans cesse la décoration sociale de l’intérieur. Et il faut le dire, Québec solidaire n’est pas un parti indépendantiste, mais un socialiste, marxiste, fédéraliste et communiste. Toute une différence et jamais au grand jamais je me joindrai à une organisation politique qui ressemble plus à une religion (révolution de république de bananes) et qui vit dans faille spatio-temporelle. Pardieu, je suis indépendantiste.

      Mettons les points sur les « i ». Deux tiers des Québécois ont voté pour un parti de droite à la dernière élection. Ce n’est pas avec 16% du vote populaire que vous allez être au pouvoir, vous qui êtes supportés par des étudiants, des professeurs qui œuvrent dans les tours d’ivoire et des BS et tout ce beau monde, s’accrochent tous à l’état providence. Mais comme parti de pelleteurs de nuage à la sauce communiste, vous pouvez être sûrs que personne ne vous prendra pour quelqu’un d’autre. Et pour reprendre la célèbre expression de M. Landry : « L’indépendance ne se fera ni à droite, ni à gauche, mais par en avant ».

      Lorsque vous dites « écologiquement irréprochable », qu’avez-vous fait concrètement pour prouver vos dires à part qu’en parler? N’est-ce pas votre chef qui ne dirait pas non à une voiture avec chauffeur inclus aux frais des contribuables pour un parti qui est arrivé en dernière place.

      Peut-être que le capitalisme répartit de façon inégale les richesses, mais le socialisme distribue la misère de façon égale pour tout le monde. Comme disait l’autre, on ne construit pas le progrès social à coût de déficits. Et il y a trois choses qu’on voit de l’espace, les Himalayas, la muraille de Chine et les déficits accumulés par les partis de gauche.

    • Christian Montmarquette - Abonné 15 novembre 2018 13 h 12

      @Cyril Dionne,

      Vos affirmations sont pour le moins téméraires, quand on sait que c'est le capitalisme qui distribue la misère, et à un point tel, que les huit hommes les plus riches du monde possèdent à eux seuls plus que la moitié de l'humanité la plus pauvre. Et c'est sans parler de la misère écologique, engendrée par une cupidité et une immoralité telle, qui va jusqu'à menacer le climat à l'échelle planétaire!

      Et pour parler de déficit, ajoutons à cela, que le cumul actuel du 280 milliards de la dette du Québec a bel été bien contracté sous deux gouvernements néolibéraux et calirement capitalistes du Parti québécois et du Parti libéral.

      - Et pourquoi?

      Notamment, à cause de leurs courbettes face aux banques et aux multinationales et de leur refus systématiques d'augmenter les revenus du gouvernement par l'augmentation des redevances sur les ressources naturelles, la juste imposition des entreprises et la création de nouvelles sociétés d'État comme une banque d'État et Pharma-Québec, qui, à elle seule, aurait pu rapporter 30 millards sur 10 ans.

      En résumé, quand ce sont des gouvernements néolibéraux qui prennent le pouvoir, on assiste à la privatisation des profits et à la socialisations des coûts. Pas étonnant donc, que ces gouvernements néolibéraux aient cumulés déficits sur déficits quand on se refuse délibérément à soi-même d'augmenter ses propres revenus pour mieux gaver ses petits amis de l'entreprise privée.

      Mais heureusement, avec 10 députés de Québec solidaire à l'Assemblée nationale pour dénoncer ce phénomène, de moins en moins de gens seront désormais ignorants de cet cet inacceptable assujettissement l'appareil public à des intérêts privés.

      Christian Montmarquette

      Référence :

      "Ces hommes qui possèdent autant que la moitié la plus pauvre de l’humanité" - Radio-Canada, 6 janvier 2017

    • Christian Montmarquette - Abonné 15 novembre 2018 13 h 44

      @ Jean Lacoursière,

      "Québec solidaire ne pose "aucune condition" préalable à l'indépendance."

      C'est un fait que Québec solidaire ne pose pas de condition préalable à l'indépendance, puisque l'Assemblée constituante qu'il propose sera autonome des partis politiques. Ce qui ne signifie pas pour autant qu'il puisse comme les autres, faire ses propres propositions le jour venu, même s'il n'en n'a pas le contrôle, puisqu'il s'agit d'un exercice démocratique soumis aux vote populaire.

      Mais je doute fort que Québec solidaire propose une vision de droite d'un éventuel Québec indépendant lors des consultations. D'ailleurs, je doute même qu'une vision de droite du pays trouve beaucoup de preneurs; une conviction partagée par Québec solidaire: soit, que le peuple est assez intelligent pour ne pas se tirer dans le pied, en se donnant un projet de pays à l'avantage de la population.

      Les abus ne se faisant pas quand c'est le peuple qui décide et qui propose, mais quand ce sont les intérêts d'en haut des petites élites politiques et économiques qui mènent le bal.

      Christian Montmarquette

    • Cyril Dionne - Abonné 15 novembre 2018 22 h 16

      @Christian Montmarquette

      OK. Encore vos élucubrations sur les méchants capitalistes. Encore la bonne vieille cassette communiste. Misère.

      Mais vous n’avez pas répondu à la question posée. « Lorsque vous dites « écologiquement irréprochable », qu’avez-vous fait concrètement pour prouver vos dires à part qu’en parler? On attend tous votre réponse et pas besoin de consulter le « politburo » de QS pour énoncer votre argument.

  • Michel Blondin - Abonné 15 novembre 2018 08 h 10

    Le problème structurel du silence

    Il est difficile d'être révolutionnaire quand les élus venant du Parti Québécois ne donnent leurs opinions avant la débâcle…prévisible.
    Le fait que le parti ignore la réalisation de son projet, mais se gonfle de mot vide au pouvoir est un problème structurel majeur.
    À la défense des élus péquistes, le sens de la famille, des liens tissés serrés, de l'harmonie, ciment d'une société, a été privilégié.
    Celles et ceux qui priorisaient l'option de l'indépendance avant la bonne entente ont pâti, ignorés, tassés. Les militants ont besoin de ce ciment de famille. Mais ses leaders, son élite, ses élus se sentent pris en souricière entre se faire réélire et ruer dans les brancards.

    Le Parti Québécois depuis 50 ans a pris un chemin non révolutionnaire et celui de la facilité de se faire réélire alors qu'il devrait revenir à la raison d'État. Il a perdu depuis longtemps.
    Quant à la convergence, C'est une erreur de premier plan. Croire, et je suis le premier à m'être trompé en étant membre au conseil de OUI-Québec, que dans un système monarchique user des moyens utiliser en système proportionnel ne marche pas. Le débat contradictoire et partisan ne pouvait réussir à transcender ses limites.
    Mais le problème structurel le plus important vient de la tension interne aux nationalistes. Le nationalisme sectoriel tel que décrit par l'anthropologue Schwimmer et l'indépendantisme. Encore aujourd'hui plusieurs laissent la porte ouverte à une association illusoire de toute nature avec le ROC. Bien que la grande majorité des Québécois francophones sont au moins de nationalisme sectoriel, les partis politiques nationalisme tirent par le bas et donnent l'exemple du plus grand commun dénominateur au lieu de prendre le pied du capitaine qui exige plus.
    Le peuple québécois et surtout ses dirigeants auraient avantages de réfléchir à la phrase célèbre et fondamental pour créer et défendre un pays : si tu veux la paix, prépare la guerre. L'indépendantisme, rien d'autre.

  • Gilles Bousquet - Abonné 15 novembre 2018 08 h 30

    Carriéristes avant d'être des indépendantistes.

    Les députés du PQ ont suivi le chef, qui leur semblait être le plus efficace, pour se faire réélire.

    Aucun député, à la course à la chefferie du PQ, n'a appuyé Mme Ouellet qui proposait, elle, de placer l'indépendance de l'avant, en grande priorité, parce que, à défaut d'avoir fait la promotion de leur article 1, le Québec un pays, le pourcentage, dans les sondages, de Québécois qui se déclaraient alors, indépendantistes, n'était pas assez élevé.

    LA CARRIÈRE DE DÉPUTÉ CONTRE LE QUÉBEC UN PAYS, ils ont choisi la carrière mais, mal leur en prit.

  • Claude Bariteau - Abonné 15 novembre 2018 09 h 27

    Le cap

    L'erreur, messieurs les auteurs, fut d'avoir pour visée d'éjecter le PLQ du pouvoir plutôt que de naviguer vers l'indépendance. Ce faisant, le PQ fut un navire sans pavillon clairement identifié.

    Sa dérive ne survient pas en 2017. Elle apparaît le lendemain du référendum de 1995. Avec Messieurs Bouchard et Landry, ce cap indépendance redevient «souveraineté-association» et montent à bord du navire amiral ses anciens promoteurs.

    Bouchard quitte parce que son alignement rencontre de la résistance sur le navire et que le cap de M. Parizeau a un appui en hausse. Quant au deuxième -en avril 1995 il a refusé de lancer ses troupes sur le cap indépendance-, il glisse sur la pelure de banane de M. Canada désormais à la tête du PLQ.

    L’ADQ, qui navigua avec le plan Parizeau, change alors de cible et le monde du travail se retire après avoir mis l’épaule à la roue vers l’indépendance. En naîtra QS. Le PQ, alors en dérive, se cherche des ancrages pour se maintenir à flot avec l’arrivée de la CAQ.

    Après l’identité, la convergence «progressiste» en témoigne. L’identité le mutait en ADQ-CAQ 2 et la convergence visait la prise du pouvoir plutôt que l’indépendance. Les indépendantistes comprirent qu’amarré au quai provincial, le PQ naviguerait au gré du vent.

    Tout navigateur sait qu’un cap précis mobilise l’équipage et sait, après un premier essai, qu'il importe de revoir la démarche qui y mène et de préciser, pour mobiliser, ce qu’il entend faire le cap atteint. À la dérive, le PQ l'oublia. La convergence élaguée, il resta amarré au quai avec, à ses côtés, un navire dont les commandants affirmèrent une autre démarche.

    Ainsi balisée, il ressort que la convergence achoppa parce qu’elle secondarisa le cap, laissant du coup dans l'imprécision ce qu’il faut faire l’ayant atteint. C’est ça qu’il faut aborder avec pour cap l’indépendance réalisée de façon démocratique, ce qui implique un projet de pays devenu celui des citoyen/ne/s du Québec qui l'aménageront collectiv

    • Claude Bariteau - Abonné 15 novembre 2018 09 h 28

      collectiv = collectivement.

  • Denis Paquette - Abonné 15 novembre 2018 09 h 41

    et oui un intellectuel sans âme

    le parti québécois a besoin d'un leader , un vrai et un passionné, pas d'un intellectuel qui évolue que dans les conceptes et décide de remette a plus tard un dossier aussi important, c'est vraiment ne rien savoir de la difficulté devant l'engajement politique, la décisions de remette a plus tard a été catastrophique , n'a-t-il pas été le geste le plus démobilisateur, que le PQ ait connu, c'était de vraiment ignoré la difficulté de la politique , quel intellectuel sans âme