Lettres : Ma marche du 1er mai

Un des beaux moments de ma vie s'est produit aujourd'hui, en ce samedi 1er mai.

Le syndicalisme, contrairement à ce que certains pensent, n'est pas laid. C'est de l'entraide. Les gens qui marchaient ne le faisaient pas pour leur profit ou pour leurs acquis, ils le faisaient pour la justice sociale, pour que tous les citoyens de la Terre puissent vivre et non survivre.

Téteux, comme idéal? Non. Un idéal? Oui. Les idéaux servent à nous donner des guides, une voie à suivre. Ce n'est pas très compliqué. En 2004, cela signifie que tous les enjeux de rendement devraient tenir compte, en premier lieu, du respect des hommes, des femmes et des enfants impliqués.

Ma marche: j'ai vu plein de gens, tous souriants, contents de se retrouver. Le soleil, par sa présence, facilitait les rencontres et le plaisir.

Certains des marcheurs n'en étaient pas à leur première action solidaire. Ils marchent depuis plusieurs années et ont vécu la plupart des bouleversements politiques de notre époque. Pas moi. C'était ma deuxième marche. Mes amis m'ont enrichi et m'ont fait du bien.

J'ai été accueillie à bras ouverts dans mon secteur du SCFP (l'éducation) et j'ai senti que l'amitié syndicale avait une force et une authenticité que je vais rechercher dans mes rapports humains jusqu'à la fin de ma vie.

Marcher dans la rue, au soleil, pour que nos élus écoutent ce qu'on crie, ce qu'on chante. Arrêter la circulation, ralentir la ville, la remplir de la douce folie d'une journée d'été. Se dire les vraies affaires! Avoir l'espoir de pouvoir changer les choses. Si on perd ce sentiment d'espoir, on perd tout.

Merci à tous les militants: c'est un privilège de m'investir à côté de vous.