L’éducation des adultes: toutes et tous sont touchés

«L’effet de la baisse du soutien professionnel peut se faire sentir chez les adultes plus âgés», affirme les auteurs.
Photo: iStock «L’effet de la baisse du soutien professionnel peut se faire sentir chez les adultes plus âgés», affirme les auteurs.

Dans son édition du 29 octobre dernier, Le Devoir attirait l’attention sur les coupes à la formation générale des adultes (FGA). Sous le titre « Régime minceur dans l’éducation des adultes », le journaliste Marco Fortier fait état de la diminution du soutien professionnel à la formation générale des adultes, à partir de données du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur obtenues par la Centrale des syndicats du Québec. Dans cet article, on met principalement l’accent sur l’impact de cette diminution auprès des étudiants plus jeunes, âgés de 24 ans ou moins, voire âgés de 16 à 18 ans. Or, la population étudiante des centres d’éducation des adultes (CEA), établissements où se donne la FGA, ne se limite pas à ce groupe d’âge. L’effet de la baisse du soutien professionnel peut se faire sentir aussi chez les adultes plus âgés.

Les données sur les effectifs (année 2011-2012) montrent que les étudiants de 19 ans et moins constituent 27 % des personnes inscrites. La proportion des jeunes adultes âgés de 20 à 24 ans, au sein de l’effectif de la FGA, s’élève à 20 %. Enfin, les adultes âgés de 25 ans et plus composent 53 % de l’effectif de la FGA. Ces chiffres mettent en lumière le fait que les centres d’éducation des adultes sont fréquentés majoritairement par des adultes plus âgés. À cet effet, les personnes âgées de 45 ans et plus composent 20 % de l’effectif de la FGA. Somme toute, la FGA s’adresse à 73 % d’adultes de plus de 19 ans.

Trop souvent, le débat sur la formation générale des adultes est réduit aux questions concernant les jeunes de moins de 20 ans, voire les populations de 16 à 19 ans. Nous reconnaissons et saluons l’apport essentiel des centres d’éducation des adultes dans la poursuite d’un cheminement scolaire et l’atteinte de la diplomation chez les jeunes ayant quitté le secteur du secondaire. Toutefois, comme les données ci-dessus le montrent, ces populations sont minoritaires. Il importe donc de tenir compte de toutes les personnes poursuivant des études à la FGA, jeunes, jeunes adultes et adultes plus âgés.

Devant une population étudiante aussi diversifiée, les centres d’éducation des adultes jouent manifestement un rôle crucial. Leur défi est de maintenir un équilibre dans les réponses proposées aux différentes populations étudiantes, les jeunes adultes, mais aussi par exemple les adultes peu alphabétisés, les personnes immigrantes, les mères de famille monoparentale, les populations des Premières Nations et les personnes de plus de 45 ans qui, au cours des dernières années, constituent le groupe d’âge connaissant la plus forte croissance dans les effectifs de la FGA.

Nous tenions à rappeler qu’historiquement les centres de formation des adultes devaient s’adresser… aux adultes. Ce n’est que récemment que les politiques ministérielles leur ont confié la tâche de pallier les carences des écoles secondaires, sans vraiment s’attaquer à ces dernières.

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1 commentaire
  • Marguerite Paradis - Inscrite 3 novembre 2018 06 h 59

    INSTITUT DE COOPÉRATION POUR L'ÉDUCATION DES ADULTES, TIENS-TIENS

    Votre Institut est bien silencieuse, c'est la première fois que je vous « entend » défendre l'éducation des adultes sur la place publique. Vous le faites un peu mollement d'ailleurs.
    Pouvez-vous réellement nous parler de l'étudiantE adulte, de ses besoins et de ses conditions d'apprentissage?
    Merci.