PQ: autopsie d’une défaite annoncée

La division du vote indépendantiste et progressiste a ouvert la voie à l’accession de la droite au pouvoir, selon Pierre Dubuc.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La division du vote indépendantiste et progressiste a ouvert la voie à l’accession de la droite au pouvoir, selon Pierre Dubuc.

Comment expliquer la débandade du Parti québécois? Au-delà des vicissitudes de la dernière campagne électorale, il faut effectuer un long retour en arrière.

En réaction à la politique du Déficit zéro du gouvernement de Lucien Bouchard, L’Aut’journal publiait, en mai 1997, l’appel de Paul Cliche pour une « alternative » politique. Cet appel a mené à la création du Rassemblement pour une alternative politique. Par la suite, en juin 2002, la réunion de trois tiers partis (RAP, PDS et PCQ) formera l’Union des forces progressistes (UFP), qui fusionnera avec Option citoyenne, en février 2006, pour créer Québec solidaire.

Parallèlement à l’appel pour une alternative politique, nous avons publié, en 1999, le livre de Paul Cliche Pour réduire le déficit démocratique : le scrutin proportionnel. À cette époque, Bernard Landry s’était engagé à réformer le mode de scrutin. Mais l’élection de Jean Charest en 2003 mettait un terme à ces espoirs. Il était évident que l’existence d’un tiers parti ne viendrait que diviser le vote progressiste et indépendantiste, comme cela s’est avéré en 2012 lorsque la présence de QS a empêché Pauline Marois de former un gouvernement majoritaire. Faute d’une telle réforme du mode de scrutin, nous avons proposé d’instaurer au sein du Parti québécois une « proportionnelle » en s’inspirant du Parti socialiste français avec ses courants et ses clubs politiques et nous avons créé le SPQ Libre.

À son congrès de juin 2005, le PQ reconnaissait la présence de clubs politiques en son sein. À part le SPQ Libre, plusieurs autres étaient en gestation : clubs politiques des hommes d’affaires, des communautés culturelles, des environnementalistes, etc. À ce congrès, sous l’impulsion de la délégation de 75 membres du SPQ Libre, les congressistes ont adopté un des programmes les plus progressistes de l’histoire du PQ : réforme du Code du travail, plein emploi, fin des subventions publiques aux écoles privées, élargissement du mandat de Télé-Québec, mégapropositions sur l’eau et la langue, etc. À cette époque, les sondages donnaient une majorité de voix en faveur de l’indépendance.

Mais Pauline Marois et François Legault oeuvraient en coulisses à miner le leadership de Bernard Landry. Insatisfait d’un vote de confiance à 76 %, Landry démissionna. Une erreur de jugement monumentale, dont nous subissons encore les conséquences.

La lente descente

À partir de ce moment-là, le PQ entreprend un virage à droite, qui amorce une longue descente aux enfers. André Boisclair succède à Bernard Landry. Influencé par le « New Labour » de Tony Blair, il affirme sa volonté de rompre avec le mouvement syndical. Fini les « dîners bien arrosés » avec les chefs syndicaux, proclame-t-il tout en s’engageant à « soulager le capital » et à faire du Québec « l’endroit au monde où le capital est le mieux accueilli ». L’affrontement est alors inévitable avec le SPQ Libre. À l’élection de 2007, le résultat est désastreux. Le PQ est relégué au rang de deuxième opposition avec 28 % des suffrages.

Pauline Marois, qui lui succède, reprend les choses là où Boisclair les avait laissées. C’est le même discours néolibéral sur la nécessité de « créer la richesse avant de la partager » dans le but de courtiser l’électorat adéquiste de la région de Québec. Le SPQ Libre s’y oppose, ce qui mène à son expulsion du parti. Mme Marois ne devra son élection à la tête d’un gouvernement minoritaire en 2012 qu’à la faveur, à la veille de l’élection, d’un virage à 180 degrés avec, entre autres, un appui à la grève étudiante.

La dégringolade idéologique du PQ s’est poursuivie avec l’élection à la tête du parti du roi des lockout, Pierre Karl Péladeau. Son seul legs est la création d’un institut de recherche sur l’indépendance qui n’a produit, à notre connaissance, encore aucune étude.

La descente aux enfers allait se poursuivre avec le report aux calendes grecques du référendum et le « tablettage » de l’indépendance avec Jean-François Lisée. La laïcité et la question linguistique sont aussi évacuées, au point de faire du PQ le promoteur d’un débat en anglais ! Une première ! L’éducation est proclamée la priorité des priorités. Mais la politique la plus structurante pour mettre fin à la ségrégation sociale qui mine notre système d’éducation, soit la fin des subventions publiques aux écoles privées, est écartée du revers de la main.

Face à un Parti québécois qui proposait un programme sans aventure, rapetissant le Québec au rang de province, QS a réussi à mobiliser et à enthousiasmer la jeunesse avec son virage vert, et sa co-porte-parole Manon Massé a complètement surclassé les chefs des autres partis au cours des débats télévisés.

Tout cela ne devrait pas nous faire oublier que c’est la CAQ qui a remporté la victoire et non QS, que c’est la CAQ qui a remplacé le PQ et non QS ! Une nouvelle fois, la division du vote indépendantiste et progressiste a ouvert la voie à l’accession de la droite au pouvoir.

Des Idées en revues

Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d’un périodique. Cette semaine, nous vous proposons un texte paru dans la revue L’Aut’journal, octobre 2018, no 373.
23 commentaires
  • Léonce Naud - Abonné 30 octobre 2018 04 h 29

    Dissensions picrocholines

    Il n'est pas dans l'intérêt des modestes débris de l'Empire français d'Amérique de s'étriper mutuellement dans leur réserve ethnique de l'Est du continent pour des questions de Gauche ou de Droite comme l'auteur de cet article y prend un suicidaire plaisir. Vu de l'extérieur du Québec, de telles querelles offrent le curieux spectacle d'un groupe ethnique régional dont le déclin s'accélère mais qui persiste à se diviser en factions politiques irréductibles dont l'existence même va contribuer à son éventuelle disparition.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 30 octobre 2018 17 h 09

      Je suis tout à fait d'accord avec vous ...Des gens comme Pierre Dubuc et Paul Cliche sont à mettre dans le même panier. Dommage que je n'aie eu connaissance de tous ces jeux de coulisses et autres ...paniers de crabes, que récemment. Une défaite ...ce n'est pas la fin du monde. Mais savoir que des gens comme eux ...et ceux qui en profitaient....tel QS... étaient si égocentriques me laisse un goût amer. Faire passer le "parti"-pris ...avant le Pays ç'est assez pour me faire ...dégobiller Peut-être étais-je trop naïve...mais ils ne m'y reprendront plus. Les maudites gauches et droites de ce monde j'en ai ras le bol. Construire un PAYS, ça ne se fait pas au jeu de souque à la corde. Si j'ai à vivre jusqu'à cent ans...mes 25 prochaines années, je les passerai à scruter et à dénoncer tout ce qui peut faire embûche à un rêve auquel beaucoup d'entre nous croient encore. À ces gens-là, qui ont le toupet de venir en plus nous raconter en riant ce qu'ils considèrent comme des exploits, je leur dis ...Mais je n'ai rien à leur dire...je me respecte trop pour celà.
      Une alouette en colère.

  • Christian Montmarquette - Abonné 30 octobre 2018 06 h 15

    Le prix de l'incohérence

    À défaut d'avoir permis aux libéraux de garder le pouvoir, à entendre la conclusion de Dubuc, Québec solidaire serait responsable de l'élection de la CAQ !

    Non, franchement, le PQ ne doit sa débâcle qu'à lui-même, par ses louvoiements politiques, son opportunisme et son goût du pouvoir à tout prix.

    Les politiques de vire capot, l’abandon des valeurs progressistes, le choix douteux de ses chefs et ses tergiversations avec la souveraineté ont un coût politique qu'il paye aujourd'hui par la remise en question de sa propre existence. En d'autres termes, le prix de son incohérence.

    Christian Montmarquette

    • Pierre Desautels - Abonné 30 octobre 2018 10 h 11



      Très juste. Et il y a toute une contradiction dans le texte de Pierre Dubuc, quand il parle de la division du vote progressiste PQ-QS, après avoir fait une brillante démonstration que le PQ n'est plus progressiste depuis des lustres! Quand ses membres ont voté en majorité pour PKP comme chef, lui qui était en faveur des forages à Anticosti et qui était aussi en faveur d'Énergie Est, entre autres politiques de droite, le PQ a convaincu ceux qui doutaient encore de son abandon des valeurs progressistes.

    • Claude Gélinas - Abonné 30 octobre 2018 10 h 36

      Bien résumé ! Mais maintenant Monsieur Montmarquette que faire pour réunir les progressistes sur une même bannière ? Car pendant ce temps, il faut le reconnaître, sans l'exercice du pouvoir les idées progressent mais les actions tardent à se matérialiser.

      L'espoir repose sur la réforme du scrutin qui, espérons-le, ne sera pas mis sous le bousseau comme l'a fait le jovialiste PM canadien rompant ainsi avec sa promesse électorale.

    • Raymond Labelle - Abonné 30 octobre 2018 10 h 45

      "L'espoir repose sur la réforme du scrutin" Une proportionnelle?

      Résultats de 2018:

      CAQ + PLQ = 62%

      PQ + QS = 33%

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 octobre 2018 11 h 42

      @ Claude Gélinas,

      "Que faire pour réunir les progressistes sur une même bannière?" - Claude Gélinas

      Heureux de constater que nous ne soyons pas sur le terrain de l'affrontement, mais de l'analyse.

      Par le passé, plusieurs ont fait appel à l'unité des souverainistes et des progressistes, tout en martelant (bien à tort à mon avis) que Québec solidaire n'était pas souverainiste, ou pas suffisamment, disons. Pour tenter de contrecarrer ce préjugé, Québec solidaire a non seulement fusionné avec Option nationale, mais a modifié sa proposition d'Assemblée constituante pour un mandat fermé.

      Sachons aussi que les principaux obstacles à la convergence péquiste étaient issus de deux principaux facteurs :

      1 ) Même avec son "État au gym", le PQ n'avait plus de crédibilité à gauche.

      2 ) En compensation d'avoir banni le référendum pour des votes, le PQ s'est rabattu sur un nationalisme identitaire contraire aux valeurs d'inclusion de Québec solidaire.

      Avec pour conséquence que le PQ s'est retrouvé sur le même terrain que la CAQ, soit: un parti nationaliste autonomiste identitaire, avec les résultats qu'il a eus, avec un besoin de changement que le PQ ne pouvait plus incarner après 50 ans d'existence.

      Or donc, le PQ comme les autres a bien le droit d'exister. Mais si on espère réunir les souverainistes et les progressistes sous une même bannière, sans avoir le fardeau des politiques passées, c'est sous la bannière de Québec solidaire qu'il faudrait les réunir, puisqu'il sera, et de loin, la formation la plus crédible et la plus organisée, soit pour faire opposition à la droite, ou même pour prendre le pouvoir le cas échéant.

      Et à mon avis, l'espoir est grand, parce que les libéraux aussi on fait leur temps, et il y a de fortes chances que le gouvernement Legault déçoive, puisqu'avec le nombre d'affairistes qui hantent ce parti, les chances sont minces pour qu'il représente le changement escompté par rapport aux libéraux.

      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 octobre 2018 13 h 57

      CAQ + PLQ = 62%, PQ + QS = 33% - Raymond Labelle

      Vous ne pouvez pas comparer et additionner les votes d'un système qui rend les votes captifs du bipartisme, avec un système proportionnel qui permet aux gens de voter librement selon leur conscience.

      En fait, nul ne sait ce qu'un changement de mode de scrutin aura comme effet sur le vote populaire, sauf peut-être qu'il y aura de moins en moins de gouvernements majoritaires, et, qu'en conséquence, le poids des partis d'oppositions sera beaucoup plus significatif et nécessaire pour gouverner. Ce qui, en ce qui me concerne, empêchera les abus de pouvoir comme nous en avons trop connus.

      Christian Montmarquette

    • Raymond Labelle - Abonné 30 octobre 2018 16 h 38

      "(…) nul ne sait ce qu'un changement de mode de scrutin aura comme effet"

      Effet possible, voire probable, comme vous le dites autrement: peut diviser en plus de partis plus finement diverses tendances chacune étant correctement représentée et les tendances proches pouvant se coaliser. Gouvernements de coalition. Il peut arriver que le bout qui manque pour attraper le 50% +1 donne un poids démesuré au parti qui permet de dépasser le seuil - comme les petits partis religieux en Israël, ce que l'on n'aime pas, ou le parti vert en Allemagne (dans un certain passé) ce que l'on aime, mais...

      Effet que l'on sait que n'aura pas:

      Changer un électeur de droite en électeur de gauche.

      Changer un fédéraliste en indépendantiste.

      On peut raisonnablement supposer que les gens qui ont voté pour la CAQ et le PLQ ne voteront pas pour des partis indépendantistes de gauche peu importe les effets de la proportionnelle sur l'échiquier. Je ne vois pas comment notre système actuel aurait fait en sorte qu’une proportion significative d’indépendantistes de gauche aurait voté pour la CAQ ou le PLQ.
      -----------------
      La prop. empêche certains abus de pouvoir, c'est vrai, mais empêche de faire certaines choses - le PQ de 1976 n'aurait pas pu faire ce qu'il a fait s'il n'avait pas eu une majorité de sièges avec 40% du vote.

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 octobre 2018 18 h 24

      @Raymond Labelle,

      "Effet que l'on sait que n'aura pas: Changer un électeur de droite en électeur de gauche. Changer un fédéraliste en indépendantiste." - Raymond Labelle

      Nous ne sommes pas d'accord là-dessus.

      Surtout quand on sait combien le vote est devenu volatile au Québec. Et parce que malgré ses 12 années d'existence, l'approche de QS est encore peu connue et mal connue, notamment à cause de la campagne de peur et de dénigrement qu'a mené le PQ contre QS (politiburo, irréalisme et Cie!). Et alors qu'avec 4 années devant nous, 10 députés.es et trois fois le financement que QS avait + la maximisation de son exposition médiatique, les choses pourraient drôlement changer.

      Voilà pour le changement de droite à gauche.

      En ce qui concerne le fait de changer un fédéraliste en souverainiste..

      Là-dessus aussi, QS pourrait changer la donne, en associant l'indépendance à un projet de société égalitaire et écologique, et alors qu'il y a belle lurette que le PQ a baissé les bras pour convaincre des fédéralistes en souverainistes.

      Je vous accorde qu'il ne s'agit que d'opinion et que la vôtre vaut peut-être la mienne. Mais je peux vous dire que nous sommes beaucoup à le penser et depuis des années, notamment, parce que je crois que nous disposons de plus d'argument et que nous n'avons pas perdu notre enthousiasme; sans doute un des avantages de n'avoir jamais pris le pouvoir.

      Christian Montmarquette

    • Raymond Labelle - Abonné 30 octobre 2018 23 h 27

      Vos considérations sur les possibles progrès de QS ne sont pas déraisonnables - et vous reconnaissez aussi que nul (et donc y compris moi non plus) ne peut être prophète.

      Je ne dis pas qu'on ne peut pas transformer quelqu'un de droite en quelqu'un de gauche ou qu'on ne peut pas transformer un fédéraliste en indépendantiste, je dis que le mode de scrutin ne serait pas, ou ne serait que marginalement, une possible cause de ces modifications.

      Je dis aussi que dans le système actuel, les indépendantistes de gauche ont probablement presque tous voté pour QS ou le PQ (peu importe ce qu'on pense du PQ, ce n'est pas la discussion que je pose ici, une proportion d'indépendantistes de gauche vote aussi pour le PQ pour toutes sortes de raisons).

      Il y a peut-être aussi parmi le vote QS une proportion de vote stratégique de fédéralistes de gauche ou d'environnementalistes fédéralistes... Les familles politiques seraient déclinées avec plus de finesse avec la proportionnelle, en tout cas après un certain temps de sa mise en œuvre.

      Et qu’avec la proportionnelle, QS se prive de la possibilité d’appliquer son programme avec 38% du vote… :0).

    • Christian Montmarquette - Abonné 31 octobre 2018 07 h 50

      @ Raymond Labelle,

      "Avec la proportionnelle, QS se prive de la possibilité d’appliquer son programme avec 38% du vote." - Raymond Labelle

      1 ) Je ne vous apprendrai sans doute pas grand chose en vous disant que dans un régime proportionnel, QS pourrait négocier et faire adopter des éléments de programmes très importants beaucoup plus facilement, notamment en formant des gouvernements de coalition. Il serait possible de faire adopter le Revenu minimum garanti, si Manon Massé ou Andrés Fontecilla était nommé ministre de de la Solidarité sociale.

      2 ) Je suis peut-être idéaliste, mais je crois sincèrement que les positions de Québec solidaire sont tellement bonnes et nécessaires, que tôt ou tard il parviendra à gagner une majorité, et ce, même avec un mode de scrutin proportionnel, puisque le plus grand problème de QS ne relève pas de valeurs et de ses positions, mais de la méconnaissance des avantages d'avoir un gouvernement de gauche et du bien commun alors que ke Québec est sous un régime néolibéral depuis plus de 25 ans.

      Merci de l'échange M. Labelle.

      Christian Montmarquette

    • Raymond Labelle - Abonné 31 octobre 2018 12 h 11

      "Avec la proportionnelle, QS se prive de la possibilité d’appliquer son programme avec 38% du vote." - Raymond Labelle

      1 ) Je ne vous apprendrai sans doute pas grand-chose en vous disant que dans un régime proportionnel, QS pourrait négocier et faire adopter des éléments de programmes très importants beaucoup plus facilement."

      Pourrait peut-être. - ça serait probablement partiel dans une plus ou moins grande mesure car une coalition implique généralement des compromis. La mesure du compromis dépendrait de l'orientation des autres partis, des appuis qu'ils ont obtenu et de comment on négocie entre partis. Beaucoup de possibles et de "si". Alors que quand on a une majorité de sièges, même si c'est avec 38% du vote....

      "Je suis peut-être idéaliste, mais je crois sincèrement que les positions de Québec solidaire sont tellement bonnes et nécessaires, que tôt ou tard il parviendra à gagner une majorité, et ce, même avec un mode de scrutin proportionnel,"

      Peut-être. Je ne sais pas. Les raisons que vous mentionnez qui font que cela pourrait advenir ne relèvent pas du mode de scrutin.

      Quoiqu'il en soit, je conviens de ce que, de toute façon, le mode de scrutin proportionnel mène à une Assemblée qui représente plus fidèlement et avec plus de précision les orientations politiques de la population.

    • Raymond Labelle - Abonné 31 octobre 2018 14 h 54

      Vous savez M. Montmarquette que la notion de progrès historique et la foi en celui-ci nous vient du judaïsme qui l'a transmis au christianisme (au début, une branche du judaïsme). Notion/foi de temps progressif par opposition au temps cyclique par exemple.

      Je ne peux pas m’empêcher dans mon tréfonds de croire que, sur un temps long, l’humanité tendrait à s’améliorer – de façon globale et en dents de scie. Une inquiétude toutefois : elle devra évoluer spirituellement (au sens large du terme) dans un temps plus rapide que n’évolue sa capacité d’auto-destruction, qui s'est accélérée grandement.

      Ceci est une réponse plus large inspirée par association à votre "(...) je crois sincèrement que les positions de Québec solidaire sont tellement bonnes et nécessaires, que tôt ou tard il parviendra à gagner une majorité."

  • Marguerite Paradis - Abonnée 30 octobre 2018 06 h 46

    LE « STACAUSE » ENCORE

    Monsieur Dubuc, avec et depuis le PM Lucien Bouchard, le PQ s'est dirigé de lui même, comme un grand, vers la sortie en larguant la population pour garder le pouvoir, cette drogue dure!
    Le « stacause » est là et non chez la population, les électeurEs et les autres partis politiques.

  • Raynald Rouette - Abonné 30 octobre 2018 07 h 18

    DÉRAPAGES


    Un gros à part cela!

    IL incombe au PQ, de refaire ses devoirs, voir concilier la social-démocratie et l’indépendance du Québec. Bien entendu, avec une réelle volonté de la population...

    IL est le seul lien entre les deux extrêmes, qui se profilent à l’horizon...

  • Jean-Charles Morin - Abonné 30 octobre 2018 07 h 27

    Une analyse inégale.

    L'analyse de Monsieur Dubuc comporte plusieurs éléments forts valables mais certains aspects la rendent cependant bancale.
    S'il est vrai que le virage à droite du PQ a amené éventuellement à la venue de QS dans le paysage politique et la division du vote indépendantiste, ce virage à droite (je dirais plutôt "recentrage") était rendu nécessaire pour rejoindre le gros de l'électorat qui, n'en déplaise à Monsieur Dubuc, ne se situe pas à gauche.

    Quant aux déboires d'André Boisclair et son échec aux élections de 2007, ils sont autant, sinon davantage attribuables à son flirt avec la cocaïne qui a miné durement sa crédibilité, qu'à son reniement de la plateforme progressiste établie par le congrès du parti.

    Que serait-il arrivé si le PQ était "resté à gauche"? Probablement la même chose car QS aurait sans doute vu le jour de toute façon: pour certains tenants de la pureté et de la dureté, on n'est jamais assez à gauche.

    Alors pourquoi le soi-disant "virage à droite" a-t-il desservi le PQ? Parce qu'il n'était ni assumé ni même vraiment avoué et parce que l'électorat, avide de changement et rejetant la rectitude multi-culturaliste de centre-gauche, a préféré l'original proposé par la CAQ à l'ersatz falot proposé par le PQ.