Signes religieux et neutralité de l’État

Interdire à certaines personnes le port du voile, de la kippa et d’autres signes religieux serait injustifiable au sens de la Charte québécoise, soulignent les auteurs.
Photo: Andreas Solaro Agence France-Presse Interdire à certaines personnes le port du voile, de la kippa et d’autres signes religieux serait injustifiable au sens de la Charte québécoise, soulignent les auteurs.

Si les tenants de l’interdiction du port de signes religieux prétendent que cette mesure est nécessaire pour protéger la laïcité de l’État, cette prétention ne résiste pas à la conception communément reconnue comme signifiant la séparation entre l’État et la religion. Nous devons celle-ci au philosophe John Locke, qui, dans sa Lettre sur la tolérance, rappelait qu’une telle séparation était nécessaire pour sauvegarder l’égalité des croyants, peu importe leur confession, et des non-croyants devant la loi. De là émerge un mode d’organisation de la société civile autour d’un contrat social dans lequel l’État doit non seulement briser ses liens avec la religion, mais doit aussi se garder de réprimer certains groupes pour leurs croyances religieuses personnelles.

Faire perdre un emploi ou nier le droit à l’emploi à des salariés pour la simple et unique raison qu’ils portent un signe religieux viole ce principe de laïcité. En effet, en interdisant à des personnes issues d’une diversité de cultures et de religions de travailler, l’État échoue à son devoir de protéger sa neutralité tant à l’égard des croyants que des non-croyants. Prétendre qu’il existe dans ce contexte une dichotomie ou même quelconque tension malsaine entre les droits collectifs et les droits « individuels » nous paraît intenable. Il s’agit plutôt d’un équilibre dont la prémisse remonte à la construction du contrat social.

Limiter les droits et libertés

Certains tenants de l’interdiction du port de signes religieux maintiennent que l’opposition à cette mesure serait une stratégie de l’État fédéral pour imposer un multiculturalisme insidieux. Encore une fois, cette prétention est réfutée par une analyse des instruments juridiques et constitutionnels propres au Québec. En effet, la Charte des droits et libertés de la personne, entrée en vigueur en 1976 — quelques années avant la Charte canadienne —, avait déjà reconnu à son article 3 que toute personne est titulaire de la liberté fondamentale de religion. Elle garantit également à son article 16 qu’une personne ne peut faire l’objet de discrimination à l’emploi en raison de sa religion.

Par ailleurs, il convient de rappeler que la Charte québécoise prévoit à l’article 9.1 que la loi peut « fixer la portée et aménager l’exercice » des libertés et droits fondamentaux. Si le futur gouvernement entend limiter ainsi les droits et libertés, il devra prouver qu’une telle mesure vise à atteindre un objectif réel et urgent, qu’elle a un lien raisonnable avec cet objectif et qu’elle constitue une atteinte minimale aux libertés fondamentales et est proportionnelle dans les circonstances. Si la mesure réussit ce test, il n’est aucunement nécessaire d’écarter l’application de la Charte québécoise par le biais d’une disposition de dérogation.

Dans le cas présent, en admettant d’emblée qu’il faudrait recourir à la disposition de dérogation pour pouvoir interdire le port du voile, de la kippa et d’autres signes religieux, le gouvernement, ainsi que les juristes qui l’appuient, concède que la mesure est injustifiable au sens de la Charte québécoise. En effet, cette potentielle interdiction ne répond à aucun objectif réel et urgent pour la société québécoise, si ce n’est qu’à assouvir une xénophobie ambiante alimentée par certains médias et mouvements politiques. Nous mettons au défi quiconque de nommer un cas précis où l’habillement d’un ou d’une juge, d’un ou d’une policière ou d’un ou d’une enseignante aurait mis en péril la séparation entre la religion et l’État. Par ailleurs, il convient de noter que le futur gouvernement, qui prétend être le porte-étendard de la laïcité, ne se formalise pas du fait qu’un crucifix veille au travail des députés à l’Assemblée nationale. Force est de conclure que sa préoccupation première n’est pas la séparation de l’État et de la religion, mais plutôt le rejet de la diversité.

Engagements internationaux

Enfin, à ceux et celles qui banalisent le recours aux dispositions de dérogation des chartes en n’y voyant qu’une simple question technique, il faut au contraire opposer fermement le respect des engagements internationaux fondamentaux pris par le Québec, engagements qui ont une valeur contraignante. Déroger aux libertés et droits fondamentaux est une question d’une exceptionnelle gravité : le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (art. 4), ratifié non seulement par le Canada, mais également par le Québec, ne permet une telle dérogation que « dans le cas où un danger public exceptionnel menace l’existence de la nation et est proclamé par un acte officiel ». Même en de telles circonstances, aucune dérogation n’est permise en matière de liberté de pensée, de conscience et de religion (art. 18). Non seulement le recours aux dispositions de dérogation serait à cet égard dépourvu de toute légitimité, mais la dérogation ferait en toute probabilité l’objet de contestations judiciaires fondées sur des motifs très sérieux, puisque le droit interne doit être interprété en conformité avec les engagements fondamentaux du Québec en matière de droits et libertés de la personne.

*Ont signé ce texte :

 

Sibel Ataogul, avocate et chargée de cours en droit;
Richard-Alexandre Laniel, avocat et chargé de cours en droit;
Michel Coutu, professeur de droit du travail à l’École de relations industrielles de l’Université de Montéal;
Dalia Gesualdi-Fecteau, avocate et professeure au Département des sciences juridiques de l’Université du Québec à Montréal;
Michael Cohen, avocat;
Arij Riahi, avocate;
Pierre Bosset, avocat et professeur au département des sciences juridiques de l’Université du Québec à Montréal;  
May Chiu, avocate, médiatrice familiale;
Emmanuelle Bernheim, professeure au département des sciences juridiques de l’Université du Québec à Montréal; 
Lucie Lemonde, professeure au département des sciences juridiques de l’Université du Québec à Montréal; 
Léa Fontaine, professeure au département des sciences juridiques de l’Université du Québec à Montréal;
Finn Makela, professeur, faculté de droit, Université de Sherbrooke;
Véronique Fortin, professeure, faculté de droit, Université de Sherbrooke;
Pearl Eliadis, avocate et professeur auxiliaire, Faculté de droit, Université McGill;
Vrinda Narain, professeure et vice-doyenne à l’enseignement, Faculté de droit, Université McGill;
Sébastien Brodeur-Girard, avocat et professeur à l’École d’études autochtones, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue;
Andrée Bourbeau, avocate et chargée de cours en droit;
Max Silverman, avocat et professeur à temps partiel à l’Université Concordia;

 

Ce texte est aussi appuyé par une soixantaine de juristes de divers horizons. 

52 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 17 octobre 2018 01 h 04

    Qu’est-ce qu’un droit fondamental ?

    Il y eut une époque où on pouvait croire que rien n’était plus sacré qu’un droit constitutionnel.

    Mais grâce à l’internet, chaque citoyen peut découvrir que certains droits constitutionnels au Canada ne le sont pas dans d’autres pays démocratiques.

    Pour prendre un exemple précis, le port du niqab est un droit fondamental au Canada. Pourtant, des pays comme la France, la Belgique, le Danemark et l’Autriche, entre autres, ont adopté des législations bannissant le port du niqab. Des législations qui furent validées par les plus hautes instances juridiques européennes.

    Dans ces pays, la pratique religieuse est un droit fondamental lorsqu’il s’exerce dans la sphère domestique. Dans ce sens, ces pays respectent leurs obligations internationales.

    La Canadian Constitution de 1982 a été adoptée par les provinces anglophones du Canada à l’issue d’une séance ultime de négociation à laquelle le Québec n’a pas été invité.

    Les idéologues qui l’ont rédigée voulaient consacrer la suprématie absolue des droits individuels afin de bloquer les dispositions les plus importantes de la Loi 101. En effet, cette dernière proclamait la préséance de certains droits collectifs — ceux nécessaires à la pérennité de la langue française au Québec — sur certains droits individuels, notamment celui de s’assimiler au groupe linguistique de son choix.

    En raison de cette constitution illégitime, toutes les formes de laïcité préconisées par les partis politiques du Québec sont anticonstitutionnelles. Même le parti le moins exigeant à ce sujet (le Parti Libéral du Québec) doit céder devant l’ordre constitutionnel canadian.

    L’accommodement raisonnable le plus pernicieux exigé du peuple francoQuébécois, c’est d’être constamment en deçà de ce qu’il aspire à être dans le but de se soumettre à l’idéologie de l’ethnie angloCanadienne, imposée par le biais d’une camisole de force constitutionnelle.

    Voilà le prix du fédéralisme.

    • Nadia Alexan - Abonnée 17 octobre 2018 10 h 02

      «Nous mettons au défi quiconque de nommer un cas précis où l’habillement d’un ou d’une juge, d’un ou d’une policière ou d’un ou d’une enseignante aurait mis en péril la séparation entre la religion et l’État»
      Un signe ostentatoire religieux porte un message de prosélytisme ambulant en soi. Si on n’a pas le droit d'afficher nos croyances politiques comme fonctionnaires de l'État pendant les horaires de travail, on doit avoir la même réserve avec nos croyances religieuses.
      La religion se pratique dans les endroits de culte, pas au seine d'un espace supposément neutre et laïque, par respect de toutes les religions.
      Par contre, il faut enlever la croix de l'assemblée nationale et de toutes les espaces gouvernementales. La cohérence s'impose.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 17 octobre 2018 13 h 07

      Mme Nadia Alexan,

      Je crois comprendre que votre commentaire est publié ici comme s’il s’agissait d’une réplique au mien alors que vous répliquez plutôt au texte collectif. Soit.

      Le port de signes ostentatoires d’appartenance religieuse n’est pas du prosélytisme. Personne n’est à ce point influençable qu’il changera de religion simplement à la vue d’une tenue vestimentaire.

      Lorsque j’étais écolier, mes enseignantes portaient l’uniforme de leur communauté religieuse et je ne crois pas que j’aurais vu de différence si elles avaient porté le hijab.

      D’ailleurs, il suffira à n’importe quelle Québécoise musulmane qui porte le foulard islamique de l’abandonner au profit du foulard coloré que portent les Portugaises au sortir de la messe pour se soustraire aux rigueurs des lois du caquistan.

      Mme Lorraine King — plus loin dans ce fil de discussion — a entièrement raison de dire que tout cela est de la chicane de guenille.

      Ceci étant dit — en dépit d’un illogisme apparent qu’il serait trop long à expliquer ici — je suis d’accord avec l’interdiction du port de signes religieux (ostentatoires ou non) par les détenteurs des pouvoirs répressifs de l’Etat. Ce qui, évidemment, est contraire à la Canadian Constitution.

      Ce qui nous amène à revenir au sujet principal.

      La Canadian Constitution est une vulgaire loi ethnique que le Canada anglais a sournoisement imposée au Québec à l’issue d’une séance ultime de négociation à laquelle nous n’étions pas invités. Pas plus que n’importe quelle métropole se croit obligée de consulter ses colonies pour décider de leur sort.

      Conséquemment, il ne suffit pas de s’écrier ‘C’est contraire à la constitution’ pour que nous nous inclinions béatement.

      Notre choix est simple : voulons-nous capituler devant un ordre constitutionnel étranger ou invoquer une clause dérogatoire qui nous donne une idée de la liberté dont nous jouirions en nous affranchissant de l’État pétrolier canadien.

    • Yves Mercure - Abonné 17 octobre 2018 16 h 21

      La question évitée : les valeurs. Récemment Dutrissac secouait les puces de Drainville avec une nouvelle pendaison de la fameuse charte des valeurs : "...comme si la laïcité de l’État ne repose pas sur des valeurs à caractère universel, comme s’il fallait défendre des valeurs « québécoises » contre l’assaut de valeurs qui ne le seraient pas et qui sont, devait-on comprendre, celles d’étrangers...". Questionnons cet universalisme, un nombrilisme caché, qui prétend à des valeurs planétaires. Si on va dans ce sens, la cupidité serait seule recevable. Autrement, même le père de cette constitution "jus watch me", serait en porte-à-faux avec ses propres désirs : foutre ses adversaires idéologiques en prison pcq. un ministre et un lobbyiste ont été kidnappés par qq dérapeurs, celà représente la pire négation de droit individuel depuis la confédération. Bref, il n'y a pas de valeur universelle autre que $, comme le démontre Trump dans l'affaire saoudienne : la raison du plus fort est toujours la meilleure. Quant aux signes religieux proprement dit, comme Trudeau père, avant-gardiste en la matière, le narcissisme se popularise alors que le culte personnel devient infectieux. Le fils prend le même sentier jusqu'à ses chaussettes, alors qu'il se porte à La Défense de cette prétention universaliste... armé du plus grand vide intellectuel observé dans l'histoire des chefs d'état du Dominion!
      Universalisme des valeurs, donc, au même titre que ces prosélytes qui tous prétendent connaître personnellement le seul vrai Dieu. Effet de manche, comme disent les avocats... et les prestidigitateurs qui faussen l'attention pour fin d'impression afin de berner le spectateur.

    • Nadia Alexan - Abonnée 17 octobre 2018 16 h 26

      À monsieur Jean-Pierre Martel:
      Nous avons sorti les soeurs et les frères religieux de nos écoles pour assurer la nature laïque de nos institutions.
      Vous ne voulez pas comprendre le fait qu'il y'a un mouvement international, intégriste, islamiste pour imposer l'islam politique salafiste/wahhabite et sectaire de l'Arabie saoudite partout dans le monde.
      Si vous lisez les intellectuelles et même les savants de l'islam, vous allez comprendre qu'ils rejettent l'instrumentalisation du voile par les islamistes pour des raisons politiques qui n'ont rien à faire avec la religion.
      Il ne faut pas acquiescer à cette misogynie. Les pères de la Révolution tranquille envisageaient la laïcité de l'État et de ses fonctionnaires qui doivent représenter la neutralité de l'État.
      Plus important aussi, vous êtes en train de faire du mal à toute la communauté musulmane majoritaire et silencieuse qui rejette l'intégrisme wahhabite islamiste.

    • Gilberte Raby - Abonnée 17 octobre 2018 18 h 18

      Vous demandez: « Peut-on parler de faire perdre un emploi ou nier le droit à l’emploi à un salarié pour la simple et unique raison qu’il porte un signe religieux? » Mais oui, bien sûr. Un exemple: mon mari était policier et s'il avait osé porter un chapelet autour du cou ou une simple petite croix sur son uniforme, on lui aurait montré la porte, tout simplement. On demandait de respecterleur l'uniforme.
      Tout à coup, pour une autre religion ou pour une jolie fille, on changerait nos coutumes et nos traditions....??? Êtes-vous vraiment sérieux?

      S'il-vous-plaît, pourriez-vous ajouter le mot RESPECT à travers Droits et Libertés?
      Les habitants de ce pays ont droit au RESPECT de leurs us et coutumes, au respect de leurs ancêtres et au respect de leur héritage. Pourquoi vouloir tout saccager? ...Le crucifix fait parti de notre héritage parce que, je suis désolée de devoir vous le dire, mais notre belle et invitante société a été façonnée par nos ancêtres, majoritairement Chrétiens. Ils n'étaient pas parfaits mais reconnaissons qu'ils ont fait du bon Boulot. Encore aujourd'hui, pour être accepté comme Canadien, il faut reconnaître que ce Pays est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu.
      Nos ancêtres nous ont légué une tare: nous sommes généreux, même bonasses. Que pourrons-nous léguer à nos petits-enfants?

    • Claude Bariteau - Abonné 18 octobre 2018 06 h 49

      Pour des précisions de la position d ela France, voir l'entrevue de Mme Zuber qui fait la distinction fondamentale entre des droits moraux et le principe de la laïcité reconnu en France : https://www.youtube.com/watch?v=HjMfllzasyg

      Par ailleurs, j'ai des difficultés analytiques avec une lecture d'ethnie raciste contre une ethnie moins raciste. Dans ce dossier, le Canada reprend la position de la Grande-Bretagne, un pays-empire qui s'est doté, après l'indépendance des États-Unis, d'un système monarchiste constitutionnel avec des valeurs morales mais surtout un refus total d'intégrer dans la gestion de l'État un princope républicain, car il allait à l'encontre de ses vues impértialistes et loyalistes.

      Le Canada, sous cet angle, est son bébé demvenu majeur en 1931 qui, sous P-E Trudeau, s'est affirmé un gestionnaire d'une monarchie constitutionnelle à la manière britannique.

      Demeurer dans cet univers oblige. M. Martel a raison de dire que l'application des suggestions de Bouchard-Taulor peut suffire pour forcer la main de la Cour suprême. Je pense le constraire à l'instar de Mme Alexan. Il faut aussi statuer non sur des règles de ports de signe, mais sur un principe de laïcité duquel découle des pratiques et des règles.

      Bien sûr, le Canada et sa cour s'opposeront. Pis. On saura au Québec qui défendele principe et qui ne le défende pas. Ce faisant, le débat deviendra l'influence de pouvoirs religieux sur l'État ou l'influence du pouvoir des hommes et des femmes.

    • Claude Bariteau - Abonné 18 octobre 2018 08 h 39

      M. Mercure, comme l'explique Mme Zuber (voir la référence plus haut), historienne de la laïcité, dont celle de la France, la laïcité ne fait pas partie des valeurs universelles de liberté, d'égalité et de fraternité dans la devise de la France.

      Il s'agit d'un principe de vie collective retenu par la France pour distinguer l'espace public et des règles prévalant dans les institutions de l'État, qui fut confirmé en 1904 et qui a connu par la suite des ajustements plus ou moins heureux dans l'espace public avant d'être précisé.

      Adopté, ce principe trace la voie d'une définition de règles différentes de celles qui se retrouvent en Grande-Bretagne, car il s'agit d'une monarchie contitutionnelle.Dans ce système politique, le monarque vieille sur ses sujets et se doit de respecter leurs particularités, car il en va de sa pertinence.

      Dans une république qui implique l'abolition du pouvoir même symbolique de la monarchie, la gestion des affaires de l'État implique que les employés n'affichent pas leur appartenance religieuse, car elles renvoient non pas à des droits universels mais à une reconnaissance des assises religieuses ou culturelles de ses sujets. D'où la tolérance de ces derniers et l'affirmation de l'ouverture royale à leurs égards pour les intégrer comme sujets.

      Dès qu'on sort de ces distinctions, il y a des dérapages. Pour les éviter au québec, il faut adopter le principe, élaguer le crucifix sur le mur de l'Assemblée nationale mais surtout la couronne brtiannqiue qui coiffe le siège du président de l'Assemblée nationale. C'est là que se trouve probablement le motif du refus de M. Legault de retirer ces deux symboles qui renvoient à une autorité sur les parlementaires et sa propension à définir « à la québécoise » la laïcité canadienne, ce qui est une avenue sans issue dans le Canada de 1982.

  • Serge Pelletier - Abonné 17 octobre 2018 01 h 10

    Blas... Blas... Blas...

    Comme cela, selon les très éclairés cerveaux de cette lettre ouverte l'État québécois est pratiquement une dictature néo-nazie: "Faire perdre un emploi ou nier le droit à l’emploi à des salariés pour la simple et unique raison qu’ils portent un signe religieux viole ce principe de laïcité."

    La France doit être aussi une dictature de type néo-nazisme (ce qu'Hitler devait ignoré en1939), car depuis 1905 l'État unitaire qu'est la France est résolument laïque dans son administration étatique.

    De plus, personne n'est interdit de travail, ou perd la possibilité de travailler parce que cette personne possède des convictions religieuses... Ce que le GV-Q, sous la gouverne du CAQ, mentionne c'est qu'une personne, fonctionnaire ou assimilée, en contact avec le public ne doit pas porter de signes religieux... Ce qui rejoint l'idée qu'une personne, fonctionnaire ou assimilée, ne doit porter une "pin" permettant d'identiter un parti politique.

    En fait, votre lettre un parfait délire... Pourtant, le "pot" n'est pas très fort dans les succursale de la nouvelle patente du QC-Libéral.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 17 octobre 2018 08 h 54

      Petit détail, M. Pelletier,

      La laïcité républicaine, telle qu’elle se pratique en France, date de 2004. La laïcité républicaine de 1905 était beaucoup moins rigoureuse. Elle n’a jamais cherché à interdire le port de signes ostentatoire d’appartenance ethnique ou religieuse par les citoyens ou leurs représentants.

      Pour plus de détail, je vous invite à lire le texte ‘La laïcité republicaine’ que j’ai écrit à ce sujet.

    • Hermel Cyr - Abonné 17 octobre 2018 09 h 36

      Vous avez raison. En principe, un végan ne postule pour un emploi dans un abattoir, et ça n'atteint en rien son droit au véganisme.

    • Serge Pelletier - Abonné 17 octobre 2018 11 h 17

      M. Martel, je m'excuse grandement de l'ignorance crasse qui se rapporte au fait que je n'ai point lu votre texte "La laïcité république"... Où si l'ai lut, ne point l'avoir en souvenir spontanné... Mais dites M. Martel, saviez-vous que le "Centre national de la fonction publique territoriale" qui est une entité Républicaine, dans un État Républicain, qui est chargé de former les fonctionnaires républicains répète perpétuellement cours et séances de formation après l'autre, que depuis le début du siècle dernier l'État est laïque dans toutes ses fonctions, dans toutes ses représentations, etc. La République a adopté en 1905 l'interdiction de signes, ou affichages d'appartenances religieuses - n'importe lequel - pour les fonctionnaires, les locaux de l'État, etc.
      L'État Républicain Français n'interdit pas, actuellement, le port de signes obstentatoires religieux pour le commun des citoyens. Cette interdiction n'est que pour les fonctionnaires, y compris dans les services - processions religieuses - tels qu'ils soient. Cela n'empêche aucunement à un fonctionnaire d'y assisté - comme lors d'un cortège funéraire - mais sans même une épinglette (pin) d'appartenance à la religion. Quand aux divers ressermements portant sur "vêtements et signes obstentatoires religieux", ils visent exclusivement certains accoutrements en publique qui mettent en danger la sécurité de l'État et des citoyens en général...

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 17 octobre 2018 14 h 43

      Serge Pelletier écrit : ‘La République a adopté en 1905 l'interdiction de signes, ou affichages d'appartenances religieuses - n'importe lequel - pour les fonctionnaires, les locaux de l'État, etc.
      L'État Républicain Français n'interdit pas, actuellement, le port de signes obstentatoires religieux pour le commun des citoyens.’

      Cela est inexact.

      Jusqu’à ce que la France se sépare de ses colonies du Maghreb, au début des années 1960, leurs représentants au Parlement français n’hésitaient pas à porter des tuniques berbères et des turbans blancs.
      L’abbé Félix-Adrien Kir fut le dernier prêtre élu à l’Assemblée nationale française. De 1945 à 1967, il siégeait en portant la soutane catholique.

      Depuis 2004, la France a durci sa position au sujet de la laïcité. Des jeunes filles portant le voile sont expulsées des lycées (ce qui donne lieu à de nombreux procès) et une partie des parents musulmans envoient maintenant leurs enfants dans des écoles privées.

      De plus, théoriquement, le port du niqab et de la burka est interdit sur la voie publique en France. Toutefois, le nombre d’arrestations et d’amendes est très faible puisque ces tenues abondent principalement dans les quartiers ‘chauds’ où la police française évite ce qui serait perçu comme une provocation.

  • Mario Jodoin - Abonné 17 octobre 2018 01 h 17

    Bravo!

    De remettre les pendules à l'heure!

    • Jean-Henry Noël - Abonné 17 octobre 2018 16 h 33

      Il y a un vice sérieux dans le raisonnement des anti-signes, quand ils comparent le Québec à la France ou autres pays européens. En Europe, il s'agit de migrations. Au Québec, au Canada, il s'agit d'immigration.Faut-il le souligner que l'immigration est légale. De plus, au bout de trois ans, tout immigrant peut se faire nationaliser «Canadien». Tous les citoyens sont égaux devant la Loi.

  • Jean Lacoursière - Abonné 17 octobre 2018 07 h 06

    Un p'tit crime contre l'humanité avec çà ?


    Les auteurs écrivent: "Nous mettons au défi quiconque de nommer un cas précis où l’habillement d’un ou d’une juge, d’un ou d’une policière ou d’un ou d’une enseignante aurait mis en péril la séparation entre la religion et l’État."

    Le signe religieux porté de manière ostentatoire, à lui seul et en soi, met en péril la séparation entre la religion et l’État.

    Comme ce crucifix au Salon bleu et ceux dans les Palais de justice.

  • Loraine King - Abonnée 17 octobre 2018 08 h 24

    Chicanes de guenille

    Ce sera intéressant de revenir lire les commentaires de ceux qui peuvent ...nommer un cas précis où l’habillement d’un ou d’une juge, d’un ou d’une policière ou d’un ou d’une enseignante aurait mis en péril la séparation entre la religion et l’État....

    Un seul exemple récent me vient en tête - le cas des fonctionnaires qui ont demandé pour des motifs religieux d’être exemptés d’officialiser les mariages entre conjoints de même sexe -et les cours canadiennes ne leur ont pas donné raison. Voilà un bien mauvais exemple puisque personne ne portait de signes religieux, mais cela démontre bien que les apparences ne veulent rien dire.

    Car dans le monde où je vis je crains bien plus les visées des fondamentalistes chrétiens qui ne portent aucun signe religieux que celles des femmes qui se couvrent les cheveux. J’observe les choix de législateurs américains et canadiens. Je me questionne plus sur les motifs d’Andrew Scheer, par exemple, qui avait invité le dirigeant canadien de l’Opus Dei à un repas au restaurant du parlement avec les députés, sénateurs et employés des communes, que sur les visées d’une musulmane portant un hidjab qui officialiserait un mariage entre deux conjoints de même sexe.

    https://www.ledevoir.com/politique/canada/289704/conservateurs-et-opus-dei-a-la-meme-table

    M. Scheer entend-il redonner des fonds publics à des organismes pro-vie pour contester la validité du droit canadien?

    On semble avoir bien du courage quand on se chicane pour de la guénille.

    • Nadia Alexan - Abonnée 17 octobre 2018 11 h 43

      À Loraine King:
      Je suis d'accord avec vous que tous fondamentalismes religieux sont néfastes pour le bien-vivre ensemble. Mais le fait de porter un signe religieux porte en soi un message de prosélytisme intégriste aussi nocif et explicite que ce soit exposé par les intégristes chrétiens, musulmans ou juifs. La fonction publique n'est pas un endroit de culte. Il faut observer la neutralité de l'État par la neutralité de ses fonctionnaires.