Le changement climatique et «les deux pieds sur le volant!»

«Pour l’élection de la semaine prochaine, on peut se demander si les deux principaux partis en lice, le Parti libéral et la Coalition avenir Québec, ne sont pas aussi en train de mettre un pied sur le volant et l’autre sur le frein à propos du réchauffement climatique», se questionne l'auteur. 
Photo: Olivier Zuida Le Devoir «Pour l’élection de la semaine prochaine, on peut se demander si les deux principaux partis en lice, le Parti libéral et la Coalition avenir Québec, ne sont pas aussi en train de mettre un pied sur le volant et l’autre sur le frein à propos du réchauffement climatique», se questionne l'auteur. 

À l’élection de décembre 2008, Jean Charest demandait aux Québécois de lui donner un mandat fort lui permettant d’avoir « les deux mains sur le volant » afin de pouvoir mieux répondre à la crise financière mondiale. Nous savons maintenant que s’il a eu effectivement une main sur le volant, l’autre lui a servi à ramasser les enveloppes brunes sur son passage. Pour l’élection de la semaine prochaine, on peut se demander si les deux principaux partis en lice, le Parti libéral et la Coalition avenir Québec, ne sont pas aussi en train de mettre un pied sur le volant et l’autre sur le frein à propos du réchauffement climatique, avec leurs vagues promesses ne donnant aucune chance aux objectifs signés ou promis à la Conférence de Paris de 2015 d’être atteints en 2020.

Il est vrai qu’un grand nombre de citoyens pensent que les prévisions des scientifiques sur ce réchauffement sont soit exagérées, soit qu’elles ne se réaliseront que très lentement, donnant le temps d’agir, ou encore que si elles touchent d’autres pays, il en sera autrement ici. Pourtant, s’ils y regardent de plus près, les effets dramatiques de ce réchauffement sont à nos portes.

Ainsi, à côté de l’été floridien que nous venons de connaître et qui a fait la joie des enfants et des parents pour ainsi profiter au maximum de leur piscine, des périodes de grands froids en hiver se multiplieront. De même, nous aurons plus de périodes de grandes pluies, comme en 2017, multipliant les inondations un peu partout. De plus, on prévoit des tornades et des vents de plus de 100 km/h à répétition et des incendies de forêt de plus en plus répétés. Finalement, le coût de chauffage et de climatisation doublera.

Il faut aussi s’attendre, avec la montée des eaux de l’Atlantique due à la fonte accélérée des glaces de l’Antarctique, du Groenland et des glaciers, au repoussement des marées du fleuve jusqu’à Montréal, avec comme conséquence l’inondation de plus en plus fréquente de toutes les maisons bâties près du fleuve, sans compter la destruction des berges. De même, les variations radicales de températures affecteront entre autres les érablières. Enfin, des millions de personnes déplacées par cette montée des eaux et par les famines à répétition dans les pays du sud vont frapper à nos portes, soit encore plus que les millions de personnes qui traversent la Méditerranée pour essayer de s’installer en Europe.

Or, les promesses libérales et caquistes sont minimales par rapport à ces prévisions. Avec Couillard, l’électrification des voitures n’a même pas atteint 20 % de ses objectifs. Le Fonds vert est un fouillis. De même, la taxe sur le carbone est trop faible pour être efficace, comme vient de le rappeler l’OCDE. Et les deux partis continuent à être ouverts à l’exploration pétrolière et gazière. Quant à Trudeau, pour compenser quelque peu l’absence d’actions efficaces, n’en parlons pas avec son achat de TransMountain déjà mort-né, mais que nous avons payé 4,5 milliards jusqu’ici.

Parmi les autres partis, seul le Parti québécois avance une idée essentielle pour toute stratégie écologique, soit de confier le ministère de l’Environnement au premier ministre pour qu’enfin il empêche les ministères économiques comme l’Agriculture, les Affaires municipales ou les Finances de se quereller tout le temps, ralentissant ainsi toute véritable lutte contre ce réchauffement climatique, et ainsi faisant en sorte que les promesses en ce sens puissent se réaliser en leur donnant la priorité absolue.

Bref, il faut changer de l’approche des Charest, Couillard et Legault avec leur pied sur le volant pour enfin passer réellement du moteur à combustion au moteur électrique non seulement pour les voitures, mais aussi en instaurant une véritable politique de transport en commun tant dans les villes qu’entre les régions.

11 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 27 septembre 2018 02 h 33

    Le Grand déblocage du PQ vs la ‘batterification’ du transport de QS


    Je n’ai pas compris pourquoi le PQ a si peu parlé de son ambitieux projet de réseau pan-québécois de monorail électrique. Une idée que M. Couillard lui-même a cautionné (par erreur?) au dernier congrès du PLQ.

    Si on exclut ce projet futuriste, le ‘Grand déblocage’ que propose cette formation politique est ce qu’on a entendu de mieux dans cette élection.

    À côté de cela, le projet de QS d’interdire dès 2030 les voitures à essence des routes correspond à une ‘batterification’ des transports et un embourgeoisement du transport routier, réservé dès lors aux propriétaires de voitures hybrides ou électriques plus coûteuses.

    Motivée par de belles intentions bon-chic-bon-genre, la ‘batterification’ des transports entraînera sa propre manière de polluer, non pas de l’air, mais des sols puisqu’il faudra enfouir des millions de tonnes de piles au lithium qui deviendront inutiles en fin de vie.

    Faites le calcul. Contrairement aux voitures à essence (qui polluent l’air), mais dont la ‘batterie de char’ est relativement petite, la pile au lithium de chaque voiture électrique pèse au moins cent kilos. Les 8,4 millions de véhicules au Québec, devenus hybrides ou électriques, nécessiteront l’enfouissement de 8,4 centaines de millions de kilos de piles au lithium en fin de vie de l’auto puisque ces piles sont rechargeables, mais pas vraiment recyclables.

    Et au fil des années, tous ces piles libèreront leur contenu toxique qui migrera inexorablement vers nos nappes phréatiques.

    Personne au politburo de QS n’a pensé à cela. Par bonheur pour QS, sa jeune clientèle n’y a vu que du feu.

    Ce qui nous ramène à la politique des transports du PQ, la seule valable en dépit du fait qu’elle comporte accessoirement l’électrification du transport scolaire, dictée par le désir de soutenir un fabricant québécois d’autobus scolaires électriques.

    • Martin Bellefeuille - Abonné 27 septembre 2018 11 h 27

      Bonjour,

      Je ne crains que vous n'ayez pas correctement lu le plan de transition de Québec solidaire. Il est clairement indiqué que la transition vise le développement d'un transport en commun abordable et écologique : chantier d'infrastructure en transport collectif, réduction des coûts de ce type de transport jusqu'à une éventuelle gratuité, développement de liens haute vitesse entre les grandes villes.

      L'interdiction des voitures à essence n'a pas pour but de les remplacer par des voitures électriques. Toutefois, il faut bien constater que nous aurons encore besoin de véhicules automobiles pour bien des années encore en région. Quant au problèmes des batteries au lithium, il n'est en effet pas abordé dans le plan et devra faire partie d'un développement écologique qui se penchera non seulement sur la production de batteries mais aussi sur leur récupération. C'est d'ailleurs une des préoccupations de compagnie comme Tesla.


      Pour ce qui est de l'allusion au supposé politburo de Québec solidaire, je laisse le soin aux lecteurs avisés de l'histoire russe et des structures de Québec solidaire d'en juger.


      Bonne journée

    • Jean Richard - Abonné 27 septembre 2018 12 h 11

      L'histoire du PQ m'impose un devoir de réserve. Je ne saurais faire confiance à un parti qui a navigué à droite sous le règne d'un ancien ministre conservateur fédéral, un parti qui a joué la carte identitaire pour faire le plein de votes xénophobes. Alors, je me suis dit que QS pourrait, même sans être au pouvoir, amener une note discordante au sein de la pensée unique de trois partis de droite.

      Toutefois, même après avoir reçu la bénédiction de groupes écologistes (dont certains auraient besoin d'une mise-à-jour), QS ne m'a pas convaincu qu'en matière d'environnement, il se différenciait des autres partis. Et quand QS s'est mis à parler de bagnoles à batteries, j'ai éprouvé une énorme déception. Pire, quand Mme Massé a lancé avec béatitude que le Québec allait devenir, grâce à ses abondantes réserves d'électricité et de lithium, le leader mondial de la batterie, je me suis dit : WO !

      L'Alberta possède d'abondantes ressources de pétrole issu des sables bitumineux. C'est ce qui a permis au Canada de devenir un pays exportateur de pétrole. À court terme, la capacité d'exporter augmente la richesse apparente d'un pays. Mais en devenant un pays qui s'enrichit grâce au pétrole, le Canada s'est amputé de sa capacité à préserver et l'environnement de son territoire, et l'environnement atmosphérique, qui fait partie de l'écosystème global.

      Mme Massé nous a tenu un discours tout albertain, où le couple lithium-électricité remplaçait le couple pétrole-sables bitumineux. Et le rêve albertain transposé au Québec pourrait avoir les mêmes conséquences : priver le Québec de toute volonté de préserver l'environnement.

      La batterification de l'automobile individuelle est une bombe à retardement. La production annuelle de voitures frôle les 100 millions. La Tesla doit sa médiocre autonomie de 300 km à non pas 100 kg de batteries, mais plusieurs centaines. Ça en fait une voiture plus lourde que tout VUS et camionnette (ça dépasse les 2,5 tonnes).

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 27 septembre 2018 14 h 44

      Martin Bellefeuille écrit : « Quant au problèmes des batteries au lithium, il n'est en effet pas abordé dans le plan et devra faire partie d'un développement écologique qui se penchera non seulement sur la production de batteries mais aussi sur leur récupération. »

      Ceci est du vent. On croirait entendre une firme de relations publiques.

      Ce que je comprends de votre réponse, c’est que la pollution par les piles au lithium, cela ne vous a pas traversé l’esprit.

      Vous provoquerez l’obsolescence des 8,4 millions de véhicules à essence au Québec pour 2030 sans avoir la certitude qu’on aura mis au point d’ici là de véritables piles électriques compostables ou réellement récyclables (c’est-à-dire non seulement rechargeables).

      Bref, c’est de l’amateurisme. Personne à QS ne semble avoir songé un seul instant aux dangers de l’enfouissement des millions de tonnes de piles au lithium dont de Québec devra se débarrasser aux 8 à 10 ans (la durée de vie d’une voiture).

      Dans quelques décennies, grâce à QS, le Québec aura évité de créer disons 0,3% des gaz à effet de serre mondiaux, mais il aura empoisonné ses nappes phréatiques.

      Bravo pour votre beau programme pour l’environnement…

    • Cyril Dionne - Abonné 27 septembre 2018 15 h 44

      @ Martin Bellefeuille

      La clientèle de QS sont des jeunes, la plupart encore aux études ou dépendent de maman et papa pour vivre. Ils ne paient presque qu’aucun impôt. Les autres, sont pour la plupart accrochés aux divers services sociaux et la grande majorité ne paient aucun impôt ou taxe.

      Alors, ils se fichent bien des voitures puisqu’ils n’en possèdent pas. Ancrés dans les villes, ils voudraient tous le transport en commun gratuit. C’est pour cela que leur tendance politique penche vers un parti marxiste qui offre tout gratis en autant que les autres paient. Et attention, juste un petit soupçon de nos kamarades aux accents dogmatiques d’il y a deux siècles dans l’Assemblée nationale, ceci risque de faire fléchir la cote de crédit du Québec et les emprunts du gouvernement augmenteront. Alors, on sera plus pauvre qu’on le pense.

    • Cyril Dionne - Abonné 27 septembre 2018 16 h 03

      Vous avez raison M. Richard quant aux voitures électriques utilisant des piles au lithium. Pardieu, il faudrait commencer à dissiper les mythes.

      Premièrement, la production d'un véhicule électrique contribue en moyenne deux fois plus au potentiel de réchauffement de la planète. Elle consomme aussi deux fois plus d'énergie qu'une voiture à moteur à combustion. Ceci est principalement dû à sa batterie. La production de batteries consomme beaucoup d’énergie, de l’extraction des matières premières à l’électricité consommée lors de la fabrication. Plus la voiture électrique et sa portée sont grandes, plus le nombre de piles nécessaires pour l’alimenter est élevé et, par conséquent, plus le carbone produit est important.

      Deuxièmement, une voiture électrique est aussi verte que l’électricité alimentée par sa batterie. Une batterie à charbon ou lithium ou cadmium, est plus sale qu'une batterie à énergie solaire.

      Troisièmement, alors qu'un véhicule électrique a une empreinte carbone plus élevée au début de son cycle de vie, il est généralement plus propre une fois utilisé. Au fil du temps, il peut rattraper la voiture à moteur à combustion. Le point auquel les émissions à vie d’un véhicule électrique se stabilisent avec une voiture à moteur à combustion dépend également du kilométrage de la voiture.

      En terminant, seulement 5% des batteries lithium-ion sont présentement recyclées. Cela a un coût environnemental. Non seulement les batteries risquent-elles de dégager des gaz toxiques si elles sont endommagées, mais les ingrédients de base tels que le lithium et le cobalt sont limités et l'extraction peut entraîner une pollution de l'eau parmi les conséquences environnementales. Ici, je n’ai même pas parlé du plastique à base de pétrole, un des composants principaux d’une voiture et pile électrique.

      Si seulement les adeptes de la secte marxiste de QS étaient plus ferrés en science, peut-être qu’ils seraient écoutés.

  • Claude Bariteau - Abonné 27 septembre 2018 04 h 20

    Le défi est mondial

    C'est une réalité, le défi de l'environnment est avant tout mondial et le Québec n'a de choix que celui de développer des mesures et de réaliser des ententes avec les pays qui s'investissent à le relever.

    Pour agir en collaboration avec les autres pays, il doit être un pays indépendant du Canada pour qui le pétrole est un choix politique et une source de revenu.

    Sous cet angle, le PLQ et la CAQ sont dans le champs, comme vous le dites, et les deux autres partis n'ont pas les mains pour prendre le volant et s'associer avec d'autres pays.

    Au Québec, leurs attaques pour protéger l'environnement feront certes des avancées. Par contre, sans un effort international, ce que vous prévoyez comme avenir se concrétisera de sorte les mesures auxquelles il devra penser seront plus de l'ordre de la protection contre un fléau prévisible.

    Il faut qu'il participe rapidement à la lutte contre les énergies polluantes et développe, par la recherche et des investissements appropriés, les deux en collaboration avec les pays qui s'alignent dans cette direction, des énergies non polluantes dans le transport et la production industrielle.

    Il en va de son avenir et de l'avenir de la vie sur la terre.

    • Bernard Terreault - Abonné 27 septembre 2018 08 h 24

      Oui, le défi est mondial et le Québec ne pourra pas y changer grand-chose, ne comptant que un millième de la population mondiale. Et il va peut-être même en profiter temporairement avec une saison de croissance plus longue (des pêches québécoises au supermarché, ça serait bien, non?). Si on veut promouvoir les mesures environnementales, il faudra les 'vendre' en argumentant plutôt la réduction de la congestion routière, la qualité de l'air, l'élimination des 'dompes' qui déparent nos paysages et font tomber la valeur des maisons, etc. Il n'y a qu'à voir la popularité de MM. Legault, Couilard et Trudeau pour comprendre que les Québécois veulent encore d'abord plus de richesse, plus de consommation, pas 'sauver la planète'.

    • Jean Richard - Abonné 27 septembre 2018 12 h 43

      Le défi est mondial – et la vision doit être mondiale... et globale. Je déplore les visions régionales, qui ne servent qu'à se donner bonne conscience en jetant deux gouttes d'eau bénite dans l'océan.

      En focalisant sur les GES, on repousse en arrière-plan des problèmes environnementaux souvent plus urgents et déjà palpables. Parmi, il y a l'incapacité des villes à disposer de ce qu'on appelle les matières résiduelles. Il y a aussi ces millions de tonnes de plastique qui flottent à la dérive sur les océans. Il y a la contamination tourjours croissante des réserves d'eau potable (y compris celle due à l'extraction du lithium pour faire rouler des bagnoles bourrées de batteries).

      Et que ce soit pour les GES, les déchets, les plastiques à la dérive ou l'eau potable, le refus de faire des calculs globaux que la notion même d'écosystème impose, l'obstination à ne faire que des calculs régionaux semble voulue. Elle permet à bien des pays de se donner bonne conscience en atteignant des cibles régionales, qui n'ont pourtant aucune signification réelle. Par exemple, le Québec peut se péter les bretelles en prétendant être la province canadienne ayant les plus faibles émssions de GES par habitant. Or, en examinant sa capacité industrielle, on découvre que le Québec pourrait être parmi les provinces les plus aptes à délocaliser ses émissions de GES. Peut-on vraiment se péter les bretelles quand des sommes colossales puisées dans le fonds vert servent à subventionner l'industrie automobile, pratiquement absente de notre territoire, par consommateur interposé ? L'industrie automobile est et restera pour longtemps un des plus gros émetteurs de GES.

      Un moyen efficace d'influencer la consommation serait d'inclure dans le prix d'achat le coût global de toute la vie utile de l'objet ou du produit. Ça va de l'extraction des matières premières au recyclage total en fin de vie utile. À défaut d'une telle vision, la porte est grand ouverte au mensonge environnemental.

  • Robert Bernier - Abonné 27 septembre 2018 07 h 34

    Prise de conscience

    Je félicite l'auteur M. Julien qui a réussi, dans l'espace toujours limité d'une page Idées, à tracer un portrait assez complet de la situation. Ni le PLQ ni la CAQ n'ont une approche intégrée face au défi climatique. Les deux partis promettent, il est vrai, des actions ciblées sur ce thème dans leur plateforme électorale. Mais on cherchera en vain chez ces deux partis un programme global. Qu'adviendra-t-il de leurs promesses ciblées quand les choses se mettront à aller mal. Leur "naturel" reviendra au galop.

    Et c'est pourquoi il faut, en effet, "confier le ministère de l’Environnement au premier ministre pour qu’enfin il empêche les ministères économiques comme l’Agriculture, les Affaires municipales ou les Finances de se quereller tout le temps" comme s'y engage le PQ, ce qui est d'ailleurs une des recommandations principales de l'initiative "Le climat, l'État et nous", une deuxième recommandation tout aussi importante étant de créer un organisme indépendant formé de scientifiques pour mesurer les résultats concrets des actions et fournir de la rétroaction, ce qui fait également partie des engagements du PQ.

    QS a aussi un programme très intégré pour faire face au défi climatique, il faut le reconnaître. Mais la radicalité de son approche fera en sorte que, pour ceci autant que pour ses autres prétentions à "dépasser le capitalisme", QS ne mettra jamais les mains sur le volant, rendant de facto son programme ineffectif et irréalisable, aussi pur et parfait qu'il puisse être. C'est là, à mon avis, le défaut de l'extrême gauche québécoise: grands discours, grandes promesses, aucune chance de réaliser quoi que ce soit, mais la bonne conscience de la mouche du coche.

  • Cyril Dionne - Abonné 27 septembre 2018 11 h 13

    On préfère croire aux électrons qu’aux soi-disant anges politiques lorsqu’il en vient de la santé de notre environnement

    Il faut être naïf de croire que les prévisions des scientifiques sur ce réchauffement sont exagérées, qu’elles ne se réaliseront que très lentement, donnant le temps d’agir, ou encore qu’elles touchent d’autres pays et qu’il en sera autrement ici comme nous le dit M. Julien. Ce qui est le plus redoutable dans ce maelstrom climatique planétaire, c’est l’enchaînement exponentiel systémique qu’il engendra. Il est aussi faux de croire que si le Québec devenait plus vert que vert et qu’il ne produirait plus aucune émanation des gaz à effet de serre, celui-ci ne serait pas touché dans cette catastrophe planétaire. Nous respirons tous le même air et lorsque la Chine produit des tonnes de GES, eh bien, nous les respirons.

    L’électrification des voitures semble être le prétendu remède miracle pour combattre les changements climatiques et la sortie de notre société des produits fossiles. Nous produisons autant de GES en fabriquant une voiture électrique qu’une voiture conventionnelle. En plus, la voiture électrique contient plus de plastique et ceci, c’est sans parler des piles et les produits chimiques qui entrent dans leur fabrication qui sont des poisons extrêmement toxiques pour l’environnement.

    Il n’y a qu’une seule façon de diminuer notre empreinte carbone, soit de réduire et de réutiliser les ressources. Mais toujours, on occulte le fait que la population mondiale augmente rapidement et que tous ces nouveaux consommateurs sont une bien mauvaise nouvelle pour ceux qui sont concernés avec ce cataclysme planétaire. La biodiversité mondiale ne peut supporter qu’un milliard d’humains.

    Sur le climat, le discours de Manon Massé est composé de sophismes enrobés dans une démagogie populiste d’extrême gauche. Simplifier la complexité climatique avec des méthodes aussi nuisibles que les autres n’apportera rien de bon et de nouveau sous le soleil. On préfère croire aux électrons qu’aux soi-disant anges politiques lorsqu’il en vient de la santé de notre environnement.