Les illusions perdues

«La question environnementale ne s’est pas arrimée dans le cerveau humain», croit l'auteur. 
Photo: Orlando Sierra AFP «La question environnementale ne s’est pas arrimée dans le cerveau humain», croit l'auteur. 

J’enseigne l’économie de l’environnement à l’Université de Sherbrooke. Il y a deux ans, j’ai invité l’ex-commissaire au développement durable du Québec, Harvey Mead, à donner une conférence dans un de mes cours et j’ai souri d’un air condescendant quand il a lancé à mes étudiants qu’il était trop tard pour la lutte contre les changements climatiques et qu’ils devaient arrêter de faire des enfants. Toute la classe était sonnée et les applaudissements furent polis, sans plus.

L’année suivante, j’ai invité celui qui allait devenir l’émissaire pour les changements climatiques du gouvernement du Québec, Jean Lemire, à donner une conférence similaire. Son constat fut moins abrupt, mais hélas sans appel : il n’y croyait plus.

Récemment, le chroniqueur vedette Patrick Lagacé nous a expliqué qu’il ne parlait jamais de réchauffement climatique, car il était trop tard pour renverser la vapeur. « Nous sommes cuits », lançait-il. Une position un tantinet irresponsable, pensai-je, pour un chroniqueur influent.

Comme collaborateur du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), j’ai refusé de baisser les bras face au défi climatique, a fortiori devant mes étudiants, envers lesquels je me suis toujours senti la responsabilité de ne pas les décevoir, devant leur regard pétri d’espoir. C’était avant la récente démission de Nicolas Hulot, ministre français de la Transition écologique, qui « n’y croit plus » et qui est frustré de s’« accommoder des petits pas alors que la situation mérite qu’on change d’échelle ».

Les commentateurs d’ici ont surtout parlé de la manière dont il a démissionné (à la radio, en direct, sans avoir prévenu Emmanuel Macron au préalable), comme si cela avait une quelconque importance devant la gravité du problème.

La question environnementale ne s’est pas arrimée dans le cerveau humain. Trop loin dans le temps, trop distante de soi, trop immense pour qu’on puisse individuellement y faire quoi que ce soit.

Les gouvernements, ces « despotes bienveillants », protecteurs du bien commun, auraient dû en principe se porter à la défense de la planète, mais ils sont toujours prisonniers de leur « court-termisme ». On a bien essayé de les convaincre, nous, scientifiques, qu’une des premières voies à privilégier était de mettre un prix conséquent sur la pollution, un b-a ba de l’économie de marché, mais on assiste malheureusement à un déficit de courage politique. Et plus on attend, plus les mesures correctrices devront être radicales.

Urgence de la situation

En date d’aujourd’hui, plusieurs économistes évoquent une taxe sur le carbone de 200 $/tonne au minimum comme mesure d’atténuation. Une telle taxe aurait pour conséquence de majorer le prix du litre d’essence de 47 ¢ le litre. Pour information, la taxe carbone fédérale est de 10 $/tonne (2 ¢/litre) et le marché du carbone Québec-Californie nous donne un prix de 17 $/tonne (4 ¢/litre). On est loin du compte ! Et en plus, une molécule de carbone a une durée de vie de 100 ans, alors avant que ça baisse…

Devant l’urgence de la situation, plusieurs scientifiques ont proposé, pour accélérer le mécanisme d’atténuation, une taxe sur le méthane, un gaz 86 fois plus puissant à réchauffer l’atmosphère que le carbone sur un horizon de 20 ans. Mais voilà, cela nous obligerait à transformer de façon radicale toute la chaîne de production agroalimentaire et de taxer la viande en conséquence.

Et même là, Hulot n’y croit plus. Le problème est à la racine, nous dit-il, et cette racine, c’est l’économie de marché. La recherche constante du profit, la magnification perpétuelle de la concurrence, ce modèle dominant du libéralisme débridé où le consumérisme fait office de religion, tout cela se révèle un cancer pour l’environnement. Et alors que nous devrions subordonner toutes nos décisions à l’état de l’environnement, nos politiciens se complaisent dans de lamentables arbitrages qui ne visent qu’à gagner une poignée de votes dans une circonscription. Le Québec subit cinq canicules en un seul été et nous nous extasions devant la bonification des chèques à la naissance d’enfants ou devant les lunchs promis dans les écoles. Dérisoire électoralisme. La Colombie-Britannique brûle pendant que cinq provinces canadiennes remettent en cause la tarification du carbone comme mesure d’atténuation des changements climatiques. Lamentables reculs.

Hulot n’y croit plus. Moi non plus. « On a besoin d’une profonde introspection sur la réalité du monde », disait-il. Je regarde mes étudiants, dont certains proposent la voie de la décroissance économique ou d’une croissance limitée comme seule planche de salut au plus grand défi auquel le monde est confronté. Et on les traite d’utopistes quand c’est notre monde actuel qui incarne l’utopie de la satisfaction illimitée des besoins dans un monde aux ressources limitées.

Pourtant, ce sont ces jeunes qui portent l’avenir. Et j’ose espérer qu’ils sauront investir ce qui nous reste d’institutions démocratiques pour imprimer le virage radical dont nous avons urgemment besoin. Cédons-leur donc la place !

50 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 5 septembre 2018 01 h 51

    Et, pendant ce temps...

    Nos médias qualifient les propositions de QS de radicales. Et vous n'en dites rien.

    • Nadia Alexan - Abonnée 5 septembre 2018 09 h 47

      J'admire votre plaidoirie passionnée. Vous dites: «c’est l’économie de marché. La recherche constante du profit, la magnification perpétuelle de la concurrence, ce modèle dominant du libéralisme débridé où le consumérisme fait office de religion, tout cela se révèle un cancer pour l’environnement.»
      Je suis tout à fait d'accord avec vous que c'est «l’utopie de la satisfaction illimitée des besoins dans un monde aux ressources limitées» qui nous guettent. L'idéologie de la croissance à tout prix ne favorise pas la sauvegarde de la planète. Malheureusement, nos élus ne sont pas au rendez-vous.

    • François Delorme - Abonné 5 septembre 2018 10 h 03

      Radicales les propositions de QS? Honnêtement, je ne sais pas... La plateforme de QS n'incorpore même pas de taxation du CO2.  Pourtant, tous les spécialistes de la question sont unanimes pour affirmer que tout commence par là.  Condition nécessaire, mais non suffisante, comme on dit dans le jargon!  

      Je profite de l’occasion pour vous féliciter pour vos nombreuses contributions au débat public. Celles-ci sont toujours de très haute qualité et d'une extrême pertinence.

    • Cyril Dionne - Abonné 5 septembre 2018 11 h 11

      SVP, arrêtons de parler de ce groupuscule de parti aux licornes. Il m’avait perdu bien avant qu’il parle d’interdire les voitures en 2030. Où est-ce qu’ils vont trouver 11 milliards de dollars neufs? Taxer les riches, eh bien, ça commence à faire vieux dans une province où les riches sont très rares. QS, c’est un parti de débutants avec des vieilles idées.

      Ceci étant dit, il est très difficile de croire que l’humanité pourra renverser la vapeur en ce qui concerne les changements climatiques. Il y a beaucoup de beaux discours à la Barack Obama mais nous augmentons notre empreinte carbone à toutes les années. Toutes les nations qui avaient signé l’Accord de Paris n’ont pas respecté leur cible.

      Personne ne parle de surpopulation parce le mot est tabou. Tous les gens sensés savent que ce sont les activités humaines qui nous mènent au bord du gouffre. Donc, en augmentant le nombre d’humains sur la planète, nous nous précipitons à une vitesse exponentielle tout droite vers un mur.

      On nous dit que si on voudrait renverser la vapeur, on devrait recourir à des mesures drastiques. C’est beau en théorie, mais qui les appliquera ces mesures et à qui? Notre civilisation est basée sur les produits fossiles. On parle toujours de voitures mais personne ne mentionne que le plastique est essentiel dans nos vies. Sans le plastique, au revoir le monde numérique et toutes les inventions qui nous ont permis de vivre confortablement. En fait, notre civilisation s’effondrait.

      Mais le comble de l’ironie, c’est le groupe d’artiste qui interpelle les politiciens pour les inciter à apporter les changements nécessaires. Ces artistes qui vivent dans leur propre bulle et qui sont loin de pratiquer la simplicité volontaire, viennent nous faire la morale. La sincérité des discours écologiques de nos vedettes hollywoodiennes est la plus parfaite des illusions. Après cela, il ne reste plus que la lucidité des gens ordinaires.

    • Mario Jodoin - Abonné 5 septembre 2018 15 h 47

      @ François Delorme

      « La plateforme de QS n'incorpore même pas de taxation du CO2.»

      Les mesures en matière environnementale sont regroupées dans le «Plan de transition économique» dont le contenu est publicisé mesure par mesure lors des sorties quotidiennes de QS et ne sont pas toutes incluses dans la plateforme. Le contenu complet sera publicisé en cours de campagne. Comme je ne suis pas dans le secret, je ne sais pas s'il contiendra de mesures supplémentaires de taxation du CO2, mais il est trop tôt pour conclure. Cela dit, la plateforme et le plan comportent bien d'autres mesures qui ont le potentiel de faire diminuer les émissions de CO2. Je trouve important de le souligner, car la plupart des médias tiennent ces jours-ci le discours que les partis ne parlent pas suffisamment d'environnement, alors que QS a jusqu'à maintenant fait sept sorties au cours des 13 premiers jours de la campagne sur ce sujet (pas toutes sur le réchauffement climatique). Et, ce n'est pas fini. Je mettrais bien un lien sur une vidéo montrant la présentation de Gabriel Nadeau-Dubois sur ces sorties, mais cela n'est pas permis ici.

      Et, merci pour les bons mots!

    • Mario Jodoin - Abonné 5 septembre 2018 16 h 08

      François Delorme

      En plus, je voudrais savoir si vous considérez le «malus» du système de bonus-malus comme une taxe sur le CO2.

    • François Delorme - Abonné 5 septembre 2018 21 h 28

      1) "En plus, je voudrais savoir si vous considérez le «malus» du système de bonus-malus comme une taxe sur le CO2" : oui, bien sûr c'est une forme indirecte de taxation. Mais je préfère une taxe CO2, plus directe, plus transparente et plus efficace.

      2) La plateforme de QS dont j'ai pris connaissance (de date de vendredi dernier) spécifiait qu'une taxe sur le CO2 était régressive, donc qu"il ne pouvait en faire la promotion comme instrument d'atténuation. Bien sûr, la hausse d'une taxe CO2 pèserait évidemment sur le pouvoir d’achat des ménages en situation de précarité énergétique, isolés ou habitant des zones mal desservies par les transports en commun. Cette hausse de la fiscalité énergétique nécessiterait donc des compensations ciblées. C'est ce qui est préconisé habituellement (e.g. Commission canadienne de l'écofiscalité). Évidemment, je salue les autres mesures annoncées par QS qui contribuent à faire diminuer les émissions de GES. (Pour votre info, le Parti Vert préconise un prix de $100/tonne maintenant avec une majoration de $20/année).

    • Luc Bertrand - Abonné 6 septembre 2018 01 h 37

      @ François Delorme et Mario Jodoin,

      Si la taxation du carbone ne fait pas partie du programme de Québec solidaire, je suis d'accord avec leur interprétation que cette taxe est régressive, car elle constitue, ni plus ni moins, qu'en l'achat d'un droit de polluer. Et les entreprises pollueuses auraient le front de refiler cette taxe à ceux, justement, qui ont le moins de pouvoir pour freiner cette destruction de notre planète: les consommateurs.

    • François Delorme - Abonné 6 septembre 2018 13 h 45

      @Luc Bertrand

      1) "Si la taxation du carbone ne fait pas partie du programme de Québec solidaire, je suis d'accord avec leur interprétation que cette taxe est régressive". La taxe n'a pas à être nécessairement régressive. On peut contrer cette regressivité aisément. C'est ce que je voulais dire par "compensations ciblées". On peut penser à un crédit d'impôt ou encore un recyclage des revenus de la taxe CO2 (comme en Colombie-Britannique, par exemple).

      2) "Et les entreprises pollueuses auraient le front de refiler cette taxe à ceux, justement, qui ont le moins de pouvoir pour freiner cette destruction de notre planète: les consommateurs." Une bonne partie de toute fiscalité aux entreprises est refilée de toute façon. Les études à ce sujet suggèrent que les 2/3 de l'impôt des société est refilée aux travailleurs sous forme de réductions de salaires ou encore de croissance moindre des salaires. Une autre partie impacte les consommateurs. Le reste, le rendement des actionnaires. À ce compte-là, on devrait aboilir l'impôt des sociétés pour des raisons purement d'efficacité. Il y a des économistes au Québec qui défendent publiquement ce point de vue (e.g. Léon Courville, HEC). Je n'en suis pas. Le but d'un taxe CO2 est de faire augmenter le prix après taxe pour que la quantité demandée (de CO2) diminue. C'est cette quantité de CO2 d'où émanent les émissions de GES que l'on cherche à réduire... Je le répète encore ici: C'est une condition nécéssaire mais pas suffisante... Merci de vos commentaires. FD

  • Claude Bariteau - Abonné 5 septembre 2018 03 h 12

    Vous n'y croyez plus, moi un peu.

    Je comprends que vous ne croyez plus aux gouvernements actuels pour changer l'ordre des choses enmatière d'environnement. Mais que vous estimez que les jeunes ont la bonne approche.

    Le problème, c'est que les jeunes ne sont pas au pouvoir même s'ils ont de bonnes idées en tête. En démocratie, les bonnes idées viennent des citoyens et des citoyennes et c'est eux qui doivent prendre les commandes.

    Que les partis politiques n'abordent pas cette question dans l'actuelle campagne au Québec en mettant de l'avant des idées qui rejoignent celles des jeunes et des personnes, comme vous, conscientes de ce que l'avenir sera sans interventions majeures, c'est DRAMATIQUE.

    Et ça le sera encore plus lorsque le réchauffement climatique aura fait des ravages majeurs. Probablement c'est à ce moment que la survie entrera en ligne de compte. Sera-t-il trop tard ? Oui pour peut-être un miliard ou plus d'habitants de la planète. Pour les autres, ce sera quoi ? J'imagine le pire et le moins pire. Le pire, c'est une guerre générale de survie; le moins pire des programmes collectifs de survie en lien avec une approche économique anti-polluante.

    Comme ce problème découle d'un capitalisme débridé qui subordonne les gouvernements, ce sont les gouvernements qui doivent inverser l'ordre engendré par le capitalisme et le tout à l'économie destructive.

    C'est énorme comme renversement. Et ce renversement aura d'énormes répercussions. C'est de ça qu'il faut parler. D'ici peu de tels propos se multiplieront, des avenues apparaîtront et des mobilisations se déploieront. Nous ne sommes pas encore collectivement de l'autre côté du mur de la tolérance. Demain, ça le sera et il faut montrer ce que ce sera pour inverser le processus en cours..

    • Johanne St-Amour - Abonnée 5 septembre 2018 08 h 11

      Oui, bien sûr, la question de l'environnement est capitale. Il faut renverser le cours des choses et rapidement.
      Par ailleurs, il ne faut pas non plus s'occuper uniquement d'environnement. Quand des défenseurs.euses de l'environnement ridiculisent d'autres promesses des partis (et j'avoue que certaines sont nuisibles pour l'environnement, sans importance ou parfois même ridicules), là je décroche! La vie contient d'autres aspects même si la plupart sont reliés à la question de l'environnement.

    • Raymond Labelle - Abonné 5 septembre 2018 13 h 28

      De façon générale, les États et les personnes ne prennent pas les mesures nécessaires pour que toute l'espèce ne soit pas exposée à de terribles souffrances et pertes dans un délai pas si lointain. On peut comprendre que ça trouble certain.es. La plupart, en réalité, ne le voient pas vraiment ou ne veulent rien faire ou encore si peu. C'est précisément l'objet de la déprime de l'auteur de ce texte et des personnes qu'il y évoque. M Bariteau croit que lorsque les problèmes s'aggraveront, on s'en préoccupera plus - peut-être voire probablement - mais il sera déjà bien tard.

      Ce dont tout le monde ne se rend pas compte est que même si tout le monde adoptait immédiatement des mesures exemplaires, ça ne sera quand même pas jojo. Il est déjà tard.

      Quand ça fait quelques décennies que l'on dit qu'il faut agir rapidement et que l'on a fait si peu comparé à ce qui devait être fait... à un moment donné... ça rattrape.

    • Raymond Labelle - Abonné 5 septembre 2018 13 h 33

      Mme Saint-Amour, je ne sais pourquoi, votre propos évoque en moi cet extrait de l'article de M. Alexandre Shields, qui fait de l'excellent travail au Devoir par ailleurs, qui rapportait la démission de M. Hulot. M. Shields avait brillamment synthétisé la nature de la désillusion de M. Hulot:

      "Enfermée dans un système économique qui mène à la catastrophe écologique, l’humanité a déjà basculé dans une véritable tragédie environnementale, dont elle s’accommode dans une relative indifférence." (Tiré de:
      https://www.ledevoir.com/societe/environnement/535516/france-hulot-et-l-indifference - article où M. Hulot développe plus son point de vue)

    • Cyril Dionne - Abonné 5 septembre 2018 17 h 50

      M. Bariteau,

      Vous regardez pour une réponse locale alors qu’il faut trouver une réponse globale. C’est bien beau de parler de gouvernement responsable au Québec, mais c’est à l’échelle de la planète que les décisions doivent se prendre. Le risible Accord de Paris était supposément un pas dans la bonne direction. Qu’est-il arrivé? Aucun pays n’a respecté ses engagements de 2016. Le Canada et son petit prince ont annoncé de nouveaux pipelines aussitôt revenus au pays.

      Lorsque le réchauffement climatique aura fait des ravages majeurs, l’effet de boule de neige entrera en action. Pensez qu’on peut sacrifier un milliard d’humains ici où là est de la pure fantaisie. Les changements viennent présentement par goutte d’eau mais il y aura un enchaînement exponentiel à la courbe climatique avec le relâchement de milliards de tonne de CO2 et de méthane enfouis dans les sols et dans les mers, ceci dans un très bref délai.

      Ce qu’il faudrait faire est simple mais pénible et probablement impossible. Il aurait fallu mettre fin à l’exploitation des énergies fossiles hier. S’assurer que les ratifications d’accords climatiques par les pays sont faites et que les cibles sont atteintes sinon des conséquences graves pourraient subvenir aux récalcitrants (cela sous-entend un gouvernement d’ordre mondial avec des dents). Les pays riches devraient subventionner les pays pauvres afin de pouvoir remédier à des solutions vertes et empêcher l’augmentation des gaz à effet de serre. Exposer les solutions faciles comme étant des délires et des désillusions comme celle de la capture et le stockage du carbone. Enfin, la mère de toute, n’en déplaise à toute nos autruches avec leurs têtes enfouies dans le sable, commencer à penser que la surpopulation de la planète est la cause véritable du réchauffement climatique et qu’il faut y remédier tout de suite.

      On dit que la nécessité est la mère de toutes les inventions. Malheureusement, nécessité ne rime pas avec cupidité en 2018.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 5 septembre 2018 18 h 50

      M. Labelle, j'apprécie beaucoup le travail d'Alexandre Shields et j'appréciais aussi beaucoup le travail de son prédécesseur Louis-Gilles Francoeur. Et personnellement, je ne suis ni indifférente, ni pessimiste.
      Ce sujet me tient à coeur et j'en comprends l'importance. Par ailleurs, le sujet de l'environnement n'est pas le seul sujet important, la santé et l'éducation sont aussi fort importants.En tenant compte bien sûr que la dégradation de l'environnement est la cause de certains problèmes de santé.

    • Claude Bariteau - Abonné 5 septembre 2018 22 h 22

      M. Dionne, j'avance une position locale qui est en lien avec d'autres positions émergentes. Le temps est compté. Douze ans au plus, peut-être dix selon les analystes.

      Vous dites qu'il est trop tard, qu'il aurait fallu agir il y a plusieurs années et qu'actuellement s'impose une action militaire d'envergure, soit un gouvernement international avec des dents. Ce gouvernement n'existe pas. Peut-il être créé. Seulement devant une catastrophe. J'ai utilisé l'image d'un milliard de morts comme déclencheur. Ce n'est pas un sacrifice, mais une conséquence sonnant l'alarme.

      Autre point : les forces destructrices possèdent des moyens pour préserver les plus riches. Par contre, les gouvernements ont aussi des moyens à leur disposition et doivent surtout répondre aux demandes de leurs citoyens et de leurs citoyenens.

      Ce sont les gouvernements qui doivent agir actuellement. Ils sont les seuls à pouvoir contrer les forces destructives. Il y a déjà des pays engagés dans cette direction. C'est avec eux que les habitants du Québec doivent s'associer. Comme vous le dites, le Canada n'en fait pas partie.

    • Raymond Labelle - Abonné 5 septembre 2018 22 h 44

      Merci de vos précisions Mme Saint-Amour. En effet, l'État a beaucoup de responsabilités.

  • Serge Pelletier - Abonné 5 septembre 2018 03 h 16

    Monsieur, les changements clématiques sont bels réalistes. Mais alors qu'est-ce qui fait nuit à sa réalité... Facile: les discours qui sont tenus par certains de vos collègues universitaires qui disent n'importe quoi, n'import comment, sur à peut près n'importe quoi, et en rattachant tout à la la cause - la leur bien entendue. Des âneries se succèdent: un jour étend exaspéré des biais de confirmations d'un professeur (post doc de surplus) de deuxième et troisième cycles, je lui demandais pourquoi il mentait ainsi à ses étudiants. Sa réponse fut d'un simpliste absolu: "ben, je sais bien que je disais est faux, mais c'est normal pour nous de la chaire ... d'en rajouter, et de manipuler l'opinion..."

    Conséquemment, commencer, Monsieur, à faire le ménage dans vos écuries, car les "Trumps" de ce monde (y comprend ici) ont de venir lorqu'ils entendent certaines idées stupidites qui les confortent...

    • Claude Bariteau - Abonné 5 septembre 2018 10 h 48

      M. Pelletier, lisez les textes de Messieurs Martel et Richard et prenez le temps de lire ceux des chercheurs et des grouopes de recherches sur l'état de l'environnement.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 5 septembre 2018 07 h 58

    Guerre et environnement

    Il est impossible de lutter contre le réchauffement climatique sans diminuer la combustion des hydrocarbures. Et on ne peut lutter contre celle-ci sans majoration substantielle du prix du pétrole.

    À ce sujet, écologistes et pétroliers se livrent un combat inégal. Il est inégal quant aux ressources dont disposent chaque clan pour défendre ses positions. Mais il est surtout inégal quant à l’efficacité des moyens utilisés.

    Pour minimiser le prix des hydrocarbures, les pétrolières se sont appuyées sur le complexe militaro-industriel. Ce dernier réclame toujours plus de guerres pour maintenir les emplois. Or justement, les gouvernements occidentaux ont foutu le bordel dans un certain nombre de pays producteurs de pétrole.

    Ce qui a pour effet d’obliger les États concernés à accroître leur production pour financer l’effort de guerre ou à brader leur pétrole pour s’assurer qu’il trouve preneur. Même chose pour les mercenaires qui s’emparent de puits pétroliers et les commanditaires (Arabie saoudite et Qatar) qui les financent.

    D’autre part, tous les groupes environnementaux — j’ai bien dit tous — leurrent leurs sympathisants en privilégiant des moyens totalement inefficaces pour lutter contre la consommation d’hydrocarbures, c’est-à-dire en cherchant à entraver leur production.

    Cela est un échec. Un échec évident depuis des décennies. Comment peut-on croire sérieusement que si on faisait cesser la production de pétrole d’Alberta, les pompistes du Québec ne chercheraient pas aussitôt une autre source d’approvisionnement ?

    Alors on fait des gestes d’éclat — des enfantillages comme cette banderolle suspendue au mât du stade olympique — pour épater la galerie et assurer le succès du financement du groupe écologique en question.

    Ce qu’il faut enseigner les jeunes, c’est que si l’Humanité doit un jour disparaître, ce sera à cause de la rapacité capitaliste et de la guerre (en partie liées l’une à l’autre).

    • René Pigeon - Abonné 5 septembre 2018 11 h 46

      D’accord avec votre affirmation voulant que l’offre suit la demande de carburant plus que l’inverse. Mais « les pompistes du Québec ne chercheraient pas aussitôt une autre source d’approvisionnement » si les citoyens ne déménageaient pas en banlieue en réponse à l’offre des développeurs immobiliers et des politiciens du PLQ et CAQ et de construire des autoroutes pour s’étaler en banlieue qui offre à la fois la maison de campagne et la proximité des centres d’achats et évite la densité de la ville – tout en prétendant que les transports en commun soient trop chers, moins que les autoroutes et les investissements en nouvelles écoles et autres services publics et privés nécessaires pour répondre aux nouvelle demandes engendrées par l’étalement.
      C’est la part de responsabilité que M, Delorme reconnait dans le « le consumérisme fait office de religion » en complément des facteurs de l’offre qu’il invoque : « La recherche constante du profit, la magnification perpétuelle de la concurrence, ce modèle dominant du libéralisme débridé… »

    • Jean Richard - Abonné 5 septembre 2018 12 h 02

      Le spectre d'une guerre sur un fond de pétrole n'est pas à écarter.

      On tentera de nous faire croire que ce sont les religions qui feront les guerres. Et si c'était de la diversion ?

  • Raynald Goudreau - Abonné 5 septembre 2018 08 h 22

    Quand ce deni cessera-t-il ?

    Votre commentaire est une cotisation importante , eclairee, sans detour comme la situation l'exige .