Les revenus de l’État, une priorité

Les entreprises multinationales et les individus richissimes de notre pays transfèrent des dizaines de milliards de dollars dans des paradis fiscaux ou des États anomiques.
Photo: David McFadden Associated Press Les entreprises multinationales et les individus richissimes de notre pays transfèrent des dizaines de milliards de dollars dans des paradis fiscaux ou des États anomiques.

On se demande comment l’idéologie dominante arrive encore à faire passer des évidences d’ordre logique pour des bizarreries de l’esprit. Ainsi en va-t-il de la nécessité absolue pour le gouvernement du Québec d’augmenter radicalement ses revenus s’il souhaite que son action ait encore un sens dans la vie publique.

On saura gré à Québec solidaire d’avoir bravé les injonctions à la restriction mentale d’éditocrates et « experts » de la planète médiatique en faisant de ce thème un enjeu central de la campagne électorale en cours. Il s’agit là d’un acte politique plus que politicien, dans la mesure où cet enjeu suppose un positionnement fondamental sur des questions d’organisation sociale, plus que de simples manoeuvres stratégiques pour satisfaire tel ou tel public cible.

Depuis une quarantaine d’années maintenant, on voit les autorités publiques de nombreux pays d’Occident se livrer à une prétendue concurrence fiscale qu’ils présentent comme une fatalité alors qu’ils l’organisent soigneusement. Les paradis fiscaux sont évidemment l’emblème de cette supercherie : peut-on croire sérieusement que Philippe Couillard, qui en a profité à Jersey, François Legault, dont la société Air Transat avait une filiale à la Barbade, pleurent l’existence de législations ultrapermissives auxquelles le Canada permet un accès légal et facile depuis les années 1960 et qui répondent pour la plupart directement de la Couronne britannique ?

Il est étonnant qu’il soit si difficile d’inscrire cet enjeu de manière centrale dans le débat public alors que les puissants se targuent de traiter des “vraies affaires” et d’arguer continuellement au nom du “gros bon sens”

 

Une dette étouffante

Or ce sont des dizaines de milliards de dollars que les entreprises multinationales et les individus richissimes de notre pays transfèrent dans ces États anomiques, tandis qu’ici, les petites et moyennes entreprises, la classe moyenne et les prolétaires se saignent en payant taxes et impôts pour des services publics qui perdent en qualité. Pis, nous nous sommes donné une dette étouffante pour tenter de boucler des budgets, notre gouvernement empruntant des sommes colossales auprès de multinationales et d’organisations financières qu’il n’impose plus. C’est le monde à l’envers : au titre du service de la dette, voilà les citoyens du Québec qui versent des intérêts à des pouvoirs privés largement exonérés d’impôts de façon à financer seuls des services publics qui, paradoxalement, profitent surtout aux détenteurs de capitaux et aux grandes entreprises. N’est-ce pas à leur profit que se trouvent ainsi administrés des universités, routes, aéroports et subventions à l’entreprise ?

S’il importe de chiffrer, calculer, comptabiliser ce qu’il en est de ces enjeux, l’important réside bien entendu au demeurant dans le diagnostic politique. Car les chiffres ne pensent pas, ne délibèrent pas et n’agissent pas. Ils sont le reflet de décisions humaines que l’on prend ou — hélas trop souvent — ne prend pas, pour garantir à l’État la capacité d’assumer sa mission sociale. Les économistes feraient oeuvre utile s’ils nous épargnaient une fois pour toutes leurs doctes études en considérant, hormis quelques variables, que « toute chose est égale par ailleurs ». L’heure est venue de penser politiquement, quand « toute chose » se trouve agencée autrement que dans le cadre idéologique actuel, pour converger vers un résultat chiffré, de l’ordre de celui que Québec solidaire vient d’estimer. Dans un pays où on serait conscient de l’importance de l’évitement fiscal, les titulaires et fonctionnaires des ministères du Revenu, de l’Économie, des Affaires intergouvernementales et des Relations internationales ne penseraient plus en fonction du cadre étriqué dans lequel on analyse actuellement les chiffres officiels. Ce changement de paradigme produirait évidemment de nouveaux résultats.

Une vache à lait

Ainsi en va-t-il de la corruption, si on la considère comme autre chose que le simple trafic d’influence. Combien d’argent l’État épargnerait pour le compte des femmes et des hommes de ce pays s’il n’était plus l’apanage de gens d’affaires qui ont laissé l’État se corrompre en en faisant plus qu’une agence de développement des grandes entreprises du secteur privé ? C’est tout le poids de cette idéologie qui pèse sur la gestion controversée des finances publiques, et corrompt l’État au sens profond du terme, en en faisant une vache à lait pour des entrepreneurs de la construction, des spéculateurs immobiliers et autres affairistes près de partis dits de gouvernement. On pourra associer à ce phénomène de corruption le favoritisme dont bénéficient des groupes sociologiques particuliers, lequel se traduit par la disproportion scandaleuse de revenus entre les médecins spécialistes et les infirmières, les professeurs et les chargés de cours, les gestionnaires et les puéricultrices.

Il est étonnant qu’il soit si difficile d’inscrire cet enjeu de manière centrale dans le débat public alors que les puissants se targuent de traiter des « vraies affaires » et d’arguer continuellement au nom du « gros bon sens ».

Québec solidaire n’a pas le monopole de l’entendement et le débat qu’il lance enfin dans l’espace public est une affaire commune, par rapport à laquelle tous sont libres de se positionner. Il reste seulement à souhaiter que la population ne se laissera pas intimider par de pseudo-experts qui estimeront qu’il n’y a là aucun débat potentiel sous prétexte que les chiffres, leurs chiffres, auraient parlé.

19 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 30 août 2018 08 h 33

    Même la ''gauche'' a été impuissante

    Le NPD, et aussi le PQ, ont été les partis de 'gauche' (modérée) dans ce pays. Ils ont parfois été au pouvoir et ils ont effectivement institué plusieurs mesures sociales progressistes. Mais jamais ils n'ont réussi ou, semble-t-il, même essayé de s'attaquer à ces manigances. Est-ce par peur? Est-ce par ce que c'est trop difficile à prouver? Est-ce par ce que c'est un mythe concocté par des illuminés gauchistes ?

    • Christian Montmarquette - Abonné 31 août 2018 08 h 08

      @ Bernard Terreault

      Le PQ n'est pas de gauche.

      Non seulement est-il l'instigateur du dogme du "déficit zéro" et des politiques d'austérité qui lui sont conséquentes. Mais c'est un parti clairement néolibéral qui est à l'origine même de la signature de l'ALÉNA; sans compter que Jean-François Lisée lui-même, est un fervent défenseur du libre-échange responsable d'importantes pertes de souveraineté du Québec en matière économique.

      Christian Montmarquette

      Référence :

      "Lisée vante le libre-échange Canada-Europe" - Le Devoir

      https://www.ledevoir.com/economie/370685/lisee-vante-le-libre-echange-canada-europe

      .

    • Jean-François Trottier - Abonné 31 août 2018 09 h 57

      M. Terreault,

      le PQ a été le plus loin qu'il le pouvait dans le cadre fédéral. Oui, il "aurait pu" faire ceci et celà, des détails dans les coins, mais il vaudrait mieux ne pas oublier que sa priorité était l'indépendance, pour pouvoir agir.

      Dans les faits, un gouvernement provincial peut très peu contre l'évasion fiscale parce que son territoire n'est pas défini par des frontières. L'argent peut sortir vite en ta! C'est bête, hein ?

      Alors, la raison pourquoi ceux qui crient fort sont des illuminés, c'est pas parce qu'ils sont à gauche, c'est parce qu'ils crient uniquement pour essayer de faire mal paraître les autres. Des curés qui accusent les autres de pécher.

      Alors oui, ce sont des illuminés. Ils ne pourront rien de rien faire sans l'indépendance, et ils donnent des leçons. ioupi.

      Je rappelle que l'État fort est plaidé par Jean-François Lisée depuis au moins 30 ans, un méchant bout avant QS. Il le répète presque chaque jour depuis le début de la campagne, et bien plus que QS.

      Mais bien sûr, Lisée a un langage un peu précieux, il a le geste onctueux, et puis, c'est un "vieux" : tout ce qu'il faut pour le trouver ridicule. Hé! On a le DROIT de le trouver ridicule : il n'est ni queer, ni gay, ni immigrant, et puis il aime probablement le bon vin, l'écoeurant! On a vargé sur Parizeau de la même façon autrefois.
      Mais bon, l'âgisme, c'est permis. Faut se rendre à l'évidence.

      Vos accusations ne font que démontrer, soit une ignorance béate, soit une ignominie du dernier cheap.

      À moins que vous ne soyez ébloui jusqu'à l'aveuglement par votre petit dogme bien serré? L'illumination, faut bien qu'elle vienne de quelque part.

    • Jean-François Trottier - Abonné 31 août 2018 12 h 54

      M. Montmarquette,
      on peuit se passer de vos lieux communs comme des autres.

      Selon votre logique "c'est toutte des néolibéraux" :
      - Le parti socialiste français est néolibéral
      - Le parti social-démocrate allemand est néolibéral
      - Le gouvernement de Suède est néo-libéral

      ce qui en fin de compte dit précisément ce qu'est QS : certainement pas social-démocrate, et de loin!

      Entre autre, QS, et vous en particulier, prêchez la détestation et la vengeance. Tout le cadre "financier" de QS tient en une seule phrase : "Faites payez les riches".
      Ça, c'est du socialisme, pas de la social-démocratie.

      La social-démocratie passe par la notion de participation de tous, pas "faire payer", et surtout pas "faire payer les écoeurants", étant donné le ton extrêmement brutal que vous utilisez pratiquement tous les jours depuis au moins 5 ans.... et avant si je me fie à ce que j'ai trouvé un peu partout sur le Web.

      Il est évident que, si les promesses des autres partis sont fumeuses, les vôtres sont carrément carbonisées, "cadre financier" d'état hyper-dirigiste ou pas. Vous faites dans le Chavez, nous aurons un Maduro.

      Le pire est que VOUS LE SAVEZ!! Alors cessez de mentir et de vous prétendre social-démocrate : vous placez votre raison personnelle bien au-dessus de la démocratie.

      Lisée a écrit une quinzaine de livre sur la social-démocratie, i.e. 100% plus que Massé qui n'a su pondre qu'une oeuvre d'auto-encensement, curieusement lors d'une année électorale. So cheap.
      Le fait que Lisée puisse être pour le libre-échange avec l'Europe est ponctuel et vient de la nécessité de NE PAS dépendre de la maudite économie de l'Alberta, basée sur le pétrole et qui ruine le Québec. Êtes-vous seulement capable de comprendre le bon sens des fois ou bien votre Évangile anti-toutte vous obnubile à ce point?

      Pas besoin de répondre. Je connais vos restrictions mentales.

    • Christian Montmarquette - Abonné 31 août 2018 14 h 20

      @Jean-François Trottier

      Selon le sondage du Mainstreet du 30 août dernier..

      Québec solidaire est à 4,4 points de différence du PQ.

      Soit à 14,4% d'intentions de vote au niveau national pour QS, contre 18,9% pour le Parti québécois.

      Ce qui nous donne plus de 700,000 citoyens et citoyennes qui appuient Québec solidaire et qui ne sont pas de votre avis, ce qui me permet amplement de me passer du vôtre.

      Je profite aussi de l'occasion pour dire que j'apprécie hautement la sympathie de l'auteur exprimée envers Québec solidaire dans son article. Venant de la part d'un intellectuel de calibre international comme Alain Deneault...

      - C'est tout un coup de chapeau qu'il vient de nous donner !

      Comme dit l'adage..

      Les chiens aboient, mais la caravane passe..

      Christian Montmarquette

    • Jean-François Trottier - Abonné 31 août 2018 17 h 06

      M. Montmarquette,

      En tenant de contourner mes propos, vous démontrez simplement ce que je dis. Je savais que vous agiriez ainsi, comme tout bon petit soldat de la Cause.

      Bizarre de vous voir utiliser le sophisme du grand nombre. Vous savez, "tout le monde le fait, fais-le donc" ?
      Parce que si c'est le cas, alors l'immense majorité des Québécois savent parfaitement pourquoi ils votent pour des partis néolibéraux.

      Donc, toujours selon vous seul, la plupart des Québécois, en toute connaissance de cause, rejette en bloc l'optiion QS.

      Manier les sondages n'est pas votre fort, hein ?

      Et pourtant...Vous avez démontré tant de fois que vous n'avez aucune opinion personnelle que l'orthodoxie parfaite de QS, vous devriez être capable de saisir ce que les gens disent. Ben non.

      Je ne vois pas pourquoi les gens qui appuient QS le font plus à bon escient que les autres. Encore moins, sachant que les ténors de QS, et vous aussi, mentent comme ils respirent,
      Oui, votre campagne de désinformation a été très forte depuis 10 ans. Le sommet en a été la fausse valse-hésitation de GND avant de s'engager, ce qui a soulevé l'intérêt des médias.

      D'autres sondages disent que QS rejoint moins d'appuis que le Parti Vert. Ceci dit je m'en fous complètement... et vous aussi. Je regarde la politiquye, pa les sondages. Et vous ne regardez rien.

      Vous ne répondez pas au fait que vous reprochez au PQ des trucs que soit le pari socialiste français, soit le parti social-démocrate allemand, soit le gouvernement de Suède ont fait....

      C'est clair, QS se prétend social-démocrate, d'oû ses appuis, et n'est pas social-démocrate en toutte, d'où ce dont vous êtes incapable de vous dépêtrer ici.
      Et votre non-réponse en forme de sophisme le confirme brillament. Bravo et merci.

      Je constate au passage que QS préfère de loin les appuis étrangers à ceux qui viennent d'ici, comme les bons petits colonisés qu'ils sont. Rien de nouveau.

      Vous reste à entonner l'Internationale, ce ser

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 septembre 2018 05 h 47

      @ Jean-François Trottier,

      En qualifiant sans cesse QS de communiste, d'extrémisme voire de stalinien et en le comparant au Vénézuéla, à Cuba comme vous l'avez fait depuis des mois, c'est vous qui désinformez le public. Je dirais même que cette campagne de peur que vous menez depuis des mois, est une forme de terrorsisme intellectuel digne de l'époque de Maurice Duplessis et du Maccarthisme est consternante en plus d'être mesongère en tentant d'épouvanter les ingnorants.

      À votre lithanie d'inepties j'invite le public à s'informer plutôt qu'à se fier sur les campagnes de peur menées par les adversaires de Québec solidaire et donr voici le programme:

      Salaire minimum à 15$; un système de pension étatique universel; un revenu minimum garanti; une assurance dentaire pour tout le monde; la réduction de 50% des coûts de transport en commun; la création de Pharma-Québec; le refinancement adéquat des CLSC 24h par jour, 7 jours sur 7; réduction de 12% du salaire des médecins spécialistes; 5% du budget de la santé consacré à la prévention; abolition de l’incorporation des médecins; ratio de 1/30 entre la plus haute et la plus basse rémunération des entreprises recevant de l'aide de l'État; la création d'une banque nationale du Québec; la juste imposition des entreprises; l’augmentation des redevances minières, de l'eau ; l’abolition du financement des écoles privées par le système public; la gratuité scolaire des CPE à l'université; la rémunération des stages des étudiants; le retour de la taxe de 0.8% sur les profits des banques et des institutions financières retirée par Jean Charest; l’adoption d’un mode de scrutin proportionnel; la parité hommes-femmes au Conseil des ministres; l’ajout de 7 paliers d’impositions; l'installation d'une Assemblée constituante non partisane; l’adoption d'une Constitution du Québec et un référendum sur l’indépendance du Québec.

      Tous les engagement de Québec solidaire ont été chiffrés dans un buget équilibré.

      Christian Montmarqu

  • Raynald Rouette - Abonné 30 août 2018 09 h 06

    Un adage dit: « Un homme endetté devient très docile ».


    Il est effarent de constater l’empleur de l’endettement collectif, tant au municipale, au provincial qu’au fédéral.

    Ajouter à cela la dette personnelle. Pas étonnant que les syndicats n’aient plus la cote...

    Le sujet est évité délibérément autant par les politiciens que les médias. Un silence volontaire de part et d’autres...

    Avons-nous atteint un point de non retour? La population en prendra t’elle un jour conscience?

    Fabrice Luchini cite Philippe Muray écrivain, dans son livre « Comédie française, « L’Occident s’achève en bermuda » ou encore « Nous sommes enfermés dans la cage aux phobes »

    « Que nous dit Muray? Il nous dit que notre époque « s’exprime » par ses fêtes. Il montre que le « festif » abrite une sorte de système totalitaire. Il transforme le réel en grande fête insaisissable, indéfinissable. La comédie humaine est déshumanisée puisqu’elle est perpétuellement connectée et souriante ». Je dois leur donner raison, y’a pas de quoi à être optimiste...

  • Gilles Roy - Abonné 30 août 2018 09 h 58

    Autre évidence

    Autre évidence logique sapée par l'idéologie dominante : les dizaines de millions de $ distribués auprès des anciens hauts dirigeants de Bombardier. Un vol de dépanneur (qui rapporte trois bières) fait la une dans les journaux populaires. Un vol des deniers d'État (bonjour les grands crus!) est à peine repris par les chroniqueurs électoraux. Étrange.

  • Nadia Alexan - Abonnée 30 août 2018 10 h 44

    L'évasion fiscale: un enjeu incontournable du XX1 siècle.

    Félicitations au professeur Alain Deneault pour sa plaidoirie passionné en faveur des revenus de l'État. Les économistes font de l'aveuglement volontaire en supprimant toute discussion de l'évitement fiscal. Les plus grands économistes, récipients du prix Nobel pour l'économie, tel que Joseph Stigliz et Paul Krugman, plaident pour une fiscalité plus équitable auprès des grandes entreprises et multinationales qui ne paient pas leur juste part d'impôt.
    De même le célèbre Thomas Piketty, auteur du livre: «Le Capitale au XX1e siècle,» où il réitère que l'accumulation du capital engendre inévitablement, une concentration toujours plus forte entre quelques mains, conduit aux inégalités. Aujourd'hui, 8 personnes détiennent la moitié de la richesse mondiale! C'est un scandale.
    L'évasion fiscale devrait être au centre de nos enjeux électoraux et des promesses des candidats/candidates. Le gouvernement ne peut pas améliorer la qualité de nos services, si les coffres de l'état sont vides. L'évasion fiscale est l'enjeu primordial du siècle. Honte à nos politiciens et à nos journalistes qui évitent toute discussion de cet enjeu indispensable.

  • Gilbert Turp - Abonné 30 août 2018 11 h 29

    Environnement et paradis fiscaux

    Oui, ce sont là les 2 enjeux les plus cruciaux de notre temps. Si on pouvait seulement régler ça, il me semble qu'on aurait les moyens de soulager 3 quarts des souffrances de l'humanité.

    Comment allons-nous faire ?