Ce n’est pas un sacre, c’est un massacre

À moins de se dire que seuls les pédophiles et les pervers sont intéressés par le sacerdoce chrétien, le problème n’est ni la pédophilie ni la perversion. Il faut abandonner ces clichés une fois pour toutes. Le problème, c’est que l’on demande à des individus normaux une chose anormale.
Illustration: Tiffet À moins de se dire que seuls les pédophiles et les pervers sont intéressés par le sacerdoce chrétien, le problème n’est ni la pédophilie ni la perversion. Il faut abandonner ces clichés une fois pour toutes. Le problème, c’est que l’on demande à des individus normaux une chose anormale.

Texte adressé au pape François.

Cher François,

Ces jours-ci, le monde tangue sous le choc d’un nouveau scandale de pédophilie qui, en Pennsylvanie cette fois, vient « éclabousser » l’Église catholique : sur une période de 70 ans, 1000 enfants abusés ou violés par des prêtres, et, compte tenu de la célérité des intéressés à escamoter les preuves et de la honte des victimes à témoigner, l’on peut être certain que ce chiffre est encore inférieur à la vérité. Certain aussi que, pour nombreux qu’ils soient, les cas connus ne forment que la pointe de l’iceberg.

Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir L'écrivaine Nancy Huston

Comme moi, comme d’autres, vous avez dû être frappé par la ressemblance entre cette salve de révélations « scandaleuses » et une autre, qui défraie l’actualité depuis bientôt un an : celle des témoignages #MeToo sur le harcèlement sexuel. Ici et là, même propension des hommes à profiter de leur pouvoir pour satisfaire leurs besoins sexuels. Si l’on mettait à la disposition des enfants du monde entier un site Internet où ils pourraient déposer leur plainte en toute sécurité, ce « balancetonpretre » provoquerait un tsunami mondial qui, par sa violence et son volume, dépasserait à coup sûr celui de « balancetonporc ». Seraient encore reléguées au silence, il est vrai, les nombreuses victimes qui, en raison de leur jeune âge (18 mois, exemple entendu ce matin) ou de leur misère (enfants du Tiers-Monde, illettrés et/ou non connectés), n’auraient pas accès au site.

Ce nouveau scandale vous a poussé à publier une longue « lettre au peuple de Dieu ». Mais, François, jamais la honte, la prière, le jeûne et la repentance ne mettront fin à ce fléau. À moins de changer les données qui engendrent ces gestes intempestifs, ils continueront à se produire. Pour les harceleurs de tout poil, il serait de la toute première importance de chercher les causes de leur acting-out machiste. Pour les prêtres catholiques, en revanche, point n’est besoin de chercher. La raison est là, évidente, flagrante comme le nez au milieu du visage.

Ils ont peur

Pourquoi s’en prennent-ils de façon si prépondérante aux enfants et aux adolescents ? Non parce qu’ils sont pédophiles — la proportion de vrais pédophiles parmi les prêtres est sûrement aussi minuscule que dans la population générale — mais parce qu’ils ont peur, et que les plus jeunes sont les plus faibles, les plus vulnérables, les plus faciles à intimider, les moins aptes donc à les dénoncer. S’ils abordaient avec leur sexe tumescent — ce pauvre sexe nié, perpétuellement réprimé — des adultes de leur paroisse, ou s’ils allaient rendre visite aux travailleur(euse)s du sexe, ils seraient « pris » tout de suite. Avec les jeunes, ça peut durer des années… des décennies. On prend les nouveaux enfants de choeur… les fillettes qui viennent de faire leur première communion… cette toute jeune femme, dans le secret du confessionnal… ce tout jeune homme, pendant les vacances en colonie… On a sur elle, sur lui, sur eux, une ascendance, un pouvoir plus qu’humain, quasi divin… Et l’année d’après on recommence, avec les mêmes ou d’autres… François, ce n’est pas un sacre, c’est un massacre.

À moins de se dire que seuls les pédophiles et les pervers sont intéressés par le sacerdoce chrétien, le problème n’est ni la pédophilie ni la perversion. Il faut abandonner ces clichés une fois pour toutes. Le problème, c’est que l’on demande à des individus normaux une chose anormale. C’est l’Église qui est « perverse » dans son refus de reconnaître l’importance de la sexualité et les conséquences désastreuses de son refoulement.

Ces dernières décennies, nous autres, pays chrétiens — ou États laïques issus du christianisme —, avons pris l’habitude de dénoncer les coutumes d’autres cultures que nous considérons comme barbares ou injustes : je pense notamment à l’excision ou au port de la burqa. À ceux qui les pratiquent, nous aimons à faire remarquer que nulle part dans le Coran (par exemple) il n’est stipulé que l’on doive couper leur clitoris aux petites filles ou couvrir le visage des femmes, que ces pratiques ont commencé pour des raisons précises, à un moment précis de l’Histoire, afin d’aider les sociétés à mieux organiser les mariages et gérer la distribution des richesses. Les jugeant foncièrement incompatibles avec les valeurs universelles (liberté, égalité, fraternité) et les droits de l’individu — notamment le droit à l’intégrité corporelle —, nous nous estimons en droit de les interdire sous nos latitudes.

Or ceux qui les pratiquent les considèrent comme irréfragables, constitutives de leur identité… de la même manière exactement que l’Église considère le dogme du célibat des prêtres ! N’entrons pas, ici, dans le débat byzantin des raisons plus ou moins avouables pour lesquelles, après la scission des deux Églises, orientale et latine, celle-ci a tenu à se distinguer de celle-là en rendant obligatoire le célibat de ses officiants. Il est bien connu que Jésus n’a rien dit à ce sujet. Si lui-même n’a pas pris femme, il y avait parmi ses apôtres des hommes mariés, et, à d’autres époques et sous d’autres formes, le christianisme a autorisé et autorise encore ses prêtres à se marier. Le dogme catholique du célibat ne remonte qu’au Moyen Âge, un grand millier d’années après la mort du Christ.

Les dégâts d’un dogme

Ce qu’il s’agit de souligner, c’est que ce dogme, qui fait largement autant de dégâts que l’excision ou que la burqa, est lui aussi le résultat d’une certaine évolution historique. Cela veut dire qu’elle peut être annulée par une autre décision historique, décision que vous seul, cher François, êtes en mesure de prendre. Oui, vous seul avez la possibilité de lever l’injonction au célibat sous toutes les latitudes, protégeant ainsi d’innombrables enfants, adolescents, hommes et femmes à travers le monde.

La preuve a été refaite et refaite. Le célibat obligatoire des prêtres ne marche pas. La plupart des prêtres ne sont pas chastes. Ils n’arrivent pas à l’être. Il faut en prendre acte et enterrer une fois pour toutes ce dogme inique. Il est criminel de tergiverser alors que, partout où il sévit, le massacre continue. Vous le savez, François ; nous le savons tous. Le rôle de l’Église est de protéger non les forts mais les faibles, non les coupables, mais les innocents. « Et Jésus dit : Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi ; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent » (Matthieu 19 : 14). Depuis mille ans, combien de millions d’enfants ont été détournés de l’Église, dégoûtés de l’Église, empêchés de venir à Jésus, en raison de ce traumatisme ?

Alors, dites STOP, François. En tant qu’autorité suprême de l’Église catholique, ce serait de loin l’acte le plus important, le plus courageux et le plus chrétien de tout votre mandat. Vous ne le feriez pas pour votre gloire personnelle… et pourtant, cela ne fait pas de doute, cette décision vous apporterait une gloire immense. Pendant des siècles, les prêtres et leurs ouailles vous remercieraient de votre prescience, de votre humanité, de votre sagesse.

Ayez ce courage, je vous en conjure. Le moment est venu. L’Église doit cesser de cautionner (et donc de perpétuer, c’est-à-dire de perpétrer) des crimes qui, à travers le monde et les âges, ont bousillé des vies sans nombre. Dites BASTA, François.

Et si vous ne le faites pas, de grâce… expliquez-nous au moins pour quelles raisons vous ne voulez pas le faire.

69 commentaires
  • Gilles Tremblay - Inscrit 22 août 2018 04 h 04

    Chère Nancy,

    J'aimerais te rappeler, au cas où ta mémoire te ferait défaut ou que ton féminisme à outrance aurait tendance à prendre le mors aux dents, une fois de plus, et à devenir hystérique, une fois de plus, qu'au début des années 1980, au Québec, 300,000 femmes étaient battues par de vil Québéçois. Si ton pote François devait prendre à la lettre tes prétentions, il y aurait plus d'un million de femmes qui seraient battues au Québec aujourd'hui.

    • Cyril Dionne - Abonné 22 août 2018 10 h 12

      Bien d'accord avec vous M. Tremblay. Les hommes blancs en arrachent ces temps-ci. On les accuse de tous les maux de la société.

      On est d’accord avec Mme Huston que les vrais pédophiles ne sont pas une majorité dans ce groupe d’abuseurs religieux. Mais de là à dire que le célibat est la cause majeure des ces crimes, on divague. Ce sont des abus de pouvoir perpétrés par des gens en autorité. On les retrouve partout en société même dans la famille immédiate.

      Et son argument de la scission des deux églises, orientale et latine est faux. Ce n’est pas pour se distinguer de l’autre superstition organisée qu’ils ont institué le dogme du célibat. C’est tout simplement parce que les familles coûtaient trop cher tout comme pour les héritages de succession. Tous les dogmes religieux sont basés sur la fortification de l’institution religieuse. Le dogme de la Sainte trinité, un moine du nom de Tertullien au 3e siècle l’a inventé pour épater la galerie et se démarquer des autres superstitions qui leur faisaient compétition. L’infaillibilité du pape, un autre dogme du 19e siècle, ceci, juste avant la coopération du pape Pie XII avec les nazis durant la 2e guerre mondiale.

      Mme Huston nous parle d’un Jésus biblique qui n’a jamais existé. Et ce Jésus n’a jamais dit « laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent ». C’est une fable qui a été réécrite par des hommes à travers les siècles. Oui, Mme Huston, pourquoi ne pas dire « BASTA » à cette superstition organisée.

      Cela dit, si les femmes avaient été en position de pouvoir comme les hommes, est-ce que la situation aurait été différente? C’est le secret de la Caramilk. Le féminisme n’est pas une question de sexe si on compare une adepte de la religion musulmane à une Anglaise ou à une Française. ;-)

    • Danielle Richard - Abonnée 22 août 2018 11 h 31

      Vous avez raison, M. Tremblay, le «célibat des prêtres» n'empêcherait probablement pas totalement les abuseurs religieux de continuer leur «massacre»!!! MAIS est-il nécessaire de répondre à madame Huston sur ce ton??? À moins que ce soit vous celui qui a tendance à «devenir hystérique...

    • André Joyal - Abonné 22 août 2018 11 h 39

      M. Dionne, une fois n'est pas coutume, cette fois je ne suis pas d'accord avec vous : «Mais de là à dire que le célibat est la cause majeure des ces crimes, on divague», Nancy Houston ne divague pas, même si des hommes mariés peuvent être pédophiles. Grand lecteur comme vous, j'ai lu que le célibat fut imposé afin d'éviter les conséquences possibles des... aveux au confessionnal des femmes mariées à des prêtres...hey oui!

    • André Labelle - Abonné 22 août 2018 11 h 57

      Je vois que pour vous la réalité est encore difficile à accepter. C'est dommage ! Mais comme le disait un célèbre savant «et pourtant elle tourne ...»
      Ce n'est pas en insultatnt la messagère que vous changerez la réalité.
      Mme Huston, que vous semblez bien connaître, met le doigt sur un bobo qui est de toute évidence très douloureux pour vous. Il serait peut-être temps pour vous, avant qu'il ne soit trop tard, de penser à le guérir ce bobo.

      «Le bruit de la vérité les épouvante comme la crécelle d’un lépreux.»
      [Henry de Montherlant]

    • Johanne St-Amour - Abonnée 22 août 2018 12 h 16

      Mais comme je suis fatiguée de lire des commentaires comme les vôtres Ms Tremblay et Dionne, dont cette affirmation selon laquelle on accuse TOUS les hommes d'être des agresseurs et des violeurs. Ce qui est complètement faux bien sûr. Mais il semble que pour certains hommes, la solidarité masculine soit toujours plus importante que la dénonciation des agressions et des violences commises par des hommes. Ce sont les agresseurs et les violents et violeurs qui sont dénoncés jamais tous les hommes!
      Pour les accusations d'hystériques et sur un féminisme à outrance, j'ai l'impression parfois que des hommes n'ont jamais évolué et peut-être jamais accepté que les femmes se libèrent, ne soient plus sous la tutelle des hommes et revendiquent les mêmes droits. Qand on n'a pas d'arguments, on accuse!
      Par ailleurs, je déplore ici les propos de Nancy Huston qui semble affirmer que le mariage des prêtres règlera la question des viols sur les enfants. Elle confond allègrement sexualité et agressions sexuelles.
      Mais on se souvient que Mme Huston a aussi parlé de la «misère sexuelle» des hommes en Alberta, se tenant bien de dénoncer les abus envers les femmes qu'ils prostituent. Parce que la prostitution est une violence envers les femmes et qu'elle n'a absolument rien à voir avec une sexualité partagée et désirée.Son intervention ici, me semble être de la même nature: la «misère sexuelle des prêtres».
      Par ailleurs, comme pour la prostitution qui n'a jamais empêché des viols, comme l'affirme bien le Lobby Européen en déboulant 18 mythes sur la prostitution, rien ne dit que le mariage des prêtres permettra d'enrayer aussi les viols.C'est faire fi de l'expression de domination des violeurs.
      Commençons d'abord par briser l'autorité patriarcale qu'impose la religion. Dénonçons cette religion (comme les autres d'ailleurs) qui refusent les femmes sur ses instances de pouvoir, qui veut contrôler le corps des femmes et leur vie. Bien sûr continuons à dénoncer les abus sexuels.

    • Serge Lamarche - Abonné 22 août 2018 15 h 04

      Quand je lis «contrôler le corps des femmes», j'entends empêcher les femmes de tuer leurs petits. La religion, toutes les religions, devraient évidemment prendre le parti du plus vulnérable. Ce sont les petits, pas les femmes.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 22 août 2018 16 h 13

      Avant la Révolution tranquille, dans nos bonnes familles d'ici, de nombreux enfants ont été agressés sexuellement par des pères, des frères, des mononcles, des voisins..

    • Cyril Dionne - Abonné 22 août 2018 16 h 38

      Mme St-Amour,

      La tendance populaire, selon le dogme de la très Sainte rectitude politique, est de toujours donner le bénéfice du doute à la femme et jamais à l’homme. D’accord avec vous que les hommes sont responsables de beaucoup de crimes d’ordre sexuel. Mais de là à exagérer comme on le fait présentement, est tout simplement ridicule.

      Le viol est accepté chez la plupart des cultures des pays en voie de développement et souvent, n’est pas considéré comme un crime. Un homme sur quatre en Asie admet avoir violé au moins une femme. En Occident, le viol est un crime. Ailleurs, c’est considéré comme un droit culturel inné des hommes, souvent à partir de préceptes religieux, et donc ordinairement, il n’y a aucun châtiment associé à cet acte ignoble.

      Bon. Ceci étant dit, une actrice du nom d’Asia Argento, une des premières à accuser Harvey Weinstein sur des actes remontant à 1998, a été accusée de viol en 2013 sur la personne de Jimmy Bennett, un jeune acteur qui était mineur durant l’épisode selon la loi californienne. Elle a même déboursé 350 000$ pour le faire taire. L’arroseuse arrosée quoi. Ah ! Le pouvoir social du #metoo. Juste pour dire que la situation est souvent d’un clair obscur.

      Mais 100% d’accord avec vous que les religions monothéistes sont toutes antiféministes. On pourrait sortir tous leurs livres qui datent de l’âge de pierre et la misogynie est toujours radiante et omniprésente. Il y en a une en particulier, sans la nommer, qui est misogyne à la puissance de mille, voile oblige. Mais ce n’est pas demain la vieille puisque plus de 80% de l’humanité croit dans les amis imaginaires et dans le créationnisme. Misère.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 22 août 2018 16 h 54

      Les féministes ont aussi du chemin à faire avec des propos tels que les vôtre M. Lamarche. Les religions se font un plaisir de vouloir contrôler le corps des femmes, leur contraception, leur droit ou non d'avorter, leur virginité, leur rôle dans la famille, la société... Certains veulent même les couvrir de la tête aux pieds.
      Les féministes ont durement gagné la bataille de l'avortement et leur décision et même que: «les droits du « futur bébé » ou du « père » ne peuvent pas empêcher une femme d’avorter. » https://www.educaloi.qc.ca/capsules/la-legalite-du-droit-lavortement.

    • Charles Lebrun - Abonné 22 août 2018 19 h 11

      À André Joyal

      Le mariage des prêtres a été interdit afin de conserver les richesses de l'Église dans l'Église. En effet, si un prêtre travaille à l'augmentation des richesses de sa paroisse, ces "richesses" vont en entier à l'Église car il n'a pas d'héritiers (ni épouse, ni enfant(s)).

      Ne vous en faites pas, les confesseurs ont actuellement (et de tous temps) des aveux de femmes qui ont des relations avec des prêtres. Ils en entendent des vertes et des pas mûres! Soyez-en certain! Mais celles-ci n'hériteront de rien! Même si elle ont eu un enfant de ce prêtre! Pas de pension alimentaire ici..

      C'est tellement plus "éconimique" une gang de célibataires (hommes comme femmes) SANS enfant!

    • Johanne St-Amour - Abonnée 23 août 2018 07 h 15

      De pire en pire M. Dionne: êtes-vous en train de me dire que le viol est acceptable en affirmant qu'il fait partie de «moeurs culturelles» dans certains pays en voie de développement? J'espère que vous vous rendez compte de ce que vous dites! Vraiment, c'est odieux!
      Pour les statistiques, voici ce que révèle le RCALACS:

      - 5% des crimes sexuels sont rapportés à la police (JURISTAT, 2014) ((le problème dépasse donc vos «meilleures» attentes!))
      - 3 plaintes pour agressions sexuelles sur 1000 se soldent par une condamnation (JURISTAT, 2014)
      - 96,8 % des agresseurs sont des hommes (Sécurité publique, 2013) et 78,1% des victimes sont des femmes (Sécurité publique, 2013)
      - Les deux tiers des victimes ont moins de 18 ans (Sécurité publique, 2013)

      Cela vous réjouit M. Dionne? Si Mme Argento a commis l'agression dont on l'accuse (elle a aussi droit à la présomption d'innocence), cela n'enlève aucunement le fait qu'elle ait pu être victime de M. Weinstein. Vraiment pas. Et non cela n'enlève rien au mouvement #Metoo qui n'est d'ailleurs qu'un début à la dénonciation des agresseurs (masculins ne vous en déplaise) trop nombreux. On semble vivre dans un homme où des hommes, trop d'hommes n'ont aucun savoir-vivre! Et encouragé par des propos comme les vôtres, les femmes ne sont pas sortis du bois!

  • Janine Carreau - Abonnée 22 août 2018 04 h 34

    Merc chère i Nancy Huston

    Chère Nancy Huston
    Un énorme MERCI pour ce plaidoyer en faveur d’un retour à une humanité certaine. Vous identifiez si justement la source de tous ces maux. On parle souvent de régler les problèmes en amont, mais on le fait si rarement. Ça prend toujours une sérieuse réflexion suivie d’un Puissant courage. Ici, «Les temps sont difficiles » depuis le Moyen-âge, dites-vous? Nous ne saurons jamais non plus combien de ces silences sont en amont de cancers? J’ai personnellement décroché de l’Eglise catholique à l’age de 14 ans, en 1963. Inutile dde dire que j’etais bien seule. J’avais été horripilée par l’attitude du prêtre lors d’une confession et je n’y suis jamais retournée. J’ai signé ce jour là mon Refus global. Encore une fois MERCI beaucoup.
    Janine Carreau

  • Michel Lessard - Abonné 22 août 2018 04 h 36

    La complicité du silence

    J'endosse totalement le point de vue de madame Nancy Houston.
    J'ai 76 ans. J'ai fait mes études primaires jusqu'à la cinquième année avec les clercs de Saint-Viateur puis les deux années suivantes avec les Maristes de Lévis, avant de parfaire mes mon cursus dans un Collège classique pendant huit ans, cette fois avec des prêtres du clergé régulier. J'ai par la suite mené des recherches d'ethnio-historien à travers le Québec notamment sur le patrimoine religieux dont deux docmentaires ONF-Radio-Canada sur les prestytères. J'ai connu des curés qui vivaient en couple avec leur bonne, certains ne se gênant pas pour l'affirmer clairement. En troisième année, un frère du nom de Vien m'a accosté dans un coin pour aller travaillé avec lui au magasin d'articles scolaires , en me pressant de ses gros yeux et en m'offrant 25 cents par jour. J'ai raconté l'affaire à ma mère, maîtresse dans une école de rang pendant dix ans et qui m'avait bien mis en garde. Dès le lendemanin, mon paternel est passé voir le préfet et à partir de ce moment, le frère Vien m'évitait totalement dans les corridors et les escaliers. Du côté des Maristes, en sixième et septième année, le directeur de la chorale insistait de façon gênante pour que je réserve mes samedis après-midi à des pratiques solo. Ma mère refusa! On a beaucoup parlé du scandale de pédophilie au collège des Rédemptoristes de Sainte-Anne de Beaupré. Tous ceux qui ont fréquenté des collèges classiques au Québec, comme pensionnaires ou externes peuvent vous en raconter long peuvent vous en raconter long sur les déviances sexuelles. Je ne développerai pas pour ne mettre personne dans l'embarras, sorte de complicité du silence. À 13 ans, j'étais déjà bien inscrit dans le rationalisme scientifique.
    Michel Lessard, Lévis

    • André Joyal - Abonné 22 août 2018 11 h 28

      J'ai 75 ans et, par inconscience, j'ai refusé de faire mon cours classique.J'ai donc fais mon secondaire chez les frères des Écoles chrétiennes desquels je retiens un excellent souvenir. Je leur suis redevable de m'avoir encouragé à aller à l'université. Mais, là comme ailleurs, des rumeurs courraient à propos d'un certain frère «Matamain»...

  • André Beaudet - Abonné 22 août 2018 05 h 39

    Merci, madame Huston

    Merci, Nancy Huston, pour la clarté de votre exposé, pour la pertinence de votre analyse, pour la cohérence et la justesse de votre conclusion à laquelle je me permettrais d'ajouter, comme second élément des choses à faire par François pour que cesse ce massacre que vous dénoncez, de permettre l'ordination des femmes. Ces hommes entre eux ont une telle propension à générer le drame et l'Église de François ne fait pas exception.

    François, s'il vous plait, cessez de protéger vos prédécesseurs et l'institution dont vous êtes le chef et aimez, comme dans "Aimez-vous les uns les autres". Vous comprendrez alors comment le respect des enfants et celui des femmes participent au même projet d'amour et de justice.

  • Michel Lebel - Abonné 22 août 2018 07 h 03

    Compétente?

    Nancy Huston! Quelle compétence a-t-elle pour traiter de ce sujet? Je la cherche. Il est vrai que chacun a droit à son opinion. Passons! Tel est mon opinion!

    M.L.

    • Pierre Desautels - Abonné 22 août 2018 09 h 47


      Si je comprends bien, l'élite exige des diplômes d'études spécialisées pour pouvoir discuter de l'abstinence ou du mariage des prêtres?

    • Michel Lebel - Abonné 22 août 2018 10 h 07

      @ Pierre Desautels,

      Vous savez bien que de nos jours on ''opinionne'' beaucoup sur tous les sujets! Je fais partie du ''on'', mais je demeure prudent sur des sujets fort sérieux et hors de ma compétence. C'est tout. C'est ainsi que je ne suis pas convaincu que l'abolition du célibat est ''la''solution pour les prêtres.

      M.L.

    • André Joyal - Abonné 22 août 2018 11 h 31

      M.Lebel : t out un chacun a compris qu'il s'agit de VOTRE opinion. La lecture de ce texte, je le comprends, n'a pas dû être facile pour vous. Acceptez ma compassion.

    • André Labelle - Abonné 22 août 2018 12 h 07

      Un peu plus et vous nous parleriez d'appropriation ... religieuse. Est-il nécessaire d'avoir des compétences spécifiques pour avoir une opinion ? Continuer votre recherche M. Lebel. Peut-être finirez-vous par comprendre quelque chose !

      «La haine rend non seulement aveugle et sourd mais incroyablement bête.»
      [Konrad Lorenz]

    • Michel Lebel - Abonné 22 août 2018 17 h 40

      @ André Joyal,

      Soyez sérieux! Je n'ai eu aucune ''difficulté'' à lire le texte de Mme Houston. Ça prend beaucoup plus que cela pour me ''troubler''!

      @ André Labelle,

      Soyez sérieux, je n'ai aucune haine contre quiconque, encore moins pour Mme Houston!

      M.L.

    • Pierre Brosseau - Abonné 22 août 2018 18 h 28

      @M. Lebel,
      le simple bon sens, le jugement, l'observation, l'écoute, la lecture sont des compétences à la portée de tous.
      Il y a probablement des abus sexuels chez les Anglicans, les musulmains, les Juifs et autres confessions qui permettent le mariage de leurs officiers religieux, mais quand entend-on parler d'eux à propos d'abus à des milliers d'exemplaires sur des enfants ? Jamais, sinon en nombre infinitésimal en comparaison des prêtres catholiques.
      À un problème complexe, il n'y a pas de solution simple, mais assurément, la fin du célibat des prêtres permettrait à la "vapeur" normale des hormones de se transformer et de donner naissance ... à des enfants, ce qui, du même coup, apporterait à l'immense majorité de ces prêtres d'avoir une vie sexuelle normale et de comprendre ce qu'impliquent l'éducation des enfants et leur équilibre.