L’omniprésence de la souveraineté

«Déléguer les solutions à un gouvernement hors Québec nous coûte cher et nous ralentit dans tout ce que nous faisons», écrit Jean-Martin Aussant.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Déléguer les solutions à un gouvernement hors Québec nous coûte cher et nous ralentit dans tout ce que nous faisons», écrit Jean-Martin Aussant.

Ils sont légion et fort peu originaux ceux qui prétendent que l’élection d’octobre sera la première en 50 ans à se dérouler sans qu’on parle de la question nationale, sous prétexte qu’un référendum n’est pas sur l’écran radar à court terme. Et pourtant, la souveraineté sera au centre de tous les débats, qu’on la nomme explicitement ou pas.

De quoi parle-t-on depuis un moment dans les bulletins de nouvelles ? De dossiers qui sont très majoritairement reliés au manque de capacité du Québec d’agir comme bon lui semble, donc d’un manque de souveraineté, étant subordonné à un gouvernement situé à l’extérieur de son territoire. Des exemples ?

Quand on suit les variations inexplicables du prix de l’essence à la pompe et la frustration des citoyens du Québec à cet égard, on se rappelle que le premier ministre du Québec, un fédéraliste extrême, a lui-même avoué à l’Assemblée nationale qu’il ne pouvait rien faire pour les Québécois puisque la réglementation dudit prix sur notre territoire est la prérogative d’un autre gouvernement, basé hors Québec.

Quand on mentionne la légalisation du cannabis, on décrie le fait que le Québec se fait bousculer par un gouvernement hors Québec qui a décidé unilatéralement de légaliser une drogue sur notre territoire, en pelletant, de surcroît, dans notre cour toutes les conséquences néfastes appréhendées de cette légalisation.

Quand on parle de l’écoeurantite aiguë des Québécois face aux paradis fiscaux et à l’évasion fiscale à grande échelle, on nous renvoie aux ententes fiscales conclues par un gouvernement hors Québec avec des législations de complaisance qui nous incluent de facto. Nous ne sommes pas maîtres de nos ententes internationales, comme État subordonné à un autre qui décide évidemment selon ses intérêts à lui. Même chose quand on s’intéresse à la renégociation de l’ALENA : les pourparlers se font entre États souverains. Le Québec ne peut donc y dépêcher qu’un lobbyiste pour tenter de se faire entendre s’il a de la chance, bien que les communicateurs du gouvernement fédéraliste actuel l’appellent un « négociateur en chef » pour brouiller les perceptions. Ceux-là mêmes qui faisaient référence à la rigueur plutôt qu’à l’austérité. Ou au changement dans la continuité. C’est à croire que le Parti québécois n’a pas inventé les campagnes humoristiques.

Quand, il n’y a pas si longtemps, nous croisions les doigts au Québec en attendant de savoir si un gouvernement hors Québec allait décider de faire passer un pipeline sur notre territoire, touchant d’innombrables cours d’eau, nous subissions encore ici la réalité d’un peuple subordonné à un autre. C’était directement relié au manque de souveraineté du Québec sur son propre territoire et à son incapacité de gérer complètement lui-même sa politique environnementale.

Quand on parle d’immigration, on illustre le fait que le Québec ne contrôle pas ses frontières ni les accords qui les régissent. C’est un gouvernement hors Québec qui détient ce pouvoir sur notre territoire, ce qui constitue une anomalie évidente pour toute nation qui se respecte.

Quoi qu’en disent les commentateurs à l’approche de la campagne automnale, chaque dossier qui fera les manchettes sera une illustration supplémentaire de la nécessité de faire la souveraineté pour pouvoir agir selon nos intérêts et nos façons de voir les choses comme Québécois. Sommes-nous meilleurs que nos voisins ? De toute évidence sur un plan : décider nous-mêmes de ce qui sied au Québec, comme nos voisins le font chez eux. La normalité, quoi.

Pour ma part, je suis venu en politique initialement pour travailler à la souveraineté du Québec, et j’y suis revenu pour les mêmes raisons. J’en parlerai à chaque occasion avant, pendant et après la campagne. Les Québécois ne mentionnent peut-être pas nommément la souveraineté comme étant leur priorité dans les sondages, mais il n’en demeure pas moins que toutes les solutions à leurs enjeux prioritaires sont reliées à la capacité du Québec d’agir selon ses objectifs. Déléguer les solutions à un gouvernement hors Québec nous coûte cher et nous ralentit dans tout ce que nous faisons.

Certains s’engagent en politique active pour convaincre leurs concitoyens qu’il est préférable de demeurer sous la tutelle d’un autre peuple. Je n’ai jamais vraiment compris cette approche. Au contraire, j’ai confiance en notre intelligence collective et en notre capacité de gérer notre propre destin, comme le font près de 200 pays dans le monde, pourtant moins équipés que le Québec, sans jamais regretter un instant d’être souverains. Comme toujours depuis 50 ans, c’est donc sur ce choix que portera directement ou indirectement la prochaine élection. Jusqu’à ce qu’on règle définitivement la question.

77 commentaires
  • Luc Bertrand - Abonné 8 août 2018 02 h 18

    Trop peu, trop tard

    Je suis en accord à 100% avec tout cet argumentaire, mais les chefs du Parti québécois qui se sont succédés, depuis le départ de Jacques Parizeau, ont littéralement "scrappé" le véhicule politique par excellence que constituait ce parti, en refusant de tirer les leçons du vol qualifié du pays auxquels avaient souscrit 60% des francophones du Québec. Encore aujourd'hui, le PQ s'imagine qu'il parviendra à gagner les votes des anglophones et des allophones qui refusent de s'intégrer à la société civile francophone, en insistant lui-même qu'il ne cherchera pas à obtenir un mandat de réalisation de l'indépendance et les intentions de vote, dans les circonscriptions anglophones de l'ouest de Montréal et celles, allophones, du nord-est de Montréal, sans surprise, ne "dérougissent" toujours pas!

    Même avec Jean-Martin Aussant comme chef, je crois qu'il est maintenant trop tard. Le PQ n'a pas cherché à retenir les progressistes, qui, sous Lucien Bouchard, ont claqué la porte du parti, après les gestes d'austérité qu'il a posés pour arriver au déficit zéro, et qui sont à l'origine de la création de Québec solidaire. André Boisclair et Pauline Marois n'ont pas été en reste, non plus, en chassant les purs et durs du parti qui ont fondé le Parti indépendantiste, puis Option nationale. PKP et Jean-François Lisée ont cru amadouer QS après avoir tenté de se rapprocher de la CAQ, et sans même s'être excusés pour la dérive à droite du PQ après 1996!

    D'ailleurs, c'est l'entêtement du PQ à ne pas déroger à sa stratégie référendaire qui a fini par en faire le boulet qui plombe ses chances d'élection, car, depuis 1995, Ottawa refuse toujours le principe de la parité des moyens entre les deux camps, de respecter le verdict et se juge seul habilité à juger de la clarté de la question et de la marge de victoire nécessaire. Le PQ et ses chefs refusent toujours de reconnaître que la seule politique qui convient, face à Ottawa, en est une de RUPTURE.

    • Claude Bariteau - Abonné 8 août 2018 10 h 27

      M. Bertrand, les Anglo-québécois et les Allo-québécois bénéficent des politiques sociales et économiques du Québec. Qu'ils n'aient pas voté pour une hausse de souveraineté - l'indépendance n'était pas la question posée en 1995- parce qu'ils n'ont pas perçu quels avantages ils tireraient, ne permet pas de penser qu'ils agiraient de la même façon devant un projet d'indépendance auquel ils pourraient s'associer parce qu'ils savent qu'ils participeraient à créer le pays du Québec.

      Il n'est pas trop tard, au contraire, de mobiliser sur cette base, car ce ne fut jamais fait. Il urge plutôt de mettre les cartes sur table et de sortir de l'idée, dans fondement, d'une nation pré-existante, et de celle de la convergence des immmigrants autour de cette nation imaginaire. Il est seulement trop tard pour reprendre la démarche de 1995. Une autre démarche s'impose. C'est ma conviction après discussion avec M. Parizeau au tournant des années 2000.

    • André Labelle - Inscrit 8 août 2018 10 h 42

      N'êtes-vous pas un peu défaitiste? Vous semblez penser que la mouvance politique québécoise est désormais coulée dans le béton, sans aucune possibilité d'évolution. Si nous laissons toujours notre voisin décider de ce que sera notre société, nous abdiquons.

      Le texte de M. Aussant énonce des réalités. Il y a toutes les chances qu'elles persisteront et même, si le Québec continue de s'écraser comme il l'a continuellement fait durant le règne du PLQ, s'accroîteront.

      Pour moi il n'est pas question de baisser les bras et de longer les murs la queue entre les jambes !
      «Ce qu'exige tôt ou tard le plus fort, ce n'est pas qu'on soit à ses côtés mais dessous.»
      [Georges Bernanos]

    • Christian Montmarquette - Abonné 8 août 2018 12 h 14

      @ Luc Bertrand,

      Il y a un mot pour résumer tout votre propos :

      "Incohérence".

      Christian Montmarquette

      P.S. Très bon commentaire et survol d'un parti en perdition.

      .

    • Hélène Paulette - Abonnée 8 août 2018 12 h 39

      C'est malhonnête de parler du louvoiement du PQ sur la souveraineté sans mettre en parallèle les campagnes de peur fédéralistes qui ont stygmatisé la parole péquiste jusqu'à la pousser dans ses derniers retranchements. Le mot référendum ayant été mis à l'index, difficile de parler Indépendance, surtout lorsque tout a été dit et qu'on se fait accuser de "radoter"...

    • Cyril Dionne - Abonné 8 août 2018 13 h 18

      Il n’est jamais trop tard lorsqu’on parle des activités humaines et politiques comme l’indépendance M. Bertrand. La souveraineté, c’est notre droit démocratique inaliénable d’être maître chez nous. Si la souveraineté réside dans le peuple et qu’il ne peut pas l’exercer, c’est que la liberté n’existe plus au profit d’une mondialisation du droit. Qui est-ce qui veut être un citoyen du monde et de nulle part comme nous le sommes maintenant? Le Canada comme entité nationale peine à exister dans tous les Netflix de ce monde.

      Les cycles de l’autodétermination et la souveraineté viennent et se succèdent mais ne s’arrêtent jamais. La liberté individuelle et sociétale d’une nation d'individus aux accents diversifiés qui partagent les mêmes affinités au niveau de l’égalité et de la liberté dans un territoire délimité en juxtaposition avec une langue commune ne peut qu’engendrer un mouvement qui s’arrêtera seulement une fois arrivé à bon port. Et ce mouvement pourrait revenir au galop très vite dans un Canada anglais multiculturaliste qui va connaître une déchéance économique prochaine, Donald Trump oblige. Ceux qui ont opté pour la souveraineté monétaire en dormant au gaz aux parfums fédéralisant, reviendront au bercail de la souveraineté à moins que ce soit les Albertains qui le fassent avant eux.

  • Gilles Bousquet - Abonné 8 août 2018 06 h 37

    M. Aussant, engagé, pour un Québec indépendant, activement

    On se rappelle de l'ABCD dela souveraineté du Québec, du PQ. Le plus convaincant et intéressant, M. Aussant, économiquement et autrement. Comme successeur préféré de M. Parizeau, il reprend l'objectif du Québec un payts, pour le placer de l'avant au PQ qui, ainsi, se reprend, presque...se repend.

  • Jean Lapointe - Abonné 8 août 2018 06 h 44

    On peut essayer de l'expliquer

    «Certains s’engagent en politique active pour convaincre leurs concitoyens qu’il est préférable de demeurer sous la tutelle d’un autre peuple. Je n’ai jamais vraiment compris cette approche.» (Jean-Martin Aussant)

    On peut peut-être essayer de la comprendre. Est-ce que ce ne serait pas par hasard parce que ces gens-là qui préfèrent demeurer sous la tutelle d'un autre peuple ne se considèrent pas ou plus comme faisant partie d'un peuple autre que le peuple canadien?

    Est-ce que ces gens-là ne se considèrent pas tout simplement comme des Canadiens plus ou moins bilingues et est-ce que justement ils ne se sont pas laissés convaincre qu'ils avaient tort de continuer à se considérer comme un peuple différent du peuple canadien?

    C'est ce qu'ils se font dire tous les jours par les élus à tous les niveaux et par les journaux. Pas étonnant alors qu' autant de Québécois ne voient tout simplement pas le problème ou ne veulent tout simplement pas le voir ou encore ne tiennent pas à le régler parce qu'ils ne sont pas trop malheureux dans le Canada.

    Il est là le problème. Le sentiment d'appartenance qui caractérisait certains d'entre nous fortement il n' y a pas encore très longtemps a faibli pour un tas de raisons. Beaucoup de Québécois ont décroché en tant que Québécois et en sont venus à embrasser toutes sortes de causes autres que celle qui pourtant les concerne d'abord et avant tout, soit la question nationale. Ils ont cherché à oublier le problème.

    Ce qu'il faut donc faire c'est de prendre tous les moyens disponibles pour tenter de renforcer chez les Québécois le sentiment d'appartenance nationale. Ce qui s'avère très difficile comme le constate le Parti québécois. Mais ce n'est pas moi qui vas abandonner le combat c'est sûr.

    Le fait de se le dire de plus en plus va peut-être réveiller ce sentiment et, qui sait. il peut se produire un évènement imprévu qui provoque un sursaut de fierté chez tous les Québécois de toutes origines.

    • André Labelle - Inscrit 8 août 2018 14 h 11

      Selon votre thèse, M. Lapointe, les Québécois redeviendraient des porteurs d'eau. Peut-être avez-vous raison. Mais je soumets l'idée que lorsqu'ils se seront fait écoeurés suffisamment ils réévalueront leur position politique au sein du Canada.
      Il faut donc persévérer et ne pas abandonner comme le suggère M. Christian Montmarquette.

      «De même que le colonisateur est tenté de s’accepter comme colonisateur, le colonisé est obligé, pour vivre, de s’accepter comme colonisé.»
      [Albert Memmi]

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 août 2018 07 h 36

    Une bien inconfortable posture

    À supposer que tous les exemples donnés par monsieur Aussant illustrent la nécessité de faire l'indépendance au plus vite, il me semble que ce sentiment d'urgence devrait se traduire par la présence en notre Assemblée du plus grand nombre possible de députés élus sur l'engagement de mettre en branle le processus d'accession à la souveraineté. Tout de suite. Pas d'en parler maintenant seulement pendant quatre ans je le jure. Cette manière de lever discrètement la main, même ouverte, constitue une invitation à brandir même en vain un spectre dont les adversaires n'auront pas besoin pour tasser le PQ.

    La triste réalité, c'est que le PQ, une fois mise en touche l'option nationale, n'est plus qu'une autre coallition anti PLQ qui courtisera sensiblement les mêmes électeurs que la CAQ. Qu'il soit un peu plus à gauche que celle-ci n'y changera pas grand chose tant le désir de changement pour le changement risque de produire ici les mêmes effets qu'en Ontario. Quel que soit notre avis sur la question nationale ou notre alignement à gauche ou à droite, la défaite du PQ en 2014 était vraiment catastrophique. L'équipe ministérielle était de grande qualité et promise à un règne fructueux, compte tenu du cours favorable que l'économie a pris par la suite et pour lequel le PLQ n'a aucun mérite particulier, pour dire le moins.

    Le Parti québécois sera-t-il en mesure de proposer aux électeurs et électrices une équipe aussi attrayante qu'en 2012 ? Il faut craindre que non : il a manqué son heure. Malheureusement, c'est vers des forces plus à droite que le PLQ que le vote d'opposition risque de se tasser cette fois-ci. Et vers QS. Comme il y a cinquante ans.

    • André Labelle - Inscrit 8 août 2018 10 h 30

      Et vous, irez-vous plus à droite que le PLQ ? Suivrez-vous la vague que vous anticipez ? Est-ce que la situation de dépendance du Québec envers un gourvernement extérieur est une question importante pour vous ?

      «Je hais les cœurs pusillanimes qui, pour trop prévoir n’osent rien entreprendre»[Molière]

    • Jean-François Trottier - Abonné 8 août 2018 11 h 45

      La position de QS est :
      1.. Une assemblée constitutionnelle soudain devenue "fermée", élue par la population.
      2.. Un référendum qui devra ratifier la position de la constitutionnelle.

      Combien de fédéralistes dans votre constitutionnelle ? Ah bon ? Aucun anglophone ???? Bon, donc il y aura des fédéralistes.

      Le budget électoral sera évidemment débordé par Ottawa, qui se fout des lois québécoises. Ottawa doublera le budget de TOUS les candidats réunis et fera passer beaucoup de fédéralistes. Combien ?
      La probabilité que la constitutionnelle soit majoritairement fédéraliste est, je dirais, de 80%.

      Quoi ? Vous dites que le budget électoral n'a pas d'importance ? Vous m'avez pondu cette énormité au sujet des millions d'Ottawa en '95. Les bras m'en sont tombés.
      Est-ce une loi chez QS de ne surtout pas tenir compte de la réalité?

      Nous disions, une constitutionnelle majoritairement fédéraliste. Cette assemblée, élue tout aussi légitimement que le gouvernement, ébranlera sa crédibilité ET sa légitimité, you bet! Ils seraient bien bêtes de s’en passer.

      Deux possibilités se présentent :
      - Dissoudre la constitutionnelle dès sa création et par la force (modèle Maduro).
      - S'écraser minablement (modèle Libéral).

      Par la suite, sait-on jamais, un référendum que QS ne prépare aucunement : les "beaux sentiments" suffisent hein ? Ah! La vertu! Ottawa sera si attendri qu'il laissera faire!

      Voilà : QS souhaite et prépare une défaite au référendum.
      Voilà pourquoi cette stratégie, et pourquoi les fédéralistes restent dans votre camp. Ils ont compris.

      Quant à votre lettre... Ces tentatives de confusion sont lassantes. Je répondrai une autre fois point par point, en expliquant puisque j'explique, moi.

      Je note au passage que vous ne dites pas que QS est anti-PLQ. On savait, puisque QS pratique la politique du pire : pourrir le climat et apparaître en Messie.

      Jamais les socio-démocrates ne laisseront faire ça.

    • Christian Montmarquette - Abonné 8 août 2018 13 h 38

      À Jean-François Trottier,

      Je vous ferai remarquer que le PQ, de même que tout Oui-Québec, ont adhéré à la majorité des points de la proposition de constituante de Québec solidaire.

      Mais il demeure antidémocratique et très partisan qu'un parti politique "nomme les constituants" plutôt que de les faire élire au suffrage universel.

      De toute manière, le mandat des constituants est de reprendre les propositions citoyenne pour rédiger la constitution suivi d'un référendum sur l'indépendance.

      Je ne sais ce que vous avez à grimper dans les rideaux.

      Christian Montmarquette

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 août 2018 14 h 18

      Histoire de ne pas ajouter à la confusion, monsieur Trottier, je corrigerai seulement une fausseté. Je n'ai jamais dit que les dépassements de budget commis par le fédéral n'ont pas eu d'importance. Seulement qu'ils n'ont pas eu une importance déterminante. Ce fut un des facteurs, mais que cela nous plaise ou pas, si les québécois avaient eu à ce point le sentiment qu'il y avait eu usurpation de démocratie, ils auraient réagi bien plus énergiquement qu'en donnant plus de votes à Jean Charest qu'à Lucien Bouchard. Ce fait vous déplait. Inutile de me tirer dessus : à moi aussi. Mais c'est de là qu'il faut partir. Vous spéculez rondement sur le scénario de la constitutionnelle. Vous pouvez à l'envi faire comparaître tous les conspirateurs qu'il vous plaira, les traitres de QS compris, mais cela ne fera que vous distraire - et pas moi - de la plate réalité : il n'y a pas un appétit suffisant pour la souveraineté ou l'indépendance, comme on voudra pour emporter une majorité. Mais ce n'est pas une raison pour mettre cet enjeu en retrait pour des motifs électoralistes comme au PQ ni pour s'astreindre à partir autrement à la conquête des moulins à vents comme on voudrait que QS le fasse pour oser se nommer encore souverainiste. Bien sûr, on pourra accuser tous les électeurs QS de n'être que des souverainistes de façade. Mais ces excommunications n'émeuvent plus que les gardiens du dogme. Je le dis sans retenue parce que je ne crois pas qu'ils soient si nombreux au PQ même. Juste un peu plus vocaux.

    • André Labelle - Inscrit 8 août 2018 15 h 22

      Une caractéristique de votre raisonnement est qu'il semble bien binaire. C'est blanc ou c'est noir ! Vous parlez d'équipe. Très bien ! Alors faisons l'analogie avec une équipe de hockey, CH de Mtl par exemple. Demandez à un de ses supporteurs : Le CH gagnera-t-il la fameuse coupe ? Il répondra sans doute par OUI/NON. Mais demandez-lui à quel genre de saison il s'attend du CH ? Je ne crois pas que nous aurons une réponse OUI/NON.

      Croyons-nous que l'indépendance du Québec se fera ? OUI/NON !
      Comment se dérouleront les échanges sur l'indépendance du Québec ? Voilà une toute autre question.

      « L'orgueil, l'éternel orgueil, le besoin de briller et d'étonner le monde par des mérites que l'on n'a pas ! »
      [Georges Courteline]

    • Jean-François Trottier - Abonné 8 août 2018 16 h 17

      M. Montmarquette,

      La constituante du PQ est fichtrement différente de celle de QS. Pas question d'élection, pour de très bonnes raisons merci. certaines responsabilités d'un gouvernement ne se délèguent pas. Vous le savez ou vous mentez ? Ou bien vous perdez vos moyens à force de vous heurter à la réalité? Faudrait savoir.

      Je vous ferai remarquer que c'est vous qui tenez tant à me coller une étiquette de péquiste comme si ça me décrivait entièrement. J'ai l'intention de voter pour ce parti mais j'ai mes réserves. C'est, vous ne le croirez pas, tout à fait possible de raisonner soi-même à l'extérieur de QS. Bof, ce n'est pas la première fois que j'ai affaire à vos préjugés primaires mais "tellement inclusifs":

      Je comprends que pour une personne incapable de déroger de son petit catéchisme il vous soit difficile de croire qu'une telle chose soit possible. Et ça n'empêche en rien la profonde stupidité d'une Consituante élue. Votre tentative de faire dévier la question sur moi est plutôt fade.

      Au départ la constituante a beaucoup servi de repoussoir pour permettre à QS de se prétendre indépendantiste tout en se gardant cette "géniale" porte de sortie, puis ON l'a obligé à en faire une constituante "fermée". Bof.

      Il reste que si on élit un gouvernement, c'est pour qu'il prenne ses responsabilités. Déléguer à un groupe tout aussi élu et donc légitime, correspond tout simplement se tirer dans le pied. Vous pouvez bien plastronner sur la démocratie, vous ne ferez que vous cacher la réalité la plus plate : ce plan est très théorique, très éthéré, très éthique, et voué à un pénible échec.
      Vous connaissez, le sens pratique ? Ça existe. Hé oui.

      Ceci dit, ce n'est pas une constituante qui pourrait me faire grimper aux rideaux. Je réserve ça aux petits mensonges ordinaires des extrémistes de salon.

      Les socio-démocrates ne vous laisseront jamais passer.

    • Christian Montmarquette - Abonné 8 août 2018 17 h 18

      @ Jean-François Trottier,

      "La constituante du PQ est fichtrement différente de celle de QS" - Jean-François Trottier

      C'est du n'importe quoi, puisque Lisée a signé l'Entente de Oui-Québec contraire à son programme et contraire à au mandant qu'il avait demandé durant la course à la chefferie, et qui plus est, dans le dos des membres de son parti.

      Et quant à moi, les véritables extrémistes sont les néollibéraux du PQ et du PLQ qui ont toujours laisser les plus pauvres crever de faim et de misère avec 500-600$ d'aide sociale par mois en se prétendant du même souffle sociaux-démocrates.

      Christian Montmarquette

    • Jean-François Trottier - Abonné 8 août 2018 17 h 26

      M. Maltais Desjardins, je passe vite sur les détail parce que je viens de constater une détresse que j'aurais dû voir avant.

      Les détails :
      - Arrêtez de patiner au sujet du référendum. Vous avez tort, vous ne savez plus comment vous justifier, c'est ridicule et c'est tout.
      - Les excommunications ne peuvent faire partie du PQ. Vous dites vous-même du PQ que c'est une coalition. Coalition NE PEUT PAS être église. Par contre la vertu, la pureté... j'y reviens plus loin.
      - Mes spéculations valent certainement mieux que le wishful thinkig, ou pensée magique en français, de QS. De très loin. Le simple fait que vous faites semblant de ne pas y avoir pensé seulement démontre l'amateurisme de votre programme.

      Bon, les choses importantes :
      je constate en "discutant" (en ramant dans les mensonges serait plus juste) avec vous et M. Montmarquette que... c'est du pareil au même!

      Quand je parle du PQ, que je ne représente en rien, je garde ma personnalité propre.

      Vous et M. Montmarquette, pas du tout.

      Mêmes mots, mêmes phrasés, ês expressions, même défense à la lettre du programme, mêmes arguments, même façon de confondre les autres partis dans un grand flou, mêmes préjugés et étiquettes, strictement rien ne vous différencie. À ce point c'est hallucinant, je ne trouve pas d'autre mot. Le pire est que c'est vrai de tout ce que je vois ailleurs dans les réseaux sociaux. Je dois en parler, c'est trop.

      Je vois un très grave problème identitaire impossible à taire.

      Je vous prie instamment de faire attention. Certaines organisations sont très fortes pour faire perdre leur personalité à leurs membres. Répétitions, raccourcis de pensée, mises en accusation et morale à outrance portée sur la personne, assimilation des "autres" à un enfer, ces trucs ont beau être connus, ils fonctionnent trop bien.

      Il est selon moi impossible que vous pensiez exactement pareil, et c'est pourtant le cas. Je ne vous demande pas de réagir ici mais... posez-vous des questions, c'est i

    • Jean-François Trottier - Abonné 8 août 2018 22 h 05

      M. Montmarquette, vos insuiltes ne rabaissent que vous si c'est encore possible. C'est triste tout de même. Quelle hargne, ça fait peur.

      Et vous en êtes encore à m'étiqueter. Pourquoi essayez-vous tant de plaquer les autres sur des idéologies fixes et titrées ? C'est à vous-même que vous nuisez. Vous détruisez chaque fois l'image "inclusive" de QS, vous devriez vous en rendre compte un peu.

      Et vous croyez que QS est social-démocrate ????????
      L'éducation va vraiment mal au Québec.

      Bon, alors je reprends pour vous seulement :

      Les vrais socio-démocrates ne vous laisseront jamais passer.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 août 2018 22 h 57

      Le plus savoureux, c'est que monsieur Montmarquette et moi avons eu une divergence d'opinion si nette que nous ne nous fréquentons ni ici sur les réseaux sociaux. Cela doit prouver (tout est bon pour justifier une conclusion) à quel point le Parti est voué au désarroi le plus total. Par chez nous, même quand ça brasse, cela s'appelle encore discuter...

    • Christian Montmarquette - Abonné 9 août 2018 08 h 33

      @ Jean-François Trottier

      "Vos insuiltes ne rabaissent que vous.." - Jean-François Trottier

      J'invite les lecteurs et les lectrices du Devoir à vous lire et juger, de qui insulte qui, sur sur cette tribune.

      Et plutôt que de traiter Québec solidaire de tous les noms et de toutes les étiquettes, je vous demande de nous expliquer ce que vous reprochez tant aux engagements électoraux de Québec solidaire qui vont comme suit:

      Un salaire minimum à 15$ de l’heure; un système de pension étatique universel; un revenu minimum garanti; une assurance dentaire pour tout le monde; la réduction de 50% des coûts de transport en commun; la création de Pharma-Québec; le refinancement adéquat des CLSC 24h par jour, 7 jours sur 7... 5% du budget de la santé consacré à la prévention; la création d'une banque nationale du Québec; la juste imposition des entreprises; l’augmentation des redevances minières, de l'eau et des ressources naturelles; l’abolition du financement des écoles privées par le système public; le retour de la taxe de 0.8% sur les profits des banques et des institutions financières retirée par Jean Charest; l’adoption d’un mode de scrutin proportionnel; l’ajout de nouveaux paliers d’impositions; l'installation d'une Assemblée constituante non partisane; l’adoption d'une Constitution du Québec et l’indépendance du Québec.

      Comme à chaque élections depuis sa fondation, tous les engagements de Québec solidaire seront disponibles en ligne durant la campagne électorale accompagnés de leur cadre financier.

      Christian Montmarquette

    • Jean-François Trottier - Abonné 9 août 2018 18 h 43

      M.. Montmarquette,

      - Nationalisation "au besoin" des mines. Quiconque s'intéresse à l'industrie sait que c'est sa mort à moyen terme.
      Ça dénote surtout un abysse d'ignorance pour tout ce qui se nomme production. "Casser" une industrie aux besoins, c'est débile et, oui, communiste.
      En social-démocrate on prend une participation "forte" minoritaire dans les secteurs à risque, de façon à être concerné mais, surtout, laisser les décisions courantes à ceux qui n'ont pas les mille contraintes d'un gouvernement. C'est l'ABC de la social-démocratie ça.

      La partie économique du programme est écrite dans un esprit si revanchard, à la limite de la haine envers tout ce qui n'est pas grandiosement vertueux, que j'en ai de l'urticaire.

      Les sociopathes, très nombreux dans toute société et dont plusieurs sont débrouillards et inventifs, sont un actif important dans l'économie. Ils ne sont pas organisés entre eux évidemment. L'approche économique de QS va les exclure, sinon les enfermer systémiquement dans un système uniquement pensé pour des collectivités. C'est « uniquement », le mot-clé.

      Vous croyez être naturellement bons et donc n'exclurez personne?
      Chavez l'a fait, Castro l'a fait, et les deux avaient au départ d’excellentes intentions. Comme vous.
      D’ailleurs votre programme ressemble à s’y méprendre à ce que Chavez a fait.

      - Sortie de NORAD et de l'OTAN : pourquoi pas des murs aux frontières? Y a des limites au pouvoir absolu sur son territoire, M. Montmarquette. D'ailleurs l'armée canadienne va entrer dès une annonce dans ce sens, "pour protection de son territoire ».
      Ensuite, les alliances internationales sur lesquelles le Québec devra s’aligner, ben… elles sont communistes ou terroristes. Ce ne sera pas le second.

      J'explique, donc c'est long. Je ne suis pas très "slogan", ni "liste de mesures apprise par coeur".

      Mais ceci suffit amplement. Communiste. Et bourré de pensée magique en plus.

    • Christian Montmarquette - Abonné 9 août 2018 20 h 44

      @ Jean-François Trottier

      Vous enfermant dans votre discours truffé d'étiquettes, de clichés et de diffusion d'épouvantails à moineaux dignes du Maccathisme. Je constate que je parle à un sourd qui nous tient un disours à sens unique, et que vous n'avez EN RIEN répondu à la simple question que je vous vous ai posée et que je vous repose:

      - Expliquez-nous ce que vous reprochez aux engagements électoraux de Québec solidaire qui vont comme suit:

      Salaire minimum à 15$ de l’heure; un système de pension étatique universel; un revenu minimum garanti; une assurance dentaire pour tout le monde; la réduction de 50% des coûts de transport en commun; la création de Pharma-Québec; le refinancement adéquat des CLSC 24h par jour, 7 jours sur 7; réduction de 12% du salaire des médecins pour atteindre la parité avec l’Ontario; 5% du budget de la santé consacré à la prévention; abolition de l’incorporation des médecins les empêchant ainsi de contourner l’impôt; ratio de 1/30 entre la plus haute et la plus basse rémunération des entreprises recevant de l'aide de l'État; la création d'une banque nationale du Québec; la juste imposition des entreprises; l’augmentation des redevances minières, de l'eau et des ressources naturelles; l’abolition du financement des écoles privées par le système public; la gratuité scolaire des CPE à l'université; la rémunération des stages des étudiants; le retour de la taxe de 0.8% sur les profits des banques et des institutions financières retirée par Jean Charest; l’adoption d’un mode de scrutin proportionnel; la parité hommes-femmes au Conseil des ministres; l’ajout de nouveaux paliers d’impositions; l'installation d'une Assemblée constituante non partisane; l’adoption d'une Constitution du Québec et un référendum sur l’indépendance du Québec.


      Christian Montmarquette

  • Lisette Lapoine - Abonnée 8 août 2018 07 h 42

    L’omni de la souveraineté

    Enfin!

    • Robert Lauzon - Abonné 8 août 2018 10 h 45

      Oui, enfin