Nous devons nous battre pour préserver la liberté dans la création artistique

«Je me décide pourtant à écrire, tant tout ce qui se passe autour de l’annulation de
Photo: Catherine Legault Le Devoir «Je me décide pourtant à écrire, tant tout ce qui se passe autour de l’annulation de "SLAV" et de "Kanata" me questionne et me bouleverse», écrit l'auteure.

« L’oeuvre d’art, qu’elle travaille les mots, les sons ou les images, est toujours de l’ordre de la représentation. Elle impose donc par nature une distanciation qui permet de l’accueillir sans la confondre avec la réalité. C’est pourquoi l’artiste est libre de déranger, de provoquer, voire de faire scandale. Et c’est pourquoi son oeuvre jouit d’un statut exceptionnel et ne saurait, sur le plan juridique, faire l’objet du même traitement que le discours qui argumente, qu’il soit scientifique, politique ou journalistique. »*

C’est à titre d’artiste, d’artiste engagée dans mon art et dans la société, que je me permets de prendre la parole, ajoutant mes mots à tous ceux énoncés depuis un mois. Saturé de paroles sentencieuses, de sermons et de phrases lapidaires, mais aussi de commentaires dignes et éclairants, l’espace démocratique n’a sûrement pas besoin d’un mot de plus.

Je me décide pourtant à écrire, tant tout ce qui se passe autour de l’annulation de SLĀV et de Kanata me questionne et me bouleverse.

Élevée en zone machiste, formée dans un milieu masculin et misogyne où la parole féminine était a priori méprisée et décriée, non entendue d’emblée, j’ai mis de nombreuses années à conquérir un espace de création et de liberté artistiques. Le prix pour les conserver fut parfois assez élevé, que ce soit au théâtre du Nouvel Ontario à Sudbury, au théâtre Denise-Pelletier dans les années 1990, où, à plusieurs reprises, lorsque le milieu enseignant et le conseil d’administration ont exercé des pressions pour censurer ou retirer de l’affiche les spectacles de la troupe Momentum, Les aiguilles et l’opium de Robert Lepage (déjà), Caligula de Camus ou Roberto Zucco de Koltès, sous prétexte d’amoralité.

Pour des raisons qui me sont personnelles et qui ont été renforcées par quinze ans de travail en Ontario français, dans un contexte où l’expression artistique en français relève du haut risque, j’ai toujours été sensible aux minorités, à l’oppression et à l’impérialisme sous toutes ses formes. D’où sans doute un élan naturel vers celles et ceux dont la parole est ligotée, qui subissent mépris et condescendance, qui n’ont ni tribunes ni grandes scènes pour s’exprimer, qui ne se sentent pas les enfants chéris de l’élite politique ou culturelle.

Couleur blanche uniforme

Cela fait longtemps que je remets en question la couleur blanche uniforme sur nos scènes comme dans nos salles, que je réfléchis au renouvellement du public, à toutes les formes qui permettraient un meilleur accès, une expérience plus profonde, plus intime de l’art. Modestement sans doute, j’ai tenté à plusieurs reprises de rendre la scène un peu plus représentative de la société contemporaine et de favoriser l’émergence d’un imaginaire féminin loin d’être majoritaire jusqu’à maintenant.

Pour moi, la liberté artistique n’est pas un territoire anarchique, naïf et narcissique qu’on occuperait n’importe comment, comme un enfant gâté et capricieux. Elle s’accompagne de responsabilité, puisque l’art théâtral ne saurait être vivant sans la présence du public, lequel possède la liberté de réagir, de huer, de rejeter nos spectacles.

L’oeuvre théâtrale est collective, le fruit d’un dialogue constant avec nos collaborateurs, nos camarades, avec l’audience — important soutien financier de la création théâtrale — et nos éventuels producteurs qui, parfois, posent sur le travail un regard empreint de méfiance et de crainte.

À mes yeux, la création artistique exige réflexion, rigueur et désir de dépassement. Nous mettons en scène, en lumière les contradictions, les travers et les vices de nos sociétés. Nous pouvons montrer le machisme, le colonialisme, la violence, le racisme, car nous le faisons par le biais de la fiction, grâce à un dispositif artistique qui nous autorise à exposer le pire. Non pas que nous soyons à l’abri des lois, mais le dispositif fictif est un cadre qui donne une forme et permet le dialogue sur les questions les plus épineuses. Ce dialogue, cette confrontation de points de vue opposés sont essentiels au processus créatif.

C’est pourquoi l’annulation par le Festival de jazz des représentations de SLĀV, le retrait de certains producteurs de Kanata me choquent. Tout comme me heurte la rapidité avec laquelle certains activistes canadiens, certains médias anglophones et même certains artistes québécois se précipitent dans la brèche pour dénoncer le racisme québécois, le soi-disant repli sur soi et l’incapacité du Québec à s’ouvrir sur l’époque actuelle.

Bien que les Québécois — francophones — soient alors présentés comme le nouvel oppresseur par un effet de révisionnisme historique tout à fait étonnant, je constate au contraire l’échec du multiculturalisme tel que pratiqué au Canada, qui contribue au repli communautaire, à l’hostilité des groupes les uns envers les autres, à l’incompréhension et à la haine de l’autre, à l’absence de véritable dialogue.

Il est bien vrai que le Québec résiste à intégrer totalement un modèle fédéral au sein duquel sa francophonie se trouve bafouée, et que pour cela on estime peut-être qu’il doit être puni. Qu’on choisisse l’artiste québécois le plus présent sur la scène internationale pour le faire ne peut relever du pur hasard.

Pas de justification

Selon moi, rien ne justifie qu’on retire un spectacle de l’affiche sous prétexte qu’il ne correspond pas aux normes morales ou esthétiques de la société dominante. Ni que certains producteurs privés suppriment leur soutien à une oeuvre qui crée la polémique. Oui, les temps changent, ils ont toujours changé, rien n’est immuable. C’est l’évolution normale d’une société, confrontée depuis toujours et plus particulièrement ces cinquante dernières années à des mouvements majeurs qui fracassent tous les îlots de sécurité économique et sociale, communautaire même. Mais c’est du dialogue, de la confrontation même que peut naître la lumière, pas du silence et du bâillonnement.

Ce qui m’inquiète également, c’est la dérive que connaît le Conseil des arts du Canada depuis quelques années et à laquelle nous n’avons pas réagi publiquement. Défenseur historique des artistes et de l’art, garant de la liberté des créateurs et sans qui la création québécoise et francophone des trente dernières années n’aurait pu s’épanouir, le CAC a intériorisé progressivement les pressions de certains groupes, et peut-être aussi celles du gouvernement fédéral.

Au Conseil des arts, certains membres de son conseil d’administration se sont permis récemment de prendre position publiquement au sujet de Kanata — un précédent, car il me semble que c’est la première fois que l’actualité artistique est ainsi largement commentée.

Jouant les gendarmes et affichant une rectitude d’autant plus vertueuse qu’elle n’engage que les autres, le CAC se présente aujourd’hui comme le défenseur des luttes contre les différentes formes de discrimination. À mon humble avis, cette évolution risque d’avoir des conséquences néfastes sur la créativité et la multiplicité des voix d’artistes professionnels au profit d’expressions plus communautaires ou plus idéologiques. Elle impose, un peu sournoisement, un modèle canadien unique et sans aspérités, qui entretient la frustration et l’incompréhension entre artistes et au sein duquel il n’est pas certain que nous trouvions notre place ni que nous puissions discuter sereinement.

Nous devons collectivement nous battre pour préserver la liberté dans la création artistique ; liberté d’écrire, de déranger, de provoquer ou même de faire scandale. Cette liberté, nous la réclamons pour tous et surtout pour celles et ceux dont l’histoire, le territoire, la culture, les récits ont été spoliés depuis longtemps. Je souhaite ardemment que nos scènes leur soient ouvertes, que nous partagions le pouvoir et l’espace médiatique et que le public soit au rendez-vous. Nous devons également inventer de nouveaux modèles de discussion, en dehors des médias et des conseils des arts, entre artistes de toutes origines, pour y confronter nos récits et nos visions divergentes du monde. Nous devons aborder les questions épineuses et douloureuses et le faire d’une manière originale. Ce sera dur et lent. Nous serons frustrés et en colère. Mais de ce dialogue, de cette confrontation entre nous, sans observateur ni commentateur ni censeur, ne peuvent que sortir du bien et du beau et du grand. Et qui permettra sans doute que dorénavant « nos vies et nos cultures soient composées de plusieurs histoires qui se chevauchent ».

*Observatoire français de la culture

26 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 4 août 2018 01 h 45

    «C’est pourquoi l’artiste est libre de déranger, de provoquer, voire de faire scandale»

    Un des problèmes, est que les oeuvres publiées dérangent rarement le pouvoir établi, qui les subventionnent et a les moyens d'assister à ses spectacles. Autre chose qu'oublie l'auteure de cette lettre, c'est que si le Conseil des arts du Canada avait subventionné cette oeuvre, comme son budget est limité, elle aurait dû ne pas en subventionner une autre. Laquelle? Quelle oeuvre aurait-elle choisi de ne pas subventionner? Peut-être celle d'un ou d'une auteur que cette subvention permettra de devenir le prochain ou la prochaine Robert Lepage, qui sait...

    • André Joyal - Abonné 4 août 2018 08 h 52

      C'est tout ce que vous trouvez à dire M. Jodoin?
      Quand, moi, je recevais une subvention du CRSH (Ottawa) ou de son vis-à-vis québécois, aurais-je dû
      verser une larme pour ceux qui n'avaient pas ma «chance»?

    • Hélène Paulette - Abonnée 4 août 2018 12 h 51

      Mais qui donc limite le budget du CAC et pourquoi? N'y aurait-il pas moyen de subventionner largement le théatre autochtone sans oblitérer l'autre? Et surtout pourquoi ne pas en subventionner la diffusion dans les réserves?

    • Cyril Dionne - Abonné 4 août 2018 15 h 18

      « …si le Conseil des arts du Canada avait subventionné cette œuvre, comme son budget est limité, elle aurait dû ne pas en subventionner une autre. Laquelle? »

      Ça fait dur lorsque la culture doit être subventionnée à 100% pour ne pas disparaître. Si ces œuvres ne suscitent aucun intérêt, pourquoi est-ce que les contribuables devraient les subventionner? Et si ces œuvres ne dérangent aucunement l’ordre établi parce que personne ne les regarde, encore une autre raison de plus pour passer à autre chose. Et maintenant, les Autochtones veulent en produire pour faire passer leur point de vue. Il risque d’y régner un silence de criquet dans la salle si ces œuvres voit le jour.

      Mais si on parlait de hockey dans ces pièces, surtout du CH, on défoncerait les portes pour aller les voir. C’est « ben » pour dire.

    • Raymond Labelle - Abonné 4 août 2018 17 h 01

      À noter que la production Kanata (je ne sais pas pour Slav) n'a reçu aucune subvention et était autonome financièrement (par rapport à l'État, pas tout à fait par rapport aux producteurs semble-t-il). Note particulière à ce cas. M. Jodoin a raison de nuancer cette considération plus générale de l'auteure. Disons que le manque de financement rend l'exercice de la liberté moins aisé, pour dire le moins. Et on peut se demander si la valeur artistique est le seul critère de subvention - même lorsqu'il y a efforts de bonne foi en ce sens il peut arriver, même involontairement, que d'autres éléments entrent en ligne de compte.

    • Raymond Labelle - Abonné 4 août 2018 17 h 20

      Les critères strictement artistiques sont difficiles à évaluer objectivement. Une partie importante de l'évaluation ne peut pas échapper à la subjectivité et à son arbitraire, malgré beaucoup de bonne foi. Déjà une difficulté.

      Et tous les critères non-artistiques sont-ils nécessairement indésirables?

      Par exemple, si une partie des subventions vise à encourager le théâtre francophone hors-Québec?

      Et je pose la question brutalement: si une pièce porte sur les autochtones, rendre la subvention conditionnelle à une participation autochtone est-il une condition si déraisonnable? Poser cette condition dans ces circonstances est-il matière à indignation?

      On pourrait même poser la question d'un autre angle: ne pas poser cette condition dans ces circonstances est-elle matière à indignation?

      Voilà la question concrète qui se pose dans ce cas. On semble le perdre de vue.

      On parle de subvention ici, pas de censure.

      Le Conseil ne va pas interdire que des pièces non-subventionnées soient montées. D'ailleurs c'est le cas de Kanata.

    • Raymond Labelle - Abonné 4 août 2018 19 h 58

      "ne pas poser cette condition dans ces circonstances"

      - la condition: une participation autochtone

      - "les circonstances" le centre de la pièce, son fil conducteur, était de montrer l'histoire du Canada du point de vue autochtone.

  • Nadia Alexan - Abonnée 4 août 2018 06 h 14

    C'est l’échec du multiculturalisme tel que pratiqué au Canada, qui contribue au repli communautaire.

    Je suis d'accord avec vous, madame Haentjens, ce n'est pas le peuple québécois qui est replié sur lui même, c'est «l’échec du multiculturalisme tel que pratiqué au Canada, qui contribue au repli communautaire, à l’hostilité des groupes les uns envers les autres, à l’incompréhension et à la haine de l’autre, à l’absence de véritable dialogue» comme vous le dites bien.
    La gauche bien pensante doit faire un examen de conscience pour son appui inconditionnel au communautarisme ethnique, culturel et racial. La gauche a délaissé sa lutte traditionnelle contre les inégalités pour défendre le communautarisme, la misogynie et la ghettoïsation. La gauche a toujours défendu la liberté d'expression et maintenant la bien-pensance appuie la censure et le bâillonnement.

    • Claude Bariteau - Abonné 4 août 2018 13 h 36

      Au Canada, le multiculturalisme reconnaît la diversité des cultures et des communautés. Il fut mis de l'avant en valorisant les choix individuels à l'exception des peuples autochtones. Or toutes les communautés veulent avoir leur statut.

      Il en découle que la citoyenneté canadienne n'a d'ancrage que le communautarisme et des sujets transformés en ayants droit qui préfèrent affirmer leurs droits et ont du Canada une lecture d'un pays dont la citoyenneté n'est qu'un engagement formel donnant accès à un désengagement.

      Il s'agit d'un effet pervers d'une conception formaliste de la citoyenneté dans l'espoir qu'elle donne lieu à une forme de patriotisme tout en prônant un patrimoine multiculturel. La conséquence ne pouvait être que l'affirmation de petites patries, que renforce la conception de la « nation » canadienne comme post-nationale, qui est la négation d'une nation et un pouvoir de gestion des habitants par des dirigeants politiques.

      Dans ce Canada, les habitants du Québec se cherchent parce qu'y fut enclenché un processus menant à instituer un ensemble politique différent en 1980 avec une démarche démocratique. Il fut contré en 1980 et, en 1982, le Canada s'est redéfinit au-dessus du peuple, ce qui fut accepté par le rejet d'un retour à l'avant 1982 en 1992.
      Par ailleurs, la relance de la démarche québécoise le fut aussi en 1995 à l'occasion d'une décision lors d'un référendum.

      Depuis 1995, cette démarche vascille parce qu'elle repose toujours sur la présence d'une nation préexistante alors que la création démocratique d'un pays consiste précisément à fonder une nation de citoyens et de citoyennes.

      Aussi pour la relancer, il faut élaguer la nation préexistante et enclencher un mouvement de citoyens et de citoyennes qui entendent redéfinir le pouvoir, contrôler leur territoire, l'aménager selon leurs intérêts collectivement précisés et préciser les contours de leur « vivre ensemble ».

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 4 août 2018 16 h 39

      L’application du concept d’appropriation culturelle aux arts de la scène n’aurait pas connu le succès foudroyant qu’il a connu depuis 2015 au sein du monde anglo-saxon s’il n’était supporté que par la petite gauche bon-chic-bon-genre.

      La droite américaine dépense une fortune pour contrôler les médias aux USA. Des milliers de petits soldats à sa solde partent les rumeurs, argumentent avec ténacité sur les lignes ouverts des radios locales et pullulent sur les médias sociaux.

      C’est parce que cela réduit considérablement le nombre des personnes habilités à traiter de sujets dits sensibles, que cette droite a fait en sorte que l’accusation d’appropriation culturelle signifie l’arrêt de mort de toute production rappelant les squelettes que cette droite cache dans ses placards.

      En somme, les groupuscules de gauche qui condamnent l’appropriation culturelle — comme ces anglophones blancs devant le TNM — ne sont que des marionnettes qui croient sincèrement lutter pour une noble cause, mais qui font le jeu de ceux qui pratiquent une politique d’extermination à l’égard des peuples autochtones et une politique d’asservissement à l’égard des Noirs américains.

      Les Anglo-saxons sont aujourd’hui ce qu’étaient les Vikings au Moyen-Âge : un peuple qui reprand la guerre afin de piller les richesses d’autrui, particulièrement lorsqu’il s’agit de pétrole. Ce peuple primitif, inculte et barbare veut maintenant nous imposer sa mentalité ici même au Québec.

      Nous avons le choix du dialogue et du compromis ou de nous tenir debout et d’affronter l’adversité.

    • Raymond Labelle - Abonné 4 août 2018 19 h 14

      "Multiculturalisme"? Les autochtones ne sont pas des immigrants.

    • Sylvain Auclair - Abonné 5 août 2018 11 h 00

      Les autochotones ont quand même une culture.

      D'ailleurs, combien d'années faut-il pour qu'un peuple cesse d'être immigrant? Trois cents ans (comme les Québécois et les Agniers (Mohawks, en anglais, ce qui signifierait en fait cannibales)? Cinq mille ans?

  • André Joyal - Abonné 4 août 2018 08 h 56

    Enfin!

    Mis à part Dominic Champagne qui a publié une courte lettre dans notre journal,
    ils sont bien silencieux, je trouve, les autres metteurs en scène... de la scène montréalaise.
    Triste, chacun surveille ses arrières.Sans prendre de risques.

  • Philippe Dubé - Abonné 4 août 2018 09 h 36

    Art et éthique

    Les canicules à répétition des dernières semaines ont fait monter le mercure alors que le ridicule des manchettes culturelles n’a pas manqué de tuer dans l’œuf des œuvres d’auteur(e)s et d’artistes pourtant bien intentionnés. En effet, il a fait chaud dans nos chaumières et pour
    cause, la fournaise des empoignades publiques par médias interposés n’a pas dérougi. Deux questions me turlupinent depuis le début de ces échanges acrimonieux, à savoir : existe-t-il un code de déontologie pour les auteur(e)s, les artistes et le monde des arts en général ? En tant que corps professionnel, s’est-il doté d’un outil éthique qui permettrait d’encadrer ses activités dans l’espace public ? Quand on consulte les sites de l’UNEQ, l’UDA et du CEAD, rien à ce chapitre, hormis leur propre secteur de régie interne. Dans ce contexte, est-il
    normal qu’un groupe professionnel, au nom de la liberté de création, échappe en quelque sorte aux règles du vivre-ensemble ? Il semble que le temps est venu pour le milieu des arts d’en prendre acte et de trouver les moyens d’endiguer les dérives des dernières semaines. Une belle occasion d’être de son temps en procédant à une mise à jour tout simplement.

  • Léonce Naud - Abonné 4 août 2018 09 h 42

    Le Conseil Fédéral des Arts et le « prisme de la race »


    Pour comprendre l'univers mental dans lequel baigne aujourd'hui le Conseil Fédéral des Arts, rappelons cette observation d'une journaliste et auteure Française, Géraldine Smith, à la suite d'une tentative d'acclimatation de son couple aux États-Unis : « J’avais sous-estimé les difficultés de notre propre intégration aux États-Unis. En Amérique, on abordait toute forme d’altérité à travers le prisme de la « race ».
    On découvre ici la différence culturelle fondamentale entre la mentalité française plutôt latine et la mentalité anglo-saxonne, cette dernière avec sa sacralisation du racial. Géraldine Smith, auteure du livre « Rue Jean-Pierre Timbault – Une vie de famille entre barbus et bobos. » Paris, Stock, 2016.