Robert Lepage, René Lévesque et Mary Two-Axe Early

Sébastien Brottet-Michel et Robert Lepage lors de répétitions de la pièce «Kanata», en février 2018
Photo: Michèle Laurent Sébastien Brottet-Michel et Robert Lepage lors de répétitions de la pièce «Kanata», en février 2018

Avant-hier, j’écoutais le comédien Yves Jacques aux nouvelles, qui, parlant de son ami Robert Lepage, disait que « les communautés noire et autochtone de Montréal ont tiré sur leur messager, leur meilleur messager mondial ». Je dois dire que je ne suis pas d’accord avec cette affirmation. Dans le cas de Kanata, les Autochtones n’ont pas « tiré » sur Robert Lepage, ils l’ont interpellé. Et moi, je ne suis pas du tout convaincue que Robert Lepage est notre « meilleur messager mondial ».

Ça m’a fait penser à Mary Two-Axe Early, une Mohawk de Kahnawake, militante des droits des femmes autochtones, et au premier ministre du Québec de l’époque, René Lévesque, qui, lors d’une conférence constitutionnelle en 1982, voyant que les autres premiers ministres refusaient le droit de parole à Mary, lui avait cédé son siège, lui permettant ainsi de livrer son message concernant les revendications des femmes autochtones… J’y reviendrai.

Mais tout comme Yves Jacques, moi aussi je suis triste, mais pas pour les mêmes raisons. Je suis triste de lire tous ces commentaires méprisants sur les réseaux sociaux et ces jugements à l’emporte-pièce, je suis découragée de lire et d’entendre les amalgames pernicieux et les comparaisons sordides liées à l’affaire Kanata. (Le fait que ça arrive juste après la controverse autour de SLĀV ne vient pas simplifier les choses. Les esprits étaient déjà échauffés, et les gens mêlent les deux affaires. On nous accuse de censure, d’assassinat, rien de moins.)

J’ai trouvé triste d’entendre Yves Jacques, un comédien que j’admire, se demander s’il peut jouer le rôle du frère Marie-Victorin parce qu’il est homosexuel et non croyant. Je trouve ça triste, car il ne réalise pas que ça n’a aucun rapport. Car ce dont il est question ici, c’est l’histoire du Canada « à travers le prisme de nos relations » racontée, encore une fois, par un non-Autochtone ; et des Autochtones qui lui disent que cela leur cause préjudice et qu’ils auraient voulu faire partie du processus, et ce, d’une façon ou d’une autre. Et en passant, personne n’a dit à Ariane Mnouchkine et Robert Lepage de se taire. Au contraire, il y a eu une rencontre, des discussions, et même si cela n’a pas été concluant, tout s’est passé de manière civilisée. Personne n’a injurié l’autre.

Je ne parle pas d’appropriation culturelle, je parle d’une réalité qui est connue et maintenant reconnue : l’histoire du Canada a été déformée par la société dominante, et ça, les Autochtones en ont assez. Nous demandons d’être inclus dans cette relecture de l’histoire, notre histoire commune.

D’ailleurs, le refus du Conseil des arts du Canada de financer le projet Kanata était déjà un signal clair que les temps ont changé. On ne peut plus faire comme dans l’ancien temps et parler des Autochtones à travers le prisme d’une vision à sens unique.

La directrice du Théâtre du Soleil, Ariane Mnouchkine, disait en entrevue qu’elle souhaitait que nous nous réjouissions du fait que son théâtre s’intéresse à nous et que c’était un « hommage » qu’on voulait rendre aux Premières Nations.

De grâce, si vous voulez nous rendre hommage, ne le faites pas en jouant aux Indiens, mais faites-le en jouant avec les Indiens !

Oui, vous avez le droit de faire jouer qui vous voulez, mais à ce que je sache, quand des comédiens se préparent pour un rôle, ils font une recherche, ils étudient les personnages. Où donc ces comédiens français ont-ils fait leurs recherches ? Est-ce Robert Lepage qui leur a transmis « ses connaissances » ? Il me semble que la troupe du Théâtre du Soleil aurait pu bénéficier d’un partenariat avec des Autochtones… et vice-versa.

Je ne parle pas non plus de proportion d’acteurs autochtones, cela est futile.

Ce dont je parle, c’est du fond de l’affaire : un homme de théâtre, une sommité, un génie, qui dit comprendre… mais qui agit comme s’il ne comprenait pas ce qui se passe chez les Premières Nations ; à savoir qu’il existe une nouvelle génération d’Autochtones qui s’affirment avec le mouvement Idle No More, des femmes autochtones qui dénoncent la violence et les injustices, des cinéastes qui, par leurs films, ouvrent les portes d’un univers complexe, des écrivains, écrivaines, poètes et poétesses qui prennent la parole. Ils et elles sont là, ils et elles existent, et tous et toutes demandent à être écoutés et surtout à être entendus. Ils disent qu’ils peuvent très bien porter leur message eux-mêmes, qu’ils n’ont pas besoin de messagers, qu’ils ont besoin d’alliés. C’est ce qui a été dit à Robert Lepage. Il a écouté, mais il n’a pas entendu. A-t-il voulu entendre ? Je me pose la question. En fait, je me pose plusieurs questions…

Comment se fait-il que Robert Lepage, qui dit avoir plusieurs amis chez les Premières Nations, n’ait jamais eu le réflexe de parler à ses amis autochtones dès le départ quand il a fait cette proposition à Ariane Mnouchkine ?

Comment se fait-il que cet homme intelligent, un artiste sensible, n’ait pas pensé à ce que cela risquait de provoquer chez ses amis des Premières Nations ?

Sans avoir à demander la permission, il aurait pu valider certaines choses, sachant que l’interprétation de notre histoire est un sujet délicat et que l’époque des pensionnats indiens a laissé de graves séquelles, des blessures profondes, que les plaies sont encore vives et que la question des femmes autochtones assassinées ou disparues est extrêmement douloureuse pour les familles et l’ensemble des Premières Nations.

Monsieur Lepage a dit, dans une longue entrevue qu’il a accordée à Stéphane Bureau sur les ondes de Radio-Canada la semaine dernière, qu’il avait peut-être commis une erreur de jugement.

Je crois qu’effectivement il a commis une erreur de jugement en se croyant au-dessus de la situation et en croyant qu’il pouvait se passer des Premières Nations en allant raconter notre histoire aux Français. Il a agi avec maladresse.

Aussi, je suis un peu mal à l’aise devant ses demi-vérités : quand il a affirmé n’avoir bénéficié d’aucuns fonds publics pour ce projet, il n’a pas mentionné qu’il avait pourtant fait une demande au Conseil des arts et que celui-ci a refusé justement parce qu’il n’y avait aucun apport des Premières Nations dans le projet. Quand il a dit qu’il avait consulté des Autochtones, il a omis de dire que ce n’étaient pas des consultations sur le fond. Il a aussi omis de dire que certains l’avaient averti que cela poserait problème.

Robert Lepage a été l’artisan de son propre malheur.

Mais, semble-t-il, tout espoir n’est pas perdu, l’art survivra ! Et les Lepage, Mnouchkine et artistes des Premières Nations trouveront une voie commune.

Robert Lepage a indiqué aux artistes des Premières Nations que les portes du Diamant, son théâtre à Québec, leur seront ouvertes. Le Théâtre du Soleil dit qu’il répondra par « les armes non violentes de l’art théâtral ».

Finalement, cette saga se solde par l’affirmation d’une volonté de part et d’autre d’une meilleure communication, et il y aurait probablement possibilité de futurs projets en partenariat. Ça ressemble pas mal à ce qui avait été demandé par les signataires de la lettre au départ…

Pour finir mon anecdote sur Mary Two-Axe Early et René Lévesque : ils sont devenus en quelque sorte des complices dans la lutte pour les femmes autochtones. Mary, qui parlait l’anglais (et le mohawk), disait de lui, avec fierté : « my friend René Lévesque ». Tous deux avaient un grand respect l’un envers l’autre. Et, pour la militante mohawk Mary Two-Axe Early, René Lévesque n’était pas un messager… il était son allié.

61 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 31 juillet 2018 02 h 24

    Je suis triste pour vous, Mme Rouleau

    Lorsque l’histoire s’intéresse à une époque et à un lieu où plusieurs peuples ont été en présence, il est normal que l’historien s’intéresse aux deux côtés de la médaille.

    Cela n’est pas strictement nécessaire lorsqu’il s’agit d’une création artistique.

    Un romancier ou un dramaturge peut imaginer une œuvre de fiction basée sur des faits réels en prenant toute la latitude qu’il souhaite avoir.

    Les romans d’Alexandre Dumas qui ont émerveillé mon enfance m’aurait sans doute paru bien ternes si l’auteur avait sacrifié la vérité romanesque à la vérité historique. Est-ce que le duc de Buckingham a vraiment eu une aventure avec la reine de France, au grand dam du cardinal de Richelieu ? Je m’en moque.

    Lorsque je lis un roman qui se déroule dans le passé, je ne veux pas un cours d’histoire. J’évite ceux qui sont une grossière déformation des faits historiques. Mais j’accepte que l’auteur ait pris certaines libertés pour soutenir l’intérêt de son récit.

    Dans le cas des peuples autochtones, ils sont victimes depuis des lunes d’une entreprise génocidaire du gouvernement raciste canadien.

    Et pour que tout cela se fasse le plus discrètement possible, le fédéral se sert de son pouvoir de dépenser pour créer des obstacles aux créateurs qui désirent aborder ces sujets tabous.

    D’où l’idée que toute création artistique soit dorénavant contrainte à l’imprimatur des peuples concernés. Quel merveilleux moyen de leur mettre des bâtons dans les roues ?

    S’il vous plaît, ne faites pas le jeu du colonialisme anglo-saxon. Quels sont les créateurs angloCanadiens qui font rayonner votre cause à l’international ? Quels sont les auteurs Autochtones dont la voix réussit à être entendue à travers le monde ?

    Vous aviez une belle occasion et vous l’avez fait foirer.

    Le jour où vous saurez distinguer vos amis de vos ennemis, vous serez sur la bonne voie…

    • Raymond Labelle - Abonné 31 juillet 2018 11 h 42

      Distinguer les amis des ennemis.

      "Le Théâtre du Soleil considère que les revendications des artistes autochtones sont légitimes, au point où il réitère son invitation à les accueillir à Paris et à tenir un « Festival de théâtre autochtone, qui pourrait devenir un rendez-vous régulier bi ou triannuel ».

      Source : https://www.ledevoir.com/culture/theatre/533347/theatre-du-soleil-kanata

      Le Théâtre du Soleil (dont fait partie Mme Mnouchkine) est l'un des plus prestigieux d'Europe. C'est le théâtre qui montait Kanata. M. Lepage était metteur en scène pour cette production (co-mise en scène avec Mme Mnouchkine). Et Paris une des capitales culturelles d'Europe.

      Quelle belle offre de s'exprimer soi-même pour des artistes autochtones dans un cadre hautement favorable, de façon récurrente et sans devoir convaincre quiconque de quoi que ce soit.

    • Claude Bariteau - Abonné 31 juillet 2018 12 h 46

      M. Martel, il s'agit plus d'une question d'imprimatur, car l'enjeu en est un d'ouverture à l'autre qui, dans les propos de Mme Rouleau, ne peut se faire par les portes-patoles des Autochtones qu'en « prenant la place » des personnes qui ont accès à la parole, l'inverse étant refusé par ces portes-paroles.

      Plus bas, j'explique ce qu'implique se lier. M. Lévesque a permis à Mme Mary Two-Axe Early d'expliquer son point en 1982 et que ce dernier a fait adopter une motion de reconnaissance des Nations autochtones en 1985.

      S'agissant de Kanata, M. Lepage et Mme Mnouchkine n'ont pas eu cette ouverture pour expliquer, grâce à l'art qui a fait leur réputation, une nouvelle lecture des relations entre Autochtones et non-Autochtones en Amérique du Nord, notamment au Canada, hors du Canada, ce qui a privé les Autochtones d'aujourd'hui de découvrir une lecture originale peut-être plus proche de la leur.

      Aussi m'apparait-il nécessaire que les deux créateurs de Kanata expliquent en quoi consiste leur nouvelle lecture, au risque de se voir couper des fonds de production.

    • Raymond Labelle - Abonné 31 juillet 2018 17 h 04

      Par ailleurs, M. Lepage avait offert de tenir un événement annuel au Diamant à Québec consacré à la création autochtone - libre et sans mécanisme de contrôle dans le contenu de l'expression et sans exigence sur la distribution.

  • Nathalie Choquette - Abonnée 31 juillet 2018 04 h 33

    Mais...

    ... René Lévesque était un politicien et non un artiste (bien qu'artiste politicien )

    • Cyril Dionne - Abonné 31 juillet 2018 09 h 45

      Vous avez raison Mme Choquette. René Lévesque était un politicien et non pas un artiste.

      Si cette madame voulait lire des commentaires méprisants, elle n’avait qu’a aller voir sur les médias sociaux, en anglais évidemment, pour lire le fiel qui s’est déversé contre M. Lepage et les francophones en général. Si l’histoire a été déformée selon l’angle autochtone, mais pardieu, donnez-nous votre version mais pas en demandant que ce soit les autres qui le fassent pour eux en utilisant nos créateurs et nos moyens de production. Et pourquoi une troupe de théâtre serait obligé de consulter des autochtones? Bien oui, Lepage a été victime de son propre malheur. Franchement. C’était une pièce de théâtre fictive.

      On revient toujours à l’époque des pensionnats. Est-ce que Romeo Saganash serait devenu ce qu’il est aujourd’hui s’il n’était pas allé dans les écoles des blancs lorsqu’il était jeune? Faisons abstraction aux abus sexuels et physiques qu’ils ont endurés (comme plusieurs jeunes blancs dans les écoles de l’époque), vous pensez sérieusement que sans éducation en demeurant sur la réserve, il aurait pu devenir le premier d'origine crie à obtenir un baccalauréat en droit au Canada? Et l’enquête sur les femmes autochtones assassinées ou disparues n’aboutira nulle part avec les gens qu’ils ont en place présentement. Est-ce que cette chère madame pourrait nous expliquer pourquoi ce processus bidon nous coûte 54 millions depuis le début?

      Et de grâce, l’allusion à René Lévesque fait dure. Le Québec a été isolé durant les négociations avec le gouvernement fédéral et s’est accroché à ce qu’il pouvait. Les Autochtones semblaient avoir leur propre agenda. Et le mot allié ne semblait pas être dans le dictionnaire autochtone lorsqu’Elijah Harper s’est opposé à l’Accord du lac Meech. Et les protestions véhémentes contre Kanata sont venus d’autochtones hors Québec et où ils menaçaient littéralement M. Lepage et Mme Mnouchkine. Nous ne négocions pas avec un fusil sur la tempe.

    • Jean Lacoursière - Abonné 31 juillet 2018 12 h 44

      Exact. La comparaison de l'auteure me semble boiter par la différence des rôles et des contextes. Votre commentaire révèle les prismes à travers lesquels les uns et les autres analysent la situation.

  • Jean-Charles Morin - Abonné 31 juillet 2018 04 h 34

    La désagréable impression de parler à un mur...

    Vous déplorez encore et toujours que "Kanata" n'inclut aucun comédien autochtone. Il a pourtant été expliqué que le Théâtre du Soleil ne se produit sur scène qu'avec les membres de sa propre troupe. C'est sa façon de faire depuis toujours. Robert Lepage a dû faire avec. Il serait peut-être temps que quelqu'un chez vous daigne écouter et en prendre note.

    Il est méprisant de dire à des comédiens professionnels qu'ils "jouent aux Indiens" alors qu'ils prêtent consciencieusement leurs voix et leur art aux autochtones. Vous semblez confondre des gens de bonne foi qui font leur métier avec Justin Trudeau qui lui a bel et bien "joué à l'Indien".

    Encore une fois on prétend que Robert Lepage n'a pas consulté, pourtant les articles traitant de "Kanata" avant la lettre "d'interpellation" du 14 juillet mentionnent tous que les concepteurs avaient fait avec professionnalisme leurs devoirs à ce sujet. En avez-vous parlé avec Robert Lepage avant d'écrire votre intervention?

    Vous mentionnez que Robert Lepage avait fait une demande au Conseil des arts et que ce dernier a refusé d'accorder une subvention parce qu’il n’y avait aucun apport des Premières Nations dans le projet. Je crois pour ma part que la raison officiellement évoquée est en fait un faux prétexte. D'après moi, la véritable raison du refus réside plutôt dans le fait que "Kanata", en dénonçant sur la scène internationale les sévices endurés par les populations autochtones jusqu'à aujourd'hui, faisait apparaître le Canada et le gouvernement fédéral sous un mauvais jour. S'il y a censure, c'est là qu'on peut effectivement la trouver.

    À ma connaissance, Robert Lepage n'a jamais accusé les représentants autochtones qu'il a rencontrés de l'avoir censuré de quelque manière. D'ailleurs ces derniers se sont montré surpris et, pour la plupart, déçus d'apprendre l'annulation de la pièce. Les pressions sur les commanditaires de la pièce qui ont amené son annulation sont davantage venues des interventions intempestives

    • Louise Martin - Abonné 31 juillet 2018 12 h 08

      Madame Rouleau ne parle pas d'inclure des comédiens autochtones.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 31 juillet 2018 16 h 24

      En fait, Madame Martin, ce que dit l'auteur sur l'inclusion obligée des autochtones à la pièce est de nature tellement vague et générale qu'on peut en déduire à peu près n'importe quoi. Dans ce contexte, si mon interprétation de ses propos est réellement allée trop loin, je suis prêt à faire amende honorable sur ce point.

      Cela n'empêche pas que la dame n'a pas cru bon de se renseigner directement auprès du principal intéressé sur l'implication réelle, passée et présente, des consultants autochtones dans sa démarche. Toute son intervention sur la démarche supposée de Lepage et de ses collaborateurs repose exclusivement sur des on-dit et des intuitions.

      À l'instar de Madame Rouleau, je suis convaincu que les Autochtones disposent de toutes les ressources humaines nécessaires pour traiter les sujets abordés dans "Kanata". Mais cela ne devrait pas empêcher d'autres, comme par exemple Robert Lepage de le faire également si cela est leur bon plaisir.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 31 juillet 2018 16 h 28

      Voici le dernier paragraphe du texte initial,qui a été "coupé au montage".

      À ma connaissance, Robert Lepage n'a jamais accusé les représentants autochtones qu'il a rencontrés de l'avoir censuré de quelque manière. D'ailleurs ces derniers se sont montré surpris et, pour la plupart, déçus d'apprendre l'annulation de la pièce. Les pressions sur les commanditaires de la pièce qui ont amené son annulation sont davantage venues des interventions intempestives de personnes venant de l'extérieur qui, à l'instar de Kevin Loring et sans avoir pris la peine de discuter avec les concepteurs, se sont autorisés à déverser sans retenue leur fiel et leurs préjugés sur les réseaux sociaux.

  • Nadia Alexan - Abonnée 31 juillet 2018 04 h 53

    Personne ne vous empêche de mettre en scène votre propre création théâtrale.

    Chère madame Michèle Rouleau: Je suis d'accord avec vous que «l’interprétation de votre histoire est un sujet délicat et que l’époque des pensionnats indiens a laissé de graves séquelles, des blessures profondes, que les plaies sont encore vives et que la question des femmes autochtones assassinées ou disparues est extrêmement douloureuse pour les familles et l’ensemble des Premières Nations.»
    Vous dites qu'une nouvelle génération d'autochtones est prête à prendre la relève «des cinéastes qui, par leurs films, ouvrent les portes d’un univers complexe, des écrivains, écrivaines, poètes et poétesses qui prennent la parole. Ils et elles sont là, ils et elles existent...» Alors qui vous empêche de prendre la parole et de vous affirmer en mettant en scène votre propre création théâtrale? Entre temps, laissez celui qui a voulu vous rendre hommage en mettant en relief vos souffrances de s'exprimer.

    • Raymond Labelle - Abonné 31 juillet 2018 11 h 07

      "Le Théâtre du Soleil considère que les revendications des artistes autochtones sont légitimes, au point où il réitère son invitation à les accueillir à Paris et à tenir un « Festival de théâtre autochtone, qui pourrait devenir un rendez-vous régulier bi ou triannuel ».

      Source : https://www.ledevoir.com/culture/theatre/533347/theatre-du-soleil-kanata

      Le Théâtre du Soleil (dont fait partie Mme Mnouchkine) est l'un des plus prestigieux d'Europe. C'est le théâtre qui montait Kanata. M. Lepage était metteur en scène pour cette production (co-mise en scène avec Mme Mnouchkine). Et Paris une des capitales culturelles d'Europe.

      Quelle belle occasion de s'exprimer soi-même pour des artistes autochtones dans un cadre hautement favorable, de façon récurrente très et sans devoir convaincre quiconque de quoi que ce soit.

  • Solange Bolduc - Inscrite 31 juillet 2018 04 h 53

    Si Lepage a admis une erreur de Jugement....

    Pourquoi alors l'acceptez-vous pas comme une façon de s'excuser ? Et puis, avez-vous vu la pièce qui, hélas, ne sera jamais jouée? Avez-vous demandé de lire le texte de la pièce qui devait être joué? Sinon....

    Et que vous tentiez de détruire Robert Lepage, non je ne marche pas...avec tout mon respect, Madame !

    Je ne crois absolument pas que Lepage était de mauvaise foi et qu'il disait n'importe quoi au sujet des pensionnats autochtones....Le passé est loin pour ceux qui ne l'ont pas vécu....l'avez-vous vécu personnellement?

    C'est comme si quelqu'un parlait des Orphelins de Duplessis et qu'il n'avait pas vécu la situation, au moins je lui reconnaîtrais d'avoir de la compassion, de vouloir en parler, et ce ne serait jamais comme ceux et celles qui l'ont vécu,..cette époque fut terrible pour ceux qui ont eu affaires à ces pensionnats...oui, époque terrible !

    Le théâtre permet de relire l'histoire, de se mettre dans la peau de l'autre, chacun à sa manière ! Doit-on perdre cette ouverture ?

    Et que vous rameniez sur le tapis René Lévesque pour mieux détruire Robert Lepage, est pour le moins, désolent !

    Excusez-moi, Madame Rouleau, de dire ce que je sens en lisant votre texte plein de rancoeur, alors que Lepage a voulu rendre un «certain hommage» aux Autochtones, mais nous aussi , Québécois de souche, avons souffert des pensionnats....à part René Lévesque, compatissez-vous avec nous, et pourtant, plein de Québécois ont du sang autochtones , ne l'oubliez pas....!

    Non, vous ne réussirez pas à détruire la réputation de Robert Lepage!

    • Denis Blondin - Abonné 31 juillet 2018 09 h 15

      Madame Bolduc,

      Vous avez le front de mettre sur le même pied les pensionnnats pour Québécois, qui fabriquaient les futures "élites" (curés, médecins, notaires, avocats, politiciens, etc.), avec les pensionnats autochtones, qui avaient pour mission de faire disparaître les cultures des Amériendiens, jugées sans aucune valeur ou carrément méprisables.

      Même Saint Robert Lepage doit être insulté de lire votre défense.

    • Gilles Théberge - Abonné 31 juillet 2018 09 h 47

      Vous dites madame Bolduc, « Et que vous rameniez sur le tapis René Lévesque pour mieux détruire Robert Lepage, est pour le moins, désolent ! « 

      Non, c’est indécent !

    • Cyril Dionne - Abonné 31 juillet 2018 10 h 17

      Vous avez raison Mme Bolduc. Ils s’en sont pris à M. Lepage parce que certains de leurs créateurs étaient jaloux de la réputation de celui-ci.

      C’est toujours l’histoire des pensionnats qui revient en boucle comme si c’est seulement eux qui avaient été les victimes dans les écoles de l’époque. Combien d’histoires d’horreur a-t-on entendues à propos de gens, oui des francophones blancs, qui ont été marqués par les abus, sévices sexuels et physiques encourus dans les écoles religieuses? Et les écoles francophones étaient toutes religieuses durant cette époque.

      Vous avez encore raison de mentionner que le sang autochtone coule dans les veines de plusieurs francophones à l’opposé de nos amis les Anglos. Mais de cela, on ne veut pas en parler de crainte que certains francophones revendiquent le statut d’autochtone.

      Avec des concepts « futilis » comme « l’appropriation culturelle » et l’incomparable « territoire autochtone non cédé », l’émancipation de ceux-ci ne se fera pas aujourd’hui. L’écoute active ne semble pas opérer chez nos amis autochtones. Tenter de réécrire l’histoire ne changera rien à la réalité d’aujourd’hui. C’est en marchant par en avant qu’on arrive à destination, pas à reculons.

    • Solange Bolduc - Inscrite 31 juillet 2018 14 h 32

      M. Denis Blondin: vous ne connaissez rien, je le vois bien des pensionnats qu'ont fréquentés les Québécois, qui, hélas pour vous, n'étaient pas dans la famille élitiste, que vous parliez de collèges classiques ou de certains pensionnats, peut-être

      J'ai été pensionnaire durant 13 ans, donc ce n'est certes pas vous qui allez me donner une leçon d'histoire sur ce qui s'y traimait: autorité accablante, abus et harcèlement sexuels, ou sévices sexuels, curés ou abbé qu prêchait la morale ou la chasteté et s'en donnait à coeur joie derrière ce paravent de pudeur: Bien oui, Dieu est bon, il pardonne tous les péchés, même les plus infâmes. Allez vous confessez alors!

      Vous pouvez me traiter de ce que vous voudrez, mais au moins je sais de quoi je parle, et j'ai entendu ce qu'on a fait subir aux autochtones: il y a beaucoup de similitudes, ne vous en déplaise !